Publié dans Bouquinade, Roman

La route (Cormac McCarthy)

Jamais 3 sans 4 (ou quelque chose comme ça). Bon sang, on ne l’arrête plus, cette fille est formidable ! Arrêtez, c’est trop ! Allez, du moins joyeux, histoire de faire preuve d’éclectisme. Un conseil de mon amie Maëlle, que ce livre a bouleversée. Et je vous transmets son conseil, qui était plutôt judicieux : ne lisez ce livre que si tout va bien dans votre vie, que si vous ne vous sentez pas seuls, si vous êtes heureux. Sinon, laissez tomber et repoussez votre lecture.

la_route

Sarakontkoi ?
Sur une route déserte, qui ne va nulle part, un homme et son fils poussent un chariot. Le soleil ne brille plus sur la Terre, les prairies sont grises, les couleurs n’existent plus. Les quelques hommes qu’il reste sont partagés en deux groupes : ceux qui survivent en grappillant les derniers stocks de vivres qu’ils peuvent trouver, et les autres, ceux qui mangent les premiers. L’homme et son fils vont vers la mer, en essayant de ne pas être vus. Mais l’homme est malade, et l’enfant affaibli. Il fait froid, et ils marchent.

Un long chemin, froid, gris, sans espoir, sans mémoire. On ne sait pas ce qu’il s’est passé, mais plus rien ne vit. Tout semble fini, la barbarie a pris le dessus, les vols, les meurtres. Plus de lois, plus de morale, juste la survie. Et le vide.

Tenpenskoi ?
Ceux qui ont vu le film sans lire le livre n’ont rien vu. Ils sont loin les explosions, les cris, les courses poursuites, et les coups de fusil. Ils sont loin les dialogues. C’est une lente procession silencieuse et anonyme vers le néant, ponctuée de coups de peur, de colère, de « ouf », de découragement. Prix Pulitzer 2007, je ne saurai dire que je n’ai pas aimé, mais je n’arrive pas à être dithyrambique. Ce livre m’a fait mal, mais il m’a montré mes couleurs, mes odeurs, de manière plus efficace qu’un saut chez Sephora. Lisez-le, mais souvenez-vous du conseil de Maëlle.

Pour info : éditions POINTS,  251 pages, 6,80 EUR

Publié dans Bouquinade, Roman

De cape & de mots (Flore Vesco)

Et de trois ! Et celui-ci change de mon billet précédent, parce que c’est un délice ! Ce petit bijou, je l’ai découvert sur la page Facebook des Librairies Sorcières qui en avait publié les premières pages. J’avais tellement apprécié que j’ai immédiatement appelé le Bateau Livre pour réserver mon exemplaire qui ne sortirait que 3 semaines après ! Et je n’ai rien regretté.

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Sarakontkoi ?
Séraphine Marie-Geneviève Alexandrina de Notre-Dame Chancies du Jousselinier Senestre lez Castiche de l’Aubervière sié l’Ostel de la Colline, dite Serine, est l’aînée d’une famille noble mais pauvre. À la mort de son père, qui a à peine eu le temps de lui apprendre à lire, sa mère décide de la marier. Alors elle part à la Cour, dans l’espoir de devenir Première Demoiselle de la reine. Et si elle ne sait pas lire, Serine n’a pas la langue dans sa poche et son imagination débordante lui donne la place qu’elle attendait tant. Toujours là où il ne le faut pas, dans des situations pleines de quiproquos, elle parviendra peut-être même à sauver la couronne…

Voilà une jeune héroïne qui ne manque pas de cran. Si les mots sont pour elle des hiéroglyphes quasi indéchiffrables, elle adore en inventer de nouveaux… et faire tourner la Cour en bourrique. Entre deux complots déjoués, elle joue les courants d’air dans les couloirs du palais, jusque dans les cachots.

Tenpenskoi ?
Un vent de fraîcheur souffle sur la littérature jeunesse. Les capes claquent, les rapières s’agitent, les poisons s’embouteillent et les froufrous murmurent. Et ça fait du bien ! Une pincée de malice, un œil qui pétille. À mettre dans les mains de tous les jeunes et moins jeunes. Mention spéciale à l’illustratrice de la couverture, Charlotte Gastaut, dont je vous recommande les albums. Du grand art !

Pour info : éditions Didier Jeunesse, 192 pages, 14,20 EUR

Publié dans Bouquinade, Roman

La Dame blanche (Pascal Descos)

Allez, un second pour la route, et si j’en ai le temps et la patience entre deux cartons et les courses que je n’ai pas envie de faire, je pourrai peut-être même embrayer sur un troisième ! Je ne pensais pas un jour écrire un article sur ce livre-ci. Voilà qui est fait, non sans un grand chagrin…

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Sarakontkoi ?
Clermont-Ferrand, Auvergne. La femme de Waldeck, quarantenaire et père de famille, lui avoue qu’elle l’a trompé. Pas avec n’importe qui. Avec un collègue de son mari qui le jour même lui vantait les mérites de l’adultère en draguant une serveuse au resto. Fou de rage, Waldeck insulte sa femme, prend ses clefs de voiture et part. Lors de ses pérégrinations dans la capitale auvergnate, il rencontre un divorcé désabusé dans un bar, une jeune fille esseulée qui attend le grand amour, deux clochards et un prêtre. Des rencontres qui vont se révéler riches et révélatrices, jusqu’au dénouement de cette nuit peu ordinaire…

Tenpenskoi ?
Je vais être honnête, je suis désolée d’avoir à écrire cet article. D’abord parce qu’il s’agit d’un auteur de ma région qui s’est reconverti, pour réaliser son rêve : écrire. Ensuite parce que son bouquin, il me l’a dédicacé avec le bonheur qu’on a à présenter son nouveau-né au monde entier. Mais je n’ai pas aimé le machisme lattant, les considérations étroites sur les femmes et le couple, les préjugés et lieux communs. On pourrait alors se dire que le pari est réussi et le personnage bien écrit.

Pour moi, il n’en est rien. Le style, loin de m’accrocher à cette histoire rocambolesque d’honneur trahi, a plutôt mis à mal ma progression. Je l’ai trouvé lourd, plein de jolis mots mal utilisés, et de périphrases inutiles. Le style de celui qui aime se regarder écrire. L’utilisation de la ponctuation est désastreuse ; le texte est envahi de virgules mal placées. En gros, je n’ai aimé ni le livre, ni le style, et ça me coûte de le dire, parce que ce bouquin a attendu  5 ans que je lui accorde mon temps. C’est dommage.

Pour info : Editions RevoiR, 236 pages, 18 EUR

Publié dans Bouquinade, Roman

Demain j’arrête ! (Gilles Legardinier)

Amis délaissés, bonjour !

Il est dit qu’il y a des choses qui ne s’oublient pas. Le vélo par exemple. Ou écrire. Le problème n’est pas d’oublier, c’est la terreur de reprendre le clavier et de se rendre compte qu’on n’écrit plus que des fadaises. Il y a un an que je n’ai pas posté ici. Pas que je n’ai pas lu, mais d’un coup, j’ai eu un million de choses à faire. Et je me suis mariée, et nous avons acheté une maison. Et bim, un an passe, et j’hésite en regardant la pile de bouquins que j’ai lus pendant l’année… allez, je me lance.

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Sarakontkoi ?
Julie a un nouveau voisin. Mystérieux, et, ce qui le rend très intéressant, mignon. Et puis, ce nom… ! Ric Patatras ! Et contrairement à ce nom farfelu, elle se rend compte que sa vie est d’une platitude époustouflante. Elle décide alors de tout recommencer à zéro : fini le bureau, nouveau job à la boulangerie du coin, séances de running histoire de trouver un intérêt commun avec le beau Ric, sabotage industriel d’ordinateur histoire d’avoir une excuse pour l’inviter… De fil en aiguille, ils deviennent amis, et plus que ça. Mais Ric a visiblement des activités secrètes, et ça, Julie en est persuadée.

Tenpenskoi ?
Je tire mon chapeau à l’homme qui a su décrire la douce folie des femmes sans les faire paraître grotesques, voire clownesques. Des êtres complexes qui se compliquent la vie, d’humeur changeante, trop curieuses, mais drôlement ingénieuses. Et une histoire banale de fille banale devient le roman d’une aventure de la vraie vie.

Un mélange de désopilant, de frais, de simplicité, et d’extraordinaire. Je ne me souviens pas avoir pris autant de fous rires dans un seul bouquin ! Alors si tout est gris dans votre vie, que Proust, Rilke ou Kafka vont ont démoralisés, alors prenez une petite semaine pour donner sa chance à ce bouquin !

Pour info : Editions Pocket, 408 pages, 7,80 EUR

Publié dans Bouquinade, Utopie / Dystopie

La déclaration (Gemma Malley)

Mais, c’est pas possible, on ne m’arrête plus ! (En même temps, ça ne fait que 2 post en 4 mois, je ferais mieux de tenir ma langue)

Je reviens avec un roman proposé depuis longtemps par mon amie libraire, Charlotte, que je remercie de ses conseils. Une lecture vraiment sympa.

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Sarakontkoi ?
Dans un futur pas si lointain où l’homme a trouvé un remède contre la mort, faire un enfant est interdit, sauf si l’un des deux parents accepte de lui laisser sa place, autrement dit de mourir. Anna est un Surplus, une enfant dont aucun des deux parents n’a voulu se plier à cette règle. Elle finit donc, comme tous les Surplus, dans un centre d’accueil aux mœurs peu recommandables, afin d’y apprendre à servir les Légaux pour laver la souillure de sa condition. Anna est un surplus exemplaire, jusqu’à l’arrivée de Peter, qui ne cesse de l’appeler Anna Covey et de lui dire qu’il connaît ses parents et qu’il vient la chercher. Anna ne sait plus quoi faire : rester à Grange Hall et tenter de devenir au moins un Bon Element ? Ou bien fuir avec Peter vers cette famille qui semble lui tendre les bras ?

Une réflexion très intéressante sur l’Homme qui se fait juge et se donne le droit de décider qui a le droit de vivre, alors qu’il a trouvé un moyen de ne pas mourir. La perte de la jeunesse, des idées nouvelles, mais la peur de mourir, de vieillir. La vie éternelle et l’ennui. Voilà qui pose bien des questions.

Tenpenskoi ?
Le texte est bien construit, rythmé, la lecture agréable. On enchaîne des passages du journal qu’Anna ne devrait pas tenir — dans lequel un combat entre elle et elle s’engage — et la narration sur différents points de vue. Derrière cette histoire de deux jeunes gens qui s’apprivoisent et se découvrent, le lecteur ne pourra que réfléchir à ces sociétés soi-disant utopiques où la mort ne fait plus partie de la vie, et où la vie elle-même ne sert plus à rien qu’à elle-même. Il s’agit d’un premier tome, mais j’avoue préférer m’arrêter là : pour moi, la réflexion principale se trouve ici, le reste ne sera probablement que péripéties. N’hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé des autres, si vous les avez lus !

Pour info :
Editions naïve, collection naïveland, 365 pages, 16€

Publié dans Albums, Bouquinade

Marie-Antoinette, Journal d’une reine (Benjamin Lacombe)

Amis lecteurs, petits et grands, cueilleurs de cerises prématurés et pic-niqueurs du mercredi, bonjour !

Je ne m’étendrai point sur mes absences prolongées (prétérition, bien entendu), et ne vous expliquerai pas non plus à quel point les préparatifs d’un mariage peuvent être prenants.

Aujourd’hui, je viens vous parler d’un album que m’a offert mon futur époux, en voyant que j’avais craqué sur le graphisme (comment ne pas craquer sur le travail de Benjamin Lacombe ?). Oui mais, y’a un mais…

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Sarakontkoi ?
Marie-Antoinette d’Autriche est promise à un grand destin : épouser le futur roi de France. Elle devra pour ce faire abandonner tout ce qu’elle connait, jusqu’à son fidèle compagnon à quatre pattes, pour se donner toute entière à la France. Partagée entre cette mère froide qu’elle veut rendre fière, son affection pour son époux et sa passion pour le compte de Fersen, ses espoirs de devenir mère, le jugement que sa propre famille, et les courtisans portent sur sa vie, Marie-Antoinette perd pieds. Jusqu’à l’issue fatale.

Ma foi, ce texte sous forme de journal (fictif, bien entendu) nous rend cette reine diabolisée bien humaine, et l’on comprend sa solitude et son isolement ; quoi que très entourée, elle n’en est pas moins seule contre tous, à devoir justifier chaque mot, chaque geste, chaque regard, jusque par delà les frontières d’où lui viennent des lettres courroucées de sa mère et de son frère. Une spirale qui la conduira où l’on sait.

Tenpenskoi ?
Les illustrations sont magnifiques, pleines d’amertume et de cynisme. La couverture en elle-même est un petit bijou : fer à dorer, gaufrage, dos toilé. En soi, un bel objet. Les textes sont très bien renseignés puisque Lacombe s’est accompagné d’une spécialiste, Cécile Berly. Cela dit, je me permets de jeter un caillou dans cette mare de perfection, notamment devant l’aspect décousu du texte. Certes, les moments d’absence de la reine peuvent s’expliquer, mais je ne comprends pas toujours l’articulation entre les lettres (écrites dans un style très — trop ? — fastidieux) et les extraits de journal. J’apprécie tout de même la chronologie présente à la fin.

En bref, ne retenons de cet album que l’humanisation de celle que l’on pensait être un monstre d’égoïsme et le plaisir que l’on a à en parcourir les pages. Mais le plaisir de lecture n’y était pas.

Pour info :
Editions Soleil, collection Métamorphose, 96 pages, 24,95€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Mathieu Hidalf, tome 5 : La dernière épreuve de Mathieu Hidalf (Christophe Mauri)

Lecteurs du jour, bonjour,

Pour commencer, je vous souhaite à tous une excellente année 2015. Qu’elle vous apporte bonheur et satisfaction, réponde à vos questions et vous en pose de nouvelles. Pour commencer, une lecture que j’ai mise de côté bien trop longtemps malgré la fébrilité avec laquelle je l’attendais. La fin d’une aventure. Je veux bien entendu parler des adieux de Mathieu Hidalf.

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Sarakontkoi ?
L’attaque finale des frères Estaffes n’est plus très loin. L’Elite est à la recherche de l’enfant Helios qui se cache parmi les élèves, et du traître qui sert les Estaffes. En ultime recours, l’école est protégée par la magie du labyrinthe des Bannis. Mais la vie et les épreuves continuent. Mathieu se voit attribuer une épreuve dangereuse : retrouver les Ailes de feu. Derrière cette épreuve, visiblement attribuée par erreur, se cache probablement le destin de l’école, de l’Élite et du royaume…

Tenpenskoi ?
Un dernier tome époustouflant, qui ne nous laisse aucun répit, de la première à la dernière page. Les secrets, l’Histoire et les histoires se lient et se délient en une valse effrénée qui nous conduira inéluctablement vers une issue fatale. La question que l’on se pose pendant tout le livre est : qui va plonger ?

La magie de Christophe est d’agiter au bord du gouffre chacun des personnages, et malgré l’attachement que l’on a pour eux, aucun n’est épargné par nos soupçons. Il va jusqu’à en sacrifier certains. Mathieu prend une dimension et une profondeur que l’on ne faisait que deviner dans les tomes 3 et 4. J’avoue avoir versé des larmes plus d’une fois. C’est un coup de maître. Mathieu tire sa révérence et moi mon chapeau à Christophe Mauri.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Grand format littérature / Romans Junior, 544 pages, 16,90€

Publié dans Bouquinade, Essai

Comme un roman (Daniel Pennac)

Amis lecteurs, bonjour.

Aujourd’hui, pas de nouveauté, mais du déjà lu, un hommage. Nous avons perdu hier une amie très chère. Elle est partie en silence, elle n’a rien dit. Elle est partie comme elle a vécu, discrète mais présente, une main tendue que l’on ne voit pas, mais qui est là. Pour moi, elle a ouvert les bras de madame Bovary. Simplement en m’offrant un livre. Un simple livre. Simple, comme un roman.

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Sarakontkoi ?
Pas un jour ne passe sans que cette phrase ne soit prononcée : « il faut lire ». La nécessité d’aimer la lecture, celle qui fait honte aux non-lecteurs. Mais attention, pas lire n’importe quoi ! Lire des romans, des essais, de la poésie. De la grande littérature, celle qui a fait ses preuves. De cette nécessité inexpliquée naît le dégoût. De ce devoir naît la peur, le renfermement. L’amour du livre s’apprend, c’est un chemin qu’il faut parfois parcourir accompagné.

J’ai travaillé en bibliothèque. J’ai vu des jeunes, et des moins jeunes, emprunter des BD (si tu me lis, Olivier, c’est aussi à toi que je pense). En les entendant me dire « je n’aime pas lire, je ne lis que des BD », mon poil se hérisse. « Une BD n’est donc pas un livre », rétorque-je. « Euh… » Si, une BD est un livre, un essai est un livre, un livre sur les chevaux est livre. Il n’est pas de petite lecture comme il n’est pas de mauvais lecteur.

Tenpenskoi ?
Lorsque j’ai eu terminé Comme un roman, qui avait tant vanté les beautés de Madame Bovary, j’ai décidé de m’attaquer à Flaubert. Cathy m’avait intelligemment conseillé de les lire dans cet ordre et avait pris soin de m’offrir Madame Bovary en même temps que Comme un roman. J’aurais été réfractaire, moi qui haïssais les classiques. M. Pennac et Cathy m’en ont ouvert les portes, comme le professeur de mathématiques de ma maman fut le premier à lui tendre un livre. Professeurs de français à la langue si bien pendue, vous qui vous pâmez de vos grandes lectures, vous n’êtes rien si vous fermez les portes du temple. Faut-il que d’autres fassent le travail à votre place ? Merci, M. Pennac. Merci, Cathy, et au revoir.

Pour info :
editions Gallimard, collection Blanche, 173 pages, 18.80 EUR
editions Gallimard, collection Folio, 197 pages 6.20 EUR.

« Pour l’amour de la lecture, et que cela reste un plaisir. Cathy »

Publié dans Albums, Bouquinade

La Princesse qui n’avait pas de royaume (Ursula Jones/Sarah Gibb)

Amis lecteurs, bonsoir !

Je vous parlais ce matin de la somme astronomique que nous avons dépensée, Chéri et moi, au salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil. Eh bien, il est temps de vous parler un peu de nos trouvailles. Et pour commencer, une illustratrice découverte grâce à un album de Raiponce chez Gallimard Jeunesse, redécouverte grâce aux conseils de mon amie Charlotte, libraire. J’ai nommé : Sarah Gibb.

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Sarakontkoi ?
Il était une fois (puisqu’il s’agit d’un conte), une princesse qui n’avait pas royaume. Pour vivre, elle livrait des paquets bizarres qui ne pouvaient être livrés par la Poste. Elle parcourait les villes et les villages avec sa charrette et sa jument Coquette. Les duchesses n’en voulaient pas pour leurs fils, les rois se la disputaient et les princesses, engoncées dans leurs lourds jupons, enviaient sa légèreté. Mais la princesse n’aspirait qu’à trouver son royaume. Et un royaume peut prendre bien des formes, et nulle part peut devenir partout…

Tenpenskoi?
Un conte moderne et plein de barbe-à-papa, porté par des illustrations délicieuses. La délicatesse du détail, la finesse des ombres chinoises parsemées de touches multicolores. L’auteure et l’illustratrice ne se refusent rien. Une poignée de Dragibus colorés, une brise chaude et légère au parfum de lilas qui s’engouffre à travers la fenêtre au printemps…

Pour info :
éditions Gautier-Languereau, collection Les petits Gautier, 5,25 EUR en version souple.
éditions Gautier-Languereau, collection Les beaux albums,14,95 EUR en version reliée.

Publié dans Bouquinade, Recueil

Ça m’agace (Jean-Louis Fournier)

Lecteurs du jours, bonjour !

Rien de tel pour raviver la flamme d’une librivore comme moi qu’un bon salon du livre. Merci Montreuil, merci les auteurs, merci cette entêtante odeur de papier glacé, mat, de colle et d’encre, de blister déchiré… Ah, ça fait du bien de rentrer à la maison… les sacs pleins et le porte-monnaie vide (et doublement vide, parce que Chéri est venu avec moi et s’en est donné à cœur joie). Paradoxalement, ce n’est pas par un livre jeunesse que je vais commencer, mais par une bonne dose de cynisme, merci à Florent, ancien conseiller, qui ne savait plus quoi faire de ce livre et me l’a donné.

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Sarakontkoi ?
Visiblement, M. Fournier est un râleur. La dédicace qu’il fait à sa belle-maman d’Arras, au début du livre, je l’entends régulièrement : « Jean-Louis, tu n’es jamais content, tu te plains toujours. » Sauf que moi, c’est Tery. Et M. Fournier, il n’aime pas les gobelets en plastique, les voisins qui passent le karcher le dimanche, les gens qui se jettent sous son train ; il ne voit pas l’utilité de souffler les feuilles mortes dans la rue, les bacs de poubelle à roulettes qui font tant de bruit, ni le moustique dans sa chambre la nuit…

Tenpenskoi?
Pas de pitch pour ce bouquin-là puisqu’il s’agit d’un recueil. Pas d’un recueil de poésie ou de nouvelles, pas non plus un recueil de contes. Quoi que la poésie ne soit pas absente des textes que nous propose M. Fournier. Il s’agit d’un recueil de doléances. M. Fournier, c’est un soupçon de Desproges poète, bourré d’ironie, voire parfois de sarcasme, dont la plume acérée lacère les mauvaises habitudes, mais jamais les gens eux-mêmes. Parce que râler, ce n’est pas tout voir du mauvais côté, c’est aussi voir le meilleur côté derrière la médiocrité facile. Se lit très vite, une mousse de fruit légère, un peu acidulée, après un lourd repas. Romain, ça devrait te plaire.

Pour info :
Éditions Anne Carrière, 192 pages, 15 EUR chez votre libraire.