Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Enfants de la paranoia (Trevor Shane)

Amis du jour, bonjour !

Je commence avec l’info OSEF (= on s’en fout) du jour : j’ai fait une dictée. Une dictée de grand, super difficile ! J’ai fait des fautes, mais je suis assez fière de mon résultat. Bon, le bulletin info perso étant clos, passons au petit chef-d’œuvre que m’a conseillé ma très chère amie Maëlle.

Sarakontkoi ?
Joseph, la vingtaine passée (23 si ma mémoire est bonne), est un assassin professionnel. Depuis l’âge de 16 ans, il est engagé dans une guerre invisible entre le Bien (son camp) et le Mal (les autres), endoctriné pour chasser et haïr le camp adverse. La Guerre a des règles. Trois : on ne tue pas les innocents (ceux qui ne sont pas engagés dans la Guerre), on ne tue pas les enfants de moins de 18 ans, on ne fait pas d’enfants avant 18 ans. Mû par un besoin de vengeance après la perte de ses proches, Joseph parcourt le pays de mission en mission. Mais une rencontre peut tout changer…

Tenpenskoi ?
Absolument délicieux ! À peine avez-vous mis un pied dans le roman que vous êtes aspirés par une spirale infernale, de froides certitudes d’abord, puis de doutes et enfin de courses-poursuites. Le Bien et le Mal se veulent tranchés, et les camps se sont tous deux déclarés du côté des gentils. Les complots se tissent, et les liens aussi. Des liens au-delà de la raison, des liens qui font s’écrouler des murs de certitude. Joseph n’est pas le gentil. Il n’est pas l’anti-héros non plus. Ni naïf, ni particulièrement intelligent. Il est ce que vous et moi serions, fait ce que vous et moi ferions si nous avions pris part à cette guerre. Et Maria… Maria est un bonbon acidulé, coloré, piquant, qui nous file un coup de fouet, un courant d’air en été.

En voyant la couverture, je me suis dit « diantre, que m’a-t-on ramené là ? ». Je n’osais pas vraiment dire à Maëlle que le genre vieux polar kitch n’était pas mon truc (oui, la couverture jaune et noir, la typo, tout ça, franchement, ça m’encourageait pas). Et puis, j’ai commencé à le lire, et il m’a accompagnée pendant mes voyages en RER. J’ai appris à aimer Joseph, Maria, et à vouloir protéger avec eux leur secret. J’ai été particulièrement touchée par la scène finale. Il devait y avoir une suite, mais à l’heure où je vous parle, rien n’est moins sûr. J’aimerais pourtant que vous le lisiez, et que, comme moi, vous parcouriez le chemin qu’a fait Joseph, qui questionne notre morale. Tuer, être tué, ou bien… ?

Soit dit en passant, rapport à mon dernier billet, celui-ci, vous pouvez le prendre dans votre sac de plage !

Pour info :
Michel Lafon, 368 pages, 19,95€ chez votre libraire adoré (ou dans le point relay de votre gare / duty free)

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

La Couleur de l’âme des anges (Sophie Audoin-Mamikonian)

Chers amis bloggeurs/lecteurs,
Me voilà de retour de vacances, officielles pour ce qui est du travail, officieuses pour mes lectures et mes billets ici. Mais me revoilà. Vous, par contre, êtes très certainement en train de siroter un coktail au bord d’une piscine, ou de vous tartiner de crème solaire, ou peut-être même de surfer sur le net à la recherche d’un plan pas cher de dernière minute… ce qui vous amène peut-être fortuitement ici. Pour ma part, je m’en vais vous parler d’un livre que vous… ne devriez pas mettre dans votre valise.

Sarakontkoi ?
Jeune prodige de la finance, Jérémy est sauvagement assassiné. Devenu un ange, il essaie de comprendre pourquoi et de se faire à cette nouvelle vie, où les anges se nourissent… des sentiments humains. Chaque sentiment a sa couleur et le caractère et la couleur des anges dépend des sentiments dont ils se nourissent (pour la faire courte, les bons sentiments sont plutôt bleus, les autres plutôt rouges). Jérémy tente de protéger Allison, qui a été témoin de son meurtre. Mais était-elle là par hasard ? Et comment la protéger alors qu’il ne peut interagir avec elle ? Aidé de personnages hauts en couleurs, il s’efforce de la garder en vie. Parallèlement, c’est aussi l’avenir du monde des vivants qui est en jeu, et les magouilles politiques pleuvent entre les anges rouges (les méchants) et les anges bleus (les gentils) pour obtenir le légitime pouvoir d’influencer, pendant la décennie à venir, le sort de la planète.

Tenpenskoi ?
Les personnages n’ont aucun reflief, j’aurais pu écrire sans les lire chaque réplique. Le déroulement est sans surprise et la banalité est déconcertante. Le style est plat, parfois lourd – notamment à cause de l’utilisation constante de périphrases qui sont invariablement les mêmes – et il reste des coquilles. Le héros meurt au début (je ne spoile pas, c’est la première scène), et toute une pseudo-enquête parcourt le livre. Mais le chemin labyrinthique des réflexions des protagonistes ne m’a pas emportée. Le gentil gagne toujours, il est très intelligent, il est un élu, bref, rien de bien surprenant. Les coups de foudre pleuvent et vas-y que je te tombe amoureux, youkaïdi-youkaïda. Cela dit, l’idée de départ aurait pu être bonne, mais même là, sans exemple à l’esprit, je n’ai en tête qu’un sentiment de déjà-vu.

Comme je le disais, lui accorder une place dans votre valise serait pour moi une perte de temps et d’espace. Je n’ai pas l’habitude de descendre des livres en flèche, mais pour le coup, j’ai l’impression d’avoir perdu mon temps et mon argent. D’ailleurs, je ne vous ai pas précisé qu’il s’agissait du premier tome d’une trilogie (je crois). Vous ne verrez pas les suites ici en tout cas. Cela dit, comme je suis bonne joueuse, je vous passe deux critiques, l’une élogieuse, l’autre mitigée :

Les rats de bibliothèque
Carnet de lecture et autres futilités

Pour info :
Robert Laffont, collection R, 447 pages (18,15€ en librairie)

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Alice au pays des merveilles (Lewis Carroll)

Amis du jour, bonjour !

Sous mon ciel de Paris gris-souris, j’ai un peu de mal à avancer dans mes lectures. L’Alice de Carroll refermé, je me suis jetée dans un petit Malzieu… qui a fini d’assombrir le ciel de mes journées… mais ça, c’est pour plus tard. Et une première sur ce blog, parce que pour une fois, c’est à ma maman que je dois cette lecture, et à son enthousiasme après la lecture du premier tome.

Sarakontkoi ?
Alice est une petite fille fantasque, rêveuse. Elle se parle à elle-même, se réprimende, et possède une logique à toute épreuve… une logique qui lui est bien propre. Lorsque, en promenade dans un parc, elle suit un lapin blanc étrangement vêtu, elle se retrouve dans un monde totalement farfelu où notre logique d’adulte n’a plus cours…
Dans De l’autre côté du miroir, Alice traverse le miroire de son salon et se retrouve au pays du Miroir. Dans cet autre salon, qui ressemble étrangement au sien, elle rencontre la reine blanche et la reine rouge. Alice aussi veut devenir reine. Mais pour ce faire, elle doit d’abord traverser l’échiquier géant qu’est le pays. De rencontre en rencontre, Alice se perd, se retrouve, et approche de son but. Jusqu’à l’apothéose finale.

Tenpenskoi ?
Cette version-là contient les deux titres de Carroll, Alice au Pays des merveilles et De l’autre côté du miroir. Je sais ce que vous vous dites : on ne chronique pas du Carroll. Carroll est au-delà du stade de la critique. Les études qui ont été faites sur lui dépassent bien souvent le niveau universitaire. Mais laissez-moi tout de même vous donner un avis personnel.

J’ai préféré le premier tome au second. Parce qu’il était plus léger, moins déboussolant, et que même un adulte, avec un reste de folie enfantine en tête, pouvait suivre Carroll. Alors, peut-être que trop de Carroll tue le Carroll, mais ces personnages fantasques, ces dialogues sens dessus-dessous m’ont fatiguée dans le second livre. Alice demeure tout de même une enfant délicieuse dont j’ai beaucoup apprécié la logique et la vision très personnelle des choses. Je trouve cependant, et c’est fort dommage pour nous, lecteurs étrangers, que la traduction abîme le texte et l’esprit facetieux de Carroll. Ses jeux de mots, malgré les efforts exceptionnels du traducteurs, ne sont expliqués qu’en notes de fin de livre. Pas terrible. C’est comme si on vous racontait une blague que vous ne comprendriez pas. Quand on vous l’explique, ça a tout de suite moins d’impact. Un bon point pour la préface de Jean Gattégno, spécialiste de Lewis Carroll, qui nous éclaire beaucoup sur l’univers onirique de l’auteur et les circonstances de son écriture.

Pour info :
Gallimard, collection Folio, 374 pages, 8,10 € chez votre libraire

Publié dans Bouquinade, Roman

Quatre filles et un jean : Pour toujours (Ann Brashares)

ATTENTION : AVANT-PREMIERE

Amis du soir, bonsoir !

Et je l’ai fait ! Le dernier Quatre filles et un jean, l’ultime aventure de Tiby, Carmen, Lena et Bridget, repose maintenant sur l’étagère de ma bibliothèque réservée aux livres lus. Pari risqué puisque bouquin entamé hier. Et c’est les cils encore bordés de larmes que je vous rapporte (quasi en direct) cette dernière lecture. Et comment mieux fêter mon 200e billet ?

Sarakontkoi ?
On prend les mêmes et on recommence. Tiby, Lena, Bridget et Carmen, dix ans après la fin du dernier tome. Elles se sont éloignées. Carmen a maintenant un petit rôle régulier dans une série à succès, est fiancée à Jones et vit dans un loft à la déco aseptisée. Lena donne des cours de dessin, apprend (enfin !) le grec et vit dans son studio/atelier, où elle passe sa vie à attendre. Bridget bouge d’appartement en appartement, traînant Eric dans son sillage, sans vraiment trouver de place ou de job qui lui convienne. Et Tiby… Tiby fait la morte en Australie, où elle vit avec Brian depuis deux ans. Bref, elles en sont toutes plus ou moins au point mort, jusqu’au jour où Tiby leur envoie à toutes un billet pour la Grèce, et leur propose de se réunir là-bas. Mais rien ne se passe comme prévu, l’impensable arrive, et les pousse à questionner la force des liens qu’elles pensaient avoir tissés…

Tenpenskoi ?
Je ne peux pas vous décrire la fébrilité et l’appréhension avec lesquelles j’ai ouvert ce bouquin. J’ai grandi avec ce quatuor, et quoi que l’auteur en fasse, j’avais très peur de ce qui allait en ressortir. On ne reprend pas ses personnages 10 ans plus tard pour leur faire tranquillement danser la valse ! Il allait se passer quelque chose. Je me souviens, jeune lycéenne, combien j’aurais voulu ressembler à Bridget, être aussi douée que Lena, avoir le tempérament de Carmen et l’œil et la sagesse de Tiby.

Rassurez-vous, tout y est, même si les pièces se mettent en place petit à petit. Ann Brashares a le don pour faire se croiser des destinées, et faire qu’elles se manquent de peu, jouant avec les nerfs du lecteur. Mais vous et moi, chers lecteurs de la première heure, ne nous laissons pas prendre. Et si Ann a fait un pari osé qui aurait pu détruire tout ce qu’elle a construit sur les 4 tomes précédents, elle l’a remporté avec succès, haut la main. Toujours dans cette finesse psychologique (elle connaît sur le bout des doigt les labyrinthes de ses héroïnes, étriqués, compliqués, mais tellement différents, tellement intenses), elle fait ce qu’elle n’avait pas fait dans les quatre premiers tomes : elle fait de ses filles des adultes. Mention pour ceux qui trouveraient la fin cul-cul : j’ai envie de dire « WTF » ? Lisez Goethe si vous voulez vous suicider. Moi ça m’a requinquée. À lire d’urgence ! (Ma coupine-libraire Charlotte nous dira si on peut lire le 1 et passer au 5 directement).

Pour info :
Gallimard Jeunesse, Grand format littérature, 422 pages, 18 euros chez votre libraire (sortie le 7  juin… jeudi !)

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Sentiment 26 (Gemma Malley)

Amis du jour, bonjour !

Une petite chronique avant de reprendre le boulot sérieusement, histoire de digérer un peu. Une lecture conseillée par Maelle, grande fan de Gemma Malley.

Sarakontkoi ?
2065. Après une guerre monstrueuse, le Guide Suprême pense avoir trouvé un moyen de banir à tout jamais les atrocités engendrées par les humains. Evie vit donc dans la Cité, une sorte d’Eden où l’on opère les gens afin qu’ils ne ressentent plus de sentiments. Plus de sentiments, plus de conflits. Les habitants y sont classés de A (Admirables) à D (Déviants). Mais malgré son étiquette B (Bon) Evie ressent. Elle aime Raffie autant qu’elle déteste Lucas, son futur époux et le grand frère de Raffie. Dans la Cité, ressentir est dangereux.

Tenpenskoi ?
Pas mal du tout. Le postulat de départ – les hommes se laissent guider pas leurs sentiments et sont donc des créatures faibles – est très intéressant. Et encore une fois (puisque c’est le principe de la dystopie), on voit comment une bonne intention poussée à son paroxysme peut vite devenir abusive et servir de prétexte à la soif de pouvoir de certains. Les jeunes remettent le Système en question, certains de manière innée, d’autres se laissent convaincre. Et la chute, que l’on attendait tout de même un peu, n’est pas si décevante.

Je reprocherais peut-être à l’action de se dérouler un peu vite. Evie s’enfuit avec Raffie, bon. Et ils trouvent les rebelles, et ils vont combattre la Cité. Tout est très attendu. Evie, toute intelligente qu’elle soit, a tout de même des intuitions de malade qui servent un poil trop le pitch du roman ; et parfois, elle et Raffie sont juste une bande de têtes à claques niaises qu’on a du mal à encadrer. Et puis, il y a cette ambiguïté avec Lucas, qui est là, mais qui n’est pas exploitée plus que ça. Pire, qui ne mène à rien. Le tout se termine un peu vite, et nous laisse sur notre faim. Bref, dommage. Visiblement, il vaut mieux essayer La Déclaration. Ca sera pour la prochaine fois !

Pour info:
Michel Lafon, 315 pages, 15,95 euros (chez un bon libraire, TVA comprise)

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Fièvre d’ombre, Les chroniques de MacKayla Lane : 5 (Karen Marie Moning)

Amis du jour, bonjour !

Aujourd’hui, c’est mardi. Et mardi c’est… ? Mardi ces les bouquins-qu’on-a-lus-y’a-super-longtemps-mais-qu’on-avait-la-flemme-de-chroniquer. Bref, mardi jour du repenti. Et je dramatise à peine. En même temps, c’est pas facile de chroniquer un tome 5 quand le reste est loin loiiiiiiiin derrière. J’en profite au passage pour introduire ici les trois personnes qui on initié cette lecture : Orielle, Mérédith, et l’intermédiaire sans qui rien ne serait arrivé, ma petite sœur Jill.

Sarakontkoi ?
La sœur de MacKayla est retrouvée morte dans une ruelle de Dublin, sauvagement assassinée. C’est pourquoi cette dernière, dans le tome 1, n’hésite pas à foncer en Irlande pour trouver le meurtier et lui faire mordre la poussière. Au lieu de cela (pour rappel), elle découvre qu’elle a le pouvoir de voir les Faes (des créatures d’une autre dimension) et de sentir leurs objets de pouvoir (OP). Entre un prince Fae insistant et un sombre et mystérieux libraire, elle a du mal garder le cap sur la mission qu’elle s’est fixée. Dans ce tome 5, elle se croit obligée de s’allier au meurtrier présumé de sa sœur pour trouver l’un des objets de pouvoir les plus puissants qui existent et reconstruire le monde tel qu’elle le désire, en effaçant bien sûr la mort de ceux qu’elle aime. En même temps, elle sait qu’elle n’est pas humaine, et se demande si elle n’est pas l’incarnation d’un puissant esprit Fae. Entre recherche d’identité et besoin de vengeance, elle pourrait bien se perdre… ou se trouver.

Tenpenskoi ?
Pfiou, il était temps qu’elle le ponde celui-ci, on aurait fini par tourner en rond. Et encore, c’est sans aucun doute le tome le plus riche de la série. Pas en termes de qualité, plutôt en termes de quantité. Ce dernier tome renferme toutes les réponses aux questions que le lecteur s’est posées au fil des tomes, et notamment QUI/QU’est MacKayla, et qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez elle ? On passe donc du chaud au froid tout au long du bouquin ; les révélations s’enchaînent, les personnages se dévoilent à demi-mots jusqu’au grand final, les 60 dernières pages environ. Et là… on se dit qu’on a bien fait de continuer !

Enfin les réponses ! Enfin, on arrête de tourner en rond tels des félins impatients, prisonniers de leur cage romanesque. Et on a envie de dire : il était grand temps ! D’ailleurs, je viens de découvrir une chose : la série entière fait partie d’un genre que l’on appelle l’érotico-fantasy. Une sorte d’Harlequin « faërique » (entendez peuplé de créatures fantastiques). Je me disais aussi… certains passages, notamment dans les tomes 4 et 5, avaient fait chauffer mes draps. Pas étonnant ! Bref, l’histoire n’en est pas moins haletante (rho, tout de suite… !), et la série reste un excellent divertissement.

Pour info :
J’ai Lu, collection Semi-poche, 889 pages (12€ chez votre libraire)

Voir aussi :
Tome 1 : Fièvre Noire
Tome 2 : Fièvre Rouge
Tome 3 : Fière Faë
Tome 4 : Fièvre Fatale
(Oui, les noms auraient dû me mettre la puce à l’oreille plutôt que l’eau à la bouche).

Publié dans BD, Bouquinade

L’Appel des origine, tome 2 (CALLEDE / SÉJOURNÉ / VERNEY)

Amis du vendredi, bonsoir !

Je suis heureuse de vous présenter le nouveau visage de mon cher blog. Je commence donc cette nouvelle phase par un nouveau volume de L’Appel des origine, le deuxième du nom.
Le tome 1 est chroniqué ici.

Sarakontkoi ?
Harlem, dans les années 20. Anna, jeune serveuse métisse, a découvert la véritable identité de son père. Elle a décidé avec l’aide de Simon, le conservateur de musée dont elle a fait la connaissance au cours de son enquête, de partir à sa recherche en Afrique. Leur expédition est financée par un riche producteur, qui a dans l’idée de tourner un film d’aventures dont Anna serait l’héroïne. Mais d’imprévus en catastrophes, ils se rendent compte que le voyage ne sera pas de tout repos, et leur réserve bien des surprises, et quelques découvertes au passage.

Tenpenskoi ?
Je n’ai pas plus de commentaires à faire que pour le tome précédent. Mes remarques sont les mêmes. Des illustrations toujours aussi fraîches, et l’intrigue qui se développe et s’approfondit. Bref, ça suit son cours, et coupe juste à temps pour nous faire trépigner d’impatience en attendant la suite. Un très bon moment.

Pour info :
Glénat / Vents d’Ouest, 56 pages, 13,90€ chez votre libraire

Publié dans Bouquinade, Utopie / Dystopie

Hunger Games (Suzanne Collins)

Bouleversée.

Bouleversée, je pense que c’est le mot. Tout commence par une séance de ciné à reculons (mpf, encore un stupide film pour ados, catastrophe et fin du monde garantis). Je suis sortie estomaqué, les cuticules arrachées, les jambes flageolante, mon esprit refusant de reprendre pieds dans la réalité. Pas que les acteurs ou la musique ou quoi que ce soit aient été si mémorables. Mais on sentait qu’on venait d’assister à quelque chose de grand, qu’on nous avait montré des choses que la bienséance oblige à cacher, et ce avec un naturel désarmant. Alors, je me suis dit : « pourquoi pas les bouquins ? » Et me voilà, prisonnière une semaine et demie de cette trilogie haletante… Je vais faire une exception dans mon protocole habituel, cette fois, je vous présente la totalité de la série sur un billet. Et pour commencer, un pitch général.

Sarakontkoi ?
Panem (ex-USA, apprend-on au cours d’un des tomes), dans un futur pas si lointain. Le pays a été divisé en 13 districts, gravitant autour d’une capitale, le Capitole. Suite à un soulèvement des districts contre le Capitole, la victoire de ce dernier et l’anéantissement du District 13, chaque district doit fournir une fois par an un garçon et une fille âgés de 12 à 18 ans. Les 24 « tributs » sont enfermés dans une arène géante où ils doivent s’entretuer, pour le plus grand plaisir des téléspectateurs du Capitole. Seul l’un d’entre eux sort vainqueur de ces Hunger Games, les jeux de la faim.

Dans ce premier tome, Katniss Everdeen et Peeta Mellark sont désignés comme tributs pour représenter le District 12, l’un des plus petits et des plus pauvres des ditricts, lors des 74e Hunger Games. Ils se connaissent à peine, mais c’est ensemble qu’ils traversent le pays, accompagnés de leur mentor Haymitch, un ivrogne, ex-vainqueur des 50e Hunger Games, pour se rendre au Capitole. Là, ils sont préparés, chouchoutés, entraînés, interviewés, puis envoyés dans l’arène. De stratégie en combats sanglants, de souffrances en alliances impérvues, ils se battent pour leur survie…

Katniss et Peeta sont devenus des célébrités. Alors que Katniss a ravivé les braises de la rébellion en défiant l’autorité du Capitole dans l’arène, ils sont tous les deux envoyés en tournée à travers les districts. Sous la menace du président Snow, Katniss tente de faire son possible pour étouffer les élans révolutionnaires. Mais elle ne fait que jeter de l’huile sur le feu, et la punition ne se fait pas attendre… Mais cette fois, Katniss jure de protéger Peeta.

Broyée par les épreuves qu’elle a dû traverser, Katniss est récupérée par les rebelles. Elle retrouve avec eux sa mère et sa sœur qui ont fui à temps le District 12, bombardé et rayé de la carte en guise de punition. Coin, la « chef » de la rébellion, insiste pour que Katniss soit le visage du mouvement anti-Capitole, mais tout ce que veut cette dernière, c’est une vengeance contre Snow, qui lui a volé sa maison, sa vie, et Peeta. Quand les intérêts généraux rejoignent ses intérêts personnels, Katniss se décide à être celle qui réunira et unifiera les foules…

Tenpenskoi ?
Voilà des résumés bien pauvres, qui masquent toute la profondeur et la complexité de cette trilogie. L’héroïne est en fait une jeune fille banale, bien incapable de prendre des décisions importantes autrement que sous l’impulsion du moment et la nécessité de survie. Elle se retrouve malgré elle hissée au rang d’effigie de la rébellion, quand elle n’aspire qu’à sauver ceux qu’elle aime. Alors qu’elle s’est battue depuis la mort de son père pour nourrir sa mère et sa petite sœur, elle est catapultée dans un monde opulent où on ne l’engraisse que pour mieux l’envoyer à la mort. Partagée entre des liens extrêmement puissants qui l’unissent à Peeta – qui est le seul à comprendre vraiment ce qu’elle a traversé – et la complicité qui l’unit à Gale – son meilleur et seul ami – elle ne peut se décider à choisir. Impulsive, elle est un élément incontrôlable, pas plus courageuse qu’un autre, mais farouchement décidée à survivre, même au plus profond de son désespoir. Servir une cause, oui, mais comment contrôler un électron libre ?

Il m’a été impossible de m’arrêter après avoir commencé le premier tome. J’ai pleuré jusque dans les tunnels sombres du métro, dans l’atmosphère nauséabonde du RER. L’écriture à la première personne nous plonge dans le récit, et nous donne à voir toute l’horreur de ces massacres perpétrés au nom du pouvoir, de la vengeance. Rien ne nous est épargné, et l’incrédulité de Katniss face à cette horreur humaine laisse toute sa place à notre propre dégoût. Tout est dit, rien n’est dissimulé, et on se sent, comme Katniss, tour à tour utilisés, trahis, perdus, fous de rage. Un tour de magie exceptionnel. Bouleversant. Qui nous pousse à une remise en question de notre vision de la société.

Pour info :
Pocket, collection Pocket Jeunesse (18,15€ par bouquin, et ils en valent le coup !)
Tome 1 : 379 pages
Tome 2 : 378 pages
Tome 3 : 417 pages

Publié dans BD, Bouquinade

L’appel des origines (Callede / Séjourné / Verney)

Ami du jeudi gris, bonjour !

Dans mon billet ce matin, en bonus, un rayon de bonne humeur ! Une fois n’est pas coutume (et je sais que c’est assez rare), me rôvoilà avec, dans ma manche, une BD. Merci les salons internationaux, ainsi qu’un jeune collaborateur dont je tairai le nom pour sa propre sécurité, merci aussi à Nolwenn de m’en avoir parlé en premier lieu, parce qu’au final, je découvre, je découvre !

Harlem, dans les années 20. Anna, jeune métisse, travaille la journée comme serveuse dans le restaurant de sa tante et de son oncle, et sort danser le soir dans les boîtes de jazz qui fleurissent dans la ville. Trop blanche pour les noirs, trop noire pour les blancs, elle a du mal à trouver sa place. Lorsqu’elle apprend que son père, fils d’une riche famille de blancs, a récemment disparu en Afrique, elle décide de monter une expédition pour le retrouver. Avec l’aide d’un ingénieux conservateur de musée, d’un vieux scientifique, et d’un étrange producteur cinématographique, elle s’apprête à suivre les traces de ce père qu’elle pensait ne jamais recontrer.

Fantastique ! Pour le coup, j’ai vraiment passé un bon moment. On découvre une ambiance totalement authentique, portée par les problématiques de l’époque (intégration par exemple, (in)tolérance, et quête des origines), qui se font le miroir de celles, souvent inavouées, d’aujourd’hui.

Mes recommandations, qui ont poussé mon généreux bienfaiteur à me conseiller ce titre : pas trop sombre, un peu girly, sans tomber dans le style « blogueuse » (type Bagieu ou Motin), une intrigue intéressante sans être trop complexe… voui voui, rien que ça. Et bim ! me voilà avec ce petit bijou entre les mains. À quand le deuxième tome ?

Pour info:
Glénat / Vents d’Ouest, 58 pages, 13,90€ chez votre libraire (sauf si, comme moi, vous « connaissez quelqu’un »… ;))

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Fille des chimères (Laini Taylor)

Amis du jour, bonjour !

Une nouveauté Gallimard Jeunesse, que je m’étais promis de ne pas lire (oui, vous savez, les anges, les créatures, toussa toussa, c’est très surfait !), et pourtant… quel tort c’eût été !

Crédits couv’ : Clayton Burkhart / Distinctimage
Pour Gallimard Jeunesse

Prague, de nos jours. Karou est une ado fantasque, orpheline, qui a des cheveux bleus, et qui raconte les histoires des amis imaginaires qu’elle se dessine. Pas si imaginaires que ça puisqu’au moindre appel de Kishmish, le messager mi-corbeau de Sulfure, elle court passer la porte entre notre monde et celui des chimères. Parce que Karou mène une double vie : elle est aussi le coursier personnel de Sulfure, le maître chimère de la résurrection. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que ce monde fait d’étranges créatures dans lequel elle a grandi est en guerre. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que la créature éblouissante de beauté qui a tenté de la tuer sur un marché à Marrakech, mais qui pourtant la fascine, est son ennemi héréditaire…

Là, je dois dire ouah ! Et pourtant, c’était pas gagné ! Le résumé de 4e de couverture n’en dévoile pas énormément, et je ne m’attendais pas du tout à ça. Et quand j’ai lu qu’il s’agissait en fait d’anges et de chimères, je me suis dit : « OK, encore des anges ». Je venais de lire Angel qui, outre l’image décalée des anges qu’elle offrait, ne m’avait pas plus enthousiasmée que ça. Des anges méchants, des chimères dont le camp est douteux… Les chimères apportaient néanmoins une touche d’originalité. Mais je me suis laissée prendre par la complexité des liens entre les personnages, le (réel, pas monté de toutes pièces) mystère qui entoure l’existence de Karou. Tout n’est pas rose, tout n’est pas gris. Et, en même temps que Karou, nous découvrons un passé oublié et l’horreur d’un présent que l’on voudrait pouvoir corriger.

Je dois avouer que j’ai eu entre les mains une épreuve non corrigée, donc j’ai dû passer outre quelques petits détails (qui doivent être gommés dans la version définitive). Le style est tout à fait abordable, sans avoir ce côté puéril qui m’agaçait dans les histoires d’ados amoureuses. Une histoire plus profonde que celle du simple conflit Shakespearien (Romé & Juliette n’ont qu’à bien se tenir). Le premier tome d’une trilogie, qui termine sur un magnifique cliffhanger (en queue de poisson quoi). À lire de toute urgence !

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection « Grand Format littérature », série Roman Ado, 464 pages, 18,00€ chez votre libraire !