Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Running Man (Richard Bachman)

Ami du jour, bonjour !

Tu le connais ce pseudo maintenant. C’est celui du Maître, Stephen King. « Mais, pardi, ça en fait du King », que tu dois te dire. Mais oui, cher lecteur, je te rappelle que je participe à #automneduking, lancé par Tomabook sur Instagram. Tu risques donc d’en voir d’autres…

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Sarakontkoi ?
2025. L’écart entre riches et pauvres s’est creusé. Les riches vivent avec des filtres antipollution dans les narines et paient en nouveaux dollars. Les pauvres vivent dans des ghettos, bossent dans des usines radioactives qui les rendent stériles, et paient en anciens dollars. La fille de Ben Richards est gravement malade. Ayant perdu son emploi, sa dernière chance de pouvoir lui payer un traitement correct est de vendre son âme au diable : participer à l’un des Jeux diffusés non-stop au Libertel, sorte de poste de télévision rendu obligatoire dans chaque foyer.

Tenpsenkoi ?
Je vais finir par ne plus trouver de superlatifs pour parler de ce genre de romans chez King. Pour te replacer ça dans le contexte, je me souviens encore du film de 1987 que je regardais avec mon père. Alors quand j’ai trouvé le livre en boîte à lire, bah j’ai sauté sur l’occas’ (j’étais tellement ravie que ce soit un King !). Et c’est bien là que je préfère King, sur ses romans d’anticipation, ces romans qui dénoncent. Ces romans qui montrent chez lui une telle clairvoyance, c’est fou ! Ce truc a été écrit il y a 30 ans !

Cet homme, dont la soumission au Réseau (au Système quoi) est la dernière chance, peint pour nous, comme en défonce, une société qui pourra être la nôtre. Celle où de pauvres hères souffrent en direct pour le plus grand plaisir des classes populaires, histoire de rapporter de quoi bouffer à leur famille. Ici, on fait subir des sévices physiques et moraux à des cardiaques pour voir combien de temps ils tiendront, là on fait nager des hommes parmi les crocos pour rapporter le plus de fric possible. Mais Ben Richards est trop malin. Ses tests révèlent une grande intelligence, une instruction inattendue dans la basse caste, des tendances révolutionnaires, alors on lui assigne le pire des Jeux : La Grande Traque. Il sera lâché dans les rues avec une somme conséquente. Et plus il survivra, plus sa femme et sa fille seront rétribuées. Les citoyens sont bien entendus encouragés à le dénoncer afin de gagner quelques dollars, tandis que le Réseau cultive la haine d’un public à son encontre.

Alors chez nous, on n’en est pas à faire tuer des gens en direct, mais qui parmi vous n’a pas ri des malheurs d’un pauvre marseillais sachant à peine épeler son nom, dans une maison fermée à double tour ? Qui n’a pas avidement gobé les rejets et les peines de cœur subis par de pauvres boutonneux dans une émission qui les mesure à des dieux grecs ? Qui n’a pas souhaité voir un plouc trébucher dans sa bouse aux heures de forte audience ? Et qui n’a pas souhaité que Monica voie son mec succomber au 95F de la blonde de l’autre côté de l’île ? Je les connais ces programmes, je les ai regardés aussi. Et tout ça, mes braves, nous rend aveugles aux vrais problèmes : la vacuité de nos propres vie, l’emprunte que nous laissons sur notre environnement, et j’en passe. King frappe fort, il frappe juste, et avec 30 ans d’avance, parce que déjà, à l’époque, il anticipait la direction que nous allions prendre. Il est ryhtmé, les chapitres sont courts. Ce roman est incroyable, haletant, une bonne gifle. Ou au moins, un excellent divertissement.

Pour info :
Le Livre de poche, 315 pages, 7,70 EUR

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Shining (Stephen King)

Ami du jour, bonjour !

Oui, nous sommes en automne. Oui, je revis. Non, je ne suis pas une de ces adoratrices de la saison des citrouilles ; simplement, comme le gazon de mon jardin, je suis un peu morte cet été, et je revis avec ces températures humainement supportables. Ne t’y trompe pas hein, j’aime bien les renards, les feuilles oranges, les citrouilles, halloween, toussa toussa. Mais surtout, j’aime les lectures communes qui fleurissent pendant cette période (et la période hivernale, oui, je parle du Pumpkin Automn et du Cold Winter…). Enfin, tout ça arrive pile alors que je suis dans ma période King. Pile pour #automneduking proposé par Tomabooks sur Instagram. Et puis, tu me connais, je suis pétocharde, mais je veux bien voir jusqu’où je peux aller dans la frousse.

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Sarakontkoi ?
Jack Torrance, alcoolique repenti, ancien professeur en retraite forcée, a enfin une chance de se remettre sur les rails. On vient de lui confier la gestion d’un hôtel de montagne, l’Overlook, durant sa fermture hivernale. Il embarque donc femme et enfant dans ce qui devait se résumer à passer quelques mois en famille, une occasion de se retrouver. Mais l’hiver arrive, avec lui la neige et l’isolation. L’hôtel se réveille, et ce qu’il veut, c’est l’enfant. L’enfant et son pouvoir, son Shining.

Tenpenskoi ?
Pour commencer, sache que je n’ai pas vu le film. Donc aucune comparaison possible. Ensuite, je reste persuadée que ce qui, chez King, tient souvent du thriller psychologique — fantastique ou non (ça veut dire avec des trucs surnaturels dans le monde naturel) — est régulièrement dénaturé à l’écran pour ne conserver que l’horreur. Bref, parenthèse terminée.

Pour ce qui est du bouquin, c’est du pur King. On commence dans une situation normale. Un mec qui essaie de se reconstruire, sa vie sans intérêt, ses rêves abandonnés, sa femme désintéressée. Banal. Le job qu’on lui propose : loin de son niveau, et banal. Et puis il arrive dans l’hôtel et ce caractère obsessif qui l’avait poussé vers l’alcool le reprend, et se cristalise autour d’une pièce de théâtre qu’il ne parvient pas à écrire. Puis c’est l’hôtel et son histoire qui le fascinent. On sent l’homme se perdre petit à petit. Et son fils, clairvoyant, essaie de le sauver de sa folie.

Et puis, n’oublions pas l’hôtel, le personnage central du livre. Celui qui canalise des décennies de mauvaises énergies. Cette entité qui s’empare peu à peu du père pour atteindre le fils. Et ce fils, innocent, si jeune et rendu si mature par un pouvoir qui l’habite, cette sorte de clairvoyance qui fait qu’il voit et qu’il comprend bien plus que ce qu’il voudrait. C’est magnifiquement orchestré. On reconnaît la main du maître. Et comme l’hôtel a bouffé Jack Torrance, ce livre te bouffe, lecteur. Petit à petit, il te ronge…

Update : J’ai vu le film, j’ai détesté. Je l’ai trouvé long, pas angoissant, la musique m’a crevé les tympans, et Kubrick (ou plutôt Diane Johnson, dont l’un des romans devait à l’origine être choisi par Kubrick pour son film) n’a rien pigé. Il n’a guère gardé que les noms de lieu et de personnages. Shining n’est pas un roman d’horreur, c’est plus psychologique, et surtout, il y a une certaine gradation. Là, la musique nous crie dessus dès le début, en hurlant « attention, ça fait peur ». Mais rien ne fait vraiment peur. Les procédés cinématographiques (matériel, plans-séquence, cadrages) sont intéressants, mais le reste est à jeter.

Pour info :
Grand format : JC Lattès, 430 pages, 21,50€
Poche : Le livre de poche, 576 pages, 8,20€

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Wicked : La véritable histoire de la méchante sorcière de l’Ouest (Gregory Maguire)

Ami du jour, bonjour !

La lecture dont je vais te parler aujourd’hui m’a un peu remuée. Je t’ai déjà parlé de ce bouquin, lorsque nous avons lancé une campagne sur les réseaux sociaux pour en demander la réimpression en VF. Sous le poids de notre demande ou pas du tout, c’est chose faite. Et après avoir tant vibré au son des mélodies du spectacle tiré du livre, je te livre mes impressions sur le roman qui l’a inspiré…

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Sarakontkoi ?
Peut-être que tu as déjà lu, ou vu, Le Magicien d’Oz, de Frank L. Baum. Tu la connais donc sûrement, cette horrible bonne femme verte qui essaie de voler ses souliers de rubis à Dorothy. Imagine que ses intentions n’aient jamais été celles que l’on pense. Qu’elle n’ait été que l’instrument d’un despote, un bouc émissaire tout désigné pour pallier l’impuissance d’un Magicien aux pouvoirs illusoires. Bienvenue dans la vie d’Elphaba, la méchante sorcière de l’Ouest.

Tenpenskoi ?
Eh bah je me sens vide. Je viens de finir ce bouquin, et il m’a vidée. Je ne peux pas le porter aux nues, en faire des caisses, mais une chose est sure, c’est qu’il ne me laisse pas indifférente. Rien à voir avec le merveilleux musical de Broadway. Mais dans son style à lui, il nous met une bonne claque.

C’est l’histoire de la vanité d’un homme. De la vanité des Hommes. Bien trop tournés vers leur gloire, leurs croyances, leur confort, leurs stratégies, leurs guerres pour se soucier de ce qui vit autour d’eux. Alors lorsqu’une jeune femme à la peau émeraude demande pourquoi, s’indigne, se bat, forcément, ça fait tâche. Elphaba n’est pas encore une sorcière lorsqu’elle arrive à l’université de Shiz pour étudier. Dans son monde, le mystérieux pays d’Oz, on stigmatise les Animaux, doués de raison et de parole, et on les prive de leurs droits pour en faire des animaux, tout juste bons à faire notre sale besogne et à être bouffés. Ca te rappelle un truc ?

On est devant un personnage, qui ne se sent ni femme ni homme, ni humain ni animal. Qui ne se bat pas parce que c’est bien ou mal. Mais qui ne comprend pas pourquoi certains seraient supérieurs à d’autres. Laisse-moi te dire que pour un lecteur/une lectrice, être confronté à un personnage apathique, qui ressent le besoin de comprendre ce qu’elle est, quelle est sa place, qui se sent vide de toute âme, de toute émotion, de toute notion de bon ou de mauvais, c’est très déroutant. À travers la neutralité d’Elphaba, qui se laisse porter par sa propre vie, sans lui accorder plus d’importance que celle qu’on a bien voulu lui donner depuis sa naissance (aucune donc), c’est tout notre empathie qui s’éveille pour découvrir l’horreur et la vanité du monde. Tu seras témoin d’injustices qui ne seront jamais réparées, de blessures qui ne pourront se refermer, de désirs qui ne pourront s’assouvir. Et ce livre m’a laissée là, seule, désemparée, et aussi vide que le cœur d’Elphaba, celle à qui on a tout pris.

Je me permets une critique sur la traduction, qui a fortement gêné ma progression. J’avais parfois l’impression que le traducteur ne savait pas vraiment ce que voulait dire l’auteur et a donc traduit littéralement les phrases sans en comprendre le sens. C’est un peu lourd à la lecture. Je te donne un exemple :
Boq acheta une feuille publiée en dehors de la Cité d’Émeraude — vieille de plusieurs semaines, mais c’était la première qu’il voyait depuis un moment […]
Là, te traducteur a traduit l’anglais paper par feuille (papier = papier = feuille). Paper en anglais est le diminutif de newspaper, le journal. Pour moi, la traduction est bien trop littérale, et si je ne connaissais pas l’anglais, je ne suis pas certaine que j’aurais compris la phrase en question. Le texte est bourré de détails comme celui-ci. Je suis trop pointilleuse ? Sûrement.

Pour info :
éditions Bragelonne, 512 pages, 10€ (il n’en reste plus beaucoup, le tirage était limité !)

 

 

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Esperanza 64 (Julien Centaure)

Ami du jour, bonjour !

Tu aimes la SF ? Les voyages dans l’espace ? Les scénarii-catastrophes ? Tu as aimé Planète Rouge, Interstellar, Mission to Mars, Passengers et j’en passe ? Eh bien cette lecture va te parler. Pour être honnête, ce n’est pas mon dada, le voyage dans l’espace… mais là, il a été chaudement recommandé par devinez qui… Lemon June of course. Donc bon, si c’est Lemon qui le dit…

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Sarakontkoi ?
En 2093, les humains ont épuisé les ressources de la Terre. Ils sont maintenant 10 milliards. C’est dans ce contexte que le projet Exodus voit le jour : la construction d’énormes vaisseaux emportant à leur bord 20 millions d’hommes et de femmes (tirés au sort), dans des caissons de cryoconservation, et 4000 membres d’équipage afin de dépeupler la planète. À ce jour, 63 vaisseaux Esperanza ont déjà été lancés. L’Esperanza 64 s’apprête à partir à son tour à la recherche d’une planète viable pour l’espèce humaine, avec à son bord Nil, Elisabeth, Mila et bien d’autres. Ils partent pour un très long voyage vers un espoir… ou vers leur mort ?

Tenpenskoi ?
Je dois avouer que j’avais un peu peur au début de mon écoute (il s’agit d’une exclu Audible), d’une part parce que ce n’est pas mon genre de lectures, mais aussi parce que c’est un livre « autopublié » dans le sens où Audible, si j’ai bien compris (et si vous avez des infos contraires, je prends), n’a fait qu’enregistrer la version audio… Deux raisons pour moi de m’en détourner. Et puis il y a eu Lemon June, qui a soulevé pas mal de sujets qui m’intéressaient lorsqu’elle en a parlé. Alors, munie de mon crédit Audible du mois de juin, je me suis dit « pourquoi pas ? »

Il y a tellement de choses à dire sur ce bouquin ! Le voyage dans l’espace à des distances que l’esprit humain aura du mal à appréhender pose plusieurs questions : est-ce qu’on n’envoie pas l’équipage et la « cargaison » humaine à la mort simplement pour que ceux qui restent sur Terre vivent ? N’est-il pas fou de penser qu’une planète présentera des caractéristiques suffisamment viables pour les humains ? Ou au contraire, pourquoi chaque étoile n’aurait-elle pas sa planète bleue ? Et surtout, les voyages durant plusieurs dizaines de milliers d’années, qui peut garantir que les vaisseaux, les équipements tiendront ? Combien de temps la Terre se souviendra-t-elle qu’on a lancé ces vaisseaux ? 100 ans ? La technologie terrestre, un jour, ne finira-t-elle pas par rattraper celle de ces vieux cargos ?

Mais à bord des Esperanza, on ne fait pas la même erreur que dans Le Papillon des étoiles (de Bernard Werber, pour ceux qui ne l’ont pas lu). L’équipage, une fois le Soleil dépassé, s’endort dans ses caissons de cryoconservation, et seuls 2  d’entre eux sont de garde pendant un an et demi, puis passent le relai à deux autres. Et tous les 5000 ans, tout l’équipage sort de son caisson afin de procéder à une remise en état de l’Esperanza 64. Tout est recyclé, calculé. L’équipage est seul dans l’espace infini et file en direction de l’étoile Epsilon Eridani pour y trouver un nouveau foyer. Je ne sais pas si Julien Centaure s’y connaît en la matière, s’il a eu de l’aide, ou s’il a tout inventé, mais le réalisme et le détail des calculs est impressionnant et donne au roman des airs de prophétie.

Et puis se posent les questions essentielles : comment reconstruire une société si on trouve une nouvelle planète ? Garder les mêmes modèles ? Rester sur ce que l’on sait faire ? S’adapter à la nouvelle planète ou l’adapter à nous ? Ces sujets me touchent beaucoup, particulièrement en ce moment. J’ai l’impression que l’humain ne décollera pas de son petit système de pensée, qu’il ne veut pas voir les choses autrement. Pas comme lui étant le centre de toute chose, mais comme lui appartenant à un monde plus grand, faisant simplement partie d’un écosystème. On n’est pas plus intelligent parce qu’on construit de gros vaisseaux ou parce qu’on peut en appuyant sur un bouton détruire une planète entière. On est intelligent lorsqu’on vit avec ce que l’on a, ni plus, ni moins, et que l’on comprend l’équilibre dans lequel on vit. Et si t’as pas compris ça, regarde Le Roi Lion.

Alors oui, il y a quelques petits défauts dans les dialogues, qui manquent parfois de naturel (attention au mélange des registres, notamment lorsqu’on met du soutenu et du familier dans la même phrase). Et puis, si le lecteur lit effectivement bien, j’ai trouvé son interprétation un peu monocorde. En même temps, je sors de Good Omens, et les lecteurs anglais font tellement vivre le truc que c’est un peu difficile de repasser au français ensuite… Donc je le conseille vivement. Je me ferai sans doute le T2 par la suite, mais là, je me plonge dans Anna Karenine.

Pardon pour la longueur inhabituelle de ce billet, le livre est dense…

Pour info :
Audible, 15h65min, 1 crédit ou 27€

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Good Omens (Neil Gaiman / Terry Pratchett)

Ami du jour, bonjour !

Toi aussi, la chaleur t’étouffe ? Je me surprends parfois à voler en songe parmi les oiseaux migrateurs, mais au lieu de partir vers les pays chauds en hiver, je songe sérieusement à m’exiler du côté du Pôle Nord en juillet-août. Je rêve des pluies d’été, diluviennes, à ces lourdes gouttes tièdes qui s’écrasent sans pitié sur mes carreaux de lunettes. Le soleil me brûle, mes doigts et mes jambes gonflent. Et bien entendu, je suis très très lente, notamment dans mes lectures. Heureusement, Audible est là !

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Sarakontkoi ?
L’heure de l’apocalypse est arrivée, l’Antéchrist est né. Il ne reste plus qu’à le caser dans une influente famille de diplomates, et à le laisser grandir jusqu’à ce que s’accomplisse son destin. Mais Crowley et Aziraphale — respectivement Démon et Ange de leur état — se sont attachés aux humains, à leur culture, au monde. Ensemble, ils décident d’essayer de garder l’enfant dans un équilibre parfait entre le Bien et le Mal, afin qu’il ne puisse jamais choisir. Mais il semblerait qu’il y ait erreur sur l’enfant, et le Destructeur des Mondes grandit à l’abri de toute influence, chef de sa bande de garnements à vélo, des bleus aux genoux et son fidèle chien à son pied. Mais les trompettes de l’apocalypse résonnent déjà.

Tenpenskoi ?
Si tu suis le blog depuis quelques temps, tu sais que je qualifie rarement les livres de Coups de Cœur (parce que tout bloggeur, Booktubeur ou Bookstagrameur qui a bien aimé la page 58 d’un livre le qualifie de coup de cœur, et soyons honnêtes, ça ne veut plus rien dire). Mais là, je me tâte. Je me dis même que c’est trop peu. C’est une bombe, c’est un tsunami. C’est une apocalypse stricto sensu (origine grecque du mot qui signifie « action de révéler, de dévoiler », donc une révélation, mais j’en ferai un billet) !

Avec une intelligence, une légèreté et une insolence hors du commun, Neil Gaiman et Terry Pratchett nous plongent dans les derniers jours du monde. L’Antéchrist, suite à une légère erreur de distribution, a atterri dans une banale famille anglaise, loin de toute influence. Il est à la tête d’une bande de copains, et si tout semble se plier à sa volonté, il n’en est pas moins un jeune garçon brillant — ayant développé cet esprit logique et simple propre aux enfants — dénué de toute autre ambition que celle de jouer aux cow-boys et aux sorcières.

Tandis que les pièces du puzzle se mettent en place, que les adultes, les anges, les démons et les cavaliers de l’Apocalypse se battent pour leur camp, le jeune Adam Young grandit, inconscient de son rôle dans le Grand Dessein. Et le lecteur apprend une excellent leçon : rien n’est tout bon, ni tout mauvais. Une égratignure au genou fait tout le plaisir d’une chasse au trésor. Et toujours, chez Gaiman (je connais très peu Pratchett), cette ambivalence entre la clairvoyance des enfants et l’amertume des adultes. J’aime.

Je vous pose là deux de mes citations préférées (que je retranscris en anglais, puis traduirai en français) :

« Anyway, if you stopped tellin’ people it’s all sorted out after they’re dead, they might try sorting it all out while they’re alive. »

(Et si vous arrêtiez de dire aux gens que tout rentrera dans l’ordre à leur mort, ils pourraient essayer d’y travailler alors qu’ils sont vivants.)

« If you want to imagine the future, imagine a boy and his dog and his friends. And a summer that never ends. »

(Si vous voulez imaginer le futur, imaginez un jeune garçon et son chien et ses amis. Et un été qui ne se terminera jamais). Dernière phrase du livre.

C’est drôle, c’est incisif, ça vise juste. Bref, lisez Good Omens (De bons présages, dans sa version française).

Pour info :
J’ai Lu, collection Science-Fiction, 440 pages, 7.20€

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La Servante écarlate (Margaret Atwood)

Ami du jour, bonjour !

Laisse-moi te dire que j’ai dû digérer un peu le roman dont je vais te parler avant d’écrire ma chronique. J’ai beaucoup de mal à mettre de l’ordre dans mes idées, comme à chaque fois que le sujet me touche, tu commences à avoir l’habitude. Dis-toi que ce bouquin, je l’ai écouté (oui, parce qu’il s’agit d’un livre audio) sur toute la période de notre dernière tentative de FIV. On aurait pu trouver mieux comme timing…

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Sarakontkoi ?
Le roman se situe dans une société américaine fermée qui subit de fortes baisses de fertilité dues à divers facteurs (notamment une « catastrophe » dont il est question une ou deux fois dans le livre). Dans cette nouvelle société, les femmes sont sacrées. Les épouses de Commandeurs sont privilégiées, les Econofemmes sont les épouses d’hommes pauvres, les Marthas sont des sortes de gouvernantes dans les maisons riches. Et les Tantes endoctrinent les Servantes, ces femmes vêtues de rouge, seules capables de procréer, dont les riches couples louent les services…

Tenpenskoi ?
La. Claque. Ca fait un moment que je n’avais pas lu un aussi bon roman de SF. Il s’agit ici d’une dystopie, la description d’une société qui se veut parfaite, mais qui cache en fait un régime de répression et de suppression des libertés.

Un passage m’a marquée au cours de ma lecture : il évoque la différence entre « liberté de » (freedom to) et « libéré de » (freedom from). Les femmes ne sont plus libres de faire ce qu’elles veulent de leurs corps, puisqu’elles sont devenues sacrées. Mais elles sont libérées du regard des hommes, du poids du paraître. Dans ce sens, le livre twiste dangereusement l’état d’esprit du lecteur, et on en arrive même à se dire « est-ce si mal ? » C’est ce danger que pointe Margaret Atwood. Ces pensées liberticides qui agissent pour le bien de l’Humain. Elle décrit une société tyrannique, sans libertés, révoltante, qu’elle met en contraste avec notre société actuelle, tellement brutale, sale, effrayante qu’en tant que lecteur, on est perdus, tiraillés entre notre révolte interne et cette solution définitive, liberticide, qui pourtant solutionne les combats que nous menons aujourd’hui.

Tout ça bien entendu sur fond de cataclysme (dont on ignore la nature). On sait juste qu’à un moment, le monde a cessé de tourner rond, et que la réponse de cet état américain (le Massachusetts si mes souvenirs sont exacts) a été de geler les libertés, en commençant par les comptes en banque des femmes. Tout ça dans une passivité générale effrayante. Mais dans leur situation, aurions-nous fait différemment ? Les quelques manifestations et contestations ont été étouffées. Privées de moyens financiers, les femmes n’ont eu d’autre choix que de passer dans la clandestinité, ou de s’en remettre aux hommes. Les enfants issus de seconds mariages, d’adultères, ou hors mariage ont été arrachés à leur famille pour être confiés à des familles pieuses « dignes » de les élever, donc riches.

Margaret Atwood nous tient et nous coince dans un présent quasi constant qui nous étouffe, nous empêche d’avancer, d’aller de l’avant, qu’elle entrecoupe de bribes de souvenirs décousus, confus parfois. De sensations passées. Comme Defred, on ne comprend pas comment la société en est arrivée là. Le final est sans importance, relayé au second plan, avalé par l’énormité de ce qu’on vient de lire. L’épilogue, une conférence universitaire qui a lieu probablement des dizaines d’années plus tard, après la chute de cette « civilisation », ironise cette partie de l’Histoire, la relègue à une simple étude du passé, oubliant presque que ce qui est arrivé alors peut encore se produire aujourd’hui. Cela ne ferait-il pas échos à… ?

Le roman est très dense, j’en ai probablement oublié. Mais lisez-le.

Pour info :
éditions Robert Laffont, 544 pages, collection Pavillons Poche, 11,50 EUR

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Caraval (Stephanie Garber)

Ami du jour, bonjour !

Je ne peux pas te parler que de bouquins que j’ai aimés. Et pour le coup, je trouve important, malgré l’avis de certains, de dire quand on n’a pas aimé un livre. Si personne ne le fait, le livre est jugé comme faisant l’unanimité, et c’est dommage d’accorder à un bouquin un crédit qu’il ne mérite pas nécessairement. Alors aujourd’hui, je nuance cher ami, je nuance (oui, mon chat est sur la photo, c’est pour faire passer la pilule…).

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Sarakontkoi ?
Depuis le départ de leur mère, Scarlett et Donatella subissent le joug d’un père tyrannique et violent. Mais Scarlett espère bien lui échapper en épousant l’homme qu’on a choisi pour elle, qui lui a promis, dans sa correspondance, d’étendre sa protection à sa sœur. Mais l’occasion se présente de vivre une aventure : participer aux jeux de Légende, le maître de Caraval. Avec l’aide de Julian, un marin, Scarlett et Donatella fuient leur île, leur père, et s’engagent dans une folle aventure, faite de magie, de faux-semblants et de révélations. Au passage, elles pourraient bien en apprendre plus sur leur histoire…

Tenpenskoi ?
Pour être honnête, après avoir lu les nombreux avis élogieux, je me suis dit que ça me ferait du bien de replonger un peu dans une bonne fantasy, quelque chose d’haletant, de mystérieux. Pour le mystère, j’ai été servie. C’est tellement mystérieux que ça te laisse sur le bord de la route. J’ai trouvé les lois qui régissent l’univers très floues, je n’ai pas compris où voulait en venir l’autrice. Créer un jeu dont les protagonistes découvrent les règles au fur et à mesure, pourquoi pas. Mais même en gardant ça à l’esprit, j’ai eu l’impression d’assister à une private joke géante, où tout le monde s’amusait en tâtonnant, sauf moi. Un peu comme dans les escape games tiens (oui, tu l’auras compris, c’est pas mon truc).

En ce qui me concerne, le style ne sauve même pas le roman. Sans être très mauvais, il est rempli de stéréotypes et de lieux communs qui, en soi, ne gênent pas la lecture, mais m’ont fait lever les yeux plus d’une fois. C’est long, un peu redondant par moment. C’est dommage.

Bref, une lecture peu concluante qui me laisse un goût de… meh. J’ai le tome 2, mais j’avoue préférer accorder mon temps à des romans plus intéressants.

Pour info :
éditions Bayard Jeunesse, 400 pages, 17,90€

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La Petite Fille qui aimait Tom Gordon (Stephen King)

Ami du jour, bonjour !

Je viens enfin de terminer un nouveau roman… ouah, c’est compliqué en ce moment. Mon sommeil semble vouloir grignoter tous les instants lecture que je m’accorde, du coup, je lis à coup de 3 pages. Et franchement, il était pas bien épais celui-ci. Bref, voici donc un nouveau King, conseillé par ma très chère amie Laura, qui est une grande fan de l’auteur.

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Sarakontkoi ?
Les parents de Trisha divorcent. Et depuis leur séparation, son grand frère semble vouloir le faire payer à sa mère, qui fait pourtant son possible pour passer du temps avec eux. Les activités sont diverses : visites, parcs, activités en plein air… et balades en forêt. C’est lors d’une de ces balades que Trisha décide de se laisser distancer par son frère et sa mère, bien trop occupés à se hurler dessus pour se rendre compte qu’elle n’est plus là. Et d’un simple écart pour faire ses besoins à l’abri des regards, Trisha commence une errance à travers la forêt, ou seuls son bon sens, son walkman et son idole, Tom Gordon, lui serviront de rempart contre la chose qui rôde…

Tenpenskoi ?
Comme tu le sais, j’ai découvert les romans d’ambiance de King avec Marche ou crève (je t’invite à aller jeter un œil à la chronique en question en cliquant ici). Dans La Petite Fille qui aimait Tom Gordon, c’est différent parce que je n’ai pas ressenti d’engagement particulier (politique, économique, social). King aiguise seulement la lame de son mordant, en essayant de te faire pisser dans ta culotte sans qu’au final il ne se passe grand-chose. Et c’est fou.

Après, je suis beaucoup plus mitigée sur celui-ci que je ne l’ai été sur Marche ou crève. Parce que là, quand même, on alterne des phases qui se répètent. La gamine est de plus en plus perdue, de plus en plus déconnectée et laisse de plus en plus de place à son instinct. Sombre-t-elle dans la folie, cette chose qui la guette est-elle réelle ? Et ce n’est pas à ses proches qu’elle se raccroche, mais à son joueur de baseball favori, qui l’accompagne tout au long de son chemin.

Depuis la première décision qu’elle prend de couper à travers les bois pour rejoindre sa mère et son frère (et toi, tu le sais que c’est une connerie) jusqu’à l’auteur qui pousse le vice en te disant que, c’est dommage, les secours auraient pu la retrouver / elle aurait tourné à droite elle s’en serait sortie, tout dans ce roman te fait te sentir impuissant. Alors tu accompagnes la gamine, qu’est-ce que tu peux faire d’autre ? Et c’est toute l’intelligence de l’auteur. Ta vie est entre les mains d’une gamine de 8-10 ans (je en me souviens plus).

En bref, c’est encore une fois une autre façon de découvrir Stephen King, trop souvent mis de côté par les poules mouillées comme moi (parce que tu comprends, ça fait peur). Un petit bémol sur les longueurs tout de même…

Pour info :
Le livre de poche, collection Fantastique, 279 pages, 7,10€

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L’Étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde (Robert Louis Stevenson / Maurizio Quarello)

Ami du jour, bonjour !

Je le sens bien là, je vais te faire une petite série d’albums. En gros, de tout ce que nous avons rapporté de Montreuil. Et je commence par un classique, s’il vous plaît. Ni Chéri ni moi ne l’avions lu, alors pendant les 4h qui séparent Paris de notre petit coin d’Auvergne, je lui ai simplement fait la lecture à haute voix. Et franchement, au-delà du texte, c’était un super moment de partage ! Alors je m’en va te causer de ce très beau livre.

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Sarakontkoi ?
M. Utterson, notaire de son état, s’inquiète de la santé et de l’état de son ami, le Dr. Jekyll. Il se conduit étrangement, souhaite établir son testament et faire don de sa fortune à un certain Hyde, un effrayant bonhomme qui fait naître chez son interlocuteur une terreur instinctive. Est-il victime de chantage de la part de cet affreux personnage ? Pourquoi est-il si secret ? Et qu’est-ce qui a bien pu dégoûter à ce point leur ami commun, le Dr Lanyon, au point qu’il refuse tout contact avec Jekyll ?

Tenpenskoi ?
En vrai, la réponse, tu la connais : Jekyll et Hyde, c’est le même zozo. Les deux facettes d’une même pièce. L’individu, déboussolé, effrayé de voir naître en lui de noirs désirs alors que lui est si travailleur et vertueux, tente de se détacher de cette part sombre qu’il cache. Ainsi, il pourra être un homme aussi bien qu’il le souhaite et ne plus se sentir coupable des agissements de son alter-ego.

La réflexion est plus qu’intéressante. Détacher le bon du mauvais, pour éviter de souffrir. Mais surtout, se déresponsabiliser. En cela, je trouve Jekyll lâche. Son amour de la science, son envie d’être bon, mais sans effort. C’est trop facile. Nous sommes bons parce que nous avons en nous cette dualité. Sans elle, nous ne sommes rien. Plats. Il faut le yang pour le yin. La peur pour le courage. La faiblesse pour la force. La tristesse pour la joie. Ce qui est brillant, c’est que, contrairement au Dr Lanyon, le narrateur, M. Utterson, est neutre, sans réel jugement. Le lecteur est alors libre de se faire sa propre idée, de réfléchir par lui-même aux implications d’un tel acte. Si tu le lis, tu n’auras peut-être pas du tout la même opinion que moi…

Pour ce qui est des illustrations, elles sont très jolies. Les couleurs et l’ambiance servent tout à fait le propos. Ceci dit, j’avoue que si je reconnais le talent de l’illustrateur, je ne suis pas particulièrement touchée par ce qu’il me propose. Elles respectent une certaine charte, des codes qui créent l’angoisse. Mais je comprends qu’on veut m’angoisser. C’est compliqué à expliquer… J’aurais peut-être préféré quelque chose de moins conventionnel et de moins parfait. Parce que oui, quand tu regardes, c’est un vrai travail d’artisan, mais sur une notion si sujette à controverse que la dualité de l’être, je me serais attendue à une plus grosse prise de risque. Mais je chipote, c’est un très beau livre.

Pour info :
éditions Sarbacane, collection Grands classiques illustrés, 96 pages, 23,50€

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Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Le Fléau (Stephen King)

Ami du jour, bonjour !

Si tu jettes un œil sur mon compte Instagram, tu auras suivi un peu mes pérégrinations concernant la lecture du Fléau de Stephen King, initiée par Lemon June.

Je ne te fais pas attendre plus longtemps cette chronique que j’ai déjà suffisamment retardée. Comment veux-tu que je te parle en 3 paragraphes d’une œuvre aussi riche ?

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Sarakontkoi ?
À la fin du printemps 1990, suite à une micro-erreur informatique, un virus génétiquement modifié se propage aux États-Unis et dans le monde, tuant plus de 99% de la population. L’instinct des survivants les pousse à rechercher leurs pairs dans le cimetière à ciel ouvert qu’est devenu le pays. Puis il faut tout reconstruire. Trouver d’autres solutions ? Faire mieux ? Ou tout rebâtir comme avant ? Deux parties s’opposent, que les protagonistes appellent le Bien et le Mal. Tout est-il si manichéen ?

Tenpenskoi ?
Avant de te faire un topo, laisse-moi te dire que cette lecture fut éprouvante. Pas parce qu’elle avait cette image « horreur » qui colle à la peau de Stephen King, mais parce que, ayant lu la version rééditée et augmentée de plusieurs centaines de pages, j’ai pu suivre l’auteur jusqu’au plus profond de son récit. Si c’est très souvent instructif et immersif, c’est aussi parfois pénible, à l’image de la vie qu’essaient de reconstruire les personnages. Une semaine pour lire le premier, qui est une course contre la maladie. Un mois et demi pour lire le second, qui relate l’après, les hésitations, les doutes.

Dans la première partie, c’est la fuite. Loin de la maladie. La fuite vers un ailleurs qu’on ne connaît pas, loin d’un ennemi qu’on ne voit pas. La terreur de ne pas savoir si notre tour viendra. Puis la résignation. La longue marche vers l’espoir.

Après, dans ce monde post-apocalyptique, on survit. Mais aussi cruel que cette pensée puisse paraître, n’est-ce pas également une chance de tout recommencer ? De faire mieux ? Peut-on faire mieux ? Ne sommes-nous pas programmés pour en arriver inéluctablement à détruire ? Nous détruire ? Détruire notre environnement ? Faut-il reconstruire un système politique ? Vivre éloignés de toute civilisation ?

L’un des personnages, professeur de sociologie, fait cette remarque très intéressante :

« Peut-être n’est-il que le dernier magicien de la pensée rationnelle, celui qui rassemble les outils de la technologie contre nous ».

Et je pense que c’est le cœur du débat. L’homme peut-il retourner à l’état de nature ? Se débarrasser de sa rationalité, de la technologie qu’il a construite avec ? Le Mal est-il le Mal ou bien un penchant rationnel de l’être humain ? Et paradoxalement, c’est ce côté rationnel qui détient la Magie.

La fin est un parfait mélange de l’espoir et de l’inéluctabilité, qui laisse au lecteur le choix de voir le verre à moitié plein, ou à moitié vide. Je vous laisse en juger par vous-mêmes. Mais je vous préviens : la lecture de cet ouvrage n’est pas une promenade de santé.

Je te laisse le lien vers la vidéo de Lemon June (l’instigatrice de cette lecture commune) :

Pour info (pour ma version) :
Tome 1 => Le livre de poche, 764 pages, 9,20€
Tome 2 => Le livre de poche, 795 pages, 9,10€