Publié dans BD, Bouquinade, Uncategorized

Le Cercle du dragon-thé (Katie O’Neill)

Ami du jour, bonjour !

Tu l’auras compris (et tu le verras probablement sur mes prochains billets) je suis dans une période bande-dessinée. J’ai envie de bouquins qui se lisent vite, avec de jolis illustrations, mais pas des albums. Ergo : la BD. Et celle-ci, je l’ai attendue un bout de temps… toute une aventure, je te jure. Mais y’a un mais…

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Sarakontkoi ?
Dans un univers féerique, peuplé de faunes, de dragons et d’hommes, Greta apprend le métier ancestral de forgeron. Un jour, elle rencontre un drôle de petit dragon qui semble s’être échappé de la boutique de thé, à la limite de la ville. En l’y rapportant, elle fait la connaissance d’Hesekiel, Erik et Minette, qui élèvent et soignent les dragons-thé. Mais ces soigneurs sont de plus en plus rares, et Greta décide d’apprendre elle aussi à soigner ces créatures mystérieuses.
Tenpenskoi ?
Alors, pour le coup, j’ai du très bon, et du moins bon. Pour commencer, le très bon : le dessin est sublime, c’est craquant de mignonnerie, c’est coloré, c’est des bonbons à la bergamote qui fondent sur la langue. J’aime aussi beaucoup l’univers, cette idée que les feuilles qui poussent sur les cornes des dragons-thé renferment les souvenirs qu’ils partagent avec leur soigneur. Bref, toute la mythologie est vraiment sympa et originale, pour ce que j’en connais. L’autrice met aussi un point d’honneur à souligner l’importance du passage de savoir faire, ici dans le soin du dragon-thé ou dans la forge et la ferronnerie, mais en général aussi. Perso, je trouve que ce sont des messages nécessaires à faire passer aux jeunes générations.

Ceci dit, même si pour toutes les raisons énumérées au-dessus, j’ai apprécié ma lecture, j’avoue que deux choses m’ont gênée. Premièrement, j’ai trouvé l’histoire un peu courte : l’univers a l’air super riche, c’est dommage qu’il ne soit pas plus développé. Ou alors, il faut supprimer l’histoire des personnages secondaires, parce que soit on m’en dit trop, soit pas assez. Bon, disons que c’est pour un jeune public, et que ça suffit.

La seconde chose qui m’a fait hérisser le poil, c’est un problème de relecture / correction de la dernière partie de la BD (extraits du Guide du dragon-thé) : des coquilles orthographiques, grammaticales, et parfois même, des mots qu’on a oublié de supprimer en modifiant la phrase. Sans compter que la traduction, je suis désolée, laisse à désirer sur cette partie — autant dans les dialogues, ça passe parce que c’est court, autant dans un texte plus long… Outre les coquilles, certaines tournures sont à peine correctes et le texte pue la traduction à plein nez. C’est très dommage ! C’est comme si on me donnait Brad Pitt, mais que quand il ouvrait la bouche, il s’avérait bête comme ses pieds. Bref, lecture en demi-teinte, et comme mon Brad Pitt un peu neuneu, je l’exposerai, pour faire joli… 😦

Pour info :
Bliss comics éditions, 60 pages, 15€

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Un amour exemplaire (Daniel Pennac / Florence Cestac)

Ami du jour, bonjour !

Nouvelle lecture, et une fois n’est pas coutume, il s’agit d’une bande dessinée. Et pas n’importe laquelle ! Un scénario de Pennac (pour lequel vous connaissez mon amour) ! Figurez-vous que je n’aurais jamais su que cette BD existait si la médiathèque de mon quartier — dont je n’ouvre jamais les newsletters, mais là, si — ne m’avait pas envoyé un rappel pour m’inscrire à une rencontre avec — attention — M. Pennac himself ! Peu m’importait la raison pour laquelle il passait dans notre patelin, il était impératif que je participe à cette rencontre. Il s’avère qu’il s’agissait d’un échange avec des collégiens autour de ladite BD et du spectacle qui en a été tiré. Joué par un couple d’acteurs au top, accompagné de Pennac, et Cestac…

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Sarakontkoi ?
Pennac nous raconte l’histoire d’un couple atypique qu’il a connu dans son enfance, un vieux couple sans enfant. L’époux, un aristo déshérité amoureux des livres, a tout abandonné pour la couturière qui confectionnait la robe que sa mère devait porter à son mariage. Ils ont vécu toutes sortes d’aventures avant de faire leur nid dans la maisonnette d’un gardien de domaine. C’est là que le jeune Daniel a fait leur connaissance tout gamin.

Tenpenskoi ?
Sincèrement, j’ai beaucoup de mal à discerner la BD de la pièce, que je suis allée voir du coup. Cette BD est écrite du point de vue d’un enfant, le jeune Daniel Pennac, qui voue un amour inconditionnel à ses voisins, les Bosignac. Entre intrigues de village (est-ce que Bosignac triche aux cartes ?) et histoires extraordinaires (Mme Bosignac enlevée par son père après son mariage et j’en passe), ce livre, plein de tendresse, trace le portrait du bonheur. Pas le tout beau, pas le parfait, mais le vrai.

Et comme d’habitude, quand c’est Pennac qui raconte, dans la BD comme sur scène, c’est doux, c’est frais, et ça donne à réfléchir. Le spectacle se détache de la BD, selon les mots de l’auteur, en ce que le point de vue n’est plus celui du gamin qui vit cette histoire, mais celui des Bosignac, qui regardent avec une tendresse cet enfant s’attacher à eux, eux qui n’ont pas pu donner la vie. C’est un mélange de scènes entrecoupées de narration, relevées par le dessin, en direct s’il vous plaît (à la manière d’une lecture dessinée pour ceux qui connaissent) de Florence Cestac. Et en cela, les deux œuvres sont complémentaires. Du coup, lisez la BD, parce que c’est drôle, touchant et très vrai. Et puis, si d’aventure il passait par chez vous, allez voir le spectacle, parce qu’il vaut le détour !

Pour info :
éditions Dargaud, 64 pages, 15€

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Le Bal des folles (Victoria Mas)

Ami du jour, bonjour !

Je te cause aujourd’hui de ma lecture du Renaudot des lycéens 2019, écrit par la fille de Jeanne Mas. Un premier roman. Et comme beaucoup de premiers romans, je lui trouve du bon, et du « peut mieux faire ».

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Sarakontkoi ?
1885. Eugénie est une jeune fille de bonne famille réduite, comme toutes les jeunes filles de sa condition, à un sage silence qu’elle n’accepte pas. Geneviève est infirmière depuis 20 ans à la Salpêtrière, le fameux hôpital de Paris où l’on interne les folles. Leurs destins vont se croiser lorsque Eugénie, qui avoue à sa grand-mère qu’elle peut voir et entendre les esprits, est internée par son père, qui la renie. C’est à travers le regard de ces deux femmes que nous découvrirons les conditions et les raisons d’internement de celles que l’on nomme « folles », souvent plus par commodité que pour de réels motifs…

Tenpenskoi ?
Pour être honnête, j’attendais beaucoup de ce roman. Déjà parce qu’il avait reçu un prix assez prestigieux, et parce que j’ai trouvé le sujet extrêmement intéressant. Je savais déjà qu’à une certaine époque, on enfermait les femmes à l’asile parce qu’elles avaient des opinions, parce qu’elles avaient été violées et qu’on voulait les faire taire, ou simplement parce qu’elles refusaient d’adopter un comportement dit normal. La colère, la joie, la peur, le désir sexuel, tout pouvait les mener dans ces hôpitaux où l’on faisait Dieu sait quelles expériences sur elles.

De ce point de vue, même si l’on apprend l’histoire de quelques femmes, et que l’on suit leur évolution, j’ai trouvé le roman léger. J’aurais aimé qu’au lieu de me décrire 2 séances d’hypnose et une scène d’attouchements peu scrupuleux de la part d’un médecin, on m’en dise plus sur les recherches faites à l’époque, sur les combats, peut-être, menés par des hommes et des femmes. On me parle de Charcot, de ses séances d’hypnose, certes, je comprends où on veut m’emmener en tant que lectrice. Mais ça reste trop en surface. Quant à cette histoire d’esprits, qui s’avère être réelle, même si elle m’a touchée, je n’ai pas vu ce que l’autrice voulait en faire, si ce n’est un prétexte à l’enfermement, puis à la libération.

Un mot rapide sur quelques erreurs de concordances de temps (il est dangereux de jouer avec le présent et le passé de narration, parce que la concordance des faits antérieurs doit se faire soit au passé composé, soit au plus-que-parfait, pas au passé simple… petit souci de relecture sur ce point…)

En bref, ce roman m’a laissée sur ma faim. J’aurais aimé voir certains aspects être plus développés, qu’on m’en apprenne plus sur les mœurs, les combats de l’époque, qu’on me situe le livre dans la grande Histoire et pourquoi pas qu’on l’y mêle… Bref, une lecture très sympa, je ne peux pas le nier, mais qui a manqué d’un je-ne-sais-quoi.

Pour info :
éditions Albin Michel, 256 pages, 18.90€

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Le Consentement (Vanessa Springora)

Ami du jour, bonjour !

J’ai repoussé un peu l’écriture de ce billet, parce que le livre dont je vais te parler est assez difficile à classer, et ensuite, à aborder. Déjà parce que ce n’est pas une littérature sur laquelle j’ai l’habitude de m’arrêter. Ensuite parce que le sujet est extrêmement délicat…

consentement

Sarakontkoi ?
Dans ce texte, Vanessa Springora nous raconte comment, à 14 ans, elle est tombée amoureuse de l’écrivain Gabriel Matzneff, de 35 ans son aîné. Comment elle a vécu sous cette emprise. Comment elle s’est retrouvée seule face aux doutes qui sont nés après les débuts. Comment elle a rompu. Comment elle a dû réapprendre à vivre, et à aimer.

Tenpenskoi ?
Y a-t-il quoi que ce soit à penser de tout ça ? C’est une expérience extrêmement personnelle que nous raconte l’autrice. Personnelle, mais de la plus haute importante pour la Chose Publique. Parce que nous avons besoin de ces petits bouts d’histoires personnelles pour comprendre, appréhender, et corriger des comportements comme celui de M. Matzneff.

Pendant toute sa vie de jeune femme, Vanessa Springora a été vampirisée par un homme égocentrique et narcissique, qui n’apprécie son reflet que dans le sein juvénile des adolescentes, ces jeunes femmes non encore « hystériques et désabusées », comme il le dira à Pivot en 1990. Un homme qui lui aura volé son image et sa personne pour en faire un personnage de fiction de sa propre vie, qu’il peut manipuler. Qui l’aura déconstruite pour la reconstruire à l’image qu’il aime : la docilité, la servilité. Parce que c’est ce qu’il a fait : sous de jolies phrases et un style travaillé, Matzneff a longtemps, et impunément, fait publier ses journaux où il relatait ses aventures pédocriminelles, avec de jeunes lycéennes, mais aussi avec de très jeunes garçons lors de ses voyages « exotiques ».

Au cours d’un long combat contre elle-même, contre la société des gens lettrés qui, sous couvert de créativité et d’art, commettent des actes plus que répréhensibles, Vanessa Springora a pu enfin prendre la plume pour se libérer des chaînes qu’on avait forgées pour elle. Pour à son tour enfermer Matzneff dans un livre. Sans haine, sans colère, et en évitant les écueils du pathos bien souvent symptomatiques de ce genre de récit, elle relate ce qu’était son quotidien auprès de cet homme. Bref, je ne l’ai pas lâché, et pour le coup, le bouquin a fait mouche. Je ne saurais que le recommander.

Et pour mettre tout ça en relief, l’interview que Pivot avait faite de Matzneff => ici.

Pour info :
éditions Grasset, 216 pages, 18€

Publié dans Bouquinade, Roman

Tout quitter (Anaïs Vanel)

Ami du jour, bonjour !

Non non, je n’ai aucun mérite, je ne lis pas plus vite, je lui simplement plus longtemps, et des petits livres qui me reposent des pavés que je viens de terminer. Avant que je ne te reparle d’albums (parce que j’en ai quelques-uns à chroniquer), restons sur le roman, avec une lecture que je dois à l’illustratrice Margaux Motin. Et pour l’avoir vendu, elle l’a vendu ; je partais donc avec de très fortes attentes…

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Sarakontkoi ?
Il s’agit en fait plus d’un récit autobiographique que d’un roman. Anaïs, éditrice de renom, décide de tout quitter du jour au lendemain. Elle se lève simplement, pars de sa réunion, prend des cartons et les jette dans un Berlingo pour rejoindre l’océan et se mettre au surf…

Tenpenskoi ?
C’est très compliqué de lire un livre dont on vous a vanté les mérites à ce point (dixit la nana qui vient limite de vous mettre un flingue sur la tempe pour que vous lisiez La Passe-Miroir). Et pour être honnête, il y a des choses que j’ai beaucoup aimées. D’autres que j’ai moins appréciées.

Pour commencer, je m’attendais à une randonnée en pleine montagne, avec de fortes bourrasques et des tempêtes de neige (c’est une métaphore, tu as bien compris…) et j’ai eu une jolie promenade un dimanche de printemps. C’est moins puissant que ce à quoi je m’attendais. Mais plus réaliste que le gars qui donne toutes ses chaussettes et part avec un t-shirt et un pantalon.

Le style est extrêmement lapidaire. Je veux dire que les phrases ne dépassent que rarement 4 mots, souvent sans verbe. J’aime les écritures lapidaires, mais j’ai aussi besoin qu’elles soient un contraste. Pas la totalité de l’œuvre. Sinon, ça devient trop hermétique. Et là, c’est parfois le cas. Je sens bien qu’on essaie de me faire comprendre quelque chose, mais on m’en donne parfois trop peu. En même temps, ça va avec le propos. Revenir à zéro pour retrouver l’essentiel petit à petit. Se réappartenir. De même, les pages du roman sont très peu remplies. 90% du temps, c’est du 2/3 – 1/3 : 2/3 de blanc, 1/3 d’écriture. Un paragraphe par page quoi. J’ai eu 2 réactions : « 18€ pour ça ? » Puis « ah ouais, c’est sympa cette mise en page aérée ! » j’ai compris que là encore, on servait le propos du bouquin, mais quand même : 18€ pour ça ?

Enfin — et je suis désolée parce que c’est une remarque toute personnelle, et sans doute déplacée et très matérialiste face à cette introspection — je me suis dit tout le long du bouquin que, OK, tu quittes ton job, ton mec, ton appart pour partir faire ce que tu aimes (ici du surf, pourquoi pas, elle aurait pu vouloir élever des vers de terre, c’était pareil) mais faut avoir les moyens quoi ! Même en vivant de rien. Et là, la réflexion tourne en rond, parce que je sais qu’Anaïs Vanel se livre dans ce bouquin, et que rien de ce qu’elle a écrit n’est facile à dire, parce qu’il lui a fallu faire face à ses choix, à son parcours, se remettre en question. Mais c’est ou trop, ou pas assez. Ou trop personnel ou pas assez développé.

Bref, juger un texte aussi personnel est très compliqué. Alors je conclurai de cette manière : c’est très pertinent, et je trouve qu’on traduit bien le tiraillement des millennials (les personnes nées entre les années 80 et 90) qui ont hérité de la société de consommation irréfléchie de leurs parents, mais qui trouvent son poids trop lourd à porter et rêvent d’évasion. C’est un bon témoignage de son époque ; donc lis-le, c’est très court, et c’est intéressant. Mais parfois, ce n’est pas assez.

Pour info :
éditions Flammarion, 188 pages (pas remplies), 18€

Publié dans Bouquinade, Roman

En attendant Bojangles (Olivier Bourdeaut)

Ami du soir, bonsoir !

Aucun mérite à te parler d’un autre bouquin en si peu de temps, il fait à peine 170 pages. Mais quel roman ! Coup de cœur de ma collègue libraire et formatrice, et vif conseil de ma maman, je ne pouvais pas passer à côté.

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Sarakontkoi ?
C’est l’histoire d’un amour fou. Fou, il l’est dans tous les sens du terme. Une histoire entre une folle et un mythomane, racontée par l’enfant qu’ils ont eu ensemble. L’histoire de la douceur, de la passion, des vrais mensonges, et des fausses vérités. Des vérités qui ne sont vraies que pour cette famille atypique, et après tout, pourquoi pas.

Tenpenskoi ?
C’est d’une  poésie incroyable ! J’en ai lu un passage à voix haute à Chéri, et c’est cette lecture qui a mis le doigt sur l’étincelle de folie du texte, celle qui m’a ouvert les yeux sur son rythme, ses sautillements joyeux, ses soubresauts de colère, ses élans de peine. Rien que pour la beauté du texte, ce bouquin valait le coup d’être lu.

Quant au propos, j’ose paraphraser ma collègue (je suis certaine que si tu lis ces lignes, Véro, tu ne m’en voudras pas) : « dans ce roman, la douce folie côtoie la folie dure. » Les points de vue naïf mais perspicace de l’enfant et réaliste du père se succèdent pour nous raconter les cocktails, les voyages, les jeux. Ce qui fait pétiller l’œil du lecteur, c’est la délicieuse évidence qui se dégage de ce texte. Car après tout, n’est-il pas merveilleux de vivre dans un appartement parisien avec un oiseau africain, de partir en vacances dans un château en Espagne chaque fois qu’on en ressent l’envie, et de danser tous les soirs un slow sur les notes mélancoliques de Mr. Bojangles ? Bref, faites jouer à votre vieille platine des disques de Nina Simone et embarquez avec Olivier Bourdeaut pour cette parenthèse courte et intense dans une famille hors du commun.

Pour info :
Grand format : éditions Finitude, 160 pages, 15,50€
Format poche : Gallmiard, Folio, 176 pages, 6,90€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

La Passe-Miroir (Christelle Dabos)

Ami du jour, bonjour !

Je te l’ai dit hier, j’ai terminé les 4 tomes des aventures d’Ophélie. Je n’ai pas pu poster hier, par manque de temps, mais aussi parce que c’est très difficile pour moi d’écrire quelque chose de cohérent à chaud. Dire au-revoir à un tel univers, c’est déchirant…

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Sarakontkoi ?
Si tu l’as pas déjà lu, je mets là un lien vers la chronique du tome 1, que j’avais publiée à sa sortie. Et je te ressors le même résumé, parce qu’en fait, il était pas dégueu (main sur l’épaule).
Un monde, que l’on suppose être le nôtre, a explosé en plusieurs morceaux, appelés des Arches. Sur chaque Arche, un esprit de famille, sorte de Dieu immortel et vestige de l’ancien monde, règne en maître sur les habitants. Ophélie, jeune fille frêle et effacée, s’occupe tranquillement de son musée sur Anima. Sa spécialité ? Lire les objets, c’est à dire voir le passé de leur ancien propriétaire. Du jour au lendemain, elle se retrouve fiancée à un haut dignitaire d’une Arche hostile et glaciale, le Pôle. Elle devra y suivre son fiancé dans le flot perpétuel des complots de cour. Mais elle découvrira qu’elle n’a pas été choisie au hasard…

Tenpenskoi ?
Je vous le disais hier, je pense que parmi les écrivains, il existe des conteurs, des passeurs d’histoires qui savent fédérer leur lectorat autour de leurs œuvres. Christelle Dabos est de ceux-là. Non seulement elle a su s’affranchir des clichés d’un genre surexploité en littérature aujourd’hui, mais en plus, elle le fait avec une apparente simplicité. Lire ces 4 romans m’a fait le même effet que quand je regarde un ballet classique : la meuf doit se tuer les pieds, tirer sur ses muscles, s’essouffler, mais toi, tout ce que tu vois, c’est qu’elle a l’air de peser que dalle et d’être en caoutchouc. Et c’est d’une grâce… !

Cette lecture m’a retourné les entrailles, parce qu’en plus de me raconter une histoire, Christelle Dabos m’a parlé. Ses personnages, dans leurs certitudes, leur imperfection, leurs peurs et leurs échecs m’on touchée en plein cœur. Ophélie, Thorn, Bérénilde, Archibald, tous grandissent, évoluent, sont mis face à leurs choix, à leur miroir. La complexité évolue également au fil des romans. Mais il est important de se laisser porter et de faire confiance à l’auteure.

C’est l’histoire d’une erreur commise pour un idéal, d’un combat pour la liberté — individuelle et commune. C’est bourré de réflexions, d’aventures, ce n’est jamais long, c’est toujours juste. J’ai pleuré, j’ai ri, j’ai tremblé. C’est de ces sagas qui laissent leur empreinte sur toute une génération de lecteurs. J’ai tourné la dernière page du dernier roman, et je n’ai qu’une envie, le faire vivre encore et encore en le mettant entre toutes les mains.

Pour info : 
GRAND FORMAT
Les Fiancés de l’hiver, Gallimard Jeunesse, 528 pages, 18€
Les Disparus du Clair de Lune, Gallimard Jeunesse, 560 pages, 18€
La Mémoire de Babel, Gallimard Jeunesse, 496 pages, 18€
La Tempête des Echos, Gallimard Jeunesse, 576 pages, 19,90€

FORMAT POCHE
Les Fiancés de l’hiver, Gallimard Jeunesse, collection Pôle fiction, 608 pages, 8,65€
Les Disparus du Clair de Lune, Gallimard Jeunesse, collection Pôle fiction, 704 pages, 8,65€
La Mémoire de Babel, Gallimard Jeunesse, collection Pôle fiction, 576 pages, 8,65€

Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

Les enquêtes de Cromoran Strike (Robert Galbraith)

Ami du jour, bonjour !

Aïe, dur dur de reprendre le clavier et de se dérouiller un peu… ce n’est pas tellement que je ne lis pas, mais comme j’essaie de commencer et terminer quelques séries, que j’ai 5 livres sur le feu, et que je lis quelques manuscrits, j’ai du mal à terminer. Problème de riche me diras-tu. Alors j’essaie, à partir de maintenant (et parce que si tu as suivi un peu mon compte Insta, tu sais que ma PAL vient de prendre un sacré coup avec Noël), de terminer mes lectures en cours pour repartir sur de bonnes bases. Et ça inclut les livres audio. En l’occurrence, 2 livres audio de la même série.

Sarakontkoi ?
Bon, une fois n’est pas coutume, je te pitche l’histoire globale de la série, et je te fais un petit topo sur les bouquins ensuite. Les romans suivent les enquêtes de Cormoran Strike, vétéran unijambiste taciturne recyclé en détective privé, fils non reconnu d’un célèbre rockeur, et Robin, son assistante, engagée suite à l’erreur d’une agence d’intérim.
Dans le premier tome, L’Appel du coucou, Strike et Robin sont engagés par le frère d’une top modèle décédée, persuadé que la police a conclu trop vite à suicide.
Dans le second tome, Le Ver à soie, la femme d’un écrivain leur demande de retrouver son époux disparu, un homme imbu de lui-même venant de livrer un scandaleux manuscrit.

Tenpenskoi ?
Pour commencer, sache que Robert Glabraith est en fait le pseudonyme de J.K. Rowling, la maman d’Harry Potter. Personnellement, je n’avais pas lu Une Place à prendre, son premier polar sous pseudo, écrit à la suite de Harry Potter. Là, c’est un échange sur Instagram avec Aurélie qui a porté cette série à ma connaissance. Honte à moi, je n’en avais jamais entendu parler. Bref, Aurélie me dit que la relation que Rowling tisse entre ses protagonistes, le privé et son assistante, est intéressante. Et c’est vrai.

Quand on parle d’auteur, on parle souvent de style, d’accessibilité. Ce qui me plaît, moi, c’est la manière dont on me raconte les histoires. C’est de sentir que l’auteur va mettre son égo de côté pour se consacrer à moi, à ma découverte de son roman, de ses personnages, de son histoire. Pour ça, Rowling est très bonne, elle l’avait déjà démontré dans Harry Potter. C’est également le cas ici. J’ai passé un très bon moment, je me suis prise au jeu, à essayer de deviner. Par contre, elle conserve les clefs de son dénouement. Si son protagoniste semble comprendre où le mène son enquête, ce n’est pas notre cas, puisque beaucoup d’éléments sont volontairement laissés sous silence pour le lecteur, bien que l’enquêteur en ait connaissance. Il faut accepter de se laisser guider. C’est bourré de faux indices, de faux-semblants… c’est chouette !

Bref, une lecture somme toute très sympa, que je recommande pour passer un bon moment. Maintenant, si vous voulez bien m’excuser, je vais cesser de procrastiner et me mettre un bon coup de pied aux fesses pour ENFIN terminer le dernier tome de La Passe-miroir, dont je vous parlerai d’ici peu.

Pour info :
L’Appel du Coucou : Le Livre de Poche, 696 pages, 8,90€
Le Ver à soie : Le Livre de Poche, 696 pages, 8,90€

Publié dans Le mot du jour, Madame Je-Sais-Tout

Le mot du jour : pétrichor

Ami du jour, bonjour !

Cessez donc de vous en faire, je ne laisse tomber aucune de mes catégories. Parfois, elles passent à l’as un certain temps, et puis elle reviennent. C’est le cas du mot du jour.

Le mot du jour : pétrichor.

Il aurait été tout à fait de saison cet été puisque le petrichor (sans accent ici car tiré de l’anglais) désigne le liquide huileux que produisent les plantes lors des fortes chaleurs pour se protéger et protéger leurs graines. Ce liquide est ensuite absorbé par les sols argileux et rocheux. Du grec perta (la pierre) et ichor (le sang), ce mot a été créé en 1964 par Isabel Joy Bear et Roderick G. Thomas dans leur article « Nature of argillaceous odour » (magazine Nature de mars 1964).

Et c’est là que ça devient intéressant. Lorsqu’il commence à pleuvoir après ces fortes chaleurs, une odeur très particulière et fugace (puisqu’elle dure peu) se dégage de la terre. Le pétrichor désigne également cette odeur (que j’aime particlièrement). Il aurait été dommage de quitter les canicules estivales sans leur faire un petit clin d’œil !

 

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Le Sorceleur, T1 : Le Dernier Vœu

Ami du jour, bonjour !

Toi-même tu sais, Le Sorceleur (ou The Witcher dans sa version originale) va sortir en décembre sur Netflix. Ni une ni deux, j’ai enfilé ma plus belle laine, et j’ai commencé à faire le mouton sauvage en suivant le mouvement. Et puis bon, la magie, les monstres, les contes, toussa toussa… Et les conseils de mon coupain Flo !

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Sarakontkoi ?
Geralt de Riv est ce qu’on appelle un sorceleur. Ni sorcier, ni humain, ni monstre, il est un mutant. Dressé à combattre les abominations — stryges, génies, ondines et autres vampires — il n’est pourtant pas accepté parmi les humains, qui le craignent autant qu’ils ont besoin de lui. De mission en carnage, il file vers celle qui scellera sa destinée…

Tenpenskoi ?
Un premier tome constitué de plusieurs petites histoires (c’est visiblement le cas pour le second également, puis les tomes suivants filent une histoire par roman, mais à vérifier). Le format rend la lecture très rythmée, et simple. Il ne s’agit cependant pas de nouvelles, qui couperaient le personnage dans son évolution. Chaque histoire est liée. Le texte est immersif et fait la part belle à l’action.

Détail intéressant, les petites histoires sont tirées de contes classiques. Tu me connais, j’adore les réécritures de contes. Alors la Bête n’est pas un jeune prince arrogant mais un fils de fermier qui a mal tourné, et la Belle est en fait une créature de la nuit, et j’en passe.

Geralt est un personnage charismatique, froid et attachant parfois. On aime suivre ses raisonnements, ses combats moraux. Je ne cache pas que le roman ne fait pas la part belle aux femmes qui, bien que très présentes, ont bien souvent besoin de l’appui de leurs homologues masculins ; et que quelques dialogues sentent bon le macho qui aime se les gratter. Pour tout te dire, j’ai la version audio, et le liseur est hilarant. En gros, imagine Stalone qui te lit une histoire du soir. Bah voilà. Pire Mais bon, on l’excuse pour le coup.

Pour info :
Broché : Bragelonne, collection Fantasy, 307 pages, 15,90€
Poche : Bragelonne, collection Gaming, 384 pages, 7,10€