Publié dans Bouquinade, Roman

Treize raisons (Jay Asher)

Amis du bon matin, bonjour !

Ce matin, en ouvrant mes rideaux occultants, quelle ne fut pas ma surprise de ne pas entendre les gloussements des adolescentes et les interpellations au français approximatif des jeunes lycéens du quartier. Mais oui m’sieur-dame, notre belle France est en vacances. Enfin, pas la France qui bosse, l’autre 😉 Trêve de plaisanterie, ce silence me fait du bien, alors avant de partir au boulot, un billet sur un bouquin que j’avais sur mes étagères depuis un bout de temps…

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Sarakontkoi ?
Hannah Baker s’est suicidée. Mais, loin des suicides empâtés de pathos de ceux qui ont baissé les bras, elle laisse à des camarades soigneusement choisis 7 cassettes. 13 faces qui expliquent les raisons de son geste. 13 faces qui pointent un doigt accusateur sur les piques anodines, les rumeurs adolescentes, les gestes et paroles déplacés que l’on dispense sans vraiment y prêter attention. 13 faces qui vont changer la vie des 12 personnes à qui elles sont destinées. Clay Johnson est l’une de ces faces, et, l’espace de quelques heures, il suit Hannah dans son dernier enfer.

Tenpenskoi ?
Tout d’abord, laissez-moi vous dire que pour moi, ce livre n’a pas été évident à aborder. Je ne m’étendrai pas là-dessus, mais le suicide est un acte que je ne connais pas et que je ne comprends pas. Avant de lire ce livre, il s’agissait pour moi d’une manière de baisser les bras, une ultime tentative d’attirer l’attention et un geste d’un égoïsme sans nom. C’est dur à écrire, dur à entendre et à comprendre. Aujourd’hui, je n’ai pas changé d’avis. Parce que le suicide d’Hannah Baker est différent. Il n’est pas un acte de lâcheté. Il est un acte. Sur ses détracteurs, Hannah pose un regard condescendant, et plein d’ironie. Et cette décharge d’accusations nous fait du bien. Un peu comme une catharsis, on évacue nos propres frustrations.

Même si l’idée de départ est morbide, le fond est mordant, et on a du mal à croire que cette jeune fille cynique, drôle et d’une intelligence si juste sur ses cassettes ait décidé de mettre fin à ses jours. C’est comme si, consciente qu’elle allait disparaître, elle osait enfin recracher tout l’acide qu’elle avait avalé. Ce qui, en fait, est le cas. Cela dit, je comprends la démarche, la détresse, mais toujours pas le geste final, quand ce que cette jeune fille décrit est certes atroce, mais pas pire que ce qu’endurent chaque jour des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants. Je sais en tout cas que ce roman ne m’a pas lâchée (oui, c’est lui qui me tenait). Cela dit, j’entrevois à présent comment l’idée du suicide, une fois implantée comme une possibilité dans un esprit fragile, peut germer et faire son chemin pour s’imposer comme une nécessité. Bref, à lire !

Pour info :
Pour la première édition : Albin Michel, collection Wiz, 288 pages, 13,70€ chez votre libraire.
Pour l’édition poche : Le livre de poche, 320 pages, 6,90€ chez votre libraire

PS : pardonnez-moi si mes propos ont paru injustes ou cruels à certains. Je ne fais que donner une opinion, qui est la mienne. Le suicide est un sujet sensible. Le débat reste ouvert cela dit, et je suis consciente que le fait que certains aimeraient vivre et ne le peuvent pas n’oblige pas les autres à profiter de leur vie… et pourtant !
Pour vous illustrer mes propos, voici un bouquin que je n’ai pas lu, mais que je pense me procurer très vite : Je veux vivre. L’histoire d’une jeune fille condamnée par la maladie, qui veut tout vivre avant sa mort. Voici le lien http://www.pocketjeunesse.fr/site/je_veux_vivre_&100&9782266217149.html.

Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

Le dernier ours (Charlotte Bousquet)

Amis du soir, bonsoir !

Rien de tel qu’un peu de détente après avoir passé la journée à flipper parce qu’on a braqué ma bagnole. Ces cons ont explosé ma vitre arrière et m’ont  volé mes flèches et un paquet de chewing-gum vide… Tout ça pour ça, on voit l’intelligence ras les pâquerettes des gens aujourd’hui. Bref, merci Carglass… Je suis donc heureuse de vous retrouver ce soir. Et pour commencer, un livre conseillé (et le mot est faible) par Clour, que vous commencez à connaître maintenant, et que vous avez peut-être, pour les plus malins d’entre vous, commencé à rattacher à mes lectures Rageot… 😉

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Sarakontkoi ?
Au Groenland, en 2025, la situation politique est tendue. Privé d’une pseudo indépendance politique, le Groenland est officieusement rebaptisé « New Danemark ». Dans les méandres de ce conflit, les natifs de l’île refusent le joug du continent, quitte à vivre dans la pauvreté. Le père de la petite Karen est de ces résistants. C’est d’ailleurs pour toucher une belle prime qu’il abat une ourse et vend ses oursons au zoo. Karen a tout vu. Karen se sent liée à ces deux oursons, à Anuri en particulier. Elle devient la sœur de l’ours. Adulte, sa soigneuse. Un lien étrange les unit. Un lien qui n’aurait rien de naturel ? Karen le découvrira dans sa fuite pour sauver Anuri d’une mort injuste. Pour découvrir sa véritable identité.

Tenpenskoi ?
Une lecture éclaire lors d’un aller-retour Clermont-Paris. Je n’avais que ça à faire, certes, mais que cette lecture est prenante ! Pas seulement du point de vue de l’histoire, mais aussi au sens littérale. Ce genre d’histoire haletante, qui vous prend la gorge et le souffle. Un rouleau compresseur qui écrase un asphalte puant et malsain. On découvre le Groenland, île oubliée dans nos cours de géo-politique du lycée, que l’on confond souvent avec cette émission stupide dans laquelle faire caca dans la rue entre deux voiture représente le summum de l’humour (oui, je parle de Groland). Une histoire qui pourrait devenir réalité si l’homme continue à vivre selon son adage « quand on peut savoir, on doit savoir », ce qui, d’un point de vue moral, le rend presque insupportable.

En bref, personnages humain et animaux attachant, au caractère fort. Des paysages grandioses dans leur beauté, dans leur hostilité, dans l’horreur de ce que l’homme en a fait. La plume de Charlotte Bousquet, qui fait tout passer, comme le morceau de sucre qui aide la médecine à couler. Et avant même que vous ne vous en rendiez compte, vous avez terminé et digéré le bouquin. Ne vous reste plus qu’à savoir quoi faire de tout ça. Un texte humain, touchant, loin des discours moralisateurs et sans fin de Yann Arthus. Une mise en garde. Un appel à l’aide.

Pour info :
Rageot Éditeurs, collection Rageot Thriller, 272 pages, 9,90€ chez votre libraire

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

La passe-miroir, livre 1 : Les fiancés de l’hiver (Christelle Dabos)

Amis lecteurs / blogeurs, bonsoir !

Les jours raccourcissent, il fait de plus en plus froid. Avant même l’orgie de bonbons d’Halloween, on reçoit déjà les catalogues de Noël. Alors, la seule chose dont on ait vraiment envie en ce moment, c’est de se caler devant un feu de cheminée avec un bon bouquin. Bon, d’accord, je parle surtout pour moi. Mais croyez-moi, ce bon feu de cheminée, vous l’apprécierez d’autant plus avec le bouquin qui arrive ! (Vous avez vu ce titre ?)

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Sarakontkoi ?
Un monde, que l’on suppose être le nôtre, a explosé en plusieurs morceaux, appelés des Arches. Sur chaque Arche, un esprit de famille, sorte de Dieu immortel et vestige de l’ancien monde, règne en maître sur les habitants. Ophélie, jeune fille frêle et effacée, s’occupe tranquillement de son musée sur Anima. Sa spécialité ? Lire les objets, c’est à dire voir le passé de leur ancien propriétaire. Du jour au lendemain, elle se retrouve fiancée à un haut dignitaire d’une Arche hostile et glaciale, le Pôle. Elle devra y suivre son fiancé dans le flot perpétuel des complots de cour. Mais elle découvrira qu’elle n’a pas été choisie au hasard…

Tenpenskoi ?
Lauréat du prix du premier roman Gallimard Jeunesse, quelle aubaine ! Finaliste du choix du jury, choix final du public, c’est donc le premier tome d’une (probable) quadrilogie que vous avez dans les mains. J’avoue que j’étais sceptique au départ : encore une série ? Encore de la fantasy ? Encore des histoire d’amour prémâchées ? Sceptique quant au titre. Mais aussi à l’histoire. Tous ces trucs d’uchronie futuriste un peu fantasy, ça devient d’un banal… Et puis, en fait, vous vous retrouvez avec des personnages bien plus profonds qu’il ne semblent l’être, des complots plus sombres, plus compliqués que ne le laisse présager le synopsis.

Au final, on tient dans ce tome (et quel tome ! plus de 500 pages) : une intrigue bien ficelée, des personnages atypiques, une conspiration, et un univers extrêmement plausible, avec ce quelque chose de familier, mais de totalement nouveau aussi ! Tout ça emballé dans un style léger et très simple, de ceux qui portent, sans qu’on en voie réellement les mots, les plus grandes histoires. Mais c’est que ça laisse présager de très longues heures de plaisir à dévorer les tomes suivants ! À lire !

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Grand format littérature, 528 pages, 18€ chez votre libraire !

Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

La vie sexuelle des super-héros (Marco Mancassola)

Chers amis lecteurs,

Après l’avant-première que j’ai postée il y a deux jours, me revoici avec plusieurs chroniques. D’abord parce qu’entamer 50 bouquins fait qu’on a de grandes chances de les finir tous en même temps. Et ensuite parce que je n’ai pas pris de le temps de les faire dès que j’ai eu terminé de lire tout ça. Et pour commencer la saga, un billet un brin meurtrier. Du genre de celui que j’avais posté sur La Couleur de l’âme des anges. Comme quoi, trouver un titre et une couv’ sympas, ça ne fait pas tout.

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Sarakontkoi ?
On suit plusieurs histoires à la fois, entre les années 70 et aujourd’hui, des scandales qui touchent des super-héros, en l’occurrence : Mister Fantastique, Batman et Mystique. De nos jours, ils se sont tous reconvertis. Plus aucune aura de mystère ne les entoure. Ils sont tantôt scientifiques, tantôt stars d’un show TV. Le lien qui les unit ? Les messages d’adieu anonymes qu’ils reçoivent, et la position scabreuse, ou la situation gênante dans laquelle ils se trouvaient avant de mourir.

Tenpenskoi ?
Et vous pensez, d’après le titre, que vous tenez le fin mot de l’histoire ? Qu’il s’agit, comme c’est indiqué sur la 4e de couverture, d’atteindre les héros à travers leur sexualité ? Eh bien non, tout ce bruit pour rien (autant vous dire que le gars qui a fait la 4e de couverture s’est chié dessus pour être polie). Des scènes de sexe, vous allez en trouver, ça oui. Mais le style est lourd. L’intrigue est mal développée, et la fin laisse un goût de « et alors ? » Les scènes de sexes, qui visiblement tendaient à pimenter l’intrigue, à la rendre plus profonde, plus intime, à faire tomber les héros de plus haut, sont vulgaires et inutiles. Et l’auteur joue sur la technique de l’élastique : il étire affreusement les dénouements des scènes, pour au final ne pas arriver à grand chose. Et puis, rien n’est vraiment approfondi. Bref, toute cette débauche probablement pour illustrer la décadence de la grande Amérique, la chute de l’époque de la grandeur et de l’honneur… des valeurs après le drame du 11 septembre. Mouais.

Attention, on a tout de même quelques passages intéressants, notamment lorsque le corps est mis en scène, les sensations décortiquées. Parce qu’un héros ne se réduit pas à son seul pouvoir, il est aussi un corps qui porte toutes ses facultés. Un corps qu’il ressent et qu’il subit. Et certaines histoires ont de la profondeur. Personnellement, j’ai trouvé le bouquin long et sans grand intérêt. Même le style n’est pas topissime. D’ailleurs, l’auteur parle lui-même d’un livre dans le livre en ces termes : « l’habituel mélange de ragots, de suppositions morbides et d’écriture bas de gamme ». C’est tout à fait ça, quelle mise en abîme ! Bref, il devait être écrit, je devais le lire, mais ça s’arrête là.

Pour info (sur l’édition que j’ai lue) :
Gallimard, collection Folio, 608 pages, 8,70€ chez votre libraire (s’il arrive à vous convaincre de l’acheter).

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Mathieu Hidalf, tome 4 : La bataille de l’aube (Christophe Mauri)

Amis du jour, bonjour !

Je ne suis qu’une voix du passé — nous sommes le 2 septembre — et je viens de terminer le tome 4 des aventures de notre tête brûlée préférée. Oui, certains sont privilégiés. Le livre sort dans plus d’un mois, et je ne peux déjà plus attendre de lire le tome 5. Pour vous, en avant-première…

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Attention, SPOILER ! Si vous n’avez pas lu les tomes précédents, ne lisez pas le paragraphe qui suit !

Sarakontkoi ?
Mathieu a été banni de l’école pour avoir suivi les ordres qu’il pensait venir du capitaine Louis Serra. Il a fait l’indéfaisable : il a prononcé le Serment Noir pour sauver l’école, et a ainsi tué son arbre doré. Face à la douloureuse évidence qu’il ne sera jamais Élitien, Mathieu fait en sorte de sombrer dans un profond sommeil enchanté, dont il ne s’éveillera que sous une impossible condition… ou à sa majorité. Mais en faisant cela, il ignore le danger qu’il fait courir à son école bien aimée.

Tenpenskoi ?
Avant de commencer un nouveau tome de Mathieu Hidalf, je suis toujours un peu nerveuse. Pas que je n’aie pas confiance en Christophe, mais j’attends les réponses aux questions qu’il a semées dans les tomes précédents, et je me demande toujours s’il n’en oubliera pas une ou deux, genre questions improbables… Mais jamais il ne nous laisse tomber. Mathieu reste égal à lui même, comme dans chaque tome. Plus ça va, moins le personnage est centré sur lui-même, il commence à grandir. Il est également le bénéficiaire d’un présent qui va changer sa vie.

Un mystère de plus en plus épais entoure Mathieu et l’école. On se demande pendant tout le bouquin où sont les faux-semblants, et — chose que j’ai vraiment appréciée — on a quand même quelques réponses. (Oui, je trouve incroyablement chiants les bouquins où on n’apprend tout que dans le dernier tome). Et puis, c’est toujours aussi génial ! Tellement génial que j’ai piqué une crise quand j’ai cru avoir perdu mon tome 3 dédicacé, au point de râler après ma frangine à qui je l’avais prêté… Encore quelques jours de patience !

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Romans Jeunesse, 320 pages, 13,50€, mais dans deux jours 😉

Publié dans Albums, Bouquinade

Le Yark (Bertrand Santini / Laurent Gapaillard)

Me revoilà pour une nouvelle chronique toute chaude… Quitte à perdre du temps, autant le faire correctement, avant de devoir sérieusement se mettre au boulot (oui, j’ai des textes qui m’attendent aussi). J’ai regardé mon étagère (mentalement), en me demandant quel bouquin je pourrais terminer rapidement, et qui attendait là depuis un bout de temps. La réponse, évidente : Le Yark. Sur mes étagères depuis décembre dernier. Il était temps… d’ailleurs, je vous ai déjà parlé de son charmant auteur, Bertrand Santini, avec L’Étrange réveillon.

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Sarakontkoi ?
Le Yark est un monstre dévoreur d’enfants. Pas par choix, non, mais parce que c’est comme ça. Et, petite nature, le Yark ne peut manger que les gentils enfants. Les méchants lui filent des coliques pas possibles, des pustules et j’en passe. Et leur méchanceté peut même être mortelle. Mais voilà, l’enfant sage devient denrée rare de nos jours. Et lorsque notre Yark tombe enfin sur une pièce de choix, il se prend d’affection pour elle… quel dilemme !

Tenpenskoi ?
Des histoires de monstres, on connaît, on pense les avoir toutes lues. À l’école quand on était petits, à nos frères, nos sœurs, nos fils, nos filles, aux infernaux diablotins qu’on garde le samedi soir pendant que leurs parents s’offrent une — rare — soirée sans criards pour leur couper toute envie de se reproduire. Bref, les monstres, on connaît. Pire, les monstres gentils poussent partout en ce moment, et même les vampires se font agneaux devant de frêles jouvencelles. Mais alors, qu’est-ce qu’il a ce Yark ? Bah, la plume de Bertrand Santini pardi ! Son rythme, son intelligence, et ce petit vent qui porte comme une odeur de barbapapa…

Loin d’être moralisateur, voilà un bouquin qui pointe avec le plus grand flegme, un délicieux second degré, et sans en avoir l’air, les monstres que nos rejetons sont devenus. Petits calculateurs, négociateurs en culotte courte, minis mesquins — et j’en passe — se succèdent. Les enfants adoreront le Yark, les parents la vision des enfants qu’offre Santini. Et en plus, c’est dit de façon tellement jolie ! Un mot sur les illustrations, dont le trait sûr et dansant et la légèreté nous ravissent au fil des pages. De la première majuscule au dernier point, ce bouquin, c’est le sourire pétillant que M. Santini vous adresse, chers lecteurs…

Pour info :
Grasset-Jeunesse, 80 pages, et pour la modique somme de 13€, vous avez entre les mains un magnifique bouquin papier ivoire, dos carré cousu-collé et couverture toilée…

Bientôt dans nos salles, d’après ce que j’ai entendu !

Publié dans BD, Bouquinade

Le bleu est une couleur chaude (Julie Maroh)

Amis du jour, bonjour !

Pendant mes jours de congés (le lundi et le mardi), je perds un peu la notion du temps, et de ce que je fais ou pas… Bref, toujours est-il que — en ayant assez de tergiverser sur la manière dont j’allais bien pouvoir payer mes impôts et faire mon versement annuel sur mon PEL — j’ai décidé de m’accorder 5 minutes, où je ne ferais pas un truc utile. Apprendre à perdre du temps. Et ma perte de temps favorite, c’est la lecture… Une BD que j’avais sur mes étagères depuis quelques semaines, que j’avais commencée bien avant la nomination de son adaptation cinématographique à Cannes, le jour de sa nomination à Angoulême.

le bleu est une couleur chaude

Sarakontkoi ?
Milieu des années 90. Clémentine est au lycée. Sa vie se déroule comme celle de toutes ses amies, jusqu’au jour où elle croise le regard d’une étrange fille aux cheveux bleus. Ses désirs commencent alors à changer, sans qu’elle ne les comprenne, et plus tard sans qu’elle ne les accepte. Sur un fond de tumultes sociaux et de manifestations (il est question du plan Juppé), sa vie bascule. Une passion que ni ses parents, ni ses amis ne semblent comprendre, avec une étrange étudiante aux cheveux bleus…

Tenpenskoi ?
La première chose qui m’a accrochée, c’est la finesse du graphisme. Avant même d’ouvrir le livre, la couverture a joué son rôle d’aimant, m’attirant irrésistiblement à ouvrir ce bouquin et pas un autre (pourtant, Dieu sait qu’il y en avait sur les tables du festival d’Angoulême en 2010)… et l’intérieur n’est pas en reste ! L’histoire est touchante, les personnages authentiques. Quelques facilités scénaristiques et une ellipse un peu trop importante à la fin à mon goût. Manque juste quelques pages, pas grand chose.

Mais c’est tellement peu par rapport à la sensibilité, à l’émotion que dégage le dessin, qui dessert l’histoire aussi bien — même mieux — que le texte. En fait, le dialogue est carrément relayé au second plan, et les extrait de journal sont magnifiques. J’ai aimé perdre du temps, pour une fois. Et malgré le titre, on ressent la brise fraîche de la douleur, de la terreur sociale, et de l’isolement… et tellement d’autres choses plus belles ! À lire…

Plus d’infos :
Glénat, 156 pages, 15,50€ chez votre libraire (pour les copains qui sont dans le coin, je vous le prête quand vous l’voul’voul, parce qu’il est trop bien !)

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Mathieu Hidalf, tome 4 : La bataille de l’aube (Christophe Mauri)

Amis du jour, bonjour !

Fans de Mathieu Hidalf, beware, le tome 4 est prévu pour le 17 octobre. Votre serviteur (-euse, mais ça se dit pas) vient de le terminer. Effacés les doutes de l’auteur, ce tome charnière n’aura pas fini de vous surprendre. Alors seulement, vous comprendrez la torture littéraire qui m’est infligée face à l’attente du dernier tome (le 5e).

Encore un mois et demi pour lire la critique… je la posterai quelques jours avant la sortie 😉

Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

Enquête sur la disparition d’Émilie Brunet (Antoine Bello)

Amis du jour, bonjour !

Et un petit bouquin qui va bien pour bien terminer la journée ! Mon amie Maëlle m’a conseillé ce roman pour commencer avec Antoine Bello. Un moment qu’il traîne sur mes étagères (ça doit être  un des derniers romans que j’ai commandés chez Gallimard avant de quitter Paris), et il me fallait un livre de poche pour bouquiner pendant la pause au boulot. Une rencontre avec un nouvel auteur, c’est toujours un plaisir.

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Sarakontkoi ?
Achille Dunot est un ancien détective, à la retraite forcée à cause d’un accident qui empêche son cerveau de fabriquer de nouveaux souvenirs. Ainsi, il se lève le matin en ayant oublié la totalité de ce qu’il a fait la veille. Mais c’est à lui et à son sens de la déduction que s’adresse son supérieur devant une affaire digne d’Agatha Christie : la disparition de la femme d’un neurologue renommé, spécialiste de la mémoire. Et ça tombe bien, Dunot est un grand fan d’Hercule Poirot. Seul moyen de ne pas oublier son enquête au fur et à mesure, écrire les éléments dans un petit cahier rouge. Il devient ainsi auteur et protagoniste de son propre polar…

Tenpenskoi ?
Tout d’abord, je salue le style extra-simple de l’auteur et l’originalité de l’intrigue. Les personnages cependant, dans la description qu’en fait Bello, ressemblent à s’y méprendre à ceux créés par Agatha Christie. Tout d’abord, le protagoniste : Achille Dunot. Comme Hercule Poirot, il porte le nom d’un héros grec ; et leurs noms sont quasiment identiques. Au-delà de ça, la trame est sensiblement construite comme celles d’Agatha, et on s’attend au même final explosif. Mais bien entendu, il est hors de question que je vous spoile la fin. Une fin hors du commun d’ailleurs revendiquée par l’auteur à travers les mots de son principal suspect. Cela dit, je la trouve un peu facile quand même… l’auteur se dérobe aux difficultés qu’il s’est lui-même fixées.

Si j’avais une critique de forme, ça serait peut-être les encyclopédies sur le roman policier — et sur les romans d’Agatha en particulier — que l’auteur nous ressort tout au long du livre, d’une manière qu’il veut subtile. Or, dans certains passages, ça n’a plus rien de subtil, et on a comme l’impression que des passages entiers des analyses des textes policiers sont récités. Même si c’est le but, il arrive que ce soit un peu lourd. J’en veux aussi énormément à Antoine Bello de révéler la fin de certains romans d’Agatha pour servir l’avancée de son intrigue ! Pour le reste, et jusqu’au dénouement, j’ai littéralement dévoré le bouquin, qui est extrêmement agréable et très facile à lire. Un plus, donc !

Pour info :
Éditions Gallimard, collection Blanche, 256 pages, 17,75€ chez votre libraire (ou 6,60€ en poche pour les petits budgets)

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Stardust (Neil Gaiman)

Amis du mercredi, bonjour !

Je prends 5 minutes, parce que, comme vous pouvez le voir dans la PAL (Pile À Lire), Stardust a (enfin) disparu. Et pour cause, après m’être endormie des centaines de fois au bout de 3 lignes, j’ai enfin trouvé la force de terminer ce dernier chapitre. Tout a commencé lors d’une visite chez Maëlle, mon amie parisienne — peu avant qu’on ne parle koala (que j’ai trouvé, enfin !) pour la première fois. Elle avait posé sur la table de son salon un bouquin, de taille un peu batarde (entre une BD et un roman grand format) et paraissait toute excitée d’avoir trouvé la version illustrée du livre de Gaiman. « Stardust, comme le film ? », ai-je naïvement demandé. « Oui, mais ça n’a pas grand chose à voir », m’a-t-elle répondu. Bref, tout ça m’a turlupinée, et j’avais trouvé les illustrations super jolies en plus. Alors ni une ni deux, je me suis mise en chasse. Amazon a été mon seul recours (pardonnez-moi mon Père parce que j’ai péché), mais je l’ai enfin trouvé. En poche d’abord (je me suis plantée dans ma commande), puis en grand format, illustré. Voilà pour la petite histoire. Comme quoi, faut pas grand chose…

stardust

Sarakontkoi ?
Petit village de Mur, Angleterre – début du XIXe siècle. Le village est bordé par un mur (d’où son nom) dont la seule brèche est étroitement surveillée afin de ne permettre aucun passage ni dans un sens, ni dans l’autre. Tristran Thorn est un individu pour le moins curieux. Un peu lunaire, pas vraiment intégré, ce jeune homme au physique atypique est follement amoureux de Victoria, « la plus belle fille du compté, et même du monde ». Un soir, alors qu’il la raccompagne chez elle, et qu’il énumère les folies qu’il pourrait accomplir pour son amour, une étoile tombe de l’autre côté du mur. Commence alors un long voyage au cours duquel Tristran, dans le but de ramener à sa chère Victoria son étoile chue des cieux, se découvre lui-même dans un pays inconnu et pourtant si familier. Et rencontre chemin faisant des personnages hauts en couleur. Mais il n’est pas le seul à s’intéresser au sort de l’étoile…

Tenpenskoi ?
Un magnifique conte dans la lignée des romans jeunesse de Neil Gaiman, toujours un peu borderline, jamais vraiment incorrecte, mais toujours un peu dérangeant. On retrouve ici toute la naïveté des contes de notre enfance, saupoudrée d’une pincée de cette amertume des adultes qui aimeraient ne pas grandir.

Pour la première fois, je regrette d’avoir vu le film avant d’avoir lu le livre… Bien que très bien adapté, et disposant d’un excellent casting, il révèle néanmoins toutes les clefs du bouquins tout en s’en éloignant pas mal parfois. Les effets de surprise sur la découverte progressive des personnages n’ont donc pas fonctionné. Pour le coup, c’est presque dommage, parce que le film était sympa aussi… Mais à lire, surtout si vous pouvez vous procurer la version originale illustrée par Charles Vess !

Pour info :
J’ai Lu (entre autres), 211 pages (en l’occurrence), 5,80€ chez votre libraire.