Publié dans Bouquinade, Roman historique

Max (Sarah Cohen-Scali)

Et un second article, parce que ça fait franchement un bout de temps que je n’ai rien posté (honte à moi). Mais l’amour donne des ailes, et puis, c’est chronophage… sans compter un déménagement en bonne et due forme dans un appartement avec mon nom sur la boîte aux lettres… et sur les factures EDF. Bref, tout ça pour dire que je n’ai toujours pas internet, et que le temps me manque (encore). Mais ce billet-là, j’avoue que j’espérais pouvoir l’écrire depuis un moment déjà ! Max, vous vous souvenez, le fameux roman qui a passé presque un an dans la rubrique « En ce moment, je lis » du blog. Eh bien, je l’ai terminé ! Victoire !

max

Sarakontkoi ?
Dans les années 1930, un étrange personnage décide de nous raconter son histoire. Façonné de A à Z par, pour et dans l’idéologie Nazie, il ne jure que par le Führer, dont il espère être un digne représentant. Des foyers du programme secret du Lebensborn aux rues d’une Pologne détruite et occupée, jusqu’aux écoles de l’élite allemande, le jeune Max raconte son combat quotidien pour être digne de la race supérieure : les Aryens.

Le voile est levé sur un phénomène tellement horrible et inhumain qu’on pourrait le croire inventé de toutes pièces. Mais Sarah Cohen-Scali est bien renseignée, et grâce à ses recherches, elle nous plonge dans le fanatisme de l’idéologie nazie. Tissé par la bouche d’un de ces enfants fabriqués, par ses mots et le regard froid qu’il jette sur le monde qui l’entoure, et dans toute l’horreur de son innocence, ce roman dissèque de l’intérieur les naissances programmées destinées à faire de l’Allemagne un peuple de grands guerriers.

Tenpenskoi ?
Un livre touchant par ses personnages, par la justesse de ses mots et l’absence de pathos, d’apitoiement, il est juste ce qu’il faut pour nous faire prendre la mesure de ce qu’Adolph Hitler a construit et détruit. Parce qu’il faut savoir, comprendre et surtout faire preuve de sympathie — ou d’empathie — une œuvre majeure, pour les petits comme pour les grands… je salue également l’originalité du point de vue. À lire !

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Scripto, 480 pages, 15,90€ chez votre libraire (qui j’espère vous le recommandera)

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

A comme Association, tome 7 : Car nos cœurs sont hantés (Erik L’Homme)

Amis du jour bonjour !

Les chroniques s’enchaînent malheureusement un peu lentement en ce moment, faute de temps. Mais voici celle de l’avant-dernier A comme Association, dont vous trouverez les chroniques des tomes précédents ici.

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Sarakontkoi ?
Jasper est devenu, sans le savoir, l’ennemi public numéro 1. Il pourchasse le mystérieux mage, qui lui-même recherche, pour des raisons obscures, le patron de l’Association. Alors que même les Anormaux semblent en avoir après lui, il est victime d’hallucinations contre lesquels il est impuissant, se découvre des pouvoirs qu’il ne pensait pas avoir, tombe amoureux de l’agent stagiaire Nina, et découvre le lien étrange qui l’unit à Ombe. De quoi perdre ses repères…

Tenpenskoi ?
Au lieu de nous éclairer comme je le pensais, ce tome nous plonge dans une perplexité bien plus grande encore. Pas tout à fait un livre de transition, mais pas non plus un tome plein de révélations, Erik L’Homme nous en donne pourtant suffisamment pour que nous ayons envie de terminer la saga. Et quand je vois la taille du tome 8, je me dis qu’on n’est pas sortis de l’auberge…

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Grand Format, 208 pages, 10,05€ chez votre libraire

Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

Vagabonde, tome 3 : Les mauvais joueurs (Hervé Jubert)

Amis du jour, bonjour !

Et une chronique à la bourre, une ! En même temps, vous ne m’en tiendrez pas rigueur, j’en suis certaine. Ça court ça court, de banques en visites de maisons — grand dieu ! — je vis au moins trois vies… aparté : ceux qui ont parcouru brièvement la page En ce moment, je lis auront peut-être remarqué qu’en effet, j’ai manqué à mon auto-promesse, je suis bien en train de vendre mon âme au diable des livres… Pour les autres, voici ma dernière lecture achevée.

vagabonde3
Sarakontkoi ?
Billie Bird est de retour, bien décidée à sauver son père des griffes de la mystérieuse organisation qui essaie de reconstituer la fontaine du Zodiaque. Cette fontaine qui, nous le savons à présent, peut contrôler les voyages dans le temps. Suite à une retraduction du manuel de ladite fontaine, il ne reste pas une centaine de jour à Billie pour sauver son père, mais à peine une semaine ! Et bien sûr, le sort s’acharne contre elle. Elle aura besoin d’une fine équipe pour s’en sortir. Et dans ce rôle-là, le jeune Séraphin (son petit frère) ne sera pas en reste…

Ça y est ! Les personnages tombent les masques, et l’auteur soulève les jupes des faux-semblants. Comme dans les tomes précédents, Billie fait preuve d’une grande ténacité, et d’un grand sens de l’improvisation. Grâce à des concepts et des outils de plus en plus technologiques — eh oui, ça sert d’avoir remporté le gros lot dans le premier tome –, Billie est unstoppable. Mais lorsque l’illusion cesse et que la trahison est révélée, Billie redevient ce qu’elle a toujours été : une ado avec un sacré bagou.

Tenpenskoi ?
Une jolie clôture. L’imagination de l’auteur s’envole un peu plus haut dans chaque tome, comme s’il s’enlevait des barrières au fur et à mesure. Mais c’est pour notre plus grand plaisir. Les relations entre les personnages s’affirment, et dessinent les contours de l’intrigue jusqu’à la révélation finale. Je dois tout de même avouer que je trouve la grande clôture un peu farfelue, mais qu’importe, nous avons laissé Billie nous balader, et on a aimé !

Pour info :
Rageot, collection Thriller, 240 pages, 9,90€ chez votre libraire

Ici, les tomes 1 et 2 !

Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

40 jours de nuit (Michelle Paver)

Amis du jour, bonjour !

Voilà voilà, de retour pour un nouveau roman. Désolée, j’ai mis un peu de temps à le terminer. Pas une question d’apprécier ou pas le bouquin, mais avec le boulot, je m’effondre un peu de fatigue le soir. Et comme j’ai dû vous le dire déjà, je me réveille à 4h du matin, le livre fermé à côté de moi et la lumière allumée. Donc j’y suis allée 3 lignes pas 3 lignes. Enfin, le résultat est là.

Crédits couverture : Lorette Mayon pour Hachette / BlackMoonimage : © Elizabeth Ansley / Arcangel Images
Crédits couverture : Lorette Mayon pour Hachette / Black Moon
image : © Elizabeth Ansley / Arcangel Images

Sarakontkoi ?
Hivers 1937. Jack vit à Londres. Sa vie se résume à une routine dans laquelle il n’est que trop heureux de s’enfermer. Un boulot sans gloire, pas franchement lucratif. Un logement miteux. Des études de physique qu’il n’a jamais pu terminer, faute de moyens. Lorsqu’on lui propose un poste d’opérateur pour une expédition dans l’Arctique afin d’observer le climat et la banquise sur place, son premier réflexe est de refuser. Mais bien vite, il se laisse gagner par le goût de l’aventure et embarque pour le Grand Nord. Deux de ses compagnons n’arrivent même pas jusqu’en Norvège, et c’est à trois — Jack, Gus et Algie — qu’ils débarquent sur la banquise et se préparent aux mois d’obscurité qui les attendent. C’est sans compter sur les superstitions du capitaine du navire, qui maintient qu’il n’est pas sain de s’installer dans la baie de Gruhuken…

Au début, on se dit « bien, le journal d’un explorateur, mais encore ? » Jack y consigne ses pensées, ses soupçons, ses peurs, ses réticences. Mais bien vite, lorsqu’un à un ses compagnons abandonnent l’expédition — qui semble maudite –, ce journal devient son seul compagnon, sans compter la meute de chiens qui l’accompagne. D’une routine scientifique, on assiste peu à peu à une montée de la terreur dans l’esprit de Jack, seul dans la nuit polaire qui durera plusieurs mois. Pires que les tempêtes, les instants de silence lui révèlent les secrets qui hantent la baie.

Tenpenskoi ?
Lorsque ma très chère Aurélia m’a dit que le bouquin était génial, je me suis dit « banco, j’achète ». J’ai même rencontré l’auteure, qui est franchement adorable (et dont, si le sort est avec moi, je pourrai poster une mini-interview sur le blog). En commençant à le lire, je me suis dit « mouais, enfin, les machins à la Cousteau, c’est pas mon truc ». Mais c’est très intelligemment que Michelle Paver distille la terreur dans son roman, pour arriver à une parfaite apothéose dans les derniers chapitres. Un coup de maître !

Pour info :
Hachette, collection Black Moon, 288 pages chez votre libraire

Publié dans Albums, Bouquinade

Elza : C’est quand tu veux, Cupidon ! (Didier Levy / Catherine Meurisse)

Bonjour bonjour !

Un long silence, encore une fois. Quelles étaient mes bonnes résolutions, déjà ? Ah oui, poster plus souvent. Enfin, vous me pardonnerez j’en suis sure, parce que je reviens aujourd’hui avec non pas un, mais deux billets (le suivant étant un mot du jour, bande de petits veinards…). Bien, vous souvenez-vous de notre petite Elza, dont je vous avais parlé dans ce billet ? Eh bien, figurez-vous que je me suis fait plaisir en m’achetant l’intégrale sur le salon de Montreuil, il y a quelques mois !

elza
Crédits couverture : ill. Catherine Meurisse, © éditions Sarbacane

Sarakontkoi ?
Elza, notre jeune adolescente de 14 ans, revient, signe et persiste dans son style à elle. Elle n’en démordra pas, Robert-Louis, c’est pas son type, et Darius Mirouflet, ça va bien 5 minutes, mais faut pas trop pousser non plus. Entre ses lettres à Johnny Depp, et ses réclamations à Marylin Manson, elle trouve tout de même le temps de faire la belle, et de s’inventer des destins extraordinaires…

Tenpenskoi ?
Un éclat de rire en papier, voilà ce que c’est. On déguste les petites histoires de Didier Levy comme une Chupa Chups XXL avec un chewing-gum au milieu : on a hâte de finir pour le chewing-gum, mais on adore suçoter le bonbon ! Et je ne vous parle pas des illustrations de Catherine Meurisse, qui sont la cerise sur le gâteau. Moi j’ai bouffé ça dans le métro, et j’ai prié pour que ça ne finisse jamais.

Malheureusement, le Dieu des livres ne m’a pas écoutée : la série s’arrête, les petits exemplaires en format paysage sont épuisés et il ne reste que les grands formats (dommage). Pas de réimpression prévue, pour cause de réception assez tiède. Bah les gens, vous avez du caca dans les yeux ? C’est un petit bijou ! (Même toi, Romain, tu adorerais.) Penchez-vous dessus, vous m’en direz des nouvelles !

Pour info :
Éditions Sarbacane, 60 pages, 16€ chez les libraires chez qui il en reste (courez, même Amazon est en rade !)

Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

Vagabonde, tome 2 : Le gang du serpent (Hervé Jubert)

Bonsoir à tous !

Voilà un bout de temps que je n’avais pas posté de chronique de roman. Ne m’en veuillez pas, j’ai terminé Les Âmes Vagabondes (relecture rapide avant la sortie du film en avril). Et puis, je lis lentement en ce moment. Je suis épuisée, et je me réveille à 5h du matin, le livre sur le ventre et la lampe de chevet allumée. Mais puisque nous parlons de vagabondage, partons donc sur la piste de Billy Bird, dont vous pourrez trouver le premier tome des aventures ici.

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Sarakontkoi ?
Nous retrouvons notre jeune Billy au début des vacances d’été. Elle attend des nouvelles des ravisseurs de son paternel afin de connaître la teneur de sa prochaine mission. Lorsqu’elle la rate d’un micro-poil, elle n’a plus qu’une solution : trouver un élément qui éveillera l’intérêt des ravisseurs autant que ce pli qu’elle devait récupérer. Elle repart donc à bord de la Vagabonde en compagnie d’Octave, après avoir laissé le jeune Séraphin à son grand-père fantasque. Mais rien ne se passe comme prévu, et le voyage se transforme en une chasse au trésor géante qui les mènera sur les traces d’Alexandre le Grand, de Cordoue à Venise en passant par les Météores…

Tenpenskoi ?
Je ne referai pas les critiques que j’ai faites pour le premier tome. L’auteur signe de son style adulescent le deuxième tome des cette trilogie de plus en plus haletante. On en découvre un peu plus sur les personnages, et paradoxalement, ils sont toujours plus entourés de mystère.

Cette fois, l’auteur va au bout de son récit, dans le bon comme dans le mauvais. Des liens se créent, se renforcent, et Hervé Jubert n’hésite pas à sacrifier ses personnages sur l’autel de l’intrigue. En bref, un deuxième tome charnière, qui révèle juste assez d’éléments pour nous donner l’envie de sauter sur le troisième volume. Clouuuuuuuuuuuur, délivre mouaaaaaaaaaah !

Juste une info, en tant que résidente de la ville où fut rédigé le cahier des charges de la mythique auto, on ne dit pas « dodoch », mais « deudeuch » !!!

Pour info :
Rageot éditeurs, collection Thriller, 240 pages, 9,90€ dans votre librairie.

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Les Royaumes du Nord (Philip Pullman)

Amis du jour, bonjour !

Laissez-moi donc commencer par vous souhaiter à tous une bonne année, pleine de résolutions tenues (incluant la ponctualité, les régimes et l’abolition de la procrastination)… du moins jusqu’à fin janvier. Me voici me voilà, avec une surprise en revenant sur le blog et en jetant un œil aux stats : mais que vous est-il arrivé ? J’ai un pic monstrueux de visites le 2 janvier ! Plusieurs options :

– après les fêtes, je vous ai tellement manqué que la première chose que vous avez faite en vous relevant de votre indigestion d’huîtres au champagne (avec un peu de bûche glacée dans le vinaigre aux échalotes, ce que je vous pardonne, on n’a pas toujours les idées très claires après quelques verres), je vous ai tellement manqué, disais-je, que vous vous êtes jetés désespérément sur votre PC pour venir checker les nouvelles.

– on vous a offert le bouquin d’un sombre inconnu, vous avez tapé son nom sur Google histoire de voir un peu ce que c’est et de décider si vous allez le laisser croupir à côté de votre lit en vous promettant de vous mettre à lire (tiens, une autre résolution) ou bien vous créer un compte Priceminister pour le revendre (on sait jamais, un pignouf peut très bien être intéressé, lui).

– maman, l’ordi un 2 janvier, c’est pas cool !

Bref, toujours est-il que je vous remercie de la fidélité que vous avez témoignée en 2012. J’espère que notre petite communauté s’étendra, histoire de partager encore et encore ! Et ça promet, parce, eh, pendant les vacances, Super Papa a terminé la bibliothèque dans la maison de campagne familiale ! Un rêve de môme qui se réalise. Une. Vraie. Bibliothèque ! Bref, voici donc ma lecture de Noël, que j’avais sur mes étagères depuis un bout de temps, mais que ma coupine Maëlle et son amour pour Pullman m’ont plus ou moins poussée à lire. Si vous êtes arrivés jusqu’à ce stade du post, félicitations, attachez vos ceintures et c’est parti !

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Sarakontkoi ?
Dans une Angleterre quasi intemporelle, les hommes, les femmes et les enfants naissent avec un daemon, sorte d’appendice de leur âme qui se promène à leur côté sous la forme d’animaux. La jeune Lyra a grandi parmi les érudits de Jordan College à Oxford, sous la tutelle d’un oncle absent. Elle y a développé une grande curiosité et une assurance insolente, et commence à se poser des questions sur les nombreuses disparitions d’enfants. Lorsque son oncle revient à Jordan College, après une de ses expéditions dans le grand Nord, et parle aux érudits de ce qu’il appelle la Poussière, chacun semble mal à l’aise. Lyra ne comprend pas ce qu’est la Poussière, ni pourquoi la belle et brillante Mme Coulter s’intéresse à elle au point de l’emmener avec elle à Londres. Mais lorsque le manteau de charme et d’intelligence de cette dernière se déchire, Lyra s’enfuit pour un voyage dans le Nord, sur les traces de son oncle et des enfants disparus, accompagnée d’une troupe de gitans. Commence un périple semé de dangers, mais aussi de découvertes et de drames.

Je me souviens avoir vu le film il y a quelques années. « Une honte », s’est exclamée Maëlle lorsque je le lui ai dit. « Rien à voir avec le bouquin ». Alors je lui ai répondu que je le lirais. « Fais-le dans un moment de détente, pendant des vacances », m’a-t-elle suggéré. Pullman, c’est un de ses héros. Bref, me voilà donc à me lancer dans cette aventure (une trilogie dont je n’ai pour le moment lu que le premier tome). Je m’attendais à un roman pour enfants. Il n’en est rien, même si, comme vous pouvez le voir sur la couverture, Gallimard l’a publié dans sa collection « Folio Junior ». Je vous accorde cependant que c’est un roman dont le personnage principal est un enfant.

Tenpenskoi ?
On plonge en fait dans un univers un peu « steampunk » (genre révolution industrielle, charbon, vapeur, acier et machines volantes type Zeppelin), sans vraiment connaître l’époque. On explore de nouvelles croyances, une nouvelle façon d’aborder la religion, tellement proche de la nôtre par ses pratiques, mais dont le contenu est légèrement modifié. Et on fait avec les personnages des découvertes scientifiques majeures, effrayantes et captivantes. J’ai aimé les personnages, la fraîcheur de leur franchise, et leur diversité. J’ai aimé ces nouvelles croyances, à la fois proches des nôtres et pourtant différentes par leur contenu. J’ai aimé la complexité de ce monde aux règles étranges, cette idée d’un petit bout de nôtre âme que l’on ne contrôlerait pas. Bref, Maëlle avait raison, du concept à l’écriture, des personnages aux péripéties, ce livre a tout d’une grande épopée. Le tome 2 pour dans pas longtemps (là je suis plongée dans la relecture de The Host, de Stephenie Meyer).

Bisous mes choux (avec un x à la fin, parce que c’est comme ça que se pluralisent bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, et pou).

Pour info :
Pour cette édition : Gallimard Jeunesse, collection Folio Junior, 504 pages, 8,40€ chez votre libraire !
Pour l’édition grand format : Gallimard Jeunesse, collection Grand format littérature, 360 pages, 17,80€ chez votre libraire.
Pour l’édition adulte : Gallimard, collection Folio SF, 533 pages, 7,50€ chez votre libraire.

Publié dans Albums, Bouquinade

L’étrange réveillon (Bertrand Santini / Lionel Richerand)

Amis du jour, bonjour !

Nous y voilà, cette fameuse ligne droite avant Noël. Au revoir douce mélancolie automnale, langueur des jours qui raccourcissent. Bonjour bains de foule des dimanches au centre commercial, cadeaux de dernière minute, déco de sapin et derniers chocolats du calendrier de l’avent. Tiens, d’ailleurs, en parlant de Noël, voilà un petit OVNI, rencontré sur le salon de Montreuil. Le bouquin, l’auteur, l’illustrateur… tous barrés.

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Sarakontkoi ?
Arthur est un tout jeune orphelin, richissime. Malgré son personnel de maison qui s’emploie à s’occuper de lui au mieux, à le distraire, il s’ennuie. Alors pour le réveillon, il décide d’inviter les morts. La soirée est moins mouvementée qu’il ne le pensait, jusqu’à ce que…

Un album tout en rimes, bizarre, plein de tendresse et… d’asticots ! Quand la disparition d’êtres chers laisse un sentiment d’absence et d’abandon que rien ne peut combler, le jeune Arthur décide tout simplement de se tourner vers les morts. Parce qu’il veut en savoir plus sur la vie, sur la mort… Et puis, croire qu’une clique de cadavres vous fera passer une soirée digne de La Fièvre du samedi soir, c’est un peu croire croire au père Noël, après tout.

Tenpenskoi ?
Une vision hyper loufoque de la vie, du bonheur, de l’absence et de la peine. Un doux parfum de mélancolie, un brin acide, un peu comme du miel sur une tartine de beurre salé. Un délice. Le tout porté par les illustrations cromignonnes-adorables-macabres-colorées de Lionel Rocherand, un arc-en-ciel en pleine nuit. Adieu chants de Noël, bonjour squelettes apprêtés. Un album « genre Tim Burton » d’après M. Santini. Oui Monsieur, je confirme. Mais ça reste du Santini :). À croquer.

Pour info :
Grasset Jeunesse, 46 pages, 13,50€ chez tous les bons libraires !

Publié dans Albums, Bouquinade

Aux Merveilles d’Alys, Magasin zinzin (Frédéric Clément)

Bonjour à tous !

Je suis si bien lancée, pourquoi m’arrêter en si bon chemin ? Me voilà donc à embrayer sur un album (encore). Non. Bien plus qu’un album. Un souvenir, une histoire que je me raconte encore et encore, lorsque d’aventure je me dis « quand j’étais petite ». Parce que cet album a inspiré le premier texte que j’ai joué au théâtre. Je devais avoir, quoi, 9-10 ans. S’inquiétant pour ma vie sociale inexistante (et l’air renfrogné que j’affichais constamment), ma maman avait décidé de réagir, et de me trouver une troupe, ce qui m’obligerait à parler avec des jeunes gens de mon âge, à sortir de ma coquille. Comment vous dire qu’elle a visé dans le mile…? C’est au théâtre que j’ai rencontré le premier garçon pour lequel je me suis maquillée : David Malleret, un rouquin adorablement drôle à qui je n’ai jamais osé dire un mot. Et c’est encore sur scène que je me suis sentie le mieux. Bref, tout ça pour vous dire que rien qu’en pensant à ce bouquin, en parcourant de nouveau ces lignes, j’ai été envahie d’une douce nostalgie. Et il est dédicacé par l’auteur !

magasin zinzin

Sarakontkoi ?
Alys est une marchande de merveilles. Dans son magasin, elle a tout, tout, tout. C’est son anniversaire. Et voilà qu’arrive un étrange marchand ambulant qui lui propose des trésors uniques qu’on ne trouve nulle part. Pas n’importe quels trésors, non ! Des fragments de contes ! Un éclat de la pantoufle de Cendrillon, une écharde du nez de Pinocchio, le poudrier de Blanche-Neige et j’en passe ! Et enfin, un cadeau inestimable, plus précieux que tous les trésors…

Tenpenskoi ?
Un texte plein de poésie, rythmé et magique, qui emportera, j’en suis sure, les petits et les grands dans un voyage à travers l’enfance, le rêve, les aventures fantastiques qu’on ne peut qu’imaginer. Mais aussi un magnifique objet, que Frédéric – réel artiste – a créé comme un patchwork, une boîte à tout, une boîte à merveilles, dans laquelle vous pouvez impunément fouiller. Un peu comme le grenier de votre grand-mère, où vous aimiez tant chercher les trésors répertoriés sur des cartes inventées. Un délice pour les oreilles, un délice pour les yeux, et un bonbon pour le cœur. Un indispensable !

Pour info :
Ipomée – Albin Michel, 64 pages, 22,90€ chez votre libraire (croyez-moi, vu l’objet, il les vaut !)

Publié dans Albums, Bouquinade

Émile (V. Cuvellier / R. Badel)

Bonjour bonjour !

Aujourd’hui, on part sur des albums. Les températures sont négatives (on se caille vraiment !), les décos de Noël brillent dans les fenêtres des maisons (et parfois dans les rues, quand on a la chance de pas avoir une municipalité radine malgré un taux d’impôts supra-élevé), et les sapins sont partout. Parfait pour vous faire découvrir deux petites indigestions de bûche avant l’heure…

Émile veut une chauve-souris

Émile veut une chauve-souris – Émile est un petit garçon capricieux. Ou têtu. Et ce que veut Émile aujourd’hui, ce n’est pas un chien. Pas un hamster. Pas même un cheval. Non, ce que veut Émile, c’est une chauve-souris ! Elles vivent dans le noir ? Alors on éteint les lumières ! Elles mangent les moustiques ? Alors on allume tout. Pas logique tout ça. Tant pis, Émile a une autre idée…

Émile veut un plâtre

Émile veut un plâtre – Émile a décidé qu’il voulait un plâtre. Un plâtre, ça fait aventurier. Ou un pansement sur le visage, ça fait pirate. Mais il faut d’abord se faire mal. Et pour Émile, il n’en est pas question…

Tenpenskoi ?
L’écriture fluide et mordante de Vincent Cuvellier a un délicieux goût de caprice. Ça pique un peu, et c’est désopilant. En déformant ainsi les souhaits parfois démesurés ou insensés des enfants, il réussit à amuser petits et grands. Et quel rythme ! C’est comme une bonne blague, sur plusieurs pages. On se demande toujours où ça nous emmène ! Si vous êtes hermétiques à Toto, c’est pas grave, celle-là, c’est de la bonne vieille blague, une qui tombe pas à plat.

En passant, magnifique travail de Ronan Badel, qui a donné à Émile une frimousse boudeuse de fripouille, dans un univers totalement épuré. Et ça fait du bien aux yeux. Bref, une histoire Haribo, parce que c’est beau la vie, qu’on soit grand ou petit… à lire avec précaution, faudrait pas donner des idées aux mioches !

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Giboulées, 28 pages, 6€ chez votre libraire !