Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

La mécanique du cœur (Mathias Malzieu)

Et un petit bijou, un ! Conseillé par Nicolas. Pas un premier choix pour moi à première vue, mais c’est pour ça que parler bouquin a du bon : on a parfois d’agréables surprises…

Jack est né le jour le plus froid du monde, chez une femme un peu sorcière qui répare les choses, enfanté par un femme qui les a abandonnés, lui et son cœur brisé par le froid et une mauvaise chute. Docteur Madeleine répare le petit cœur de Jack avec une horloge, qui le maintient en vie. Et Jack grandit, bercé par l’amour bancal de grands blessés de la vie : deux prostituées abonnées aux avortements et un vieillard à la colonne vertébrale littéralement rouillée qui lui apprend à voir la vie à travers la chanson Oh when the saint ! Jack doit vivre selon trois règles : ne pas toucher les aiguilles de son horloge, ne pas se mettre en colère, mais surtout, ne pas tomber amoureux, sous peine de dérégler la mécanique du cœur.

Une métaphore géante, celle d’un enfant qui dessine l’amour de ses petits doigts innocents. La fraîcheur et la candeur des mots de Malzieu nous enrobent d’un cocon de coton. Chaque mot est à sa place, chaque verbe est pesé. Chaque phrase nous déchire, nous tire, et la mécanique des mots fait résonner et déraisonner dans notre propre cœur les échos de joie et de pleurs passés.

Un roman écrit sur du papier musique dont l’histoire est soufflée par l’instrument de Malzieu. Le livre est accompagné d’une bande originale quelque peu déroutante qui colle aux talons de Jack. Les voyages, les rencontres, tout le pousse, nous pousse, vers cet autre, cet inconnu pourtant évident qui se loge au fond de nous. Aimer c’est avoir mal. Oui, et alors ? De la pure poésie.

Pour info :
J’ai lu, collection J’ai Lu Roman, 155 pages.

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Terrienne, J.-C. Mourlevat

Une incontournable nouveauté de chez Gallimard Jeunesse, la couverture m’a tapé dans l’œil, même si l’histoire, au départ, m’a laissée perplexe. Et puis, en jeune étudiante appliquée, je me devais de me familiariser avec le catalogue de la maison où je suis maintenant en stage pour 4 mois…

Crédit couverture : Patrick Léger pour Gallimard Jeunesse (modèle : Laure)

Sarakontkoi ?
C’est l’histoire d’une jeune femme, Anne, dont la sœur a disparu le jour de son mariage. Anne savait que quelque chose clochait avec le marié. Elle décide de se lancer à sa recherche un an plus tard, lorsqu’elle reçoit un étrange SOS via son poste radio. Le roman commence alors que Anne rencontre Etienne Virgil, un écrivain vieillot sur le déclin qui la prend en stop. M. Virgil est intrigué par cette jeune fille et par son histoire, dont il va bientôt faire partie lui aussi. Avec Anne, il va passer de l’Autre Côté, dans une sorte de monde parallèle, aseptisé, ou personne ne respire, ne rit, où rien n’a de goût, d’odeur, où tout obéit à une logique implacable. Où l’on ne meurt que lorsque l’ennui nous emporte et que l’on décide de « s’asseoir » et de se résigner avant d’être euthanasié et brûlé. Où les Terriens ne sont qu’un mythe…

Tenpenskoi ?
Un thème universel joliment traité. Et le lectorat est loin d’être sélectif : vieux, jeunes, garçons, filles, nous sommes tous concernés. Pas de morale à deux francs six sous sur l’écologie ou l’amour et l’amitié. Mais tout se dépeint en négatif tout au long de cette aventure haletante où le lecteur comprendra seul combien chaque son, chaque goût, chaque odeur et chaque sensation, toute gratuite qu’elle soit, n’en est pas moins inestimable, précieuse.

Avec juste ce qu’il faut d’aventure, de suspens et d’émotion, Mourlevat nous fait passer son message : notre maison n’est pas parfaite, elle est sale, elle pue. Mais c’est chez nous, et c’est cette imperfection qui la rend belle. Les personnages, attachants et parfois décalés, nous racontent une histoire, leur histoire et la nôtre un peu aussi. La fin est ouverte, faites votre choix. À lire !

Pour info :
Gallimard Jeunesse (Hors série fiction), 400 pages.

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Fièvre Fatale, Les Chroniques de MacKayla Lane : tome 4, (Karen Marie Moening)

Hello les gens ! Allez, c’est pas tout de faire l’asociale pour lire des bouquins, faut rentabiliser la chose. Qui plus est, je pense me remettre à vous parler ciné, puisque j’ai eu quelques demandes de ce côté-là (et non, ce n’est même pas ma maman !). Bref, je continue donc sur la série Fièvre, comme vous pouvez le voir. Et pour une fois, Karen nous en donne un peu plus, question infos… mais pas trop quand même, oh !

Montage photo : J’ai Lu, d’après D. Vervitsiotis © Getty

Alors, la question est : que vous révéler sans trop en dire (pour ceux qui n’ont pas lu les trois premiers) ? Au début du tome 4, Mac se retrouve prisonnière de ses addictions sexuelles (pour comprendre pourquoi, vous devez lire le tome 3). Dit comme ça, ça commence très mal. Mais elle finit par ressortir plus fort de cette épreuve et finalement, retourne à son combat contre les faës, aux côtés des siennes (qu’elle a fini par rallier), et en particulier de Danny, qu’elle considère comme sa petite sœur. Mais ce combat, elle le mènera également aux côtés des humains, en la personne de l’inspecteur Jayne. Elle finira par en apprendre plus sur elle, ses origines, sur cette prophétie dont on lui rebat les oreilles, jusqu’à ce que ce qu’elle redoute le plus se produise, et la conduise à sa perte.

MacKayla est de retour, et malgré ce qu’elle peut dire tout au long du récit, elle n’a pas tant changé que ça. Bien entendu, on est loin de la petite américaine moyenne du début, précieuse et j’en passe, mais dans le caractère, la manière de raisonner est la même. Cela dit, les autres personnages évoluent ; certains qui n’avaient été qu’évoqués se retrouvent à combattre dans la Mac team. J’attends le prochain tome pour voir où tout ça va nous mener.

Bref, vous l’aurez compris, un roman riche en rebondissements. À la fin, on finit par les connaître un peu, mais on continue à lire. C’est ce que je vous disais l’autre fois, ce combat entre Karen et nous pour approfondir un minimum notre analyse des personnages. Visiblement, on l’emporte, parce que pour le coup, le personnage de Barrons se dévoile un peu (bien que je ne sois pas certaine que ça nous éclaire vraiment). Dans tous les cas, l’histoire avance, et parfois, la réalité du Dublin qui est décrite ici est inconcevable (pas au mauvais sens du terme, c’est juste énorme). Bref, il faut que ça continue comme ça. Petite précision, on a juste des envies de meurtre sur la personne de l’auteur, pour sa fin… je vous laisse voir ça (et pas de spoiler sur mon blog !).

Petit plus, on a le glossaire, et un livre de recettes (plus ou moins réalisables) spécial Mac. Et puis, d’après ce que Karen écrit dans son adresse au lecteur, c’est le dernier tome. Ouf, je pense que même si ce tome-ci est excellent, tout ça finira par s’essouffler.

Pour info :
J’ai Lu, 595 pages.

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Les Guerres du miroir, tome 2 : Le Spectre de la reine (Frank Beddor)

Et voilà la suite du tome 1, sur lequel j’avais déjà posté un article. J’ai mis un bout de temps à le lire celui-là… Pas un soucis de qualité, non. Peut-être parce qu’au bout d’un moment, on aimerait pouvoir tout lire, et que la lecture d’un bouquin freine celle des autres. Alors le bouquin en question devient limite un fardeau qu’on se force à finir… il faut vraiment que je réorganise tout ça !

Couverture : Vance Kovacs (carte: Doug Chiang)

La jeune reine Alyss de Cœur a réussi à rétablir un semblant de paix au Pays des Merveilles. Elle essaie tant bien que mal de remplir son rôle de souveraine et de panser les plaies laissées par le règne de sa tante Redd. Mais elle s’inquiète pour Dodge, toujours rongé par son désir de vengeance envers le Chat, l’assassin de son père. Des complots se montent contre Alyss et il lui est de plus en plus difficile de savoir à qui faire confiance. Quelqu’un tire les ficelles. Redd peut-elle revenir de son grand saut dans l’inconnu ? Si c’est le cas, Alyss peut-elle se permettre de choisir entre l’homme qu’elle aime et l’avenir de son royaume ?

Bon, réduire le bouquin à la simple histoire entre Alyss et Dodge serait un peu simpliste. Mais en vous dévoilant le reste, j’aurais peur de vous en dire trop. Et que dire alors de ce deuxième opus ? Sensiblement la même chose que pour le premier en fait. Le style est toujours très épuré (la preuve, même les personnages les plus importants meurent en 3 lignes). Est-ce bien, est-ce mal ? Je n’en sais rien à vrai dire. On critique les scènes tragiques à n’en plus finir, mais elles manquent un peu quand elles ne sont pas là. Et toujours cette influence du cinéma avec des passages très visuels, et des pages remplies d’onomatopées, un peu trop à mon goût pour cette fois. Cela dit, l’histoire reste bien ficelée, et va, comme toujours, à l’essentiel.

Une critique par contre : le façonnage du livre est (excusez-moi cette expression) merdique. Et le livre est bourré de fautes, typographiques certes, mais des fautes tout de même. Va falloir se reprendre les gars là !

Et pour clore sur une citation que j’ai bien aimée et que j’appliquerais à cette série, je vole les mots de Denis GUIOT, critique littéraire spécialiste de la SF : « Je préfère […] lire trois romans de trois auteurs, de thématiques et  d’univers différents, que le même roman étiré sur trois tomes sans que cela apporte quoi que ce soit de plus. Les trilogies flattent la paresse du lecteur qui relit ainsi la même chose sans même s’en rendre compte ! » Merci M. GUIOT, c’est exactement ce que je voulais dire. D’ailleurs, les serial lecteurs sont à l’honneur au salon du livre de Paris cette année. Voyons ce qu’on nous dira !

Pour info :
Bayard Jeunesse, 359 pages

 

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L’héritage des Darcer (Marie Caillet)

Bonsoir à tous !

En retard, en retard, je n’ai rendez-vous nulle  part… si ce n’est ici, avec ce bouquin et vous, puisque je vous avais promis ce tête-à-tête. Quelle mauvaise entremetteuse je fais ! Bref, nous y voilà !

Illustration : Patrice Garcia

Mydria Siartt est la fille unique de l’une des plus prestigieuses familles d’Édrilion. Son avenir, elle le sait, est tout tracé : elle épousera un jeune homme influent pour arriver un jour, pourquoi pas, à se rapprocher du trône. Ce qu’elle ignore, c’est que dans ses veines coule le sang d’une ancienne lignée de rois, les Darcer, détrônée il y a 200 ans par les ancêtres de l’actuel « usurpateur ». Elle est loin de se douter que son propre ancêtre lui a légué bien plus qu’une légitimité à la couronne : elle est également la dernière héritière du don d’aile et la seule à pouvoir trouver le fabuleux trésor des Darcer. Elle aura beau fuir cette mission dont elle ne veut pas, on n’échappe pas à son destin, surtout lorsqu’on raconte cette histoire de trésor à des bandits de grand chemin.

Une découverte du salon de la littérature jeunesse de Montreuil. Je salue Maëlle et la félicite de m’avoir épinglée, parce que j’avais un budget serré, et je dois avouer que je n’aurais pas porté mon choix sur L’Héritage des Darcer. Mais après un chantage affectif et esthétique plus que honteux, j’ai fini par céder. Et je ne suis pas déçue ! Pas étonnant que les grands noms comme Anne Roubillard aient choisi Marie Caillet, jeune auteure de 18 ans dont c’est le premier roman, pour faire son entrée dans le merveilleux monde de l’édition fantasy. Marie a su mener son histoire du début jusqu’à la fin, sans y paraître, discrète marionnettiste derrière l’épopée qu’elle a conduite comme un chef. Un périple pendant lequel on aime à marcher aux côtés des protagonistes, une histoire d’amour juste comme il faut et une héroïne qui n’est pas hors du commun, mais que l’on prend comme elle est. Bref, une équipe de bras cassés bien attachante somme toute, et un vrai moment de détente le soir, dans mon dodo.

Il faut juste laisser le temps au bois vert de mûrir un peu, et tout sera parfait. Et ce n’est que le premier tome, Marie m’a dit…

Pour info :
Michel Lafon, 415 pages.

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Fièvre Faë (Les Chroniques de MacKayla Lane : tome 3), Karen Marie Moening

Alors, nous y revoilà ! Encore une série, et pour une fois bien suivie. J’attends de pouvoir dévorer le tome 4, que je n’aurai entre les mains qu’en rentrant à la maison pour les fêtes. En attendant, voilà ce que je pense du tome 3…

MacKayla Lane est de retour. Après avoir été blessée à mort et avoir traversé les pires épreuves pour rester en vie, elle poursuit son objectif : venger la mort de sa sœur, Alina, et pour ce faire, tuer de ses mains le Haut Seigneur, mi-faë, mi-humain. Maintenant, voilà qu’un mystérieux inconnu lui transmet des pages du journal d’Alina, parlant d’une prophétie et d’un Cercle puissant. MacKayla apprendra l’existence de rituels destinés à renforcer les murs entre son monde et celui des faës, mais aussi la raison pour laquelle ils menacent de s’effondrer. Barrons reste toujours aussi mystérieux, tandis que le prince faë V’lane lui fait des cadeaux dont elle ne sait pas trop si elle doit se méfier. Bref, une grande confusion fait rage en elle. Qui la trompe ? Qui doit-elle croire ? Sur qui se reposer ? Nouveaux alliés, nouveaux ennemis. Mais tout cela change-t-il vraiment quelque chose au destin qui l’attend ?

Que dire ? Karen Marie Moening mène toujours aussi bien son histoire. Ce qui est magique, c’est que malgré les situations quelque peu répétitives, on n’arrive pas à se lasser. Parce que Karen a le don de se répéter tout en lâchant à chaque fois une bribe d’information pour tenir le lecteur. Le combat se mène au cœur du livre, mais aussi entre nous et l’auteur, qui n’a de cesse de nous tenir en haleine. Je me suis surprise à être en colère parce que j’en savais trop pour avoir envie de partir, mais pas assez pour étancher ma soif.

Les personnages sont toujours aussi attachants. Cependant, on apprend ici à ne pas se fier à ce qu’on pensait être des valeurs sures. Toutes les certitudes, les habitudes établies dans les tomes 1 et 2, ce tome ne laissera rien intact. Et  une fin à couper le sifflet. À lire.
Au fait, si comme moi vous vous disputez avec votre frangine/amie/mère ou que sais-je sur la prononciation des noms, vous avez un glossaire à la fin.

Pour info :
J’ai Lu, 446 pages.

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Les guerres du miroir, tome 1 : Alice en exil (Frank Beddor)

Allez, on est repartis pour un tour. On en bouffe du livre jeunesse en ce moment ! Et ce n’est pas fini, je compte bien, dès que j’ai posté cet article, vous proposer de découvrir un album… Mais ne nous éloignons pas du sujet !

Alyss sait que plus tard, elle deviendra reine du Pays des Merveilles, comme sa mère. Mais pour l’heure, elle fête ses six ans. Le royaume est en fête, et elle attend son père, qui doit revenir d’une campagne. Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’il reviendra pas. Elle ne sait pas non plus qu’à la fin de la journée, elle se retrouvera projetée loin de son royaume, de ce qu’elle connaît… pour atterrir à Londres, en plein XIXe siècle. Là, élevée comme une jeune fille convenable chez le doyen de l’université et sa famille, elle est contrainte d’oublier d’où elle vient. Jusqu’au jour où un étrange jeune homme, surgi de ses souvenirs, vient la supplier de venir reconquérir son royaume…

J’aimerais dire que c’est une superbe réécriture… cela dit, suis-je bien placée pour ça ? N’ayant pas encore lu l’original, je répondrais par la négative. Mais cela me permet également d’être plus objective sur le bouquin en lui même. Et qu’en dire ? Eh bien en premier lieu, il faut savoir que Frank Beddor est issu du milieu du cinéma. D’abord acteur puis cascadeur, il finit dans « l’équipe de l’ombre » en produisant notamment Marie à tout prix. Tout ça pour dire que l’influence cinématographique de Frank se ressent. Toujours à l’essentiel, toujours en pleine action. Sans pour autant dire que c’est un roman d’action à proprement parler, il ne se perd pas dans de longues considérations sur telle ou telle condition, dans l’infinissable description des paysages marvilliens… On est dans le présent constant. Un plaisir pour le jeune public qui ne lâche pas l’intrigue une seconde.

La réadaptation de l’histoire d’Alice est également très intéressante. Beddor reprend le mythe des origines de la jeune Alice Lidell, qui aurait vraiment existé, et dont l’imagination aurait bel et bien inspiré ce cher Lewis (on suppose bien entendu qu’elle ne venait pas vraiment du Pays des Merveilles, comme Alyss). Bref, un petit régal très récréatif. J’ai hâte de pouvoir comparer avec l’original, mais en attendant, je cours acheter le deuxième tome !

Pour info :
Bayard Jeunesse, 352 pages.

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Ne jamais tomber amoureuse (Melissa Marr)

Avouez quand même que c’est intrigant pour les amateurs du genre. Bien que la couverture française ne donne pas franchement envie de se pencher dessus (perso, je l’ai lu en anglais et la couverture a plus de chien), il n’en est pas moins que le bouquin a titillé ma curiosité.

Aislinn fréquente un lycée religieux. Lorsqu’elle en sort, c’est pour courir directement chez Seth, son ami le plus proche. Ou pour rentrer sans détour chez elle. Autant dire que sa vie n’est pas folichonne. Mais Aislinn a un secret. Elle peut voir les fées. Pas ces jolies créatures ailées qui virevoltent en tintinnabulant et en balançant de la poussière d’étoile ! Des êtres « magiques », plus ou moins humains, qui pour se dissimuler aux hommes s’entourent d’un voile d’illusion qui les rend normaux aux yeux de tous. Mais une guerre se joue. Keenan, prétendant au trône du royaume d’Été, est tenu à distance par sa belle-mère, souveraine de la cour d’Hiver. Et il semble s’intéresser de très près à Aislinn…

Un joli conte. On y retrouve tous les ingrédients, des amours contrariées au combat contre le mal en passant par les révélations concernant le passé. La fin est surprenante ; je n’en dirai pas plus. L’histoire de la jeune fille dotée du pouvoir de vision, moi je trouve que ça ressemble beaucoup à Fièvre Noire, dont j’ai déjà parlé ici. J’ai tendance à trouver le tout un peu banal. Bien que les personnage aient une personnalité marquée, on ne peut pas dire qu’il se passe grand chose, et quand c’est le cas, je trouve que les situations ne sont pas exploitées à fond. Mais c’est mon avis. Cela dit, l’auteure a très bien documenté son ouvrage et cite d’ailleurs ses sources à chaque début de chapitre. Elle explique dans une interview sa passion pour le monde des fées, des elfes, des fantômes. C’est cette passion qui lui a inspiré ses ouvrages.

Bref, bien sympathique, mais le genre commence à s’épuiser…

Pour info :
Version française : Albin Michel, collection Wiz, 377 pages
Version originale : HarperTeen, 328 pages.

 

 

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Tobie Lolness (Timothée de Fombelle)

On replonge dans la littérature de jeunesse avec cette épopée pleine de fraîcheur et de réalisme. C’est une lecture accidentelle, comme on dit, l’une de celles que l’on avait absolument pas préméditée. En fait, l’auteur était au salon du livre de Paris en mars 2010 (vous voyez, ça date), et le titre avait été évoqué par ma grande amie spécialiste de la littérature de jeunesse : Charlotte. Pour la modique somme de 25€, si je ne m’abuse, j’ai pu avoir l’intégral plus une dédicace !

Tobie est un enfant de quelques millimètres de haut. Il vit dans un arbre. Son arbre. Mais Tobie, détenteur d’un secret qui fait de lui l’ennemi n°1, doit fuir, loin de ses parents, de sa vie. L’horrible Joe Mitch, le Grand Voisin, le poursuit et a mis sa tête à prix. Non content d’avoir dévasté l’arbre en le creusant pour trouver les richesses que cache son écorce et avoir parqué les ouvriers dans des « ghettos », il souhaite maintenant connaître le secret de la formule qui donne vie aux objets, celle qu’a développée le père de Tobie. Persuadés que c’est lui qui l’a en sa possession, Joe Mitch et ses hommes n’auront de cesse de le traquer…

Les aventures de Tobie sont un chemin initiatique. L’enfant aime son arbre, sa maison qui perd vie peu à peu. Il ne comprend pas. Mais il grandit et finit par voir clair dans cette guerre que mènent les hommes pour le pouvoir. La bêtise humaine — puisque derrière l’histoire de Tobie, c’est de notre propre histoire dont il s’agit — cette bêtise humaine donc, observée par un enfant, n’en est que plus évidente. C’est un plaisir de parcourir ces pages comme Tobie parcourt les branches de son arbre, partagé entre le souvenir, la réflexion, le tout mêlé de ce brin de danger qui relève le goût de l’aventure. Mais toutes les questions traitées ne sont pas aussi graves et Tobie apprend également à aimer, et à profiter des bonheurs simples.

Je pose un bémol cependant : attention au livre dans sa version intégrale. Il est très épais et pourrait décourager nos jeunes lecteurs. De plus, l’histoire présente certaines longueurs que l’on ressent plus lorsqu’on lit les deux parties en une seule fois. Un conseil : même si l’intégral est très beau, mieux vaut acheter le livre en deux tomes : La Vie suspendue et Les Yeux d’Elisha. Et surtout, même si vous avez, selon vous, passé l’âge de lire des livres pour enfants, ne vous privez pas de cette lecture-ci. C’est une très belle réflexion sur nos sociétés actuelles, celle que se font peut-être nos enfants…

Pour info :
Version intégrale : Gallimard-Jeunesse, 660 pages
Tome 1 : Gallimard-Jeunesse, 311 pages
Tome 2 : Gallimard-Jeunesse, 343 pages

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Fièvre Rouge, Les Chroniques de MacKayla Lane : Chapitre 2 (Karen Marie Moning)

Vous l’aurez compris, il s’agit de la suite de Fièvre Noire (que vous découvrirez ici). Emportée dans un élan enthousiaste (si je puis dire), je me suis jetée sur le deuxième tome. Avec un peu de retard, voici ce que j’en dis…

Et c’est reparti pour un tome. Après avoir échappé de justesse à la mort (je vous laisse lire le tome 1), Mac,  jeune sidhe-seer (personne capable de voir les faës, des monstres qui vivent dissimulés parmi nous), se rend compte qu’elle n’a découvert que la partie émergée de l’iceberg. Elle n’est en fait que l’une des nombreuses pièces d’un grand puzzle qui existait bien avant elle, et continuera d’exister après sa disparition. La menace faë est plus présente que jamais et les bases solides qu’elle pensait s’être forgées s’effondrent. Qui est ce spectre qui la hante ? V’Lane, le séduisant faë, est-il un ami ou un ennemi ? Et quels secret cache Barrons, son patron et mentor ? Parmi ses monstrueux ennemis, elle aura affaires à plus fort qu’elle… à tel point qu’il lui faudra abandonner une partie d’elle-même.

La bataille continue. MacKayla découvre peu à peu l’étendue de ses pouvoirs, en même temps qu’elle prend connaissance d’une organisation ultra-secrète composée d’autres sidhe-seers. Elle n’est plus seule à mener son combat ; de ce fait, sa vie n’a plus la même importance. Mais, en tant que null, il lui reste sa botte secrète : elle détecte les objets de pouvoir et détient toujours l’un des deux seuls capables de détruire les faës. Elle commence à entrevoir l’importance de la lutte qui se joue dans les rues de Dublin…

Encore une fois, on ne peut s’empêcher de se laisser emporter par le texte, qui reste très cohérent. La focalisation interne (mot très savant qui signifie en fait que le lecteur vit l’histoire du point de vue de Mac) est utilisée de manière très intelligente et nous, pauvres lecteurs, ne pouvons que rassembler les maigres indices qui sont semés sur sa route. On est alors embarqué dans le récit sans pouvoir s’en détacher… Moi je dis : à lire !

Pour info :
J’ai Lu (Flammarion), 440 pages.