Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Infiltrée dans la Cupidon Squad, T1 (Maëlle Desard)

Amis du jour, bonjour !

Il y a des romans, j’en fais une telle propagande, je les vends tellement, je les lis aussi tellement en avance… que j’en oublie de rédiger la chronique. En tant que présidente en carton du fan club officiel de Maëlle Desard, je me dois de réparer illico cette affreuse méprise.

Le pitch :
Rebecca est au fond du trou. Pour couronner le tout, sa meilleure amie Bethsabée annule leur soirée filles. De fait, quand elle la surprend à la sortie d’un bar, un arc à la main, Rebecca voit rouge. Alors qu’elle pense sauver un innocent d’une mort désuète, elle apprend que Bethsabée fait en réalité partie d’une escouade de Cupidons, et qu’elle vient de mettre les pieds dans un monde qui n’accepte pas les intrus. Forcée de prétendre qu’elle est elle-même un Cupidon, elle fait équipe avec Amaury, le frère de Beth… et son premier amour.

Mon avis
Faut-il vraiment que je le dise ? Je me suis poilée. J’ai rarement vu autant d’auto-dérision décomplexée qu’en lisant les romans de Maëlle. Ce qu’elle vous dit dans ce roman, c’est qu’elle aussi, elle kiffe la romance. Qu’elle aussi elle les voit, les clichés. Et bien sûr qu’elle va les mettre en application et parvenir à vous foutre des fucking papillons dans le bide tout en faisant une ou deux blagues lourdes au passage.

Les romans de Maëlle — et Cupidon Squad ne fait pas exception — ont le chic pour reconnaître que chaque genre a ses stéréotype, les appliquer à la lettre, et faire péter les standards. Parce qu’avant d’être autrice, Maëlle est lectrice. Elle sait ce qu’elle aime, mais elle sait le raconter avec sa propre voix. Intelligente et drôle, la voix.

Du coup, ses héroïnes nous font rêver, mais elles sont loin d’être les copies fades et fragiles faussement badass qu’on croise dans la littérature ado aujourd’hui. Rebecca est bourrée de complexes que je comprends, d’obsessions que je vis. C’est pas un 38 qu’elle arrive pas à rentrer dans son futal. Elle est loin d’être la meilleure élève de sa promo, comme moi, elle galère, elle est paumée, et elle est croc-love (chut, ça se disait à mon époque) du mec qui n’est typiquement pas fait pour elle.

Reprendre le mythe du Cupidon, le confronter aux mœurs d’aujourd’hui, aux notions de consentement, de libre-arbitre, avec toute la romance qu’on se bouffe en plus, c’était du génie. Et alors se revendiquer amoureuse de romance pendant que son personnage jure comme un charretier, c’est du bonbon pour mes petits yeux de lectrice.

Bref, la couverture est chelou, hyper criarde (pas dans mn top) et peut te donner une mauvaise image du roman. Mais en vrai, ferme les yeux, tend la main, chope ce foutu bouquin, et plonge-toi dedans, tu me remercieras (et Maëlle aussi) plus tard.

PS : fais pas la même connerie que moi, y a un tome 2 (après c’est fini), prévu pour février 2027. Je préfère prévenir.

Pour info :
éditions Rageot, 432 pages, 2026

Publié dans Albums, Bouquinade

Elza : C’est quand tu veux, Cupidon ! (Didier Levy / Catherine Meurisse)

Bonjour bonjour !

Un long silence, encore une fois. Quelles étaient mes bonnes résolutions, déjà ? Ah oui, poster plus souvent. Enfin, vous me pardonnerez j’en suis sure, parce que je reviens aujourd’hui avec non pas un, mais deux billets (le suivant étant un mot du jour, bande de petits veinards…). Bien, vous souvenez-vous de notre petite Elza, dont je vous avais parlé dans ce billet ? Eh bien, figurez-vous que je me suis fait plaisir en m’achetant l’intégrale sur le salon de Montreuil, il y a quelques mois !

elza
Crédits couverture : ill. Catherine Meurisse, © éditions Sarbacane

Sarakontkoi ?
Elza, notre jeune adolescente de 14 ans, revient, signe et persiste dans son style à elle. Elle n’en démordra pas, Robert-Louis, c’est pas son type, et Darius Mirouflet, ça va bien 5 minutes, mais faut pas trop pousser non plus. Entre ses lettres à Johnny Depp, et ses réclamations à Marylin Manson, elle trouve tout de même le temps de faire la belle, et de s’inventer des destins extraordinaires…

Tenpenskoi ?
Un éclat de rire en papier, voilà ce que c’est. On déguste les petites histoires de Didier Levy comme une Chupa Chups XXL avec un chewing-gum au milieu : on a hâte de finir pour le chewing-gum, mais on adore suçoter le bonbon ! Et je ne vous parle pas des illustrations de Catherine Meurisse, qui sont la cerise sur le gâteau. Moi j’ai bouffé ça dans le métro, et j’ai prié pour que ça ne finisse jamais.

Malheureusement, le Dieu des livres ne m’a pas écoutée : la série s’arrête, les petits exemplaires en format paysage sont épuisés et il ne reste que les grands formats (dommage). Pas de réimpression prévue, pour cause de réception assez tiède. Bah les gens, vous avez du caca dans les yeux ? C’est un petit bijou ! (Même toi, Romain, tu adorerais.) Penchez-vous dessus, vous m’en direz des nouvelles !

Pour info :
Éditions Sarbacane, 60 pages, 16€ chez les libraires chez qui il en reste (courez, même Amazon est en rade !)