Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Running Man (Richard Bachman)

Ami du jour, bonjour !

Tu le connais ce pseudo maintenant. C’est celui du Maître, Stephen King. « Mais, pardi, ça en fait du King », que tu dois te dire. Mais oui, cher lecteur, je te rappelle que je participe à #automneduking, lancé par Tomabook sur Instagram. Tu risques donc d’en voir d’autres…

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Sarakontkoi ?
2025. L’écart entre riches et pauvres s’est creusé. Les riches vivent avec des filtres antipollution dans les narines et paient en nouveaux dollars. Les pauvres vivent dans des ghettos, bossent dans des usines radioactives qui les rendent stériles, et paient en anciens dollars. La fille de Ben Richards est gravement malade. Ayant perdu son emploi, sa dernière chance de pouvoir lui payer un traitement correct est de vendre son âme au diable : participer à l’un des Jeux diffusés non-stop au Libertel, sorte de poste de télévision rendu obligatoire dans chaque foyer.

Tenpsenkoi ?
Je vais finir par ne plus trouver de superlatifs pour parler de ce genre de romans chez King. Pour te replacer ça dans le contexte, je me souviens encore du film de 1987 que je regardais avec mon père. Alors quand j’ai trouvé le livre en boîte à lire, bah j’ai sauté sur l’occas’ (j’étais tellement ravie que ce soit un King !). Et c’est bien là que je préfère King, sur ses romans d’anticipation, ces romans qui dénoncent. Ces romans qui montrent chez lui une telle clairvoyance, c’est fou ! Ce truc a été écrit il y a 30 ans !

Cet homme, dont la soumission au Réseau (au Système quoi) est la dernière chance, peint pour nous, comme en défonce, une société qui pourra être la nôtre. Celle où de pauvres hères souffrent en direct pour le plus grand plaisir des classes populaires, histoire de rapporter de quoi bouffer à leur famille. Ici, on fait subir des sévices physiques et moraux à des cardiaques pour voir combien de temps ils tiendront, là on fait nager des hommes parmi les crocos pour rapporter le plus de fric possible. Mais Ben Richards est trop malin. Ses tests révèlent une grande intelligence, une instruction inattendue dans la basse caste, des tendances révolutionnaires, alors on lui assigne le pire des Jeux : La Grande Traque. Il sera lâché dans les rues avec une somme conséquente. Et plus il survivra, plus sa femme et sa fille seront rétribuées. Les citoyens sont bien entendus encouragés à le dénoncer afin de gagner quelques dollars, tandis que le Réseau cultive la haine d’un public à son encontre.

Alors chez nous, on n’en est pas à faire tuer des gens en direct, mais qui parmi vous n’a pas ri des malheurs d’un pauvre marseillais sachant à peine épeler son nom, dans une maison fermée à double tour ? Qui n’a pas avidement gobé les rejets et les peines de cœur subis par de pauvres boutonneux dans une émission qui les mesure à des dieux grecs ? Qui n’a pas souhaité voir un plouc trébucher dans sa bouse aux heures de forte audience ? Et qui n’a pas souhaité que Monica voie son mec succomber au 95F de la blonde de l’autre côté de l’île ? Je les connais ces programmes, je les ai regardés aussi. Et tout ça, mes braves, nous rend aveugles aux vrais problèmes : la vacuité de nos propres vie, l’emprunte que nous laissons sur notre environnement, et j’en passe. King frappe fort, il frappe juste, et avec 30 ans d’avance, parce que déjà, à l’époque, il anticipait la direction que nous allions prendre. Il est ryhtmé, les chapitres sont courts. Ce roman est incroyable, haletant, une bonne gifle. Ou au moins, un excellent divertissement.

Pour info :
Le Livre de poche, 315 pages, 7,70 EUR

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Shining (Stephen King)

Ami du jour, bonjour !

Oui, nous sommes en automne. Oui, je revis. Non, je ne suis pas une de ces adoratrices de la saison des citrouilles ; simplement, comme le gazon de mon jardin, je suis un peu morte cet été, et je revis avec ces températures humainement supportables. Ne t’y trompe pas hein, j’aime bien les renards, les feuilles oranges, les citrouilles, halloween, toussa toussa. Mais surtout, j’aime les lectures communes qui fleurissent pendant cette période (et la période hivernale, oui, je parle du Pumpkin Automn et du Cold Winter…). Enfin, tout ça arrive pile alors que je suis dans ma période King. Pile pour #automneduking proposé par Tomabooks sur Instagram. Et puis, tu me connais, je suis pétocharde, mais je veux bien voir jusqu’où je peux aller dans la frousse.

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Sarakontkoi ?
Jack Torrance, alcoolique repenti, ancien professeur en retraite forcée, a enfin une chance de se remettre sur les rails. On vient de lui confier la gestion d’un hôtel de montagne, l’Overlook, durant sa fermture hivernale. Il embarque donc femme et enfant dans ce qui devait se résumer à passer quelques mois en famille, une occasion de se retrouver. Mais l’hiver arrive, avec lui la neige et l’isolation. L’hôtel se réveille, et ce qu’il veut, c’est l’enfant. L’enfant et son pouvoir, son Shining.

Tenpenskoi ?
Pour commencer, sache que je n’ai pas vu le film. Donc aucune comparaison possible. Ensuite, je reste persuadée que ce qui, chez King, tient souvent du thriller psychologique — fantastique ou non (ça veut dire avec des trucs surnaturels dans le monde naturel) — est régulièrement dénaturé à l’écran pour ne conserver que l’horreur. Bref, parenthèse terminée.

Pour ce qui est du bouquin, c’est du pur King. On commence dans une situation normale. Un mec qui essaie de se reconstruire, sa vie sans intérêt, ses rêves abandonnés, sa femme désintéressée. Banal. Le job qu’on lui propose : loin de son niveau, et banal. Et puis il arrive dans l’hôtel et ce caractère obsessif qui l’avait poussé vers l’alcool le reprend, et se cristalise autour d’une pièce de théâtre qu’il ne parvient pas à écrire. Puis c’est l’hôtel et son histoire qui le fascinent. On sent l’homme se perdre petit à petit. Et son fils, clairvoyant, essaie de le sauver de sa folie.

Et puis, n’oublions pas l’hôtel, le personnage central du livre. Celui qui canalise des décennies de mauvaises énergies. Cette entité qui s’empare peu à peu du père pour atteindre le fils. Et ce fils, innocent, si jeune et rendu si mature par un pouvoir qui l’habite, cette sorte de clairvoyance qui fait qu’il voit et qu’il comprend bien plus que ce qu’il voudrait. C’est magnifiquement orchestré. On reconnaît la main du maître. Et comme l’hôtel a bouffé Jack Torrance, ce livre te bouffe, lecteur. Petit à petit, il te ronge…

Update : J’ai vu le film, j’ai détesté. Je l’ai trouvé long, pas angoissant, la musique m’a crevé les tympans, et Kubrick (ou plutôt Diane Johnson, dont l’un des romans devait à l’origine être choisi par Kubrick pour son film) n’a rien pigé. Il n’a guère gardé que les noms de lieu et de personnages. Shining n’est pas un roman d’horreur, c’est plus psychologique, et surtout, il y a une certaine gradation. Là, la musique nous crie dessus dès le début, en hurlant « attention, ça fait peur ». Mais rien ne fait vraiment peur. Les procédés cinématographiques (matériel, plans-séquence, cadrages) sont intéressants, mais le reste est à jeter.

Pour info :
Grand format : JC Lattès, 430 pages, 21,50€
Poche : Le livre de poche, 576 pages, 8,20€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Wicked : La véritable histoire de la méchante sorcière de l’Ouest (Gregory Maguire)

Ami du jour, bonjour !

La lecture dont je vais te parler aujourd’hui m’a un peu remuée. Je t’ai déjà parlé de ce bouquin, lorsque nous avons lancé une campagne sur les réseaux sociaux pour en demander la réimpression en VF. Sous le poids de notre demande ou pas du tout, c’est chose faite. Et après avoir tant vibré au son des mélodies du spectacle tiré du livre, je te livre mes impressions sur le roman qui l’a inspiré…

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Sarakontkoi ?
Peut-être que tu as déjà lu, ou vu, Le Magicien d’Oz, de Frank L. Baum. Tu la connais donc sûrement, cette horrible bonne femme verte qui essaie de voler ses souliers de rubis à Dorothy. Imagine que ses intentions n’aient jamais été celles que l’on pense. Qu’elle n’ait été que l’instrument d’un despote, un bouc émissaire tout désigné pour pallier l’impuissance d’un Magicien aux pouvoirs illusoires. Bienvenue dans la vie d’Elphaba, la méchante sorcière de l’Ouest.

Tenpenskoi ?
Eh bah je me sens vide. Je viens de finir ce bouquin, et il m’a vidée. Je ne peux pas le porter aux nues, en faire des caisses, mais une chose est sure, c’est qu’il ne me laisse pas indifférente. Rien à voir avec le merveilleux musical de Broadway. Mais dans son style à lui, il nous met une bonne claque.

C’est l’histoire de la vanité d’un homme. De la vanité des Hommes. Bien trop tournés vers leur gloire, leurs croyances, leur confort, leurs stratégies, leurs guerres pour se soucier de ce qui vit autour d’eux. Alors lorsqu’une jeune femme à la peau émeraude demande pourquoi, s’indigne, se bat, forcément, ça fait tâche. Elphaba n’est pas encore une sorcière lorsqu’elle arrive à l’université de Shiz pour étudier. Dans son monde, le mystérieux pays d’Oz, on stigmatise les Animaux, doués de raison et de parole, et on les prive de leurs droits pour en faire des animaux, tout juste bons à faire notre sale besogne et à être bouffés. Ca te rappelle un truc ?

On est devant un personnage, qui ne se sent ni femme ni homme, ni humain ni animal. Qui ne se bat pas parce que c’est bien ou mal. Mais qui ne comprend pas pourquoi certains seraient supérieurs à d’autres. Laisse-moi te dire que pour un lecteur/une lectrice, être confronté à un personnage apathique, qui ressent le besoin de comprendre ce qu’elle est, quelle est sa place, qui se sent vide de toute âme, de toute émotion, de toute notion de bon ou de mauvais, c’est très déroutant. À travers la neutralité d’Elphaba, qui se laisse porter par sa propre vie, sans lui accorder plus d’importance que celle qu’on a bien voulu lui donner depuis sa naissance (aucune donc), c’est tout notre empathie qui s’éveille pour découvrir l’horreur et la vanité du monde. Tu seras témoin d’injustices qui ne seront jamais réparées, de blessures qui ne pourront se refermer, de désirs qui ne pourront s’assouvir. Et ce livre m’a laissée là, seule, désemparée, et aussi vide que le cœur d’Elphaba, celle à qui on a tout pris.

Je me permets une critique sur la traduction, qui a fortement gêné ma progression. J’avais parfois l’impression que le traducteur ne savait pas vraiment ce que voulait dire l’auteur et a donc traduit littéralement les phrases sans en comprendre le sens. C’est un peu lourd à la lecture. Je te donne un exemple :
Boq acheta une feuille publiée en dehors de la Cité d’Émeraude — vieille de plusieurs semaines, mais c’était la première qu’il voyait depuis un moment […]
Là, te traducteur a traduit l’anglais paper par feuille (papier = papier = feuille). Paper en anglais est le diminutif de newspaper, le journal. Pour moi, la traduction est bien trop littérale, et si je ne connaissais pas l’anglais, je ne suis pas certaine que j’aurais compris la phrase en question. Le texte est bourré de détails comme celui-ci. Je suis trop pointilleuse ? Sûrement.

Pour info :
éditions Bragelonne, 512 pages, 10€ (il n’en reste plus beaucoup, le tirage était limité !)

 

 

Publié dans La pensée qui panse

La pensée qui panse #23

Salut cher lecteur de Derrière mes Binocles !

Aujourd’hui, j’ai décidé de ne pas te parler de lecture, de mot bizarre ou de FIV. J’ai plutôt envie de te dire ce qui me passe par la tête, un billet d’humeur quoi.

D’où est-ce que ça vient ? Figure-toi qu’hier soir, quand on s’est couchés Chéri et moi, Chéri a bien vu qu’il y avait un truc qui n’allait pas. Un truc qui me rongeait de dedans, mais dont je ne parlais pas (ce qui est très rare, vu les flots de paroles dont j’abreuve mon auditoire, volontaire ou non, l’auditoire). Il m’a dit « en ce moment, je comprends pas, tu vois que le noir ». Et là, tout est sorti.

Je lui ai dit à quel point j’étais en colère, et triste, et à quel point je me sentais impuissante devant le grand désastre qu’est l’humanité. Ne monte pas sur tes grands chevaux genre « ouais, y’a des belles choses, y’a des gens qui se battent, étou étou ». C’est ce qu’a commencé à me dire Chéri. Mais ça ne marche plus. Pour un truc bien, t’en as cent qui merdent.

Et d’un coup, je me suis rendu compte de ce qui m’attristait vraiment. C’est que toutes ces personnes bien pensantes, qui agissent bien, qui essaient de changer les choses, ne font que pointer du doigt ce que je fais mal. À quel point mon Nutella tue les forêts, mes serviettes hygiéniques et mes sacs en plastique polluent les océans, à quel point mon étroitesse d’esprit m’empêche de voir la différence chez l’Autre. Je me sens rabaissée, infantilisée, je ne vois qu’une chose : on me fait la leçon parce que je ne suis, dans les yeux du bien pensant, qu’une merde égoïste.

Ma proposition : au lieu de me montrer ce que je fais mal, montre-moi (et non explique-moi, c’est trop facile sinon) comment je peux faire bien.

Montre à celui qui pollue comment réparer. Montre à celui qui utilise un sac en plastique comment coudre un sac en tissu (ou où se le procurer). Donne à celui qui bouffe son Nutella ta recette personnelle pour en fabriquer. Accompagne le raciste ou l’homophobe. Ou tout bêtement, partage ton expérience de cadre en reconversion ès parmaculture, femme ou mère célibataire / avortée / déplorée, homme en dépression, ado paumé, spécialiste du compost, transgenre assumé (ou non). Parce que les gens, en fait, ils sont aussi paumés que tu l’as été à tes débuts, et ils pourraient vraiment profiter de ton expérience et de tes conseils. Bref, fais tourner mec/meuf.

J’espère que c’est ce que je fais à mon échelle. Maladroitement encore, c’est vrai. Parce qu’au fond, on est tous des sales cons d’égoïstes, ni pires, ni meilleurs les uns que les autres. On est juste pas obligés de se l’envoyer par la tronche. Parce qu’après, c’est comme les gosses : on se persuade qu’on ne vaut pas mieux, et on n’avance pas. C’est mieux si on met toute cette énergie au profit de ce dont on s’est volontairement coupés depuis longtemps : l’écosystème dans lequel on vit, le cercle vertueux de la Vie. Et ça, c’est Rafiki qui le dit.

Et si t’es OK, bah fais passer le mot, chez tes amis, tes parents, sur tes réseaux sociaux toussa toussa 🙂

Publié dans BD, Bouquinade

La Boîte de petits pois (GiedRé / Holly R.)

Ami du jour, bonjour !

Tu as peut-être vu passer le petit trésor dont je vais te parler sur Insta hier, auquel cas tu as peut-être eu le temps de jeter un œil sur Google (ou Ecosia) pour te renseigner, et de courir chez ton libraire pour l’acheter. Et ça, c’est trop cool. Sinon, bah tu vas avoir un petit aperçu ici.

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Sarakontkoi ?
L’auteure/compositrice/interprète GiedRé évoque son enfance et celle de sa maman dans les années 80-90 en Lituanie (pays l’ex-URSS, à l’époque sous régime communiste). Elle raconte les tickets de rationnement, la guerre, l’espionnage, mais aussi le partage, l’entraide et la communauté.

Tenpenskoi ?
Je n’ai pas pu m’empêcher de me dire, au fil de ma lecture, que c’était le genre d’ouvrage qu’on devrait inclure dans les programmes d’Histoire. Avant de parler de dates, de traités. Avant de parler géopolitique et courant philosophique. Juste pour donner un contexte à tout ce bazar. Laisser quelqu’un qui nous raconte objectivement, sans nous dire que c’était bien ou mal, nous expliquer ce qu’il a vécu, sans en faire des tartines sur des romans de 1500 pages. Parce qu’ici, on différencie l’idéologie du régime communiste, et le comportement des hommes, femmes et enfants qui vivaient sous ce régime. Ca, c’est ma première impression.

Les textes sont très simples, avec cet air enfantin propre à GiedRé, qui se contente de raconter ses souvenirs, la manière dont ELLE a vécu les choses, sans ces œillères très occidentales et libérales qu’on nous impose souvent. Sans non plus glorifier le Régime. La peur n’est que de la peur, le jeu n’est qu’un jeu. C’est simple, c’est drôle, c’est émouvant. J’ai beaucoup aimé le post-scriptum, cette anecdote qui oppose le vécu de l’enfant à celui de l’adulte.

Un mot sur le dessin, entièrement réalisé — ainsi que le lettrage — au crayon de couleur (mes préférés). C’est doux, c’est tendre, c’est coloré, ça a la saveur de l’enfance. L’image, comme le texte, n’en dit ni trop, ni pas assez, juste ce qu’il faut. En bref, c’est bien dosé, c’est bien écrit, c’est très beau et ça t’oblige à adopter un autre point de vue. À mettre donc entre toutes les mains !

Un petit aperçu ?

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Pour info :
éditions Delcourt, collection Une case en moins, 112 pages, 15,95€

Publié dans Bouquinade, Roman

Et si les chats disparaissaient du monde… (Genki Kawamura)

Ami du jour, bonjour !

Après avoir complètement délaissé le clavier pendant mes congés, me revoici, me revoilà, pas du tout avec le bouquin que je pensais te présenter mais avec un achat compulsif réalisé à Londres (quel plaisir de charger un peu plus ses valises, alors qu’on n’en a pas besoin…). Merci Chéri d’avoir pointé toutes les librairies qu’on a passées, j’ai fini par craquer. Et je te parle tout de suite de cette première découverte, dont j’avais entendu parler sur le compte Insta de Lemon June.

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Sarakontkoi ?
À 30 ans, le narrateur apprend qu’il ne lui reste que très peu de temps à vivre. Le diable entre alors dans sa vie et lui propose un marché : chaque jour, il fera disparaître du monde une chose qu’il aura choisie en échange d’un jour de vie supplémentaire. Quel prix le narrateur donnera-t-il à sa vie ?

Tenpenskoi ?
Il s’agit d’un très court roman qui se lit très vite, mais qui, paradoxalement, évoque la nostalgie, le temps qui passe, les regrets. Et malgré la gravité du sujet, la mort, il est d’un optimisme tout à fait délicieux. À la lecture de ce roman, tu traverseras des phases de tristesse, de réflexion profonde, et parfois même d’introspection.

Ma lecture a eu quelque chose de thérapeutique. Parce qu’on ne nous force pas au bonheur, comme c’est la mode en ce moment. Au contraire, j’ai ressenti la valeur de chaque minute, chaque seconde, qu’elle soit teintée d’ennui ou de regrets. Ca te parle du sens et de la valeur que tu accordes à ta vie, des moments dont tu as profité sans le savoir, des joies que tu as ignorées mais bien ressenties.

Un court roman donc, qui pourtant fait un grand bien. J’en suis ressortie beaucoup plus légère.

Extraits choisis

Au lieu de penser que la famille est une chose acquise, tu dois y penser comme à quelque chose que tu fabriques. On n’a pas de famille. On fait une famille.
(Littéralement dans le texte : Famille est un verbe — on fait une famille).

Le Diable n’existe que dans le cœur et l’esprit des humains. Ensuite, c’est vous, les humains, qui l’exprimez sous toutes sortes de formes.

[Le Diable] est fait de tous ces petits regrets qu’on a dans la vie. Par exemple, que serait-il arrivé si, à un croisement de ta vie, tu avais pris un autre chemin ? Que se serait-il passé ? Qui serais-tu devenu ? C’est de ça qu’est fait le Diable. C’est ce que tu voulais devenir sans le pouvoir. C’est à la fois la chose la plus proche et la plus éloignée de ce que tu es.

Je n’ai jamais été capable d’être complètement moi-même, ou de vivre ma vie exactement comme je le voulais. Je ne suis même pas certain d’avoir compris qui était réellement ce « moi-même ». Je vais donc mourir empli de toutes ces erreurs et de tous ces regrets, de tous ces rêves que je n’ai pas accomplis — les gens que je n’ai jamais rencontrés, les choses que je n’ai jamais goûtées, les endroits où je ne suis jamais allé. Mais ça ne me dérange plus. Je suis satisfait de qui je suis et de la manière dont j’ai vécu. Je suis heureux ne serait-ce que d’avoir été là. Où aurais-je pu être, à part ici ? […] Peut-être que Dieu ne me demandait pas d’évaluer la valeur des choses que je faisais disparaître, mais celle de ma propre vie. […] Dieu a créé le monde en sept jours. En sept jours, j’en ai fait disparaître une partie. Mais je n’ai pas pu me résoudre à faire disparaître les chats…

Bref, lisez-le !

Pour infos :
éditions Pocket, 176 pages, 6,40€

 

 

Publié dans Bouquinade, Roman

Ici n’est plus ici (Tommy Orange)

Ami du jour, bonjour !

Septembre approche, et avec lui, la rentrée. Et qui dit rentrée dit rentrée littéraire, événement sur lequel je me penche assez rarement (pour ne pas dire jamais en fait). Mais là, j’ai intégré un groupe de férus de littérature américaine, le Picabo River Book Club, qui permet aux lecteurs, entre autres et en plus d’échanger autour de leurs lectures, de recevoir des services de presse via ses partenariats avec les éditeurs. C’est un gros boulot pour Léa, qui a créé et gère le club, mais c’est beaucoup de bonheur et de partage pour nous !

J’ai eu la chance d’être sélectionnée pour la lecture de Ici n’est plus ici, de Tommy Orange. Pas du tout le genre de livres sur lequel je me serais arrêtée. Et pourtant…

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Sarakontkoi ?
C’est une histoire faite d’histoires. C’est l’histoire de ceux qui sont sans être. D’une culture qui traverse les siècles, l’oubli, la mort. D’une étincelle. D’une perdition. De ceux qu’on a réduits au silence, qui ne savent plus qui ils sont. Et comme un chant qui résonne au rythme des tam-tams. Des histoires qui s’entremêlent, comme des cheveux épars tressés pour se renforcer. C’est l’histoire de ces natifs qui doivent survivre sans bien se connaître ni comprendre où est leur place, ceux qui n’ont plus d’ici. Qui ont choisi de vivre dans les villes. Pas pour tuer leur culture, mais pour essayer de la reconstruire autrement.

Tenpenskoi ?
En tant que femme blanche dont la culture a été imposée a une bonne partie du monde, il serait bien mal venu de ma part de dire que je comprends de quoi parle Tommy Orange. Il parle de la culture d’un peuple qu’on a tenté d’étouffer. Ce peuple qui n’est à sa place ni en ville où on le rejette, ni dans les réserves où on l’enferme. Ce peuple qui sait qu’il a un héritage à défendre sans parvenir à le comprendre.

Chaque personnage a sa propre histoire, sa façon de la raconter, ce qui se traduit dans le texte par des différences de point de vue attribués à chaque personnage. Tantôt le « tu », tantôt le « je », tantôt le « il ». Tantôt le présent, tantôt le passé. Les personnages se perdent dans les méandres de leur propre vie, d’une sorte de culpabilité qu’ils portent. D’être trop indiens ? De ne l’être pas assez ? La narration est d’une force poignante, de ces récits qui s’insinuent au plus profond de nous, nous parlent sans qu’on parvienne réellement à les cerner. Je referme le livre en me disant : « comment je vais parler de ça ? » Et pourtant, j’ai compris ce que m’a dit Tommy Orange. C’est un livre qui se ressent plus qu’il ne se comprend.

Et comme je ne parviens pas à te le dire avec mes mots, je me suis noté quelques passages qui disent tellement bien ce dont parle ce livre… je t’en propose quelques-uns.

On est nombreux à vivre en ville aujourd’hui. Ce projet est censé nous permettre de raconter cette autre histoire.

Certains d’entre nous ont cette impression chevillée au corps, tout le temps, comme si on avait fait quelque chose de mal. […] On boit parce que l’alcool nous donne l’impression que nous pourrions être nous-mêmes sans avoir peur. […] Il faut apprendre à rester tout en bas. Tout au fond de soi, sans avoir peur.

Tu te souviens qu’il nous disait toujours qu’on était indiens mais nous, on le croyait pas ? Comme si on attendait qu’il nous donne des preuves. […] Papa ne nous a jamais rien transmis de notre identité indienne.

Le mot « triomphe » a bipé dans ta tête. […] Voilà ce que ça représentait, pour toi, d’avoir réussi à traverser ces centaines d’années américaines, d’avoir chanté tout du long.
Pour info :
éditions Albin Michel, collection Terres d’Amérique, 352 pages, 21,90€

Publié dans Policier / Thriller

Qui a tué Heidi ? (Marc Voltenauer)

Ami du jour, bonjour !

Peut-être que tu as vu passer les policiers que j’ai reçus de Pocket pour le prix Nouvelles voix du polar. J’ai commencé par celui dont le résumé m’intriguait le plus. Celui-ci l’emportait haut la main.

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Sarakontkoi ?
Gyron, village de la campagne suisse, est a priori un village tranquille. L’année passée, il a été secoué par une sombre histoire de tueur en série. Cette fois, il est la cible d’événements plus qu’étranges. Une vache y meurt lors d’un concourt. Des femmes y disparaissent. Et pour couronner le tout, un tueur à gage russe y a été envoyé afin de régler une affaire. Andreas, flic et suspendu, décide de mener son enquête.

Tenpenskoi ?
Aïe, difficile de répondre directement à cette question. Personnellement, j’ai trouvé ma lecture très longue. Pas inintéressante. Juste longue.

Beaucoup d’intrigues s’entremêlent. Je sens bien qu’il y a une tentative d’orchestrer tout le roman, de façon à brouiller les pistes pour obtenir, lors de la révélation finale, l’effet waouh. Mais on est passé par tellement de points de vue, on nous a donné tellement d’infos à demi-mots (genre clin d’œil, clin d’œil, ça risque de t’intéresser plus tard), qu’au bout d’un moment, j’avais juste envie de dire « oui, bon, abrégeons, voulez-vous ? » J’ai un eu un « ah oui, bien joué, je ne l’avais pas vu venir » que je salue, c’était une sympathique manipulation, suffisamment bien montée pour que je saute dedans à pieds joints. Mais dans les faits, je sens que l’auteur me tease, et ça me gonfle. Genre y’a un secret dans le passé du héros, je te le dis une fois, deux fois, dix fois, mais quand c’est le moment, non je le lui révèlerai plus tard, là, il va trop mal… Au final, je ne le sais toujours pas.

Un autre point m’a gênée : il y a pas mal de références au roman qui a précédé celui-ci, des points sur l’affaire qu’Andreas a bouclée. Du coup, quand on découvre le roman par hasard, comme ce fut mon cas, on est un peu perdu. On sent que cette affaire a eu un impact sur lui. Personnellement, ça m’a fait l’effet de ces soirées que font mes collègues auxquelles je ne participe pas toujours. Le lendemain, tout le monde rit de la veille, et moi, je rame pour raccrocher les wagons. Il faudrait indiquer qu’il s’agit d’une série (et c’est une critique à l’éditeur plus qu’à l’auteur). Pour donner un exemple, j’ai lu quelques Dan Brown, pas mal d’Agatha Christie, et s’il est furtivement question d’anciennes enquêtes, je sais que je peux les lire dans n’importe quel ordre… Je n’ose imaginer le prochain opus, parce que là, le livre se termine sur un cliffhanger de fou. Lecteur, si tu commences par le tome suivant, parole, tu vas être paumé. Note à l’éditeur : donnez l’ordre de parution, et surtout, indiquez qu’il s’agit d’une série, et la couv’ du roman précédent sur le plat 3 ne compte pas !

En conclusion : le roman n’est pas dénué de qualités, mais je suis passée à côté.

Pour info :
éditions Pocket, collection Thriller, 552 pages, 8,30€

 

Publié dans J'ai testé pour vous...

J’ai testé pour vous… le (presque) zéro déchet — Episode 3 : Les crèmes et déos

Ami du jour, bonjour !

Ah, cette fois, tu m’as causé un peu, on va pouvoir avoir quelques retours. Mais quand même, révolutionner ta salle de bain, ça a l’air de te foutre un peu les boules. Aujourd’hui, on va causer des crèmes (et des déos, que je mets dans la même catégorie de produits). Après la brosse à dents et le shampoing, c’est la 3e famille de produits dont j’ai décidé de m’occuper.

Pourquoi tu fais ça ?

Je dois avouer qu’au départ, j’ai cherché des alternatives aux crèmes et aux déos classiques à cause de ces perturbateurs endocriniens et autres aluminiums dont on parle tant. Connerie ou pas connerie, psychologique ou pas, ça me perturbait, parce que je suis en pleine PMA (tu le sais si tu suis le blog depuis un bout de temps) et que je ne suis déjà pas bien fertile, alors si en plus je me bousille la santé avec des conneries de produits toxiques, on n’est pas sortis de l’auberge.

Il faut savoir qu’au départ, je ne suis pas le genre de fille à me tartiner de crème. Ça colle, et c’est chiant à mettre. En plus, mes rides, je m’en soucie comme de ma première couche culotte, et je ne badigeonne mon corps que lorsque ma peau menace de partir en lambeaux. Le reste du temps, j’estime que le sébum fait son travail. À quoi bon s’assécher le visage avec des produits anti-peau grasse pour ensuite l’étouffer sous 3 crèmes différentes ? Il suffit juste d’enlever l’excédent de sébum.

Quant au déo, je dois avouer que j’ai une transpiration acide, et que si certain(e)s sont complexé(e)s par leurs rides, moi c’est mon odeur. Je sais que l’odeur de la transpiration varie en fonction de ce qu’on porte et de ce qu’on mange. Mais moi, c’était le déo-bille-crème Ushuaïa vanille ou rien. Le chemin vers le déo zéro déchet bon pour la peau a été long…

Et dans les faits ?

En ce qui concerne les crème, c’est en regardant les Renardises de Margaud Liseuse que je me suis dit « tiens, c’est pas mal ça… » d’ailleurs, tu retrouveras pas mal de mes pratiques actuelles dans ce qu’elle dit, parce que c’est de là que tout est parti. Pour ce qui est des crèmes, je ne fais pas confiance aux crèmes bio de je ne sais quelle marque, non testées sur les animaux sans produits nocifs. Traduis : y’a pas de pipi de requin dedans, mais faut quand même des tensioactifs et tout un tas de trucs graisseux, et la plupart du temps, le pot est en plastique. Alors j’ai choisi une autre solution : l’huile végétale. Y’a qu’un ingrédient : l’huile. Perso, je prends la jojoba, parce qu’elle est très peu allergène (d’ailleurs, mon eczéma a disparu grâce à elle) et que c’est celle qui se rapproche de plus du sébum naturel. Donc sur ta peau, ça ne fera pas gras.

Tu ne me crois pas ? 3 gouttes le soir, 2 le matin, dans le creux de ta petite main, tu l’étales, et le temps que tu enfiles ton t-shirt ou que tu brosses tes dents en dansant comme une folle sur Wake me up before you go go ! de Wham, tu la sens même plus. Magique. Je double d’un petit coup d’hydrolat (ou eau florale) avant, histoire de rafraîchir la peau, surtout le matin. Après, si tu as la peau très sèche, pars sur des huiles d’avocat par exemple. Et puis, tu peux faire des macérats pour récupérer les bienfaits d’une plante. La carotte par exemple. Prends ton huile, fais-y macérer de la carotte, et boum, tu as une huile de carotte, ideale pour l’effet bonne mine ! Le petit plus des huiles ? Ce sont des bouteilles en verre recyclable. En plus, elles peuvent servir pour tes cheveux, et aussi à te démaquiller, water plouf compris ! Donc au lieu d’un pot de crème, d’un soin cheveux, et d’une bouteille de démaquillant, j’ai un seul produit. Magique, économique, écologique.

Pour le déo, ce fut une autre histoire. Je suis très très sensible aux odeurs, les bonnes comme les mauvaises. Un parfum ou une lessive trop forts ? Ça me fiche la nausée. Une mauvaise odeur, même très légère ? Tu vas en entendre parler. Alors avant tout, j’ai dû (ne souris pas)… apprendre à redécouvrir ma propre odeur. Et me dire que ce n’est pas parce que je ne sens pas la vanille des îles ou le monoï que je pue. L’odeur du corps humain est musquée, c’est comme ça, et la transpiration comporte des phéromones. Ça ne pue pas, c’est juste animal. Premier pas franchi.

J’ai ensuite testé les déos solides poudreux (pas les crémeux) de chez Lush. C’est un peu chiant à appliquer, parce que comme ton aisselle n’est jamais tout à fait sèche, et que tu appliques le déo direct dessus (j’avais de la poudre compactée en pain), ça coagule, ça fait une sorte de croute et après, ça n’applique plus rien. Cela dit, la marque Comme Avant semble avoir réglé le problème avec un applicateur à bille (en plastique certes, mais recyclable et rechargeable, les recharge étant envoyées, d’après le site, dans un kraft compostable).

Pour ma seconde expérience, j’ai testé le déo en baume, conditionné dans un pot en verre recyclable. Et là, je suis allée du côté de chez À la douche Simone. La marque que j’ai choisie est Clémence et Vivien, dont je comprends le nom de tous les composants. C’est déjà un plus. Ca s’applique comme un baume à lèvres : tu prélèves en frottant ton doigt dessus, ça le fait chauffer, et tu appliques sur ton aisselle. Ce n’est pas un anti-transpirant. Il faut arrêter avec cette peur de la transpi les gens, c’est juste normal ! Par contre, ça évite les odeurs trop fortes (là encore, l’odeur de transpiration PROPRE n’est pas une tare, faut s’y faire).  Je pourrais tester la pierre d’Alun, mais j’ai encore besoin que mon déo sente quelque chose… et puis, je crois que je sais pas l’utiliser.

Verdict ?

L’huile végétale

  • J’aime : tout ! La texture non grasse, non collante, le mutli-usage, la quasi absence de plastique, et souvent, les bouchons qui aident à doser. Ca ne sent rien, c’est un plus pour moi. Ca soulage les tiraillements direct l’hiver. Et doublé d’hydrolat (appliqué à la lingette lavable), tu a la peau propre ET douce. Ah, et c’est bon pour ton bébé (attention à bien choisir l’huile cela dit).
  • J’aime pas : bah rien en fait, c’est que du bonus ! C’est pas plus cher que ces trucs anti-rides que ça regonfle tes joues comme des baudruches-promis-juré-mais-je-te-prends-un-peu-pour-un-lapin-de-trois-semaines-quand-même. Scoop : Hello, c’est normal de rider !

Le déo

  • J’aime : moins de produits chimiques, pas de plastique, sinon, sans grande différence.
  • J’aime pas : les déos poudre compactés, c’est galère, ça croute, faut gratter le dessus pour pourvoir s’en appliquer. La poudre en déo bille, j’ai pas essayé, mais ça sera probablement mon prochain essai. Et il faut réellement se réhabituer à son odeur corporelle.

Ils en parlent aussi :

Le fameux article de Margaud Liseuse
Un article assez court sur le blog Carnet Prune
Quelques conseils d’utilisation sur Framboise Bleue
Un article qui recense les huiles les plus courantes et leurs propriétés chez ZoEssentiels

Et pour te les procurer :
Le site de Comme Avant si tu n’as pas la chance de les avoir dans ta boutique vrac
Le site de À la douche Simone, qui fait un peu toutes les marques et qui répondra super rapidement à tes questions sur sa page Facebook.
Et pour les huiles, la parapharma (mais ça reste cher) ou (j’en suis désolée, mais en termes de quantité/qualité/prix, c’est le mieux) Amazon (je prends la marque Biorganique)

Maintenant, c’est à vous !

Pour le déo, perso, c’est pierre d’Alun quand il fait plus de 30°C et c’est tout, j’ai la chance de pas me déshydrater par les aisselles et l’underboob (tmtc teem 90D… lol)
Pour la crème hydratante, c’est Cattier, version bio, cruelty free et ultra simple…quand j’y pense, c’est à dire une fois tous les 15 jours en gros, si j’ai vraiment la foi, parce que je ne connais pas d’activité moins passionnante que de se crémer façon toast…. Les petites vendeuses snobinardes d’une enseigne que je ne citerai pas poussent toujours des hauts cris en entendant ça, mais ma maman ne s’est jamais tartiné la tronche et n’a pas une ride, alors… je mise tout sur la génétique ! XD

Gaëlle

J’ai acheté un déo solide à Lush mais je n’ai toujours pas testé ! Pour la crème je suis de la team Nivea !
Maud

Pour ce qui est de la crème hydratante c’est beurre de karité pour la peau et huile d’argan et ricin pour les cheveux… par contre en déodorant je suis désolée mais pas encore prête à passer sur quelque chose qui ne sent pas bon toute la journée…
Cécile

Je viens d’ouvrir mon placard de salle de bain… J’ai 5 déodorants… 5 ! Cela prouve bien mon indécision envers ce produit de beauté/soin dont je ne me passe pas. On s’y perd un peu dans les gammes. Il paraît qu’il faut prendre les antiperspirants… mouais. Paraît que l’aluminium c’est pas bon… On prend quoi alors ? Pour moi c’est à bille. Et c’est comme un parfum : je mets du temps à choisir l’odeur. Ma fille choisit les plus beaux, pour elle. Mais je lui ai montré sur l’étiquette qu’il fallait pas que ce soit écrit aluminium. Je suis pas très appliquée dans la composition pour moi mais pour ma fille je fais gaffe. Elle aime bien faire comme maman !
Emilie

Merci à tous pour votre participation !
La semaine prochaine, on arrête la salle de bain et on passe à la cuisine !
Avez-vous testé les éponges faites main ?
(Spécial Gest : Cotcotcrochète et ses éponges au crochet)

 

 

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Esperanza 64 (Julien Centaure)

Ami du jour, bonjour !

Tu aimes la SF ? Les voyages dans l’espace ? Les scénarii-catastrophes ? Tu as aimé Planète Rouge, Interstellar, Mission to Mars, Passengers et j’en passe ? Eh bien cette lecture va te parler. Pour être honnête, ce n’est pas mon dada, le voyage dans l’espace… mais là, il a été chaudement recommandé par devinez qui… Lemon June of course. Donc bon, si c’est Lemon qui le dit…

esperanza_64.jpg

Sarakontkoi ?
En 2093, les humains ont épuisé les ressources de la Terre. Ils sont maintenant 10 milliards. C’est dans ce contexte que le projet Exodus voit le jour : la construction d’énormes vaisseaux emportant à leur bord 20 millions d’hommes et de femmes (tirés au sort), dans des caissons de cryoconservation, et 4000 membres d’équipage afin de dépeupler la planète. À ce jour, 63 vaisseaux Esperanza ont déjà été lancés. L’Esperanza 64 s’apprête à partir à son tour à la recherche d’une planète viable pour l’espèce humaine, avec à son bord Nil, Elisabeth, Mila et bien d’autres. Ils partent pour un très long voyage vers un espoir… ou vers leur mort ?

Tenpenskoi ?
Je dois avouer que j’avais un peu peur au début de mon écoute (il s’agit d’une exclu Audible), d’une part parce que ce n’est pas mon genre de lectures, mais aussi parce que c’est un livre « autopublié » dans le sens où Audible, si j’ai bien compris (et si vous avez des infos contraires, je prends), n’a fait qu’enregistrer la version audio… Deux raisons pour moi de m’en détourner. Et puis il y a eu Lemon June, qui a soulevé pas mal de sujets qui m’intéressaient lorsqu’elle en a parlé. Alors, munie de mon crédit Audible du mois de juin, je me suis dit « pourquoi pas ? »

Il y a tellement de choses à dire sur ce bouquin ! Le voyage dans l’espace à des distances que l’esprit humain aura du mal à appréhender pose plusieurs questions : est-ce qu’on n’envoie pas l’équipage et la « cargaison » humaine à la mort simplement pour que ceux qui restent sur Terre vivent ? N’est-il pas fou de penser qu’une planète présentera des caractéristiques suffisamment viables pour les humains ? Ou au contraire, pourquoi chaque étoile n’aurait-elle pas sa planète bleue ? Et surtout, les voyages durant plusieurs dizaines de milliers d’années, qui peut garantir que les vaisseaux, les équipements tiendront ? Combien de temps la Terre se souviendra-t-elle qu’on a lancé ces vaisseaux ? 100 ans ? La technologie terrestre, un jour, ne finira-t-elle pas par rattraper celle de ces vieux cargos ?

Mais à bord des Esperanza, on ne fait pas la même erreur que dans Le Papillon des étoiles (de Bernard Werber, pour ceux qui ne l’ont pas lu). L’équipage, une fois le Soleil dépassé, s’endort dans ses caissons de cryoconservation, et seuls 2  d’entre eux sont de garde pendant un an et demi, puis passent le relai à deux autres. Et tous les 5000 ans, tout l’équipage sort de son caisson afin de procéder à une remise en état de l’Esperanza 64. Tout est recyclé, calculé. L’équipage est seul dans l’espace infini et file en direction de l’étoile Epsilon Eridani pour y trouver un nouveau foyer. Je ne sais pas si Julien Centaure s’y connaît en la matière, s’il a eu de l’aide, ou s’il a tout inventé, mais le réalisme et le détail des calculs est impressionnant et donne au roman des airs de prophétie.

Et puis se posent les questions essentielles : comment reconstruire une société si on trouve une nouvelle planète ? Garder les mêmes modèles ? Rester sur ce que l’on sait faire ? S’adapter à la nouvelle planète ou l’adapter à nous ? Ces sujets me touchent beaucoup, particulièrement en ce moment. J’ai l’impression que l’humain ne décollera pas de son petit système de pensée, qu’il ne veut pas voir les choses autrement. Pas comme lui étant le centre de toute chose, mais comme lui appartenant à un monde plus grand, faisant simplement partie d’un écosystème. On n’est pas plus intelligent parce qu’on construit de gros vaisseaux ou parce qu’on peut en appuyant sur un bouton détruire une planète entière. On est intelligent lorsqu’on vit avec ce que l’on a, ni plus, ni moins, et que l’on comprend l’équilibre dans lequel on vit. Et si t’as pas compris ça, regarde Le Roi Lion.

Alors oui, il y a quelques petits défauts dans les dialogues, qui manquent parfois de naturel (attention au mélange des registres, notamment lorsqu’on met du soutenu et du familier dans la même phrase). Et puis, si le lecteur lit effectivement bien, j’ai trouvé son interprétation un peu monocorde. En même temps, je sors de Good Omens, et les lecteurs anglais font tellement vivre le truc que c’est un peu difficile de repasser au français ensuite… Donc je le conseille vivement. Je me ferai sans doute le T2 par la suite, mais là, je me plonge dans Anna Karenine.

Pardon pour la longueur inhabituelle de ce billet, le livre est dense…

Pour info :
Audible, 15h65min, 1 crédit ou 27€