Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Fille des chimères (Laini Taylor)

Amis du jour, bonjour !

Une nouveauté Gallimard Jeunesse, que je m’étais promis de ne pas lire (oui, vous savez, les anges, les créatures, toussa toussa, c’est très surfait !), et pourtant… quel tort c’eût été !

Crédits couv’ : Clayton Burkhart / Distinctimage
Pour Gallimard Jeunesse

Prague, de nos jours. Karou est une ado fantasque, orpheline, qui a des cheveux bleus, et qui raconte les histoires des amis imaginaires qu’elle se dessine. Pas si imaginaires que ça puisqu’au moindre appel de Kishmish, le messager mi-corbeau de Sulfure, elle court passer la porte entre notre monde et celui des chimères. Parce que Karou mène une double vie : elle est aussi le coursier personnel de Sulfure, le maître chimère de la résurrection. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que ce monde fait d’étranges créatures dans lequel elle a grandi est en guerre. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que la créature éblouissante de beauté qui a tenté de la tuer sur un marché à Marrakech, mais qui pourtant la fascine, est son ennemi héréditaire…

Là, je dois dire ouah ! Et pourtant, c’était pas gagné ! Le résumé de 4e de couverture n’en dévoile pas énormément, et je ne m’attendais pas du tout à ça. Et quand j’ai lu qu’il s’agissait en fait d’anges et de chimères, je me suis dit : « OK, encore des anges ». Je venais de lire Angel qui, outre l’image décalée des anges qu’elle offrait, ne m’avait pas plus enthousiasmée que ça. Des anges méchants, des chimères dont le camp est douteux… Les chimères apportaient néanmoins une touche d’originalité. Mais je me suis laissée prendre par la complexité des liens entre les personnages, le (réel, pas monté de toutes pièces) mystère qui entoure l’existence de Karou. Tout n’est pas rose, tout n’est pas gris. Et, en même temps que Karou, nous découvrons un passé oublié et l’horreur d’un présent que l’on voudrait pouvoir corriger.

Je dois avouer que j’ai eu entre les mains une épreuve non corrigée, donc j’ai dû passer outre quelques petits détails (qui doivent être gommés dans la version définitive). Le style est tout à fait abordable, sans avoir ce côté puéril qui m’agaçait dans les histoires d’ados amoureuses. Une histoire plus profonde que celle du simple conflit Shakespearien (Romé & Juliette n’ont qu’à bien se tenir). Le premier tome d’une trilogie, qui termine sur un magnifique cliffhanger (en queue de poisson quoi). À lire de toute urgence !

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection « Grand Format littérature », série Roman Ado, 464 pages, 18,00€ chez votre libraire !

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Le troisième vœu (Janette Rallison)

Ami du lundi, on sourit !

Sur conseil de mon amie libraire, Charlotte (que je ne présente plus), voici une histoire moderne de capes et d’épées, ma foi bien divertissante !

Crédits couverture : Benjamin Lacombe © La Martinière Jeunesse

Savannah, lycéenne américaine populaire, est tout le contraire de sa grande sœur Jane, invisible derrière ses lunettes, et brillante qui plus est. Mais le jour où Hunter, le garçon le plus mignon du lycée – et accessoirement son petit ami – s’entiche de Jane, Savannah est effondrée. Elle en veut à Jane, elle en veut à Hunter, et elle devra probablement se rendre seule au bal de promo, quand sa sœur s’y rendra avec son ex-petit ami. Elle ne rêve que d’un prince Charmant, pour montrer à tous à quel point elle est éblouissante. Arrive alors Chrissy, une apprentie Marraine-la-bonne-fée, qui est plus intressée par la mode et la fête que par les émois de sa jeune protégée. Au point qu’elle comprend de travers les attentes de Savannah, et lui fera vivre les pires calvaires des princesses de nos contes de fées. Trois vœux seront-ils suffisants pour réparer tout ça ?

On aimerait toutes qu’un beau prince en armure vienne nous sauver de nos petits tracas quotidiens. Ou du moins une bonne partie des jeunes filles en rêve. Savannah, la « pauvre malmenée », fait ce vœu pour nous. Et grand bien nous en fasse, parce qu’on se rend compte qu’on ne sait pas toujours ce que l’on veut vraiment, et qu’il vaut mieux faire un peu attention à ce que l’on croit vouloir. Un beau prince, populaire… mais stupide et arrogant ? Un beau prince, populaire, sensible… mais tellement fleur bleue qu’il en est un peu simplet ? Tout ça est bien compliqué. Et puis, rêver de la robe de Cendrillon, c’est bien, mais lorsque le bal est terminé, la belle doit retourner à ses balais. Blanche-Neige ? Ne vante-t-on pas plus sa beauté que son intelligence ? Il s’agira pour Savannah de comprendre ce qu’elle désire vraiment, et trouver le courage de le revendiquer. Pourquoi le Prince Charmant ne se cacherait-il pas parmi ses camarades de lycée ?

Une jolie fable, qui nous apprend à faire attention à ce que l’on pense vouloir, et à ce que l’on croit être bien pour nous. Et on se rend vite compte que l’on ne trouve ce dont on a réellement besoin qu’en vivant sa vie au quotidien, et en gardant près de nous les personnes dont on sait qu’elles seront là. Parce qu’elles le sont, jour après jour. Peut-être ne portent-elles pas de paillettes, et ne montent-elles pas un cheval blanc ; mais elles sont celles qui nous connaissent et nous aiment quand même. Chacun y verra ce qu’il voudra, c’est mon interprétation… À lire, mesdemoiselles les princesses en herbe !

Pour info :
La Martinière Jeunesse, hors collection, 416 pages, 13,90€ chez votre libraire

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Sisters Red (Jackson Pearce)

Bonjour à toutes, bonjour à tous !

En voilà un qui attend sa chronique depuis z’un bout de temps ! Un exemplaire réucpéré suite à une intéressante rencontre avec une éditrice de chez Albin (une chance, je voulais absolument le lire). Eh bien la voici la voilà, cette fameuse chronique.

Toute jeune, Scarlett a sauvé sa petite sœur Rosie des griffes d’un Fenris, un loup garou, qui avait déjà sauvagement assassiné sa grand-mère. Défigurée, elle n’aspire qu’à une chose : la vengeance. Sept ans plus tard, Scarlett est devenue une guerrière, courant les rues de sa campagne habillée d’une cape rouge, qui dissimule les cicatrices qui déforment sont visage et attire les monstres. Mais les loups se rassemblent dans la métropole. Ils cherchent l’un des rares élus qui présente les charactéristiques qui, après la morsure, feront de lui un loup. Ils n’ont que peu de temps pour le trouver, et le transformer, avant la fin de la période de pleine lune. Les sœurs March, aidées de Silas, leur mystérieux ami issu d’une longue lignée de bûcherons, vont tenter de le retrouver avant les loups…

Une réécriture de conte de fées, une ! Typiquement mon genre de lectures (on se souvient de Sortilège, et de A Kiss in time) ! Elle est bien loin la jeune fille effarouchée qui a peur du grand méchant loup ! Elles sont deux, et elles se battent avec les armes des monstres, en utilisant la luxure pour les attirer dans leurs pièges. L’exact contraire de notre Petit Chaperon traditionnel ! Entre une sœur qui ne vit que pour la chasse, et l’autre qui tente tant bien que mal de s’y consacrer mais n’aspire qu’à une vie normale, on fait quasiment le tour des préoccupations adolescentes actuelles. Et quand l’amour s’en mêle, ça fait des étincelles.

Ma première impression n’a pas été forcément bonne. Je trouvais l’histoire convenue, les réactions des personnages attendues, et ces pseudo querelles adolescentes m’ont tapé sur les nerfs. Et puis, quelques mois plus tard, en écrivant cette chronique, je me dis que tout compte fait… l’histoire tient debout, la fin nous tombe dessus comme les giboulées en mars, et puis, on a tous eu 15 ans et l’envie de lire ce genre d’histoires. Le mythe est revisité, certes, et ce qui n’était qu’insinué et destiné à s’ancrer dans l’inconscient collectif dans le conte original est ici complètement extrapolé et utilisé pour forger les caractéristiques de chaque groupe de peronnages. Bref, vraiment sympa, et bien adapté.

Pour info :
Albin Michel, collection Wiz, série Wiz Girl, 432 pages, 15,20€ chez votre libraire.

 

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Angel (L.A. Weatherly)

Amis du jour, bonjour !

Mon esprit est loin tout là-haut, dans le ciel bleu, au-dessus de la bulle parisienne saturée de gaz et de stress, mais le cœur y est. Recentrons-nous. Un gros pavé (mais ne vous y fiez pas, c’est écrit assez gros et le papier est épais) que je voulais absolument lire lorsque j’ai vu la couverture pour la première fois au service maquette.

Williow est un peu à côté de la plaque. Contrairement aux adolescentes dites « normales », elle aime la mécanique, déteste la mode, vit chez sa tante où elle doit s’occuper de sa mère (qui évolue dans son monde depuis la naissance de sa fille), et voit le futur des gens. Elle décide de se mouiller le jour où, après avoir eu une appartition, sa brillante et parfaite mais insupportable camarade de classe décide de dédier sa vie à l’église des Anges. Mais ces anges, qui apparaissent un peu partout, sont loin d’être de pacifiques êtres célestes : ils sont en fait des envahisseurs qui se nourrissent de l’aura des humains. Alex, chasseur d’anges, croit reconnaître en Willow les traits de ces monstres. Elle est pourtant si humaine ! Dans leur quête de vérité, Alex et Willow tenteront de sauver le monde, épaulés par une organisation gouvernementale ultra-secrète. Mais gare aux faux-semblants…

Une façon originale d’écrire les anges, qu’on apprécie beaucoup. On reste dans le schéma ado-qui-ne-rentre-pas-dans-le-moule, héroïne d’une prophécie que les monstres redoutent. Et bien entendu, on retrouve la traditionnelle histoire d’amour entre deux protagonistes qui, au départ, n’ont rien à faire ensemble. Bref, tous les ingrédients sont présents pour faire de ce roman une périlleuse aventure, pleine de rebondissements…

Pour être totalement franche cependant, il y a aussi pas mal de répétitions, peut-être quelques longueurs… Cela dit, l’histoire reste bien menée ; l’auteur joue pas mal la corde du suspens, et pour une fois, le happy ending n’est pas évident (en même temps, c’est le premier tome d’une trilogie). On attend le second tome, qui amènera on l’espère un début de solution à l’invasion qui a commencé dans le tome 1. Pas mal…

Pour info :
Gallimard Jeunesse, Collection Grand Format Littérature, série Roman Ado, 528 pages, 19,30€ chez votre libraire (13,99€ sur les plateformes de téléchargement légal, type ePagine)

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Magnus Million et le dortoir des cauchemars (J.-P. Arrou-Vignod)

Ce bouquin, j’ai dû le lire en octobre dernier, et je ne sais pas pourquoi, j’étais certaine de l’avoir déjà chroniqué. Une lecture-boulot pour le salon de Francfort, pas désagréable cela dit…

Crédits couverture : Karim Friha © Gallimard Jeunesse

Magnus est un jeune garçon un peu particulier : jeune homme de 14 ans pas très courageux mais assez imposant, fils du richissime Richard Million (qui ignore totalement son propre fils depuis la mort de sa femme), il a bien du mal à se tenir éveillé. Pas qu’il soit paresseux, mais à la moindre émotion forte, il est pris… de crises de narcolepsie ! Et c’est un peu embêtant, surtout lorsqu’un gaz vert apparaît subitement dans la ville et donne vie aux pires cauchemars des dormeurs. Magnus, puni pour avoir semé le trouble, se retrouve consigné dans le dortoir qui abrite les brutes de l’école. Malgré lui, il va se retrouver mêlé à une lutte pour le pouvoir, ainsi qu’à une rébellion pour l’égalité… et découvrir qui était vraiment sa mère.

Le jeune Magnus est un personnage haut en couleur, carrément décalé. Courageux malgré lui, un peu dégingandé, fier comme pas deux, il pourrait être attachant. Son garde du corps improvisé, Mimsy Pocket, menue et vive, pourrait nous faire penser à une petite fée agaçante dont le bourdonnement des ailes tape sur les nerfs. Le complot est bien monté. Mais alors quoi ?

Un roman bien sympa, même s’il manque un je-ne-sais-quoi. Tous les ingrédients sont pourtant réunis pour faire prendre la mayo. Le problème, c’est qu’on ne va pas au bout de la chose. C’est un peu du déja vu, on a une école, un peu de lutte des classes, un peu de combat pour la justice, un peu d’un fils qui manque de son père, un peu de surnaturel. Même si tout ça est lié, on ne voit pas trop où ça nous mène et le message n’est pas très clair pour moi. Dommage. J’attends néanmoins votre avis perso, je peux me tromper.

Pour info :
Galimard Jeunesse, collection Grand Format Littérature, 368 pages, 17,50€ chez votre libraire
Présentation ici.

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La Douane volante (François Place)

Depuis le temps que j’en entends parler, il fallait bien que je finisse par me forger ma propre opinion. Niune, ni deux, le bouquin est dans le bureau, j’en profite, je le subtilise et le rends aussi sec, ni vu, ni connu… Mais entre temps, j’aurais voyagé.

Gwen, un jeune garçon de 14 ans, vit dans un petit village breton. Malgré sa santé fragile, ses parents le poussent à travailler sur un bateau de pêche. Une tempête dont il ressort en piteux état lui vaut une toux permanente et incontrôlable, et le surnom de Gwen le tousseux. Bon à rien, Gwen part donc en apprentissage chez le rebouteux du village, que tout le monde craint (bien que chacun soit heureux de le trouver lorsque besoin est). À la mort du rebouteux, Gwen récupère sa maison. Un soir, alors qu’il dort, il entend le bruit d’une charette. C’est la grande Faucheuse qui vient le chercher, ça ne fait aucun doute… à son réveil, il se retrouve dans un pays étrange où une « Douane Volante », omniprésente, fait régner l’ordre d’une main de fer, et où on n’apprécie pas beaucoup les étrangers qui prétendent descendre de la charette de la Mort en personne…

Le voyage initiatique d’un jeune garçon à travers un pays aux mœurs étranges, l’histoire de rencontres, mais aussi l’occasion d’en apprendre plus sur soi. Personnellement, je me suis demandé, comme chaque personne qui a lu ce livre, où l’auteur pouvait bien vouloir en venir. Pas de grande quête, pas question de sauver le monde. Il s’agit simplement pour Gwen de rentrer chez lui, et la question que je me pose après coup est : pourquoi ? Rien ne le retenait en Bretagne, et même si ce monde étrange dans lequel il était arrivé peut paraître injuste, il réussit petit à petit à se créer une vie. Bref, on se rend compte à la fin que le but n’est pas tellement la chute du roman, mais le plaisir d’en parcourir les péripéties… À lire tranquillement couché dans son lit, sous ses petites couvertures.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Roman Jeunesse / Hors série littérature, 333 pages

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Mathieu Hidalf, tome 2 : La Foudre Fantôme (Christophe Mauri)

Le tome 2 des aventures du jeune Mathieu (que nous avions laissé au lendemain de sa bêtise colossale dans le tome 1) que je ne peux résister à vous pré-présenter (merci les privilèges).

Je n’en dirai pas grand chose (motus et bouche cousue, au moins jusqu’à une semaine avant sa sortie), simplement que le résultat est… bluffant. Un second tour de magie, une étincelle de génie, ou de folie. Et ce petit quelque chose de malicieux et de généreux mais d’inavoué dans l’œil de Mathieu, comme dans celui de son « papa » (Christophe Mauri, ndlr), que les jeunes lecteurs ont pu rencontrer lors du salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. Un grand merci à Christophe (et à ses éditeurs de chez Gallimard, si, si !). Et tenez-vous prêts pour ce second tome !

Me voici, en retard de deux bonnes semaines, comme à mon habitude. Certains le savent et s’y attendent, pour les autres, je vous présente mes plus sincères excuses…

Crédits couverture : Benjamin Bachelier,    © Gallimard Jeunesse

Nous retrouvons Mathieu, à la veille de ses 11 ans, et de son examen d’entrée à l’école de l’Élite, son rêve. Mais pensez-vous qu’il a lu la centaine d’ouvrages qui s’imposent ? Qu’il a révisé, travaillé ? Bien sûr que non, les Contes de la grand-mère édentée sont bien plus intressants ! Qui plus est, Mathieu a un plan : il va tricher, au vu et au su de tous. De courses dans les couloirs sombres de l’école en morts qui ne le sont pas vraiment, en passant par des prophéties et des secrets, des amours secrètes et des alliés inattendus, Mathieu, fidèle à lui même, nous entraîne dans sa quête à l’exploit.

Ce mot est sur toutes les bouches lorsque l’on parle de Mathieu Hidalf, mais peut-on trouver un meilleur épithète que « facétieux » ? Un gamin capricieux d’un égoïsme incroyable, mais si attachant, et dont les farces et les plans le servent autant, sinon plus, que l’intérêt général. Mais lorsque son héros, le capitaine de l’Élite, est en danger et que chacun de ses plans pour rester dans l’école se solde par un échec, Mathieu doute. Et si lui n’a pas toujours les idées qu’il faut au moment où il le faut, il sait utiliser les qualités, les forces et les faiblesses de chacun pour arriver à ses fins. Tant mieux si elles collent avec le bien du royaume, mais ce n’est que par hasard.

Une histoire drôle, pleine de rebondissements – et croyez-moi, quand je parle de rebondissements, c’est qu’on y croit à chaque fois – et de révélations. Une récréation après le métro, un sorbet en pleine canicule, un bain chaud après le ski. Bref, un roman rempli de bonne humeur, que je conseille autant aux enfants et aux ados qu’aux adultes qui ont gardé leur âme d’enfant (et aux autres aussi).

Pour info :
Gallimard Jeunesse, Roman Jeunesse / Hors série littérature, 352 pages

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A comme Association (Pierre Bottero/Erik L’Homme)

Diantre que le temps passe vite ! Mémoire, boulot, boulot, mémoire et recherche d’appartement (sur Paris, je précise), c’est pas facile facile ! Et déménagement et préparation de la foire de Francfort… ou comment se faire oublier. Alors voilà, je me retrouve avec 40 bouquins lus et pas chroniqués, et donc 40 fois plus de boulot. Enfin, boulot non, mais j’espère ne pas vous décevoir ! Je commence donc par un billet un peu spécial, puisque je vais présenter – non pas un livre – mais 4 livres ! D’un coup oui, puisqu’il s’agit d’une série, et que les remarques de fond et de formes restent les mêmes selon les tomes (oui, et que je suis en retard aussi). Prêt ? Feu. Partez !

Les limites obscures de la magie

Ombe est étudiante. Mais pas que. Comme son acolyte, Jasper (voir le billet sur le tome 1 de la série), elle a été recrutée par l’Association pour combattre les anormaux. Après avoir remis à leur place des gobelins un peu envahissants, elle est envoyée en tant qu’interprête dans un congrès pour tenter d’empêcher une vente immobilière qui menacerait une créature séculaire cachée dans un lac… Quelqu’un tire les ficelles, et ce n’est pas forcément celui qu’on croit.

L’étoffe fragile du monde

On a laissé, à la fin du tome 1, un Jasper suspendu pour avoir pris trop de risques lors de sa dernière mission. Mais personne ne peut empêcher le jeune homme de voler au secour de sa belle Ombe, qu’il croit en danger. En s’élançant à sa poursuite, Jasper rencontre Erlug, le troll, qu’un sort force à vouloir tuer Ombe, ainsi que le reste de sa tribu, dont la sœur du troll, Aglae, qui ne le laisse pas indifférent. Jasper va essayer de libérer Erlug du sort qui le prive de sa liberté ; il doit pour cela trouver le sorcier qui en est à l’origine et le tuer. Mais le chasseur devient la proie et les deux compères se retrouvent coincés dans un monde magique où rien, si ce n’est l’intelligence du jeune homme, ne pourra les aider…

Le subtil parfum du soufre

Certainement mon tome préféré. Ombe est envoyée en mission dans un entrepôt désaffecté : elle doit recueillir des informations sur un partenariat improbable entre vampires et garous, autour d’une sinistre affaire de drogue qui affecterait nos anormaux aux dents pointues. Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est qu’elle serait témoin d’un interrogatoire musclé lors duquel un loup-garou serait torturé par les siens. N’écoutant que son courage, elle vole à son secours et, à ses côtés, tente (autant que ses hormones lui en laissent la liberté) de faire la lumière sur cette sombre affaire.

Là où les mots n’existent pas

Attention, sur ce tome-là, spoiler ! Si vous ne voulez pas qu’on vous gâche la surprise, arrêtez-vous là !
Ombe est morte, touchée par un rayon de magie puissante. Cette attaque n’était pas la première dont étaient victimes les deux agents stagiaires. Jasper, fou de chagrin, décide de se lancer seul à la recherche de l’assassin d’Ombe. Pour cela, il utilisera la moindre piste qu’il trouvera, même s’il doit, pour cela, faire appel à de vieilles connaissances. Il découvrira que l’Association n’est pas exactement ce qu’elle semble être…

Verdict : la série tient debout (et comment !) et les personnages sont on ne peut plus attachants, aussi lourds et maladroits que des ados, dans leur récit comme dans leurs actes. On aime la façon dont ils se tirent des situations les plus compliquées, les pirouettes utilisées par les auteurs pour guider leurs personnages à travers le labyrinthe du paranormal.

Le principe de la série, de ces personnages qui se répondent d’un livre à l’autre, des parallèles qu’on aime retrouver dans chaque tome, tout ça est très étudié, et l’idée de départ était soutenue par un duo de choc. Hélàs, Pierre Bottero est mort récemment d’un accident de moto, et c’est Erik seul qui est chargé de terminer la série (dont le sixième tome, sur 8, sort dans quelques jours). Seul inconvénient : les répétitions. On finit par savoir à la fin ce qu’est l’Association ! Dans chaque tome, l’explication est reprise plus ou moins longement… c’est un peu répétitif pour le coup

Bref, coup de maître pour cette série fantasy légère et agréable à lire. Un bon moment de détente, pour se plonger dans des aventures toujours plus extrêmes.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Hors Série Littérature
Et la série a un site dédié : http://www.acommeassociation-leslivres.fr/

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A comme Association : La pâle lumière des ténèbres (Erik L’Homme)

Bonjour à tous !

En attendant de pouvoir poster le billet sur Mathieu Hidalf, je continue ma lancée dans la série Littérature Gallimard Jeunesse. Et tant qu’à commencer, autant commencer fort avec la série phare du moment : A comme Association.

Jasper est un adolescent de 15 ans, en apparence tout à fait normal. Il a un sens de l’humour déplorable, un look pas franchement recherché et il joue de la cornemuse dans un groupe de rock médiéval. Mais Jasper est également un Agent stagiaire de l’Association, une structure qui gère l’insertion des Anormaux (vampires, loups-garous, goules, gobelins, etc.) dans notre monde avec l’aide des Paranormaux (des humain dotés de facultés spéciales). En tant que stagiaire, Jasper n’est pas censé partir en mission. Mais il fait fi de cette règle et se lance à la poursuite d’une bande de dealers pas très clairs qui semblent avoir des choses à cacher…

La plume d’Erik L’Homme, impertinente, nous dépeint un personnage plein d’auto-dérision, conscient de son statut de ringard. Jasper est un passionné de magie, super doué pour lancer des sorts et inventer ses propres incantations, qui en plus fonctionnent. On s’attache à ses diarrhées verbales, à son humour pas drôle, à son étourderie… et à son manque total du sens des réalités qui fait qu’il fonce sans arrêt dans le tas et s’en sort en général grâce à une chance insolente.

Bref, un ado auquel nos ados aimeront s’identifier (et pas que) et un court récit dans lequel on se plonge avec le plus grand délice, portés par la fraîcheur du style de l’auteur et le côté abracadabrantesques des frasques de son héros, qui n’a pas sa langue dans sa poche, mais des ressources plein sa sacoche. Mais après tout, pourquoi pas ? À lire !

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Hors série littérature, 153 pages.

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Mathieu Hidalf, tome 1 : Le premier défi de Mathieu Hidalf (Christophe Mauri)

Allez, petit article en avant première. Le livre ne sortira pas avant septembre. Mais il a atterri entre mes mains… qui ne l’ont pas lâché. Mais pas de spoiler sur la chronique… dans quelques jour (mais avant la sortie, promis).

Enfin le moment que nous attendions tous : moi de vous dévoiler ce petit trésor, et vous de le découvrir, j’en suis sure.

Mathieu Hidalf a dix ans et deux passions : faire tourner son père en bourrique et les bêtises. Pas le chocolat renversé ou la poupée d’une de ses trois sœurs balancée dans les toilettes. Non, des bêtises qui se répercutent dans tout le royaume astrien. Et ces bêtises, savamment orchestrées par le jeune esprit de notre héros, ne se déroulent pas n’importe quel jour. Non. C’est précisément le jour de l’anniversaire du roi, et accessoirement du sien, que Mathieu accomplit ses méfaits. Cette année, pour ses dix ans, Mathieu a mis en place la plus énorme bêtise de sa vie… dont l’accomplissement se trouvera mis à mal par la rupture d’un contrat de paix et la menace pesant sur le capitaine de l’Élite, le héros de Mathieu.

En voilà, un concept original : un jeune garçon, très intelligent pour son âge, lié à son père par divers contrats que ce dernier lui a fait signer. Mathieu se trouve alors plongé dans un monde où les règles sont celles des adultes et il n’a d’autre choix que d’y chercher les solutions à ses problèmes en mettant les lois (oui oui, carrément) de son côté. Les personnages de pestes, en général, ne sont pas ma tasse de thé. Mais celui-ci fait preuve d’une telle ingéniosité qu’il en devient irrésistible. Il a ses rêves d’enfant (entrer à la prestigieuse école de l’Élite entre autres) et doit se défendre avec les armes des adultes.

Christophe Mauri, jeune auteur de 23 ans, fait preuve d’une totale inconvenance, d’une impertinence, d’une insolence fascinantes. On se délecte de son imagination, et on goûte au plaisir que, j’imagine, il a pris en donnant vie au personnage de Mathieu. Le premier tome d’une série dont on attend la suite avec impatience. À lire, que dis-je, à dévorer !

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Hors série littérature,  250 pages