Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Les Royaumes du Nord (Philip Pullman)

Amis du jour, bonjour !

Laissez-moi donc commencer par vous souhaiter à tous une bonne année, pleine de résolutions tenues (incluant la ponctualité, les régimes et l’abolition de la procrastination)… du moins jusqu’à fin janvier. Me voici me voilà, avec une surprise en revenant sur le blog et en jetant un œil aux stats : mais que vous est-il arrivé ? J’ai un pic monstrueux de visites le 2 janvier ! Plusieurs options :

– après les fêtes, je vous ai tellement manqué que la première chose que vous avez faite en vous relevant de votre indigestion d’huîtres au champagne (avec un peu de bûche glacée dans le vinaigre aux échalotes, ce que je vous pardonne, on n’a pas toujours les idées très claires après quelques verres), je vous ai tellement manqué, disais-je, que vous vous êtes jetés désespérément sur votre PC pour venir checker les nouvelles.

– on vous a offert le bouquin d’un sombre inconnu, vous avez tapé son nom sur Google histoire de voir un peu ce que c’est et de décider si vous allez le laisser croupir à côté de votre lit en vous promettant de vous mettre à lire (tiens, une autre résolution) ou bien vous créer un compte Priceminister pour le revendre (on sait jamais, un pignouf peut très bien être intéressé, lui).

– maman, l’ordi un 2 janvier, c’est pas cool !

Bref, toujours est-il que je vous remercie de la fidélité que vous avez témoignée en 2012. J’espère que notre petite communauté s’étendra, histoire de partager encore et encore ! Et ça promet, parce, eh, pendant les vacances, Super Papa a terminé la bibliothèque dans la maison de campagne familiale ! Un rêve de môme qui se réalise. Une. Vraie. Bibliothèque ! Bref, voici donc ma lecture de Noël, que j’avais sur mes étagères depuis un bout de temps, mais que ma coupine Maëlle et son amour pour Pullman m’ont plus ou moins poussée à lire. Si vous êtes arrivés jusqu’à ce stade du post, félicitations, attachez vos ceintures et c’est parti !

royaumesdunord

Sarakontkoi ?
Dans une Angleterre quasi intemporelle, les hommes, les femmes et les enfants naissent avec un daemon, sorte d’appendice de leur âme qui se promène à leur côté sous la forme d’animaux. La jeune Lyra a grandi parmi les érudits de Jordan College à Oxford, sous la tutelle d’un oncle absent. Elle y a développé une grande curiosité et une assurance insolente, et commence à se poser des questions sur les nombreuses disparitions d’enfants. Lorsque son oncle revient à Jordan College, après une de ses expéditions dans le grand Nord, et parle aux érudits de ce qu’il appelle la Poussière, chacun semble mal à l’aise. Lyra ne comprend pas ce qu’est la Poussière, ni pourquoi la belle et brillante Mme Coulter s’intéresse à elle au point de l’emmener avec elle à Londres. Mais lorsque le manteau de charme et d’intelligence de cette dernière se déchire, Lyra s’enfuit pour un voyage dans le Nord, sur les traces de son oncle et des enfants disparus, accompagnée d’une troupe de gitans. Commence un périple semé de dangers, mais aussi de découvertes et de drames.

Je me souviens avoir vu le film il y a quelques années. « Une honte », s’est exclamée Maëlle lorsque je le lui ai dit. « Rien à voir avec le bouquin ». Alors je lui ai répondu que je le lirais. « Fais-le dans un moment de détente, pendant des vacances », m’a-t-elle suggéré. Pullman, c’est un de ses héros. Bref, me voilà donc à me lancer dans cette aventure (une trilogie dont je n’ai pour le moment lu que le premier tome). Je m’attendais à un roman pour enfants. Il n’en est rien, même si, comme vous pouvez le voir sur la couverture, Gallimard l’a publié dans sa collection « Folio Junior ». Je vous accorde cependant que c’est un roman dont le personnage principal est un enfant.

Tenpenskoi ?
On plonge en fait dans un univers un peu « steampunk » (genre révolution industrielle, charbon, vapeur, acier et machines volantes type Zeppelin), sans vraiment connaître l’époque. On explore de nouvelles croyances, une nouvelle façon d’aborder la religion, tellement proche de la nôtre par ses pratiques, mais dont le contenu est légèrement modifié. Et on fait avec les personnages des découvertes scientifiques majeures, effrayantes et captivantes. J’ai aimé les personnages, la fraîcheur de leur franchise, et leur diversité. J’ai aimé ces nouvelles croyances, à la fois proches des nôtres et pourtant différentes par leur contenu. J’ai aimé la complexité de ce monde aux règles étranges, cette idée d’un petit bout de nôtre âme que l’on ne contrôlerait pas. Bref, Maëlle avait raison, du concept à l’écriture, des personnages aux péripéties, ce livre a tout d’une grande épopée. Le tome 2 pour dans pas longtemps (là je suis plongée dans la relecture de The Host, de Stephenie Meyer).

Bisous mes choux (avec un x à la fin, parce que c’est comme ça que se pluralisent bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, et pou).

Pour info :
Pour cette édition : Gallimard Jeunesse, collection Folio Junior, 504 pages, 8,40€ chez votre libraire !
Pour l’édition grand format : Gallimard Jeunesse, collection Grand format littérature, 360 pages, 17,80€ chez votre libraire.
Pour l’édition adulte : Gallimard, collection Folio SF, 533 pages, 7,50€ chez votre libraire.

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Insaisissable, tome 1 : Ne me touche pas (Tahereh Mafi)

Re-re-re bonjour !

Oui, quand je vous dis que je rattrape le retard, je ne fais pas semblant. Donc, quatrième billet de l’après-midi, sur une lecture somme toute fort sympathique envoyée par une petite Comète. Fini dans le train pour Londres !

insaisissable

Sarakontkoi ?
Juliette est enfermée dans un asile depuis plus de 3 ans pour un crime qu’elle n’a pas voulu commettre. Parce que Juliette a un don, sa malédiction : lorsque sa peau entre en contact avec la peau d’un autre être humain, elle absorbe sa vie. Depuis son enfermement, le nouveau régime s’est renforcé, un régime de rigueur qui proclame que la Terre meurt, qu’on ne peut plus nourrir tout le monde et qui utilise cette excuse pour parquer les citoyens et créer des lois de privation absurdes. C’est dans ce contexte que Juliette va revoir Adam, enfermé avec elle dans sa cellule pour elle ne sait quelle raison, alors qu’elle n’a pas parlé à un être humain depuis 3 ans. Adam dont elle se souvient pour être allée à l’école avec lui. Adam qui l’a probablement oubliée. Adam qui a avec elle un comportement plus qu’étrange…

Au début du bouquin, on se retrouve avec Juliette, dans sa cellule. On vit avec elle l’enfermement, la solitude. La peur lorsqu’Adam arrive, potentielle victime de son don. Sa réaction presque animale. Sa passion qui se développe peu à peu, qu’elle étouffe, en nous étouffant nous aussi, lecteurs. Sa déroute devant les humeurs changeantes d’Adam, et le besoin viscéral qui lui brûle la peau d’être touchée, aimée, humaine. Son dégoût d’elle-même, alors que le régime cherche à utiliser son don pour torturer les rebelles…

Tenpenskoi ?
Un style très lapidaire, des mots qui suffoquent, qui disent l’enfermement, et la mise en page originale où le personnage rature ses notes, nous permettant ainsi de connaître les désirs profonds qu’elle camoufle derrière la bienséance. Des désirs qu’elle répète comme des litanies, qu’elle martèle avec force, toute une tension sensuelle qu’elle met en place… on compare avec Twilight, pourquoi pas. M’enfin, les désirs des personnages de Stephenie Meyer sont bien plus sages que la passion qui semble dévorer Juliette. Oui, c’est pas de la littérature érotique non plus ! Les amoureux du genre, vous pouvez essayer, j’ai passé un bon moment.

Pour info :
Michel Lafon, 384 pages, 16,95€ chez votre libraire.

 

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A comme Association, tome 6 : Ce qui dort dans la nuit (Erik L’Homme)

Pour le coup, je suis un peu à la bourre dans la série, parce que le tome 8 vient de sortir, et que moi, je n’en suis qu’au 6. Mais enfin, c’est que j’essaie de prêter attention à chacun des petits locataires de ma bibliothèque (pas facile).

Bien, donc mes chères collègues m’ayant fait l’honneur de m’envoyer le dernier tome, je me suis dit qu’il serait peut-être temps de m’y remettre quand même ! Lentement mais sûrement… (Attention, spoil ! Je peux pas faire autrement ! Passez le paragraphe suivant si vous n’avez pas lu le tome 5).

aca6

Sarakontkoi ?
Jasper a éliminé l’assassin d’Ombe. Reste maintenant à trouver le commanditaire du meurtre. Mais pour l’heure, personne ne répond à l’Association, malgré l’ordre que mademoiselle Rose a donné à Jasper de se présenter au bureau à la première heure après les fêtes. Personne, mais deux hommes étranges qui sortent des locaux. Ni une ni deux, Jasper part en chasse et tombe sur un petit mage hyper puissant copain des vampires qui fait des trucs chamaniques bizarres… Reste à sauver l’agent-stagiaire Nina, qui s’est fait kidnapper par lesdits vampires. Mais quelle n’est pas la surprise de Jasper en sauvant Nina… d’un tas de CADAVRES de vampires. Les voilà donc lancés sur la piste du petit sorcier, pendant qu’à l’Association, mademoiselle Rose est de plus en plus inquiète de la tournure que prennent les événements.

Tenpenskoi ?
Une sixième aventure de l’agent-stagiaire Jasper, de transition dirons-nous, puisque les rouages des deux derniers tomes s’y mettent en place. On se pose de plus en plus de questions sur l’Association, son véritable but. Qui sont les gentils, les méchants ? Erik L’Homme nous tient par le bout de sa plume, mélangeant humour et suspens. Entre le côté geek lourdingue de Jasper et l’intrigue qui devient de plus en plus complexe, nous, lecteurs, en prenons pour notre grade en attendant le tome suivant. Mais, petits veinards que nous sommes, la série est terminée, donc on peut enchaîner, et c’est tant mieux ! On attend donc le suivant, tout en sachant que les réponses qui se profilent ne seront pas forcément conformes à l’idée qu’on se fait, parole de fans rencontrés à Montreuil (qui EUX ont déjà terminé la série). Bientôt la prochaine aventure, donc…

Ici, les tomes 1 à 5.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Grand Format Littérature, 208 pages, 10,05€ chez votre libraire

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L’échange (Brenna Yovanoff)

Amis du soir, bonsoir !

Une lecture depuis longtemps achevée, mais oui mais oui, mais sans connexion internet, pas facile de faire quoi que ce soit. Maintenant, l’installation est terminée et Bouygues a enfin consenti à activer ma ligne, et donc ma Box. C’est magique, et je dois avouer qu’on oublie très vite la place qu’occupe le web dans notre vie… enfin bref, me voilà revenue à la civilisation, pourtant pleinement consciente que je vais devoir faire un effort pour quitter un peu mon écran des yeux. Hum, revenons à nos moutons. Un conseil de ma très chère Comète, que je remercie, parce qu’il me semble que celui-ci, je l’avais vu à l’état de projet.

Sarakontkoi ?
Dans la petite ville de Gentry, tout paraît normal. Le père de Mackie Doyle, 16 ans, est pasteur, sa mère travaille à l’hôpital. Mackie est en apparence un ado banal, quoiqu’un peu en marge de ses petits camarades. Mais il est aussi le fruit de ce que les braves gens de cette ville taisent et redoutent : les échanges qui ont lieu dans les berceaux, lorsque leurs enfants sont enlevés et remplacés par des créatures souterraines d’aspect humain, malades et souvent mourantes. Mackie a survécu. Aujourd’hui, les enlèvements sont sur le point de reprendre. Mais cette fois, il s’agit de la petite sœur de Tate, la petite amie de Mackie.

Tenpenskoi ?
En commençant ce bouquin, j’avoue que j’étais perplexe. Je ne comprenais pas où voulait en venir l’auteur. Je me suis même demandé si elle savait elle-même où elle voulait aller. On en savait ou trop, ou pas assez. Et puis l’histoire s’est peu à peu mise en place ; on finit par découvrir le fin mot de tout ce mystère qui entoure Gentry, somme toute assez original, je dois l’avouer. Pas de tour de magie, de grande révélation qui nous laisse pantois. Simplement un récit qui se déroule, et le pire, c’est qu’il nous embarque, petit à petit, lentement mais sûrement.

Le style est agréable, pas trop lourd, le bouquin facile à lire. Le tout, c’est de ne pas jeter le bouquin après le premier chapitre en se demandant ce que c’est que ce truc. Parce que, promis juré, ça avance ! On reste dans le concept d’une sorte de fantastique qui s’incruste dans notre réalité, ces monstres que les ados adorent. Mais encore une fois, pas de vampires (parce qu’ils finissent par nous étouffer), pas de loup garou ni de princesse en détresse. Franchement sympa !

Pour info :
Michel Lafon, 352 pages, 15,95€ chez votre libraire

PS : au fait, Amazon dit qu’il ne leur reste plus que 15 exemplaires, c’est bon signe ça, non ?

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Mathieu Hidalf, tome 3 : Le sortilège de Ronces (Christophe Mauri)

ATTENTION, AVANT-PREMIERE (sortie le 27 septembre).

Amis du jour, bonjour !

Je vous parle d’un lointain passé puisque nous sommes le 30 août et que vous ne lisez probablement cette chronique que le 20 septembre. Le privilège du métier (qui ne sera plus mien lorsque je publierai ce billet),  j’ai pu lire le tome 3 des aventures de Mathieu en avant-première. Comment vous dire que j’aime mon boulot… Dieu sait que j’ai dû tanner toute l’équipe pendant des jours (je salue la patience de mes collègues), et que j’en suis devenue monomaniaque… pas une nouveauté pour moi. En attendant sa sortie dans quelques jours, voici Mathieu dans sa troisième aventure. Et en sus, je vous poste dans pas longtemps une mini-interview de Christophe, qui a accepté de se soumettre au jeu des 5 questions.

Sarakontkoi ?
À la fin du tome 2, Mathieu venait de remporter son épreuve du prétendant et pouvait intégrer la célèbre et secrète école de l’Élite, non sans avoir au passage rafflé un Exploit (avoir fait sortir la Foudre fantôme de ses bois), ce qui lui épargnait l’épreuve suivante. Cette fois, ridiculisé en public par son père qui a annoncé son mariage prochain avec Marie-Marie du Chateau Boisé, Mathieu doit se cacher à l’intérieur de l’École, et ce une semaine avant la rentrée officielle, pour échapper à cette abomination. Mais un malicieux complot est sur le point de couper l’école de toute aide extérieure afin de détruire l’Élite de l’intérieur. La Foudre fantôme est menacée, et on compte un traître parmi les Élitiens…

Tenpenskoi ?
Mathieu laisse de côté ses soucis et ses complots puérils. Plus question de la « bêtise » légère du premier tome sur laquelle le royaume entier parie. Il est sur le point d’entrer dans ce monde des adultes auquel il veut tant appartenir de la manière la plus abominable qui soit : le mariage. L’amour, beurk ! Voilà, nous retrouvons notre petit garçon de 11 ans. Mathieu ne change pas, ses allégeances non plus. Mais il utilise toute son intelligence au service de son héros : le capitaine Louis Serra. Et comme les réflexions d’un enfant ne son pas celles que l’on attendrait pour sauver un royaume, on assiste à un délicieux mélange sucré-salé qui nous fait hurler de rire, mais aussi – et pour la première fois en trois tomes – pleurer.

Pleurer ? Oui, parce que même si on ne s’en rend pas compte, même s’il ne l’admet pas, Mathieu grandit, Mathieu mûrit. Je me suis dit « oh, non ! s’il mûrit, ça ne sera pas aussi drôle qu’avant ! ». Balivernes. Et c’est là le tour de magie de Christophe. Au-delà de la grandiloquence exacerbée de Mathieu, tant dans le drame que dans l’action, et sans même qu’il se l’avoue, Mathieu a peur, mais Mathieu est prêt à faire le sacrifice ultime. Un petit d’homme qui n’a pas froid aux yeux.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Hors Série Littérature, 400 pages (15€ chez tous les bons libraires)

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Enfants de la paranoia (Trevor Shane)

Amis du jour, bonjour !

Je commence avec l’info OSEF (= on s’en fout) du jour : j’ai fait une dictée. Une dictée de grand, super difficile ! J’ai fait des fautes, mais je suis assez fière de mon résultat. Bon, le bulletin info perso étant clos, passons au petit chef-d’œuvre que m’a conseillé ma très chère amie Maëlle.

Sarakontkoi ?
Joseph, la vingtaine passée (23 si ma mémoire est bonne), est un assassin professionnel. Depuis l’âge de 16 ans, il est engagé dans une guerre invisible entre le Bien (son camp) et le Mal (les autres), endoctriné pour chasser et haïr le camp adverse. La Guerre a des règles. Trois : on ne tue pas les innocents (ceux qui ne sont pas engagés dans la Guerre), on ne tue pas les enfants de moins de 18 ans, on ne fait pas d’enfants avant 18 ans. Mû par un besoin de vengeance après la perte de ses proches, Joseph parcourt le pays de mission en mission. Mais une rencontre peut tout changer…

Tenpenskoi ?
Absolument délicieux ! À peine avez-vous mis un pied dans le roman que vous êtes aspirés par une spirale infernale, de froides certitudes d’abord, puis de doutes et enfin de courses-poursuites. Le Bien et le Mal se veulent tranchés, et les camps se sont tous deux déclarés du côté des gentils. Les complots se tissent, et les liens aussi. Des liens au-delà de la raison, des liens qui font s’écrouler des murs de certitude. Joseph n’est pas le gentil. Il n’est pas l’anti-héros non plus. Ni naïf, ni particulièrement intelligent. Il est ce que vous et moi serions, fait ce que vous et moi ferions si nous avions pris part à cette guerre. Et Maria… Maria est un bonbon acidulé, coloré, piquant, qui nous file un coup de fouet, un courant d’air en été.

En voyant la couverture, je me suis dit « diantre, que m’a-t-on ramené là ? ». Je n’osais pas vraiment dire à Maëlle que le genre vieux polar kitch n’était pas mon truc (oui, la couverture jaune et noir, la typo, tout ça, franchement, ça m’encourageait pas). Et puis, j’ai commencé à le lire, et il m’a accompagnée pendant mes voyages en RER. J’ai appris à aimer Joseph, Maria, et à vouloir protéger avec eux leur secret. J’ai été particulièrement touchée par la scène finale. Il devait y avoir une suite, mais à l’heure où je vous parle, rien n’est moins sûr. J’aimerais pourtant que vous le lisiez, et que, comme moi, vous parcouriez le chemin qu’a fait Joseph, qui questionne notre morale. Tuer, être tué, ou bien… ?

Soit dit en passant, rapport à mon dernier billet, celui-ci, vous pouvez le prendre dans votre sac de plage !

Pour info :
Michel Lafon, 368 pages, 19,95€ chez votre libraire adoré (ou dans le point relay de votre gare / duty free)

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La Couleur de l’âme des anges (Sophie Audoin-Mamikonian)

Chers amis bloggeurs/lecteurs,
Me voilà de retour de vacances, officielles pour ce qui est du travail, officieuses pour mes lectures et mes billets ici. Mais me revoilà. Vous, par contre, êtes très certainement en train de siroter un coktail au bord d’une piscine, ou de vous tartiner de crème solaire, ou peut-être même de surfer sur le net à la recherche d’un plan pas cher de dernière minute… ce qui vous amène peut-être fortuitement ici. Pour ma part, je m’en vais vous parler d’un livre que vous… ne devriez pas mettre dans votre valise.

Sarakontkoi ?
Jeune prodige de la finance, Jérémy est sauvagement assassiné. Devenu un ange, il essaie de comprendre pourquoi et de se faire à cette nouvelle vie, où les anges se nourissent… des sentiments humains. Chaque sentiment a sa couleur et le caractère et la couleur des anges dépend des sentiments dont ils se nourissent (pour la faire courte, les bons sentiments sont plutôt bleus, les autres plutôt rouges). Jérémy tente de protéger Allison, qui a été témoin de son meurtre. Mais était-elle là par hasard ? Et comment la protéger alors qu’il ne peut interagir avec elle ? Aidé de personnages hauts en couleurs, il s’efforce de la garder en vie. Parallèlement, c’est aussi l’avenir du monde des vivants qui est en jeu, et les magouilles politiques pleuvent entre les anges rouges (les méchants) et les anges bleus (les gentils) pour obtenir le légitime pouvoir d’influencer, pendant la décennie à venir, le sort de la planète.

Tenpenskoi ?
Les personnages n’ont aucun reflief, j’aurais pu écrire sans les lire chaque réplique. Le déroulement est sans surprise et la banalité est déconcertante. Le style est plat, parfois lourd – notamment à cause de l’utilisation constante de périphrases qui sont invariablement les mêmes – et il reste des coquilles. Le héros meurt au début (je ne spoile pas, c’est la première scène), et toute une pseudo-enquête parcourt le livre. Mais le chemin labyrinthique des réflexions des protagonistes ne m’a pas emportée. Le gentil gagne toujours, il est très intelligent, il est un élu, bref, rien de bien surprenant. Les coups de foudre pleuvent et vas-y que je te tombe amoureux, youkaïdi-youkaïda. Cela dit, l’idée de départ aurait pu être bonne, mais même là, sans exemple à l’esprit, je n’ai en tête qu’un sentiment de déjà-vu.

Comme je le disais, lui accorder une place dans votre valise serait pour moi une perte de temps et d’espace. Je n’ai pas l’habitude de descendre des livres en flèche, mais pour le coup, j’ai l’impression d’avoir perdu mon temps et mon argent. D’ailleurs, je ne vous ai pas précisé qu’il s’agissait du premier tome d’une trilogie (je crois). Vous ne verrez pas les suites ici en tout cas. Cela dit, comme je suis bonne joueuse, je vous passe deux critiques, l’une élogieuse, l’autre mitigée :

Les rats de bibliothèque
Carnet de lecture et autres futilités

Pour info :
Robert Laffont, collection R, 447 pages (18,15€ en librairie)

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Alice au pays des merveilles (Lewis Carroll)

Amis du jour, bonjour !

Sous mon ciel de Paris gris-souris, j’ai un peu de mal à avancer dans mes lectures. L’Alice de Carroll refermé, je me suis jetée dans un petit Malzieu… qui a fini d’assombrir le ciel de mes journées… mais ça, c’est pour plus tard. Et une première sur ce blog, parce que pour une fois, c’est à ma maman que je dois cette lecture, et à son enthousiasme après la lecture du premier tome.

Sarakontkoi ?
Alice est une petite fille fantasque, rêveuse. Elle se parle à elle-même, se réprimende, et possède une logique à toute épreuve… une logique qui lui est bien propre. Lorsque, en promenade dans un parc, elle suit un lapin blanc étrangement vêtu, elle se retrouve dans un monde totalement farfelu où notre logique d’adulte n’a plus cours…
Dans De l’autre côté du miroir, Alice traverse le miroire de son salon et se retrouve au pays du Miroir. Dans cet autre salon, qui ressemble étrangement au sien, elle rencontre la reine blanche et la reine rouge. Alice aussi veut devenir reine. Mais pour ce faire, elle doit d’abord traverser l’échiquier géant qu’est le pays. De rencontre en rencontre, Alice se perd, se retrouve, et approche de son but. Jusqu’à l’apothéose finale.

Tenpenskoi ?
Cette version-là contient les deux titres de Carroll, Alice au Pays des merveilles et De l’autre côté du miroir. Je sais ce que vous vous dites : on ne chronique pas du Carroll. Carroll est au-delà du stade de la critique. Les études qui ont été faites sur lui dépassent bien souvent le niveau universitaire. Mais laissez-moi tout de même vous donner un avis personnel.

J’ai préféré le premier tome au second. Parce qu’il était plus léger, moins déboussolant, et que même un adulte, avec un reste de folie enfantine en tête, pouvait suivre Carroll. Alors, peut-être que trop de Carroll tue le Carroll, mais ces personnages fantasques, ces dialogues sens dessus-dessous m’ont fatiguée dans le second livre. Alice demeure tout de même une enfant délicieuse dont j’ai beaucoup apprécié la logique et la vision très personnelle des choses. Je trouve cependant, et c’est fort dommage pour nous, lecteurs étrangers, que la traduction abîme le texte et l’esprit facetieux de Carroll. Ses jeux de mots, malgré les efforts exceptionnels du traducteurs, ne sont expliqués qu’en notes de fin de livre. Pas terrible. C’est comme si on vous racontait une blague que vous ne comprendriez pas. Quand on vous l’explique, ça a tout de suite moins d’impact. Un bon point pour la préface de Jean Gattégno, spécialiste de Lewis Carroll, qui nous éclaire beaucoup sur l’univers onirique de l’auteur et les circonstances de son écriture.

Pour info :
Gallimard, collection Folio, 374 pages, 8,10 € chez votre libraire

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Sentiment 26 (Gemma Malley)

Amis du jour, bonjour !

Une petite chronique avant de reprendre le boulot sérieusement, histoire de digérer un peu. Une lecture conseillée par Maelle, grande fan de Gemma Malley.

Sarakontkoi ?
2065. Après une guerre monstrueuse, le Guide Suprême pense avoir trouvé un moyen de banir à tout jamais les atrocités engendrées par les humains. Evie vit donc dans la Cité, une sorte d’Eden où l’on opère les gens afin qu’ils ne ressentent plus de sentiments. Plus de sentiments, plus de conflits. Les habitants y sont classés de A (Admirables) à D (Déviants). Mais malgré son étiquette B (Bon) Evie ressent. Elle aime Raffie autant qu’elle déteste Lucas, son futur époux et le grand frère de Raffie. Dans la Cité, ressentir est dangereux.

Tenpenskoi ?
Pas mal du tout. Le postulat de départ – les hommes se laissent guider pas leurs sentiments et sont donc des créatures faibles – est très intéressant. Et encore une fois (puisque c’est le principe de la dystopie), on voit comment une bonne intention poussée à son paroxysme peut vite devenir abusive et servir de prétexte à la soif de pouvoir de certains. Les jeunes remettent le Système en question, certains de manière innée, d’autres se laissent convaincre. Et la chute, que l’on attendait tout de même un peu, n’est pas si décevante.

Je reprocherais peut-être à l’action de se dérouler un peu vite. Evie s’enfuit avec Raffie, bon. Et ils trouvent les rebelles, et ils vont combattre la Cité. Tout est très attendu. Evie, toute intelligente qu’elle soit, a tout de même des intuitions de malade qui servent un poil trop le pitch du roman ; et parfois, elle et Raffie sont juste une bande de têtes à claques niaises qu’on a du mal à encadrer. Et puis, il y a cette ambiguïté avec Lucas, qui est là, mais qui n’est pas exploitée plus que ça. Pire, qui ne mène à rien. Le tout se termine un peu vite, et nous laisse sur notre faim. Bref, dommage. Visiblement, il vaut mieux essayer La Déclaration. Ca sera pour la prochaine fois !

Pour info:
Michel Lafon, 315 pages, 15,95 euros (chez un bon libraire, TVA comprise)

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Fièvre d’ombre, Les chroniques de MacKayla Lane : 5 (Karen Marie Moning)

Amis du jour, bonjour !

Aujourd’hui, c’est mardi. Et mardi c’est… ? Mardi ces les bouquins-qu’on-a-lus-y’a-super-longtemps-mais-qu’on-avait-la-flemme-de-chroniquer. Bref, mardi jour du repenti. Et je dramatise à peine. En même temps, c’est pas facile de chroniquer un tome 5 quand le reste est loin loiiiiiiiin derrière. J’en profite au passage pour introduire ici les trois personnes qui on initié cette lecture : Orielle, Mérédith, et l’intermédiaire sans qui rien ne serait arrivé, ma petite sœur Jill.

Sarakontkoi ?
La sœur de MacKayla est retrouvée morte dans une ruelle de Dublin, sauvagement assassinée. C’est pourquoi cette dernière, dans le tome 1, n’hésite pas à foncer en Irlande pour trouver le meurtier et lui faire mordre la poussière. Au lieu de cela (pour rappel), elle découvre qu’elle a le pouvoir de voir les Faes (des créatures d’une autre dimension) et de sentir leurs objets de pouvoir (OP). Entre un prince Fae insistant et un sombre et mystérieux libraire, elle a du mal garder le cap sur la mission qu’elle s’est fixée. Dans ce tome 5, elle se croit obligée de s’allier au meurtrier présumé de sa sœur pour trouver l’un des objets de pouvoir les plus puissants qui existent et reconstruire le monde tel qu’elle le désire, en effaçant bien sûr la mort de ceux qu’elle aime. En même temps, elle sait qu’elle n’est pas humaine, et se demande si elle n’est pas l’incarnation d’un puissant esprit Fae. Entre recherche d’identité et besoin de vengeance, elle pourrait bien se perdre… ou se trouver.

Tenpenskoi ?
Pfiou, il était temps qu’elle le ponde celui-ci, on aurait fini par tourner en rond. Et encore, c’est sans aucun doute le tome le plus riche de la série. Pas en termes de qualité, plutôt en termes de quantité. Ce dernier tome renferme toutes les réponses aux questions que le lecteur s’est posées au fil des tomes, et notamment QUI/QU’est MacKayla, et qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez elle ? On passe donc du chaud au froid tout au long du bouquin ; les révélations s’enchaînent, les personnages se dévoilent à demi-mots jusqu’au grand final, les 60 dernières pages environ. Et là… on se dit qu’on a bien fait de continuer !

Enfin les réponses ! Enfin, on arrête de tourner en rond tels des félins impatients, prisonniers de leur cage romanesque. Et on a envie de dire : il était grand temps ! D’ailleurs, je viens de découvrir une chose : la série entière fait partie d’un genre que l’on appelle l’érotico-fantasy. Une sorte d’Harlequin « faërique » (entendez peuplé de créatures fantastiques). Je me disais aussi… certains passages, notamment dans les tomes 4 et 5, avaient fait chauffer mes draps. Pas étonnant ! Bref, l’histoire n’en est pas moins haletante (rho, tout de suite… !), et la série reste un excellent divertissement.

Pour info :
J’ai Lu, collection Semi-poche, 889 pages (12€ chez votre libraire)

Voir aussi :
Tome 1 : Fièvre Noire
Tome 2 : Fièvre Rouge
Tome 3 : Fière Faë
Tome 4 : Fièvre Fatale
(Oui, les noms auraient dû me mettre la puce à l’oreille plutôt que l’eau à la bouche).