Publié dans Bouquinade

Métamorphose en bord de ciel (Mathias Malzieu)

Tant qu’à faire, continuons sur notre lancée. Et je dois dire que la poésie de Malzieu, même pour tout réfractaire au genre, est un délice (c’est comme une chantilly légère, celle qui ne vous tombe pas sur l’estomac… un peu sucrée mais pas trop).

Tom Cloudman n’a jamais su s’adapter au monde qui l’entoure. Maladroit de naissance, il ne rêve que de voler, et profite donc avec délice des courts instants d’apesanteur que durent ses chutes. Il décide même d’en faire son métier ; saltimbanque de fortune, il parcourt le pays dans son drôle d’engin, un cercueil monté sur roues tirés par un ingénieux système de pédales. Mais son corps lui fait payer ces mauvais traitements et Tom se retrouve à l’hôpital, enfermé dans ses rêves. Sa seule échappatoire : une femmoizelle qui, en se donnant à lui, pourra peut-être réaliser son rêve.

Encore une superbe métaphore filée. Mathias Malzieu nous parle d’une maladie courante, le cancer, avec sa candeur d’enfant-spectateur. Il a l’art et la manière de raconter ses personnages, leur vie et leurs rêves, leurs peurs et leurs combats.

Le combat de Tom contre Mister Betterave (nom qu’il donne à la tumeur) est joué à la perfection, et tellement éloigné de la pathétique et larmoyante course contre la mort. Il s’agit plutôt ici d’une course à la vie, et avec ses ailes, c’est un nouvel espoir qui est offert à Tom, ainsi qu’une chance de demeurer auprès de ceux qu’il aime à travers la paternité. Bref, un hymne à la vie, à la liberté, à l’amour sous toutes ses formes… A lire absolument !

Pour info :
Flammarion, collection Littérature Française, 157 pages (bien que j’aie eu la chance de lire la version collector, parsemée d’illustrations magnifiques)

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

La mécanique du cœur (Mathias Malzieu)

Et un petit bijou, un ! Conseillé par Nicolas. Pas un premier choix pour moi à première vue, mais c’est pour ça que parler bouquin a du bon : on a parfois d’agréables surprises…

Jack est né le jour le plus froid du monde, chez une femme un peu sorcière qui répare les choses, enfanté par un femme qui les a abandonnés, lui et son cœur brisé par le froid et une mauvaise chute. Docteur Madeleine répare le petit cœur de Jack avec une horloge, qui le maintient en vie. Et Jack grandit, bercé par l’amour bancal de grands blessés de la vie : deux prostituées abonnées aux avortements et un vieillard à la colonne vertébrale littéralement rouillée qui lui apprend à voir la vie à travers la chanson Oh when the saint ! Jack doit vivre selon trois règles : ne pas toucher les aiguilles de son horloge, ne pas se mettre en colère, mais surtout, ne pas tomber amoureux, sous peine de dérégler la mécanique du cœur.

Une métaphore géante, celle d’un enfant qui dessine l’amour de ses petits doigts innocents. La fraîcheur et la candeur des mots de Malzieu nous enrobent d’un cocon de coton. Chaque mot est à sa place, chaque verbe est pesé. Chaque phrase nous déchire, nous tire, et la mécanique des mots fait résonner et déraisonner dans notre propre cœur les échos de joie et de pleurs passés.

Un roman écrit sur du papier musique dont l’histoire est soufflée par l’instrument de Malzieu. Le livre est accompagné d’une bande originale quelque peu déroutante qui colle aux talons de Jack. Les voyages, les rencontres, tout le pousse, nous pousse, vers cet autre, cet inconnu pourtant évident qui se loge au fond de nous. Aimer c’est avoir mal. Oui, et alors ? De la pure poésie.

Pour info :
J’ai lu, collection J’ai Lu Roman, 155 pages.

Publié dans Bouquinade, Roman

Mon nez, mon chat, l’amour et moi (Louise Rennison)

Encore une fois, merci Gallimard de me laisser piocher mes lectures du moment dans ton fonds plus qu’impressionnant. Bien que là…

Georgia est une jeune anglaise de 14 ans. Ado jusqu’au bout des ongles, elle fréquente une école privée et n’a que trois centres d’intérêt dans la vie : ses amies, les garçons et son chat. Et puis, elle, elle et elle. Comme tous les ados, elle porte le poids du monde sur ses épaules : son père a perdu son job et part en Nouvelle-Zélande pour construire une nouvelle vie à sa famille (bon, ça, elle s’en fiche en fait), le gars qu’elle aime la déteste (apparemment) parce qu’elle a brisé le couple de son frère (qui sortait avec la meilleure amie de Georgia), que ses sourcils sont soit trop présents soit absents, mais surtout parce qu’elle a un « énoooooooorme » nez. Vous voyez, c’est pas facile…

Pas folichon tout ça. Je suis trop vieille pour lire ça me direz-vous ? Et pourtant, j’en lis de la littérature adolescente ! Mais là, c’est le ponpon ! La gamine est horrible. Je vais jouer les moralisatrices à deux balles, mais c’est exactement le genre de merdeuse que je n’aimerais pas que ma frangine de 11 ans devienne. Pas franchement un bon exemple (loin de moi l’idée de dire que tous les lires jeunesses doivent maintenir les jeunes dans le droit chemin, attention…).

Le bouquin est facile à lire cela dit, et sympa dans l’ensemble. Mais il est bourré de clichées sur l’adolescence, que moi-même je n’ai pas forcément connus, donc je me sens à mille lieues de ce genre de choses. Mais les répliques cinglent, parfois très drôles. Ca fait passer la pilule. Mais moi j’arrête la série ici.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Scripto, 189 pages

Publié dans BD, Bouquinade

Lo (Lucie Durbiano)

Dans la même trempe que cadavre exquis (c’est la même collection de toute façon), on a Lo. Encore un truc pour lequel je me suis taté : achat, pas achat ? Et encore une fois, Gallimard est là !

Lo est une jeune nymphe éprise de liberté. Un jour, à la source, elle sauve Daphnis. Pour elle, c’est le coup de foudre, tandis que lui court rejoindre sa Chloé (me semble-t-il). Folle de jalousie et de désespoir, Lo va tenter l’impossible, aidée de ses amis Pip (le satyre) et une nymphe dont j’ai oublié le nom, pour s’accaparer l’attention de Daphnis. Mais la déesse chasseresse Diane veille, et Lo en apprendra beaucoup sur elle au cours de sa quête…

Une histoire antique banale d’amour impossible, sur un ton très moderne et très décalé, qui donne lieu à des situations cocasses. Ca part à droite et à gauche, mais ça reste très léger (malgré la gravité de certaines situations). On dirait une petite fille de 10 ans qui se raconte ses histoires dans sa tête et se fiche complètement de ce que les autres en penseront. Et on adhère !

Cela dit, même remarque que pour Cadavre exquis en ce qui concerne les dessins. J’adore la couv’, deux ou trois planches, c’est chouette. Mais toute la BD, bon, ça commence à faire ! Je pense que c’est juste moi, cela dit.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Bayou, 100 pages

Publié dans BD, Bouquinade

Cadavre exquis (Pénélope Bagieu)

Il faut dire qu’en ce moment, c’est ZE truc to read.* Et puis, Pénélope fait fureur. Et moi, bon, je suis tentée de l’acheter chaque fois que je passe devant… et je ne le fais pas. Alors bosser chez Gallimard Jeunesse, c’était l’occasion idéale de jeter un œil à cette petite chose.

Sarakontkoi ?
Zoé a 22 ans. Elle est hôtesse d’accueil sur les salons. A temps plein. Pas le job de ses rêves, sans compter qu’elle sort avec un looser. Bref, rien de palpitant. Jusqu’au jour où, après sa pause déjeuner (sur un banc public), elle se rend compte qu’un inconnu l’observe de sa fenêtre. Elle décide d’aller « emprunter ses toilettes ». Ainsi naît une belle idylle entre l’écrivain maudit et reclus et la jeune ingénue. Et puis arrive l’ex-femme-éditrice, qui va révéler à Zoé un affreux secret, et lui ouvrir le monde des livres…

Tenpenskoi ?
Un truc bien fagoté, ça se lit très vite. Les dessins… ma foi, qu’en dire. Moi je les aime bien. Par contre, pas assez développé. Pour le coup, le phénomène d’identification n’a pas fonctionné sur moi. Je pense que c’est le format de la collection qui veut ça : des textes relativement courts et digestes, faciles à lire et adaptables à tout public.

Cela dit, on y découvre un univers très parisien (pas forcément le Paris de tout le monde, peut-être celui de Pénélope), ainsi que le milieu de l’édition. Plus précisément celui des artistes. L’histoire prend un tour auquel on ne s’attend pas et du coup, on passe un bon moment. Bref, à feuilleter, à dévorer, à survoler, un texte agréable et léger.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Bayou

*LE truc à lire
Publié dans Bouquinade, Roman

Les malheurs de Millie Plume (Jacqueline Wilson)

Et encore un cru de Gallimard Jeunesse, le genre de truc qu’on ne s’attendait pas franchement à lire, mais sur lequel on tombe par hasard dans un rayon de librairie. Le résumé fait tilt, et c’est parti.

1876, Londres. Milie Plume est une enfant abandonnée, très chétive, mais pleine de vie. Elle a passé les premières années de sa vie dans une famille adoptive, à la campagne, où elle a été choyée et soignée. Elle y a aussi forgé le rêve de rejoindre celle qu’elle croit être sa vraie mère dans un cirque. Mais à cinq ans, elle doit retourner à l’hôpital des Enfants-Trouvés. Et elle ne s’y fera pas que des amis. Ses rêves s’effondrent peu à peu, au fil des années et des rencontres, mais la détermination de Millie la mènera loin…

Comme je le disais, une histoire bien sympathique et des personnages on ne peut plus attachants (d’autant plus qu’il s’agit d’enfants). Le processus d’identification fonctionne à merveille, et nous voilà à détester ces pestes du dortoir, les maîtresses de mauvaise foi, les nurses glaciales et les règles injustes. Mais au fil de ce livre, on apprend à grandir, les grands comme les petits, et à voir que même si la vie n’est pas facile et qu’elle paraît injuste, elle vaut tout de même le coup.

Quelques longueurs au début peut-être, et comme son personnage, l’auteure ne peut s’empêcher de partir dans ses divagations (je pense que c’est exprès). Cela dit, la magie opère…

Pour info :
Gallimard Jeunesse, coll. Hors Série Littéraire, 349 pages.

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Terrienne, J.-C. Mourlevat

Une incontournable nouveauté de chez Gallimard Jeunesse, la couverture m’a tapé dans l’œil, même si l’histoire, au départ, m’a laissée perplexe. Et puis, en jeune étudiante appliquée, je me devais de me familiariser avec le catalogue de la maison où je suis maintenant en stage pour 4 mois…

Crédit couverture : Patrick Léger pour Gallimard Jeunesse (modèle : Laure)

Sarakontkoi ?
C’est l’histoire d’une jeune femme, Anne, dont la sœur a disparu le jour de son mariage. Anne savait que quelque chose clochait avec le marié. Elle décide de se lancer à sa recherche un an plus tard, lorsqu’elle reçoit un étrange SOS via son poste radio. Le roman commence alors que Anne rencontre Etienne Virgil, un écrivain vieillot sur le déclin qui la prend en stop. M. Virgil est intrigué par cette jeune fille et par son histoire, dont il va bientôt faire partie lui aussi. Avec Anne, il va passer de l’Autre Côté, dans une sorte de monde parallèle, aseptisé, ou personne ne respire, ne rit, où rien n’a de goût, d’odeur, où tout obéit à une logique implacable. Où l’on ne meurt que lorsque l’ennui nous emporte et que l’on décide de « s’asseoir » et de se résigner avant d’être euthanasié et brûlé. Où les Terriens ne sont qu’un mythe…

Tenpenskoi ?
Un thème universel joliment traité. Et le lectorat est loin d’être sélectif : vieux, jeunes, garçons, filles, nous sommes tous concernés. Pas de morale à deux francs six sous sur l’écologie ou l’amour et l’amitié. Mais tout se dépeint en négatif tout au long de cette aventure haletante où le lecteur comprendra seul combien chaque son, chaque goût, chaque odeur et chaque sensation, toute gratuite qu’elle soit, n’en est pas moins inestimable, précieuse.

Avec juste ce qu’il faut d’aventure, de suspens et d’émotion, Mourlevat nous fait passer son message : notre maison n’est pas parfaite, elle est sale, elle pue. Mais c’est chez nous, et c’est cette imperfection qui la rend belle. Les personnages, attachants et parfois décalés, nous racontent une histoire, leur histoire et la nôtre un peu aussi. La fin est ouverte, faites votre choix. À lire !

Pour info :
Gallimard Jeunesse (Hors série fiction), 400 pages.

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Fièvre Fatale, Les Chroniques de MacKayla Lane : tome 4, (Karen Marie Moening)

Hello les gens ! Allez, c’est pas tout de faire l’asociale pour lire des bouquins, faut rentabiliser la chose. Qui plus est, je pense me remettre à vous parler ciné, puisque j’ai eu quelques demandes de ce côté-là (et non, ce n’est même pas ma maman !). Bref, je continue donc sur la série Fièvre, comme vous pouvez le voir. Et pour une fois, Karen nous en donne un peu plus, question infos… mais pas trop quand même, oh !

Montage photo : J’ai Lu, d’après D. Vervitsiotis © Getty

Alors, la question est : que vous révéler sans trop en dire (pour ceux qui n’ont pas lu les trois premiers) ? Au début du tome 4, Mac se retrouve prisonnière de ses addictions sexuelles (pour comprendre pourquoi, vous devez lire le tome 3). Dit comme ça, ça commence très mal. Mais elle finit par ressortir plus fort de cette épreuve et finalement, retourne à son combat contre les faës, aux côtés des siennes (qu’elle a fini par rallier), et en particulier de Danny, qu’elle considère comme sa petite sœur. Mais ce combat, elle le mènera également aux côtés des humains, en la personne de l’inspecteur Jayne. Elle finira par en apprendre plus sur elle, ses origines, sur cette prophétie dont on lui rebat les oreilles, jusqu’à ce que ce qu’elle redoute le plus se produise, et la conduise à sa perte.

MacKayla est de retour, et malgré ce qu’elle peut dire tout au long du récit, elle n’a pas tant changé que ça. Bien entendu, on est loin de la petite américaine moyenne du début, précieuse et j’en passe, mais dans le caractère, la manière de raisonner est la même. Cela dit, les autres personnages évoluent ; certains qui n’avaient été qu’évoqués se retrouvent à combattre dans la Mac team. J’attends le prochain tome pour voir où tout ça va nous mener.

Bref, vous l’aurez compris, un roman riche en rebondissements. À la fin, on finit par les connaître un peu, mais on continue à lire. C’est ce que je vous disais l’autre fois, ce combat entre Karen et nous pour approfondir un minimum notre analyse des personnages. Visiblement, on l’emporte, parce que pour le coup, le personnage de Barrons se dévoile un peu (bien que je ne sois pas certaine que ça nous éclaire vraiment). Dans tous les cas, l’histoire avance, et parfois, la réalité du Dublin qui est décrite ici est inconcevable (pas au mauvais sens du terme, c’est juste énorme). Bref, il faut que ça continue comme ça. Petite précision, on a juste des envies de meurtre sur la personne de l’auteur, pour sa fin… je vous laisse voir ça (et pas de spoiler sur mon blog !).

Petit plus, on a le glossaire, et un livre de recettes (plus ou moins réalisables) spécial Mac. Et puis, d’après ce que Karen écrit dans son adresse au lecteur, c’est le dernier tome. Ouf, je pense que même si ce tome-ci est excellent, tout ça finira par s’essouffler.

Pour info :
J’ai Lu, 595 pages.

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Les Guerres du miroir, tome 2 : Le Spectre de la reine (Frank Beddor)

Et voilà la suite du tome 1, sur lequel j’avais déjà posté un article. J’ai mis un bout de temps à le lire celui-là… Pas un soucis de qualité, non. Peut-être parce qu’au bout d’un moment, on aimerait pouvoir tout lire, et que la lecture d’un bouquin freine celle des autres. Alors le bouquin en question devient limite un fardeau qu’on se force à finir… il faut vraiment que je réorganise tout ça !

Couverture : Vance Kovacs (carte: Doug Chiang)

La jeune reine Alyss de Cœur a réussi à rétablir un semblant de paix au Pays des Merveilles. Elle essaie tant bien que mal de remplir son rôle de souveraine et de panser les plaies laissées par le règne de sa tante Redd. Mais elle s’inquiète pour Dodge, toujours rongé par son désir de vengeance envers le Chat, l’assassin de son père. Des complots se montent contre Alyss et il lui est de plus en plus difficile de savoir à qui faire confiance. Quelqu’un tire les ficelles. Redd peut-elle revenir de son grand saut dans l’inconnu ? Si c’est le cas, Alyss peut-elle se permettre de choisir entre l’homme qu’elle aime et l’avenir de son royaume ?

Bon, réduire le bouquin à la simple histoire entre Alyss et Dodge serait un peu simpliste. Mais en vous dévoilant le reste, j’aurais peur de vous en dire trop. Et que dire alors de ce deuxième opus ? Sensiblement la même chose que pour le premier en fait. Le style est toujours très épuré (la preuve, même les personnages les plus importants meurent en 3 lignes). Est-ce bien, est-ce mal ? Je n’en sais rien à vrai dire. On critique les scènes tragiques à n’en plus finir, mais elles manquent un peu quand elles ne sont pas là. Et toujours cette influence du cinéma avec des passages très visuels, et des pages remplies d’onomatopées, un peu trop à mon goût pour cette fois. Cela dit, l’histoire reste bien ficelée, et va, comme toujours, à l’essentiel.

Une critique par contre : le façonnage du livre est (excusez-moi cette expression) merdique. Et le livre est bourré de fautes, typographiques certes, mais des fautes tout de même. Va falloir se reprendre les gars là !

Et pour clore sur une citation que j’ai bien aimée et que j’appliquerais à cette série, je vole les mots de Denis GUIOT, critique littéraire spécialiste de la SF : « Je préfère […] lire trois romans de trois auteurs, de thématiques et  d’univers différents, que le même roman étiré sur trois tomes sans que cela apporte quoi que ce soit de plus. Les trilogies flattent la paresse du lecteur qui relit ainsi la même chose sans même s’en rendre compte ! » Merci M. GUIOT, c’est exactement ce que je voulais dire. D’ailleurs, les serial lecteurs sont à l’honneur au salon du livre de Paris cette année. Voyons ce qu’on nous dira !

Pour info :
Bayard Jeunesse, 359 pages

 

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Fleur de géant (Nicolas Poupon)

Et re-bonjour !

Quand on commence, on ne s’arrête plus. Alors me revoilà, pour poster dans une autre catégorie. Vous n’avez pas pu passer à côté du festival de la bande-dessinée d’Angoulême, on en parle partout. Ma binôme Estelle et moi-même avons décidé, en tant que futures professionnelles du livre, d’aller y jeter un œil. Et nous n’avons pas été déçues ! (En passant, un mot sur les salariés de l’Association, toujours en grève, à qui je confirme tout mon soutien… pour en savoir plus, allez faire un tour du côté de facebook). Bref, comme je vous le disais, on tombe quand même sur des petites perles.

Fleur n’a grandi que de deux centimètres et demi dans toute sa vie. Un jour, agacée d’être observée comme une bizarrerie, elle décide de partir. Elle rencontre Gontran un géant qui ne peut pas lire parce que les livres sont trop petits pour lui. Il lui propose de vivre dans son oreille pour devenir sa souffleuse…

Une magnifique aventure. La rencontre touchante et atypique de deux êtres que tout oppose, mais qui partagent leur amour des histoires. Nicolas Poupon nous dit comment ces histoires que l’on raconte nous aident à construire nos propres histoires et à les raconter.

Et, détail non négligeable, l’auteur est aussi l’illustrateur. Les dessins sont magiques et aussi émouvants que les mots. Moi, j’ai eu droit à ma dédicace. Et vous savez quoi ? C’est la première dédicace de Nicolas Poupon sur Fleur de géant (tiré à 3000 exemplaires, il sortait de chez l’imprimeur). Il a écrit sur son dessin « Pour Tery, la première ! ». Bref, un livre magnifique, une histoire touchante et des illustrations qui n’ont rien à envier aux livres de contes. Bravo.

Pour info :
Éditions Scutella, 58 pages (l’éditeur dit à partir de 3 ans…)