Amis du jour, bonjour !
Trois mois que je n’ai pas rédigé de chronique, je crois que j’ai oublié comment faire. D’aucuns diront que c’est comme le vélo, que ça ne s’oublie pas. N’empêche, la page blanche me guette. Commençons par vous dire de quoi ça parle.
Le pitch :
Pour se protéger de la force maléfique qui hante le Bois, un village se voit obligé tous les dix ans d’offrir une jeune femme au Dragon, un puissant magicien qui, en échange, garde la menace à distance. Agnieszka n’est ni la plus belle ni la plus intelligente ; quand vient le moment de choisir, elle est donc persuadée qu’elle n’a aucune chance d’être sélectionnée. Mais c’est bien elle qui est obligée de suivre le Dragon et de lui offrir les dix prochaines années de sa vie.
Mon avis :
C’est sur les conseils de ma Binôme Maéva que j’ai décidé de m’attaquer à ce roman, qui traînait déjà dans ma PAL depuis quelques années. Le roman en question devait être une lecture semblable mais plus accessible et allégée que L’Ours et le Rossignol, que j’ai dévoré (et adoré) l’année passée. Me voilà donc partie pour un petit roman audio (les lectures non programmées finissent souvent dans mes oreilles histoire de gagner du temps), eeeeeeet…
… j’ai beaucoup aimé ! Sans révolutionner le genre, voilà un one shot (un roman unique, sans suite, maman) qui développe un univers très cool et se défait, par bien des aspects, de la dichotomie du Bien et du Mal ! Alors oui, on se tape quand même la sempiternelle rengaine de la jeune fille arrachée à son milieu par un homme qui l’éduque. Mais Agnieszka est un genre de fille plutôt forte (sans être la plus forte), assez quelconque, mais avide de connaissance. Elle brûle les étapes, a bien trop de certitudes, mais elle apprend, elle évolue, elle écoute, elle observe.
Quant au Dragon, oui, il est la figure de mâle blessé, solitaire, qui ne peut compter que sur lui et sacrifie son bonheur à la cause qu’il défend. Froid et calculateur, il est le parfait grumpy (celui qui tire la tronche, maman). Eh, je l’ai dit qu’on ne révolutionnait pas le genre. Mais il enseigne, il ne fond pas au premier sourire de sa protégée, il arrive même qu’il doivent se soumettre à des directives qui lui retirent tout aspect de mâle alpha ! Qu’il se courbe quand il ne le veut pas, pour le bien de sa quête.
Ce sont, somme toute, des personnages gris qu’écrit Nathalie Novik ; ils sont imparfaits, et même l’antagoniste est loin de représenter la force maléfique qu’on pensait. Parce que tout a un sens, et tout naît des légendes auxquelles on a cessé de prêter l’oreille. Ces légendes issues, comme chez Katherine Arden, d’un folklore de l’Est (ici, polonais). Donc oui, on aime, parce que Naomi Novik réussit là où Assistant to the villain s’est d’après moi lamentablement planté : proposer une figure de méchant-pas-vraiment-méchant dans un univers qui tient la route, face à une protagoniste qui n’en fait pas des caisses. Et ça, c’est cool.
Pour info :
Grand format : Pygmalion, trad. de Benjamin Kuntzer, 512 pages, 2015
Poche : J’Ai Lu, 512 pages, 2018
