Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Aurora Squad : Trilogie (A. Kaufman/J. Kristoff)

Ami du jour, bonjour !

Vous le savez, il me tient à cœur chaque jour de tenir mes engagements, et j’y emploie tout mon être (c’est faux). C’est donc à l’instant même où j’ai refermé le dernier tome de cette fabuleuse trilogie (également faux) que je rédige ce billet. Dans les faits, je l’ai terminé ce mois-ci, je ne suis donc pas totalement dans les choux.

Sarakontkoi ?
2380, quelque part dans la Voie Lactée. Des légionnaires de la paix sont formés à l’académie Aurora. Tyler est l’un d’entre eux. Futur chef d’escouade, il capte la veille de son Affectation un S.O.S. qui provient d’un vaisseau disparu il y a 200 ans. À l’intérieur de ce vaisseau, une unique survivante cryogénisée : Aurora. Affecté, suite à ce laborieux sauvetage, à une équipe de bras cassés qu’il n’a pas choisie, il est loin d’imaginer que c’est sur lui, son équipage et sur cette étrange fille que repose la survie de la galaxie.

Tenpenskoi ?
Bon, bah on part sur un coup de cœur ! Si tu me suis sur les réseaux, tu m’as entendue qualifier la trilogie de « buddy book », référence aux fameux « buddy movies » (les films avec des groupes de copains, maman). Parce que, comme c’était le cas pour Six of Crows, la force de la série repose sur ses personnages, et sur la pure synergie qui émane d’eux. Brisés, déchirés, déconstruits, ils en ont bavé les petits. Et, miracle, je serais bien incapable de choisir un favori, ou de te dire que l’un d’eux m’a agacée. Je les ai tous aimés : Tyler, le beau gosse aux plans « jamais foireux » ; sa jumelle, l’irrésistible et vive Scarlett ; la froide et intelligente Zila ; Finn, l’incroyable mécano casse-pieds ; Kal, le guerrier torturé ; la mystérieuse Aurora. Même Magellan, l’intelligence artificielle, est incroyablement attachant !

J’en ai pris plein la poire, et c’est peu dire. Ce sont des torrents d’émotions qui déferlent sur toi, Jay et Amie n’épargnent ni leurs personnages, ni ton petit cœur, et tu auras mal, promis. Certaines scènes sont d’une intensité inattendue (oui, je l’avoue, ma gorge s’est serrée à des moments peu opportuns) ; malgré tout, la trilogie est une course contre la montre, pure adrénaline, elle ne s’arrête jamais. Et encore, je me dis que j’ai pu enchaîner les tomes ! Je n’imagine même pas ce qu’ont pu ressentir les lecteurs qui ont dû patienter entre chaque roman… On résume : des personnages au top, une intrigue barrée toujours à fond, de l’enjeu, de l’émotion… Mais fonce enfin !

Pour info :
éditions Casterman
Tome 1 : 528 pages, 17.90€
Tome 2 : 528 pages, 17.90€
Tome 3 : 544 pages, 17.90€

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L’École de Minuit (Maëlle Désard)

Ami du jour, bonjour !

Je répare aujourd’hui une impardonnable bévue, un effroyable oubli, une monumentale erreur (toujours plus) : je l’ai lu, je l’ai encensé, je l’ai fait gagné, mais l’ai-je chroniqué ? Nope. Je me rachète donc par ce billet, dont vous connaissez le contenu si vous me suivez sur les réseaux.

Sarakontkoi ?
Siméon, 15 ans, est un jeune hybride, mi-humain, mi-vampire, qui s’apprête à intégrer l’école de Minuit. Cette école un peu particulière accueille en fait dans le monde des Diurnes, les humains, des habitants de Minuit, le pays des créatures surnaturelles. Timide, mal à l’aise avec son corps, binoclard, Siméon n’a hérité de sa mère vampire que son régime alimentaire sanguin. Contre toute attente (surtout la sienne), Siméon parvient tout de même à se faire un petit groupe d’amis : une liche (Joël, fabriqué à base d’autres créatures mortes), un triton (Colin, un garçon-sirène) et une louve (Eir). Entre trafic de thaume (la substance magique qui fait vivre le monde de Minuit) et disparitions d’élèves, l’école paraît à Siméon de plus en plus louche… jusqu’à la disparition de sa grande sœur, qui le fait plonger à pieds joints dans une histoire qui pourrait bien le dépasser.

Tenpenskoi ?
C’est une vraie question ? J’ai A-DO-RÉ ! Le roman n’est pas exempt de défauts sur lesquels je ne vais passer que très rapidement (c’est mon billet, je fait ce que je veux) : quelques ellipses temporelles que j’ai trouvées maladroites (parce qu’un peu rapides), une ou deux conjugaisons hasardeuses, et (Maëlle, enfin !) 4 « je vous partage ». Rien d’impardonnable quoi.

Tout le reste : 20/10. Je manque d’objectivité ? Certes. Mais qu’est-ce que c’est fin ! Toujours le bon mot, toujours drôle, avec des expressions que même ta grand-mère, elle aurait des doutes dessus. Comme pour Esther, le roman est truffé de références pop, les personnages n’ont pas leur langue dans leur poche, et surtout, ils sont… improbables. Un vampire binoclard en surpoids ? Une liche dealeuse d’artéfacts magiques ? Un feu-follet agressif et grossier ? Mais vas-y, remets-en une couche. Tu peux ouvrir le roman à n’importe quelle page, tu ris ! Siméon, c’est le gamin mal dans sa peau du fond de la classe, celui qui veut qu’on l’oublie mais qui rêve de briller. C’est le fils surprotégé, dissimulé dans l’ombre d’une sœur formidable, qui doit se prouver sa propre valeur. Je m’y suis reconnue, et je suis certaine de d’autres y trouveront également cette ambiance de pause dej’ au self, entre une heure de perm et un cours de gym. Une rencontre improbable entre Malcolm et Buffy que, j’en suis certaine, tu ne peux qu’adorer !

Pour info :
éditions Rageot, 384 pages, 15.90€

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L’Empire du vampire, T1 (Jay Kristoff)

Ami du jour, bonjour,

Laisse-moi te conter l’histoire de ma rencontre avec Jay Kristoff. Pas physique bien entendu (bien que cette lecture ait été motivée par sa venue dans mon Auvergne chérie, et ma collègue adorée), mais littéraire. Et quelle rencontre !

Sarakontkoi ?
Depuis 30 ans, le soleil est voilé, et la guerre qui oppose l’humanité aux vampires a clairement tourné à l’avantage des buveurs de sang. Seul rempart contre les monstres, l’Ordre d’Argent, constitué de bâtards mi-vampires, mi-humains, est quasiment éteint. Dernier des siens, Gabriel de Léon est prisonnier de ces êtres qu’il a juré de combattre. Il doit pourtant, pour survivre, leur raconter son histoire, et sa quête du dernier espoir de l’humanité : la Saint-Graal.

Tenpenskoi ?
Mama mia que c’est dense ! Intense, maîtrisé, tout en profondeur, complexe dans sa narration, et pour autant tout à fait accessible (je l’ai écouté en anglais, c’est dire), c’est un petit bijou de littérature fantastique. Je ne fais pas durer le suspens ! Je l’ai dit plusieurs fois déjà, de maintes façons, j’aime les univers développés. Je ne veux pas qu’on me fasse un cours d’histoire-géo pour tout m’expliquer ; le talent d’un bon auteur réside dans sa capacité à infuser dans sa narration un décor suffisamment pensé pour que le lecteur soit à l’aise dans sa progression. Lire un roman, pour moi, c’est comme regarder le monde derrière ma fenêtre : je n’en vois qu’une partie, mais pour comprendre ce qui se passe dans ma rue, je dois pouvoir, si j’en ai envie, sortir la tête, me pencher et voir au-delà de mon jardin. Récemment, j’ai fait beaucoup de lectures où le paysage était très beau, mais dès que je voulais me pencher pour admirer la complexité du monde, je me cognais à un joli tableau très bien peint, mais sans profondeur, étriqué. Je ne sais pas si tu comprends, mais c’est ce que je ressens. Ce n’est pas le cas ici, puisque le rythme des descriptions, des explications et des scènes d’action est clairement étudié.

Les personnages détestables sont délectables, les héros ne le sont pas vraiment, et avec tout ça, on se questionne sur le Bien et le Mal, et les motivations de chacun. Très honnêtement, j’aurais tendance à dire qu’on ressent tout l’amour de l’auteur pour ses personnages, ceci dit, vu les épreuves par lesquelles ils passent (incluant la mort), je soupçonne un certain sadisme chez Jay Kristoff (qui se confirme à la lecture de ses autres romans). Alors oui, le récit est par moment aspergé d’hémoglobine, de torture, de trahison, mais qu’est-ce que c’est bon ! Bref, tu l’auras compris, je suis conquise, et je me suis d’ailleurs plongée dans une autre trilogie de l’auteur dont je te parlerai… j’ai envie de dire « très vite », mais ça dépendra de l’ordre de publication de mes billets !

Pour info :
éditions De Saxus, traduit de l’anglais (australien) par Benoît Domis, 953 pages, 24.90€

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Terreur à Smoke Hollow (Katherine Arden)

Ami du jour, bonjour !

En voilà une lecture pas DU TOUT de saison dont la chronique arrive un poil trop tard, d’autant que la lecture, je l’ai faite en février dernier… c’est pas grave, vieux motard que jamais comme on dit dans le métier !

Sarakontkoi ?
Ollie a 12 ans, elle vit seule avec son père depuis le décès de sa maman. Solitaire, elle se réfugie souvent dans la lecture. Lorsqu’elle croise la route d’une étrange femme qui tente de jeter un livre maudit à l’eau, elle s’empare de l’ouvrage et commence à lire l’histoire d’Elizabeth et de ses deux fils, disparus après avoir fait un pacte avec un homme étrange. Le lendemain, elle visite avec sa classe une ferme qui ressemble étrangement à celle où a vécu Elizabeth. Le staff y agit bizarrement, et en repartant, le bus tombe en panne au milieu d’un inquiétant brouillard…

Tenpenskoi ?
Moi, la seule fois où j’ai eu un Chair de Poule entre les mains, j’avais une douzaine d’années, et je ne l’ai pas lu, je l’ai planqué sous une pile de t-shirts dans mon armoire fermée à clef tellement j’avais les chocottes… Oui, je suis une flipette. Je regardais bien les Fais-moi peur (on se souvient tous de ce générique hyper flippant) et j’avais un livre sur les fantômes, mais je n’ai jamais été très brave.

Alors lire ce roman, j’avoue que ça ne me rassurait pas vraiment. Mais bon, l’amour du métier, toussa toussa, et son éditrice me l’avait vendu de ouf comme la série qui pourrait nous changer des romans de R.L. Stine. Et ça fonctionne, parce que l’autrice a repris quelques ingrédients diablement efficaces : une gamine solitaire qui finit par se faire des amis (donc un petit groupe soudé d’outsiders), une bonne dose de mystère et… des épouvantails. Ris pas, j’ai eu les boules une ou deux fois ! Ces adultes aveugles à l’étrangeté, ces personnages inexpressifs, presque absents. Cette brume, et ces recoins sombres. Très efficaces. Ça rampe, ça sourit, ça craque, ça croule sous une ambiance lourde et la promesse d’une suite (oui, j’espère un peu revoir l’antagoniste dans les suites, parce qu’il n’en a clairement pas fini avec la petite bande).

Dans un style différent de celui de R.L. Stine, on retrouve le goût de la pétoche douce, pour ceux qui aimeraient trouver une bonne lecture d’Halloween… à déguster planqué sous la couette.

Pour info :
éditions PKJ, traduit de l’anglais par Maud Ortalda, 256 pages, 14.90€

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Les Royaumes immobiles, T1 : La Princesse sans visage (Ariel Holzl)

Ami du jour, bonjour !

Lorsque tu aimes un auteur, tu as envie d’aimer tous ses livres, quitte à te forcer un peu parfois. Quand j’ai entendu parler du prochain Ariel Holzl chez Slalom, j’ai foncé demander à la merveilleuse Carole (qui gère les relations libraires), de m’envoyer le texte, ce qu’elle a fait. Et puis c’est tombé à plat. Attends, je m’avance un peu, laisse-moi t’expliquer pourquoi.

Sarakontkoi ?
Les Royaumes Immobiles sont fait d’un flux de magie, contrôlé et façonné par quatre monarques sans qui le monde serait chaos. Le trône de la Cour d’Automne est vaquant depuis trop longtemps ; les trois autres reines décident donc de lui trouver un héritier en organisant des épreuves. Ivy, 18 ans, bâtarde du roi d’Automne, vit seule dans son château en ruines. Elle est une belle à mourir : quiconque voit son visage devient fou et se tue. Et voilà qu’on vient la chercher pour lui annoncer qu’elle fera partie des prétendantes au trône de son père. Comment survivre dans un panier de crabes quand on ne connaît rien aux us et coutumes des courtisans sans merci ?

Tenpenskoi ?
Je te l’ai dit, j’aime Ariel Holzl depuis que je l’ai découvert dans la trilogie Les Sœurs Carmine. Et puis je l’ai trouvé très intéressant mais moins précis dans Temps mort. Ici, c’est rebelotte. Une vraie proposition d’univers, de personnages, qui, pris individuellement ont un vrai potentiel mais dont je ne comprends pas les interactions. C’est comme s’ils agissaient sur des plans différents les uns des autres, et qu’aucun n’était vraiment touché par le fil de l’histoire. Histoire que j’ai trouvé un brin banale d’ailleurs.

C’est si frustrant de lire un roman prometteur à ce point, dans lequel je n’ai absolument pas réussi à m’investir ! Et pourtant, à chaque page, je me disais « bonne idée », ou « bien dit ! » Même Ivy est à côté de ses pompes. Ni particulièrement intelligente, ni particulièrement sensible, elle semble traverser le roman comme un fantôme, sans être jamais actrice de sa propre histoire. Elle ne parvient à relever aucun défi grâce à ses propres qualités, on l’aide continuellement, du coup, j’ai du mal à m’identifier, où à vouloir lui ressembler. Cette histoire de belle à mourir, qui constitue un élément surprenant, n’est au final que peu exploité. Le final fut abrupt et aurait bien mérité un chouilla plus d’approfondissement.

En conclusion : une super idée de départ, un univers vraiment riche, des personnages prometteurs, mais il a manqué un liant pour que l’émulsion se fasse… c’est dommage. Si en revanche, vous avez aimé le roman, le tome deux sort dans quelques semaines (19 janvier 2023) !

Pour info :
éditions Slalom, 400 pages, 16.95€

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A Forgery of roses (Jessica S. Olson)

Ami du jour, bonjour !

Parfois, je reçois au magasin des services presse qui attisent vraiment ma curiosité. Alors lorsque, en plus, ma consœur et copinette me dit que c’est un coup de cœur, je dis banco.

Sarakontkoi ?
Époque indéfinie mais quand même ça ressemble beaucoup à l’époque victorienne, quelque part en Angleterre (je crois, j’ai oublié le nom du bled). Myra vit seule avec sa petite sœur malade depuis la disparition de leurs parents. Elle travaille dans l’atelier de peinture de sa mère et de son associée et subvient de justesse à leurs besoins. Son destin bascule lorsque la femme du gouverneur fait appel à elle pour peindre son fils. Parce que Myra est une prodige, sa peinture lui permet de prendre sur elle le mal de ceux qu’elle peint, et que le jeune fils du gouverneur vient de décéder. Myra n’a pas le choix. pour leur avenir à sa sœur et elle, elle doit ressusciter l’héritier d’un gouverneur qui traque les siens, et pour ça, elle doit comprendre les circonstances de sa mort…

Tenpenskoi ?
Il y avait de quoi faire ! L’idée de base est excellente : un soupçon du portrait de Dorian Gray, une enquête, un mystère… Tout était là ! Et pourtant, c’est retombé comme un soufflet. Je ne peux pas dire que j’ai détesté ma lecture, et bien au contraire, j’étais cramponnée à mon exemplaire sur certains passages !

Mais il y a un « mais », forcément, sinon je t’aurais parlé de coup de cœur bien avant… Le premier détail qui m’a gênée est un petit anachronisme : la petite sœur de Myra, Lucy, étudie la pollution du fleuve qui traverse la ville. Parler de pollution, à cette époque ? Étrange. D’autant que le crapaud qui lui sert d’animal de compagnie a été sauvé d’un déchet plastique… Et je passe les techniques médicales qui n’existaient pas encore. Bref, des petites inattentions qui m’ont complètement sortie de l’histoire, et qui auraient dû être corrigées par l’éditeur. Je vous vois les « mais c’est pas pour de vrai, c’est une histoire, et un monde imaginaire ». Hello ! Si tu me décris un monde qui ressemble au mien, dans une époque qui ressemble à une période historique que je connais, le contrat qu’on a passé toi et moi, c’est que tu dois te plier aux codes de cette époque, c’est ce contrat entre le lecteur et l’auteur qui permet la suspension consentie de l’incrédulité (en gros, toi lecteur pas critiquer histoire avec trucs qui existent pas, genre la magie). C’est comme oublier un gobelet Starbucks en plein milieu d’une scène de Game of Thrones, ça te sort du truc.

C’est le seul point noir ? me demanderez-vous. Les personnages du romans passent leur temps à rougir (ils rougissent littéralement chaque fois qu’ils se regardent), à surréagir à tout. August, le personnage masculin, souffre d’anxiété (qu’on essaie de nous rendre sexy), mais grâce à la magie de l’amour ça va mieux. Et cette histoire d’amour qui sort de nulle part, clairement forcée, portée par des dialogues insipides… je m’en serais passée (ou alors faut la bosser un peu ma petite dame !).

Franchement, c’est tellement dommage, parce que dans la narration, l’autrice a du style, et une écriture très imagée vraiment plaisante à lire ! L’action est cool, l’idée de base originale… Je le classerai dans les « oubliables corrects », la faute à un manque de maîtrise de la part de l’autrice.

Pour info :
éditions BigBang (traduit de l’anglais par Laurence Boischot), 480 pages, 22€

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Iron Widow, tome 1 (Xiran Jay Zhao)

Ami du jour, bonjour !

Allez, j’ai mis de la musique histoire de me lover dans une ambiance un peu sympa (mais écrire quand t’as envie de chanter, c’est pas contre-productif ?), je repars pour une série de billets. Celui-ci, il est sorti en janvier cet année, et je l’avais vu passer à l’office (les commandes qu’on fait pour la sortie des livres). Autant te dire qu’il me chatouillait méchamment la curiosité…

Sarakontkoi ?
L’empire d’Huaxia est menacé, derrière sa grande muraille, par des armures extra-terrestres qui attaquent sans relâche ses frontières. Pour se défendre, l’empire a créé des armures géantes alimentées par l’énergie vitale, le Xi, d’un homme et d’une femme. Mais bien souvent, la femme meurt, drainée de son énergie par son compagnon. C’est le cas de la sœur de Wu Zetian, et cette dernière compte bien s’engager à son tour, espérant être appairée avec le guerrier responsable de sa mort. Il se trouve que cette fois, ce n’est pas Wu Zetian qui succombe, mais son concubin. Elle devient donc une veuve de fer, dans ce monde où les femmes ne représentent qu’un dommage collatéral acceptable…

Tenpenskoi ?
Moi, on me dit « c’est un mélange entre Mulan et Pacific Rim », je fonce, je ne réfléchis pas ! Et si je n’ai pas trouvé dans ce roman exactement ce que je suis venue y chercher, j’ai tout de même été agréablement surprise. Dis-toi que malgré toutes les évolutions technologiques, l’empire d’Huaxia est encore coincé à une époque où les femmes n’ont aucun droit, sauf celui de mourir pour leur patrie, ou d’être vendues pour des mariages avantageux. Les violences, les jalousies, et la haine contre ces femmes dont le pouvoir dépasse celui de leur compagnon m’a percé le cœur. J’ai serré les dents plus d’une fois d’ailleurs…

Mais le roman, écrit par un.e auteurice non genré.e, est aussi une ouverture d’esprit qui nous pousse à questionner notre rapport à l’étranger, à nos propres sentiments et désirs. Zetian cherche une raison de continuer à vivre après avoir vengé sa sœur, consciente qu’elle a mis un coup de pied dans la fourmilière bien rangée de l’empire et de ses Stratèges. Elle questionne sa relation avec le pilote qu’on lui a attribué après qu’elle a tué le meurtrier de sa sœur. Il est le pilote le plus fort de l’empire, mais aussi le plus détesté, un monstre, parce qu’il est différent, qu’il fait peur. Mais surtout, j’ai été surprise par la fin, cette fin qui enjoint le lecteur à se poser les bonnes questions. Qu’est-ce qu’un ennemi ? Qu’est-ce que l’amour ? Que faire si j’ai le pouvoir de changer les choses ? Bref, un roman très bien écrit, qui traite de sujets peu communs, mais exigeant parce qu’il repose sur une culture qui n’était pas la mienne, et parce qu’il soulève des thèmes qui remettent en question nos relation à l’Autre. Une excellente lecture.

Pour info :
éditions La Martinière Jeunesse (traduction de l’anglais : Isabelle Troin), 464 pages, 20€

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Dune, T1 (Frank Herbert)

Ami du jour, bonjour !

J’espère que t’es prêt.e, parce que là, je m’attaque à du lourd (je parle autant du volume du bouquin que de son poids dans la littérature SFFF contemporaine). J’avoue, pour moi, Dune, c’était un peu ce film crade et incompréhensible des années 80 qui me foutait les glandes. Et puis il y a eu ce remake l’an dernier, et les encouragement d’un ami fin connaisseur (coucou Flo). Alors je me suis lancée. Mais en audio, faut pas déconner !

Sarakontkoi ?
Ce premier tome nous dépeint un empire fait de milliards de mondes et d’étoiles, dont la principale ressource est une Épice récoltée dans les sables de la planète Arrakis, aussi appelée Dune. L’Épice donne longévité et dons de préscience à qui la consomme. L’empereur a décrété que la famille Harkonnen, qui gérait jusqu’alors Dune, devait céder la place à la famille Atréides. Entre intrigues politiques et conflits religieux, le jeune Paul Atréides devra trouver sa place dans ce monde inhospitalier.

Tenpenskoi ?
Alors je t’ai dit que je l’avais écouté, mais, enjaillée par le film, je me suis pris cette magnifique édition (ornée d’un ingénieux ambigramme) parue chez Robert Laffont. Totalement matérialiste. Mais ça vaut quoi ? C’est plus accessible que ce à quoi je m’attendais. On alterne réflexions politiques, philosophiques, religieuses, et scènes plus rythmées. Cela dit, je suis heureuse de l’avoir écouté plutôt que lu, certains passages auraient été assez pénibles. Je salue d’abord la cohérence d’un univers si complexe (dans ses lois, son organisation, sa géographie…) qui pourrait nous paumer, mais qui au contraire nous enveloppe. Cet univers et la batterie de personnages qui y évolue donnent au roman une portée universelle. Le revers de la médaille, c’est que ces personnages justement m’ont paru un brin désincarnés. Avant d’être des êtres de chair, de sang, et d’émotions, ils sont des fonctions (fils de duc, guide spirituel, etc.). On est d’accord, ça ne gâche rien à la lecture, mais tout de même, je me permets de le souligner.

Et puis par moment, c’est perché. Les personnages entrent dans des transes, intéressantes en somme, mais autant c’est passé à l’écoute, autant j’avoue que les digérer à l’écrit aurait été plus compliqué. Enfin, Frank Herbert a poussé l’effort jusqu’à produire des annexes intradiégétiques (écrites par des personnages du roman). J’avoue en avoir passé certaines (sur la religion notamment), mais j’ai été fascinée par l’annexe écrite par le Pr. Kynes sur la biologie et l’écologie de Dune. Je vous la recommande si jamais vous souhaitez vous y attarder. Bref, un roman qui m’a impressionnée par sa portée et sa cohérence, dont j’ai réellement apprécié la lecture.

Pour info :
Trad de l’anglais par Michel Demuth
édition reliée : Robert Laffont, 720 pages, 24.90€
édition brochée : Robert Laffont, 630 pages, 20€
édition poche : Pocket, 928 pages, 11.95€

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La Légende des 4, tome 1 : Le Clan des loups (Cassandra O’Donnell)

Ami du jour, bonjour !

Je te l’ai déjà dit, mais bien souvent, les livres audios me permettent de prendre connaissance des romans que j’ai en rayon, mais que je n’ai pas le temps de lire. Ce fut le cas pour cette quadrilogie, que j’avais sur les étagères de la librairie depuis un bout de temps, dont je me suis débarrassée depuis…

Sarakontkoi ?
Il existe quatre clans de Yokaïs, des humains métamorphes : les loups, les tigres, les aigles et les serpents. La paix entre les clans est fragile, et lorsque des meurtres sont commis, seuls Maya, la future reine du clan des loups, et Bregan, le futur roi du clan des tigres, semblent penser qu’il s’agit d’une machination pour les monter les uns contre les autres. Ennemis de sang, ils n’hésitent pourtant pas à faire équipe pour déjouer ce vil piège…

Tenpenskoi ?
Sincèrement, je ne vais pas passer par 4 chemins, c’était très moyen. Le scénario avait l’air écrit au fur et à mesure par deux gosses qui jouaient, genre « oh oui, tu es mon ami, lui il est méchant, viens, on le tue et on le mange ». Sérieux grattage de tête de mon côté. D’une part le scénario est puéril, d’autre part, le français est très moyen, la moitié des termes employés le sont à mauvais escient… bref, la lecture est pénible.

D’autre part, l’autrice passe son temps à tenter de me raconter des trucs auxquels sincèrement je ne crois pas. Et là, c’est très dommage. Tu pourras me dire autant que tu veux que Bregan est un dur à cuire qui n’est gentil qu’avec Maya, moi tout ce que je vois, c’est une carpette qui fait les yeux doux à une meuf. Dire que c’est une brute, ça ne suffit pas. Dire que son pote, qui fait des blagues débiles, est un psychopathe n’aura aucun effet sur moi si je ne constate pas dans son comportement que c’est le cas. En tant qu’auteur, tu ne peux pas te contenter de me dire les choses, je dois les ressentir, sinon, tu ne m’embarqueras jamais. Et là, clairement, je suis restée sur le quai des lecteurs affligés… Je cherchais un peu de place sur mes étagères, je viens d’en trouver, c’est le bon côté de la chose.

Pour info :
éditions Flammarion jeunesse, 358 pages, 15€

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Un Palais d’épines et de roses (Sarah J. Maas)

Ami du jour, bonjour !

C’est parti pour mon unpopular opinion du jour ; je vais pour parler de ma lecture du fameux ACOTAR (parce que A Court Of Thorns And Roses en VO), et c’est pas que j’ai détesté, mais…

Sarakontkoi ?
Feyre, la benjamine des trois filles d’un marchand fauché, est seule à nourrir sa famille : son père n’est plus que l’ombre de lui-même depuis qu’il a perdu sa fortune, et aucune de ses sœurs, encore trop habituées au luxe de leur ancienne vie, ne peut chasser. C’est lors d’une de ses sorties de chasse que Feyre tue un immense loup, qui se révèle être un Fae. Sa punition : offrir sa vie en échange de celle du Fae, et partir pour Prythian, leur royaume. Tamlin, seigneur de la cour du Printemps, semble pourtant vouloir rendre son quotidien agréable… Quel secret cache le maître des lieux ? Quelle est cette malédiction qui emprisonne son visage et celui de toute sa cour sous un masque ? Et qui est cette femme qui semble le terroriser ?

Tenpenskoi ?
Si tu l’as pas compris, on part sur une base de réécriture de la Belle et la Bête. Moi, j’aime la Belle et la Bête. Alors, ce roman est-il digne de l’engouement qu’il suscite ? Ca dépend. Je n’ai rien lu de foncièrement mauvais. Quelques clichés agaçants, et des facilités scénaristiques, mais rien qui me hérisse le poil au point de ne pas terminer ma lecture.

Les personnages sont des stéréotypes ambulants. Feyre, le personnage féminin « fort », n’est en réalité qu’une gamine superficielle qui ne s’accroche à ses promesse que pour les besoins du roman. Et si par fort, on entend « qui refuse toute aide et se sent outrée chaque fois qu’un homme lui propose un coup de main »… je pense qu’il faut revoir la définition. Porter des pantalons et se la jouer dure à cuire, ça ne suffit pas. D’autant que chaque fois qu’elle est proche d’un homme, elle a les hormones en ébullition ! Tamlin ne fait pas exception : baraqué, ténébreux, taciturne, un brin taiseux sur les bords, il est le parfait anti-héros, maladroit mais charmant. J’ai eu un peu de mal à sentir l’alchimie. Et pourtant, on te décrit une passion dévorante qui naît entre les deux frustrés ! Alors sur les scènes où ça se bécote, j’ai peut-être gloussé une ou deux fois comme une ado, mais ça ne suffit pas.

MINI SPOIL (mais pas vraiment) – La seconde partie du roman était un peu longue. Si tu as lu le conte de la Belle et la Bête, tu sais que Belle revient pour sauver l’homme qu’elle aime (oui, parce qu’il lui en faut du temps pour se l’avouer, rapport au personnage fort qui a tellement peur de se faire arnaquer). Là, Belle… euh, Feyre va devoir affronter d’horribles épreuves imposées par une sadique pimbêche (qui a tout de même ses raisons hein, on n’est pas méchant juste comme ça). Et là, on s’en donne à cœur joie ! OK, Feyre a eu des couilles de se pointer pour se mesurer à plus fort qu’elle, mais aucune de ses victoires ne lui est vraiment due. Tu parles d’une nana forte. Et surtout, elle te fait tout un plat de culpabilité sur un million de détails qui ont collé mes rétines au plafond.

Bref, une lecture divertissante, pas ouvertement problématique, mais longue parfois, truffée de facilités scénaristiques et de stéréotypes, qui a tout de même su faire glousser l’ado en moi. Les scènes de sexe restent peu explicites, mais si les tomes suivants sont plus… disons « libres », il va sérieusement falloir que je prévienne les jeunes qui les achètent. Je ne suis pas certaine de vouloir lire la suite, mais au moins, je sais ce que je vends…

Pour info :
éditions La Martinière Jeunesse (trad de l’anglais par Anne-Judith Descombey), 528 pages, 18.90€