Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Six of Crows, T1&2 (Leigh Bardugo)

Ami du jour, bonjour !

Tu le sais maintenant, je tiens à terminer autant que faire se peut les séries de romans avant de te les présenter, au risque de ne te présenter qu’un tome 1. Je te parle donc d’une duologie que j’ai terminée il y a plusieurs semaines maintenant (oui, parce que je voulais la terminer avant la sortie de Shadow & Bones sur Netflix).

Sarakontkoi ?
Kaz Brekker, alias Dirty Hands, est un petit voyou influent du Barrel, un quartier mal famé de Ketterdam. Premier sur tous les coups juteux, il n’hésite pas à accepter une mission suicide que lui propose un riche marchand : délivrer un homme du Palais des Glaces, une forteresse imprenable au cœur du royaume Fjerdan. Et ce n’est pas n’importe quel homme : il s’agit d’un scientifique qui a inventé une drogue permettant d’amplifier dangereusement les pouvoirs des Grishas. À mission exceptionnelle, il faut une équipe exceptionnelle. De plans risqués en coups foireux, jusqu’où iront Dirty Hands et sa bande pour mener à bien leur mission ?

Tenpenskoi ?
Au début ? Ouille ! Quand tu entres dans un univers dont tu n’es pas familier en passant par l’entrée des artistes, tu te sens un peu paumé. Personnellement, je n’avais pas lu la trilogie Grisha, donc je n’avais aucune idée de ce qu’était un Grisha, des enjeux politiques et économiques, des luttes de pouvoir. Ceci dit, avec un peu de déduction, et de quoi remplir les blancs, je suis parvenue à percer les mystères de l’univers qu’a créé l’autrice et à avancer sereinement dans ma lecture.

Une fois ce constat établi, que vaut le texte ? Ma foi, j’ai adoré ! Mais vraiment ! J’entendais beaucoup parler de Leigh Bardugo, pour Grisha, certes, mais surtout pour son roman plus « adulte », La Neuvième Maison, paru chez De Saxus. Je me suis rendu compte au fil de mes lectures que SoC est un roman qui ne prémâche pas tout, et laisse l’espace au lecteur pour faire son propre cheminement. Le style est fluide sans être complexe (bien meilleur que celui de Grisha pour ceux qui l’ont lu, moins… naïf, dirais-je). Les retournements de situation m’ont laissée sur le cul pour la plupart, que ce soit dans le tome 1 ou le tome 2 (dont les enjeux sont différents).

Mais ce qui a terminé de me conquérir, c’est l’intelligence avec laquelle l’autrice a écrit ses personnages. Attachants, caractériels, incisifs, ils ont tous une personnalité propre, un passé sombre. Par dessus tout, ils ont de la ressource ! Le roman rebondit chaque fois qu’un plan foire, on a l’impression de le voir sautiller agilement de péripétie en péripétie, un vrai travail d’acrobate ! Et, mention spéciale, c’est la première fois que je ne lève pas les yeux aux ciels en lisant des personnages féminins ! Ils sont tous parfaits.

Bref, tu l’auras compris, une vraie bonne lecture, de celles qui marquent. Une histoire portée par des personnages bien écrits et une intelligence émotionnelle notable. Un gros kiff !

Pour info :
Tome 1 (traduit de l’anglais par Anath Riveline) : éditions Milan, 576 pages, 17,90€
Tome 2 (traduit de l’anglais par Anath Riveline) : éditions Milan, 672 pages, 18.90€

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La carte des confins, T1 (Marie Reppelin)

Ami du jour, bonjour !

Si tu me suis sur les réseaux, tu sais que la chronique que tu t’apprêtes à lire risque de faire mal. Encore une fois, c’est un avis personnel basé sur mes goûts…

Sarakontkoi ?
Blake, jeune et fougueux capitaine pirate respecté et craint de tous, est à la recherche d’un compas magique censé le conduire vers ce qu’il désire le plus : la carte des confins. Callie, jeune et fougueuse voleuse (oui, le parallèle est répétitif, et assumé), est en possession dudit compas. Leurs chemins étaient destinés à se croiser. Mais leur coopération risque d’être assombrie par de lourds secrets, bien enfouis dans leurs passés.

Tenpenskoi ?
Je suis navrée pour Marie Reppelin, qui par ailleurs semble être une personne charmante et une libraire passionnée. Mais j’ai détesté, haï, honni ma lecture. Ma première envie a été d’assassiner ce roman. Et si tu as suivi mes pérégrinations en story, tu le sais. Les exemplaires qui nous ont été envoyés par PKJ étant des épreuves non corrigées, le texte avait été très peu, voire pas du tout, travaillé. Grossière erreur. On ne peut pas demander au lecteur de passer par dessus autant de coquilles, d’erreurs de temps, de clichés et de répétitions. Ce serait comme de lui demander de traduire le roman instantanément. Et puis, HEUREUSEMENT, j’ai mis le nez dans la version définitive du roman, celle qu’on vend en librairie, et je dis merci à la vie, je chante la vie, je ne suis qu’amour, l’éditeur a fait un travail de fou avec l’autrice, et disons que ça passe mieux.

Pourquoi donc n’ai-je pas aimé ce roman ? Pour plusieurs raisons. Et je commence par le style que je qualifierai d’inexistant. Ni meilleur ni moins bon qu’une liste de courses. Je sais que beaucoup d’entre vous me disent que le style n’est pas leur priorité tant que l’histoire est bien. Et si on veut aller par là, effectivement Hunger Games, Les Âmes vagabondes, ou encore Grisha même, n’étaient pas des chefs-d’œuvre de littérature, et ce sont pourtant des lecture que j’ai adorées. Alors quoi ?

Le second point qui m’a fait tiquer, c’est le développement de l’histoire. J’ai eu l’impression de lire un squelette de roman (c’est à dire une liste succincte et chronologique de toutes les péripéties) à peine étoffé. Rien, absolument rien, ne dure plus d’une page. Les abordages, les combats, les échanges entre les personnages, rien. J’ai eu l’impression d’assister au défilement d’une pile de diapos. D’ailleurs, rien n’a vraiment d’enjeu. Le bateau fait des aller-retours entre les ports pour chercher une carte, mais on ne comprend pas vers quoi elle mène (c’est quoi les confins, bordel ?). Les plans sont à peine élaborés, ou expliqués, et tout est la plupart du temps éludé par un « bref, tu comprends ce que je veux dire ». Euh, non. Aucune révélation n’en était vraiment une. J’ai senti qu’on ne voulait tellement pas me perdre qu’on a semé mon chemin de lectrice de cailloux fluos. Sauf qu’à trop nous montrer les rouages, on finit par ne plus croire à la magie. Et surtout, SURTOUT, on est loin de la règle du « show, don’t tell » (montre, ne dis pas). Tout est trop explicite, rien n’est vraiment subtil.

Et alors, parlons des personnages. Une belle rousse, fine et forte, et un beau brun ténébreux, qui se lancent LES MÊMES VACHERIES de « je t’insulte, mais en vrai, je te kiffe » tout le long du roman ! Ce n’est pas une romance. Rien n’évolue. Dès la première page, ils se tournent autour. Ce n’est un ennemies to lovers qu’en apparence, puisque clairement, comme on a un point de vue alterné entre les deux personnages, on le sait qu’ils se chauffent ! Du coup, tout le long du roman, c’est pareil. Il est grivois, elle est trop forte. Et j’utilise volontairement le mot « grivois », parce qu’on le voit littéralement toutes les 5 pages (je pense que ça fait partie des corrections qui ont été apportées, dites-le moi ceux qui ont lu la version définitive).

Bref, je voulais un roman d’aventure, une romance pourquoi pas, mais un peu de subtilité, et un peu de magie. J’ai eu un texte sans enjeu, un enchainement de péripéties à peine liées les unes autres autres, des révélations sans grande surprise et une jolie pile de clichés. Sans compter que j’avais la musique de Pirates de Caraïbes dans la tête tout le long, parce que le compas + la carte, ça fait beaucoup de références dans un seul roman quand même. Ca me peine d’autant plus que Marie a l’air, encore une fois, adorable et vraiment investie dans son histoire, et surtout très humble quant à son travail. Mais clairement, je ne suis pas la lectrice qu’il fallait à ce roman. Parce que j’en attendais plus.

Pour info :
éditions PKJ, 456 pages, 17,90€

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Trilogie : La Marque des anges (Laini Taylor)

Ami du jour, bonjour !

Finir une série entamée plusieurs années auparavant, ça me donne toujours une sensation de travail accompli. Non pas que la lecture soit une tare, mais tant qu’une série n’est pas terminée — et bien entendu SI j’ai choisi de la terminer — elle reste dans un coin de ma tête. Mettre fin à ce voyage entrepris il a parfois plusieurs années, c’est comme libérer de l’espace dans le petit disque dur qu’est mon cerveau. Bref, tout ça pour dire que je suis ravie de pouvoir archiver cette lecture et de la supprimer de la mémoire tampon, si tu suis le raisonnement…

Sarakontkoi ?
Karou, 17 ans, vit à Prague. Elle partage sa vie entre le monde que nous connaissons — ses cours à l’école d’Arts, ses amis — et son activité de coursière pour Brimstone, une chimère qui vit dans un univers parallèle au nôtre. Elle a toujours vécu ainsi, entre les mondes. Sa famille se compose de monstres mi-humains, mi-animaux. Mais lorsque son chemin croise celui d’Akiva, une sorte d’ange, elle commence à questionner son passé. Qui est-elle ? Pourquoi Brimstone la garde-t-il secrète ? Pourquoi Akiva lui semble-t-il si familier ?

Tenpenskoi ?
Pour commencer, si tu es observat.eur.rice, tu verras que je parle dans l’intitulé du billet d’une trilogie et qu’il n’y a sur la photo que deux livres. La raison en est simple : le 3e tome n’est jamais sorti en France. J’ai donc dû l’écouter en VO sur Audible, et je ne peux pas te montrer de visuel.

Pour ce qui est du texte, je te l’ai déjà dit, la première lecture, il doit y avoir 10 ans maintenant, m’a complètement transportée. C’était avant que l’autrice ne soit connue pour sa duologie Le Faiseur de rêves. J’avais trouvé, et je trouve encore, l’univers original. Le thème de la chimère revient assez peu en littérature, et le traitement qu’en fait Laini Taylor était — et est toujours — novateur. Je n’ai pas lu tous les livres du monde dans le monde, mais c’est mon ressenti. C’est un jeu avec les époques, un constant aller-retour entre le passé commun de Karou et d’Akiva, et leur combat présent. On ne va pas se mentir, le couple maudit, très roméo-et-juliettien (oui oui, je viens d’inventer l’adjectif), c’est du déjà vu. Mais c’est bien fait, c’est intense, et juste, c’est empreint de combats pour la paix, l’acceptation de ce qui est différent.

La construction du premier livre, notamment les révélations sur le passé de Karou, dont le flash-back prend une bonne partie du roman, a gêné beaucoup de lecteurs. Pas moi. J’ai trouvé tout ça très fluide. Alors oui, ça demande d’être un minimum attentif à ta lecture, mais franchement, comme le style n’est pas exigeant, c’est pas la mer à boire. Si le premier tome est clairement le meilleur pour moi, le second se défend pas mal, et le troisième, malgré quelques longueurs, conclut bien la trilogie. Un bémol sur une sous-intrigue qui s’ouvre en fin de tome 2, devient l’intrigue principale en milieu de tome 3 et se conclut un peu vite sur la fin de la trilogie. Bon, vu la longueur du 3e tome, on aurait effectivement pu un peu mieux doser tout ça. Cela dit, je garde une très bonne impression de ma lecture, et j’espère que Gallimard Jeunesse ne t’aura pas ressorti le premier tome en poche pour ne jamais te traduire la suite… d’ailleurs, je te pose un visuel de la nouvelle couverture juste en dessous, histoire que tu voies à quoi ça ressemble.

Pour info :
Fille des chimères, en poche (seule dispo à la vente actuellement), Gallimard Jeunesse, collection Pôle fiction, 528 pages, 8.70€

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Le Prince cruel (Holly Black)

Ami du jour, bonjour !

Allez, je suis prête à me faire taper sur les doigts, parce que je vais te causer d’un bouquin que je n’ai pas aimé, alors que les critiques ont été majoritairement dithyrambiques, et que certains attendaient même sa sortie en français depuis longtemps…

Sarakontkoi ?
Jude, sa sœur jumelle Taryn et leur demi-sœur Vivienne ont été enlevée enfants par le père de Vivienne, un cruel général fae, qui a tué leurs parents sous leurs yeux. Toutes deux humaines, Jude et Taryn doivent se battre chaque jour pour survivre à la cruauté de leurs camarades faes. Farouchement déterminée à prouver sa valeur, Jude n’hésite pas à défier le plus jeune prince du royaume, quitte à mettre les pieds dans un complot qui la dépasse et qui pourrait mettre tout le royaume en danger.

Tenpenskoi ?
Après l’avoir vu passer si souvent, avant même sa sortie en France mais surtout après avoir écouté les lectrices en pâmoison parler de la VO, j’ai décidé de donner une chance à ce roman. Une fois sur deux, c’est un désastre. Ici, c’est pas de chance, ce fut la cas.

J’ai trouvé le début tellement long ! On a compris que Jude était badass, qu’elle ne se laissait pas faire, qu’elle ne reconnaissait aucune autorité. Mais sur 1/3 du bouquin, c’est long. Et toutes ces intrigues qui s’entrecroisent, les faux-semblants, perso, je me suis complètement paumée ! Après, ce sont des intrigues de Cour donc, oui, forcément, c’est compliqué. Et puis, oui, c’est bon, j’ai capté que le prince était cruel, que toute sa famille l’était aussi. Que les faes étaient parfois très méchants. Mais franchement, me faire entrer l’info dans le crâne à coups de marteau, c’est un peu lourd. Même les relations entre les personnages ne sont pas très claires : ils s’aiment, se haïssent, se sont aimés…

Bref, beaucoup de clichés, de lieux communs et j’en passe pour une histoire trop compliquée à mon goût. La chronique est courte, mais je ne sais pas quoi dire d’autre. C’était pas une daube intersidérale. Mais clairement, je ne perdrai pas mon temps avec la suite.

Pour info :
éditions Rageot, 544 pages, 18.90€

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Duma Key (Stephen King)

Ami du jour, bonjour !

Bon, c’est toujours un peu la même rengaine mais si tu me suis sur les réseaux sociaux, tu sais un peu de quoi que j’m’apprête à te causer. C’est la deuxième année que j’essaie de lire un peu de King et en général, le challenge #automneduking est une bonne excuse. Et quand je veux lire du King, mais que je ne sais pas trop quoi lire, je me tourne vers mon amie Laura, qui est une grande admiratrice de l’auteur. C’est ce que j’ai fait cette année, avec pour consigne « un long King, en un tome » parce que je les écoute et qu’en ce moment, j’ai beaaaaaucoup de temps (j’écoute en bossant) mais un nombre de crédits limités. Elle m’en a proposé plusieurs, et mon choix final s’est porté sur Duma Key, puisque c’est celui dont je vais te parler.

Sarakontkoi ?
Edgar Freemantle, la cinquantaine, a tout pour être heureux. Son entreprise de construction se porte mieux que jamais, il aime sa femme et ses deux filles, surtout la plus jeune, Ilse. Mais un grave accident de grue lui coûte une partie de ses capacités physiques, son avant-bras droit et son mariage. Après une période de convalescence, son psy lui conseille de changer d’air, et Edgar trouve une maison sur une petite île de Floride, une key comme on les appelle, du nom de Duma. Là, il se met à peindre frénétiquement des tableaux surréalistes, dans lesquels il peint parfois le futur, parfois un passé qui lui est inconnu. Pire, il semble avoir réveillé une présence malfaisante sur l’île. Mais quel est le lien entre lui, la vieille propriétaire riche et sénile, son gardien, et l’horrible passé des habitants de Duma ?

Tenpenskoi ?
Lorsqu’elle m’a conseillé ce bouquin, Laura m’a dit « tu verras, c’est très introspectif, c’est une ambiance particulière, et il y a une grosse réflexion autour de l’art ».

Alors, pour ce qui est de l’ambiance, je valide. Cette espèce de malaise poisseux ne vous lâchera pas de tout le bouquin (en plus, en audio, le liseur est particulièrement bien choisi, il a une voix très profonde). Je l’ai dit sur les réseaux, mais je le redis ici, le roman prend son temps (on parle de plus de 800 pages tout de même). J’avoue que j’ai dû pousser un peu pour avancer sur la première partie, parce que c’était surtout le quotidien d’un homme blessé, diminué, et que, bon, ça a duré un peu quand même. Est-ce que je couperais ? Est-ce que j’accélèrerais ? Pas du tout, cette entrée en matière est nécessaire à l’élaboration de la suite du roman.

Au début, c’est un vrai sac de nœuds. On mélange deux récits : celui d’Edgar, de son quotidien, et un second niveau de récit, qui parle d’art, de dessin. Au début, on ne voit pas bien où veut en venir King. Et puis peu à peu, cette seconde voix se dessine et trouve sa placet, jusqu’au déclic, le « aaaaaaaah, mais oui, c’est bien sûr ». Que dire d’autre ? On a deux ou trois petits moments de frayeur, mais je vous rassure, seul un m’a réellement ébranlée, le reste fait partie du décorum. Donc si comme moi tu es une flipette, tu peux tout de même y aller. Parce qu’on est plutôt dans le fantastique que dans l’horreur. Alors certes, il est question de présence, de marches qui grincent, d’apparitions, mais ce n’est pas une histoire de fantômes. On y parle plus du pouvoir de l’art, de sa capacité à donner vie, à transcender la réalité, à la dépasser. L’acte de création est puissant.

En bref, j’ai beaucoup aimé. C’est du grand King, c’est un vrai travail sur l’ambiance, les personnages, qui apporte une réflexion sous-jacente sur la place de l’art dans l’esprit humain. Du moins, c’est la lecture de j’en ai faite.

Pour info :
éditions Le Livre de Poche, 864 pages, 9.70€

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Les Tribulations d’Esther Parmentier, T1 : Cadavre hâché, vampire fâché (Maëlle Desard)

Ami du jour, bonjour !

Tu te sens morose, tout chose, patraque, pouf-pouf ? Ta vie a besoin d’une étincelle de lumière, d’un truc aussi confortable que ton vieux pilou-pilou tout moche ? Attends, bouge pas, j’ai ce qu’il te faut !

Sarakontkoi ?
Esther, strasbourgeoise, la vingtaine, a ce qu’on pourrait appeler un job chiant comme la pluie, un truc de compta où son stage consiste entre autres à fournir des cafés. Un jour, en passant devant le centre commercial, elle est littéralement aspergée d’une pluie de paillettes dorée. L’agent de police posté devant les portes l’informe qu’il y a eu un meurtre, et sur un malentendu, la prend pour la sorcière chargée d’enquêter sur l’affaire. Il se trouve qu’Esther est effectivement une sorcière qui s’ignore, capable de déceler les traces de magie sous forme de douches de paillettes. S’ouvre alors un tout nouveau monde, peuplé de créatures magiques, sorcières, loups-garous et autres vampires…

Tenpenskoi ?
Première chose : j’ai ri, mais j’ai ri ! Esther est une jeune femme sarcastique, à l’humour mordant, parfois un peu lourd. Elle est aux antipodes des belles héroïnes que l’on voit fleurir comme de délicates pâquerettes dans la littérature. Elle jure comme un charretier, coincée dans ses bourrelets, elle n’est pas endurante pour deux sous, un peu flemmarde sur les bords. Bref, c’est la nana que je rêve de voir dans les romans ! Parce que je m’y reconnais.

Le contraste entre Esther et son collègue et « tuteur de stage », un séduisant vampire, en est d’autant plus frappant. Et c’est là que le roman prend le contrepied des romans young adult habituels. La meuf est paumée, ne parle qu’en références de culture pop un peu usées, c’est un délice ! Et pour couronner le tout, il semblerait que le charme des créatures magiques ne lui fasse aucun effet. L’histoire est bien ficelée, très sympa, mais au pire, on s’en fiche, parce que c’est surtout pour la belle brochette de personnages qu’on a envie de le lire. Si vous connaissez la série The Office, c’est un peu le genre d’ambiance ici.

Bref, tu prends une bonne dose de fraîcheur dans la figure, et pour le coup, ça fait du bien, surtout au vu de la situation actuelle ! Je te le recommande x 3000, et moi, j’attends le tome 2, que Maëlle Desard est en train d’écrire… vite, Maëlle, vite !

Pour info :
éditions Rageot, 384 pages, 15.90€

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Eve of man (Giovanna et Tom Fletcher)

Ami du jour, bonjour !

En contemplant la liste des billets que je n’ai pas écrits, je commence à prendre peur, alors il va falloir que j’enclenche la deuxième… ou la onzième plutôt ! Et encore une fois, les billets que je repousse le plus sont ceux dans lesquels je vous parle des livres que j’ai le plus aimés. -_-

Sarakontkoi ?
Dans un monde où aucune fille n’a vu le jour depuis 50 ans, l’arrivée d’Eve est un miracle. Depuis sa plus tendre enfance, elle est entourée de soins, et de toutes les attentions possibles. Ce sont les Mères, des femmes âgées dont beaucoup ont connu l’ancien monde, qui s’occupent de son bien-être et de son éducation. Sa seule amie est un hologramme, Holly.
Derrière le visage de Holly se cache, entre autres, Bram, fils du grand patron de la société qui gère le confort et l’éducation d’Eve. Bram connaît tout d’Eve, il est sa meilleure amie depuis l’enfance. Le système semble parfait, sans faille et Eve pourrait bien être la solution à l’absence de naissances, et sauver l’espèce humaine. Mais Eve est, elle aussi, un être humain.

Tenpenskoi ?
Sincèrement, ce bouquin m’a achevée. Il m’a fait à peu près le même effet que Les Puissants (ouh, deux coups de cœur dans la même année…). En dehors du fait que le roman est rythmé, que les personnages sont bien écrits, et que le contexte est suffisamment plausible pour être effrayant, c’est un roman qui parlera probablement à beaucoup de jeunes femmes. Tout au long de ma lecture, je me suis demandé « la sauvegarde de l’espèce justifie-t-elle de priver de liberté un être humain ? » Le corps de cette jeune fille est-elle la propriété du peuple sous prétexte qu’elle est la dernière de son espèce, si l’on peut dire ?
Il est également question de l’éthique biologique, de l’enfantement à tout prix. De la douleur, du manque d’humanité. Faire un enfant, des enfants, à quel prix, et pourquoi ? Forcément, dans beaucoup de passages, j’ai reconnu mon propre parcours, et j’ai questionné mon propre désir d’enfants. Parce que, chaque fois, revient cette question : à quel prix ? Personnellement, j’ai un avis très tranché sur la question de la survie de l’espère humaine, avis que je ne partagerai pas ici, mais dont nous pouvons discuter par ailleurs si le sujet vous intéresse.
Je crois que le roman est un tome 1 (le reste de la trilogie est encore à paraître en français, mais le tome deux est dispo en VO), et on pourrait lui reprocher de concentrer l’action sur le dernier tiers, ce qui peut donner un effet précipité à cette dernière partie ; cela dit, remis dans son contexte de premier tome, je le trouve très réussi.
Bref, une lecture à la hauteur de mes attentes, que je vous recommande. Y’a pas à dire, Milan a le vent en poupe chez moi en ce moment !

Pour info :
Editions Milan, 448 pages, 17.90€

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Les Puissants (Vic James)

Ami du jour, bonjour !

Voilà, c’est l’histoire d’une fille qui te parle d’une trilogie trop géniale, qui a contacté l’autrice et tout et tout, et qui n’écrit pas son billet. 50% de procrastination, 50% de « il est tellement bien que je n’ai aucune idée de comment lui rendre justice ». Bah, un coup de pied aux fesse ma fille, et en selle !

Sarakontkoi ?
Dans un monde où une partie de l’humanité est dotée du Don tandis qu’une grande majorité n’en dispose pas, l’Angleterre est devenue une oligarchie gouvernée par ces Puissants, appelés Égaux, qui font montre d’habiletés mentales particulières. L’économie du pays repose sur les « roturiers » qui doivent donner 10 ans de leur vie en esclavage. Abigail (18 ans) pense avoir trouvé pour sa famille — son frère Luke (16 ans), sa petite sœur Daisy (10 ans) et ses parents — la solution idéale. Pour ne pas être séparés les uns des autres, et échapper aux villes industrielles, elle a proposé leurs services à une famille d’Égaux, les Jardine. Mais rien ne passe comme elle le souhaite : Luke est envoyé à Milmoor, une ville industrielle où la révolte gronde…

Tenpenskoi ?
Au départ, je me suis dit « oui, pourquoi pas ». J’étais passée devant un certain nombre de fois en rangeant mon rayon de littérature grand format, j’étais intriguée et franchement à la recherche d’un page turner. Ayant une pile à lire conséquente, je me suis tournée vers Audible… et j’ai dévoré la trilogie complète en moins de 2 semaines. C’est dire !

C’est inattendu. Chaque décision, chaque couloir, chaque recoin peut être fatal. Et c’est ce qui rend le récit si addictif ! Vic James semble n’avoir aucune pitié pour ses pauvres personnages, et le nombre de morts augmente à chaque tome. Si Game of Thrones fut douloureux pour toi, alors que 10 personnages sur 50 meurent, imagine quand le récit n’en compte que 10. Le ratio n’est pas le même.

Les réflexions politique, sociale et morale sont extrêmement poussées, et j’avoue avoir posé, à la fin de ma lecture, un regard dégoûté sur le monde qui m’entoure tant le roman y fait échos. J’ai eu beaucoup de tendresse pour certains protagonistes, j’en ai haï quelques uns, et j’ai été trahie par d’autres. Chaque trahison m’a fait plus mal que la précédente. Préparez-vous à ne vous attendre à rien, à être menés en bateau, et à poser sur la politique actuelle un regard plus qu’acerbe. La révolte gronde, amis lecteurs. Quelle sera votre place ?

Pour info :
T1, Esclaves : éditions Nathan, 440 pages, 17.95€
T2, Égaux : éditions Nathan, 484 pages, 17.95€
T3, Libres : éditions Nathan, 512 pages, 17.95€

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La Quête d’Ewilan (Pierre Bottero)

Ami du jour, bonjour !

Je t’en ai parlé rapidement sur les réseaux sociaux, depuis quelques temps, j’essaie de ne pas chronique une série avant de l’avoir terminée. D’une part parce que c’est plus simple pour toi de suivre si les articles concernant les différents tomes ne sont pas éparpillés, mais aussi parce que résumer un tome 2 ou 3 peut divulgacher une partie de l’intrigue, alors qu’il est plus facile pour moi et plus sympa pour toi d’avoir un résumé global. Je te parle donc de ma lecture (ou plutôt de mon écoute, tu l’auras deviné à l’image ci-dessous) de la trilogie La Quête d’Ewilan, de Pierre Bottero, un must-read de fantasy jeunesse.

Sarakontkoi ?
La jeune Camille, 12 ans, surdouée, vit avec des parents adoptifs snobs et peu aimants. Elle étudie au collège du quartier, où sa seule consolation est son meilleur ami Salim. Mais un jour, alors qu’elle traverse la rue et manque de se faire renverser, elle effectue un pas sur le côté, un acte magique qui lui permet de se rendre en Gwendalavir, un monde parallèle au nôtre où la magie et les créatures enchantées existent. C’est aussi un royaume en guerre, au bord de l’invasion. Camille, accompagnée de Salim et d’une bande de (plus ou moins) joyeux compagnons, devra alors apprendre à se servir de son pouvoir, le Dessin, en allant le puiser dans l’Imagination. À sa quête de paix s’ajoutera très vite une quête d’identité, puisqu’elle se révèle être la fille d’un puissant couple de Dessinteurs, protecteurs du royaume, aujourd’hui disparus…

Tenpenskoi ?
C’est une lecture que je devais faire. Premièrement parce que c’est une des ventes les plus régulières à la librairie, mais aussi parce que j’étais curieuse. Personnellement, j’ai connu Pierre Bottero à travers la série A comme Association qu’il a co-écrite avec Erik L’Homme (du moins les premiers tomes, puisque son décès à forcé L’Homme à terminer seul). Comme dans A comme Association, Bottero écrit une protagoniste féminine (c’est aussi le cas dans la trilogie dérivée Ellana). Et c’est chouette ! Pour une fois qu’un personnage féminin n’est pas cantonné au rôle d’ado boutonneuse ou amoureuse, ni à celui de side-kick intello, ça vaut la peine d’être noté. Mais ça en fait également un livre très compliqué à conseiller aux jeunes garçons (ah, ces parents qui ne veulent pas de roman au protagoniste féminin pour leur viril bambin).

Ceci dit, c’est un récit rythmé et intelligent, plein de personnages hauts en couleur (parfois un peu caricaturaux, mais on passera l’éponge là-dessus tellement ils sont attachants). La trilogie en elle-même n’a pas la portée d’un Harry Potter par exemple, parce qu’elle se déroule sur un court laps de temps. Mais l’univers étendu, avec la seconde trilogie Les Mondes d’Ewilan et celle d’Ellana en font une œuvre riche. Et ça se lit vite et bien !

Bref, à conseiller aux filles comme aux garçons (oui oui, on peut faire lire aux garçons des livres avec des filles dedans… sinon, comme le dirait une collègue, on peut aussi cesser de faire lire Harry Potter aux filles hein…) qui souhaitent se lancer dans une belle aventure !

Pour info :
Tome 1, D’un monde à l’autre : éditions Rageot, 320 pages, 8.10€
Tome 2, Les Frontières de glace : éditions Rageot, 352 pages, 8.10€
Tome 3, L’Île du destin : éditions Rageot, 352 pages, 8.10€

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La Nuit des temps (René Barjavel)

Ami du jour, bonjour !

Si tu me suis sur les réseaux sociaux, et notamment sur Instagram, tu sais que je suis une fervente défen…seuse (?) de René Barjavel et de son œuvre. Probablement par nostalgie, parce que d’aussi loin que je me souvienne, ma maman m’a toujours parlé de Barjavel (c’est d’ailleurs elle qui me l’a fait découvrir). Mais aussi parce que je trouve que cet homme a une vision tout à fait intemporelle de nos sociétés. Le gars a compris, comme l’avaient fait Verne ou Huxley, où nous allions en se basant sur sa simple observation du comportement humain. Et j’aime sa clairvoyance et la fragile humanité qu’il insuffle à ses romans. J’ai donc prévu de développer un peu le sujet plus tard. Pour l’heure, parlons de ce chef d’œuvre qu’est La Nuit des temps.

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Sarakontkoi ?
En Antarctique, les expéditions vont bon train pour tenter de dévoiler les mystères de ce continent de glace. Les zones de recherche sont réparties entre les différents pays, mais ce sont les chercheurs français qui découvrent un signal envoyé par une sonde enterrée sous la terre. Ce signal les conduira à une découverte incroyable : des corps cryogénisés depuis plusieurs dizaines de milliers d’années, ceux d’un homme et d’une femme. En éveillant ces êtres venus d’un autre âge, le Dr Simon et l’équipe constituée de scientifiques du monde entier pourraient bien faire une découverte qui changera à jamais l’Histoire de l’humanité.

Tenpenskoi ?
D’aucuns diraient que Shakespeare a écrit l’une des plus belles tragédies lorsqu’il a donné vie à Roméo et Juliette. Je les trouve pourtant bien petits face à Elea et Païkan. Et c’est à travers les liens presque physiques qui unissent ces deux personnages que Barjavel, ce génie, parvient à dépeindre une société digne de la légende de l’Atlantide.

J’aurai beaucoup de mal à vous parler de La Nuit des temps, parce que c’est un roman qui se ressent plus qu’il ne se discute. C’est à la fois un huis-clos et un vertigineux voyage dans les limbes d’une civilisation inconnue, plus ancienne que tout ce que nous connaissons et qui remet en cause les fondements de notre Histoire. Et je dis Histoire, mais je pourrais parler d’histoire, puisque nous prenons connaissance, à travers le récit d’Elea, de l’universalité, et de l’individualité qui s’y cache.

Bref, Barjavel était un visionnaire, un homme de son temps qui a pourtant, comme d’autres grands auteurs, su lever les yeux vers l’avenir. Je m’arrête ici, et termine sur ce conseil : lisez ce livre. Voilà.

Pour info :
éditions Pocket, 416 pages, 7.60€