Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Les Chroniques lunaires, T1 : Cinder (Marissa Meyer)

Amis du jour, bonjour !

Vous ai-je déjà parlé de ma passion pour les réécritures de contes ? Comment ça une bonne centaine de fois ? Trêve de plaisanterie, vous l’aurez compris, on est repartis pour un tour, avec cette fois une réécriture de Cendrillon, à la sauce SF.

Le pitch :
Sur Terre, dans la bruyante Nouvelle-Pekin, une étrange et mortelle épidémie de Peste fait rage. Cinder, cyborg mécano vivant chez l’épouse de l’homme qui l’a recueillie, accepte une mission inhabituelle : réparer le robot fétiche du prince Kai. Mais lorsque sa demi-sœur tombe à son tour malade, Cinder est forcée de rejoindre les centres d’expérimentation qui tentent tant bien que mal de trouver un vaccin. Et si le destin du monde résidaient dans les données que contient le robot de Kai… ou entre les mains du peuple de la Lune, qui tout d’un coup semble très intéressé par les affaires des terriens…

Mon avis :
Des années que je veux absolument découvrir cette série de réécriture version SF ! La réédition de la collection avec les couvertures VO était l’occasion parfaite… Et je n’ai pas été déçue. Faire de Cendrillon une cyborg hyper douée en mécanique, au passé trouble, réinventer un monde de contes de fées et en faire un univers futuriste, c’était bien trouvé.

S’il m’est arrivé de souffler et de lever les yeux plusieurs fois — parce que, oui, Cinder a son côté agaçant (comme bon nombre d’héroïnes de romans destinés aux adolescents) — j’ai trouvé intéressant le traitement des différences sociales, les raisons de la haine de la belle-mère de Cinder. J’ai aimé que Cinder s’attache à l’une de ses demi-sœurs. Les petites souris de Disney sont remplacée par un robot fan de ragots. La reine Levana, souveraine froide et cruelle de la Lune, est glaçante, et le prince Kai ploie sous le poids de ses responsabilités. Bref, on ne peut pas retirer au roman son gros travail d’adaptation, et à l’autrice son amour pour les contes classiques.

Si le style n’est pas des plus impressionnants, il fait le job (je n’ai pas trouvé à m’agacer), et porte une histoire riche en péripéties qui promet des suites tout aussi inspirées.

Pour info :
Grand format : PKJ, trad. de Guillaume Fournier, 432 pages, 2013
Poche : PKJ, 432 pages, 2018

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Déracinée (Naomi Novik)

Amis du jour, bonjour !

Trois mois que je n’ai pas rédigé de chronique, je crois que j’ai oublié comment faire. D’aucuns diront que c’est comme le vélo, que ça ne s’oublie pas. N’empêche, la page blanche me guette. Commençons par vous dire de quoi ça parle.

Le pitch :
Pour se protéger de la force maléfique qui hante le Bois, un village se voit obligé tous les dix ans d’offrir une jeune femme au Dragon, un puissant magicien qui, en échange, garde la menace à distance. Agnieszka n’est ni la plus belle ni la plus intelligente ; quand vient le moment de choisir, elle est donc persuadée qu’elle n’a aucune chance d’être sélectionnée. Mais c’est bien elle qui est obligée de suivre le Dragon et de lui offrir les dix prochaines années de sa vie.

Mon avis :
C’est sur les conseils de ma Binôme Maéva que j’ai décidé de m’attaquer à ce roman, qui traînait déjà dans ma PAL depuis quelques années. Le roman en question devait être une lecture semblable mais plus accessible et allégée que L’Ours et le Rossignol, que j’ai dévoré (et adoré) l’année passée. Me voilà donc partie pour un petit roman audio (les lectures non programmées finissent souvent dans mes oreilles histoire de gagner du temps), eeeeeeet…

… j’ai beaucoup aimé ! Sans révolutionner le genre, voilà un one shot (un roman unique, sans suite, maman) qui développe un univers très cool et se défait, par bien des aspects, de la dichotomie du Bien et du Mal ! Alors oui, on se tape quand même la sempiternelle rengaine de la jeune fille arrachée à son milieu par un homme qui l’éduque. Mais Agnieszka est un genre de fille plutôt forte (sans être la plus forte), assez quelconque, mais avide de connaissance. Elle brûle les étapes, a bien trop de certitudes, mais elle apprend, elle évolue, elle écoute, elle observe.

Quant au Dragon, oui, il est la figure de mâle blessé, solitaire, qui ne peut compter que sur lui et sacrifie son bonheur à la cause qu’il défend. Froid et calculateur, il est le parfait grumpy (celui qui tire la tronche, maman). Eh, je l’ai dit qu’on ne révolutionnait pas le genre. Mais il enseigne, il ne fond pas au premier sourire de sa protégée, il arrive même qu’il doivent se soumettre à des directives qui lui retirent tout aspect de mâle alpha ! Qu’il se courbe quand il ne le veut pas, pour le bien de sa quête.

Ce sont, somme toute, des personnages gris qu’écrit Nathalie Novik ; ils sont imparfaits, et même l’antagoniste est loin de représenter la force maléfique qu’on pensait. Parce que tout a un sens, et tout naît des légendes auxquelles on a cessé de prêter l’oreille. Ces légendes issues, comme chez Katherine Arden, d’un folklore de l’Est (ici, polonais). Donc oui, on aime, parce que Naomi Novik réussit là où Assistant to the villain s’est d’après moi lamentablement planté : proposer une figure de méchant-pas-vraiment-méchant dans un univers qui tient la route, face à une protagoniste qui n’en fait pas des caisses. Et ça, c’est cool.

Pour info :
Grand format : Pygmalion, trad. de Benjamin Kuntzer, 512 pages, 2015
Poche : J’Ai Lu, 512 pages, 2018

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Infiltrée dans la Cupidon Squad, T1 (Maëlle Desard)

Amis du jour, bonjour !

Il y a des romans, j’en fais une telle propagande, je les vends tellement, je les lis aussi tellement en avance… que j’en oublie de rédiger la chronique. En tant que présidente en carton du fan club officiel de Maëlle Desard, je me dois de réparer illico cette affreuse méprise.

Le pitch :
Rebecca est au fond du trou. Pour couronner le tout, sa meilleure amie Bethsabée annule leur soirée filles. De fait, quand elle la surprend à la sortie d’un bar, un arc à la main, Rebecca voit rouge. Alors qu’elle pense sauver un innocent d’une mort désuète, elle apprend que Bethsabée fait en réalité partie d’une escouade de Cupidons, et qu’elle vient de mettre les pieds dans un monde qui n’accepte pas les intrus. Forcée de prétendre qu’elle est elle-même un Cupidon, elle fait équipe avec Amaury, le frère de Beth… et son premier amour.

Mon avis
Faut-il vraiment que je le dise ? Je me suis poilée. J’ai rarement vu autant d’auto-dérision décomplexée qu’en lisant les romans de Maëlle. Ce qu’elle vous dit dans ce roman, c’est qu’elle aussi, elle kiffe la romance. Qu’elle aussi elle les voit, les clichés. Et bien sûr qu’elle va les mettre en application et parvenir à vous foutre des fucking papillons dans le bide tout en faisant une ou deux blagues lourdes au passage.

Les romans de Maëlle — et Cupidon Squad ne fait pas exception — ont le chic pour reconnaître que chaque genre a ses stéréotype, les appliquer à la lettre, et faire péter les standards. Parce qu’avant d’être autrice, Maëlle est lectrice. Elle sait ce qu’elle aime, mais elle sait le raconter avec sa propre voix. Intelligente et drôle, la voix.

Du coup, ses héroïnes nous font rêver, mais elles sont loin d’être les copies fades et fragiles faussement badass qu’on croise dans la littérature ado aujourd’hui. Rebecca est bourrée de complexes que je comprends, d’obsessions que je vis. C’est pas un 38 qu’elle arrive pas à rentrer dans son futal. Elle est loin d’être la meilleure élève de sa promo, comme moi, elle galère, elle est paumée, et elle est croc-love (chut, ça se disait à mon époque) du mec qui n’est typiquement pas fait pour elle.

Reprendre le mythe du Cupidon, le confronter aux mœurs d’aujourd’hui, aux notions de consentement, de libre-arbitre, avec toute la romance qu’on se bouffe en plus, c’était du génie. Et alors se revendiquer amoureuse de romance pendant que son personnage jure comme un charretier, c’est du bonbon pour mes petits yeux de lectrice.

Bref, la couverture est chelou, hyper criarde (pas dans mn top) et peut te donner une mauvaise image du roman. Mais en vrai, ferme les yeux, tend la main, chope ce foutu bouquin, et plonge-toi dedans, tu me remercieras (et Maëlle aussi) plus tard.

PS : fais pas la même connerie que moi, y a un tome 2 (après c’est fini), prévu pour février 2027. Je préfère prévenir.

Pour info :
éditions Rageot, 432 pages, 2026

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Re:Start (Katia Lanero Zamora)

Amis du jour, bonjour !

On a beau dire qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture, je suis la première à tomber dans le panneau devant une couv’ aussi belle. Parfois, ça me joue des tours, et parfois…

Le Pitch :
Mona a intégré Re:Start, un programme porté par la charismatique Geneviève, consistant en un village peuplé de participantes nommées les Lumineuses, prêtes à bien des sacrifices pour embrasser au mieux leur féminité. Cependant, ce programme, à première vue bienveillant et motivant, dissimule d’étranges disparitions…

Mon avis :
Et un cours d’efficacité littéraire, un ! En à peine plus de 100 pages, ce court roman condense bon nombre de qualités indéniables. Du style, déjà. Simple, élégant, discret, qui ne fait pas plus que ce qu’on lui demande. Il porte à lui seul l’angoisse de l’imperfection, l’urgence d’une situation désespérée, le dégoût de soi et du monde… On n’en demande pas plus.

Sur le fond, tout y est. Toute personne qui a un jour maudit son reflet, vécu des troubles du comportement alimentaire, connu la faim insatiable et dévastatrice se reconnaîtra. Loin d’apporter une solution, Re:Start pose un regard critique sur les injonctions physiques de la société et les dérives qu’elles entraînent. Il ne montre pas un personnage qui fait mieux, qui est au-dessus de tout ça, une sauveuse parfaitement à l’aise avec son image. Il dénonce, il ouvre le dialogue, mais ne condamne pas radicalement les victimes du système (je vous laisse découvrir la fin). En bref, j’ai bien senti qu’on me tendait un miroir qui me disait : « regarde ce que tu es, embrasse tes actes, c’est peut-être le premier pas vers la guérison ». Je découvre donc avec ce titre le superbe travail des éditeurices chez Argyll, notamment sur cette collection, Récifs, qui m’a fait de belles promesses pour la suite…

Pour info :
éditions Argyll, collection Récifs, 128 pages, 2025

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Sombre Solstice : duologie (Lizzie Felton / Johanna Marines)

Amis du jour, bonjour !

J’ai eu la chance l’an dernier de découvrir, grâce à la journée de présentation de l’éditeur, le premier tome de cette duologie. Les deux autrices, présentes lors de l’événement, avaient tellement éveillé ma curiosité que je me suis laissé tenter. Naturellement, il a bien fallu enchaîner sur le tome 2…

Le Pitch :
Dans les années 70, quatre jeunes décident de partir randonner dans le Vermont. Ils tombent sur un lac qui ne figure sur aucune carte et décident d’y établir leur camp. Sur l’autre berge du lac, un village semble abandonné. Très vite, la bande se rend compte que ses habitants sont en fait tous réfugiés dans la chapelle pour prier. En pleine nuit, alors qu’une étrange cloche sonne sept coups, des milliers de phalènes s’envolent de la surface du lac et foncent sur le village…

Mon avis :
On ne va pas se mentir, ça partait très bien ! Dans le genre paumé, ambiance de totale isolation (pas de portable, pas de GPS), comportement étrange d’habitants étranges, eau du lac salé, je me suis dit « ouat ze feuk » ! J’aurais pu être happée, alors quoi ?

L’ambiance poisseuse est super bien travaillée, on a le frisson : ces milliers d’yeux sur des ailes de papillons affolés qui observent, les bêtes de la forêt… Et doit-on rappeler la population chelou d’un village perdu dans les bois ? En soi, rien que l’histoire du village m’aurait suffit. Mais il fallait des témoins extérieurs qui se posent les questions que nous, lecteurs, nous posons. Et c’est là que ça se complique. Je n’ai pas du tout accroché aux adolescents qui constitue notre groupe de randonneurs. T’en as un qui a l’air d’avoir vécu un drame qu’on ne nomme pas de tout le tome 1 et, bon, j’ai peut-être un cœur de glace, mais même un deuil ne vaut pas tout ce tintouin ! Dis-le dès le départ quoi ! T’en as une autre, elle est là juste pour faire beau et elle s’intègre à peine, ça en est gênant. Je n’ai aimé ni leur façon de s’exprimer, ados ou pas, ni leurs réactions. C’est LE genre de personnage que tu as envie d’engueuler dans un film d’horreur. Bref, ça partait mal de leur côté.

En revanche, j’ai eu une sorte de fascination morbide pour le mystérieux village. C’est lugubre, cracra, leur histoire, elle se tient ! Bon, la conclusion est peut-être tirée par les cheveux, mais niveau frissons, on y est. C’est donc une lecture très mitigée pour moi. Je ne les déconseillerai pas, mais l’impression qui m’en reste, c’est un très bon premier jet, dont certains éléments auraient mérité un éclaircissement. Ou alors, il aurait peut-être moins fallu tirer sur la corde, pour que je ne m’attende pas à des révélations de fou. Très beau travail de fabrication sur les jaspages et les couvertures, sur lesquels je n’ai absolument rien à redire, si ce n’est que tout passait sur un roman… pour le reste, c’est à vous de vous faire votre propre opinion.

Pour info :
éditions Slalom, 2025
Le Lac tempête, 272 pages
Le Village-du-dessous, 304 pages

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La Maison aux sortilèges (Emilia Hart)

Amis du jour, bonjour !

J’aime qu’on me conseille des bouquins, mais surtout, j’aime aimer les bouquins qu’on me conseille. C’est le cas ici, alors forcément, je suis heureuse de vous en parler !

Le Pitch :
Trois femmes. Trois époques. Mais toujours le joug des hommes. Légal. Familial. Physique. Trois cris à travers les époques ; d’une femme accusée de sorcellerie à l’originale de la famille, jusqu’à la femme soumise qui ose enfin dire stop. La fin d’une boucle, le début d’une histoire.

Mon avis :
J’ai toujours très peur de ce genre de récits. Ils sont souvent violents, et entendre les cris de détresse d’êtres innocents, ressentir dans mes os l’injustice qu’ielles subissent me met souvent en PLS puis en rage, physiquement. Sincèrement, c’est pas beau à voir.

Alors forcément, quand on me dit que ce n’est pas un destin brisé mais trois que je vais devoir me farcir, j’ai juste envie de pleurer. On me dit aussi que le roman est fort et qu’il vaut le coup. Bon, ok, je m’y jette. Et quelle réussite ! Si effectivement certains passages m’ont fait monter la bile dans la gorge, le rouge aux joues, les larmes aux yeux, je n’ai jamais autant souri, ni entamé le bitume des trottoirs d’un talon si victorieux qu’en écoutant ce roman. Toute cette rage qui se déchaîne, ces trois femmes qui relèvent les yeux au pire moment. La parole qui se libère, et surtout la force intrinsèque de chacune…

Le tout porté par un style doux, qui sait se faire factuel, urgent, implorant… Chaque femme a sa voix, une voix de son époque. Je n’ai rien à redire. Je ne peux que vous le conseiller, et garder en mémoire toutes ces femmes que nous devons être aujourd’hui. C’est un régal !

Pour info :
éditions Les Escales, trad. de Alice Delarbre, 504 pages, 2023

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Les Ensorceleuses (Alice Hoffman)

Amis du jour, bonjour !

Si vous ne l’avez pas encore compris, il m’arrive d’être un pigeon. Ici un joli livre, là un trope un peu hypé, ou encore une lecture de saison — je vous le donne en mille — automnale. Bref, comme toute instagrameuse qui se respecte, bien entendu, je regarde Les Ensorceleuses, avec Nicole Kidman et Sandra Bullock (que j’adore, oui).

Le Pitch :
À la mort de leurs parents, Sally et Gillian sont recueillies par leurs tantes, deux vieilles filles, un peu sorcières. Tandis que Gillian, dénuée de pouvoir, semble beaucoup s’intéresser à la magie, sa sœur aînée, dotée de grands pouvoirs, n’aspire qu’à une vie normale. En grandissant, Sally s’attire de plus en plus d’ennuis, jusqu’à une nuit fatale, où les bagages qu’elle traîne sont devenus trop lourds…

Mon avis :
Je vais être très brève ici, parce que je n’ai franchement pas grand chose à dire. Clairement, j’adore le film… mais le livre est pour moi sans intérêt. La narration est incroyablement décousue, passant de souvenirs d’enfance ou d’adolescence à leur vie d’adultes. Tout n’est qu’enchaînement d’anecdotes ; dès que je commençais à entrer dans l’histoire, le roman passait immédiatement à autre chose. Résultat : zéro attachement à des personnages que j’aimais pourtant déjà beaucoup, des adolescentes détestables (bouh la gamine de Sally), un inspecteur qui manque de charme…

Le roman construit des ponts, des liens, sans réellement se demander si moi, lectrice, je visualise. Bref, le film a pris un matériau brut pour en faire le bijou de nostalgie que l’on connaît. Amoureux.ses de Sally et Gillian, contentez-vous du film, ne perdez pas votre temps avec le roman.

Pour info :
éditions Flammarion, trad. Marie-Odile Masek, 252 pages, 1999

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Rosaces & Dragons (Ielenna)

Amis du jour, bonjour !

Causons aujourd’hui d’un roman qui, à la base, m’a plutôt fait lever les yeux au ciel (dans le genre archi cucul qui en fait trop, on peut difficilement faire pire) jusqu’à ce que j’entende le pitch qu’on nous en a fait en présentation libraire…

Le Pitch :
Les habitants d’Arc-en-Flammes sont tous, dès la naissance, liés à un dragon. En général, les garçons se lient à d’imposants mâles, les filles à de gracieuses femelles. Carl est lié à Brodeverre, une minuscule et bavarde dragonne rose. Dans la famille de Carl, on est vitrailliste de père en fils. Alors être maladroit et avoir à charge un petit être si énergique, ça ne lui facilite pas la tâche. Surtout lorsqu’un étrange dragon sème la terreur dans la ville et semble s’en prendre à ses vitraux…

Mon avis :
Si on se souvient bien (et bien sûr qu’on se souvient, c’est écrit 2 paragraphes au-dessus), ma première impression, c’était « meh ». Ensuite, le pitch m’a fait pousser un petit « eeeeeh » de contentement. Et la lecture… Ma foi, rien ne m’a rebutée. Cette petite chose qui cause beaucoup trop est adorable (on veut tous une Brodeverre), bien qu’un brin excitée du bulbe. Carl est maladroit mais fait de son mieux, alors on l’aime bien. Son père est bourru et refuse de communiquer, j’ai clairement eu envie de le tarter. La mère est cool… et tous les personnage qui gravitent autour de l’enquête sont relativement sympas à suivre. Le style est correct, sans être transcendant. Mais alors quoi ?

J’ai eu l’impression d’une avalanche de péripéties qui n’étaient là que pour remplir le roman. Aucune d’elle n’était franchement nécessaire ni palpitante, sans être complètement ennuyante. J’ai eu l’impression qu’on avait un postulat de base assez intéressant, une fin que, pour ma part, j’ai appréciée (ni trop facile, ni trop ouverte). Et puis au milieu, on a mis plein de rebondissements à l’efficacité d’un ballon de basket dégonflé. Rien n’était totalement essentiel. Je veux dire : lisez Pullman par exemple. Dans un roman comme Les Royaumes du Nord, impossible de se priver d’un tout petit chapitre, d’une péripétie ! Tout est si bien intriqué que la moindre pièce manquante fait s’effondrer le bousin ! Ici ce n’est pas vraiment le cas. De plus, si on apprécie beaucoup le message d’ouverture d’esprit, d’acceptation et de réalisation de soi, j’ai plus d’une fois eu l’impression de me retrouver sur le banc d’une classe de CM2 à qui on explique ce qu’est la tolérance. C’est très scolaire quoi.

Malgré tout, je ne peux pas affirmer que ma lecture fut déplaisante. Elle reste néanmoins anecdotique.

Pour info :
éditions Slalom, 384 pages, 2025

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Heartless Hunter : duologie (Kristen Ciccarelli)

Amis du jour, bonjour !

Je vous parlais il n’y a pas si longtemps de mon utilisation des crédits audios pour faire baisser ma PAL de SP. J’ai écouté la duologie Heartless Hunter dans ce cadre, sans grande attente, et pourtant…

Le Pitch :
Depuis la chute des horribles Sœurs Reines, la Nouvelle République punit tout acte de magie, enferme et exécute les sorcières. Rune cache son secret sous des airs frivoles et superficiels de courtisane : elle est le Sphinx Rouge, qui fait sortir les sorcières du pays. Gideon, redoutable chasseur de sorcières, est à la recherche du Sphinx, et semble penser qu’il est lié à Rune. Chacun a besoin de l’autre pour acquérir des renseignements vitaux. Commence un dangereux jeu de séduction entre ennemis insoupçonnés…

Mon avis :
J’ai deux avis très distincts sur ces deux romans. Alors que je n’attendais rien, ni de l’un, ni de l’autre, j’ai été très agréablement surprise par le tome 1, au point d’enchaîner avec le second opus. C’est là que ça se complique…

Si le tome un présente une intrigue somme toute classique, les personnages n’en sont pas moins intelligents, la verve est vive, les regards langoureux, et le roman exploite son lore de manière intéressante. Bref, je me retrouve avec une intrigue prenante et des papillons dans le ventre. Rune est un personnage complexe rongé par la culpabilité, forcée à faire des choses horribles pour survivre dans sa jeunesse, mais prête à tout pour se racheter. Quant à Gideon, trompé, formé dans la haine des sorcières, il entame un chemin vers l’acceptation et la tolérance (je divulgache un peu sans trop en dire, mais en vrai, tu t’en doutes un chouilla tout de même !). Et puis… bah la fameuse crise des 80% basée sur un malentendu nul qui fait basculer la duologie d’une chouette lecture à une séance de soupirs exaspérés.

Parce que le tome 2 cesse de s’intéresser à l’intelligence et aux talents de ses personnages pour dissimuler un secret de Polichinelle (gars, je l’ai vu venir à 300 bornes ton grand reveal). C’est chiant, personne se parle, tout le monde présume de tout, surtout du pire, les protagonistes n’ont qu’une envie, c’est de se lécher la poire, mais non, ils peuvent pas, parce qu’ils vont être trahis, bla bla bla. Infernal. En attendant, le roman avance cahin-caha en arrière plan de tout ce flan inutile, pour arriver à un final qui ne fait pas plus de bruit qu’un pétard mouillé. En un mot : dommage.

Pour info :
éditions PKJ, traduction Guillaume Fournier, 464 et 560 pages, 2024 et 2025

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Violette Hurlevent et le jardin sauvage (Paul Martin / Jean-Baptiste Bourgois)

Amis du jour, bonjour !

Il faut savoir qu’en un an de bookclub, mon roman n’a été tiré au sort qu’une seule fois (enfin, une deuxième fois depuis le premier jet de ce billet). Et il a fallu que ce soit cette fois où j’ai trouvé mon roman très moyen. Quand ça veut pas…

Le Pitch :
Violette vient d’emménager dans la très vieille (et très mal entretenue) maison de son grand-père avec sa mère, pour échapper à un père violent. Perdue, triste, elle n’a aucune envie d’habiter dans une maison qui pue le renfermé, ni de courir dans le jardin abandonné qui ressemble à un terrain vague. Mais elle n’est pas au bout de ses surprises, puisque le jardin, lui, n’attendait qu’elle…

Mon avis :
Je n’ai jamais lu Le Jardin secret, de Frances Hodgson Burnett, bien que j’en connaisse plus ou moins l’histoire. En choisissant ce roman, j’étais certaine d’y trouver à peu près ce que j’aurais pu trouver dans le roman de Burnett : un jardin que j’imagine être la métaphore d’une échappée dans l’imaginaire pour soigner les maux d’un monde réel trop difficile à appréhender (oui, genre Le Labyrinthe de Pan aussi). Effectivement, on fait aisément le parallèle entre ce jardin et les événements plus ou moins traumatisants que traverse Violette. C’est bien écrit, les dessins sont mignons. Mais alors quoi ?

Eh bien dans son jardin, Violette, échappe effectivement à sa réalité, ainsi qu’au temps qui s’y écoule. Mais ses aventures sont plus un empilement de missions étranges nées d’idées qui, pour moi, ont parfois manqué de cohérence. Créer des péripéties, des pépins, appelez ça comme vous le voudrez, tout au long du roman pour que l’héroïne découvre sa force et son courage, OK. Mais là, c’est bourré de quêtes secondaires un brin WTF (encore une fois, ce n’est pas parce qu’on écrit pour des enfants que tout ce qui est magique est merveilleux…). Parfois, j’ai eu la sensation d’un manque de direction, ou de but, d’un chapitre ou d’une aventure de remplissage. Sincèrement, ça aurait pu fonctionner si on avait eu « Les aventures de Violette dans son jardin : un jour, une mission ». Mais comme l’enjeu est de taille, je me suis demandé ce que venait faire tout ça au milieu de la quête de mon héroïne.

Bref, ce n’est pas non plus un roman détestable, mais la structure et la forme ne m’ont pas convaincue, même si, effectivement, Violette trouve sa force et son courage. Visiblement, je fais partie des rageux jamais contents puisque le roman a été récompensé du prix Lecteurs du Journal de Mickey, donc n’hésitez pas à vous faire un avis 🙂

Pour info :
éditions Sarbacane, 496 pages, 2019