Publié dans Albums, Bouquinade

Les Collectionneurs (Adrien Parlange / Guillaume Chaudrat)

Amis du jour, bonjour !

Comme ce jeudi a pour moi un parfum de week-end, je prends quelques délicieuses secondes, fenêtre ouverte, et je laisse entrer parfums et rayons printaniers. Et pour assaisonner la légèreté ambiante, un album tout doux, écrit et illustré d’une main de maître.

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Sarakontkoi ?
Notre collectionneur collectionne toutes les flèches qui pointent vers la droite. Il a des flèches de toutes sortes. Du panneau de signalisation à la coupure de journal, il n’en a jamais assez. Son voisin, lui, collectionne toutes les flèches qui pointent vers la gauche. Ils ne s’apprécient guère. Mais une flèche un peu particulière risque de les faire changer d’avis.

Tenpenskoi ?
Quelle merveilleuse histoire de perspective ! Je dois avouer que lorsque nous l’avons vu avec Chéri sur le salon de Montreuil en 2016, je suis tombée sous le charme. Le dessin à la plume, délicat et précis, les dorures délicates, l’écriture manuelle un peu décalée… Le texte, simple, farceur et facétieux nous propose de changer de perspective et de voir les choses sous un autre angle ; l’histoire pousse le jeune lecteur à manipuler le livre. Le tout vous laisse sur la langue comme un délicieux goût de pastèque en plein été.

Petits et grands vont adorer !

« Ils prirent l’habitude de se retrouver chaque dimanche à 15h15 précises (horaire fixé par le collectionneur). Commençait alors l’inventaire détaillé de toutes les familles de flèches qu’ils affectionnaient : les autoritaires, les spontanées, les discrètes, les indécises… »

Pour info :
Albin Michel Jeunesse, collection Trapèze, 32 pages, 14,90€

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Publié dans La pensée qui panse, Madame Je-Sais-Tout

La pensée qui panse #15

Amis du jour, bonjour !

Honte à moi, hier j’étais trop épuisée pour poster quoi que ce soit ! Je pense bien que votre cosmos s’en est trouvé anéanti. Mes yeux sont restés rivés sur l’écran de mon ordinateur de bureau toute la journée, si bien qu’à la fin, ils étaient tellement secs qu’ils crissaient quand je clignais.

Du coup, je me rattrape aujourd’hui avec, une fois n’est pas coutume, une réflexion personnelle. Ce matin, j’écoutais France Bleue Pays d’Auvergne en allant au boulot. Horoscope, infos (que j’essaie égoïstement de ne plus écouter), puis est arrivée la traditionnelle météo. Et là, après un sponsor chelou que je n’écoute jamais tellement je m’en fiche comme de ma première culotte (Tryba, porte volets et fenêtres je crois), le présentateur commence par « aujoud’hui, pas mieux qu’hier, on ouvre les volets sur des grisailles matinales ». Oui, notre début de printemps n’est pas très ensoleillé.

Alors je me suis dit ceci : personne n’aime la pluie. Et la question qui m’est venue est : déteste-t-on réellement la pluie ? Ou est-ce le discours négatif de M. Météo qui nous fout le cafard ? Grisaille, en plus, c’est moche comme mot… S’il nous disait plutôt « encore une belle journée pour observer les escargots, sortez le ciré et les bottes de pluie et allez vous promener » ?

Tout est histoire de perspective. Moi j’aime bien la pluie. Quand il fait froid, je mets un pull de plus. J’aime bien le soleil aussi. Alors je me dis que si le message était plus positif… Du coup, je cite un de mes dessins-animés préférés, j’ai nommé Chicken Run (courez le voir si ce n’est déjà fait) :

« Tout ça, c’est dans ta tête M. Tweedy ! »

Tout ça, mes amis, c’est dans votre tête. Sortez les parapluies-grenouille, enfilez un col roulé, la pluie n’a jamais tué personne 🙂

Publié dans Madame Je-Sais-Tout, Sors ta science

Sors ta science #5

Amis du jour, rebonjour !

Bon, visiblement, la Pensée qui panse suffit à peine à calmer ma trépignante collègue, au point qu’elle me donne elle-même un mot du jour, histoire de.

Fred, du coup, c’est toi Jules aujourd’hui, donc je te rends ce qui est à César. L’info du jour, amis étaleurs de confiture, concerne une expression dont nous usons et abusons sans même nous préoccuper de la réponse qu’elle suscite : comment allez-vous ?

Bon, de nos jours, on fait plus dans le flegmatique « ça va ? » (et non SA va, on ne le dira jamais assez). Mais savez-vous bien ce que vous demandez à votre interlocuteur ?

Pour le savoir, nous devons remonter à la fin du Moyen-Âge, disons début Renaissance. À l’époque, la médecine « premiers soins » — dispensée au plus grand nombre — consistait pour le médecin à demander au patient comment étaient ses selles (son caca quoi) et ses urines. Selon la consistance, la couleur et l’odeur, il pouvait alors faire un premier diagnostique. La question communément posée alors par ledit médecin était la suivante : « comment allez-vous ? » sous entendu « comment allez-vous à la selle ? »

Du caca à votre humeur du matin, il n’y a qu’un pas. Donc ce fameux « comment allez-vous ? » est devenu notre façon de nous informer de l’état de santé physique et mentale de notre interlocuteur. La flemme aidant, l’expression est devenue « ça va ? » mais ne perd pas son sens premier.

Donc, moi qui déteste demander aux gens si ça va (parce que, avouons-le, on se fout tous un peu de la réponse), je me dis que nous pourrions trouver une autre façon de nous assurer du bien-être de nos collègues…

Sur ce… portez-vous bien !

PS : je vous conseille l’excellent article de l’Encyclopédie Incomplète, très drôle de surcroît.

 

Publié dans La pensée qui panse, Madame Je-Sais-Tout

La pensée qui panse #14

Amis du jour, bonjour !

Vous pensiez peut-être que je vous avais oubliés ? Que j’avais laissé la triste mélancolie du lundi me noyer sous ce ciel de printemps nuageux ? Eh bien non. Je suis là, fidèle au poste, avec une très juste reflexion de Doris Lussier :

« Et quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux, c’est l’humour. »

Voilà qui est intéressant. À l’heure où la parole se libère. Où chacun prend ou gagne le droit de s’exprimer. Où s’exprimer ne veut d’ailleurs plus dire grand chose. La communication est au cœur de tous les combats, de tous les débats. Mais il faut communiquer komilfo, hein ! Surtout si le sujet est grave ! Mais l’humour n’est pas toujours un manque de respect. Il peut aider à extérioriser des pensées que l’on s’interdit.

Mieux vaut ça que tout laisser pourrir, non ? 😉

Publié dans Albums, Bouquinade

Travailer moins pour lire plus (Alain Serres / Pef)

Amis du jour, bonjour !

Aujourd’hui, c’est vendredi, et vendredi, tout est permis ! Alors je pioche allègrement dans les albums fraîchement rangés pour vous présenter mes petites merveilles (parce que oui, ce sont des merveilles). Et celui-ci dont, vous l’aurez compris, le titre me touche particulièrement.

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Sarakontkoi ?
C’est l’histoire d’une île. Sur cette île, 5 montagnes. Chacune sa spécialité pour faire tourner le royaume. Sur le Mont Boukiné, on récolte les lettres, on fabrique les histoires. Et on les envoie pour qu’elles soient mises en livres et vendues. Mais on ne lit pas, pas le temps. Il faut faire toujours plus de livres pour rendre le roi encore plus riche ! Jusqu’à ce que…

« C’est ici, entre deux rochers vénérés par les vieux conteurs, que jaillit la célèbre source des lettres. Des flots de Majuscules, de minuscules, de E muets ou de consonnes bavardes sortent de terre en murmurant d’étranges paroles. »

Tenpenskoi ?
Quelle merveilleuse poésie que cette petite histoire ! Pef n’en est pas l’auteur, mais il aurait pu. Le texte coule tel un ruisseau de printemps, discret, mais si joli. Plusieurs niveaux de lecture feront sourire les parents et rêver les enfants…
Le tout accompagné par le trait si particulier de Pef, le papa de Motordu, espiègle, simple, juste ce qu’il faut de couleurs. Et ce slogan…

Parfois, lorsque le vent les inspire, ces écriveurs deviennent des écrivains et leur bouillon est divin.

Pour info :
Rue du monde, collection Kouak !, 51 pages, 12,80€

Publié dans Highway to FIV

Baby or not to be

Salut les loulous !

Ces derniers temps, j’ai beaucoup échangé avec mon entourage, des amis, des parents, Chéri. Parler à eux, ça m’aide un peu. Soit parce qu’ils vivent ce que je vis, soit parce qu’ils m’aiment et que savoir ça m’aide à avancer.

Mais surtout, je me remets en question. Alors, ce matin, en trouvant ce super jeu de mots, je me suis dit qu’en plus d’être extrêmement subtile et intelligent (fleurs sur moi), il n’en était pas moins très vrai.

Faire un enfant devrait être naturel. Parfois, ça ne l’est pas. On ne sait pas comment le Grand Dessein choisit qui a le droit d’être parent ou non. S’il pioche à l’aveugle dans un chapeau, ou si les choses n’arrivent pas par hasard. Et si du coup, en se battant, on ne contredit pas une sorte de destinée. « Tout arrive pour une raison ».

Nos instincts sont-ils tellement présents qu’ils se sentent obligés de marteler encore et encore l’intérieur de notre boîte crânienne ? Ou est-ce que c’est vraiment Moi qui veux cet enfant ?

Toi, tu lis ça, et tu te dis : « cette meuf, elle est adepte de la masturbation cérébrale ». Certainement.

Parfois, je me dis que le pire, c’est l’incertitude. Tu essaies, tu ne sais jamais si et quand tu vas parvenir à tes fins. C’est totalement indépendant de ta volonté. Aucun exercice, aucun effort, aucun travail ne fera que tu réussiras ou pas. Tu peux faire le poirier, bouffer du brocolis (apport d’acide folique), faire du yoga. C’est lui qui décide. Le Grand Dessein. Mère Nature. Et dans ces moments là, je me dis qu’essayer d’avoir un enfant dans ces conditions, c’est un peu comme participer au grand tirage au sort pour le voyage à New-York. Tu le tentes, mais tu sais que ce n’est jamais toi qui gagnes.

Parfois, je me dis que si j’étais certaine de ne pas pouvoir avoir d’enfant, au moins, je pourrais passer à autre chose. Ma vie ne serait pas moins belle. Elle serait autre chose. Mais là, je suis dans une antichambre, entre le bonheur absolu que me procure ma vie et l’enfer que m’impose ma tête/mon instinct/je sais pas quoi. Et pourtant… je sais. Je sais que la certitude ne rend pas heureux. Que le chemin est plus important que la destination. Mais tu as beau savoir…

Bref, j’ai du mal à mettre des mots là-dessus. Je pense avoir réussi. Mais rassurez-vous, moi ça va 🙂

Publié dans Le mot du jour, Madame Je-Sais-Tout

Le mot du jour : grimoire

Amis du jour, bonjour !

Second jour du printemps, le soleil pointe son nez, même s’il ne nous réchauffe pas. En tout cas, il est là quand vous vous levez. J’ai eu quelques propositions de mots du jour (rassurez-vous, cher million de fans déchaînés, je les étudie toutes). Mais celle qui a piqué ma curiosité est mon choix d’aujourd’hui.

Le mot du jour : grimoire.

Bon, là, vous vous dites : « genre, on sait trop ce que c’est un grimoire, hein, on n’est pas teubé ». Oui, vous savez, je sais, nous savons qu’un grimoire désigne un livre de sorcellerie.

À la base, cependant, un grimoire désignait un ensemble de signes à déchiffrer (imaginez Champolion devant le pierre de Rosette), et plus largement, un texte obscure, dans le sens de « incompréhensible ». Bah oui : on ne comprend pas => plutôt que d’avouer qu’on est bête, on diabolise !

Sachez que grimoire aurait la même racine que… grammaire ! Oui, encore une partie obscure de la langue pour beaucoup d’entre nous. La grammaire latine était considérée comme peu compréhensible pour le « commun des mortels ». Une sorte de charabia. Donc obscure. Donc difficile à déchiffrer. Donc on ne comprend pas. Donc c’est diabolique. Donc sorcellerie et trucs de sorcières. Donc grimoire. CQFD.

Maintenant, pour les amateur du film Ocus Pocus, vous pouvez vous balader en hurlant « Grrrrrimoiiiiiiiiiire ! ».

 

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Le mot du jour : débonnaire

Amis du jour, bonjour !

Hier soir, j’écoutais France Bleue tranquillement dans ma voiture. Dans la radio, une blogueuse parlait d’une BD qu’elle avait découverte récemment. Pour parler du personnage (de la BD), elle a utilisé notre mot du jour. Et je me suis dit : « tiens, j’aime bien ce mot. Et j’aimerais pouvoir le caser dans une conversation… Qu’à cela ne tienne, voyons ce que ça veut dire exactement. »

Le mot du jour : débonnaire.

Pour le coup, on oublie les racines latines, les cousins grecs et autres obscures origines. Restons simples, prenons 3 mots, faisons-en 1. Voilà, du 3 en 1, mieux que votre lessive Ariel. Débonnaire est en fait formé de ces 3 mots : de bon(ne) aire. Aire signifiant ici « souche, origine ». Donc le noble. Mouais.

Quand on sait que le sens premier désigne celui qui se montre secourable, je me dis « noble, mon œil ! » Ce qui est drôle, c’est l’évolution se sens. À savoir que l’on passe de secourable, à simplement « facile à vivre, conciliant ». Pour finir sur excessivement complaisant, par faiblesse de tempérament ou par bêtise.

Gentil a connu la même évolution. À croire que la bienveillance n’est appréciée à sa juste valeur.

 

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Pélagie la sorcière (Valérie Thomas / Korky Paul)

Amis du jour, bonjour !

J’espère que le week-end fut agréable / prolifique / reposant (rayez la mention inutile). Chez nous, la bibliothèque est enfin terminée (vous pouvez voir quelques photos sur Insta d’ailleurs) et nos 743 bébés dorment bien sagement sur leurs étagères maintenant. C’est l’occasion pour moi de déterrer quelques classiques, ma madeleine de Proust, le livre que je lisais avec ma maman quand j’étais petite.

pelagie

Sarakontkoi ?
Pélagie la sorcière a une maison, toute noire. Et elle a un chat aussi, tout noir. Alors quand son chat se couche sur le tapis ou sur le fauteuil, et que ses yeux sont ouverts, elle y fait attention. Mais lorsqu’il ferme les yeux, elle s’assied ou marche dessus. C’en est trop ! Pour mieux le voir, elle lui en fera voir (littéralement) de toutes les couleurs, ce qui déplaît fortement à son compagnon à poils.

Tenpenskoi ?
Me demander ce que j’en pense serait ridicule, après le discours que je vous ai tenu plus haut. Alors oui, les illustrations sont vieillottes, le livre en lui-même n’a pas un format très original. Mais qu’est-ce que j’ai pu rire étant gamine ! C’est plein de tendresse, de situations absurdes, et de couleurs.

Le livre n’est plus disponible et a atteint des prix quelque peu honteux d’ailleurs. Le prix indiqué au dos du mien — 62 F — m’a presque rendue nostalgique. Si vous l’avez dans les armoires, ressortez-le. Sinon, ouvrez l’œil en brocante !

Pour info :
Milan Jeunesse, 32 pages, entre 20 et 35 EUR selon le vendeur.

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Doutes nocturnes

Faut-il que la nuit passe par là pour que mes angoisses remontent ? À longueur de journée, je pense endo, la nuit je rêve FIV et je vis avec mes amies grossesses et grossesses et grossesses.

Et j’ai une putain d’angoisse qui me ronge. Un truc que j’arrive pas à m’expliquer mais qui est là comme une grosse bulle noire qui grossit et grossit dans ma tête, et dans mon corps.

Ça, je les entends les « c’est la tête qui joue beaucoup sur la santé du corps ». Alors je m’épuise à chercher la sérénité. J’essaie très fort d’être positive. Et l’évidence me gifle. Je suis coupable. J’ai laissé tellement de colères, de jalousie, de rancunes peut-être pourrir à l’intérieur ; j’ai laissé mon corps se dégrader. J’ai pris du poids, j’ai cessé de l’écouter. Et si c’était moi qui avais tout laissé gangrener ? Les choses n’arrivent pas par hasard. Et mon corps a puni ma tête. Ce n’est ni la vie, ni le monde… c’est moi qui m’en veux à moi-même. Il a réagi au désintérêt que je lui portais ce corps. Et je ne sais plus quoi faire pour lui dire que je suis là. Que je ne le laisserai plus tomber.

C’est un cercle vicieux. Plus j’angoisse plus j’enrage. Plus j’enrage plus j’ai peur. De faire revenir cette foutue endo.

Mais rassurez-vous, demain ça ira mieux.