Publié dans Bouquinade, Roman

Fay (Larry Brown)

Ami du jour, bonjour !

Je te parlais il y a quelques temps des conseils de lecture de ma libraire face à mon envie de road trip, de voyages initiatiques et de grands espaces. Elle m’avait conseillé Celle qui venait des plaines, de Charlotte Bousquet (chez Gulf Stream) que j’avais adoré. Pour Fay, je voulais absolument quelque chose de chez Gallmeister, parce que je sais que, question grands espaces, nature sauvage des grands Nords américains, je ne suis jamais déçue. Je voulais aussi une sorte de voyage initiatique (je restais sur mon impression très positive de Dans la forêt, de Jean Hegland). Elle m’a proposé un voyage initiatique d’un tout autre genre…

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Sarakontkoi ?
Fay a 17 ans. Elle fuit. Elle fuit une vie de misère avec ses parents et ses frères et sœurs, une vie de labeur, d’illettrisme, de violence parfois, et d’impuissance. Mais Fay est jolie. Son sac à main à l’épaule, elle voyage en stop, rencontre des jeunes gens dont elle ne comprend pas toujours les intentions. Mais surtout, elle ignore le charme qu’elle exerce sur les hommes. Jusqu’à ce qu’une rencontre bouleverse sa vie.

Tenpenskoi ?
Honnêtement, je n’en ai aucune idée. J’ai beaucoup aimé suivre cette jeune fille dans toute son innocence et son ignorance, donc dans son initiation. Elle reste néanmoins très passive, le seul recours qu’elle ait face aux événements étant la fuite. Pour le reste, je crois qu’on peut dire qu’elle se laisse porter par les événements.

Je dirais donc que, plus que le personnage lui-même, ce sont les événements qui s’enchaînent et influent sur son parcours qui m’ont réellement captivée. L’écriture est lapidaire, très ancrée dans le présent (d’ailleurs tout le texte est au présent). On ne sait jamais ce qui va arriver, même si on le sent venir parce que chaque petite chose y est détaillée à outrance. C’est comme lire quelque chose qui arrive en temps réel.

Alors pourquoi ai-je dit que je ne savais pas si j’avais aimé ou pas ? Si je suis dithyrambique sur l’exercice d’écriture, le traitement des événements, je suis moins perméable à cet échantillon de culture et de pensée très américaine. Le côté je m’abreuve exclusivement de bière comme si c’était de l’eau, je jette mes cannettes par terre, j’ai une arme… même si je sais que c’est symptomatique des cultures occidentales, ce ne sont pas des choses que j’observe couramment autour de moi. Là, j’ai été gênée, parce que ces comportements sont naturels dans le livre, et ne le sont pas pour moi. Et je ne parviens pas à savoir si c’est intentionnel, ou si ça fait partie de la culture de Larry Brown.

Et puis, je dois avouer que sur la fin, ça tourne un peu en rond. Fay se retrouve dans les mêmes situations, encore et encore, et ce qui était captivant au début devient une routine. Là encore, intentionnel ou pas, je ne saurais pas le dire. La fin est ouverte, je te laisse la découvrir. J’ai aimé lire Fay, mais j’avoue que ce n’est pas un livre que je garderai dans ma bibliothèque.

Pour le prochain Gallmeister, ce sera un Pete Fromm, je dois avoir Indian Creek qui traine quelque part. Après Wicked bien entendu… À ce sujet, à l’occasion de la sortie de Wicked, le collectif Wicked en français ! organise un concours sur Facebook et Instagram. SI tu postes une photo de ton exemplaire, il y a 3 pochettes à livres à gagner ! Tirage au sort le 1er juillet !

Pour info :
éditions Gallmeister, collection Totem, 560 pages, 12€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

La Servante écarlate (Margaret Atwood)

Ami du jour, bonjour !

Laisse-moi te dire que j’ai dû digérer un peu le roman dont je vais te parler avant d’écrire ma chronique. J’ai beaucoup de mal à mettre de l’ordre dans mes idées, comme à chaque fois que le sujet me touche, tu commences à avoir l’habitude. Dis-toi que ce bouquin, je l’ai écouté (oui, parce qu’il s’agit d’un livre audio) sur toute la période de notre dernière tentative de FIV. On aurait pu trouver mieux comme timing…

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Sarakontkoi ?
Le roman se situe dans une société américaine fermée qui subit de fortes baisses de fertilité dues à divers facteurs (notamment une « catastrophe » dont il est question une ou deux fois dans le livre). Dans cette nouvelle société, les femmes sont sacrées. Les épouses de Commandeurs sont privilégiées, les Econofemmes sont les épouses d’hommes pauvres, les Marthas sont des sortes de gouvernantes dans les maisons riches. Et les Tantes endoctrinent les Servantes, ces femmes vêtues de rouge, seules capables de procréer, dont les riches couples louent les services…

Tenpenskoi ?
La. Claque. Ca fait un moment que je n’avais pas lu un aussi bon roman de SF. Il s’agit ici d’une dystopie, la description d’une société qui se veut parfaite, mais qui cache en fait un régime de répression et de suppression des libertés.

Un passage m’a marquée au cours de ma lecture : il évoque la différence entre « liberté de » (freedom to) et « libéré de » (freedom from). Les femmes ne sont plus libres de faire ce qu’elles veulent de leurs corps, puisqu’elles sont devenues sacrées. Mais elles sont libérées du regard des hommes, du poids du paraître. Dans ce sens, le livre twiste dangereusement l’état d’esprit du lecteur, et on en arrive même à se dire « est-ce si mal ? » C’est ce danger que pointe Margaret Atwood. Ces pensées liberticides qui agissent pour le bien de l’Humain. Elle décrit une société tyrannique, sans libertés, révoltante, qu’elle met en contraste avec notre société actuelle, tellement brutale, sale, effrayante qu’en tant que lecteur, on est perdus, tiraillés entre notre révolte interne et cette solution définitive, liberticide, qui pourtant solutionne les combats que nous menons aujourd’hui.

Tout ça bien entendu sur fond de cataclysme (dont on ignore la nature). On sait juste qu’à un moment, le monde a cessé de tourner rond, et que la réponse de cet état américain (le Massachusetts si mes souvenirs sont exacts) a été de geler les libertés, en commençant par les comptes en banque des femmes. Tout ça dans une passivité générale effrayante. Mais dans leur situation, aurions-nous fait différemment ? Les quelques manifestations et contestations ont été étouffées. Privées de moyens financiers, les femmes n’ont eu d’autre choix que de passer dans la clandestinité, ou de s’en remettre aux hommes. Les enfants issus de seconds mariages, d’adultères, ou hors mariage ont été arrachés à leur famille pour être confiés à des familles pieuses « dignes » de les élever, donc riches.

Margaret Atwood nous tient et nous coince dans un présent quasi constant qui nous étouffe, nous empêche d’avancer, d’aller de l’avant, qu’elle entrecoupe de bribes de souvenirs décousus, confus parfois. De sensations passées. Comme Defred, on ne comprend pas comment la société en est arrivée là. Le final est sans importance, relayé au second plan, avalé par l’énormité de ce qu’on vient de lire. L’épilogue, une conférence universitaire qui a lieu probablement des dizaines d’années plus tard, après la chute de cette « civilisation », ironise cette partie de l’Histoire, la relègue à une simple étude du passé, oubliant presque que ce qui est arrivé alors peut encore se produire aujourd’hui. Cela ne ferait-il pas échos à… ?

Le roman est très dense, j’en ai probablement oublié. Mais lisez-le.

Pour info :
éditions Robert Laffont, 544 pages, collection Pavillons Poche, 11,50 EUR

Publié dans Highway to FIV

Ainsi finit la FIV 1

Salut les loulous !

Bon, je fais un update FIV rapide, je ne vais pas m’attarder, mais comme nous avons suivi un nouveau protocole, j’ai pensé qu’il serait bon d’en toucher deux mots ici.

Effectivement, nous disposions déjà d’un embryon congelé. Qui dit embryon congelé dit 5 jours de maturité, donc de plus grandes chances de survie par la suite.

Pas de piqûre pour cette fois-ci, ce qui, je l’avoue, fut un soulagement, mais des hormones en cachets et de la progestérone en ovules à prendre matin, midi et soir. Je vous raconte pas la galère quand on a dû passer quelques jours chez mes parents pour les aider à finir la cuisine. Pas le plus grand des conforts pour m’insérer ces foutus ovules de progestérone dans le vagin. Parce que oui, sinon c’est pas drôle, c’est par en bas que ça passe. « Puis-je les prendre par voie orale ? » ai-je innocemment demandé à l’infirmière qui m’a tendu l’ordonnance (bah oui, au cas où ce soit juste de la pure torture et qu’il y ait moyen de pas me foutre le majeur dans le vagin à toutes mes pauses dej’). « Si vous voulez dormir, oui », m’a répondu l’infirmière. Bon, mon majeur dans le vagin ce sera.

Au bout de 14 jours (donc le jour supposé de l’ovulation), écho de contrôle. Pas d’ovulation (en même temps, je dois ovuler une fois sur 3000… ça serait bien qu’on le précise en cours de science d’ailleurs, qu’on n’ovule pas à chaque fois !) et l’endomètre est… bien je dirais, même si l’interne avait pas l’air extatique. Ceci dit, j’ai arrêté de m’attendre à ce qu’on danse la Macarena chaque fois qu’il se passe un truc cool. C’était un lundi. Transfert prévu le samedi.

Cette fois, je suis prête, j’ai bu 1,5l d’eau en moins d’une heure, ma vessie sera pleine. C’est sans compter sur les 2 heures d’attente. Bah, j’ai dû aller aux toilettes entre temps, en prenant bien soin de reboire 1l chaque fois que je faisais pipi. Pas question de ne pas voir J5 cette fois (et je l’ai vu passer, on aurait dit une minuscule comète, une étoile filante, notre vœu perso). J’ai l’impression qu’on est 1 million dans la salle d’attente. La gentille biologiste m’a dit que je devais relativiser, me calmer, que j’avais l’air fébrile. « Vous savez, mon époux bosse aux soins palliatifs, avec les gens en phase terminale ». Je vais être méchante, mais quand ils sont morts, ils sont morts. Moi quand ça plante, je suis toujours là, et je dois gérer. Enfin, je dis « je »… « Nous, » Chéri et moi. Bon OK, moi c’est moins grave. Mais si on part de ce constat, il doit toujours y avoir plus grave.

Transfert OK, on attend. 10 jours, c’est moins long que pour la dernière tentative. Cette fois, j’attends d’être à la maison, avec Chéri, pour voir le résultat. Pas folle, la guêpe. Je suppose que tu t’en doutes, le résultat est négatif. J’ai bien versé quelques larmes. Mais je pense que la quantité de larmes doit diminuer de façon exponentielle par rapport au nombre d’échecs. On s’en remet un peu plus vite à chaque fois. Mais on espère aussi peut-être un peu moins.

Et puis, on commence à comprendre qu’il y a d’autres moyens d’être parents. On explore nos possibilités. Récemment, j’ai entendu quelque chose qui m’a fait réagir, que j’ai du mal à traduire en français : « Where God guides, God provides ». Je ne crois pas en Dieu, mais je pense que notre équivalent serait : « La vie ne t’impose jamais plus que ce que tu pourrais supporter ». C’est vrai, j’aime cette façon de voir les choses.

Après 3 essais, 2 ponctions embryonnaires, 2 transferts et l’ombre de 0 grossesses, la FIV n°1 se clôture. La date de la prochaine est notée dans le calendrier…

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Publié dans Madame Je-Sais-Tout, Sors ta science

Sors ta science #17

Ami du jour, bonjour !

Ce week-end (et une bonne partie de la semaine d’ailleurs), j’étais avec mon cher et tendre à la campagne, pour aider mes parents à refaire toute la cuisine de notre maison de famille. Bon, refaire la cuisine, c’est un euphémisme. Faire la cuisine. Passer les alim’ d’eau, l’électricité, les évacuations, faire le placo, refaire le sol, monter et poser les meubles. Bref, toussa toussa. Pourquoi je te raconte tout ça ? Parce que ma maman avait acheté des couverts en bois et de la vaisselle jetable en plastique (bah ouais, pas de cuisine, c’est pique-nique) dans l’espoir de pouvoir recycler. Mais, le saviez-tu, tout ne se recycle pas. « Mais y’a le petit logo ! » a dit ma maman. « Chez nous, c’est trop bien, tout se recycle » a ajouté ma cousine. Que nenni, jeune padawan. Il existe multitude de symboles qui, bien qu’ayant trait au tri ou la vigilance du consommateur sur le traitement des déchets, ne signifie pas que tout se recycle.

Alors, tu viens ? Je vais t’expliquer 2-3 trucs.

point vertLe premier symbole, le point vert. Le truc le moins bien compris de tous les temps. Toi, en tant que consommateur, quand tu vois ça, tu te dis que l’emballage se recycle. C’est vert, c’est des flèches qui tournent. Et c’est FAUX. Ce logo signifie simplement que la firme qui a produit cet emballage a payé une redevance à Eco Emballage. De l’argent contre une bonne conscience. Enfin, c’est mon avis. Mais il n’est ni issu de produits recyclés, ni recyclable pour autant.
Je suis un peu excessive, parce qu’Eco Emballage travaille à la communication autour du recyclage, finance des projets visant à augmenter la quantité d’emballage recyclés auprès des acteurs publics et privés, etc. Je te laisse jeter un œil sur le site si tu es intéressé.

moebiusEnsuite, parlons du ruban de Möbius. Là encore, c’est joli, c’est vert (mais pas toujours), ce sont de petites flèches qui forment un triangle. Mais ça ne veut toujours pas dire que ta commune l’acceptera dans la poubelle jaune. Le produit est recyclable techniquement, mais pas nécessairement traité dans ton centre de traitement. C’est assez peu spécifique en fait, et en tant que consommateur, ça te donne assez peu d’infos.

moebius+
Si le ruban est noir et affiche un pourcentage, la signification est légèrement différente. Le pourcentage indique la quantité de matière recyclée présente dans l’emballage.

PETVoilà le symbole que tu dois chercher sur les emballages en plastique ! Il indique la composition de l’emballage. À l’intérieur (ou à côté, selon la taille du logo) figure un chiffre compris entre 1 et 7 qui identifie le matériau. En dessous, tu trouveras la nomenclature du plastique en question. Je vais juste t’indiquer les plastiques recyclables, les autres, tu les trouveras ici.
1 PET (Polyéthylène Téréphtalate) : utilisé dans les bouteilles d’eau, de vinaigre et d’huile, etc., de certaines barquettes et j’en passe. Ca, dans la poubelle jaune.
2 PE HD (Polyéthylène Haute Densité) : utilisé dans les bidons de lessive et de produits ménagers, les bouteilles de shampooing, les plastiques assez rigides. Idem, poubelle jaune.
5 PP (Polypropylène) : utilisé dans la vaisselle en plastique, les gourdes, les emballages de beurre, etc. Là, c’est plus compliqué, attention, ça dépendra de ta commune. À Paris, par exemple, tu peux le recycler. Bonne nouvelle les Clermontois, Clermont Auvergne Métropole recycle une partie du PP, mais pas tout, notamment les assiettes en plastique (jette un œil sur leur site si tu as un doute). Si t’es pas de Clermont, Google est ton ami… ah non, Ecosia, restons verts. Ou ta communauté de commune. Ou ta commune.

Pour le reste, c’est un peu moins compliqué.

verre recyclable
Là, il s’agit de verre, et le verre est plus facile à trier, parce qu’on le trie depuis plus longtemps, déjà, et parce qu’il y a moins de sortes de verres. En Allemagne, on trie encore les verres colorés et les verres blancs. Pas en France. Je te laisse jeter un coup d’œil ici, c’est assez intéressant et ça peut répondre à quelques questions. En gros, tout le verre ne se recycle pas. Ton saladier en verre, ta tasse en verre, tes assiettes ou ton plat Pyrex ne se recyclent pas. Tout le reste, hop, pas dans les déchets ménagers, mais dans le bac à verre de ta commune ! Mieux sans couvercle ni bouchon, mais le tri sera fait de toute façon.  Cherche le petit logo 🙂

L’acier et l’aluminum se recyclent également. Tu trouveras ces logos sur les emballages. Donc là encore, c’est poubelle jaune !

Tu vas trouver un million d’autres logos, qui vont te paumer, parce qu’ils veulent dire tout et son contraire. En voici quelques exemples, certains sont importants, d’autres franchement, à part donner bonne conscience au producteur, on pourrait s’en passer.

tidymantriman

Tidyman et Triman t’indiquent juste qu’il faut jeter dans une poubelle et pas par terre, et que si c’est possible, tu dois trier.

poubelledechetterie

Ici, on t’indique de ne pas jeter dans la poubelle pour le premier picto, et de déposer en déchetterie pour le second.

Je t’épargne les forêts gérées durablement, et autres Bio, petites feuilles vertes, etc. Sache qu’un emballage est rarement bon. On fait au mieux, mais le tri, la valorisation des déchets, reste un souci majeur. Ceci dit, des projets voient le jour, des initiatives qui repoussent les limites du recyclage.

Le mot de la fin : les sacs plastique jetables ne se recyclent pas. Quant aux sacs en fécule de maïs qu’on voit fleurir un peu partout parce qu’ils sont « biodégradables », leur production nécessite une quantité incroyable d’eau. Alors demande à ta maman / mamie / copine de te faire des sac en tissu pour aller faire tes courses. Ou bien fais-le toi-même, ça marche aussi, si tu sais coudre 🙂 (Petite info, je sais coudre, alors si tu en veux, demande-moi).

Et pour finir, un petit exercice pratique : où vont ces emballages ?
N’oublie pas, le site Consignes de tri est ton ami !

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Sur ce, sincères poutous, prends soin de toi, et jette un œil à tes emballages 🙂

 

 

Publié dans La pensée qui panse, Madame Je-Sais-Tout

La pensée qui panse #22

Ami du jour, bonjour !

Dernièrement, j’ai traversé une période pas jolie jolie. Des choses qui n’allaient pas. Ou bien moi, tout simplement, qui ne voyait que ça. Toujours est-il que je me suis extirpée tant bien que mal de cette merde, sous les yeux inquiets de mon adoré, en écoutant des choses et des personnes qui font du bien à la tête. Qui parlent d’amour de soi, de confiance et j’en passe. Bref. Parmi ces personnes se trouve l’acteur et comédien Zachary Levi, que tu as peut-être vu dernièrement dans le film Shazam !

Lors d’un échange entre Zachary avec Jay Shetty (dont je te recommande les vidéos si tu es anglophone) sur la santé mentale, mon oreille a été accrochée par une citation. En voici la retranscription :

On n’arrête pas de jouer parce qu’on vieillit. On vieillit parce qu’on arrête de jouer.
(We don’t stop playing because we get old. We get old because we stop playing.)

Ce sont des mots empruntés à Oliver Wendell Holmes, écrivain, médecin, essayiste et poète américain du XIXe. Je les aime beaucoup. Jay Shetty appuie sur le fait que, quoi que l’on entende par « jouer », il est important de garder des yeux d’enfant, et non de se conduire comme un enfant. Voir le monde simplement, être soi, et non ce qu’on attend de nous. Se faire confiance. Parce que jouer, c’est aussi ça. Être là où on est, pas demain, pas aujourd’hui, mais maintenant. Comme un enfant.

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Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Caraval (Stephanie Garber)

Ami du jour, bonjour !

Je ne peux pas te parler que de bouquins que j’ai aimés. Et pour le coup, je trouve important, malgré l’avis de certains, de dire quand on n’a pas aimé un livre. Si personne ne le fait, le livre est jugé comme faisant l’unanimité, et c’est dommage d’accorder à un bouquin un crédit qu’il ne mérite pas nécessairement. Alors aujourd’hui, je nuance cher ami, je nuance (oui, mon chat est sur la photo, c’est pour faire passer la pilule…).

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Sarakontkoi ?
Depuis le départ de leur mère, Scarlett et Donatella subissent le joug d’un père tyrannique et violent. Mais Scarlett espère bien lui échapper en épousant l’homme qu’on a choisi pour elle, qui lui a promis, dans sa correspondance, d’étendre sa protection à sa sœur. Mais l’occasion se présente de vivre une aventure : participer aux jeux de Légende, le maître de Caraval. Avec l’aide de Julian, un marin, Scarlett et Donatella fuient leur île, leur père, et s’engagent dans une folle aventure, faite de magie, de faux-semblants et de révélations. Au passage, elles pourraient bien en apprendre plus sur leur histoire…

Tenpenskoi ?
Pour être honnête, après avoir lu les nombreux avis élogieux, je me suis dit que ça me ferait du bien de replonger un peu dans une bonne fantasy, quelque chose d’haletant, de mystérieux. Pour le mystère, j’ai été servie. C’est tellement mystérieux que ça te laisse sur le bord de la route. J’ai trouvé les lois qui régissent l’univers très floues, je n’ai pas compris où voulait en venir l’autrice. Créer un jeu dont les protagonistes découvrent les règles au fur et à mesure, pourquoi pas. Mais même en gardant ça à l’esprit, j’ai eu l’impression d’assister à une private joke géante, où tout le monde s’amusait en tâtonnant, sauf moi. Un peu comme dans les escape games tiens (oui, tu l’auras compris, c’est pas mon truc).

En ce qui me concerne, le style ne sauve même pas le roman. Sans être très mauvais, il est rempli de stéréotypes et de lieux communs qui, en soi, ne gênent pas la lecture, mais m’ont fait lever les yeux plus d’une fois. C’est long, un peu redondant par moment. C’est dommage.

Bref, une lecture peu concluante qui me laisse un goût de… meh. J’ai le tome 2, mais j’avoue préférer accorder mon temps à des romans plus intéressants.

Pour info :
éditions Bayard Jeunesse, 400 pages, 17,90€

Publié dans Bouquinade, Roman

Celle qui venait des plaines (Charlotte Bousquet)

Ami du jour, bonjour !

Aaaaaaah (long soupir de satisfaction) qu’il est doux de prendre quelques jours de congés. Si tu suis mon compte Instagram, tu auras peut-être vu que Jino, Pascal et moi, on est allés faire un tour du côté du Verdon, et que c’était à couper le souffle ! Comme quoi, on a de très belles régions en France, et, même si je vis dans la plus belle, je dois bien avouer que j’en ai pris plein les mirettes ! Trêve de blabla, me revoici avec un roman classé jeunesse (même si, bon… jeunesse n’est pas le premier qualificatif qui me vient à l’esprit quand je le lis). C’est merveilleux parfois, de se laisser porter par ce que la vie, en l’occurrence, ma libraire, nous propose !

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Sarakontkoi ?
Blue Horse Creek, 1921. Virgile n’a qu’une idée en tête, se venger de Winona, la femme qui a assassiné son père. Winona est une métisse Amérindienne. Comme beaucoup d’enfants de sa culture, elle a été enlevée à sa famille par les Wasicuns, les blancs, et enfermée dans un pensionnat dont la seule mission est d’arracher ces jeunes à leur culture de sauvages. Rejetée par les siens parce qu’elle est trop blanche, par les blancs parce qu’elle n’est qu’un animal, Winona fuit. L’amour, la haine. Elle n’aura de cesse de parcourir ces plaines qui autrefois étaient les siennes, pour y suivre les légendes de Calamity Jane, qu’elle a connue, de Buffalo Bill et de tant d’autres. Son histoire, elle la raconte à Virgil.

Tenpenskoi ?
Comme je te l’ai dit, c’est ma libraire qui m’a conseillé ce livre. « Je ne sais pas trop expliquer pourquoi, mais il faut le lire » m’a-t-elle dit. « Banco », ai-je répondu. Et puis, avec Charlotte Bousquet, on ne prend jamais de grands risques. L’écriture est simple, sans fioriture, elle valse entre le présent et les passés, sans jamais perdre le rythme qu’elle maîtrise à la perfection. Elle n’en est que plus poignante. On y saisit chaque propos, et sans vraiment s’en rendre compte, on arrive à la fin du livre en se disant « ah, c’est déjà fini » ?

On est bien loin du pathos de certains ouvrages qui décrivent la vie et les souffrances des natifs Américains. Winona raconte son histoire sans pleurs, sans cris, mais avec beaucoup de franchise et de recul, et BAM, toi, lecteur, tu te la prends en pleine poire. Personnellement, je déteste qu’on essaie de me faire pleurer. Ou pire, qu’on me culpabilise. Charlotte Bousquet, dans toute l’étendue de son talent, n’a besoin d’aucun de ces artifices pour faire mouche.

En bref, j’ai découvert Charlotte Bousquet dans un polar chez Rageot, je la retrouve chez Gulf Stream, avec le plus grand plaisir. Je vous donnerai donc le même conseil que ma libraire : foncez.

Pour info :
Gulf Stream éditeur, collection Électrogène, 360 pages, 17,50 € (avec la tranche verte en sus, c’est cadeau, et c’est beau !)

 

Publié dans Albums, BD, Bouquinade

Le Super week-end de l’espace (Gaëlle Alméras)

Ami du jour, bonjour !

Dans une semaine, je suis en VACANCES ! Quelques jours histoire de décompresser tranquilou bilou. Et puisque ça coûte une jambe d’aller à Londres, on s’est rabattus sur les gorges du Verdon. Pourquoi je te raconte tout ça ? Ca a un rapport avec le bouquin dont il est question aujourd’hui, promis ! Chéri et moi, on a loué un petit Air BnB dans la coupole d’un ancien observatoire, et l’hôte, passionné d’astronomie (il possède un télescope semi-pro, un truc de ouf !) propose une petite séance de 2h d’observation du ciel. Et ça, ça a tout à voir avec ma lecture du jour !

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Sarakontkoi ?
Orni, Castor et Rat sont en route pour un super week-end. Un week-end d’observation de l’espace, pendant lequel Rat les initiera à la magie des étoiles, des planètes, et autres corps célestes.

Tenpenskoi ?
Tu auras peut-être reconnu le fameux album dont j’ai tiré mon dernier Sors ta science ! Encore un merveilleux conseil de ma copine Laure, qui me propose toujours des BD déroutantes et délicieuses.

Le week-end de nos trois petits amis est une occasion merveilleuse d’aborder tout ce qui touche l’espace, avec des mots simples, sans trop entrer dans les détails. Cela dit, on donne assez de matière au jeune lecteur pour aiguiser son appétit et lui donner envie d’approfondir le sujet. Quant à ceux que l’astronomie n’intéresse pas, le livre est suffisamment concis et ludique pour leur faire passer un bon moment.

Les illustrations sont aérées, majoritairement en noir et blanc, le trait est naïf, ce qui met des concepts un peu abstraits à la portée de tous. Le texte est simple et clair. Personnellement, à 30 ans, j’ai moi-même appris pas mal de petites choses bien sympas.

En gros, c’est un livre à mettre entre toutes les mains !

Si tu veux en voir un peu plus sur le desing de l’intérieur, je te propose de faire un tour sur le site internet de George, sur la page du livre, mais pas que !

Pour info :
Maison George, 96 pages, 19,50€

Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

Origine (Dan Brown)

Ami du jour, bonjour !

Eh non, je ne lis pas plus que d’habitude dans les faits, mais tu vois, le livre audio a ça de bon que tu peux faire autre chose tout en avançant dans tes lectures. Du coup, ces dernières semaines, c’était Le Compte de Monte-Cristo au boulot (que j’ai chroniqué il y a quelques jours) et Origine dans la voiture et à la maison.

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Sarakontkoi ?
Robet Langdon a définitivement la poisse, à se trouver là où il ne faut pas. Son ami et ancien étudiant, le futurologue Edmond Kirsh, a lancé un buzz et s’apprête à donner une conférence qui changera la phase du monde. Il a réussi  répondre de manière empirique à deux questions fondamentales que se pose l’humanité : d’où venons-nous ? Où allons-nous ? Réponses qui pourraient bien donner un bon coup de pied dans les fourmilières des religions et anciennes croyances scientifiques. Mais tout ne se déroulera pas comme prévu…

Tenpenskoi ?
Perso, Dan Brown m’avait séduite avec Da Vinci Code et Anges et Démons, que j’avais totalement adorés. Il m’avait presque convaincue de la véracité de son histoire, et les récits avaient tous les deux un certain rythme qui m’avaient scotchée au bouquin. Je n’en avais pas relu depuis, je l’avoue. Alors quand je suis tombée sur la version audio d’Origine en médiathèque, je me suis dit que c’était l’occasion. Et pour le coup, parfois, il vaut mieux rester sur sa première impression.

Je m’explique : les romans de Dan Brown sont indubitablement très bien documentés, ce qui les rend crédibles, pour moi en tout cas, lectrice néophyte sur la question. La réflexion philosophique, scientifique, religieuse m’a beaucoup plu et m’a interpelée, ce qui n’est pas négligeable. J’aime aussi cette ambivalence de Brown, qui attaque les religions à travers ses antagonistes (parce que oui, il s’agit souvent d’une opposition Histoire / religion ou science / religion), mais modère ce propos grâce à son personnage principal, Langdon, et au dérouler de son histoire. On a donc une réflexion que je trouve posée, qui ouvre la voie au débat, mais surtout à la tolérance et à l’ouverture d’esprit. Ca, c’est pour le côté cool. On tombe également de temps à autres, et c’est le cas ici, sur des personnages touchants, très bien écrits.

Pour le reste, bien que le roman soit rythmé, je l’ai trouvé long. Pas dans son histoire, mais dans la manière dont elle a été écrite. Finir les chapitres sur un effet suspens, c’est cool sur quelques chapitres, ça donne envie de continuer. Mais finir TOUS ses chapitres là-dessus, ça a quelque chose de lourd. À des moments, ça m’a gonflée, j’ai failli arrêter. Et puis là, on te promet THE révélation, qui va changer le monde, détruire les religions bla bla bla. On t’en parle tellement tout le bouquin que quand tu apprends de quoi il s’agit, tu te dis que oui, c’est intéressant… mais décevant et clairement pas à la hauteur de l’attente. Et puis tout le temps répéter, comme un mantra, les deux questions « d’où venons-nous ? Où allons-nous ? » Oui, j’ai compris, merci. Oui, toutes les œuvres citées ont un rapport avec l’origine et le futur, et c’est chouette, c’est bien trouvé, mais là, c’est surtout chiant.

Un mot sur le lecteur (comme quoi, un bon lecteur sur un livre audio, c’est méga important) : lecture claire et posée, rythmée. Mais je n’ai pas aimé. C’était trop rythmé et surtout trop rythmé toujours pareil. Du coup, tu n’entends plus que ça à la longue.

Pour conclure, Dan Brown qui caricature Dan Brown pour moi… je n’ai qu’un mot à dire : dommage.

Pour info :
Grand format : éditions JC Lattès, 576 pages, 23€
Format Poche : éditions Le Livre de Poche, 576 pages, 8,70€

Publié dans Madame Je-Sais-Tout, Sors ta science

Sors ta science #16

Ami du jour, bonjour !

Nan, la rubrique Sors ta science n’est pas morte non plus, juste un peu fatiguée… eh, c’est pas évident de te trouver des trucs sympas à te mettre sous la dent, toi lecteur assidu du blog, toi pointu des mots, des expressions ou simple curieux !

Bah là, la machine se remet en route, et je m’en vais te causer d’espace. Pas de mètre carré, mais de ciel, d’étoile, d’exploration. Aujourd’hui, je te cause voyage dans l’espace.

Bientôt va tomber un billet sur une petite BD prêtée par ma collègue et grande copine Laure (le teaser de ouf), et c’est dans cette BD que je suis tombée sur cette petite merveille.

Alors question :
– quel est le métier de Neil Armstrong ?
– quel est le métier de Thomas Pesquet ?
– quel est le métier de Sergueï Prokopiev ?
– quel est le métier de Liu Yang ?

Allez, tu as le droit de tricher. Et si tu as la curiosité de chercher sur Internet, tu verras que tous ces gens font le même métier : aller dans l’espace et faire des trucs scientifiques dans une station spatiale, en gros.

Mais sais-tu que, même s’ils font le même métier, ce métier n’a pas le même nom partout ?

En effet :
– Neil Armstrong est astronaute = américain
– Thomas Pesquet est spationaute = européen
Sergueï Prokopiev est cosmonaute = russe
Liu Yang est taikonaute = chinoise

Voilà, à présent, tu peux grave te faire mousser dans les discussions trop sérieuses entre collègues 🙂

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