Publié dans Bouquinade, Roman

My dear f***ing prince (Casey McQuiston)

Ami du jour, bonjour !

Ayant terminé le roman du jour il y a bien 3 mois, on aurait pu penser que le billet serait prêt depuis belle lurette. Ceci dit, ce serait mal connaître ma tendance maladive à la procrastination. Qu’à cela ne tienne, je m’y attèle aujourd’hui, et ça tombe bien, parce que c’est aujourd’hui que vous le trouverez en librairie !

Sarakontkoi ?
Dire qu’Henry, héritier de la couronne britannique, et Alex, fils de la (première femme) présidente des USA, ne s’aiment pas serait un euphémisme. Ils se détestent. Mais en politique, faire bonne figure est essentiel, et les deux jeunes gens, pour apaiser les tabloïdes, doivent passer ensemble un week-end promotionnel. Il se pourrait que ce soit l’élément déclencheur d’une belle amitié… et plus si affinités.

Tenpenskoi ?
Il y avait, dans ce roman, un je-ne-sais-quoi d’intrigant. Une femme présidente et mère célibataire, un « premier fils » un brin rebelle, un prince héritier écrasé par son devoir… Et l’image et la politique qui s’en mêlent. J’avoue, pour un roman d’été, c’était idéal. La structure est un classique du ennemies-to-lovers (ils se détestent, et en fait, ils finissent par bien s’aimer), mais la petite étincelle qui a fait la différence avec une romance classique, c’est la question : de nos jours, qu’en serait-il d’une romance homosexuelle dans les plus hautes sphères politiques ?

Alex et Henry sont des personnages adorables, têtus, parfois imbuvables, mais fragiles à leur façon. Leur affection est touchante, et si elle soulève forcément un débat (on en revient au fameux débat), elle est aussi symbole de rassemblement, et d’espoir quelque part. J’aimerais que cette petite lueur, ce répit qui nous est offert ici, soient réels. J’ai aimé que le roman ne soit pas un poing levé, un cri de révolte, mais une histoire d’amour qui s’écrivait, passionnée parfois, compliquée surtout, mais tendre et légère.

J’en suis ressortie le sourire aux lèvres, le cœur gonflé d’espoir et de guimauve (oui, faut pas oublier que c’est de la romance non plus). En revanche, c’est clairement une lecture pour jeunes adultes (16 voire 18+), même si je sais qu’on se passe After dans les cours de collège. Les (quelques) scènes de sexe sont très explicites. Vous serez prévenus.

Pour info :
éditions Lumen (traduction de l’anglais : Céline Morzelle et Sarah Dali), 602 pages, 17€

Publié dans Bouquinade, Roman

Cette nuit-là (Aurélie Massé)

Ami du jour, bonjour !

Aujourd’hui sort un roman dont je t’ai parlé sur Instagram il y a quelques temps maintenant (je crois l’avoir terminé début juillet). Les éditions Slalom me l’avaient fait parvenir, accompagné d’un espoir : celui que ce roman, qui les avait marqués, laisse sa trace sur moi. C’est assez réussi je dois dire.

Sarakontkoi ?
C’est l’histoire de cette nuit où tout a basculé, où tout s’est libéré. Gabriel reçoit un appel puis la visite de son meilleur ami, Eden, dans un état de choc effroyable. Ils sont bientôt rejoints par Sarah, Alex et Agathe. Chacun d’entre eux cache une fêlure et menace de s’effondrer. Mais ce soir, c’est Eden qui compte, Eden qui parle enfin, Eden qui avoue l’inavouable…

Tenpenskoi ?
Voilà un roman qui fait partie de ceux que j’ai lus d’une traite. Il m’a retourné les tripes et plus d’une fois j’ai senti mes mains serrées sur le livre trembler, ma gorge se serrer. Au-delà du délicat sujet de l’inceste, traité ici avec beaucoup de sensibilité et de retenue, c’est ce putain d’amour inconditionnel de cinq amis, le genre qui t’écorche et te fait vivre à la fois, qui m’a bouleversée. Tous ces gamins sont un peu déglingués, de l’anorexique à l’hyperactive, en passant par le timide soumis à l’autorité d’un père rabaissant. Mais tous éprouvent pour Eden cet amour sans retenue que ne peuvent éprouver que les enfants prisonniers d’un présent permanent.

Le roman serpente dans les méandres d’une amitié sincère, celle d’un groupe d’amis hétéroclite, pour revenir de temps à autres au présent, au silence d’Eden, à ses aveux. Certaines scènes sont d’une violence émotionnelle insoutenable, du genre à te foutre un coup dans le bide. Et pourtant il émane de cette lecture une tendresse incroyable. Avec un style maîtrisé, jamais dans le sensationnel, Aurélie Massé raconte une nuit. Elle raconte une amitié, cinq combats, et une promesse. Et je n’ai pas grand chose à dire de plus, si ce n’est que le roman vibre et irradie, projetant sa lumière et ses ombres en plein dans nos petits cœurs de lecteur…

Pour info :
éditions Slalom, 384 pages, 15.95€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

D’or et d’oreillers (Flore Vesco)

Ami du jour, bonjour !

Tu le sais parce que je t’ai harcelé avec ça, au mois de juillet, c’était mon anniversaire. Et quand tu aimes les bouquins, le mieux, c’est quand on t’en offre… ou qu’on t’offre la possibilité d’en acheter. J’ai donc eu droit entre autres à une carte cadeau, et l’ami, je me suis fait plais’ ! Parmi mes achats figurait ce (spoiler) petit bijou. Sitôt acheté, sitôt lu (oui oui, d’une traite) — fait suffisamment rare pour le souligner.

Sarakontkoi ?
Le jeune lord Handerson recherche une épouse, et pour se faire défie les jeunes filles de passer une nuit chez lui sans chaperon. Contre toute bienséance, Mme Watkins y envoie ses trois filles et leur suivante, Sadima. Dans la chambre, un lit où s’empilent une dizaine de matelas. Celle qui relèvera le défi n’est pas forcément celle que l’on pense, et l’épreuve pas ce qu’elle semble être…

Tenpenskoi ?
Je lève de suite le suspens : ce bouquin est MÂ-GNI-FIQUE ! Voilà bien longtemps que je n’avais pas dévoré un roman en un après-midi ! S’il s’agit au départ d’une réécriture du conte de la Princesse au Petit Pois, on dérive très vite pour partir dans une direction inattendue.

Exit la fragile princesse, dont la peau est blessée par un innocent légume. Mais il y est bien question de peau. C’est un roman charnel, presque gourmand, où les protagonistes se découvrent eux-mêmes et l’un-l’autre. On y parle d’éveil de la sensualité, de la sexualité, d’émancipation. Sur la dernière partie, j’ai levé les yeux de ma lecture, et je me suis demandé où j’étais, et ce que m’avait fait ce roman. Il exerce comme un pouvoir, une sorte de fascination qui nous enrobe tel un cocon. Et durant ces quelques secondes de pause, j’étais perdue. Le roman supprime tous vos repères ! C’est loufoque mais ça marche ! Un petit clin d’œil au passage à d’autres contes et légendes (Midas, la pierre philosophale, Cendrillon — la vraie — et le petit chaperon rouge)…

Le tout est servi dans un écrin de poésie, de métaphores, de jeux sur les sonorités, les rythmes, les mots. Loin du roman middle-grade auquel je m’attendais, j’ai eu droit à un rite initiatique lourd de sens, une lecture qui se mérite, et qui en repoussera certains, c’est clair. C’est beau, c’est organique et clairement déstabilisant, mais p*** qu’est-ce que c’est bon !

Pour info :
éditions l’école des loisirs, collection Medium+, 240 pages, 15€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

La Maison Chapelier (Tamzin Merchant)

Ami du jour, bonjour !

Aujourd’hui, on se tourne vers la littérature jeunesse avec un roman qui m’a été envoyé par Gallimard Jeunesse. Le bouquin sort demain, et si tu traines un peu se les réseaux ce soir, tu auras un avant goût de ce qui t’attend ! Entre magie et aventure, la promesse est-elle tenue ?

Sarakontkoi ?
Dans le monde de Codelia Chapelier, l’artisanat renferme une étincelle de magie, présente en chacun de nous. Cette magie est transmise à travers les créations des artisans (chapeaux, gants, capes, bottes et autres montres et cannes) à celui qui les porte. Le père de Cordelia a disparu en mer alors qu’il était parti chercher une plume très rare pour le chapeau du roi. Cordelia, persuadée que son père n’est pas mort, compte bien le retrouver, même si pour cela, elle doit déjouer les complots qui menacent la Cour d’Angleterre.

Tenpenskoi ?
Pour commencer, et comme je l’ai mentionné sur Instagram, j’ai toujours très peur des romans destinés à cette tranche d’âge. Je trouve que beaucoup d’auteurs qui écrivent sciemment pour les jeunes, en particulier pour les 10-13 ans, ont tendance à infantiliser leur lectorat, et à nous pondre des romans que je qualifie de « sautillants » (parce que j’imagine toujours une gamine avec des couettes, une petite jupe et une sucette qui sautille en chantonnant). Bref, ça se veut loufoque et gai… mais avouons que parfois, c’est trop.

Ici, je ne cacherai pas que le roman est un peu sautillant. Pas au point de me faire soupirer d’agacement, c’est déjà ça. La volonté est clairement de créer un monde fantasque et coloré, et pour le coup, c’est réussi. L’intrigue est bien menée, et si l’un des gros méchants est grillé illico (parce qu’il est vraiment très méchant), il y a quand même un(e) des antagonistes qu’on avait pas vu venir. Le roman est parfois drôle, de temps en temps surprenant dans certaines thématiques qu’on croise l’air de rien et qu’on attendait pas, et là, c’est chapeau !

Mais j’avoue, je ne l’ai pas trouvé touchant. Et si l’aventure et l’enquête m’embarquent, j’ai du mal à éprouver une quelconque empathie pour cette fillette. Je parviens à être en colère avec elle, à rire avec elle, mais pas à ressentir sa tristesse suite à la perte de son père. La faute à des personnages un peu survolés. Et c’est ce maque de profondeur que je reproche justement aux romans 10-13. On fait la part belle aux intrigues, pour garder le lecteur éveillé, mais pour le reste, développer un personnage est visiblement perçu comme secondaire. Ce qui fait que ces petits gars, c’est plutôt des fonctions (le rigolo, le peureux, l’ami, le combatif, etc.) que de réelles personnalités. Donc ça ne me touche pas.

On ne pourra pas enlever au roman son style et sa traduction, c’est du beau travail. Vocabulaire recherché, jeu sur les sonorités et les rythmes. Non, vraiment, de ce côté, c’est un gros plus ! Une bonne lecture donc, surtout lorsque tout le complot se met en place et se dévoile, mais pas un coup de cœur, parce que j’aurais clairement aimé y trouver plus de profondeur.

Pour info :
éditions Gallimard Jeunesse (traduit de l’anglais par Marie Leymarie), 432 pages, 18€

Publié dans Bouquinade, Roman

Felix ever after (Kacen Callender)

Ami du soir, bonsoir !

Oui, oui, je sais, le billet arrive un peu tard. MAIS… je viens te parler d’une nouveauté parue mi-août chez Slalom, que j’ai reçue de l’éditeur (merci Carole).

Sarakontkoi ?
Felix est un jeune homme réservé et peu sûr de lui, artiste dans l’âme. Il suit des cours d’été dans son lycée pour tenter de décrocher une bourse pour un cursus d’art dans une prestigieuse université. Mais Felix a bien du mal à créer son book. Parce qu’il ne sait plus qui il est. Né fille, il est en pleine transition, sans être certain d’être 100% garçon. Et plus que tout, Felix voudrait trouver l’amour. Peut-on cependant trouver l’amour quand on n’est pas sûr d’en être digne ?

Tenpenskoi ?
Pour commencer, je salue la démarche. Kacen Callender, né femme, a commencé sa transition à 25 ans. Il connait son sujet, et offre au lecteur concerné, comme au lecteur curieux, un témoignage sincère. C’est probablement grâce à ce genre de lecture que le dialogue peut s’ouvrir, que les personnalités peuvent se révéler. C’est aussi la première fois que j’entends parler d’un récit où la personne transgenre est perdue, où, sans remettre en question sa démarche, elle avoue ne pas savoir qui elle est avec certitude. D’habitude, on est plutôt sur un ton revendicatif. Ici, on est en pleine introspection. Un bon point donc pour la démarche.

La palette de personnages est touchante. Felix, dans ses doutes, dans son insécurité, dans sa recherche presque désespérée de sa personnalité. Son meilleur ami Ezra, fort, fragile, tendre. Et leur bande de potes imparfaits, jaloux, compréhensifs. On plonge la tête la première dans une génération en quête de reconnaissance et d’amour, et franchement, c’est chouette. Alors oui, stylistiquement, j’ai déjà lu mieux (le ton est très enfantin parfois), et quelques retournements sont un peu faciles, mais c’est pas non plus la cata, et le roman a vite fait de t’embarquer.

Mention spéciale aux ressources que Kacen Callender nous propose (en anglais), accompagnées par celles, en français, d’Anakin Ponchon (activiste des minorités) chargé de ce qu’on appelle la relecture sensible, pour s’assurer qu’aucune maladresse ou erreur ne subsiste dans le roman. Un roman réfléchi donc, dans son écriture comme dans sa traduction, touchant et libérateur, que je conseille à tous.

Pour info :
éditions Slalom (traduit de l’anglais par Manu Causse), 368 pages, 17,95€

Publié dans Bouquinade, Roman

Lorsque le dernier arbre (Michael Christie)

Ami du jour, bonjour !

Je t’en parle souvent, mais encore une fois j’ai eu la chance de découvrir un roman de la rentrée littéraire grâce au Picabo River Book Club, et aux éditions Albin Michel, bien entendu. Lorsque Léa nous a proposé Lorsque le dernier arbre, j’ai été séduite par la couv’ (la nana superficielle) avant de lire le résumé, et de me dire qu’il était décidément pour moi ce bouquin !

Sarakontkoi ?
2038. La grande majorité des arbres sur Terre sont morts à cause de maladies, de champignons, du changement climatique et de la déforestation massive. Tandis qu’adultes et enfants meurent de la Craquante, une violente toux causée par les poussières qui saturent l’air, le tourisme arboricole fait fureur. Jake Greenwood est guide touristique dans la Cathédrale, une des dernières parcelles de forêt primaire au monde, située sur Greenwood Island, au Canada. Lors d’une de ses visites, elle reconnaît des signes de maladie sur l’un des plus grands pins de l’île…

Tenpenskoi ?
Je ne m’attendais pas à ça ! Je pensais lire une espèce d’enquête, qui aurait un début, un déroulement, et une conclusion, qui proposerait potentiellement une solution à tout ce merdier. Rien à voir. Et pourtant, je me suis laissé embarquer je ne sais trop comment dans la valse des souvenirs. Parce que c’est de ça qu’il s’agit. Le roman commence en 2038 avec Jake, une simple jeune femme écrasée par la dette de son emprunt étudiant, condamnée à voir mourir les arbres qu’elle a étudiés et tenté de sauver. Puis on remonte le temps, pour faire la connaissance de son père, de la mère de son père, et de l’homme par qui tout a commencé, au début du siècle. Et si on nous raconte le monde en filigrane du roman, il s’agit bien d’une histoire à taille humaine. Exit les grands combats pour la liberté, la vie, l’avenir. Ces personnages que l’on suit, la vie ne les a pas épargnés. Et tant bien que mal, au fil de leurs décisions, bonnes ou mauvaises, il se fraient un chemin à travers les guerres, les crises, les catastrophes.

C’est un roman intimiste et discret, fort, violent, qui met l’humain au centre de tout, mais nous montre qu’on a bien peu de contrôle. L’histoire à tout d’une grande tragédie, où les personnages, ballotés par le destin et les coups du sort, se battent contre les courants souvent défavorables. Et s’il ne propose pas de grand remède à la vie, à la destruction et à l’individualisme, il nous propose de continuer à avancer. Dans quel but ? Il ne nous le dit pas. Sa grande force, ce sont ces personnages, des gueules cassées qui avancent parce qu’elles n’ont pas d’autre choix. Qui font avec. Parce que si l’homme est l’instrument de sa propre destruction, il en est également la première victime.

Un roman poignant donc, magistralement bien écrit, dans un style simple, épuré, emprunt de mélancolie. J’avoue que depuis que je l’ai lu, je ne peux m’empêcher d’observer les arbres dont je croise la route, de remarquer leur feuillage parfois clairsemé, et d’éprouver une crainte sourde pour notre avenir… et le leur.

Pour info :
éditions Albin Michel (traduit de l’anglais par Sarah Gurcel), collection Terres d’Amérique, 658 pages, 22.90€

Publié dans BD, Bouquinade

Les Croques (Léa Mazé)

Ami du jour, bonjour !

Causons graphique aujourd’hui, avec une petite trilogie pas piquée des hannetons parue chez un éditeur que je surveille beaucoup en ce moment parce que j’apprécie leur ligne éditoriale ; les éditions de la Gouttière.

Sarakontkoi ?
Les parents de Céline et Colin, les jumeaux terribles, tiennent une entreprise de pompes funèbres ; du coup, ils sont la risée des gamins de l’école, qui les appellent les Croques, sympathique diminutif pour croque-mort. Après une Nième bagarre, les jumeaux sont renvoyés chez eux et consignés à domicile jusqu’à nouvel ordre. Il ne leur reste qu’à jouer dans le cimetière… où ils découvrent d’étranges marques sur certaines sépultures. Ils décident de mener l’enquête. Mais lorsqu’ils font une macabre découverte, personne ne semble disposé à les croire…

Tenpenskoi ?
Une petite merveille. On les aimes ces deux fortes têtes, franchement pas fortiches à l’école, plutôt du genre à avoir toujours une bêtise derrière la tête. C’est d’ailleurs tout le fond du problème : à force de bêtises, leurs parents, épuisés, finissent par ne plus les croire. Le cimetière est un décor inhabituel dans les bandes-dessinées pour enfant et l’aura de mystère qui plane n’en est que plus épaisse. Alors oui, du coup, on a un meurtre. C’est pas sanglant, mais bon, quand même, faut le savoir.

Le dessin est tellement beau ! Léa Mazé a réalisé pour notre plus grand plaisir de magnifiques aquarelles et les a parfaitement mises en cases. La réalisation des planches est tout aussi parlante que le dessin et le scénario. J’ai aimé traverser les grandes planches de silence comme les plus turbulentes. Et non seulement c’est beau et drôle, mais en plus, chacune des BD de la trilogie prend son lectorat très au sérieux. C’est une vraie enquête avec des personnages hauts en couleur. Bref, je ne peux qu’en recommander la lecture. Et encore, je n’ai pas encore parlé du travail de fabrication ! Les couvertures sont superbement ornées d’un titre au fer à dorer et les illustrations sont, encore une fois, à tomber. Bref, un bel exemple de coopération auteur/éditeur (c’est en tout cas l’impression que ça donne) pour une BD récompensée par le prix ACBD.

Pour info :
éditions de la Gouttière
Tome 1 (Tuer le temps) : 72 pages, 13.70€
Tome 2 (Oiseaux de malheur) : 72 pages, 13.70€
Tome 2 (Bouquet final) : 96 pages, 14.70€

Publié dans Albums, Bouquinade

Esther Andersen (Timothée de Fombelle / Irene Bonacina)

Ami du jour, bonjour !

Une nouvelle lecture de l’été, pour petits et grands, où j’ai le plaisir de redécouvrir Timothée de Fombelle dans un album qui a fait boum boum dans mon petit cœur (je rappelle que j’avais émis un avis réservé sur Capitaine Rosalie).

Sarakontkoi ?
Le lecteur fait la connaissance d’un jeune garçon, pas tout à fait adolescent, qui, tous les ans, passe les vacances d’été chez son oncle, vieux bricoleur excentrique. Chaque été, il enfourche son vélo et part explorer les alentours de la maison, perdue dans la campagne. Jusqu’à ce qu’il découvre la mer. Et avec elle, Esther Andersen.

Tenpenskoi ?
Un pur moment de poésie, un instant de grâce suspendu dans le temps. Plonger dans cet album, c’est comme fouiller dans la vieille malle de papy, y découvrir de petits trésors précieux, sans âge et sans prix. Le texte est empreint de nostalgie, d’un brin de mélancolie et de cette poésie chantante qui caractérise les textes de Timothée de Fombelle.

Les aquarelles de Irene Bonacina ne sont pas en reste ! Tantôt fourmillantes de détails (tu te souviens, la malle de papy, toussa toussa), tantôt calmes et paisibles, elles nous bercent tout au long de notre lecture. Beaucoup on évoqué la ressemblance avec le trait de Sempé, et c’est très vrai. Comme chez Sempé, on sent ce parfum d’enfance, ce regard tendre sur des frimousses curieuses. Un délice. Bref, cette lecture a gonflé mon cœur et fait briller dans mes yeux l’étincelle de l’innocence et des premières amours.

Pour info :
éditions Gallimard Jeunesse, 72 pages, 24.90€

Publié dans BD, Bouquinade

Les Bonhommes de pluie (François Duprat)

Ami du jour, bonjour !

On reste dans le graphique avec une nouvelle découverte chez les éditions de la Gouttière (on n’arrête pas une équipe qui gagne) et un sujet peu commun dans la bande-dessinée jeunesse.

Sarakontkoi ?
La jeune Héloïse part en vacances au bord de la mer avec son oncle, sa tante et son petit cousin. Désireuse d’impressionner les autres jeunes du camping, elle accepte de relever un défi : pénétrer dans la maison hantée sur la plage et y voler un trophée. Elle y trouve un sac de voyage qu’elle rapporte dans sa tante. La nuit venue, elle et son cousin sont persuadés d’être poursuivis par des fantômes en colère ; ils décident d’aller rendre le sac, et font une étrange découverte…

Tenpenskoi ?
J’ai peur de trop en dire, et tu devras lire la bande-dessinée pour savoir de quoi il retourne. Le sujet abordé ici est un sujet sociétal d’actualité. Et si la BD ne fait que survoler le problème, en en occultant les parties les moins reluisantes, elle a au moins le mérite de le mettre en lumière (ou en cases :D). Oui, ça fait beaucoup de demi-mots, mais je trouve que découvrir le mystère qui plane sur les vacances d’Héloïse fait totalement partie de l’expérience de lecture.

Le dessin est tout chou, tout doux, et sent bon la mer et les coquillages, les soirées au camping, les copains. Parce que les vacances d’Héloïse, c’est un peu les nôtres aussi. La lecture de la BD chez les plus jeunes devra, je pense, être accompagnée d’explications, d’éclaircissements, et pourquoi pas de petits documentaires sur le sujet (je pense à la collection des Petites Questions, chez Milan, entre autres, qui pourra apporter quelques réponses). Bref, c’est une proposition engagée de l’auteur et de l’éditeur, un angle d’approche original sur un sujet délicat.

Pour info :
éditions de la Gouttière, 64 pages, 13.70€

Publié dans Bouquinade, Roman

The Kissing Booth (Beth Reekles)

Ami du jour, bonjour !

Continuons pour un temps notre tournée des lectures estivales. À l’approche de la sortie du 3e opus sur Netflix, je te propose de découvrir ce que j’ai pensé de ma lecture de The Kissing Booth. Et franchement, je ne le dis pas souvent, mais… le film est mieux.

Sarakontkoi ?
Elle et Lee sont amis depuis leur plus tendre enfance. Pour la fête du lycée, ils décident de proposer un stand à bisous. Un imprévu force Elle à animer le stand ; parmi les garçons qu’elle doit embrasser se trouve Noah, le grand frère de Lee, dont elle est secrètement amoureuse depuis des années. Ce premier baiser fait naître de nouveau sentiments entre les deux adolescents, qui cachent leur relation naissante à Lee. Parce que, pour Lee, Noah + Elle, c’est impossible…

Tenpenskoi ?
Franchement ? Aucun intérêt. Cela dit, j’avoue que mon avis est tout à fait biaisé par le fait que le film Netflix est vraiment cool. La relation complice entre Lee et Elle ? Disparue. Leur amour du Dance Dance Revolution ? Envolé. La tension entre Elle et Noah ? Bof bof. Franchement, en dehors des passages de léchouillage de face et le fait qu’Elle trouve Noah « trop beau », il ne se passe pas grand chose. Elle est naïve, parfois franchement bêbête. Le roman manque cruellement de bienveillance envers ses personnages qui sont un ramassis de clichés. Là où le film n’hésite pas à évoquer un certain éveil sensuel, on trouve une gamine prude. Toute la profondeur du personnage de Noah, son combat perpétuel contre la violence qu’il contient, tout ça, poubelle. C’est un simple jeu de cache-cache avec Lee qui s’installe.

Le style est inexistant, le roman est même parfois vulgaire. Bref, je n’ai pas grand chose de plus à dire si ce n’est : regardez les films sur Netflix et lisez Quatre filles et un jean si vraiment vous voulez des dilemmes adolescents, une découverte du corps, de la sexualité, une recherche profonde sur ce qu’on aimerait devenir plus tard… parce que là, franchement, c’est raté.

Pour info :
Traduction : Brigitte Hébert
Grand Format : éditions Hachette Romans, 288 pages, 15.90€
Poche : Le Livre de Poche Jeunesse, 288 pages, 5.90€