Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Enfants de la paranoia (Trevor Shane)

Amis du jour, bonjour !

Je commence avec l’info OSEF (= on s’en fout) du jour : j’ai fait une dictée. Une dictée de grand, super difficile ! J’ai fait des fautes, mais je suis assez fière de mon résultat. Bon, le bulletin info perso étant clos, passons au petit chef-d’œuvre que m’a conseillé ma très chère amie Maëlle.

Sarakontkoi ?
Joseph, la vingtaine passée (23 si ma mémoire est bonne), est un assassin professionnel. Depuis l’âge de 16 ans, il est engagé dans une guerre invisible entre le Bien (son camp) et le Mal (les autres), endoctriné pour chasser et haïr le camp adverse. La Guerre a des règles. Trois : on ne tue pas les innocents (ceux qui ne sont pas engagés dans la Guerre), on ne tue pas les enfants de moins de 18 ans, on ne fait pas d’enfants avant 18 ans. Mû par un besoin de vengeance après la perte de ses proches, Joseph parcourt le pays de mission en mission. Mais une rencontre peut tout changer…

Tenpenskoi ?
Absolument délicieux ! À peine avez-vous mis un pied dans le roman que vous êtes aspirés par une spirale infernale, de froides certitudes d’abord, puis de doutes et enfin de courses-poursuites. Le Bien et le Mal se veulent tranchés, et les camps se sont tous deux déclarés du côté des gentils. Les complots se tissent, et les liens aussi. Des liens au-delà de la raison, des liens qui font s’écrouler des murs de certitude. Joseph n’est pas le gentil. Il n’est pas l’anti-héros non plus. Ni naïf, ni particulièrement intelligent. Il est ce que vous et moi serions, fait ce que vous et moi ferions si nous avions pris part à cette guerre. Et Maria… Maria est un bonbon acidulé, coloré, piquant, qui nous file un coup de fouet, un courant d’air en été.

En voyant la couverture, je me suis dit « diantre, que m’a-t-on ramené là ? ». Je n’osais pas vraiment dire à Maëlle que le genre vieux polar kitch n’était pas mon truc (oui, la couverture jaune et noir, la typo, tout ça, franchement, ça m’encourageait pas). Et puis, j’ai commencé à le lire, et il m’a accompagnée pendant mes voyages en RER. J’ai appris à aimer Joseph, Maria, et à vouloir protéger avec eux leur secret. J’ai été particulièrement touchée par la scène finale. Il devait y avoir une suite, mais à l’heure où je vous parle, rien n’est moins sûr. J’aimerais pourtant que vous le lisiez, et que, comme moi, vous parcouriez le chemin qu’a fait Joseph, qui questionne notre morale. Tuer, être tué, ou bien… ?

Soit dit en passant, rapport à mon dernier billet, celui-ci, vous pouvez le prendre dans votre sac de plage !

Pour info :
Michel Lafon, 368 pages, 19,95€ chez votre libraire adoré (ou dans le point relay de votre gare / duty free)

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La Couleur de l’âme des anges (Sophie Audoin-Mamikonian)

Chers amis bloggeurs/lecteurs,
Me voilà de retour de vacances, officielles pour ce qui est du travail, officieuses pour mes lectures et mes billets ici. Mais me revoilà. Vous, par contre, êtes très certainement en train de siroter un coktail au bord d’une piscine, ou de vous tartiner de crème solaire, ou peut-être même de surfer sur le net à la recherche d’un plan pas cher de dernière minute… ce qui vous amène peut-être fortuitement ici. Pour ma part, je m’en vais vous parler d’un livre que vous… ne devriez pas mettre dans votre valise.

Sarakontkoi ?
Jeune prodige de la finance, Jérémy est sauvagement assassiné. Devenu un ange, il essaie de comprendre pourquoi et de se faire à cette nouvelle vie, où les anges se nourissent… des sentiments humains. Chaque sentiment a sa couleur et le caractère et la couleur des anges dépend des sentiments dont ils se nourissent (pour la faire courte, les bons sentiments sont plutôt bleus, les autres plutôt rouges). Jérémy tente de protéger Allison, qui a été témoin de son meurtre. Mais était-elle là par hasard ? Et comment la protéger alors qu’il ne peut interagir avec elle ? Aidé de personnages hauts en couleurs, il s’efforce de la garder en vie. Parallèlement, c’est aussi l’avenir du monde des vivants qui est en jeu, et les magouilles politiques pleuvent entre les anges rouges (les méchants) et les anges bleus (les gentils) pour obtenir le légitime pouvoir d’influencer, pendant la décennie à venir, le sort de la planète.

Tenpenskoi ?
Les personnages n’ont aucun reflief, j’aurais pu écrire sans les lire chaque réplique. Le déroulement est sans surprise et la banalité est déconcertante. Le style est plat, parfois lourd – notamment à cause de l’utilisation constante de périphrases qui sont invariablement les mêmes – et il reste des coquilles. Le héros meurt au début (je ne spoile pas, c’est la première scène), et toute une pseudo-enquête parcourt le livre. Mais le chemin labyrinthique des réflexions des protagonistes ne m’a pas emportée. Le gentil gagne toujours, il est très intelligent, il est un élu, bref, rien de bien surprenant. Les coups de foudre pleuvent et vas-y que je te tombe amoureux, youkaïdi-youkaïda. Cela dit, l’idée de départ aurait pu être bonne, mais même là, sans exemple à l’esprit, je n’ai en tête qu’un sentiment de déjà-vu.

Comme je le disais, lui accorder une place dans votre valise serait pour moi une perte de temps et d’espace. Je n’ai pas l’habitude de descendre des livres en flèche, mais pour le coup, j’ai l’impression d’avoir perdu mon temps et mon argent. D’ailleurs, je ne vous ai pas précisé qu’il s’agissait du premier tome d’une trilogie (je crois). Vous ne verrez pas les suites ici en tout cas. Cela dit, comme je suis bonne joueuse, je vous passe deux critiques, l’une élogieuse, l’autre mitigée :

Les rats de bibliothèque
Carnet de lecture et autres futilités

Pour info :
Robert Laffont, collection R, 447 pages (18,15€ en librairie)

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Alice au pays des merveilles (Lewis Carroll)

Amis du jour, bonjour !

Sous mon ciel de Paris gris-souris, j’ai un peu de mal à avancer dans mes lectures. L’Alice de Carroll refermé, je me suis jetée dans un petit Malzieu… qui a fini d’assombrir le ciel de mes journées… mais ça, c’est pour plus tard. Et une première sur ce blog, parce que pour une fois, c’est à ma maman que je dois cette lecture, et à son enthousiasme après la lecture du premier tome.

Sarakontkoi ?
Alice est une petite fille fantasque, rêveuse. Elle se parle à elle-même, se réprimende, et possède une logique à toute épreuve… une logique qui lui est bien propre. Lorsque, en promenade dans un parc, elle suit un lapin blanc étrangement vêtu, elle se retrouve dans un monde totalement farfelu où notre logique d’adulte n’a plus cours…
Dans De l’autre côté du miroir, Alice traverse le miroire de son salon et se retrouve au pays du Miroir. Dans cet autre salon, qui ressemble étrangement au sien, elle rencontre la reine blanche et la reine rouge. Alice aussi veut devenir reine. Mais pour ce faire, elle doit d’abord traverser l’échiquier géant qu’est le pays. De rencontre en rencontre, Alice se perd, se retrouve, et approche de son but. Jusqu’à l’apothéose finale.

Tenpenskoi ?
Cette version-là contient les deux titres de Carroll, Alice au Pays des merveilles et De l’autre côté du miroir. Je sais ce que vous vous dites : on ne chronique pas du Carroll. Carroll est au-delà du stade de la critique. Les études qui ont été faites sur lui dépassent bien souvent le niveau universitaire. Mais laissez-moi tout de même vous donner un avis personnel.

J’ai préféré le premier tome au second. Parce qu’il était plus léger, moins déboussolant, et que même un adulte, avec un reste de folie enfantine en tête, pouvait suivre Carroll. Alors, peut-être que trop de Carroll tue le Carroll, mais ces personnages fantasques, ces dialogues sens dessus-dessous m’ont fatiguée dans le second livre. Alice demeure tout de même une enfant délicieuse dont j’ai beaucoup apprécié la logique et la vision très personnelle des choses. Je trouve cependant, et c’est fort dommage pour nous, lecteurs étrangers, que la traduction abîme le texte et l’esprit facetieux de Carroll. Ses jeux de mots, malgré les efforts exceptionnels du traducteurs, ne sont expliqués qu’en notes de fin de livre. Pas terrible. C’est comme si on vous racontait une blague que vous ne comprendriez pas. Quand on vous l’explique, ça a tout de suite moins d’impact. Un bon point pour la préface de Jean Gattégno, spécialiste de Lewis Carroll, qui nous éclaire beaucoup sur l’univers onirique de l’auteur et les circonstances de son écriture.

Pour info :
Gallimard, collection Folio, 374 pages, 8,10 € chez votre libraire

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Sentiment 26 (Gemma Malley)

Amis du jour, bonjour !

Une petite chronique avant de reprendre le boulot sérieusement, histoire de digérer un peu. Une lecture conseillée par Maelle, grande fan de Gemma Malley.

Sarakontkoi ?
2065. Après une guerre monstrueuse, le Guide Suprême pense avoir trouvé un moyen de banir à tout jamais les atrocités engendrées par les humains. Evie vit donc dans la Cité, une sorte d’Eden où l’on opère les gens afin qu’ils ne ressentent plus de sentiments. Plus de sentiments, plus de conflits. Les habitants y sont classés de A (Admirables) à D (Déviants). Mais malgré son étiquette B (Bon) Evie ressent. Elle aime Raffie autant qu’elle déteste Lucas, son futur époux et le grand frère de Raffie. Dans la Cité, ressentir est dangereux.

Tenpenskoi ?
Pas mal du tout. Le postulat de départ – les hommes se laissent guider pas leurs sentiments et sont donc des créatures faibles – est très intéressant. Et encore une fois (puisque c’est le principe de la dystopie), on voit comment une bonne intention poussée à son paroxysme peut vite devenir abusive et servir de prétexte à la soif de pouvoir de certains. Les jeunes remettent le Système en question, certains de manière innée, d’autres se laissent convaincre. Et la chute, que l’on attendait tout de même un peu, n’est pas si décevante.

Je reprocherais peut-être à l’action de se dérouler un peu vite. Evie s’enfuit avec Raffie, bon. Et ils trouvent les rebelles, et ils vont combattre la Cité. Tout est très attendu. Evie, toute intelligente qu’elle soit, a tout de même des intuitions de malade qui servent un poil trop le pitch du roman ; et parfois, elle et Raffie sont juste une bande de têtes à claques niaises qu’on a du mal à encadrer. Et puis, il y a cette ambiguïté avec Lucas, qui est là, mais qui n’est pas exploitée plus que ça. Pire, qui ne mène à rien. Le tout se termine un peu vite, et nous laisse sur notre faim. Bref, dommage. Visiblement, il vaut mieux essayer La Déclaration. Ca sera pour la prochaine fois !

Pour info:
Michel Lafon, 315 pages, 15,95 euros (chez un bon libraire, TVA comprise)

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Fièvre d’ombre, Les chroniques de MacKayla Lane : 5 (Karen Marie Moning)

Amis du jour, bonjour !

Aujourd’hui, c’est mardi. Et mardi c’est… ? Mardi ces les bouquins-qu’on-a-lus-y’a-super-longtemps-mais-qu’on-avait-la-flemme-de-chroniquer. Bref, mardi jour du repenti. Et je dramatise à peine. En même temps, c’est pas facile de chroniquer un tome 5 quand le reste est loin loiiiiiiiin derrière. J’en profite au passage pour introduire ici les trois personnes qui on initié cette lecture : Orielle, Mérédith, et l’intermédiaire sans qui rien ne serait arrivé, ma petite sœur Jill.

Sarakontkoi ?
La sœur de MacKayla est retrouvée morte dans une ruelle de Dublin, sauvagement assassinée. C’est pourquoi cette dernière, dans le tome 1, n’hésite pas à foncer en Irlande pour trouver le meurtier et lui faire mordre la poussière. Au lieu de cela (pour rappel), elle découvre qu’elle a le pouvoir de voir les Faes (des créatures d’une autre dimension) et de sentir leurs objets de pouvoir (OP). Entre un prince Fae insistant et un sombre et mystérieux libraire, elle a du mal garder le cap sur la mission qu’elle s’est fixée. Dans ce tome 5, elle se croit obligée de s’allier au meurtrier présumé de sa sœur pour trouver l’un des objets de pouvoir les plus puissants qui existent et reconstruire le monde tel qu’elle le désire, en effaçant bien sûr la mort de ceux qu’elle aime. En même temps, elle sait qu’elle n’est pas humaine, et se demande si elle n’est pas l’incarnation d’un puissant esprit Fae. Entre recherche d’identité et besoin de vengeance, elle pourrait bien se perdre… ou se trouver.

Tenpenskoi ?
Pfiou, il était temps qu’elle le ponde celui-ci, on aurait fini par tourner en rond. Et encore, c’est sans aucun doute le tome le plus riche de la série. Pas en termes de qualité, plutôt en termes de quantité. Ce dernier tome renferme toutes les réponses aux questions que le lecteur s’est posées au fil des tomes, et notamment QUI/QU’est MacKayla, et qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez elle ? On passe donc du chaud au froid tout au long du bouquin ; les révélations s’enchaînent, les personnages se dévoilent à demi-mots jusqu’au grand final, les 60 dernières pages environ. Et là… on se dit qu’on a bien fait de continuer !

Enfin les réponses ! Enfin, on arrête de tourner en rond tels des félins impatients, prisonniers de leur cage romanesque. Et on a envie de dire : il était grand temps ! D’ailleurs, je viens de découvrir une chose : la série entière fait partie d’un genre que l’on appelle l’érotico-fantasy. Une sorte d’Harlequin « faërique » (entendez peuplé de créatures fantastiques). Je me disais aussi… certains passages, notamment dans les tomes 4 et 5, avaient fait chauffer mes draps. Pas étonnant ! Bref, l’histoire n’en est pas moins haletante (rho, tout de suite… !), et la série reste un excellent divertissement.

Pour info :
J’ai Lu, collection Semi-poche, 889 pages (12€ chez votre libraire)

Voir aussi :
Tome 1 : Fièvre Noire
Tome 2 : Fièvre Rouge
Tome 3 : Fière Faë
Tome 4 : Fièvre Fatale
(Oui, les noms auraient dû me mettre la puce à l’oreille plutôt que l’eau à la bouche).

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Fille des chimères (Laini Taylor)

Amis du jour, bonjour !

Une nouveauté Gallimard Jeunesse, que je m’étais promis de ne pas lire (oui, vous savez, les anges, les créatures, toussa toussa, c’est très surfait !), et pourtant… quel tort c’eût été !

Crédits couv’ : Clayton Burkhart / Distinctimage
Pour Gallimard Jeunesse

Prague, de nos jours. Karou est une ado fantasque, orpheline, qui a des cheveux bleus, et qui raconte les histoires des amis imaginaires qu’elle se dessine. Pas si imaginaires que ça puisqu’au moindre appel de Kishmish, le messager mi-corbeau de Sulfure, elle court passer la porte entre notre monde et celui des chimères. Parce que Karou mène une double vie : elle est aussi le coursier personnel de Sulfure, le maître chimère de la résurrection. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que ce monde fait d’étranges créatures dans lequel elle a grandi est en guerre. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que la créature éblouissante de beauté qui a tenté de la tuer sur un marché à Marrakech, mais qui pourtant la fascine, est son ennemi héréditaire…

Là, je dois dire ouah ! Et pourtant, c’était pas gagné ! Le résumé de 4e de couverture n’en dévoile pas énormément, et je ne m’attendais pas du tout à ça. Et quand j’ai lu qu’il s’agissait en fait d’anges et de chimères, je me suis dit : « OK, encore des anges ». Je venais de lire Angel qui, outre l’image décalée des anges qu’elle offrait, ne m’avait pas plus enthousiasmée que ça. Des anges méchants, des chimères dont le camp est douteux… Les chimères apportaient néanmoins une touche d’originalité. Mais je me suis laissée prendre par la complexité des liens entre les personnages, le (réel, pas monté de toutes pièces) mystère qui entoure l’existence de Karou. Tout n’est pas rose, tout n’est pas gris. Et, en même temps que Karou, nous découvrons un passé oublié et l’horreur d’un présent que l’on voudrait pouvoir corriger.

Je dois avouer que j’ai eu entre les mains une épreuve non corrigée, donc j’ai dû passer outre quelques petits détails (qui doivent être gommés dans la version définitive). Le style est tout à fait abordable, sans avoir ce côté puéril qui m’agaçait dans les histoires d’ados amoureuses. Une histoire plus profonde que celle du simple conflit Shakespearien (Romé & Juliette n’ont qu’à bien se tenir). Le premier tome d’une trilogie, qui termine sur un magnifique cliffhanger (en queue de poisson quoi). À lire de toute urgence !

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection « Grand Format littérature », série Roman Ado, 464 pages, 18,00€ chez votre libraire !

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Le troisième vœu (Janette Rallison)

Ami du lundi, on sourit !

Sur conseil de mon amie libraire, Charlotte (que je ne présente plus), voici une histoire moderne de capes et d’épées, ma foi bien divertissante !

Crédits couverture : Benjamin Lacombe © La Martinière Jeunesse

Savannah, lycéenne américaine populaire, est tout le contraire de sa grande sœur Jane, invisible derrière ses lunettes, et brillante qui plus est. Mais le jour où Hunter, le garçon le plus mignon du lycée – et accessoirement son petit ami – s’entiche de Jane, Savannah est effondrée. Elle en veut à Jane, elle en veut à Hunter, et elle devra probablement se rendre seule au bal de promo, quand sa sœur s’y rendra avec son ex-petit ami. Elle ne rêve que d’un prince Charmant, pour montrer à tous à quel point elle est éblouissante. Arrive alors Chrissy, une apprentie Marraine-la-bonne-fée, qui est plus intressée par la mode et la fête que par les émois de sa jeune protégée. Au point qu’elle comprend de travers les attentes de Savannah, et lui fera vivre les pires calvaires des princesses de nos contes de fées. Trois vœux seront-ils suffisants pour réparer tout ça ?

On aimerait toutes qu’un beau prince en armure vienne nous sauver de nos petits tracas quotidiens. Ou du moins une bonne partie des jeunes filles en rêve. Savannah, la « pauvre malmenée », fait ce vœu pour nous. Et grand bien nous en fasse, parce qu’on se rend compte qu’on ne sait pas toujours ce que l’on veut vraiment, et qu’il vaut mieux faire un peu attention à ce que l’on croit vouloir. Un beau prince, populaire… mais stupide et arrogant ? Un beau prince, populaire, sensible… mais tellement fleur bleue qu’il en est un peu simplet ? Tout ça est bien compliqué. Et puis, rêver de la robe de Cendrillon, c’est bien, mais lorsque le bal est terminé, la belle doit retourner à ses balais. Blanche-Neige ? Ne vante-t-on pas plus sa beauté que son intelligence ? Il s’agira pour Savannah de comprendre ce qu’elle désire vraiment, et trouver le courage de le revendiquer. Pourquoi le Prince Charmant ne se cacherait-il pas parmi ses camarades de lycée ?

Une jolie fable, qui nous apprend à faire attention à ce que l’on pense vouloir, et à ce que l’on croit être bien pour nous. Et on se rend vite compte que l’on ne trouve ce dont on a réellement besoin qu’en vivant sa vie au quotidien, et en gardant près de nous les personnes dont on sait qu’elles seront là. Parce qu’elles le sont, jour après jour. Peut-être ne portent-elles pas de paillettes, et ne montent-elles pas un cheval blanc ; mais elles sont celles qui nous connaissent et nous aiment quand même. Chacun y verra ce qu’il voudra, c’est mon interprétation… À lire, mesdemoiselles les princesses en herbe !

Pour info :
La Martinière Jeunesse, hors collection, 416 pages, 13,90€ chez votre libraire

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Sisters Red (Jackson Pearce)

Bonjour à toutes, bonjour à tous !

En voilà un qui attend sa chronique depuis z’un bout de temps ! Un exemplaire réucpéré suite à une intéressante rencontre avec une éditrice de chez Albin (une chance, je voulais absolument le lire). Eh bien la voici la voilà, cette fameuse chronique.

Toute jeune, Scarlett a sauvé sa petite sœur Rosie des griffes d’un Fenris, un loup garou, qui avait déjà sauvagement assassiné sa grand-mère. Défigurée, elle n’aspire qu’à une chose : la vengeance. Sept ans plus tard, Scarlett est devenue une guerrière, courant les rues de sa campagne habillée d’une cape rouge, qui dissimule les cicatrices qui déforment sont visage et attire les monstres. Mais les loups se rassemblent dans la métropole. Ils cherchent l’un des rares élus qui présente les charactéristiques qui, après la morsure, feront de lui un loup. Ils n’ont que peu de temps pour le trouver, et le transformer, avant la fin de la période de pleine lune. Les sœurs March, aidées de Silas, leur mystérieux ami issu d’une longue lignée de bûcherons, vont tenter de le retrouver avant les loups…

Une réécriture de conte de fées, une ! Typiquement mon genre de lectures (on se souvient de Sortilège, et de A Kiss in time) ! Elle est bien loin la jeune fille effarouchée qui a peur du grand méchant loup ! Elles sont deux, et elles se battent avec les armes des monstres, en utilisant la luxure pour les attirer dans leurs pièges. L’exact contraire de notre Petit Chaperon traditionnel ! Entre une sœur qui ne vit que pour la chasse, et l’autre qui tente tant bien que mal de s’y consacrer mais n’aspire qu’à une vie normale, on fait quasiment le tour des préoccupations adolescentes actuelles. Et quand l’amour s’en mêle, ça fait des étincelles.

Ma première impression n’a pas été forcément bonne. Je trouvais l’histoire convenue, les réactions des personnages attendues, et ces pseudo querelles adolescentes m’ont tapé sur les nerfs. Et puis, quelques mois plus tard, en écrivant cette chronique, je me dis que tout compte fait… l’histoire tient debout, la fin nous tombe dessus comme les giboulées en mars, et puis, on a tous eu 15 ans et l’envie de lire ce genre d’histoires. Le mythe est revisité, certes, et ce qui n’était qu’insinué et destiné à s’ancrer dans l’inconscient collectif dans le conte original est ici complètement extrapolé et utilisé pour forger les caractéristiques de chaque groupe de peronnages. Bref, vraiment sympa, et bien adapté.

Pour info :
Albin Michel, collection Wiz, série Wiz Girl, 432 pages, 15,20€ chez votre libraire.

 

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Angel (L.A. Weatherly)

Amis du jour, bonjour !

Mon esprit est loin tout là-haut, dans le ciel bleu, au-dessus de la bulle parisienne saturée de gaz et de stress, mais le cœur y est. Recentrons-nous. Un gros pavé (mais ne vous y fiez pas, c’est écrit assez gros et le papier est épais) que je voulais absolument lire lorsque j’ai vu la couverture pour la première fois au service maquette.

Williow est un peu à côté de la plaque. Contrairement aux adolescentes dites « normales », elle aime la mécanique, déteste la mode, vit chez sa tante où elle doit s’occuper de sa mère (qui évolue dans son monde depuis la naissance de sa fille), et voit le futur des gens. Elle décide de se mouiller le jour où, après avoir eu une appartition, sa brillante et parfaite mais insupportable camarade de classe décide de dédier sa vie à l’église des Anges. Mais ces anges, qui apparaissent un peu partout, sont loin d’être de pacifiques êtres célestes : ils sont en fait des envahisseurs qui se nourrissent de l’aura des humains. Alex, chasseur d’anges, croit reconnaître en Willow les traits de ces monstres. Elle est pourtant si humaine ! Dans leur quête de vérité, Alex et Willow tenteront de sauver le monde, épaulés par une organisation gouvernementale ultra-secrète. Mais gare aux faux-semblants…

Une façon originale d’écrire les anges, qu’on apprécie beaucoup. On reste dans le schéma ado-qui-ne-rentre-pas-dans-le-moule, héroïne d’une prophécie que les monstres redoutent. Et bien entendu, on retrouve la traditionnelle histoire d’amour entre deux protagonistes qui, au départ, n’ont rien à faire ensemble. Bref, tous les ingrédients sont présents pour faire de ce roman une périlleuse aventure, pleine de rebondissements…

Pour être totalement franche cependant, il y a aussi pas mal de répétitions, peut-être quelques longueurs… Cela dit, l’histoire reste bien menée ; l’auteur joue pas mal la corde du suspens, et pour une fois, le happy ending n’est pas évident (en même temps, c’est le premier tome d’une trilogie). On attend le second tome, qui amènera on l’espère un début de solution à l’invasion qui a commencé dans le tome 1. Pas mal…

Pour info :
Gallimard Jeunesse, Collection Grand Format Littérature, série Roman Ado, 528 pages, 19,30€ chez votre libraire (13,99€ sur les plateformes de téléchargement légal, type ePagine)

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Magnus Million et le dortoir des cauchemars (J.-P. Arrou-Vignod)

Ce bouquin, j’ai dû le lire en octobre dernier, et je ne sais pas pourquoi, j’étais certaine de l’avoir déjà chroniqué. Une lecture-boulot pour le salon de Francfort, pas désagréable cela dit…

Crédits couverture : Karim Friha © Gallimard Jeunesse

Magnus est un jeune garçon un peu particulier : jeune homme de 14 ans pas très courageux mais assez imposant, fils du richissime Richard Million (qui ignore totalement son propre fils depuis la mort de sa femme), il a bien du mal à se tenir éveillé. Pas qu’il soit paresseux, mais à la moindre émotion forte, il est pris… de crises de narcolepsie ! Et c’est un peu embêtant, surtout lorsqu’un gaz vert apparaît subitement dans la ville et donne vie aux pires cauchemars des dormeurs. Magnus, puni pour avoir semé le trouble, se retrouve consigné dans le dortoir qui abrite les brutes de l’école. Malgré lui, il va se retrouver mêlé à une lutte pour le pouvoir, ainsi qu’à une rébellion pour l’égalité… et découvrir qui était vraiment sa mère.

Le jeune Magnus est un personnage haut en couleur, carrément décalé. Courageux malgré lui, un peu dégingandé, fier comme pas deux, il pourrait être attachant. Son garde du corps improvisé, Mimsy Pocket, menue et vive, pourrait nous faire penser à une petite fée agaçante dont le bourdonnement des ailes tape sur les nerfs. Le complot est bien monté. Mais alors quoi ?

Un roman bien sympa, même s’il manque un je-ne-sais-quoi. Tous les ingrédients sont pourtant réunis pour faire prendre la mayo. Le problème, c’est qu’on ne va pas au bout de la chose. C’est un peu du déja vu, on a une école, un peu de lutte des classes, un peu de combat pour la justice, un peu d’un fils qui manque de son père, un peu de surnaturel. Même si tout ça est lié, on ne voit pas trop où ça nous mène et le message n’est pas très clair pour moi. Dommage. J’attends néanmoins votre avis perso, je peux me tromper.

Pour info :
Galimard Jeunesse, collection Grand Format Littérature, 368 pages, 17,50€ chez votre libraire
Présentation ici.