Publié dans J'ai testé pour vous...

J’ai testé pour vous… le crochet (et le tricot) !

Ami du jour, bonjour !

J’allais commencer mon billet par « aujourd’hui », mais je me rends compte que je commence tous mes billets par « aujourd’hui »… du coup, je tente de trouver une autre approche, qui ne vient pas… qu’à cela ne tienne, aujourd’hui, le billet ne commence pas par « aujourd’hui ». Et je vais te parler tricot et crochet.

Pourquoi tu fais ça ?

Pour le coup, je ne vais pas t’expliquer, cette fois, pourquoi j’ai choisi d’apprendre le crochet et le tricot. On s’en fout à la rigueur. Et même, je te dirais que je suis loin d’être une championne, mes capacités se bornant à faire de l’écharpe au kilomètre et quelques petites choses sympas au crochet.

Mais je vais t’expliquer pourquoi j’ai choisi de t’en parler, ça c’est plus intéressant. J’entends beaucoup : « c’est chouette, j’aimerais trop savoir faire ça ! » Quelle que soit la complexité de l’ouvrage que je propose ou que j’expose, c’est toujours la même remarque. Remarque que j’ai faite aussi un jour. Jusqu’à ce que je me rende compte qu’en fait, ça demande quoi de développer une nouvelle compétence ? Bah simplement un bon auto-coup-de-pied-aux-fesses, 2-3 outils (mais 3 fois rien) et beaucoup de persévérance et de bonne volonté.

Donc, encore une fois, yes you can.

Et dans les faits ?

Le tricot et le crochet résultent pour moi d’un besoin de ne pas rester inactive quand je regarde la télévision. Je ne peux plus me concentrer à 100% sur un film ou une série, et je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas. J’ai besoin de faire quelque chose de mes mains. Du coup, c’est plutôt la télévision qui constitue le fond sonore de mes moments tricot que le contraire.

Le tricot, comme beaucoup, je l’ai appris avec ma grand-mère. Plus que sa patience (elle se bornait à monter mes mailles, c’est-à-dire faire mon premier rang, et à me montrer comment créer une maille, puis me laissait les aiguilles et repartait à sa besogne), je dirais que c’est mon acharnement à vouloir réussir ce que j’entreprends qui m’a fait recommencer encore et encore les mêmes rangs. D’ailleurs, je ne sors pas des sentiers battus de l’écharpe ou du bonnet, mais je me lancerais bien dans des trucs un peu plus compliqués. En soi, il suffit d’une pelote et de deux aiguilles.

Pour le crochet, il s’agit réellement d’une volonté propre, J’ai profité d’un tour en mercerie pour un réappro de laine, et sur un coup de tête, je me suis acheté un crochet. Quelques vidéos Youtube plus tard, je crochetais comme une championne les points de base. Parce qu’en fait, ça ne demande pas plus que de la pratique. Après, c’est comme une recette, il faut suivre le modèle. Maintenant, je m’atèle, grâce à mon amie Fanny qui m’y encourage et me trouve des modèles faciles, à la confection d’amigurumi. Kesako ? Littéralement, c’est le mot japonais pour « peluche tricotée ou crochetée ». Ce sont de petits animaux ou personnages, souvent (pour ne pas dire exclusivement) fabriqués avec une technique de tricot / crochet en cercle. Il faut juste sauter le pas 🙂

Donc stop aux écharpes au rabais achetées chez H&M, stop aux doudous fabriqués en Chine et achetés chez Autour de Bébé, à toi la fierté de pouvoir offrir / porter / utiliser ce que tu as fabriqué. À ce sujet, je te parlerai dans un autre billet de la couture, mais j’ai décidé de séparer les deux parce que la finalité n’est pas la même pour moi.

Ils en parlent aussi :

Les tutos vidéo de Phildar pour les points de base
Les tutos vidéo de Crochet Cocoon pour des petits modèles sympas
Le fabuleux site internet de Cotcotcrochète, etc. et son compte Insta (d’où est tirée l’éponge lavable dont je parlerai dans un prochain billet).
Chouette Kit, proposé un peu plus bas par Coraline, pour trouver de petits kits avec des projets sympas pour débutants.

Et pour le reste, Youtube est ton ami ! Et ça va des baskets Nike pour bébé aux amigurumis Star Wars…

Maintenant, c’est à toi !

Ma mamie m’avait appris à tricoter quand j’avais 7-8 ans, mais je n’avais pas continué. 20 ans plus tard, j’ai eu envie de m’y remettre et je suis donc repartie de zéro grâce à YouTube. Après quelques galères, j’ai finalement tricoté 2 châles (ça m’a pris une éternité).
Et puis j’ai découvert le crochet (j’ai appris grâce à @chouettekit et leurs supers défis pour débutants) et ça a été le coup de foudre : c’est tellement plus facile que le tricot, moins fatigant aussi pour les poignets et les doigts. Ça avance super vite et si on se trompe, on peut défaire facilement sans avoir envie de pleurer.
Et y a plein de projets sympas à faire. Et je ne parle même pas des amigurumis !
Depuis, j’ai converti toutes mes copines et on se fait des après-midi crochet une fois par mois. 😁
(Désolée, je me suis emballée, mais le crochet a vraiment été une révélation pour moi ! 😅)

Coraline (The cup of books, sur Insta et WordPress)

Personnellement je suis pas fan du crochet, par contre le tricot j’adore ! Mais le tricot lui ne m’aime pas… depuis mon enfance j’ai des aiguilles à tricoter et de la laine mais impossible de réussir un rang de mailles correct, au bout de dix il y en a une qui saute et qui foire tout ! Pourtant j’aime tellement ça, ça me détend ! J’aime énormément cette mode des laines énormes et je chérie un certain chunky plaid en grosses mailles que certaines copine de l’amour m’ont offert il y a deux ans…
Laura

J’ai appris à tricoter très jeune avec ma mamie. Comme tout le monde (je crois), j’ai appris à faire des écharpes ! Mais la laine grattait, les points n’étaient pas réguliers et donc je ne m’y suis pas intéressée plus que ça. Et puis, plus tard, pendant mes études, j’ai eu à nouveau le goût des petits plaisirs de mon enfance : préparer les bons plats de ma mémé, cultiver le potager et, bien sûr, tricoter ! Sauf que je suis trop lente au tricot, alors ça m’ennuie ! C’est ma copine Lili aux 2 mains gauches qui m’a ensuite fait découvrir le crochet. Mon addiction est née. Ce que j’apprécie dans le crochet par rapport au tricot : le droit à l’erreur (beaucoup plus facile à réparer qu’au tricot) et les possibilités de création ! Les fils ont beaucoup évolué aussi, on trouve désormais facilement toutes les tailles, couleurs et résistances, en fonction des projets que l’on souhaite réaliser. De quoi s’occuper encore longtemps 😉
Fanny de Cotcotcrochète, etc.

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En bonus, je vous montre en avant première l’avancée de ce merveilleux projet de couverture (bien plus grande que ce à quoi je m’attendais) : 768 petits carrés granny réalisés et en cours d’assemblage, le tout au crochet ! Saurez-vous reconnaître qui se cache derrière ces pixels ?

La semaine prochaine, je teste pour vous le rééquilibrage alimentaire sur internet !
Vous avez testé ? Adoré ? Détesté ? Vous n’adhérez pas ou ne jurez que par ça ?
RDV dans le formulaire de contact du blog, sur la page FB ou le compte Insta !

Publié dans Albums, Bouquinade

Capitaine Rosalie (Timothée de Fombelle / Isabelle Arsenault)

Ami du jour, bonjour !

Je m’en viens te parler album, pour changer, étant donné que ma capacité de lecture en ce moment est celle d’une limace de course. Là, c’est vite avalé, vite digéré…
Et vite oublié ?

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Sarakontkoi ?
En 1917, la Grande Guerre fait rage. La journée, la toute jeune Rosalie est laissée aux bons soins de l’instituteur du village, avec les autres enfants, pendant que sa maman travaille à l’usine d’armement. Le soir, parfois, elles reçoivent des lettres de son papa. Et sa maman les lui lit. Elles sont pleines d’espoir, de mots d’amour. Mais Rosalie a autre chose à faire que d’écouter ces lettres. Elle a une mission, elle aussi. Elle est Capitaine Rosalie.

Tenpenskoi ?
Franchement, je l’attendais. Et je l’attendais ferme ! Déjà, parce que Timothée de Fombelle est mon héros, un poète des temps modernes, qui sait faire s’envoler les mots, les faire danser, et leur donner ce petit goût tout doux que j’aime tant.

Et là, rien.

Je comprends le propos, je comprends l’intention. Mais rien. Soit qu’il a voulu trop en faire, soit qu’aucun élément de ce court récit n’a été réellement exploité, mais plutôt survolé, ça m’en a touché une sans faire bouger l’autre, si vous voyez ce que je veux dire. Quant aux illustrations, moi j’aime bien le crayon de couleur. Là, c’est doux, c’est simple, mais je n’ai pas apprécié autant que je m’y attendais. C’est dommage.

Ceci dit, pour parler de la Grande Guerre avec les enfants, c’est une bonne approche, ni trop violente, ni trop abstraite. Il restera donc sur mes étagères, le temps de recueillir d’autres avis, et pourquoi pas de le faire découvrir à de jeunes enfants. Sans doute mes attentes étaient-elles trop élevées. Toi, tu l’as lu ? T’en as pensé quoi ?

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Albums Junior, 64 pages, 12.90 EUR

Publié dans J'ai testé pour vous...

J’ai testé pour vous… les boîtes à lire !

Ami du jour, bonjour !

Elles fleurissent un peu partout, à l’initiative de communes ou de particuliers. Elles sont une seconde vie pour bon nombre de vieilles éditions du Livre de Poche (oui, oui, y’en a boucoup boucoup), d’Hervé Bazin ou d’Henry Troyat (par chez moi) mais parfois, on y trouve de réelles pépites. Ce sont les boîtes à lire, et j’en suis une fervente utilisatrice.

Pourquoi tu fais ça ?

Au commencement, il y a Chéri, qui me dit un soir en rentrant du boulot : « tiens, il y a une boîte à lire vers la Poste ». Tu penses bien que je suis trop excitée ! Ni une ni deux, au passage suivant, je gare ma voiture sur la place, et je vais y jeter un œil. Maintenant, c’est devenu une habitude, quand on traverse les villages, de prêter attention à ce genre de détails. Et puis il y a le bouche à oreille, les pages facebook et j’en passe. C’est l’occasion de déposer des livres que je ne lirai pas, d’autres que j’ai lus mais que je ne souhaite pas conserver, et certains que l’on m’a donnés, qui ne m’intéressent pas, mais qui, je le sais, feront des heureux. Surtout, c’est toujours une chasse au trésor, quand tu arrives devant la boîte, pleine d’espoir, en te demandant ce que tu vas trouver…

Et dans les faits ?

Au final, ce sont pas moins de 6 boîtes que nous fréquentons au moins une fois par mois. Nous y déposons des livres, certes, mais surtout, je me fais un devoir de les ranger ! Parce qu’ils sont nombreux les zozos qui déposent les livres de la mémé, en tas et sans aucune considération. Du coup, tu as du mal à consulter les ouvrages disponibles parce que tout s’entasse. Pourtant, les instigateurs de ces boîtes (mairies ou particuliers) prennent soin d’en surveiller le contenu !

Concrètement, quand on arrive, je commence par sortir les livres mal rangés, et je me permets de mettre de l’ordre dans la boîte. Ensuite, je fais le tour de ce qui est disponible et enfin, je dépose mes propres livres. Enfin, je dis « je », mais nous sommes toujours tous les deux, Chéri et moi. Notre grande habitude, c’est d’y passer le soir (bien souvent la nuit en rentrant de chez nos parents ou de chez des amis). Cela dit, parfois, rien qu’en passant devant une boîte, on se regarde et on se dit « on fait notre tournée ? »

C’est un merveilleux instrument de partage, mais aussi une seconde vie pour les livres. Pour peu que tu sois nostalgique, tu peux vraiment te régaler ! Par exemple, j’ai trouvé dans une boîte à lire un roman que j’avais lu gamine, Le secret de la sirène, dans la collection Polar Gothique, qui n’est plus édité ! J’y ai trouvé un Jane Eyre dans une collection reliée cuire, Chéri toute une collection de Jules Verne. Parfois, la pêche est moins bonne, voire nulle (et par là, j’entends qu’on rentre broucouille).

Si tu dois retenir une chose de cette expérience, c’est que le partage gratuit n’est pas une évidence de nos jours. Alors il faut prendre soin de ces initiatives, les encourager, les faire vivre. Ces boîtes ne sont pas des décharges pour tes vieux Femina, ni pour tes papiers divers. Mais tu peux y déposer une collection de presse jeunesse, ou spécialisée, dont les numéros coûtent cher et sont susceptibles d’intéresser des connaisseurs. Trop souvent elles sont vandalisées, pillées, brûlées. Et c’est dommage. Parce que les livres trouvent preneur, même là où tu ne pensais pas qu’ils avaient une place.

Ils en parlent aussi :

Pour localiser les boîtes à lire près de chez toi, c’est par ici ! Et d’ailleurs, Recyclivre t’invite à créer ta propre initiative !
6 recommandations à suivre pour créer sa propre Boîte à livres, sur le site Actualitté
Le citoyen, la boîte à livres et les bibliothèques, sur le blog Livres Hebdo
Le projet Boîtes à Lire du fonds Décitre

Et enfin, un très court question/réponse que m’a accordé la marie du Cendre :
– Comment vous est venue l’idée de créer une boîte à livres ?
Le Maire de notre ville en avait découvert sur une autre collectivité et a trouvé l’idée très bonne.
– Comment s’est fait le choix de l’emplacement ?
Il y a 3 boîtes à Lire sur notre commune : 2 aux extrémités de notre parc (distance 1.5km) et une en centre-ville.
– Quelles ont été les modalités de mise en place ?
La fabrication et l’installation ont été réalisées en interne par nos services techniques.
Nous avons complété celle-ci avec des livres de notre ancienne bibliothèque. Puis nous avons communiqué pour informer nos usagers. Nous vérifions chaque mois le contenu des 3 boîtes et nous tamponnons les livres pour voir s’il y a du turn over. Pour plus d’infos :
https://www.lecendre.fr/culture-associations/lecture/boites-a-lire

Maintenant, c’est à vous !

J’y vais environ 4 fois par mois. 90% des livres que je lis dans la semaine y partent. Par contre je trouve rarement de mon côté des choses intéressantes dedans et je suis énervée de voir que les gens s’en servent parfois de dépotoir à vieux papiers.
Lemon June, du compte Insta éponyme (en même temps, depuis le temps que je t’en parle !)

J’adore l’idée de partager des lectures ! J’en ai d’ailleurs installé une dans chaque appartement que je loue en saisonnier et je vois souvent des livres apparaître et d’autres disparaître, je me dis que je contribue à la culture des gens, et tout cela avec le sourire ! 😉 La seule chose que je trouve dommage c’est que des individus mal intentionnés et souvent sans vergogne détériorent ces boîtes à livres, et en même temps la possibilité à certaines personnes avec peu de moyens de se faire plaisir !
Françoise

Découverte des boîtes à lire avec vous-même madame la narratrice et j’ai vraiment adoré le tour de découverte ! A tel point que j’ai des livres de côté et j’ai bon espoir que vous m’y ameniez de nouveau. Le principe est trop cool, on redonne une vie aux livres , on fait de belles découvertes et on passe un moment en balade ! Le pied !
Laura

Moi, les boîtes à lire, j’y vais la nuit avec ma femme. J’ai plaisir à faire nos tournées tel le glaneur de champignons. Quand tu commences tu ne sais pas ce que tu vas trouver et parfois même par hasard, on trouve de nouveaux coins, mais contrairement aux champignons il ne faut pas hésiter à dévoiler ses cachettes ! Sans penser aussi qu’on se sent accomplir quelque chose lorsque l’on dépose un livre… je suis content de pouvoir partager mes lectures, et parfois même, on échange les livres d’une boîte à lire à une autre pour diversifier les genres. Et puis voir l’excitation et le bonheur dans les yeux de ma femme qui trouve une perle rare de son enfance c’est vraiment génial. Je me pose néanmoins une question : y a-t-il des ouvrages de Guy des Cars dans toute les boîtes à lire ?
JiNoëlFuego (jetez un œil à son Insta ! C’est plein de dessins tout mignons !)

Je suis totalement adepte des boîtes à lire et j’essaie d’en découvrir lorsque nous nous déplaçons dans d’autres villes, juste pour le plaisir de voir la présentation. Ici, j’en ai une à quelques minutes en voiture. J’y vais, sûr, une fois par mois, mais si je dois déposer je peux y aller tous les 15 jours. Je n’hésite pas à laisser livres, magazines, DVDs, parfois des petits jeux de société, le tout en parfait état. Nous avons déjà fait de belles trouvailles alors nous essayons de faire plaisir à notre tour.
Mathy, du compte Insta La Bibliothèque de Mathy

Encore un énorme merci à tous !
La semaine prochaine, on cause crochet et tricot !

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

La Petite Fille qui aimait Tom Gordon (Stephen King)

Ami du jour, bonjour !

Je viens enfin de terminer un nouveau roman… ouah, c’est compliqué en ce moment. Mon sommeil semble vouloir grignoter tous les instants lecture que je m’accorde, du coup, je lis à coup de 3 pages. Et franchement, il était pas bien épais celui-ci. Bref, voici donc un nouveau King, conseillé par ma très chère amie Laura, qui est une grande fan de l’auteur.

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Sarakontkoi ?
Les parents de Trisha divorcent. Et depuis leur séparation, son grand frère semble vouloir le faire payer à sa mère, qui fait pourtant son possible pour passer du temps avec eux. Les activités sont diverses : visites, parcs, activités en plein air… et balades en forêt. C’est lors d’une de ces balades que Trisha décide de se laisser distancer par son frère et sa mère, bien trop occupés à se hurler dessus pour se rendre compte qu’elle n’est plus là. Et d’un simple écart pour faire ses besoins à l’abri des regards, Trisha commence une errance à travers la forêt, ou seuls son bon sens, son walkman et son idole, Tom Gordon, lui serviront de rempart contre la chose qui rôde…

Tenpenskoi ?
Comme tu le sais, j’ai découvert les romans d’ambiance de King avec Marche ou crève (je t’invite à aller jeter un œil à la chronique en question en cliquant ici). Dans La Petite Fille qui aimait Tom Gordon, c’est différent parce que je n’ai pas ressenti d’engagement particulier (politique, économique, social). King aiguise seulement la lame de son mordant, en essayant de te faire pisser dans ta culotte sans qu’au final il ne se passe grand-chose. Et c’est fou.

Après, je suis beaucoup plus mitigée sur celui-ci que je ne l’ai été sur Marche ou crève. Parce que là, quand même, on alterne des phases qui se répètent. La gamine est de plus en plus perdue, de plus en plus déconnectée et laisse de plus en plus de place à son instinct. Sombre-t-elle dans la folie, cette chose qui la guette est-elle réelle ? Et ce n’est pas à ses proches qu’elle se raccroche, mais à son joueur de baseball favori, qui l’accompagne tout au long de son chemin.

Depuis la première décision qu’elle prend de couper à travers les bois pour rejoindre sa mère et son frère (et toi, tu le sais que c’est une connerie) jusqu’à l’auteur qui pousse le vice en te disant que, c’est dommage, les secours auraient pu la retrouver / elle aurait tourné à droite elle s’en serait sortie, tout dans ce roman te fait te sentir impuissant. Alors tu accompagnes la gamine, qu’est-ce que tu peux faire d’autre ? Et c’est toute l’intelligence de l’auteur. Ta vie est entre les mains d’une gamine de 8-10 ans (je en me souviens plus).

En bref, c’est encore une fois une autre façon de découvrir Stephen King, trop souvent mis de côté par les poules mouillées comme moi (parce que tu comprends, ça fait peur). Un petit bémol sur les longueurs tout de même…

Pour info :
Le livre de poche, collection Fantastique, 279 pages, 7,10€

Publié dans Albums, Bouquinade

Les Couleurs de Cassandre (Mélodie Fiorucci)

Ami du jour, bonjour !

Voilà un moment qu’on n’avait pas causé lecture, toi et moi ! Pour le coup, je reviens avec des albums (ceux-là même que je t’ai promis il y a quelques temps). Une fois n’est pas coutume, je vais te parler d’un album auto-édité dispo sur le service POD (impression à la demande) d’Amazon. Le livre en lui-même, je l’ai découvert via le compte Instagram de son autrice avant même qu’elle le publie, parce que j’adorais ses dessins. Et BAM, ça a fait des Chocapic !

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Sarakontkoi ?
Cassandre vit dans un monde maudit, condamné à vivre sans couleurs, et sans bonheur. Un jour, elle rencontre un animal tout coloré et parce qu’elle s’est montrée sage et généreuse, il la récompense en lui donnant une de ses jolies plumes. Un premier geste qui pourrait sauver ce monde tout gris.

Tenpenskoi ?
Honnêtement, rien que grâce aux dessins de Mélodie m’avaient conquise ! Ils sont doux, colorés, simples, comme des gros calins. Mais il suffit qu’on y ajoute un jolie histoire, pleine de bienvaillance, et ça fait mouche.

Mélodie nous parle de ce petit élan de gentillesse, qui, comme une traînée de poudre, peut se répandre aussi vite que les maux qui nous affligent. Et quand bon nombre d’adultes pensent que rien de bon ne peut sortir de ce monde, et n’en attendent plus rien, cette merveilleuse petite fille se donne pour mission de tendre sa petite main. Ce qui est magique, c’est qu’une tâche bien trop importante pour un si petit être (redonner au monde ses couleurs) paraît tout de suite beaucoup moins lourde quand elle devient l’affaire de chacun. Chaque grain de sable est important, car sans eux, nous n’aurions pas de plage…

Foncez donc, le prix et tout petit. Dommage d’ailleurs que le livre ne soit pas plus grand, pour qu’on puisse profiter de ces magnifiques illustrations !

Pour info :
Auto-édité, 24 pages, 6€ (uniquement dispo sur Amazon)

Publié dans J'ai testé pour vous...

J’ai testé pour vous… la liseuse !

Ami du jour, bonjour !

Bon, en ce moment, le blog se réduit à ces billets J’ai testé pour vous, j’en suis désolée. Ca appauvrit vachement le truc. Promis, je vais faire un effort. J’avoue que ces derniers temps, mon cerveau n’est pas du tout dans la vibe « créons du contenu ». Mais j’ai un million d’albums et le King qui va bientôt arriver parce que je l’ai terminé hier soir. Donc on devrait avoir quelques billets sympas dans les jours qui suivent. Pour l’heure, causons liseuse.

Pourquoi tu fais ça ?

Constat n°1 : j’aime les livres. Et quand je dis « livre », je parle de l’objet. Chéri et moi avons une pièce dédiée, une bibliothèque, composée de plus d’un millier d’ouvrages, romans, théâtre, poésie, essais, albums et docus confondus (tous répertoriés dans un fichier Excel… ou presque, ça se bouscule un peu à la porte d’arrivée). C’est important de poser ce constat.

Constat n°2 : dans cette guérilla entre le livre papier et le « livre électronique », on perd complètement le sens des mots. Un livre, c’est un objet avant tout. Si tu aimes les livres, alors tu es comme moi, au choix matérialiste ou fétichiste. Tu les collectionnes, tu aimes les toucher, et les sentir. Dans un livre, il y a une chose tout aussi précieuse : un texte. Et pour parler liseuse, il faut détacher le contenu du contenant. C’est comme mon père qui ne boit du vin que dans un verre à vin, sinon c’est pas bon. Pour moi, du vin, c’est du vin, et je l’aime dans un verre à vin et dans un verre à pastis, même si c’est plus agréable dans un verre à vin. Alors, avec ma binôme de fac, on a créé le concept d’O.N.E. (ou Œuvre Numérique Écrite). Ainsi, on ne parlait pas de livre électronique, notion qui n’a aucun sens, et on redonnait au texte le droit de se détacher de son support. Parce qu’au fond, le problème, c’est bien de là qu’il vient.

Du coup, je t’avoue que parfois, je lève les yeux au ciel quand j’entends « mais pour moi, un livre, c’est pas ça, c’est toucher, et sentir et l’émotion » toussa toussa. Je suis d’accord, bien entendu. Mais si vraiment tu aimes lire, tu ne peux pas laisser de côté le texte au détriment de l’objet, et pour moi, il est important de ne rejeter aucun support.

Et dans les faits ?

Au départ, mes parents m’ont offert une liseuse. Une Bookeen. C’est une première génération. L’encre électronique est de qualité moyenne (une image reste affichée trop longtemps, et elle persiste un moment avant de disparaître). J’y ai lu des versions piratées de Hunger Games (mille excuses, j’ai acheté les livres en anglais et en français depuis, je pense que ma faute est pardonnée).

Et puis, j’ai commencé à être rémunérée pour lire des manuscrits en anglais en vue d’une publication en français. Là, on t’envoie des manuscrits de 350 pages en moyenne, et laisse-moi te dire que tu vas pas les imprimer. Et les lire sur ton PC ou ton tel ? Rien de moins confortable ! Alors j’ai fait des frais, et j’ai acheté un Kindle. Pourquoi un Kindle ? Parce qu’à l’époque, il était le seul à proposer un écran lumineux, mais non rétroéclairé. Traduction : t’en prends pas plein la figure, et tu peux régler la luminosité selon si tu es sur une plage ensoleillée ou dans ton lit dans le noir total. Et CE N’EST PAS UN ÉCRAN. Je le dis, je le crie, je le souligne. Ce n’est pas un écran. Le système permet un éclairage qui n’a rien à voir avec ton téléphone ou ton PC.

Perso, ça m’a sauvé la vie. En voyage, en avion, dans le train, dans le métro. C’est léger, ça ne prend pas de place, et pour peu que tu aies une connexion Wi-Fi, tu as des livres instantanément en les achetant sur la plateforme reliée à ton appareil. Si tu es myro comme ma mère, tu peux agrandir les caractères. Poser des signets. Mettre des marque-page et reprendre sur ton appli téléphone dans le cas du Kindle, si tu as oublié ta liseuse. Si on t’envoie des fichiers Word ou PDF sur ton mail, hop, tu les envoie direct depuis ta boîte mail sur la liseuse.

Hic n°1 : il m’est arrivé de tomber en rade de batterie. Et c’est chiant, vraiment. Pourtant, le Kindle est difficile à tuer, même avec la luminosité à fond. Mais ça arrive.

Hic n°2 : moi j’aime savoir où j’en suis dans un bouquin. Physiquement, je veux dire (et je ne suis pas la seule, tu le verras dans les témoignages). Là, Kindle me dit que j’ai lu, mettons, 57% du livre. Mais c’est pas pareil.

Verdict ?

J’aime : le format ; le poids ; la possibilité de lire n’importe où et n’importe quand (incluant dans le noir complet) ; le fait que CE N’EST PAS UN ECRAN ; le nombre de livres que ça me permet d’avoir sur moi ; la possibilité de lire des documents (notamment des manuscrits et certains d’entre vous savent très bien de quoi je parle) sans les imprimer ; l’accès facilité au texte ; les petits prix de certaines œuvres libres de droits (attention à la qualité cependant parce qu’une œuvre écrite, numérique ou imprimée, demande toujours un travail d’édition).

J’aime pas : le prix des livres (à peine plus bas qu’un grand format, c’est indécent, il devrait au moins être au prix du Poche, sans pour autant faire concurrence au grand format) ; la batterie qui me lâche en milieu de chapitre (mais ça se gère si tu fais gaffe de recharger avant de partir) ; ne pas voir en un coup d’œil où j’en suis.

J’aime mes livres de tout mon cœur, mais encore une fois, il ne faut pas confondre le support et le contenu. L’opposition entre les pro-livre et les pro-liseuse n’a pas lieu d’être. C’est exactement la même chose que d’avoir deux amis qui se disputent. « Moi j’aime les légumes » dit l’un. « Moi, je préfère les carottes » dit l’autre. Tu comprends ? Quant à la concurrence des œuvres numériques et des œuvres imprimées, il faut savoir que tu ne fais pas même usage des deux, et qu’il y aura toujours des passionnés qui préfèreront avoir les livres grand format dans leur bibli, quel que soit le prix. C’est le même débat que pour les Poche 🙂

Alors on m’épargne les conneries : « oui, mais sur une île déserte sans prise électrique, t’as l’air con quand t’as plus de batterie ». Tu crois que tu peux embarquer la bibliothèque municipale sur une île toi ? Après, si tu n’en as pas l’utilité, rien ne te force à l’adopter. Mais sache que ce n’est pas le diable, et que ses utilisateurs n’aiment pas moins les livres que toi 😉

Ils en parlent…

J’ai surtout trouvé des comparatifs. Pour moi, c’est mon Kindle, mais jetez un œil :

Chez Les Numériques : j’aime bien leurs tests, ils sont assez exhaustifs
L’UFC Que Choisir a fait son petit article dessus également
Et la même sur le site Le Reviewer

Maintenant, c’est à toi !

Et tu as été très prolifique aujourd’hui !

C’est mon copain qui m’a offert mon Kindle. Au début j’étais sceptique… Surtout par rapport à l’écran, je suis toute la journée sur ordinateur du coup je me disais que ça allait encore me fatiguer les yeux. En fait l’écran Kindle n’émet pas de lumière bleue, on a vraiment l’impression de lire un livre c’est surprenant et agréable. Le gros point positif c’est qu’on peut stocker une énorme quantité de livres sur le Kindle du coup énorme gain de place sur les étagères et génial quand on voyage. Le seul point négatif c’est le prix des livres format Kindle quasiment aussi cher que les livres papier. Conclusion j’ai mon Kindle depuis 8 ans et je ne m’en passe plus.
Lise

J’aime beaucoup ma liseuse pour tous les romans qui ne sont plus édités en France ou trop chers en occasion (comme certains Star Wars qui frôlent les 70-80€ en poche…). Pour les auteurs tombés dans le domaine public c’est aussi une vrai aubaine de trouver des classiques gratuitement. Mais j’avoue que même avec quelques années de pratique, ça me prend encore énormément de temps de terminer un e-book, comparé à un bouquin physique. La texture d’un vrai livre me manque terriblement. Le poids du livre en main, la sensation de tourner les pages… C’est peut-être ça qui me manque le plus. C’est peut-être un peu bête mais j’aime tellement voir la progression de ma lecture en regardant les pages s’accumuler sur la gauche, en me disant : « Tiens, j’en suis presque à la moitié » ^^ Du coup, mis à part durant les opérations du genre e-book à 1€ ou pour les trucs introuvables à prix décent, j’alimente rarement cette petite machine pourtant très sympa.
Florian

J’ai fait ma réac pendant des années et finalement j’y suis passée par manque de place ! Kobo by Fnac! Et oui yeaahhh… parce qu’à la fin du tome 1, direct le 2. Et je peux lire des livres qui ne sont plus édités… pour mes insomnies top également, plus besoin d’allumer la lumière donc meilleur rendormissement. Le bof… Ben vachement moins joli, plus d’odeur ni le doux bruit de la page qui tourne. Et ça enlève la joie de l’échange de livres… Allez, des poutous
Vanessa

La liseuse pour moi c’est non. Je n’ai pas du tout envie de tester. Un livre c’est du papier. Des pages qui se tournent. Une odeur. Une émotion. Et ça repose plus les yeux qu’un écran!
Claire

Alors moi avant, je ne jurais que par les livres, adorant l’objet et flâner dans les librairies (c’est toujours le cas). Et puis un été, alors que j’étais partie en vacances avec 5-6 livres de poche, les seuls pouvant rentrer dans ma mini-valise Ryanair ;), je me suis retrouvée à court de lecture 😡 Les frais et délais Amazon étaient trop élevés pour l’étranger, j’ai téléchargé un livre sur l’iPad mais impossible à lire au soleil. Voilà comment quelques temps plus tard, je et on m’a offert une Kobo 😁 que j’emmène en voyage (où je peux partir avec plein de livres et en télécharger de nouveaux dès qu’il y a du wifi) ou je lis le soir (grâce à la fonction retroéclairage). Pratique aussi pour les dyslexiques : police opendyslexic et interligne agrandi. Mais j’aime toujours les livres papier et beaux albums jeunesse, ce n’est pas incompatible.
KidsTrotters.be

Personnellement je crois que les deux sont vraiment très bien ! Pour ma part la liseuse est géniale car avec l’âge je peux grossir les caractères et en plus je peux emmener « mes » livres partout sans que ça prenne de la place dans ma valise. Je peux lire sans déranger mon mari… le seul inconvénient c’est que j’ai du mal à savoir où j’en suis dans le livre car il n’y a ni épaisseur, ni numéro de page…
Par contre j’adore le livre pour ce qu’il représente, l’odeur du papier, le plaisir d’avoir une bibliothèque, et surtout la transmission, on peut le prêter à sa fille ou à sa maman et en discuter autour d’un thé… La liseuse ne remplacera jamais le livre, car avec ses pages et sa couverture il a le pouvoir d’intriguer et de faire rêver celui qui l’achète ! 😊
Voilà pour mes ressentis…
Françoise

J’ai la mienne (une Kobo) depuis bientôt 6 ans. Mes collègues me l’avaient offerte pour mon départ en Nouvelle-Zélande. Pour moi, ça a été une révolution en voyage ! Finis les kilos de livres dans les bagages !!! Aujourd’hui, je ne l’utilise pas plus que les livres papier. Et contrairement aux craintes que j’imagine certains éditeurs ont, j’achète toujours autant (que ce soient des livres papier ou numériques).
Fanny

J’étais très dubitative au début, et puis boulot oblige, je m’en sers tous les jours aujourd’hui. Tous les manuscrits que je reçois passent par la mule (oui, c’est le petit nom de ma Kobo), et elle me fait gagner un temps précieux, tout en préservant mon dos et la planète. 🙂 Par contre, même si je l’utilise depuis 6 ans, je n’ai jamais acheté de livres numériques, simplement parce que je n’en ai pas eu besoin (l’un des avantages de mon métier). Les textes que je lis pour mon plaisir personnel sont des textes libres de droits (merci le projet Gutenberg !) Et pour mes autres lectures perso, je préfère le livre imprimé. Quitte à offrir des cartons de bouquins ensuite aux amis, et à transmettre ainsi de bonnes histoires que je ne relirai pas. Pour résumé : un outil indispensable dans mon boulot, pratique en week-end, et qui complète bien le livre imprimé.
Maëlle

Je n’en voulais pas, et puis j’en ai eu assez d’abîmer mes livres ou de devoir en transporter plusieurs car j’arrivais sur la fin du dernier. Du coup j’ai craqué sur une Kobo, et plus tard sur une rétroéclairée : quel bonheur de ne pas être surchargée, de pouvoir transporter des dizaines de livres, de ne pas se dire « zut, je n’ai plus rien à lire … ». Elle ne me quitte jamais. Et il y a quelques temps elle est tombée et écran figé : j’étais en vacances mais prête à faire des kilomètres pour en trouver une nouvelle, j’étais désespérée de ne plus pouvoir lire. Et Chéri, mon héro, l’a ouverte et réparée : je me suis sentie à nouveau respirer 😁 Bien entendu je ne peux pas me passer du papier et j’ai une bibliothèque qui déborde : mais les livres restent à la maison et j’en prends grand soin. Ma liseuse, elle, doit changer de housse régulièrement vu l’état d’usure.
Dan’Athanasya

 

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J’ai testé pour vous… la langue des signes !

Ami du jour, bonjour !

On change un peu de cap pour le J’ai testé pour vous… du jour. Parce que je ne teste pas que des trucs gênants et que parfois, je suis heureuse de parler de choses que j’aime faire.

De la même manière que l’apprentissage de l’Allemand a explosé à l’arrivée du phénomène Tokyo Hotel (ou Ramstein avant ça), beaucoup ont découvert la Langue des Signes Française (LSF) avec le film La Famille Bélier (je dis pas tout le monde, je dis que le film a mis le doigt sur quelque chose).

Pourquoi tu fais ça ?

Ne vois dans ces propos rien d’offensant. Mais je dois vous l’avouer, quand j’étais petite, j’aimais bien gesticuler en faisant semblant que j’étais sourde. Je trouvais ça tellement beau, de pouvoir communiquer sans parler. Alors je m’amusais à faire semblant.

En grandissant, j’ai oublié tout ça. Mais je ne pouvais pas m’ôter l’idée que, quand tu es sourd, ça doit pas être évident. Je veux dire, si tu es aveugle, c’est pas mieux, mais tu peux communiquer avec les gens qui parlent la même langue que toi, même si l’apprentissage en est plus difficile. Tu sais ce qu’il se passe autour de toi. Mais si tu es sourd, tu n’entends que ce que tu vois ! Tu ne sais pas ce qu’il se passe derrière toi, et si plusieurs personnes te parlent en même temps, tu ne peux te concentrer que sur une seule. Sans compter que, hormis les autres sourds, personne ne parle ta langue, et que tous les sourds ne signent pas.

Je disais donc qu’en grandissant, j’ai oublié ma fascination pour la langue des signes. Et puis je suis revenue de Paris. Paris, c’est pas terrible d’y vivre au quotidien, mais on ne peut pas enlever à la capitale sa Vie, avec un grand V. Là-bas, j’ai appris à aller au musée sur un coup de tête, au ciné ou au resto toute seule. J’ai appris que si je voulais faire quelque chose, je n’avais qu’à le faire. En rentrant à Clermont-Ferrand, j’ai donc intégré une chorale, pris des cours de tir à l’arc… et je me suis inscrite à des cours de Langue des Signes. Because we can, comme dirait l’autre.

Et dans les faits ?

J’ai commencé par chercher où prendre des cours. À Clermont, nous avons l’ILS (Institut des Langues, qui a changé de nom récemment) situé avenue Marx Dormoy. Quelques instituts d’apprentissage des langues en France proposent ce genre de formations. Elles sont diplômantes, et au passage de chaque niveau (de A1 à C2, notation européenne), vous obtenez un certificat reconnu. La session pour passer le niveau doit coûter entre 190 et 300 EUR de mémoire selon si tu es étudiant, chômeur, salarié, etc. Les prix varient bien entendu. L’apprentissage de la LSF, comme celui d’une langue étrangère, entre dans le cadre de ton CPF (Compte Personnel de Formation, temps/argent accumulés en fonction de tes heures de travail).

Personnellement, je me suis détachée de cette formation qui, bien que reconnue, était bien trop scolaire et lente pour moi. Je me suis donc inscrite à l’association de l’URAPEDA 63. Les cours sont dispensés de manière plutôt informelle (ce qui ne veut pas dire non structurés !), et non diplômants. J’ai payé 20 EUR d’adhésion à l’association et 70 EUR pour une vingtaine de cours (d’octobre à mai environ). Alors si ton excuse c’est que c’est cher, tu n’as plus d’excuse. Tu peux te renseigner autour de toi, il y a toujours des associations qui dispensent des cours, souvent en lien avec des instituts médico-sociaux (comme les Gravouses à Clermont).

À raison d’un cours par semaine, nous apprenons tour à tour les couleurs, les métiers, le caractère, l’heure, les dates et j’en passe. Pour le moment, il n’est pas question de syntaxe (qui est différente de celle de la langue française et s’apparenterait plus à l’Allemand d’ailleurs). Personnellement, j’apprends beaucoup plus vite sans support, parce que je suis obligée de retenir tout ce que j’apprends. La prof que nous avons étant sourde elle-même, nous sommes obligés de faire l’effort de communiquer comme on peut. Mais elle est adorable, très compréhensive et a beaucoup d’humour (et Dieu sait qu’il en faut, ainsi que de la patience, pour communiquer avec des gens qui ne parlent pas du tout votre langue). Certains professeurs oralisent beaucoup, ce qui est moins fastidieux, mais ne m’aide pas du tout. Je préfère galérer à essayer de comprendre ce qu’on me dit et apprendre de nouveaux mots.

Nous parlons également de la culture sourde, de leur poésie, de leur histoire. Et c’est important aussi. Après ça, il faut sauter le pas, et se rendre à des manifestations culturelles, regarder des émissions, lire des livres, apprendre par toi-même. Un conseil cependant : ne va pas à un cours sans connaître au moins l’alphabet, c’est toujours pratique de pouvoir épeler un mot que tu ne connais pas.

En bref, c’est beaucoup de travail personnel, de curiosité, d’ouverture aussi ! Je suis toujours hyper heureuse d’aller en cours, au point de jouer les premières de la classe. C’est mon petit bonheur du mardi. En retrant, je noie Chéri sous les nouveaux signes que j’ai appris, il en retient deux ou trois…

Enfin, il faut savoir que la LSF n’est pas universelle. Mais il en existe une version internationale. Si ça t’intéresse, je n’ai qu’un conseil : fonce.

Verdict

J’aime : la grâce des gestes, c’est comme communiquer en dansant ; l’ambiance des cours ; la possibilité de pouvoir communiquer mieux, et surtout la vision des choses que ça m’apporte, totalement différente de la mienne.
Je n’aime pas : pas grand-chose en fait, sauf dans les cours trop formels, qui me feraient presque oublier le plaisir que j’ai à apprendre par moi-même.

Ils en parlent

Les bouquins (je te mets les liens Amazon, juste pour que tu puisses jeter un œil, mais commande en librairie, c’est mieux et ton libraire aura peut-être d’autres conseils) :
La LSF pour les Nuls
ABC… LSF

Les sites internet :
Sematos : dictionnaire vidéo et activités
Elix : dictionnaire vidéo
Les émissions L’œil et la main, sur France 5 (en replay)

Les manifestations :
Le festival Clin d’œil à Reims (en juillet)
Le festival Souroupa à Nice (en juillet)
Le festival Regards d’Avril à Lyon (fin mars – début avril)

Et j’en passe… si tu connais d’autres références / livres / manifestations, n’hésite pas à m’en parler, je mettrai le billet à jour !

Pour trouver les associations près de chez toi, utilise Google, et les réseaux sociaux !

Maintenant, c’est à toi !

J’adorerais apprendre mais seule, ça me parait difficile, et les formations pour adulte sont simplement hors de prix (et pas du tout prises en charge par mon employeur… qui ne prend rien en charge ^^). C’est dommage, j’aurais adoré et ça m’aurait ouvert d’autres horizons professionnels.
Gaëlle

J’ai super envie d’apprendre mais manque de temps, je n’apprends que des petits mots par-ci par-là…
Grignote_livres

J’ai toujours eu envie d’apprendre la langue des signes depuis mon plus jeune âge ! J’ai même commencé à apprendre seule avec des vidéos YouTube mais ça n’est pas pareil que dans des cours. Ce n’est qu’une question financière, mais si je le pouvais je m’inscrirais !
Laura

J’ai commencé il y a 2 ans à apprendre la LSQ (Langue des Signes Québécoise, ndlr), pour le travail (j’étais amenée, de temps en temps, à rencontrer des enfants ou des adultes communiquant en LSQ). Le niveau 1 a super bien été, mais j’ai un peu décroché en niveau 2. Par manque de temps et d’occasion de pratiquer je pense… Mais depuis que je m’implique dans une asso avec beaucoup plus de personnes sourdes gestuelles, j’ai vraiment eu envie de m’y remettre ! J’ai repris les cours avec grand plaisir et je sens que je suis un peu plus à l’aise, même s’il y a encore du boulot (la syntaxe, arrrrrrgh).
Bref, en conclusion : on devrait tous s’y mettre pour apprendre les bases, ça aurait un grand impact en terme d’inclusion sociale, puisqu’on sera tous amenés à rencontrer un jour ou l’autre une personne sourde.
Puis disons-le, c’est bien pratique pour communiquer dans les lieux trop bruyants aussi 😉
Claire

J’ai très envie d’apprendre et ce depuis des années maintenant… Comment dois-je procéder ? D’avance merci de ton aide et hâte de lire ton article !
Pauline

Un immense merci à tous pour votre participation !
La semaine prochaine, on cause liseuse électronique… à vos claviers !

Publié dans J'ai testé pour vous...

J’ai testé pour vous… la cup !

Ami du jour, bonjour !

On replonge dans les sujets un peu plus intimes (bah ouais, après les poils, on est pas mal là) et on cause protection hygiénique. Là, en l’occurence, il s’agit d’une protection un peu particulière.

Pourquoi tu fais ça ?

Au tout début, c’était le noir complet. Je n’avais jamais entendu ne serait-ce que parler de cette fameuse cup. Et puis un jour, une petite collègue, qui est aujourd’hui devenue une amie (oui oui, je parle de toi Belle Marianne) m’a parlé de cette chose. « Beurk ! » me suis-je exclamée. « C’est pourtant très naturel, ça n’obstrue pas l’écoulement contrairement aux tampons, et ça ne macère pas comme avec une serviette. » Ouais, au début, c’était non. Et puis l’idée a fait son petit bonhomme de chemin. Et à force d’y penser, de sentir le sang remonter entre mes fesses (ouais, c’est crade, mais c’est la vie ma fille) jusque dans le bas de mon dos, de serrer les dents chaque fois que j’éternuais, j’en ai eu ma claque. Et BAM, ça a fait des Chocapic.

Et dans les faits ?

Perso, j’ai opté pour la Mooncup, parce que c’est celle dont m’a parlé Marianne. Mais aujourd’hui il en existe des tas, et même Intima s’y met ! Il s’agit d’une cup en silicone médical, assez souple. Certaines ont des tiges, qui te permettent de les attraper même si ton vagin est profond. D’autre ont une forme ergonomique. Certaines sont plus souples que d’autres. Il existe plusieurs tailles, selon ton flux, si tu as eu des enfants ou pas… Bref, tu as l’embarras du choix (cf. les liens plus bas).

Comment ça se passe ? Tu pinces le haut de la cup (là où elle est la plus large), tu l’insères dans ton vagin et tu la laisses se déployer pour recueillir ton flux. Ca fait ventouse quoi. Au bout de 8h environ, tu fais la manœuvre inverse : tu pinces, tu tires, tu vides, tu rinces, tu remets en place. Une petite protection type protège-slip (ou même serviettes lavables, si tu es adepte) peut-être nécessaire. Il te faut un évier à portée de main, dans les toilettes, c’est peut-être la seule contrainte (quoi que tu découvriras dans les témoignages que certaines ne manquent pas de ressources). À la fin de ton cycle, hop tu fais bouillir dans une casserole (tu peux même en acheter une exprès). Alors oui, tu as du sang sur les doigts. Non, ce n’est pas sale (si tu te sens sale pendant tes règles, c’est que tu as une mauvaise image de ce qui se passe dans ton corps… essaie d’écouter ce podcast, que te propose Fred dans son témoignage, entre autres).

D’ailleurs, parenthèse personnelle : rien n’est sale dans ton corps. Tout est naturel. Ton vagin, ma fille, est auto-nettoyant. Ne va pas y mettre du savon, ou des lotions. Ca ne sert à rien. Si l’odeur corporelle te gêne, 2 explications : soit tu n’es pas habituée à ta propre odeur (ça arrive, on n’a plus l’habitude, avec tous les parfums qu’on porte), soit tu peux avoir des petits soucis infectieux, et ce n’est pas grave, il faut juste les soigner. Attention, aucun jugement ici. Ce n’est pas parce que tu es dégoûtée par ces choses que tu es ignorante. Du tout ! Mais peut-être qu’on ne t’a pas fait passer les bons messages. Quand ta maman te disait « enlève tes mains de ta culotte, c’est sale », elle aurait peut-être dû préciser que ce sont tes mains qui sont sales, pas ce qu’il y a dans tes sous-vêtements. Parce qu’aujourd’hui, nous sommes des femmes qui ne connaissons pas notre propre corps, pire, qui sommes parfois dégoûtées par lui. Pensez-y. Nous ne sommes pas sales.

Cela étant dit, revenons à nos moutons. Rome ne s’est pas faite en un jour. Et tu te planteras. De taille, de forme (il faut bien réfléchir, avant d’acheter ta cup, à ce qui pourrait te convenir le mieux). Tu vas mal la poser, devoir recommencer, ça va fuir parfois. Si tu saignes beaucoup, c’est pas grave : tu la videras plus souvent, mais moins souvent que tu ne changes tes protections, c’est garanti. Et puis, certaines femmes souffrent de vaginisme. C’est quoi ça ? C’est une contraction des muscles pelviens, qui ferment l’accès à ton vagin (grosso modo hein). Du coup, rien n’entre, ni sexe, ni cup. Il faut savoir que ça existe. Donc si vaginisme, c’est pas la peine. Et mesdames, nous ne sommes pas toutes des fontaines, parfois, on est un peu sèches. Alors on n’hésite pas à utiliser un lubrifiant à l’eau, de préférence sans odeur et le moins chimique possible (oublie les trucs Durex à la cerise).

Verdict ?

Il est temps de te dire ce que j’en pense vraiment.

J’aime : pas de macération comme avec une serviette. Pas de sécheresse comme avec un tampon. Pas de parfums, d’agents de blanchiment, ou de pesticides dans le coton. C’est de la silicone médical. Oublié le « atchoum » qui fait tout déborder. En gros, tu oublies que tu as tes règles, et ça, ça n’a pas de prix. Perso, je me suis rendu compte que la plupart de mes « douleurs de règles » étaient dues au fait que je me crispais chaque fois que je sentais le sang couler. Là, nada. Libérée, délivrée.
J’aime pas : parfois, il faut le dire, c’est relou à mettre. Y’a des jours avec et des jours sans. Il faut avoir un évier à portée, c’est mieux. Et moi, y’a des jours où rien n’entre dans mon vagin, ça veut pas (remarquez, avec tout ce qui y entre pour la FIV, je me dis que ça bloque là-haut, dans ma tête). Pour finir, mesdames, si vous avez un stérilet, certaines marques sont plus recommandées que d’autres.

En clair : c’est libérateur, c’est écolo, et en plus, mine de rien, ça t’aide aussi à te découvrir (bah ouais, faut y mettre les doigts).

Ils en parlent aussi :

Un petit comparatif sur le site Coupemensrtuelle.net (d’ailleurs, fais un tour sur le site complet, ça aide vachement)
Une vidéo sympa de Clemity Jane, où elle vous en montre en plus !
Le blog Les petites choses de Fanny
Le blog ZunZun blog
Et quand même, un témoignage négatif sur le Huffpost

Maintenant, c’est à toi !

La Cup menstruelle jamais de la vie ! Simplement parce que l’idée (même si je la comprends dans l’optique d’éviter les déchets etc.) me dégoûte. Je ne suis déjà pas tampon, mais c’est vrai que le principe me repousse complètement tant dans la mise en place que dans l’idée de stagnation des écoulements, et je sais que c’est un sujet sur lequel je ne peux pas changer d’avis (pas comme le livre audio).
Laura

Perso la cup je n’ai pas du tout envie de tester. Pendant mes règles je me sens déjà sale et je déteste sentir le sang couler. Donc le sentir couler et devoir nettoyer après…
ça me dégoûte un peu
.

Claire

Alors moi j’étais très réticente au début ! Peur de mal mettre, que ça soit dégueu, tous les clichés ! Et finalement maintenant j’ai du mal à repartir en arrière ! Alors (attention moment glamour !) Quand j’ai dû repasser aux serviettes il y a quelques mois suite à mon accouchement j’étais au bout de ma vie. Bref je valide ahah ! Par contre il m’a fallu pas mal de tentatives et quelques accidents pour gérer 🙂
Delphine

Alors moi, les cups, ça me fait flipper !!! Peur d’avoir une petite fuite! Par contre, le côté plus naturel, ça m’attire beaucoup car les tampons et serviettes, on ne sait pas trop ce qu’ils mettent dedans. 🙂
Julie

Je suis passée à la cup depuis deux mois. Je n’ai pas encore complément le coup de main, il m’arrive encore de me sentir un peu démunie quand je constate que j’en ai mis un peu partout (scène de crime !). Oui, ça parait dégueu dit comme ça, mais ça c’est parce qu’il faut désacraliser le sang menstruel et écouter la merveilleuse émission de France Culture sur le sujet :
https://www.franceculture.fr/emissions/les-discussions-du-soir-avec-rene-frydman/les-discussions-du-soir-avec-rene-frydman-mardi
En tout cas, bien que je doive encore mettre des serviettes en même temps car il s’écoule quand même un peu de sang en dehors de la cup, je suis contente de pouvoir m’émanciper des tampons et de toutes les cochonneries qui sont dedans, tout en réduisant les déchets. De plus, ayant déjà arraché mon stérilet avec un tampon (oui, ça arrive, peu certes, mais ça arrive !), la cup Luneale est censée réduire le risque de se retrouver ce cas de figure.
Fred

Le témoignage cup menstruelle ! Je n’ai jamais aimé les tampons que je supportais difficilement (et qui n’absorbais pas bien mes chutes du Niagara…), et j’ai souvent eu du mal avec les serviettes (voire certaines réactions avec des serviettes trop synthétiques). J’utilise la cup depuis un an et demi, sans problème. Il y a souvent des lavabos dans les toilettes pour handicapés (à côté de la table à langer en général… mais c’est un autre sujet, et d’ailleurs, à quand les mêmes aménagements dans les WC hommes ? Autre débat aussi… ;-)) Sinon, j’ai toujours une petite bouteille d’eau sur moi dans cette période du mois, et ça fait l’affaire en attendant que je rentre à la maison. Par contre, les premiers jours, je complète avec un petit protège-slip, à moins que ce soit notre vieille culotte de règles (ouais, celle qu’on a toutes dans un fond du tiroir, soyons honnêtes…). Et oui, en cas de petit problème, j’ai toujours une serviette dans mon sac. Et hygiène impeccable des mains obligatoire. Si je résume, je suis contente d’avoir changé, malgré quelques tâtonnement et appréhensions au début.
Anonyme

Je suis passée à la cup il y a quelques années et je trouve ça libérateur ! On a beaucoup moins à se préoccuper de changer sa protection et les jours de début et fin j’oublie complètement que j’ai mes règles.
Ceci dit, je comprends tout à fait que cela puisse dégoûter certaines filles : je pense régulièrement à la chanson « Murder on the dance floor » (quelle culture musicale, hein !?), et il ne faut pas avoir peur de son propre corps, il faut un peu se connaitre pour bien manipuler la cup. Bonne nouvelle : ça s’apprend !
Nol

 

Encore un énorme merci à vous, qui faites vivre cette chronique !
La semaine prochaine, je teste pour vous la Langue des Signes Française (LSF) !

Publié dans Highway to FIV

Jamais 2 sans 3

Salut les loulous !

Allez, je vais faire ça vite, comme quand on arrache un pansement sur une jambe bien poilue. Je te recause FIV. Et si je ne l’ai pas fait avant, c’est que je retenais mon souffle. Vu le titre de l’article, tu penses bien que les nouvelles sont… ce qu’elles sont.

Donc, tentative n°2, toujours FIV n°1.

Je vous ai laissés au Décapeptyl (le truc qui stoppe les cycles). Le traitement a commencé fin janvier. Une bonne dose de Ménopur tous les soirs. Mélange à faire soi-même bien entendu, contrairement au Bemfola où le stylo était déjà prédosé et prêt à l’emploi. Là, non : tu as une mini-bouteille avec de la poudre, faut y injecter un solvant avec une première seringue, puis utiliser les petites seringues individuelles pour faire tes injections. Faut surtout pas te planter dans le dosage ! Pour être franche, j’ai fait appel à des infirmières, parce que la manipulation, c’est pas mon truc.

Le bide décoré d’une belle constellation d’impacts de piqûres (avec, en prime une jolie galaxie bleue au milieu — ça arrive quand tu piques une veine), Chéri et moi nous sommes rendus à la première écho de suivi. Et une paire de cuisses écartées pour une échographie endovaginale (celle où on passe par le vagin) plus tard — avec une dame hyper brute qui avait pas l’air de comprendre ce qu’elle faisait — on est sortis de la salle d’examen pour revenir 2 jours plus tard. Je ne sais pas si vous connaissez le CHU de Clermont-Ferrand, mais il est construit dans la longueur. Donc tous les jours, tu te tapes bien 1km de marche, rien que pour te rendre au CECOS. Bref.

Deux jours plus tard, nous voilà de retour. Le personnel, toujours aussi agréable, ne répond pas à notre « bonjour », pourtant enthousiaste. Re-écartage des cuisses, re-écho endovaginale. C’est presque bon, mais pas tout à fait quand même. Il faut revenir dans 2 jours. Et je vous le donne en mille, 2 jours plus tard, rebelote. Cette fois, c’est la bonne. Arrêt du traitement, déclanchement de l’ovulation le soir même à 23h30, ponction 2 jours plus tard.

Vendredi matin, l’empereur, sa femme et le petit prince… ouaip, on retourne au CHU, comme des winners. La ponction se déroule bien (l’anesthésie est douloureuse, mais la ponction, c’est cool). Chéri a fait sa part du boulot. 5 follicules ponctionnés. 4 ovocytes formés. L’ICSI fait que les 4 ovules seront fécondés à la main avec les winners des winners.

Coup de fil le dimanche matin, 8h. Le réveil vient de sonner, je ne m’attendais pas à un appel si tôt. 3 ovules étaient assez mûrs pour la fécondation. 2 embryons ont survécu. On va transférer J2 dans la matinée (J2, c’est le petit nom de l’embryon qui a 2 jours). On va laisser l’autre mûrir jusqu’à J5, et s’il survit, on le congèle. Je raccroche, fébrile. 10 secondes plus tard, appel de Maman. « Alors ? » — « Mais comment tu sais que j’ai eu le coup de fil ? » — « Une intuition »… ces mamans alors !

Bien entendu, on oublie de me dire que je ne dois pas faire pipi. Une copine, qui est passée par là, me l’avait dit pourtant. Mais tu penses que je m’en suis souvenue ? J’ai eu beau boire tous les pots à eau proposés en salle d’attente, rien n’est descendu. Et Dieu sait qu’on a poireauté. On a dû arriver vers 10h je crois. 5 autres couples étaient dans les tartine-blocks pour voir la biologiste. Notre tour est venu. « On va transférer le plus beau des 2, l’autre, on va le laisser se développer. Mais surtout, le plus difficile, ça va être de vivre normalement ces 2 prochaines semaines. »

Tu parles Charles… mais j’y reviendrai. 2h d’attente et 1 bon litre d’eau plus tard, je n’ai toujours pas envie de faire pipi, mais c’est à nous. On nous conduit dans une salle sombre, avec une petite vitre, comme un guichet quand tu vas prendre de l’essence. On me demande de décliner mon identité devant un interphone. La biologiste est dans la salle de l’autre côté du guichet, elle prépare J2. « Ouh, elle est pas bien pleine cette vessie, on vous a rien dit ? Les ondes passent mieux quand on a la vessie pleine, et on voit le transfert » — « Non, mais j’ai bu dans la salle d’attente » — « Ah, pas assez… tant pis, je vais appuyer un peu fort ». Et elle joint le geste à la parole. L’écho est abdominale cette fois. Elle me dit « vous voyez cette cacahouète, là ? » — « Non, pas vraiment » — « C’est là qu’on va le déposer. Regardez, on le voit, hop, c’est fait. On attend que le labo confirme que le cathéter est bien vide et c’est fini ». J’ai rien vu, Chéri non plus. La faute à cette foutue vessie. Mais il est là, et pendant 2 semaines, je vais devoir vivre avec.

Tout se passe bien la première semaine. Je n’y pense pas trop. Je prends mes vitamines, et je m’enfourne des ovules de progestérone dans le vagin matin et soir (et c’est pas la joie). Des vertiges apparaissent, je dors très mal. Mais je suis heureuse, si ça veut dire que J2 est encore là. Les symptômes s’intensifient, les journées se rallongent, j’ai l’impression que le jour de la prise de sang n’arrivera jamais. Le jeudi de la première semaine, bonne nouvelle : J5 est vivant ! On va le congeler. Tout n’aura pas été vain au moins !

Le vendredi matin, exactement 12 jours après le transfert, nous sommes fébriles. Je ne dors toujours pas, j’ai chaud les nuits malgré la fenêtre ouverte. J’ai des vertiges à me faire tomber les matins (genre 2 litres de vodka dans le sang). Et de l’exéma. Génial. Mais si c’est pour J2, tant pis. La prise de sang est faite. Je pense que c’est la matinée la plus longue de ma vie. J’actualise mes mails toutes les deux minutes. J’en pleurerais. Mais je suis au boulot, alors je me calme. La dernière fois, j’ai eu les résultats à 12h30. 12h30, c’est trop long pour moi !

À midi, je descends manger. Et là, tandis que je mets ma bouffe dans le micro-ondes, BAM, le mail est là. Sans réfléchir, je cours dehors, j’appelle Chéri pendant que j’essaie d’ouvrir les résultats. J’ai oublié le mot de passe pour mon espace perso GenBio. Quelle conne. Mes mains tremblent, je pleure de colère. À l’autre bout du fil, Chéri tente de me calmer. Je réinitialise le mot de passe. J’entre dans mon espace. Rien. Les résultats n’y sont pas. « Un temps de la latence pour la mise à jour », me dit Chéri. Mais ils m’ont envoyé ce foutu mail, les résultats doivent bien être quelque part ! Je réessaie, encore et encore. Enfin, le document s’ouvre. Je sais déjà comment je vais l’annoncer à Chéri : « prêt à être papa ? » Au lieu de ça, je vois un mot, un seul : Négatif. Je ne comprends pas sur le coup. C’est impossible. Je ne comprends pas du tout. Je donne la réponse à voix haute. Chéri n’en revient pas non plus. Il n’y a rien à dire de plus. On raccroche. J’ai des larmes coincées dans la gorge. Je suis vide. Je mange au milieu de mes collègues. Et je pars. M’enfermer dans les toilettes, là où je pourrais cesser de retenir mes larmes, qui sont en train de m’étouffer. Je suffoque. C’est fini. J’écris à Chéri « c’est peut-être un faux négatif ? » J’appelle l’infirmière du CECOS. « Oui, c’est négatif, arrêtez votre traitement »… elle ne sait pas quoi dire de plus. Je raccroche, et je pleure, à m’en faire exploser les poumons, les yeux.

C’est fini. Chéri aussi cherche ce faux négatif, la preuve que le tout le monde s’est planté, que ce n’est pas fini. Je passe l’après-midi murée dans mon silence. Je suis dispensée de réunion. J’ai le droit de partir un peu plus tôt, mon chef est cool. Le reste, c’est beaucoup de larmes. Une famille qui n’accepte pas la peine, qui a peur que je baisse les bras. Qui aimerait prendre tout le chagrin que j’ai dans mon cœur. Mais j’ai besoin de temps. De solitude. De Chéri. Et il reste J5. Jamais 2 sans 3 comme on dit. Proverbe à la con.

 

 

Publié dans J'ai testé pour vous...

J’ai testé pour vous… le livre audio !

Ami du jour, bonjour !

Aujourd’hui, on va causer d’un truc qui n’est encore trop entré dans les habitudes des français. Un truc auquel tu n’as peut-être même jamais pensé… Et là, tu te dis que je fais genre « c’est le suspens » alors que c’est écrit dans le titre de l’article. Rabat-joie. Bah oui, je m’en vais te parler de livre audio (j’ai dû recorriger tout l’article parce que j’avais parlé d’audiobook partout et que je me suis dit « pourquoi tant de haine ? Parlons français »).

Pourquoi tu fais ça ?

Les livres audio, au début, c’était un gros LOL pour moi. Pour être honnête, j’avais la même réaction que certains d’entre vous (cf. plus bas) : « c’est de la radio, et franchement, je vais décrocher ». Mais Lemon June a lancé le #challengezozo. Pour participer, je devais lire du Zola. Du Zola. Moi. Je ne voulais pas perdre mon temps de lecture si précieux alors qu’il y avait des livres que j’avais vraiment envie de lire ! Et je ne pouvais pas me ramener au boulot avec un bouquin dans les mains pour occuper certains après-midis un peu trop longs.

Alors, j’ai pensé à cette fois où, à l’école, on m’avait lu un passage de Cosette, de Victor Hugo, que j’étais infoutue de lire moi-même ! Et là, comme par magie, je voulais savoir, connaître la suite ! Et puis aussi à Comme un roman, de Daniel Pennac, où il explique qu’à un enfant qui n’aime pas lire, il faut prendre le temps de lire à haute voix. J’ai repensé à ma maman, à qui j’avais lu Claudine de Lyon alors que j’avais 9 ans, juste pour le plaisir de la lecture et de passer un moment avec elle. À elle qui me lisait des histoires quand j’étais petite. Enfin, j’ai repensé à Piko, de la chaîne PikoBooks, et à Céline, du blog Céline Online, qui lisaient déjà par ce biais. Ouais, j’ai pensé à tout ça. Et je me suis dit : qu’est-ce que je perds ?

Alors, j’ai fait connaissance avec Zola, un auteur que je m’étais juré de ne jamais lire (parce que beurk, c’est trop chiant). J’ai lu L’Assomoir. Et après, j’ai lu Au Bonheur des Dames. Et c’est ainsi que moi, qui avais peur des classiques qu’on m’avait forcée à lire et à étudier toute ma scolarité, j’ai réellement laissé leur chance à ces bouquins.

Et dans les faits ?

C’est très simple. Pour apprécier un livre audio, il faut 2 choses :
– la première : trouver un site où télécharger / écouter les livres (je vous en donne quelques-uns un peu plus bas) ;
– la seconde : un lecteur dont vous supportez la voix. Et croyez-moi, ça joue beaucoup !

Tu choisis un site. Certains sont gratuits (car les livres sont libres de droits et les lecteurs bénévoles) et certains payants. Un livre audio sur une plateforme payante est souvent bien plus cher que son homologue papier, parce qu’il faut rémunérer le lecteur, et tu en as facilement pour 5 à 20 heures d’écoute selon le bouquin. Parfois, tu peux avoir des forfaits au mois pour payer moins cher. Là, c’est pas mal. Sur des applis comme Audible (plateforme Amazon), tu peux reprendre là où tu t’es arrêté quel que soit l’appareil avec lequel tu écoutes (typiquement, j’écoute sur mon PC, puis sur mon téléphone pendant les trajets du boulot, puis sur mon enceinte connectée à la maison).

Bref, les écouteurs vissés sur les oreilles, j’ai pu profiter de ces moments, où mon travail est mécanique, pour m’évader. Alors oui, parfois, on en perd un morceau, parce qu’on est déconcentré. Alors on revient en arrière. C’est exactement comme quand tu t’endors sur ta page et que tu la relis 20 fois. Quant aux images, je te rassure, elles se forment bien dans ta tête, sans que tu aies à faire d’efforts supplémentaires. Parfois même, tu te prends à marcher derrière Gervaise Macquart, ou bien à visiter Fondcombe avec Frodon et Sam. Et si tu te laisses aller — ça c’est mon amie Maëlle qui me l’a fait remarquer pour Le Seigneur des anneaux notamment — tu peux profiter des jolies sonorités du texte, que tu n’as que dans une moindre mesure en lecture silencieuse.

Du coup, je fais même parfois la lecture à mon mari pendant les longs trajets en voiture ! Et ça nous permet à tous les deux de découvrir des textes pour lesquels on n’a pas envie de « perdre » de temps (exemple : Dr Jeckyll et Mr Hyde, que j’ai chroniqué il y a peu). Ça, c’est de la lecture à voix haute.

Verdict ?

J’aime : l’impression de ne pas être seule devant des textes qui m’effraient ; la découverte, sans effort de ma part, de textes que je n’aurais pas pu lire seule ; l’impression de ne pas « perdre de temps » en lisant (si si, tu la connais cette impression, quand au lieu de faire ta vaisselle, tu prends ton bouquin) ; mieux, l’impression de ne pas perdre de temps en « relisant » des bouquins que j’ai aimés à la place de ceux que je n’ai pas lus ; la musicalité de certains textes ; ça change des musiques qu’on a écoutées 200 fois…

Je n’aime pas : devoir arrêter un bouquin qui m’intéresse parce que, franchement, je ne supporte pas la voix du lecteur (ou liseur ?).

On me parle beaucoup d’impression de radio. J’ai envie de dire : vrai, mais où est le mal ? Ma grand-mère écoutait Pierre Bellemare les aprèms sur RMC, et elle kiffait. Toi-même, tu écoutes souvent des podcasts (si si, ne me mens pas…) Aujourd’hui, on apporte beaucoup trop d’importance au visuel : on aime la télévision par exemple. On s’attarde plus sur des articles avec des photos (en vrai, tu lis les publications de tes amis s’il n’y a pas d’image avec ?) Le visuel nous envahit. Là, il s’agit, comme en lisant, de créer soi-même le visuel, et de lâcher prise.

Ils en parlent aussi :

Un super article de Grégor Brandy sur le site Slate : Quand la France va-t-elle se mettre aux livres audio?
Une étude du SNE (si vraiment tu es intéressé par le sujet) : Une nouvelle dimension au plaisir de lire

Les livres audio gratuits :
Audiocité => c’est là que j’ai trouvé L’Assomoir, avec une très bonne lectrice !
Litteratureaudio.com
Audiolivres.info => je ne connais pas personnellement.

Les livres audio payants :
Audible (Amazon) => Plateforme de téléchargement, l’abonnement à 10 EUR par mois et te donne accès à un livre audio par mois, disponible indéfiniment, même si tu arrêtes ton abonnement (d’ailleurs, tu peux arrêter/reprendre/arrêter/reprendre comme tu veux si le mois est un peu compliqué). Si tu en veux plus d’un, il faudra le payer le prix fort.
Audiolib => je ne connais pas du tout, mais je ne trouve pas de formule d’abonnement. Il s’agit d’un éditeur, non d’un revendeur.
Audioteka => plateforme sans abonnement (en tout cas je n’en ai pas trouvé).
Et bien entendu, tu en as aussi en physique (CD) en médiathèque, chez ton libraire, à la Fnac, dans les espaces culturels, et j’en passe.

Compte entre 15 et 25 EUR en moyenne pour un livre, sauf pour les systèmes d’abonnements d’Audible. Si tu as d’autres plateformes sympas, fais tourner !

Maintenant, c’est à toi !

Moi je n’aime pas ça, j’arrive pas à avoir suffisamment de concentration pour écouter. Ça me rappelle mes cours à l’école, le prof parlait, parlait, et mon esprit divaguait, divaguait… Ce qui fait que je suis incapable d’écouter un livre, à part les 3 premières phrases, je ne sais jamais ce que ça raconte 😅 (déjà que ça m’arrive quand on me raconte quelque chose de trop long…. j’suis pas adaptée aux échanges oraux).
Steph, du blog Stephalivres

Jamais testé ! Je ne suis pas très radio déjà parce que je n’arrive pas à me concentrer sur une voix… Quand je veux vraiment écouter quelqu’un, je ne peux rien faire d’autre, mais si mes mains sont libres alors j’ai toujours envie de faire autre chose en même temps 😂
Fanny, du site CotCotCrochète, etc.

Je me suis toujours dit que ce n’était pas pour moi, puis j’ai eu l’occasion de découvrir Central Park de Guillaume Musso par ce biais, alors je me suis lancée ! (C’était il y 4 ans, quelque chose comme ça). Comme je n’aime pas rester à ne rien faire, je me suis dit que c’était l’occasion parfaite pour faire plein de choses en même temps ; lire, mais en même temps avancer, par exemple, sur les tâches ménagères… au final j’ai toujours fini par décrocher et je n’ai jamais fini mon écoute !
Après est-ce que c’était dû au livre ou à la voix ? Je ne sais pas. Toujours est-il que l’année dernière je me suis inscrite sur Audible pour tenter puisqu’il y avait 1 mois offert, et j’en suis tout doucement à mon 3eme mois là. Ça m’arrive régulièrement de devoir revenir en arrière parce que j’ai décroché pour X ou Y raison mais dans l’ensemble, j’arrive mieux à me concentrer et en effet ça me permet de faire du rangement ou de faire la vaisselle. Parfois, j’écoute mon livre en conduisant ou si je marche. Donc comme tu peux le voir je ne suis pas encore à fond à fond mais c’est quand même bien pratique de temps en temps ! Et du coup ça me permet de découvrir des livres que je n’aurais pas forcément achetés… au lit, par exemple là, je me fais les intégrales de Game of Thrones mais je ne crois pas que je me serais lancée dans la version papier 😂
Delphine, du blog L’heure de lire

Le livre audio, je n’ai jamais essayé, déjà parce que je ne saurais pas où trouver des versions, ni quelle application utiliser. Et puis je ne sais pas, je n’aurais plus l’impression de lire mais plus d’écouter la radio ou un album, et je me demande si mon imagination fonctionne aussi bien que si j’ai le livre dans les mains et que je lis les lignes. A tester…
Laura, du compte Insta Lora.Prs

Sur les livres audio : utiles dans les transports en communs ! Perso, j’ai du mal à lire des docs, mais j’adore en écouter dans le bus. Le livre qui m’a fait louper des arrêts : l’autobiographie de Springsteen en VO 😉
Maëlle, qui dessine en plus de lire, va jeter un œil sur son Insta, Feuilles au vent

J’ai eu l’occasion de tester Kobo, j’aimais bien pour le sport, mais ça dépend des livres. Il y en a un que j’ai adoré écouter et un autre pas du tout, j’étais perdue dans les personnages !
Maud, du compte Insta Mes livres et moi

Encore une fois, mille mercis à tous, vous être génieux !
La semaine prochaine, on cause de la cup menstruelle 🙂