Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Mathieu Hidalf, tome 1 : Le premier défi de Mathieu Hidalf (Christophe Mauri)

Allez, petit article en avant première. Le livre ne sortira pas avant septembre. Mais il a atterri entre mes mains… qui ne l’ont pas lâché. Mais pas de spoiler sur la chronique… dans quelques jour (mais avant la sortie, promis).

Enfin le moment que nous attendions tous : moi de vous dévoiler ce petit trésor, et vous de le découvrir, j’en suis sure.

Mathieu Hidalf a dix ans et deux passions : faire tourner son père en bourrique et les bêtises. Pas le chocolat renversé ou la poupée d’une de ses trois sœurs balancée dans les toilettes. Non, des bêtises qui se répercutent dans tout le royaume astrien. Et ces bêtises, savamment orchestrées par le jeune esprit de notre héros, ne se déroulent pas n’importe quel jour. Non. C’est précisément le jour de l’anniversaire du roi, et accessoirement du sien, que Mathieu accomplit ses méfaits. Cette année, pour ses dix ans, Mathieu a mis en place la plus énorme bêtise de sa vie… dont l’accomplissement se trouvera mis à mal par la rupture d’un contrat de paix et la menace pesant sur le capitaine de l’Élite, le héros de Mathieu.

En voilà, un concept original : un jeune garçon, très intelligent pour son âge, lié à son père par divers contrats que ce dernier lui a fait signer. Mathieu se trouve alors plongé dans un monde où les règles sont celles des adultes et il n’a d’autre choix que d’y chercher les solutions à ses problèmes en mettant les lois (oui oui, carrément) de son côté. Les personnages de pestes, en général, ne sont pas ma tasse de thé. Mais celui-ci fait preuve d’une telle ingéniosité qu’il en devient irrésistible. Il a ses rêves d’enfant (entrer à la prestigieuse école de l’Élite entre autres) et doit se défendre avec les armes des adultes.

Christophe Mauri, jeune auteur de 23 ans, fait preuve d’une totale inconvenance, d’une impertinence, d’une insolence fascinantes. On se délecte de son imagination, et on goûte au plaisir que, j’imagine, il a pris en donnant vie au personnage de Mathieu. Le premier tome d’une série dont on attend la suite avec impatience. À lire, que dis-je, à dévorer !

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Hors série littérature,  250 pages

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Des fleurs pour Algernon (Daniel Keyes)

Sur conseils de Nico. Moi la SF, c’est pas mon truc, mais là, j’avais promis. On a parfois de bonnes surprises à suivre des conseils…

Charlie est un jeune arriéré mental. Il ne demande rien à personne et mène tranquillement sa vie, qu’il partage entre son job à la boulangerie et ses cours du soir pour apprendre à lire et à écrire. Son plus grand souhait : devenir intelligent. Un jour, on lui propose une opération qui pourrait faire de lui un génie. Commence alors une longue série de tests, durant lesquels Charlie devra notamment mesurer son intelligence à celle d’Algernon, une souris qui a elle aussi subi l’opération. Après l’opération, rien n’est plus pareil.

L’histoire d’un homme qui, en devenant intelligent, prend conscience de sa condition. La question de l’humanité : qu’est-ce que c’est ? Un homme est-il toujours humain ? Quel rapport avec la conscience qu’il a de ses actes ? Il est clair que la différence gêne, qu’elle soit issue d’une infériorité ou d’une supériorité mentale. Charlie ne trouve pas sa place. Et l’intelligence, si  elle est parfois un moteur si utilisée à bon escient, est aussi le nid des secrets, de la mesquinerie et des peines.

Un récit extrêmement bien mené, où Charlie nous conte lui-même son histoire. On peut ainsi le voir progresser, et comprendre ses comportements qui nous paraîtraient odieux vus de l’extérieur. On est témoins de sa fulgurante ascension et de ses conséquences, de sa vie qui ne lui appartient plus, qui ne lui a jamais appartenu, des révélations sur ses amis. Témoins oui, mais tellement impuissants face à son désarroi… on est aspirés dans un vortex de réflexions sur la nature humaine, sur l’intelligence, et j’ai peur de citer la psychologie, de peur que ce gros mot ne vous fasse passer à côté de ce petit bijou, classique de la S.F. (légère la S.F., on n’est pas dans un lointain futur avec voitures volantes et voyages sur Mars). À lire.

Pour info :
J’ai lu, collection Science-fiction, 252 pages.

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Céleste, ma planète (Timothée de Fombelle)

L’oreille tendue dans le service où je travaille actuellement, j’ai entendu pas mal d’éloges au sujet de ce livre. Et puis, Timothée de Fombelle, je connaissais pour Tobie, et c’est un peu la star de chez Galli Jeunesse. Alors bon, je n’ai pas pris un grand risque.

Un jeune collégien vivant dans un futur possible, une ville où l’on ne pose pas pied à terre, où l’on passe d’un immeuble à un autre via des passerelles, où même les ascenseurs des centres commerciaux sont des centres commerciaux miniatures, ou le sommets des tours se perd dans des nuages de pollution condensés. Une ville qui pourrait être partout et nulle part. Le garçon a décidé de ne plus tomber amoureux, ça fait trop mal. Mais un jour, il tombe sur Céleste, il tombe sous son charme, il tombe amoureux et il tombe de haut. Lorsque Céleste disparaît, il se lance à sa recherche et découvre une terrible vérité.

Une histoire d’amour, mais pas que. Parler de ce livre comme d’un simple traité écologique serait aussi très réducteur. C’est avant tout l’histoire d’un espoir. D’une confiance en l’avenir, en l’être humain, et en sa capacité à ouvrir les yeux sur ce qui l’entoure. Sauver l’amour de sa vie, sauver sa Maison, sa planète. Timothée nous montre que les deux combats ne sont pas si éloignés l’un de l’autre.

Un texte très court, très simple. Adressé aux enfants (ou du moins aux jeunes de plus de 10 ans) de par son ton et ses personnages, ce petit livre reste une magnifique métaphore de l’amour que l’on peut porter à sa planète si on la regarde bien. Loin des discours moralisateur, De Fombelle nous dessine simplement, en quelques pages, ce qui pourrait être. Ce que nous pourrions être. Un vrai petit rayon de soleil ! À lire, pour les grands comme les petits (en même pas une heure, c’est fait).

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Folio Junior, 92 pages

 

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L’amour dure plus qu’une vie (Ann Brashares)

Une des dernières acquisitions de Gallimard Jeunesse (un achat à l’étranger quoi). Le titre était prometteur (en particulier pour les fleur bleues)… et il s’agit de l’auteure de la quadrilogie Quatre filles et un jean (également publié chez Galli Jeunesse). Alors je me suis dit : Let’s see!

Lucy est une lycéenne à première vue banale. Et comme toutes les lycéennes banales, elle en pince pour le mystérieux Daniel, qui ne semble pas lui prêter plus d’attention que ça. Au bal de fin d’année du lycée, il vient pourtant la voir et lui affirme qu’ils se connaissent depuis longtemps. Plusieurs siècles. Lucy, submergée par un flot de sentiments contradictoires et de souvenirs qui ne sont pas les siens, s’enfuit. Quelques années plus tard, elle cherche à connaître la vérité. Son chemin la mènera vers ses passés communs avec Daniel.

C’est le premier roman du genre que je lis. Les réincarnations, tout ça, c’est peut-être du vu et revu, pour moi c’était tout neuf. Et il y a aussi la question de la mémoire. Que faire lorsque l’on se souvient de ses vies antérieures, que l’on dispose de cette Mémoire ? N’être qu’une personne tout au long de son existence, constante dans son caractère, ses centres d’intérêt jusqu’à son prénom, au-delà des contraintes de sexe, d’époque et de milieu social ? Ou bien vivre chaque vie comme elle nous est proposée et construire des liens et une nouvelle vie dans chacune d’entre elles ? Daniel a fait le premier choix. Et c’est au long de ses nombreuses vies que son amour, sa passion pour Lucy, se sont renforcés.

Le livre est plein d’aller-retours dans le temps. J’ai eu peur, au début, que ça ne perturbe la lecture. Mais il s’avère que chaque période est bien ancrée et délimitée, et suit l’avancée logique et chronologique de cette histoire d’amour pas comme les autres. Chaque chapitre est daté et localisé. Pas de soucis de ce côté là. Mais quelques longueurs dans le récit, pour pas grand chose parfois. Je dirais que c’est sympa, mais un peu lourd et un peu long pour une fin dont on ignore si elle est la fin du livre ou la fin de l’histoire (une suite ?). Pas de forte impression sur celui-ci. Mais je vais enfin pouvoir lire Promise ! C’est le bon côté de la chose.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Hors Série Littérature, 368 pages

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La mécanique du cœur (Mathias Malzieu)

Et un petit bijou, un ! Conseillé par Nicolas. Pas un premier choix pour moi à première vue, mais c’est pour ça que parler bouquin a du bon : on a parfois d’agréables surprises…

Jack est né le jour le plus froid du monde, chez une femme un peu sorcière qui répare les choses, enfanté par un femme qui les a abandonnés, lui et son cœur brisé par le froid et une mauvaise chute. Docteur Madeleine répare le petit cœur de Jack avec une horloge, qui le maintient en vie. Et Jack grandit, bercé par l’amour bancal de grands blessés de la vie : deux prostituées abonnées aux avortements et un vieillard à la colonne vertébrale littéralement rouillée qui lui apprend à voir la vie à travers la chanson Oh when the saint ! Jack doit vivre selon trois règles : ne pas toucher les aiguilles de son horloge, ne pas se mettre en colère, mais surtout, ne pas tomber amoureux, sous peine de dérégler la mécanique du cœur.

Une métaphore géante, celle d’un enfant qui dessine l’amour de ses petits doigts innocents. La fraîcheur et la candeur des mots de Malzieu nous enrobent d’un cocon de coton. Chaque mot est à sa place, chaque verbe est pesé. Chaque phrase nous déchire, nous tire, et la mécanique des mots fait résonner et déraisonner dans notre propre cœur les échos de joie et de pleurs passés.

Un roman écrit sur du papier musique dont l’histoire est soufflée par l’instrument de Malzieu. Le livre est accompagné d’une bande originale quelque peu déroutante qui colle aux talons de Jack. Les voyages, les rencontres, tout le pousse, nous pousse, vers cet autre, cet inconnu pourtant évident qui se loge au fond de nous. Aimer c’est avoir mal. Oui, et alors ? De la pure poésie.

Pour info :
J’ai lu, collection J’ai Lu Roman, 155 pages.

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Terrienne, J.-C. Mourlevat

Une incontournable nouveauté de chez Gallimard Jeunesse, la couverture m’a tapé dans l’œil, même si l’histoire, au départ, m’a laissée perplexe. Et puis, en jeune étudiante appliquée, je me devais de me familiariser avec le catalogue de la maison où je suis maintenant en stage pour 4 mois…

Crédit couverture : Patrick Léger pour Gallimard Jeunesse (modèle : Laure)

Sarakontkoi ?
C’est l’histoire d’une jeune femme, Anne, dont la sœur a disparu le jour de son mariage. Anne savait que quelque chose clochait avec le marié. Elle décide de se lancer à sa recherche un an plus tard, lorsqu’elle reçoit un étrange SOS via son poste radio. Le roman commence alors que Anne rencontre Etienne Virgil, un écrivain vieillot sur le déclin qui la prend en stop. M. Virgil est intrigué par cette jeune fille et par son histoire, dont il va bientôt faire partie lui aussi. Avec Anne, il va passer de l’Autre Côté, dans une sorte de monde parallèle, aseptisé, ou personne ne respire, ne rit, où rien n’a de goût, d’odeur, où tout obéit à une logique implacable. Où l’on ne meurt que lorsque l’ennui nous emporte et que l’on décide de « s’asseoir » et de se résigner avant d’être euthanasié et brûlé. Où les Terriens ne sont qu’un mythe…

Tenpenskoi ?
Un thème universel joliment traité. Et le lectorat est loin d’être sélectif : vieux, jeunes, garçons, filles, nous sommes tous concernés. Pas de morale à deux francs six sous sur l’écologie ou l’amour et l’amitié. Mais tout se dépeint en négatif tout au long de cette aventure haletante où le lecteur comprendra seul combien chaque son, chaque goût, chaque odeur et chaque sensation, toute gratuite qu’elle soit, n’en est pas moins inestimable, précieuse.

Avec juste ce qu’il faut d’aventure, de suspens et d’émotion, Mourlevat nous fait passer son message : notre maison n’est pas parfaite, elle est sale, elle pue. Mais c’est chez nous, et c’est cette imperfection qui la rend belle. Les personnages, attachants et parfois décalés, nous racontent une histoire, leur histoire et la nôtre un peu aussi. La fin est ouverte, faites votre choix. À lire !

Pour info :
Gallimard Jeunesse (Hors série fiction), 400 pages.

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Fièvre Fatale, Les Chroniques de MacKayla Lane : tome 4, (Karen Marie Moening)

Hello les gens ! Allez, c’est pas tout de faire l’asociale pour lire des bouquins, faut rentabiliser la chose. Qui plus est, je pense me remettre à vous parler ciné, puisque j’ai eu quelques demandes de ce côté-là (et non, ce n’est même pas ma maman !). Bref, je continue donc sur la série Fièvre, comme vous pouvez le voir. Et pour une fois, Karen nous en donne un peu plus, question infos… mais pas trop quand même, oh !

Montage photo : J’ai Lu, d’après D. Vervitsiotis © Getty

Alors, la question est : que vous révéler sans trop en dire (pour ceux qui n’ont pas lu les trois premiers) ? Au début du tome 4, Mac se retrouve prisonnière de ses addictions sexuelles (pour comprendre pourquoi, vous devez lire le tome 3). Dit comme ça, ça commence très mal. Mais elle finit par ressortir plus fort de cette épreuve et finalement, retourne à son combat contre les faës, aux côtés des siennes (qu’elle a fini par rallier), et en particulier de Danny, qu’elle considère comme sa petite sœur. Mais ce combat, elle le mènera également aux côtés des humains, en la personne de l’inspecteur Jayne. Elle finira par en apprendre plus sur elle, ses origines, sur cette prophétie dont on lui rebat les oreilles, jusqu’à ce que ce qu’elle redoute le plus se produise, et la conduise à sa perte.

MacKayla est de retour, et malgré ce qu’elle peut dire tout au long du récit, elle n’a pas tant changé que ça. Bien entendu, on est loin de la petite américaine moyenne du début, précieuse et j’en passe, mais dans le caractère, la manière de raisonner est la même. Cela dit, les autres personnages évoluent ; certains qui n’avaient été qu’évoqués se retrouvent à combattre dans la Mac team. J’attends le prochain tome pour voir où tout ça va nous mener.

Bref, vous l’aurez compris, un roman riche en rebondissements. À la fin, on finit par les connaître un peu, mais on continue à lire. C’est ce que je vous disais l’autre fois, ce combat entre Karen et nous pour approfondir un minimum notre analyse des personnages. Visiblement, on l’emporte, parce que pour le coup, le personnage de Barrons se dévoile un peu (bien que je ne sois pas certaine que ça nous éclaire vraiment). Dans tous les cas, l’histoire avance, et parfois, la réalité du Dublin qui est décrite ici est inconcevable (pas au mauvais sens du terme, c’est juste énorme). Bref, il faut que ça continue comme ça. Petite précision, on a juste des envies de meurtre sur la personne de l’auteur, pour sa fin… je vous laisse voir ça (et pas de spoiler sur mon blog !).

Petit plus, on a le glossaire, et un livre de recettes (plus ou moins réalisables) spécial Mac. Et puis, d’après ce que Karen écrit dans son adresse au lecteur, c’est le dernier tome. Ouf, je pense que même si ce tome-ci est excellent, tout ça finira par s’essouffler.

Pour info :
J’ai Lu, 595 pages.

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Les Guerres du miroir, tome 2 : Le Spectre de la reine (Frank Beddor)

Et voilà la suite du tome 1, sur lequel j’avais déjà posté un article. J’ai mis un bout de temps à le lire celui-là… Pas un soucis de qualité, non. Peut-être parce qu’au bout d’un moment, on aimerait pouvoir tout lire, et que la lecture d’un bouquin freine celle des autres. Alors le bouquin en question devient limite un fardeau qu’on se force à finir… il faut vraiment que je réorganise tout ça !

Couverture : Vance Kovacs (carte: Doug Chiang)

La jeune reine Alyss de Cœur a réussi à rétablir un semblant de paix au Pays des Merveilles. Elle essaie tant bien que mal de remplir son rôle de souveraine et de panser les plaies laissées par le règne de sa tante Redd. Mais elle s’inquiète pour Dodge, toujours rongé par son désir de vengeance envers le Chat, l’assassin de son père. Des complots se montent contre Alyss et il lui est de plus en plus difficile de savoir à qui faire confiance. Quelqu’un tire les ficelles. Redd peut-elle revenir de son grand saut dans l’inconnu ? Si c’est le cas, Alyss peut-elle se permettre de choisir entre l’homme qu’elle aime et l’avenir de son royaume ?

Bon, réduire le bouquin à la simple histoire entre Alyss et Dodge serait un peu simpliste. Mais en vous dévoilant le reste, j’aurais peur de vous en dire trop. Et que dire alors de ce deuxième opus ? Sensiblement la même chose que pour le premier en fait. Le style est toujours très épuré (la preuve, même les personnages les plus importants meurent en 3 lignes). Est-ce bien, est-ce mal ? Je n’en sais rien à vrai dire. On critique les scènes tragiques à n’en plus finir, mais elles manquent un peu quand elles ne sont pas là. Et toujours cette influence du cinéma avec des passages très visuels, et des pages remplies d’onomatopées, un peu trop à mon goût pour cette fois. Cela dit, l’histoire reste bien ficelée, et va, comme toujours, à l’essentiel.

Une critique par contre : le façonnage du livre est (excusez-moi cette expression) merdique. Et le livre est bourré de fautes, typographiques certes, mais des fautes tout de même. Va falloir se reprendre les gars là !

Et pour clore sur une citation que j’ai bien aimée et que j’appliquerais à cette série, je vole les mots de Denis GUIOT, critique littéraire spécialiste de la SF : « Je préfère […] lire trois romans de trois auteurs, de thématiques et  d’univers différents, que le même roman étiré sur trois tomes sans que cela apporte quoi que ce soit de plus. Les trilogies flattent la paresse du lecteur qui relit ainsi la même chose sans même s’en rendre compte ! » Merci M. GUIOT, c’est exactement ce que je voulais dire. D’ailleurs, les serial lecteurs sont à l’honneur au salon du livre de Paris cette année. Voyons ce qu’on nous dira !

Pour info :
Bayard Jeunesse, 359 pages

 

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L’héritage des Darcer (Marie Caillet)

Bonsoir à tous !

En retard, en retard, je n’ai rendez-vous nulle  part… si ce n’est ici, avec ce bouquin et vous, puisque je vous avais promis ce tête-à-tête. Quelle mauvaise entremetteuse je fais ! Bref, nous y voilà !

Illustration : Patrice Garcia

Mydria Siartt est la fille unique de l’une des plus prestigieuses familles d’Édrilion. Son avenir, elle le sait, est tout tracé : elle épousera un jeune homme influent pour arriver un jour, pourquoi pas, à se rapprocher du trône. Ce qu’elle ignore, c’est que dans ses veines coule le sang d’une ancienne lignée de rois, les Darcer, détrônée il y a 200 ans par les ancêtres de l’actuel « usurpateur ». Elle est loin de se douter que son propre ancêtre lui a légué bien plus qu’une légitimité à la couronne : elle est également la dernière héritière du don d’aile et la seule à pouvoir trouver le fabuleux trésor des Darcer. Elle aura beau fuir cette mission dont elle ne veut pas, on n’échappe pas à son destin, surtout lorsqu’on raconte cette histoire de trésor à des bandits de grand chemin.

Une découverte du salon de la littérature jeunesse de Montreuil. Je salue Maëlle et la félicite de m’avoir épinglée, parce que j’avais un budget serré, et je dois avouer que je n’aurais pas porté mon choix sur L’Héritage des Darcer. Mais après un chantage affectif et esthétique plus que honteux, j’ai fini par céder. Et je ne suis pas déçue ! Pas étonnant que les grands noms comme Anne Roubillard aient choisi Marie Caillet, jeune auteure de 18 ans dont c’est le premier roman, pour faire son entrée dans le merveilleux monde de l’édition fantasy. Marie a su mener son histoire du début jusqu’à la fin, sans y paraître, discrète marionnettiste derrière l’épopée qu’elle a conduite comme un chef. Un périple pendant lequel on aime à marcher aux côtés des protagonistes, une histoire d’amour juste comme il faut et une héroïne qui n’est pas hors du commun, mais que l’on prend comme elle est. Bref, une équipe de bras cassés bien attachante somme toute, et un vrai moment de détente le soir, dans mon dodo.

Il faut juste laisser le temps au bois vert de mûrir un peu, et tout sera parfait. Et ce n’est que le premier tome, Marie m’a dit…

Pour info :
Michel Lafon, 415 pages.

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Fièvre Faë (Les Chroniques de MacKayla Lane : tome 3), Karen Marie Moening

Alors, nous y revoilà ! Encore une série, et pour une fois bien suivie. J’attends de pouvoir dévorer le tome 4, que je n’aurai entre les mains qu’en rentrant à la maison pour les fêtes. En attendant, voilà ce que je pense du tome 3…

MacKayla Lane est de retour. Après avoir été blessée à mort et avoir traversé les pires épreuves pour rester en vie, elle poursuit son objectif : venger la mort de sa sœur, Alina, et pour ce faire, tuer de ses mains le Haut Seigneur, mi-faë, mi-humain. Maintenant, voilà qu’un mystérieux inconnu lui transmet des pages du journal d’Alina, parlant d’une prophétie et d’un Cercle puissant. MacKayla apprendra l’existence de rituels destinés à renforcer les murs entre son monde et celui des faës, mais aussi la raison pour laquelle ils menacent de s’effondrer. Barrons reste toujours aussi mystérieux, tandis que le prince faë V’lane lui fait des cadeaux dont elle ne sait pas trop si elle doit se méfier. Bref, une grande confusion fait rage en elle. Qui la trompe ? Qui doit-elle croire ? Sur qui se reposer ? Nouveaux alliés, nouveaux ennemis. Mais tout cela change-t-il vraiment quelque chose au destin qui l’attend ?

Que dire ? Karen Marie Moening mène toujours aussi bien son histoire. Ce qui est magique, c’est que malgré les situations quelque peu répétitives, on n’arrive pas à se lasser. Parce que Karen a le don de se répéter tout en lâchant à chaque fois une bribe d’information pour tenir le lecteur. Le combat se mène au cœur du livre, mais aussi entre nous et l’auteur, qui n’a de cesse de nous tenir en haleine. Je me suis surprise à être en colère parce que j’en savais trop pour avoir envie de partir, mais pas assez pour étancher ma soif.

Les personnages sont toujours aussi attachants. Cependant, on apprend ici à ne pas se fier à ce qu’on pensait être des valeurs sures. Toutes les certitudes, les habitudes établies dans les tomes 1 et 2, ce tome ne laissera rien intact. Et  une fin à couper le sifflet. À lire.
Au fait, si comme moi vous vous disputez avec votre frangine/amie/mère ou que sais-je sur la prononciation des noms, vous avez un glossaire à la fin.

Pour info :
J’ai Lu, 446 pages.