Amis du jour, bonjour !
Vous aussi, vous avez une pile à lire de l’enfer mais, tels des Dory en bocal, vous l’oubliez dès que quelqu’un vous parle d’un bouquin intéressant ? Bah voilà, à écouter des podcasts littéraires (dont, en l’occurrence, le Papot’Cast de Mélo que vous pouvez suivre sur YouTube), on en abandonne les pauvres bouquins qui poireautent sur nos étagères.
Le pitch :
Le monde se recouvre peu à peu d’une étrange brume qui semble avaler et dissoudre tout ce qu’elle touche. Le berger Keb a tout perdu : femme et enfant à naître, parents, frère… Alors que tout espoir semble perdu, Keb rencontre Mara, guerrière d’un peuple ennemi, qui lui révèle qu’elle sait comment arrêter la Brume.
Mon avis
C’est donc du côté du Papot’Cast que j’ai entendu parler de l’œuvre de Stéphane Arnier (alors qu’il était finaliste du prix des Aventuriales, un salon littéraire près de chez moi…). Ni une, ni deux, devant la propagande de l’hôtesse et de l’invitée, je le fais entrer à coups de chausse-pied dans mes lectures du mois… et je découvre une épopée philosophique pleine d’émotions et de danger.
Oui m’sieur dame, rien que ça. Parce qu’au-delà de cette brume destructrice, Stéphane Arnier raconte le regret, le deuil, la colère et le chagrin. Mais il raconte aussi les secondes chances, la graine qui éclot sur les terres dévastées des champs (métaphoriques) brûlés. Il raconte comment deux ennemis peuvent se trouver un but commun.
Alors oui, Keb a un côté geignard un brin redondant, mais le voir comprendre que le monde avance, même si lui reste bloqué dans ses peurs et sa douleur, c’est très chouette. Mara, elle, est en quête de réparation, de rédemption. Elle est en paix avec ses erreurs et tente d’instruire Keb. Sans compter que c’est un personnage très fort, physiquement et mentalement, fait assez rare pour un personnage féminin (on est à un autre niveau que la brindille qui ne se défend qu’en envoyant des fions). Mara est posée, calme, en un mot, charismatique.
Le roman est lent et parfois aussi ardu que les crêtes des montagnes qui surplombent la Brume cotonneuse, mais il sait aussi surprendre, amuser, émouvoir. Bref, laissez-vous tenter si, vous aussi, vous aimez les cheminements, les âmes qui se réparent et ce petit « ah ouais, je l’avais pas vue venir celle-là ». Vous ne serez pas déçus.
Pour info :
Grand format : éditions Mnémos, 342 pages, 2023
Poche : éditions Folio Fantasy, 498 pages, 2025
