Publié dans Albums, BD, Bouquinade

Cœur de pierre (Séverine Gauthier / Jérémie Almanza)

Ami du jour, bonjour !

Aujourd’hui, c’est vendredi, et vendredi, j’aurais envie de dire que tout est permis, mais si c’était le cas, je ne me serais probablement pas levée ce matin ; Alexa, l’intelligence artificielle de notre enceinte connectée, nous a réveillés avec le doux son d’une musique folk. Alors bon, il a bien fallu sortir du lit. Dans ma tête, l’ambiance est à la mélancolie où pointe un soupçon de tristesse, mais que veux-tu, il faut aller.

Alors aujourd’hui, je te ressors un album/BD qui reflète un peu cet état d’esprit, un truc que j’ai lu il y a un bail, que j’ai vu passer sur Insta, et que je pensais avoir chroniqué mais en fait non (si ça se trouve, je suis juste un boulet qui ne sait pas utiliser la fonction « rechercher » de son blog). Dans le doute…

Sarakontkoi ?
Cœur de Pierre, c’est l’histoire d’une petite amoureuse. Amoureuse d’un petit homme triste et insensible. Jour après jour, elle offre un pétale de son cœur d’artichaut au petit bonhomme triste. Elle essaie de le réparer, de lui apprendre à aimer. De tout lui donner. Mais arrive le jour où elle n’a plus de pétale à donner, et son petit cœur d’artichaut a été effeuillé en vain…

Tenpenskoi ?
De mémoire, il me semble que c’est Chéri qui m’a offert cette BD il y a quelques années, parce qu’il savait que j’affectionnais ce genre de graphismes. Et franchement, il a eu tellement raison ! J’aime ! L’utilisation des couleurs et de la lumière, les traits naïfs qui exacerbent les contrastes entre ce que ressentent nos petits personnages les uns pour les autres.

C’est une histoire universelle, le syndrome de l’infirmière, si on veut casser la poésie. C’est-à-dire la propension à s’attacher aux personnes que l’on croit pouvoir guérir/changer/sortir d’une situation (vachement pas poétique). S’attacher aux mauvaises personnes, c’est le pitch de départ d’un million d’histoires d’amour qu’on nous sert aujourd’hui en littérature sentimentale. Mais là, ça va plus loin. C’est le : « Et après, si ça ne fonctionne pas ? Si on a tout donné ? S’il ne nous reste rien ? » Je vous rassure, on ne reste pas sur ce constat…

Plein de poésie, très mélancolique et assez juste, il peut s’adresser aux adultes en pointant leurs travers sentimentaux avec la naïveté déconcertante d’un enfant.
J’ai adoré !

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Pour info :
éditions Delcourt, 32 pages, 9.95 EUR

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Le Fléau (Stephen King)

Ami du jour, bonjour !

Si tu jettes un œil sur mon compte Instagram, tu auras suivi un peu mes pérégrinations concernant la lecture du Fléau de Stephen King, initiée par Lemon June.

Je ne te fais pas attendre plus longtemps cette chronique que j’ai déjà suffisamment retardée. Comment veux-tu que je te parle en 3 paragraphes d’une œuvre aussi riche ?

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Sarakontkoi ?
À la fin du printemps 1990, suite à une micro-erreur informatique, un virus génétiquement modifié se propage aux États-Unis et dans le monde, tuant plus de 99% de la population. L’instinct des survivants les pousse à rechercher leurs pairs dans le cimetière à ciel ouvert qu’est devenu le pays. Puis il faut tout reconstruire. Trouver d’autres solutions ? Faire mieux ? Ou tout rebâtir comme avant ? Deux parties s’opposent, que les protagonistes appellent le Bien et le Mal. Tout est-il si manichéen ?

Tenpenskoi ?
Avant de te faire un topo, laisse-moi te dire que cette lecture fut éprouvante. Pas parce qu’elle avait cette image « horreur » qui colle à la peau de Stephen King, mais parce que, ayant lu la version rééditée et augmentée de plusieurs centaines de pages, j’ai pu suivre l’auteur jusqu’au plus profond de son récit. Si c’est très souvent instructif et immersif, c’est aussi parfois pénible, à l’image de la vie qu’essaient de reconstruire les personnages. Une semaine pour lire le premier, qui est une course contre la maladie. Un mois et demi pour lire le second, qui relate l’après, les hésitations, les doutes.

Dans la première partie, c’est la fuite. Loin de la maladie. La fuite vers un ailleurs qu’on ne connaît pas, loin d’un ennemi qu’on ne voit pas. La terreur de ne pas savoir si notre tour viendra. Puis la résignation. La longue marche vers l’espoir.

Après, dans ce monde post-apocalyptique, on survit. Mais aussi cruel que cette pensée puisse paraître, n’est-ce pas également une chance de tout recommencer ? De faire mieux ? Peut-on faire mieux ? Ne sommes-nous pas programmés pour en arriver inéluctablement à détruire ? Nous détruire ? Détruire notre environnement ? Faut-il reconstruire un système politique ? Vivre éloignés de toute civilisation ?

L’un des personnages, professeur de sociologie, fait cette remarque très intéressante :

« Peut-être n’est-il que le dernier magicien de la pensée rationnelle, celui qui rassemble les outils de la technologie contre nous ».

Et je pense que c’est le cœur du débat. L’homme peut-il retourner à l’état de nature ? Se débarrasser de sa rationalité, de la technologie qu’il a construite avec ? Le Mal est-il le Mal ou bien un penchant rationnel de l’être humain ? Et paradoxalement, c’est ce côté rationnel qui détient la Magie.

La fin est un parfait mélange de l’espoir et de l’inéluctabilité, qui laisse au lecteur le choix de voir le verre à moitié plein, ou à moitié vide. Je vous laisse en juger par vous-mêmes. Mais je vous préviens : la lecture de cet ouvrage n’est pas une promenade de santé.

Je te laisse le lien vers la vidéo de Lemon June (l’instigatrice de cette lecture commune) :

Pour info (pour ma version) :
Tome 1 => Le livre de poche, 764 pages, 9,20€
Tome 2 => Le livre de poche, 795 pages, 9,10€

Publié dans N'importe quoi

The sound of silence

Amis du jour, bonjour !

Petit billet d’humeur aujourd’hui, une fois n’est pas coutume. J’ai presque terminé Le Fléau, de Stephen King (enfin !). J’ai entamé Brexit Romance, de Clémentine Beauvais (et je suis désolée, mais Bookstagram, tu m’as trompée sur la marchandise… je n’aime pas du tout ! Mais je t’en parlerai plus longuement dans un billet dédié) et Dans la forêt, de Jean Hegland.

Mais rien à voir avec le schmilblick, aujourd’hui, je vous cause de la solitude et du silence.

Au cours de ma (courte) vie, je me suis vue grandir et évoluer (heureusement !). Avant d’aller vivre à Paris, hors de question pour moi de manger ou boire un café seule à la terrasse d’un resto. Et ne parlons pas de me faire un ciné en solitaire ! Tout a commencé les premières fois où je suis montée seule dans le bus, où mes confrères lycéens ne montaient qu’en groupuscules bruyants. La solitude posait sur moi son œil immense, et me désignait de son doigt implacable. « Tu es seule », ricanait-elle.

La solitude m’effrayait au point de suivre frénétiquement mes copines au collège pour ne pas marcher seule dans les couloirs. Désolée Véro, je sais que j’ai été un vrai pot de colle.

Et puis Paris. Pas le choix. Je ne connais personne. Personne ne veut déjeuner avec moi. Aller au ciné avec moi. Que faire ? Rester seule ? Me forcer à parler à des gens ? Pourquoi pas. Et je me suis fait des ami(e)s d’ailleurs. Mais surtout, arrêter d’attendre, de talonner le premier venu, de jouer les ombres vivantes. J’ai mangé seule à la terrasse bondée d’un petit resto italien à Saint-Michel. J’ai pris une carte UGC Illimité et je me suis tapé tout ce qu’il était possible de voir sur les toiles de la Défense et des Halles (en V.O. s’il vous plaît).

À présent, la solitude est une amie. Je comprends qu’on ne l’apprécie pas, elle est souvent incomprise. Mais moi, j’aime. J’aime me plonger dans un bouquin, seule. Je sens encore quelques regards inquiets : « mais, elle est toute seule ? » Et surtout, je sens la peur des autres. Ceux qui viennent violer ma solitude pour tromper la leur.

J’aime les gens. Mais si j’ai le nez plongé dans un bouquin, j’aime le silence. Et par silence, je n’entends pas l’absence de bruit. Je veux dire que j’aime qu’on ne me parle pas. Et si le silence s’installe entre vous et moi, ne soyez pas gêné, accueillez-le comme un ami, une pause, un moment à vous et à moi. Et ne me parlez pas. Si je veux parler, alors je baisserai mon livre. Dans le cas contraire, dites-vous que c’est comme si vous aviez décidé de faire irruption dans mes toilettes alors que j’ai encore le pantalon sur les chevilles.

Allez, poutous sur vous.

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Publié dans Madame Je-Sais-Tout, Sors ta science

Sors ta science #14

Ami du jour, bonjour !

Hier, j’étais à mon cours de langue des signes, et, comme une enfant de 5 ans, j’apprenais à compter. Fière de moi, j’exerçais ma gymnastique manuelle sur les chiffres et nombres simples. Jusqu’à ce qu’on en arrive à soixante-dix (bon, cinquante, c’était déjà pas très logique)…

« C’est compliqué », ai-je signé à mon professeur. Elle m’a regardée ébahie et m’a signé « parce que c’est pas compliqué quand vous parlez ? » Et j’ai réfléchi.

C’est vrai que c’est con, soixante-dix. Et que dire de quatre-vingt ? Et quatre-vingt-dix ? C’est tellement plus simple et logique en Suisse : septante, huitante, nonante.

Alors pourquoi est-ce qu’on se casse la tête ? Il faut savoir qu’au Moyen-Âge, on comptait par vingtaine. Dix, vingt, vingt-dix (30), deux vingt (40), deux vingt-dix (50), trois vingt (60), trois vingt-dix (70), quatre vingt (80), quatre vingt dix (90). Merci nos amis et ancêtres, les Celtes (eux, par contre, on ne sait pas pourquoi ils comptaient comme ça). Ca s’appelle le système vigésimal (ou vicésimal) => par vingt. Et tu sais pourquoi 20 est une base ? Parce qu’un être humain de constitution dite « normale » a 10 doigts et 10 orteils. Soit 20 en tout.

Puis, à l’époque des premiers dicos et encyclopédies (c’est à dire au XVIIe), on adopte le vocabulaire que l’on connait aujourd’hui. Mais selon certains historiens, soixante-dix, quatre-vingt et quatre-vingt-dix auraient été conservés car ils facilitent le calcul mental. Bah oui, 70=60+10.

Donc voilà, le pourquoi n’est pas vraiment révélé, mais au moins, tu sais qu’on a un reste de culture celte…

En complément, je te mets un podcast France Info :

https://embed.radiofrance.fr/franceinfo/player/aod/52fa485e-a682-456d-8867-6018eb9596a3

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Publié dans Highway to FIV

C’est reparti pour un tour.

Salut les loulous !

Quand y’en a plus, y’en a encore comme dirait l’autre. On a laissé un peu décanter les choses côté FIV. Les injections de Bemfola restantes nous ont nargués quelques semaines au frigo. Nos yaourts faisaient triste mine, mon masque hyper-naturel-aux-algues-à-conserver-au-frais faisait la gueule, et le beurre du petit dej’ tentait tant bien que mal d’ignorer ces boîtes vertes et blanches qui veillaient sur l’étagère en verre du réfrigérateur.

Et puis, vendredi dernier, on a remis le schmilblick en marche. Première étape : le RDV avec la biologiste. On en a profité pour apporter le Bemfola au CHU, qui les utilise pour les femmes qui en ont besoin.

Petite explication sur l’échec de la première tentative : les ovocytes n’étaient pas assez mûrs. Donc pas de fécondation possible. Et c’est une chose qu’on ne peut pas voir avant la ponction.

Cela dit, pour la première fois depuis qu’on a commencé cette grande aventure, un médecin nous a dit « je sais ce que vous vous dites : tout ça pour rien« . Bah ouais, des mois de préparation, des piqûres, des RDV, une ponction. Beaucoup d’énergie, d’attente. Tout ça pour ça. La biologiste nous a regardés, et elle nous a dit : « je comprends ». Ouah ! Le choc. Elle est passée par là, notre biologiste. Même cas de figure que le nôtre. Et d’un coup, on s’est mis à parler, comme libérés. C’était pas la psy du service PMA. Mais bon sang, ce que ça a fait du bien !

On a signé des tas de papiers, les mêmes que la première fois, à renvoyer encore à la sécu. Cette fois, on change de traitement aussi. Et Chéri a droit à un caryotype (cartographie de ses chromosomes), histoire de vérifier que génétiquement, tout va bien.

Parce que la grande nouveauté, c’est qu’on va avoir droit à une injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI pour les intimes). Ça veut dire qu’on va prendre le matériel génétique du spermatozoïde pour l’injecter direct dans l’ovule. Cette fois, on ne laisse rien au hasard. Le reste se déroulera dans mon utérus, si tant est qu’on parvienne à avoir des embryons viables.

Dernièrement, j’ai appris qu’un petit miracle avait eu lieu dans mon entourage. Je me suis dit : oui, c’est possible. Alors voilà, prochain essai en janvier. Et si 2019… ?

Update : je suis en train d’expérimenter les fameuses bouffées de chaleur… 2 mois après le traitement. C’est fou ces vagues qui viennent et qui vont !

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Publié dans Le mot du jour, Madame Je-Sais-Tout

Le mot du jour : psychopompe

Ami du jour, bonjour,

Voilà un moment maintenant que je n’avais pas posté de mot du jour. Pas de grande inspiration à vrai dire.

Mais ce week-end, alors que nous étions à Paris pour l’anniversaire de Chéri (attention, j’espère que tu es prêt pour une petite digression), et que nous attendions patiemment en engloutissant des Apéricube que nos galettes jambon-fromage-champignon soient cuites, v’là t’y pas que mon amie Aurel me lit la super question planquée sous son petit cube de fromage. La question en question (LOL) était la suivante : quel dieu est sorti de la cuisse de Jupiter ? Je te donne la réponse, sinon, tu vas te concentrer là-dessus au leu de lire cette passionnante histoire que je suis en train de te raconter : c’est Bacchus, dieu du vin (entre autres).

Si si, tout ça a un rapport avec le mot du jour. Donc, impossible de m’en souvenir sur le coup ! Je cherchais, et dans mes pérégrinations, je sors « Hermès, dieu des voleurs, des marchands, des pèlerins »… et…
Le mot du jour : psychopompe (complète Aurélia)

Ce qui te vient à l’esprit, si tu es comme moi, c’est : « quoi, une nouvelle marque de chaussures ? » Nan, un psychopompe ! Du grec psycho qui veut dire esprit (ou âme) et pompos, celui qui conduit. C’est celui qui conduit les âmes aux Enfers (et non « en enfer » : les Enfers sont le royaume des morts dans la Grèce Antique). Et parfois, lorsqu’il s’agit de héros ou de nobles, c’est le dieu Hermès en personne qui se charge de conduire les âmes jusque dans leur dernière demeure.

Concrètement, ce mot-là, il te servira juste à faire le cake en bouffant des Apéricubes, mais quand même, ça vaut le coup, non ?

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Publié dans Bouquinade, Roman

Jane Eyre (Charlotte Brontë)

Ami du jour, bonjour !

Le froid commence à tomber sur nos plaines auvergnates, la bruine du matin se dépose sur nos joues fraîches et j’hésite à sortir mes moufles… pas pratique pour lire en marchant. Je me vois déjà, handicapée par cet énorme mono-doigt, essayant laborieusement de tourner les pages de mon livre. Nan, je vais opter pour mes mitoufles.

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Sarakontkoi ?
Peut-être que tu es passé(e) à côté des (télé)films, des adaptations, des retraductions de ce chef-d’œuvre de la littérature anglaise. Si c’est le cas, je te la fais courte : Jane Eyre est une jeune orpheline élevée par sa tante, qui la hait. De fait, elle finit par envoyer sa nièce d’une dizaine d’années dans un orphelinat-pensionnat. Elle y étudie puis y enseigne, jusqu’au jour où elle se trouve une place de préceptrice à Thornfield. Son élève, Adèle, est la jeune pupille du maître des lieux, M. Rochester. Jane dépasse bien vite la rudesse du personnage pour trouver en lui un esprit vif et intelligent. Mais Rochester semble cacher quelque lourd secret derrière les murs épais de Thornfield.

Tenpenskoi ?
À l’origine de mon envie de lire ce bouquin, il y a mon amie Aurélia. C’est elle qui m’a donné son exemplaire en anglais du chef-d’œuvre de Charlotte Brontë. J’avais fait connaissance avec la famille Brontë lors de ma lecture de Les Hauts de Hurlevent (écrit par sa sœur Emily). Si le premier avait suscité en moi des émotions très fortes, celui-ci a été plus clément pour mon petit cœur. Je n’ai pas été moins touchée, je n’ai pas moins aimé. Mais Charlotte a écrit un roman sans aucun doute plus optimiste que celui de sa sœur.

Jane est un personnage qu’on ne peut s’empêcher d’admirer. Elle est imparfaite, impulsive. Et si elle est chétive et qu’elle se décrit comme laide, elle n’en est pas moins un personnage très fort. Je regardais la vidéo de Lemon June, et je lui donne raison : Jane est une vraie féministe, même si elle ne le revendique pas. À aucun moment, je n’ai ressenti ce « je suis une femme, je défends mes droits ». Mais elle agit selon sa conscience, acceptant ou refusant des avances, le mariage, une condition. Elle n’est jamais une femme seule. Elle est toujours simplement un être humain qui cherche sa voie. On peut lui rappeler son sexe et sa condition, elle ne s’arrête jamais à ces discours.

Ce que j’aime également, c’est que si physiquement, elle n’est pas belle, les descriptions de son esprit vif, l’amour et l’affection qu’elle fait naître chez les autres, la rendent désirable aux yeux du lecteur.

Bref, merci Aurélia d’avoir mis ce livre entre mes mains. Merci Lemon de m’avoir donné la pichenette qu’il me fallait pour me plonger dans cette lecture.

Pour info (et parmi tant d’autres éditions) :
éditions Folio, collection Folio Classique, 848 pages, 6€

 

Publié dans BD, Bouquinade

Un océan d’amour (Wilfrid Lupano / Grégory Panaccione)

Ami du jour, bonjour !

Il y a des jours ou un quelqu’un vient vers toi, et te tend un petit bout de trésor, comme un petit rayon de soleil dans ton vendredi. Ce fut le cas ce matin, une douce pensée de ma collègue Laure qui m’a prêté cet ouvrage.

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Sarakontkoi ?
Un vieux pêcheur breton tout rabougri et un peu grincheux se lève, comme tous les matins, et, après avoir avalé un petit déjeuner cuisiné avec amour par sa femme, se rend au travail.  Sur son petit bateau, avec son petit filet, il ne remonte pas grand chose. La journée s’annonce assez mal, pire encore lorsque l’hélice de son rafiot se prend dans les filets d’un bateau de pêche monstrueux. C’est le début d’une épopée pour lui, et pour sa femme, qui n’aura de cesse de le chercher…

Tenpenskoi ?
J’ai un peu de mal à trouver mes mots pour vous parler de cette merveille. Pour commencer, je dois préciser qu’il s’agit d’une BD muette. Ça veut dire qu’elle n’a aucune bulle, aucun cartouche. Tout passe par le dessin.

Et parlons-en de ce dessin : fin, doux, un peu onirique, très expressif. Le livre n’en est que plus beau. Et quand je vous dis beau, je ne parle pas que d’esthétique. L’histoire est belle. L’intention est belle. La conclusion est belle.

Et pour le coup, moi qui parlais de ma déception quant à la perception du couple de Fabcaro dans mon billet précédent, ici c’est tout le contraire. Quand un vieux couple se rend compte en perdant sa routine que c’est justement les petits gestes du quotidien qu’on ne voit pas, qui nous agacent parfois, qui nous manquent le plus.

Bref, c’est beau, c’est simple, et ça se passe de mots. Merci Laure 🙂

Pour info :
éditions Delcourt, collection Mirages, 224 pages, 25,50€

Publié dans BD, Bouquinade

Moins qu’hier (plus que demain) (Fabcaro)

Ami du jour, bonjour !

Je te délaisse un peu en ce moment, j’en suis désolée. Je pense bien que tu n’en es pas encore au point où tu pleures l’absence de billet le soir dans ton lit, mais peut-être qu’avant-hier, tu t’es dit « tiens, depuis un moment, elle poste un peu moins ». Et tu as raison. En ce moment, je forme un nouveau collègue, donc j’ai moins de temps. Et j’ai repris la langue des signes. Donc encore moins de temps. Dans un cas comme dans l’autre, je suis ravie de ce que je fais, mais forcément, je suis moins disponible pour mon cher blog, et pour toi, lecteur.

Bref, je vais te causer d’une BD que je viens de terminer et qui me laisse un goût de… de gné.

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Sarakontkoi ?
Plein de petites histoires, un dénominateur commun : le couple. Mais le couple sous ses pires aspects. Le mensonge, le chantage, les enfants, le sexe, l’ennui, le fantasme de l’impossible : rien ne va plus.

Tenpenskoi ?
Déjà, ça s’avale très vite. Chaque « intrusion » dans la vie des couples ne fait qu’une planche (une page). Et heureusement. Le dessin est simpliste, mais j’aime bien ces touches de couleur. Je n’ai pas détesté.

Ensuite, mis à part deux ou trois planches improbables où j’ai franchement ri… bah j’y suis restée totalement insensible. Laissez-moi vous faire part d’une réflexion que je retiens depuis un certain temps: je n’aime pas cette stigmatisation de l’ordinaire qui semble gagner les bien-pensants. Le couple, ce n’est pas juste chiant. Ce n’est pas juste une prison, et ce ne sont pas que des compromis. Les enfants ne sont pas juste un purgatoire.

Après, tu me diras : « oui, mais c’est juste que tu te sens visée ». Effectivement, je me sens visée. Je suis mariée, et je suis heureuse. Ca ne fait pas de moi, ou de mon époux, quelqu’un de naïf, de moins intéressant, ou pire ; ça ne fait pas de moi un mouton. J’ai l’impression qu’aujourd’hui, à moins d’être dans le rejet du conventionnel, on n’a que peu d’intérêt.

Je ne me bats pas contre le monde entier pour défendre mon orientation sexuelle, ma sexualité, ma couleur de peau, mais ça ne fait pas de moi quelqu’un de fourbe, de menteur ou de plat. Et c’est ce que ce livre m’a fait ressentir : que le couple conventionnel était chiant et risible. Ca m’a fait de la peine. Pas pour moi, parce que je n’ai rien à prouver. Mais pour ceux qui se laissent envahir par le cynisme au point d’oublier tout ce que la vie offre de positif. Et l’amour en fait partie. Du coup, je l’ai offert à Chéri pour nos 3 ans de mariage.

Ceci dit, j’ai lu le résumé de Zaï Zaï Zaï Zaï, et franchement, il me fait un peu plus envie. Donc je ne suis pas hermétique à l’auteur.

Pour finir, je partage avec vous une vidéo de la chaîne Et tout le monde s’en fout, qui résume très bien mon opinion sur le couple.

Pour info :
Glénat, collection GlénAAARG !, 64 pages, 12,75€

Publié dans BD, Bouquinade

Polina (Bastien Vives)

Amis du jour, bonjour !

Je ne m’arrête pas en si bon chemin, parce que je vais vous causer d’une BD de Bastien Vives. Je tiens cependant à mettre les choses au clair (je crois qu’on appelle ça un disclaimer dans le jargon) : Bastien Vives est au cœur d’un scandale sur les réseaux sociaux, et il n’est pas question ici de démentir ni de soutenir qui ou quoi que ce soit. Il s’agit d’un livre que j’ai lu, et que je vais vous présenter. Merci.

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Sarakontkoi ?
Polina est toute jeune lorsqu’elle intègre une prestigieuse école de danse classique en Russie. Son professeur, qui déplore sa raideur, décèle pourtant en elle un vrai talent. Au fur et à mesure de sa progression, et de son parcours, ce sont les écoles de la rigueur et de l’émotion qui vont se vouer un combat féroce pour les talents de la belle. Un plongeon sur les parquets des salles de classe et les coulisses de ces créatures qui nous font rêver.

Tenpenskoi ?
C’est intéressant de connaître les dessous de ce milieu très particulier qu’est la danse. On saute d’événement en événement, pour suivre la montée de l’étoile Polina. L’affection et l’admiration qu’elle porte à un professeur qui pourtant se montre d’une odieuse sévérité me rappelle un peu l’admiration que j’avais pour les profs que mes camarades aimaient le moins (parce qu’ils les craignaient). C’est un cheminement, une résilience face aux épreuves émotionnelles, physiques, aux déconvenues professionnelles. J’aime bien Polina.

C’est compliqué à expliquer. Bastien Vives fait partie de ces illustrateurs dont les œuvres me déchirent. Sur certaines vignettes, je me dis « ouah la vache, en 2 traits, il dépeint une telle grâce », tandis que sur quelques autres, je me dit « pouah, le trait est grossier et un peu dégueu quand même, il s’est pas fait chier ». Ici, il n’a pas travaillé sur le détail, mais sur une espèce d’impression de légèreté. Du trait, des ombres, et un certain minimalisme. J’oscille entre le « ouah » et le « il se fout de moi, à ce prix-la ». Et c’est peut-être tout le talent de Bastien Vives.

Pour info :
éditions Casterman, 210 pages, 20 €