Publié dans Albums, Bouquinade

Aux Merveilles d’Alys, Magasin zinzin (Frédéric Clément)

Bonjour à tous !

Je suis si bien lancée, pourquoi m’arrêter en si bon chemin ? Me voilà donc à embrayer sur un album (encore). Non. Bien plus qu’un album. Un souvenir, une histoire que je me raconte encore et encore, lorsque d’aventure je me dis « quand j’étais petite ». Parce que cet album a inspiré le premier texte que j’ai joué au théâtre. Je devais avoir, quoi, 9-10 ans. S’inquiétant pour ma vie sociale inexistante (et l’air renfrogné que j’affichais constamment), ma maman avait décidé de réagir, et de me trouver une troupe, ce qui m’obligerait à parler avec des jeunes gens de mon âge, à sortir de ma coquille. Comment vous dire qu’elle a visé dans le mile…? C’est au théâtre que j’ai rencontré le premier garçon pour lequel je me suis maquillée : David Malleret, un rouquin adorablement drôle à qui je n’ai jamais osé dire un mot. Et c’est encore sur scène que je me suis sentie le mieux. Bref, tout ça pour vous dire que rien qu’en pensant à ce bouquin, en parcourant de nouveau ces lignes, j’ai été envahie d’une douce nostalgie. Et il est dédicacé par l’auteur !

magasin zinzin

Sarakontkoi ?
Alys est une marchande de merveilles. Dans son magasin, elle a tout, tout, tout. C’est son anniversaire. Et voilà qu’arrive un étrange marchand ambulant qui lui propose des trésors uniques qu’on ne trouve nulle part. Pas n’importe quels trésors, non ! Des fragments de contes ! Un éclat de la pantoufle de Cendrillon, une écharde du nez de Pinocchio, le poudrier de Blanche-Neige et j’en passe ! Et enfin, un cadeau inestimable, plus précieux que tous les trésors…

Tenpenskoi ?
Un texte plein de poésie, rythmé et magique, qui emportera, j’en suis sure, les petits et les grands dans un voyage à travers l’enfance, le rêve, les aventures fantastiques qu’on ne peut qu’imaginer. Mais aussi un magnifique objet, que Frédéric – réel artiste – a créé comme un patchwork, une boîte à tout, une boîte à merveilles, dans laquelle vous pouvez impunément fouiller. Un peu comme le grenier de votre grand-mère, où vous aimiez tant chercher les trésors répertoriés sur des cartes inventées. Un délice pour les oreilles, un délice pour les yeux, et un bonbon pour le cœur. Un indispensable !

Pour info :
Ipomée – Albin Michel, 64 pages, 22,90€ chez votre libraire (croyez-moi, vu l’objet, il les vaut !)

Publié dans Albums, Bouquinade

Émile (V. Cuvellier / R. Badel)

Bonjour bonjour !

Aujourd’hui, on part sur des albums. Les températures sont négatives (on se caille vraiment !), les décos de Noël brillent dans les fenêtres des maisons (et parfois dans les rues, quand on a la chance de pas avoir une municipalité radine malgré un taux d’impôts supra-élevé), et les sapins sont partout. Parfait pour vous faire découvrir deux petites indigestions de bûche avant l’heure…

Émile veut une chauve-souris

Émile veut une chauve-souris – Émile est un petit garçon capricieux. Ou têtu. Et ce que veut Émile aujourd’hui, ce n’est pas un chien. Pas un hamster. Pas même un cheval. Non, ce que veut Émile, c’est une chauve-souris ! Elles vivent dans le noir ? Alors on éteint les lumières ! Elles mangent les moustiques ? Alors on allume tout. Pas logique tout ça. Tant pis, Émile a une autre idée…

Émile veut un plâtre

Émile veut un plâtre – Émile a décidé qu’il voulait un plâtre. Un plâtre, ça fait aventurier. Ou un pansement sur le visage, ça fait pirate. Mais il faut d’abord se faire mal. Et pour Émile, il n’en est pas question…

Tenpenskoi ?
L’écriture fluide et mordante de Vincent Cuvellier a un délicieux goût de caprice. Ça pique un peu, et c’est désopilant. En déformant ainsi les souhaits parfois démesurés ou insensés des enfants, il réussit à amuser petits et grands. Et quel rythme ! C’est comme une bonne blague, sur plusieurs pages. On se demande toujours où ça nous emmène ! Si vous êtes hermétiques à Toto, c’est pas grave, celle-là, c’est de la bonne vieille blague, une qui tombe pas à plat.

En passant, magnifique travail de Ronan Badel, qui a donné à Émile une frimousse boudeuse de fripouille, dans un univers totalement épuré. Et ça fait du bien aux yeux. Bref, une histoire Haribo, parce que c’est beau la vie, qu’on soit grand ou petit… à lire avec précaution, faudrait pas donner des idées aux mioches !

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Giboulées, 28 pages, 6€ chez votre libraire !

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Insaisissable, tome 1 : Ne me touche pas (Tahereh Mafi)

Re-re-re bonjour !

Oui, quand je vous dis que je rattrape le retard, je ne fais pas semblant. Donc, quatrième billet de l’après-midi, sur une lecture somme toute fort sympathique envoyée par une petite Comète. Fini dans le train pour Londres !

insaisissable

Sarakontkoi ?
Juliette est enfermée dans un asile depuis plus de 3 ans pour un crime qu’elle n’a pas voulu commettre. Parce que Juliette a un don, sa malédiction : lorsque sa peau entre en contact avec la peau d’un autre être humain, elle absorbe sa vie. Depuis son enfermement, le nouveau régime s’est renforcé, un régime de rigueur qui proclame que la Terre meurt, qu’on ne peut plus nourrir tout le monde et qui utilise cette excuse pour parquer les citoyens et créer des lois de privation absurdes. C’est dans ce contexte que Juliette va revoir Adam, enfermé avec elle dans sa cellule pour elle ne sait quelle raison, alors qu’elle n’a pas parlé à un être humain depuis 3 ans. Adam dont elle se souvient pour être allée à l’école avec lui. Adam qui l’a probablement oubliée. Adam qui a avec elle un comportement plus qu’étrange…

Au début du bouquin, on se retrouve avec Juliette, dans sa cellule. On vit avec elle l’enfermement, la solitude. La peur lorsqu’Adam arrive, potentielle victime de son don. Sa réaction presque animale. Sa passion qui se développe peu à peu, qu’elle étouffe, en nous étouffant nous aussi, lecteurs. Sa déroute devant les humeurs changeantes d’Adam, et le besoin viscéral qui lui brûle la peau d’être touchée, aimée, humaine. Son dégoût d’elle-même, alors que le régime cherche à utiliser son don pour torturer les rebelles…

Tenpenskoi ?
Un style très lapidaire, des mots qui suffoquent, qui disent l’enfermement, et la mise en page originale où le personnage rature ses notes, nous permettant ainsi de connaître les désirs profonds qu’elle camoufle derrière la bienséance. Des désirs qu’elle répète comme des litanies, qu’elle martèle avec force, toute une tension sensuelle qu’elle met en place… on compare avec Twilight, pourquoi pas. M’enfin, les désirs des personnages de Stephenie Meyer sont bien plus sages que la passion qui semble dévorer Juliette. Oui, c’est pas de la littérature érotique non plus ! Les amoureux du genre, vous pouvez essayer, j’ai passé un bon moment.

Pour info :
Michel Lafon, 384 pages, 16,95€ chez votre libraire.

 

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

A comme Association, tome 6 : Ce qui dort dans la nuit (Erik L’Homme)

Pour le coup, je suis un peu à la bourre dans la série, parce que le tome 8 vient de sortir, et que moi, je n’en suis qu’au 6. Mais enfin, c’est que j’essaie de prêter attention à chacun des petits locataires de ma bibliothèque (pas facile).

Bien, donc mes chères collègues m’ayant fait l’honneur de m’envoyer le dernier tome, je me suis dit qu’il serait peut-être temps de m’y remettre quand même ! Lentement mais sûrement… (Attention, spoil ! Je peux pas faire autrement ! Passez le paragraphe suivant si vous n’avez pas lu le tome 5).

aca6

Sarakontkoi ?
Jasper a éliminé l’assassin d’Ombe. Reste maintenant à trouver le commanditaire du meurtre. Mais pour l’heure, personne ne répond à l’Association, malgré l’ordre que mademoiselle Rose a donné à Jasper de se présenter au bureau à la première heure après les fêtes. Personne, mais deux hommes étranges qui sortent des locaux. Ni une ni deux, Jasper part en chasse et tombe sur un petit mage hyper puissant copain des vampires qui fait des trucs chamaniques bizarres… Reste à sauver l’agent-stagiaire Nina, qui s’est fait kidnapper par lesdits vampires. Mais quelle n’est pas la surprise de Jasper en sauvant Nina… d’un tas de CADAVRES de vampires. Les voilà donc lancés sur la piste du petit sorcier, pendant qu’à l’Association, mademoiselle Rose est de plus en plus inquiète de la tournure que prennent les événements.

Tenpenskoi ?
Une sixième aventure de l’agent-stagiaire Jasper, de transition dirons-nous, puisque les rouages des deux derniers tomes s’y mettent en place. On se pose de plus en plus de questions sur l’Association, son véritable but. Qui sont les gentils, les méchants ? Erik L’Homme nous tient par le bout de sa plume, mélangeant humour et suspens. Entre le côté geek lourdingue de Jasper et l’intrigue qui devient de plus en plus complexe, nous, lecteurs, en prenons pour notre grade en attendant le tome suivant. Mais, petits veinards que nous sommes, la série est terminée, donc on peut enchaîner, et c’est tant mieux ! On attend donc le suivant, tout en sachant que les réponses qui se profilent ne seront pas forcément conformes à l’idée qu’on se fait, parole de fans rencontrés à Montreuil (qui EUX ont déjà terminé la série). Bientôt la prochaine aventure, donc…

Ici, les tomes 1 à 5.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Grand Format Littérature, 208 pages, 10,05€ chez votre libraire

Publié dans Albums, Bouquinade

La première fois que je suis née (Vincent Cuvellier/Charles Dutertre)

Dois-je redire bonjour ? Disons que non, sinon, on est pas sortis de la berge !

Alors, une perle que j’ai dans ma manche depuis un bout de temps, depuis Gallimard Jeunesse en fait, mais que je n’ai jamais pris le temps de poster ici. Bah voilà, comme quoi les premières résolutions pour 2013 arrivent : poster un peu plus régulièrement. J’en profite pour faire un coucou à Nono,  ancienne collègue et grande copine, qui m’a conseillé en premier d’y jeter un œil.

lapremirefoisquejesuisne

 

Sarakontkoi ?
La vie est pleine de premières fois. Elles sont plus ou moins drôles, plus ou moins douloureuses, plus ou moins marquantes. Mais chaque pas qu’on fait est quelque part le premier. La première fois que l’on naît, que l’ont rit, que l’on tombe (amoureuse), que l’on joue d’un instrument, que l’on va à l’école, que l’on voyage. La première fois que l’on aime, que l’on fait des projets et qu’à son tour, on est témoin d’une première fois. La boucle est bouclée, de la naissance à la renaissance.

Tenpenskoi ?
Un texte touchant, extrêmement émouvant, qui nous rappelle que la vie est faite de premières fois, bonnes ou mauvaises. Vincent Cuvellier fait pour nous une liste arbitraire et presque universelle des premières fois qui ont jalonné notre vie. Il fait mouche et nous replonge avec une tendre nostalgie dans nos souvenirs d’enfance, mais aussi dans le début de notre vie d’adulte, de parent. Et boucle la boucle. Des souvenirs sur lesquels on peut tous coller nos propres expériences, que l’on peut partager avec notre tout jeune public, ou bien juste garder pour nous. Le tout porté par les illustrations de Charles Dutertre, d’une simplicité qui en dit plus que tous les chichis rose bonbon de Barbie. Ce livre ne vous laissera pas indifférents. À lire, et à partager !

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Hors Série Giboulées, 104 pages, 14,75€ chez tous les bons libraires

Publié dans BD, Bouquinade

La célibataire (India Desjardins / Magalie Foutrier)

Allez, aucune absence n’est définitive, vous le savez. Alors, suite à ce regain de lectures que m’a apporté le salon de Montreuil, je vous le dis, pour une des dernières fois de l’année : amis du jour, bonjour !

Commençons donc la série d’articles qui va suivre avec quelque chose de léger, quelque chose de drôle et bourré d’auto-dérision. Quelque chose de girly. Bref, une BD pour fille. Et pour ça, je « remercie grave Maelle, parce que ce genre de trucs, tu vois, c’est chanmé ! »

celibataire

Sarakontkoi ?
C’est une fille – ça pourrait être vous ou moi, sauf si vous faites partie de cette catégorie de filles extras qui sont au-dessus de tout ce superficiel – une fille disais-je, qui rencontre LE gars en soirée… LE gars pas célibataire. La fille qui veut montrer à son ex qu’elle s’en sort sans lui, tellement fort qu’elle en oublie d’essayer de rendre ça crédible. Qui rêve du prince charmant qui a toutes les qualités d’une femme avec le corps d’un homme. Celle qui raconte les derniers potins à sa copine au téléphone. Qui aime les chats et n’écoute que ce qu’il l’intéresse. Bref, c’est une fille, et elle est célibataire.

Tenpenskoi ?
Des minis anecdotes universelles, qu’on a toutes plus ou moins expérimentées, et qui, couchées sur le papier dans des tons rose acidulé, nous redonnent le sourire. Tout y passe, des trucs dont on a totalement honte (mais que – il faut se l’avouer – on est soulagées de retrouver dans ces pages), à nos rêves les plus fous, en passant par ces défauts qu’on trouve toutes aux mecs. Bref, une image pas toujours tendre des deux sexes, et pas franchement de fin heureuse, mais et alors, on sait bien qu’on la trouvera, nous, notre fin heureuse… ou pas.

Dans le style des blogs BD girly du moment. Bref, un truc bien sympa qui se lit super vite. En fait, c’est même presque plus agréable de le laisser dans vos toilettes et d’en déguster un peu à chaque passage. Ou à côté de la plaque de cuisson, le temps que les légumes vapeur / la soupe soient prêts. Et je peux assurer qu’il apportera le sourire autant à vous mesdames, qu’à ces messieurs qui n’oseront pas dire qu’ils l’ont feuilleté, mais riront intérieurement en se disant « graaaaave, ma nana, c’est trop ça ! » Allez, Noël n’est pas trop loin, et si Ryan Gosling passe dans votre cheminée, le PN sera peut-être assez sympa pour le déposer sous votre sapin ! D’ici-là, courage !

Pour info :
Michel Lafon, 64 pages, 12,95€ chez votre libraire !

Publié dans Bouquinade, Roman

Séléné (Barbara Wood)

Amis du jour, rebonjour !

Me revoilà pour présenter un coup de cœur de longue date. Le genre de bouquin qu’on a lu un jour, et on s’est dit « ah, vraiment, j’adore ». Et quand on nous demande, avec une pointe d’intérêt : « ah oui ? De quoi ça parle ? », eh bah on a l’air stupide. Parce que la vérité, c’est qu’on ne sait plus, que ce fameux livre a laissé chez nous comme un goût de ah-ouais-c’est-sympa, mais qu’on est bien incapable d’en donner le nom du personnage principal. En bref, il ne nous reste plus qu’à le relire. Et comme ma PàL (Pile à Lire) ne descendait pas, j’ai tout de même eu des scrupules à relire un livre que j’avais déjà lu. Mais qu’à cela ne tienne, après tout, c’est moi qui décide… Merci à ma moman de me l’avoir conseillé en premier lieu, il y a des années.

Sarakontkoi ?
Palmyre, Syrie. Sous le règne de l’empereur Tibère puis Claude. Séléné est une enfant choisie par les dieux. Née dans le secret chez Méra, une guérisseuse, elle se retrouve orpheline dès sa venue au monde. Son père a été assassiné, son frère jumeau et sa mère à peine sortie de couches emmenés. Elle grandit donc à Antioche sous l’œil vigilant de Méra, qui l’élève comme sa fille et lui transmet son savoir. Au début du roman, Séléné est une toute jeune fille de seize ans, à l’orée de sa vie de femme, timide et bègue. Jusqu’à ce qu’elle rencontre Andréas, le médecin, qui va partager avec elle ses propres pratiques. Mais les dieux ont parlé et Séléné doit quitter Antioche pour accomplir son destin. Séparée de l’homme à qui elle se destinait corps et âme, elle recherche son identité et le but de sa vie. De la Perse à Jérusalem en passant par Babylone, Séléné n’aura de cesse de rassembler les pratiques et savoirs médicaux, et de poursuivre le chemin que les dieux ont tracé pour elle.

Tenpenskoi ?
Une grande épopée, qui se lit extrêmement facilement. Le destin de Séléné est tout à fait fascinant, et elle nous emmène avec elle dans sa course et sa soif de savoir. Entre ses désirs, ses craintes, ses déceptions et ses sacrifices, elle n’en est pas moins le vaisseau qui nous emmène à la découverte de cultures et de pratiques maintenant oubliées, que l’on a plaisir à redécouvrir avec elle. Perso, j’y ai même trouvé un soupçon de romance à la Harlequin (mais pas trop, ça reste très léger) assez sympa.

Je salue au passage le début de chaque partie, qui présente une scène totalement décrochée du wagon précédent, et qui au bout de quelques pages se recentre sur Séléné. Le procédé est parfaitement maîtrisé, et recontextualise cette espèce de patchwork qui sans ça serait complètement décousu. Chapeau également pour l’exactitude des infos (en même temps, l’auteur était infirmière en neurochirurgie). Soit dit en passant, le joli livre toilé avec tranchefile de France Loisir ne fait pas oublier le bon nombre de coquilles présentes dans le texte (plus d’une dizaine). Je sais que l’erreur est humaine, mais c’est pas terrible terrible, toussa !

Pour info (et pour mon édition, parce qu’il y en a plusieurs) :
France loisirs (première édition chez Presses de la Cité), environ 533 pages, prix selon vendeur à ce jour…

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

L’échange (Brenna Yovanoff)

Amis du soir, bonsoir !

Une lecture depuis longtemps achevée, mais oui mais oui, mais sans connexion internet, pas facile de faire quoi que ce soit. Maintenant, l’installation est terminée et Bouygues a enfin consenti à activer ma ligne, et donc ma Box. C’est magique, et je dois avouer qu’on oublie très vite la place qu’occupe le web dans notre vie… enfin bref, me voilà revenue à la civilisation, pourtant pleinement consciente que je vais devoir faire un effort pour quitter un peu mon écran des yeux. Hum, revenons à nos moutons. Un conseil de ma très chère Comète, que je remercie, parce qu’il me semble que celui-ci, je l’avais vu à l’état de projet.

Sarakontkoi ?
Dans la petite ville de Gentry, tout paraît normal. Le père de Mackie Doyle, 16 ans, est pasteur, sa mère travaille à l’hôpital. Mackie est en apparence un ado banal, quoiqu’un peu en marge de ses petits camarades. Mais il est aussi le fruit de ce que les braves gens de cette ville taisent et redoutent : les échanges qui ont lieu dans les berceaux, lorsque leurs enfants sont enlevés et remplacés par des créatures souterraines d’aspect humain, malades et souvent mourantes. Mackie a survécu. Aujourd’hui, les enlèvements sont sur le point de reprendre. Mais cette fois, il s’agit de la petite sœur de Tate, la petite amie de Mackie.

Tenpenskoi ?
En commençant ce bouquin, j’avoue que j’étais perplexe. Je ne comprenais pas où voulait en venir l’auteur. Je me suis même demandé si elle savait elle-même où elle voulait aller. On en savait ou trop, ou pas assez. Et puis l’histoire s’est peu à peu mise en place ; on finit par découvrir le fin mot de tout ce mystère qui entoure Gentry, somme toute assez original, je dois l’avouer. Pas de tour de magie, de grande révélation qui nous laisse pantois. Simplement un récit qui se déroule, et le pire, c’est qu’il nous embarque, petit à petit, lentement mais sûrement.

Le style est agréable, pas trop lourd, le bouquin facile à lire. Le tout, c’est de ne pas jeter le bouquin après le premier chapitre en se demandant ce que c’est que ce truc. Parce que, promis juré, ça avance ! On reste dans le concept d’une sorte de fantastique qui s’incruste dans notre réalité, ces monstres que les ados adorent. Mais encore une fois, pas de vampires (parce qu’ils finissent par nous étouffer), pas de loup garou ni de princesse en détresse. Franchement sympa !

Pour info :
Michel Lafon, 352 pages, 15,95€ chez votre libraire

PS : au fait, Amazon dit qu’il ne leur reste plus que 15 exemplaires, c’est bon signe ça, non ?

Publié dans Bouquinade, Roman

Les quatre filles du docteur March (Louisa May Alcott)

Bonjour à tous, bonjour à toutes !

J’espère que vous avez été de bons lecteurs pendant mon absence et que vous avez bien acheté le dernier Mathieu Hidalf ! Ou bien la série si vous n’en aviez aucun. Bien, nous pouvons donc continuer notre petit bonhomme de chemin littéraire. Et cette fois-ci, pour un classique de la littérature de jeunesse… lu pendant les 22h de bus qui séparent Clermont-Ferrand de Berlin. Faut bien que ça serve aussi…

Sarakontkoi ?
États-Unis, pendant la Guerre de Sécession (deuxième moitié du XIXe siècle). Meg, Jo, Beth et Amy March ont entre 11 et 16 ans. Jeunes filles sans fortune, elles sont élevées dans une famille humble par une mère pieuse, patiente et aimante, tandis que leur père a pris le chemin du front. Pendant l’année qui s’écoule au fil du roman, chacune grandit et apprend de ses erreurs : la belle Meg tente de refouler sa coquetterie mal placée ; Jo, le garçon manqué, se lance corps et âme dans l’écriture et contrôle tant bien que mal son impulsivité ; Beth, toujours tendre et attentive, va pourtant combattre sa timidité maladive ; enfin, Amy apprend la patience et met de côté ses petits besoins personnels. Les amitiés, les premiers amours et les projets rythment cette année haute en couleur, qui scelle le destin de la famille March.

Tenpenskoi ?
Voilà un bout de temps que je voulais le lire ! La version cinématographique, avec Winona Ryder et Susann Sarandon entre autres, m’avait particulièrement touchée, et je m’étais entichée de cette chère Jo March, qui est encore aujourd’hui mon héroïne. Alors pour le coup, c’est le processus inverse qui s’est opéré : d’abord le film, ensuite le livre. J’avoue tout de même que j’avais peur que ma Jo soit différente sur le papier (oui, on sait à quel point Hollywood aime créer des personnages forts, parfois tirés à l’extrême). Qu’elle soit plus mièvre. De 1868 à 1995, il y a un monde et les interprétations changent beaucoup. Mais je dois avouer que je n’ai pas été déçue.

En revanche, ayant étudié un peu la littérature de jeunesse, je m’étais penchée sur les mécanismes moralisateurs des auteurs de l’époque… C’est un peu comme voir les fils des marionnettes, on capte consciemment un message censé être distillé dans l’inconscient collectif. On sent bien les petits discours sur la religion, la patience, la compréhension et la générosité. Mais on apprécie aussi les jeunes femmes de caractère que dépeint Louisa May Alcott, pleines de vie et de projets, des femmes indépendantes. Bref, un petit délice. Je vais plonger sur la suite (si je la trouve, parce que le tome 2, Les filles du Docteur March se marient, est pas facile facile à trouver…).

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Folio Junior, 374 pages, probablement pas plus de 5,80€ chez votre libraire !

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Mathieu Hidalf, tome 3 : Le sortilège de Ronces (Christophe Mauri)

ATTENTION, AVANT-PREMIERE (sortie le 27 septembre).

Amis du jour, bonjour !

Je vous parle d’un lointain passé puisque nous sommes le 30 août et que vous ne lisez probablement cette chronique que le 20 septembre. Le privilège du métier (qui ne sera plus mien lorsque je publierai ce billet),  j’ai pu lire le tome 3 des aventures de Mathieu en avant-première. Comment vous dire que j’aime mon boulot… Dieu sait que j’ai dû tanner toute l’équipe pendant des jours (je salue la patience de mes collègues), et que j’en suis devenue monomaniaque… pas une nouveauté pour moi. En attendant sa sortie dans quelques jours, voici Mathieu dans sa troisième aventure. Et en sus, je vous poste dans pas longtemps une mini-interview de Christophe, qui a accepté de se soumettre au jeu des 5 questions.

Sarakontkoi ?
À la fin du tome 2, Mathieu venait de remporter son épreuve du prétendant et pouvait intégrer la célèbre et secrète école de l’Élite, non sans avoir au passage rafflé un Exploit (avoir fait sortir la Foudre fantôme de ses bois), ce qui lui épargnait l’épreuve suivante. Cette fois, ridiculisé en public par son père qui a annoncé son mariage prochain avec Marie-Marie du Chateau Boisé, Mathieu doit se cacher à l’intérieur de l’École, et ce une semaine avant la rentrée officielle, pour échapper à cette abomination. Mais un malicieux complot est sur le point de couper l’école de toute aide extérieure afin de détruire l’Élite de l’intérieur. La Foudre fantôme est menacée, et on compte un traître parmi les Élitiens…

Tenpenskoi ?
Mathieu laisse de côté ses soucis et ses complots puérils. Plus question de la « bêtise » légère du premier tome sur laquelle le royaume entier parie. Il est sur le point d’entrer dans ce monde des adultes auquel il veut tant appartenir de la manière la plus abominable qui soit : le mariage. L’amour, beurk ! Voilà, nous retrouvons notre petit garçon de 11 ans. Mathieu ne change pas, ses allégeances non plus. Mais il utilise toute son intelligence au service de son héros : le capitaine Louis Serra. Et comme les réflexions d’un enfant ne son pas celles que l’on attendrait pour sauver un royaume, on assiste à un délicieux mélange sucré-salé qui nous fait hurler de rire, mais aussi – et pour la première fois en trois tomes – pleurer.

Pleurer ? Oui, parce que même si on ne s’en rend pas compte, même s’il ne l’admet pas, Mathieu grandit, Mathieu mûrit. Je me suis dit « oh, non ! s’il mûrit, ça ne sera pas aussi drôle qu’avant ! ». Balivernes. Et c’est là le tour de magie de Christophe. Au-delà de la grandiloquence exacerbée de Mathieu, tant dans le drame que dans l’action, et sans même qu’il se l’avoue, Mathieu a peur, mais Mathieu est prêt à faire le sacrifice ultime. Un petit d’homme qui n’a pas froid aux yeux.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Hors Série Littérature, 400 pages (15€ chez tous les bons libraires)