Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Hunger Games : La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur (Suzanne Collins)

Ami du jour, bonjour !

Encore une fois, si tu me suis sur les réseaux, tu sais que je viens de finir le préquel de la merveilleuse et célèbre trilogie Hunger Games. Encore mieux, si tu me suis depuis un peu longtemps, tu sais à quel point j’ai aimé la merveilleuse et célèbre trilogie Hunger Games… Et si tu ne t’en souviens pas, je pose ça , et tu peux aller lire mon billet 🙂 Alors quand, plus d’une décennie plus tard, Collins rempile pour te faire une origin story du grand méchant, ça a de quoi te rendre curieux…

Sarakontkoi ?
Avant de devenir l’un des hommes les plus sadiques de Panem, Coriolanus Snow était juste un gosse de riche, dont les parents ainsi que la fortune étaient morts pendant la révolte des districts. Ruiné, il tente tant bien que mal, avec sa grand-mère et sa cousine, de vivre de la contrebande et de sauver les apparences. Alors lorsqu’on lui fait l’insigne honneur de lui attribuer un tribut lors de la 10e édition des Hunger Games — faisant ainsi de lui un des premiers mentors de l’histoire des jeux — il saisit l’occasion de se démarquer. C’est sans compter sur son tribut, une jeune femme nommée Lucy Gray Baird, qui fait naître en lui une véritable fascination. Amour ? Pouvoir ? Faux semblants ? Coriolanus devra faire des choix, et se révéler peu à peu comme l’homme qu’il deviendra.

Tenpenskoi ?
Je vais redire un peu ce que j’ai dit en story sur Insta, mais les préquels sont pour moi un exercice très dangereux parce qu’il y a deux écueils à éviter : le fan service et les raccords un peu trop évidents ou capillotractés avec l’œuvre originale. Malheureusement, sans être un échec cuisant, cette tentative-là n’y a pas échappé.

Personnellement, j’ai trouvé le récit bien trop centré sur Snow. Je sens bien qu’on tente d’en faire un personnage complexe. Cela dit, je me suis demandé tout au long de ma lecture si Snow était un pervers narcissique de base, ou s’il l’était devenu. OK, on nous montre les souffrances qu’ils a vécues pendant la guerre, mais ça reste insuffisant.

Le roman a beaucoup de longueur qui, d’après moi, tentent de recréer la tension pré-jeux du tome 1 de la trilogie originale. Mais la situation est différente : l’arène est bien moins développée, et les jeux ne sont qu’un ersatz de combat de gladiateurs dans une arène que j’apparenterais à un stade de foot. Alors pas de quoi nous pondre 300 pages. Idem pour les jeux en eux-mêmes. Ce que j’aurais aimé voir, c’est comment les arènes sont devenues aussi sophistiquées, et les tributs adulés (on a une ébauche dans l’épilogue sur 3 pages), comment le Capitole est sorti de la misère dans laquelle il était. Comment les habitants du Capitole sont passés de presque mandiants à des individus extravagants qui bouffent à s’en faire vomir… je veux dire, je peux deviner ce qu’il s’est passé. Mais j’aurais aimé qu’à un moment, on dézoome de Snow pour nous montrer un plan d’ensemble plus large, qu’on nous cause un peu politique, tactique.

Et pour finir, le fan service. On a essayé de raccrocher Lucy Gray et Snow à tous les symboles de rébellion qu’a créés Katniss, jusqu’à son prénom… Une bonne dizaine de fois, je me suis dit « comme par hasard… » ! Du coup, pas étonnant que Snow déteste Katniss si elle est la si parfaite incarnation du moment exact où tout a failli basculer dans sa vie… bref, on tire un peu trop sur les ficelles à mon goût, tout en me donnant des petits coups de de coude avec un clin d’œil complice, genre « hey, t’as vu, c’est Hunger Games hein ! ».

Bref, je ne dirais pas que j’ai détesté ma lecture. Disons, que j’ai bien aimé. Et bien aimé, pour un tome de la saga Hunger Games, c’est insuffisant. Pas mémorable, et peu utile dans le développement politique opéré dans la trilogie originale. C’est comme regarder un film d’actions avec Stalone. C’est sympa, mais c’est jamais très profond… (sauf Demolition Man, parce que j’adore Demolition Man… même si c’est pas très profond).

Pour info :
éditions PKJ, 560 pages (selon Amazon, parce que le mien en fait bien 600), 19.90€

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Artemis Fowl – Tome 1 (Eoin Colfer)

Ami du jour, bonjour !

Dernièrement, on m’a confié — et j’en suis la plus heureuse du monde — la gestion du rayon jeunesse à la librairie. Je vais donc tenter, dans mes prochaines lectures, d’étoffer ma culture de ce côté là (découvertes de romans inconnus ou lecture d’incontournables). Aujourd’hui, je te présente un roman jeunesse qui a fait l’objet d’une adaptation par Disney (disponible sur sa plateforme dans les mois à venir), et qui s’est déjà fait un nom dans le payage littéraire. Je veux parler d’Artemis Fowl.

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Sarakontkoi ?
Artemis Fowl est un tout jeune héritier d’une douzaine d’années. Son père a disparu, sa mère perd la tête, et ce qui se rapproche le plus d’une famille pour lui est son majordome Butler et la sœur de ce dernier, Juliet. La fortune familiale n’est plus, mais l’ingénieux Artemis Fowl n’a pas dit son dernier mot et il compte bien chercher de quoi remonter la pente du côté des légendes locales : le petit peuple des fées, elfes et autres trolls. Ainsi capture-t-il le capitaine fée Holly Short afin d’exiger contre sa libération une belle rançon. Les fées ne renonceront à rien pour sauver une des leurs, mais Artemis a plus d’une corde à son arc…

Tenpenskoi ?
Sur cette chronique, il va falloir faire la différence entre ce que je pense « objectivement » de ce roman, et mes goûts personnels. Dans l’absolu, le roman fait montre de grandes qualités narratives, l’univers est cohérent, le récit est rythmé, les personnages sont bien définis, et ont un certain relief. Le gamin insuportable qu’est Artemis est futé, drôle, mais aussi attendrissant par certains côtés. Si vous voulez le conseiller à un bambin qui aime l’espionnage, la magie les aventures, allez-y, il aimera.

Maintenant, personnellement, ce n’est pas un livre sur lequel je vais m’arrêter. La saga compte 8 tomes, j’ai lu le premier, et je vais m’en tenir là. Cela dit, en lisant les articles consacrés à la série, je vois que l’intrigue se complexifie dans les tomes suivants. Il est donc possible que je revienne dessus plus tard. Pour l’heure, je vais continuer de le proposer, et nous verrons plus tard pour la suite.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Folio Junior, 368 pages, 8.90€

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Phobos – Tome 1 (Victor Dixen)

Ami du jour, bonjour !

Le voici, le voilà, le fatidique billet… et pourtant, Dieu sait que cette lecture, je l’ai attendue. Maëlle se souvient encore de mes « et si tu peux penser au Dixen »… Tout avait si bien commencé. Enfin, pas tellement puisque tout commence par une dédicace manquée à Montreuil il y a deux ans (trop de monde). Depuis, j’étais obsédée par ce bouquin, je voulais le lire, le pitch était tellement alléchant. Quel potentiel il avait… mais je m’emballe. Place à la chronique.

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Sarakontkoi ?
Les USA sont maintenant un état surendetté. La politique du nouveau président est claire : vendre les biens de l’État, à commencer par certaines agences gouvernementales. C’est ainsi qu’un fonds privé fait l’acquisition de la NASA et transforme le programme d’exploration de Mars en télé-réalité à échelle mondiale en envoyant dans l’espace six jeunes filles et six jeunes hommes. Le but : enchaîner les speed-datings tout au long du trajet afin de former des couples dès leur arrivée sur Mars, le tout filmé à la Loft Story (pour ceux qui ont connu). Mais ce qu’on ne leur a pas dit, c’est qu’ils risquaient leur vie au bout de ce voyage…

Tenpenskoi ?
Comme je l’ai dit, il y avait vraiment moyen de faire quelque chose de chouette avec ce pitch ! Une vraie critique de la société qui consomme les images en masse, la manipulation des foules, une hyperlibéralisation de l’économie et de la culture, la monétisation de la vie privée, et j’en passe ! Et… plouf quoi. Et ce, pour deux raisons.

La première, c’est que Dixen se prend les pieds dans son propre tapis. La SF, et ici le Space Opéra, a souvent pour but de nous montrer les travers d’une société étouffée par la technologie, les médias et j’en passe (je dis « souvent »). Pour moi, Phobos faisait clairement partie de cette branche de la SF. Et non. Là, le personnage, certes un peu cliché, mais néanmoins rebelle rentre gentiment dans le moule (même si pour sa défense, elle semble vouloir en sortir à la dernière page du roman). Le méchant est très méchant, genre méchant comme sur cette vidéo. Et on le sait dès la page 110, donc à 1/5 du bouquin (sachant qu’on va nous le marteler encore et encore pendant touuuuuuut le roman), et ce grâce à une logorrhée (et pas un simple monologue, non) de méchante qui précise bien le contenu de tout le méchant rapport qui dit que la vie des participants est en danger.

Et ça, c’est le second souci majeur du roman. L’auteur prend son lecteur pour un teubé. Tous les éléments qu’il pourrait nous expliquer hors dialogue, sur la narration, par exemple, Dixen le fait dire à ses personnages. Ce qui fait qu’en plus d’être d’un cliché déconcertant, bah les phases de dialogue sont lourdes au possible. Et ça empire au fur et à mesure du roman. Un exemple tout bête : le fameux rapport qui explique que les astronautes en herbe sont en danger, on aurait pu nous le présenter hors dialogue, en nous expliquant que quelques mois plus tôt, le staff l’avait reçu et que les conclusions étaient ceci ou cela. Mais non, on fait dire à la méchante « mais vous savez bien qu’on ne peut pas parler du rapport qui dit bien que patati patata »… et c’est lourd, et ça manque de naturel ! Et surtout, tout est stéréotypé. On a des peaux blanches, des jaunes, des noires, de toutes les nationalités, mais tout le monde est beau (hormis, pardon, une cicatrice ou deux). Ce qui se veut un symbole de diversité ne fait qu’enfoncer les clivages. Même le type en fauteuil est une bombe, excusez-moi !

Enfin, j’ai passé ma lecture à soupirer, et à lever les yeux au ciel, pendant que Chéri me chantonnait ce jingle… Parce que c’est vraiment ce qu’il se passait dans ma tête dans ces moments…

Bref, une lecture très peu concluante, d’autant que c’est un best-seller… Dommage.

Pour info :
Grand format : éditions Robert Laffont, collection R, 448 pages, 13.90€
Poche : éditions PKJ., 576 pages, 8.20€

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La Rivière à l’envers (Jean-Claude Mourlevat)

Ami du jour, bonjour !

Je t’en ai causé, mais je t’en ai causé de ce bouquin ! Et je le vends toujours autant à la librairie. Ce qui est fantastique, c’est que par chez moi, il y a même des collèges qui l’étudient. Messieurs et mesdames les profs, ça vaut un Robinson Crusoé, je dis ça… Et là, je viens de spoiler toute ma chronique, c’est grillé que j’ai adoré ce bouquin, non ?

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Sarakontkoi ?
Tomek, un jeune garçon de 12 ans, tient l’épicerie de son village. Une épicerie où il vend tout… enfin, tout ce qui est nécessaire. Un jour, une jeune fille passe la porte de son épicerie et lui demande une chose qu’il n’a pas : de l’eau de la rivière Qjar, qui coule à l’envers, et qui empêche celui qui la boit de mourir. Tomek suit alors Hannah à la recherche de cette rivière. Mais leur périple ne se fera pas sans peine…

Tenpenskoi ?
À ton avis, j’en pense quoi ? Mais j’adore, il est dans mon TOP 10 ! Laisse-moi t’expliquer pourquoi : d’abord, c’est poétique sans être hermétique. Et ça, c’est très important. Parce que si tu écris des choses jolies que tu es le seul à comprendre, c’est problématique… Crois-moi, quand Mourlevat t’embarque, il ne te lâche pas. Et non seulement, c’est beau, mais en plus, c’est génial !

On ne s’ennuie jamais. Il n’y en a ni trop, ni trop peu. Tout ce qui doit être expliqué l’est avec une évidence toute innocente. Tout le superflu est laissé de côté. Tomek grandit au fur et à mesure de son voyage, et de jeune épicier, il devient un homme. Il apprend la patience, la résilience. Il apprend le deuil, avec toujours cette candeur qui fait voir le monde en couleurs. Et tout ça est d’une douceur extraordianaire ! À la base, le livre est sorti en 2 tomes (Tomek et Hannah). Moi, je n’avais lu, plus jeune, que le premier. Comme tu l’auras compris, ce premier tome raconte l’aventure du point de vue de Tomek, puisque c’est sans Hannah qu’il entamme son voyage. Le second tome raconte le voyage d’Hannah, qui commence bien avant sa rencontre avec Tomek. Là, PKJ a sorti une édition intégrale réunissant donc les 2 tomes, et je suis heureuse d’avoir pu découvrir les aventures d’Hannah.

Je ne peux que te conseiller — non, t’exorter –, quel que soit ton âge, de lire La Rivière à l’envers. Et franchement, je n’ai pas grand chose de plus à dire sur le sujet.

Pour info :
Tome 1 : Tomek => éditions PKJ, 191 pages, 5.95€
Tome 2 : Hannah => éditions PKJ, 160 pages, 5.50€
Intagrale : éditions PKJ, 384 pages, 11,90€

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Fondation (Isaac Asimov)

Ami du jour, bonjour !

Causons peu, causons bien ; comme tu le sais, nous sommes dans une situation un peu spéciale à la librairie, puisque nous avons été réquisitionnés pour bosser au Drive. Depuis quelques temps cela dit, notre responsable ayant remarqué que nous dépérissions à vue d’œil, elle nous a autorisés à passer un peu de temps à la librairie, histoire de trier, ranger, réorganiser les rayons, et pour moi, réétiqueter tous les Pocket (merci Pocket). Ce sont donc de loooongues heures que je passe seule dans l’Espace Culturel, accompagnée, pour mon plus grand plaisir, de mes livres audios. Je prends le temps de découvrir des classiques, par exemple, des choses que je ne suis pas certaine de pouvoir terminer en lecture suivie, par manque d’intérêt ou de temps. C’est ce que j’avais fait pour Zola, notamment. Et là, j’ai découvert Asimov.

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Sarakontkoi ?
Les humains ont conquis l’espace, ils vivent maintenant sur des planètes dans différents systèmes solaires colonisés au nom de l’Empire. Si bien que beaucoup d’entre eux ne savent même plus sur quelle planète est née l’humanité. Le professeur Seldon, psycho-historien, prédit la chute de l’Empire, qui, tel un colosse aux pieds d’argile, emportera toutes les connaissances humaines dans sa chute. Pour éviter aux humains un âge sombre trop long (30 000 ans estime-t-il), il demande le droit de répertorier toutes les connaissances dans une encyclopédie. Mais il a un autre plan en tête : créer, au sein de ce géant empire, une micro-société, tout en prévoyant grâce à la psycho-histoire les grandes crises qu’elle va traverser.

Tenpenskoi ?
Eh bien je suis déroutée. Je m’attendais à une sorte de Space Opéra, une sorte d’utopie à la base de la création d’une micro-société dans laquelle on suivrait des personnages évoluer. Pas du tout, il faut voir plus grand… beaucoup plus grand ! Parce que le roman n’est pas construit à l’échelle d’un personnage, mais de générations différentes affrontant les crises prévues par Seldon sur plusieurs siècles !

Moi, je m’attendais à un roman. En fait, je dirais qu’il s’agit d’un essai psycho-politique novélisé. Je ne me suis pas renseignée plus que ça sur la question, mais en gros, Asimov, au lieu d’écrire un essai, a simplement écrit un roman avec des personnages mettant en scène son idée de l’Histoire, et de l’impact de la psychologie humaine sur les grands mouvements politiques et historiques. C’est très intéressant, le pouvoir de la religion, du commerce et de l’érudition sur une société. Asimov, en plus, ne porte aucun jugement sur la question. Tel l’historien, il se contente de reporter, d’observer. C’est ce qui rend ce livre si intéressant !

Mais encore une fois, ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais. Le roman est suivi de quatre autres tomes je crois. Pour ma part, je vais m’arrêter là. Mais si le sujet vous intéresse, et que vous n’avez pas lu Fondation, je vous le conseille vraiment, parce que c’est une mise en application d’idéologies sur des personnages de roman, un genre d’expérience sociale… Bref, lecture intéressante.

Pour info :
Folio, collection Folio SF, 416 pages, 7.50€

 

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Les Sept Morts d’Evelyn Hardcastle (Stuart Turton)

Ami du jour, bonjour !

Je te l’ai dit, en ce moment, je lis très lentement, et je m’endors quand je lis 3 pages. Heureusement, j’ai mon compte Audible, et je peux écouter mes romans dans la voiture… Celui-ci m’a été chaudement recommandé par ma collègue Camille (si chaudement que je l’ai commandé pour mon rayon à la librairie). Et voilà que j’ai passé mes après-midis à l’écouter !

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Sarakontkoi ?
Aiden Bishop se réveille au petit matin dans une forêt, amnésique, dans un corps qui n’est pas le sien, criant le nom d’une femme qu’il ne connaît pas. Il ne se souvient même pas de son propre nom. Il croise un personnage masqué qui l’informe que cette journée se répétera 7 fois, et qu’il la vivra dans le corps de 7 hôtes différents. Son objectif : trouver qui a tué Evelyn Hardcastle, et ce avant les autres hôtes envoyés dans la demeure de Blackheath, et bien entendu, avec la fin du 7e jour. Alors seulement, il sera libéré de cette boucle infernale et retrouvera ses souvenirs. Mais les apparences sont trompeuses et il se peut que son enquête l’entraîne sur un terrain qu’il ne souhaitait pas arpenter…

Tenpenskoi ?
Comme je l’ai expliqué au début de ce billet, ce roman m’a été conseillé par ma collègue, à la suite de quoi je l’ai commandé pour mon rayon. Et c’est en le recevant et en voyant cette magnifique couverture bleu nuit et fer à dorer (ça brillait quoi) que j’ai subitement eu envie de le lire. Mais j’avais peu de temps et une PAL qui ne désemplissait pas, bien au contraire. J’ai donc fait ce que je fais dans ce genre de situation : chercher la version audio, afin de pouvoir l’écouter en faisant autre chose.

Et je n’ai pas été déçue ! On peut se dire qu’une journée qui tourne en boucle, c’est long. Et répétitif. Aucunement, vous répondrai-je. Parce que des incidents qui se produisent au début du livre et qu’on ne comprend pas prennent tout leur sens au fur et à mesure de la lecture. Ce qui est dangereux avec ce genre d’exercice, c’est que l’auteur peut vite se perdre dans sa propre chronologie, semer des détails qu’il ne réutilisera pas (ce qui frustre le lecteur) et laisser des incohérences. Ici, chaque détail a son importance, et si le « pourquoi » du meurtre a au final peu d’importance (et n’a selon moi rien d’extraordinaire), on se laisse emporter par ce qui n’est au départ qu’un jeu de piste mais se termine en course haletante contre la montre.

Il y est question de faux-semblants bien entendu, mais aussi de rédemption, de choix, et de destin. C’est une ambiance à la Agatha Christie (et je ne parle jamais d’Agatha à la légère), un récit intelligent, du genre qui cache son jeu. C’est une façon originale d’aborder le polar, et un chouette puzzle. Bref, tout comme Camille, je ne saurai que trop vous conseiller la lecture de ce délicieux polar…

Pour info :
Grand format : éditions Sonatine, 544 pages, 22€
Poche (dispo le 4 juin 2020 si le confinement le permet et que la date n’est pas repoussée) chez 10/18, 9,10€

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La Passe-Miroir (Christelle Dabos)

Ami du jour, bonjour !

Je te l’ai dit hier, j’ai terminé les 4 tomes des aventures d’Ophélie. Je n’ai pas pu poster hier, par manque de temps, mais aussi parce que c’est très difficile pour moi d’écrire quelque chose de cohérent à chaud. Dire au-revoir à un tel univers, c’est déchirant…

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Sarakontkoi ?
Si tu l’as pas déjà lu, je mets là un lien vers la chronique du tome 1, que j’avais publiée à sa sortie. Et je te ressors le même résumé, parce qu’en fait, il était pas dégueu (main sur l’épaule).
Un monde, que l’on suppose être le nôtre, a explosé en plusieurs morceaux, appelés des Arches. Sur chaque Arche, un esprit de famille, sorte de Dieu immortel et vestige de l’ancien monde, règne en maître sur les habitants. Ophélie, jeune fille frêle et effacée, s’occupe tranquillement de son musée sur Anima. Sa spécialité ? Lire les objets, c’est à dire voir le passé de leur ancien propriétaire. Du jour au lendemain, elle se retrouve fiancée à un haut dignitaire d’une Arche hostile et glaciale, le Pôle. Elle devra y suivre son fiancé dans le flot perpétuel des complots de cour. Mais elle découvrira qu’elle n’a pas été choisie au hasard…

Tenpenskoi ?
Je vous le disais hier, je pense que parmi les écrivains, il existe des conteurs, des passeurs d’histoires qui savent fédérer leur lectorat autour de leurs œuvres. Christelle Dabos est de ceux-là. Non seulement elle a su s’affranchir des clichés d’un genre surexploité en littérature aujourd’hui, mais en plus, elle le fait avec une apparente simplicité. Lire ces 4 romans m’a fait le même effet que quand je regarde un ballet classique : la meuf doit se tuer les pieds, tirer sur ses muscles, s’essouffler, mais toi, tout ce que tu vois, c’est qu’elle a l’air de peser que dalle et d’être en caoutchouc. Et c’est d’une grâce… !

Cette lecture m’a retourné les entrailles, parce qu’en plus de me raconter une histoire, Christelle Dabos m’a parlé. Ses personnages, dans leurs certitudes, leur imperfection, leurs peurs et leurs échecs m’on touchée en plein cœur. Ophélie, Thorn, Bérénilde, Archibald, tous grandissent, évoluent, sont mis face à leurs choix, à leur miroir. La complexité évolue également au fil des romans. Mais il est important de se laisser porter et de faire confiance à l’auteure.

C’est l’histoire d’une erreur commise pour un idéal, d’un combat pour la liberté — individuelle et commune. C’est bourré de réflexions, d’aventures, ce n’est jamais long, c’est toujours juste. J’ai pleuré, j’ai ri, j’ai tremblé. C’est de ces sagas qui laissent leur empreinte sur toute une génération de lecteurs. J’ai tourné la dernière page du dernier roman, et je n’ai qu’une envie, le faire vivre encore et encore en le mettant entre toutes les mains.

Pour info : 
GRAND FORMAT
Les Fiancés de l’hiver, Gallimard Jeunesse, 528 pages, 18€
Les Disparus du Clair de Lune, Gallimard Jeunesse, 560 pages, 18€
La Mémoire de Babel, Gallimard Jeunesse, 496 pages, 18€
La Tempête des Echos, Gallimard Jeunesse, 576 pages, 19,90€

FORMAT POCHE
Les Fiancés de l’hiver, Gallimard Jeunesse, collection Pôle fiction, 608 pages, 8,65€
Les Disparus du Clair de Lune, Gallimard Jeunesse, collection Pôle fiction, 704 pages, 8,65€
La Mémoire de Babel, Gallimard Jeunesse, collection Pôle fiction, 576 pages, 8,65€

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Le Sorceleur, T1 : Le Dernier Vœu

Ami du jour, bonjour !

Toi-même tu sais, Le Sorceleur (ou The Witcher dans sa version originale) va sortir en décembre sur Netflix. Ni une ni deux, j’ai enfilé ma plus belle laine, et j’ai commencé à faire le mouton sauvage en suivant le mouvement. Et puis bon, la magie, les monstres, les contes, toussa toussa… Et les conseils de mon coupain Flo !

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Sarakontkoi ?
Geralt de Riv est ce qu’on appelle un sorceleur. Ni sorcier, ni humain, ni monstre, il est un mutant. Dressé à combattre les abominations — stryges, génies, ondines et autres vampires — il n’est pourtant pas accepté parmi les humains, qui le craignent autant qu’ils ont besoin de lui. De mission en carnage, il file vers celle qui scellera sa destinée…

Tenpenskoi ?
Un premier tome constitué de plusieurs petites histoires (c’est visiblement le cas pour le second également, puis les tomes suivants filent une histoire par roman, mais à vérifier). Le format rend la lecture très rythmée, et simple. Il ne s’agit cependant pas de nouvelles, qui couperaient le personnage dans son évolution. Chaque histoire est liée. Le texte est immersif et fait la part belle à l’action.

Détail intéressant, les petites histoires sont tirées de contes classiques. Tu me connais, j’adore les réécritures de contes. Alors la Bête n’est pas un jeune prince arrogant mais un fils de fermier qui a mal tourné, et la Belle est en fait une créature de la nuit, et j’en passe.

Geralt est un personnage charismatique, froid et attachant parfois. On aime suivre ses raisonnements, ses combats moraux. Je ne cache pas que le roman ne fait pas la part belle aux femmes qui, bien que très présentes, ont bien souvent besoin de l’appui de leurs homologues masculins ; et que quelques dialogues sentent bon le macho qui aime se les gratter. Pour tout te dire, j’ai la version audio, et le liseur est hilarant. En gros, imagine Stalone qui te lit une histoire du soir. Bah voilà. Pire Mais bon, on l’excuse pour le coup.

Pour info :
Broché : Bragelonne, collection Fantasy, 307 pages, 15,90€
Poche : Bragelonne, collection Gaming, 384 pages, 7,10€

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Running Man (Richard Bachman)

Ami du jour, bonjour !

Tu le connais ce pseudo maintenant. C’est celui du Maître, Stephen King. « Mais, pardi, ça en fait du King », que tu dois te dire. Mais oui, cher lecteur, je te rappelle que je participe à #automneduking, lancé par Tomabook sur Instagram. Tu risques donc d’en voir d’autres…

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Sarakontkoi ?
2025. L’écart entre riches et pauvres s’est creusé. Les riches vivent avec des filtres antipollution dans les narines et paient en nouveaux dollars. Les pauvres vivent dans des ghettos, bossent dans des usines radioactives qui les rendent stériles, et paient en anciens dollars. La fille de Ben Richards est gravement malade. Ayant perdu son emploi, sa dernière chance de pouvoir lui payer un traitement correct est de vendre son âme au diable : participer à l’un des Jeux diffusés non-stop au Libertel, sorte de poste de télévision rendu obligatoire dans chaque foyer.

Tenpsenkoi ?
Je vais finir par ne plus trouver de superlatifs pour parler de ce genre de romans chez King. Pour te replacer ça dans le contexte, je me souviens encore du film de 1987 que je regardais avec mon père. Alors quand j’ai trouvé le livre en boîte à lire, bah j’ai sauté sur l’occas’ (j’étais tellement ravie que ce soit un King !). Et c’est bien là que je préfère King, sur ses romans d’anticipation, ces romans qui dénoncent. Ces romans qui montrent chez lui une telle clairvoyance, c’est fou ! Ce truc a été écrit il y a 30 ans !

Cet homme, dont la soumission au Réseau (au Système quoi) est la dernière chance, peint pour nous, comme en défonce, une société qui pourra être la nôtre. Celle où de pauvres hères souffrent en direct pour le plus grand plaisir des classes populaires, histoire de rapporter de quoi bouffer à leur famille. Ici, on fait subir des sévices physiques et moraux à des cardiaques pour voir combien de temps ils tiendront, là on fait nager des hommes parmi les crocos pour rapporter le plus de fric possible. Mais Ben Richards est trop malin. Ses tests révèlent une grande intelligence, une instruction inattendue dans la basse caste, des tendances révolutionnaires, alors on lui assigne le pire des Jeux : La Grande Traque. Il sera lâché dans les rues avec une somme conséquente. Et plus il survivra, plus sa femme et sa fille seront rétribuées. Les citoyens sont bien entendus encouragés à le dénoncer afin de gagner quelques dollars, tandis que le Réseau cultive la haine d’un public à son encontre.

Alors chez nous, on n’en est pas à faire tuer des gens en direct, mais qui parmi vous n’a pas ri des malheurs d’un pauvre marseillais sachant à peine épeler son nom, dans une maison fermée à double tour ? Qui n’a pas avidement gobé les rejets et les peines de cœur subis par de pauvres boutonneux dans une émission qui les mesure à des dieux grecs ? Qui n’a pas souhaité voir un plouc trébucher dans sa bouse aux heures de forte audience ? Et qui n’a pas souhaité que Monica voie son mec succomber au 95F de la blonde de l’autre côté de l’île ? Je les connais ces programmes, je les ai regardés aussi. Et tout ça, mes braves, nous rend aveugles aux vrais problèmes : la vacuité de nos propres vie, l’emprunte que nous laissons sur notre environnement, et j’en passe. King frappe fort, il frappe juste, et avec 30 ans d’avance, parce que déjà, à l’époque, il anticipait la direction que nous allions prendre. Il est ryhtmé, les chapitres sont courts. Ce roman est incroyable, haletant, une bonne gifle. Ou au moins, un excellent divertissement.

Pour info :
Le Livre de poche, 315 pages, 7,70 EUR

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Shining (Stephen King)

Ami du jour, bonjour !

Oui, nous sommes en automne. Oui, je revis. Non, je ne suis pas une de ces adoratrices de la saison des citrouilles ; simplement, comme le gazon de mon jardin, je suis un peu morte cet été, et je revis avec ces températures humainement supportables. Ne t’y trompe pas hein, j’aime bien les renards, les feuilles oranges, les citrouilles, halloween, toussa toussa. Mais surtout, j’aime les lectures communes qui fleurissent pendant cette période (et la période hivernale, oui, je parle du Pumpkin Automn et du Cold Winter…). Enfin, tout ça arrive pile alors que je suis dans ma période King. Pile pour #automneduking proposé par Tomabooks sur Instagram. Et puis, tu me connais, je suis pétocharde, mais je veux bien voir jusqu’où je peux aller dans la frousse.

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Sarakontkoi ?
Jack Torrance, alcoolique repenti, ancien professeur en retraite forcée, a enfin une chance de se remettre sur les rails. On vient de lui confier la gestion d’un hôtel de montagne, l’Overlook, durant sa fermture hivernale. Il embarque donc femme et enfant dans ce qui devait se résumer à passer quelques mois en famille, une occasion de se retrouver. Mais l’hiver arrive, avec lui la neige et l’isolation. L’hôtel se réveille, et ce qu’il veut, c’est l’enfant. L’enfant et son pouvoir, son Shining.

Tenpenskoi ?
Pour commencer, sache que je n’ai pas vu le film. Donc aucune comparaison possible. Ensuite, je reste persuadée que ce qui, chez King, tient souvent du thriller psychologique — fantastique ou non (ça veut dire avec des trucs surnaturels dans le monde naturel) — est régulièrement dénaturé à l’écran pour ne conserver que l’horreur. Bref, parenthèse terminée.

Pour ce qui est du bouquin, c’est du pur King. On commence dans une situation normale. Un mec qui essaie de se reconstruire, sa vie sans intérêt, ses rêves abandonnés, sa femme désintéressée. Banal. Le job qu’on lui propose : loin de son niveau, et banal. Et puis il arrive dans l’hôtel et ce caractère obsessif qui l’avait poussé vers l’alcool le reprend, et se cristalise autour d’une pièce de théâtre qu’il ne parvient pas à écrire. Puis c’est l’hôtel et son histoire qui le fascinent. On sent l’homme se perdre petit à petit. Et son fils, clairvoyant, essaie de le sauver de sa folie.

Et puis, n’oublions pas l’hôtel, le personnage central du livre. Celui qui canalise des décennies de mauvaises énergies. Cette entité qui s’empare peu à peu du père pour atteindre le fils. Et ce fils, innocent, si jeune et rendu si mature par un pouvoir qui l’habite, cette sorte de clairvoyance qui fait qu’il voit et qu’il comprend bien plus que ce qu’il voudrait. C’est magnifiquement orchestré. On reconnaît la main du maître. Et comme l’hôtel a bouffé Jack Torrance, ce livre te bouffe, lecteur. Petit à petit, il te ronge…

Update : J’ai vu le film, j’ai détesté. Je l’ai trouvé long, pas angoissant, la musique m’a crevé les tympans, et Kubrick (ou plutôt Diane Johnson, dont l’un des romans devait à l’origine être choisi par Kubrick pour son film) n’a rien pigé. Il n’a guère gardé que les noms de lieu et de personnages. Shining n’est pas un roman d’horreur, c’est plus psychologique, et surtout, il y a une certaine gradation. Là, la musique nous crie dessus dès le début, en hurlant « attention, ça fait peur ». Mais rien ne fait vraiment peur. Les procédés cinématographiques (matériel, plans-séquence, cadrages) sont intéressants, mais le reste est à jeter.

Pour info :
Grand format : JC Lattès, 430 pages, 21,50€
Poche : Le livre de poche, 576 pages, 8,20€