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Le Haut-Mal (Pierre Léauté)

Amis du jour, bonjour !

S’il y a bien un truc que je n’aime pas, c’est devoir parler d’un roman que je n’ai pas aimé autant que je l’aurais voulu alors que j’ai adoré échanger avec son auteur. Ok, je pourrais m’abstenir, mais c’est comme ça qu’on se retrouve avec des critiques dithyrambiques sur des bouquins pas ouf et que tout le monde est déçu. Moi, je dis ça…

Le Pitch :
Dans les années 20, Paul, un jeune sismologue, est convaincu d’avoir décrypté un document prophétisant de grandes catastrophes naturelles. Rapidement, il se rend dans les Pyrénées, accompagné d’une équipe de divers experts et financiers. Ce qui n’était à la base qu’une expédition géologique tourne rapidement à l’obsession. Et si rien de tout ça n’était lié à un phénomène naturel ?

Mon avis :
On ne va pas se mentir, le roman flirte à la fois avec l’excellence et le brouillon. Pierre Léauté, historien de formation, sait faire des recherches, et retranscrire toute la saveur d’une époque (en l’occurrence, les années 20 en France). Sa plume est élégante, il n’a pas peur de trouver le bon mot, quitte à nous faire sortir les dicos. C’était pour moi un gros point fort dès le départ.

Après une introduction prometteuse, riche en détails gores énoncés avec le plus grand flegme, je m’attendais à trouver un texte bourré d’humour noir et d’images à cauchemars. Et cette promesse me mettait l’eau à la bouche. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant un roman d’ambiance, lent et sinueux. Qu’à cela ne tienne, je sais m’adapter et apprécier les histoires personnelles. Et puis au petit groupe de personnalités disparates se sont ajoutés les mafieux russes, les superstitieux du coin, les possédés… et les monstres. Là, je me suis perdue.

Pierre Léauté a fait le choix de développer des histoires annexes qui m’ont semblé peu utiles à son histoire et m’ont fait me questionner sur le but réel du texte. Si la construction du roman suggère une montée en puissance de la peur, de la terreur que causent ces phénomènes géologique, la fin m’a paru abrupte, presque bâclée. Le grondement sourd de la terre, la vision de terreur décrite par les témoins d’un premier drame ne sont pas sans rappeler les ambiances poisseuses de Lovecraft : ces redondances qui amènent à la folie, les hyperboles et les accumulations de témoignages et de croyances. Et puis la fin… la fin qui, sans divulgâcher, nous sort un littéral deus ex machina qui n’a de terrifiant que le nom. Et je me dis : « ah, c’est donc là qu’on allait ? »

Peu m’importe la longueur et les jeux de plume, je m’en accommode et c’est même plutôt agréable à lire ! Mais me raconter l’histoire de la moitié du pays et faire flipper un gars qui en fait des caisses pendant 250 pages pour arriver à CETTE fin ? Ca me rappelle le visionnage d’un épisode de la saison 4 de Buffy, dans lequel le démon de la peur donne corps aux pires angoisses des protagonistes. A la fin de cet épisode, le démon, filmé en contreplongée depuis le début, paraît immense et menaçant, pour se révéler ne mesurer que quelques centimètres une fois mis au milieu des humains. Je comprends qu’on donne une place aux mythes locaux et c’est très chouette, mais tu ne peux pas me monter une mayonnaise de fou pour faire retomber le soufflet comme ça, avec un ingrédient qui n’a pas grande chose à voir avec la choucroute.

Bref, une petite déception pour ce roman, très prometteur. Ceci dit, je vous invite à vous faire votre propre idée, peut-être que, étant avertis, vos attentes ne seront pas démesurées… Et je reste curieuse de découvrir ses autres romans.

Pour info :
éditions HSN, 250 pages, 2025

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