Publié dans Le mot du jour

Le mot du jour

Aujourd’hui, spéciale dédicace à un pique-nique sur les bords de Seine à aborder des sujets débiles, comme le nom d’un présentateur radio (Christophe Nicolas en l’occurrence) aidant à mémoriser les prénoms de deux personnes (ce qui me fait penser à une remarque judicieuse qui m’a été faite : Jean-Louis David a trois prénoms, c’est stupide !). Bon, j’ai l’esprit nébuleux ; finies les private jockes, je pense que les destinataires de ce billet tardif se sont reconnus.

Le mot du jour : mnémotechnique.

Le mot en lui-même n’est pas très intéressant. Le TLFI nous en donne la définition suivante : qui relève de la mnémotechnie. C’est super utile. Alors qu’est-ce ce la mnémotechnie ? Eh bien sachez que c’est ce qu’au moins 70% des français appellent couramment la mémotechnique (erreur courante de langage). Il s’agit de l’ensemble des méthodes destinées à faciliter les opérations de mémoire. VOus savez, ces trucs qu’on se donne pour retenir des dates en histoire, la liste des courses, un poème, le nom de sa future petite amie. Du grec ancien μνημονικός  (mnêmonikós, « de mémoire »), lui-même tiré de μνήμη (mnếmê, « souvenir »). Je vous épargne le rapprochement fait par Wiki avec la chef des Muses, Mnémosyne, d’abord parce qu’on s’en fiche, et ensuite parce que je ne saurai pas vous expliquer l’intérêt d’un tel rapprochement (pour ceux qui suivent le mot du jour, ce que je viens de faire est une prétérition… je vous laisse chercher).
On retrouve d’ailleurs la même racine dans le mot amnésique : le a– a fonction privative (il nie). L’amnésique est celui qui n’a plus de mémoire.

Sur ce, je m’en vais piquer un petit roupillon. Oh, et avant que j’oublie : bonne nuit !

Publié dans Bouquinade, Roman

Les malheurs de Millie Plume (Jacqueline Wilson)

Et encore un cru de Gallimard Jeunesse, le genre de truc qu’on ne s’attendait pas franchement à lire, mais sur lequel on tombe par hasard dans un rayon de librairie. Le résumé fait tilt, et c’est parti.

1876, Londres. Milie Plume est une enfant abandonnée, très chétive, mais pleine de vie. Elle a passé les premières années de sa vie dans une famille adoptive, à la campagne, où elle a été choyée et soignée. Elle y a aussi forgé le rêve de rejoindre celle qu’elle croit être sa vraie mère dans un cirque. Mais à cinq ans, elle doit retourner à l’hôpital des Enfants-Trouvés. Et elle ne s’y fera pas que des amis. Ses rêves s’effondrent peu à peu, au fil des années et des rencontres, mais la détermination de Millie la mènera loin…

Comme je le disais, une histoire bien sympathique et des personnages on ne peut plus attachants (d’autant plus qu’il s’agit d’enfants). Le processus d’identification fonctionne à merveille, et nous voilà à détester ces pestes du dortoir, les maîtresses de mauvaise foi, les nurses glaciales et les règles injustes. Mais au fil de ce livre, on apprend à grandir, les grands comme les petits, et à voir que même si la vie n’est pas facile et qu’elle paraît injuste, elle vaut tout de même le coup.

Quelques longueurs au début peut-être, et comme son personnage, l’auteure ne peut s’empêcher de partir dans ses divagations (je pense que c’est exprès). Cela dit, la magie opère…

Pour info :
Gallimard Jeunesse, coll. Hors Série Littéraire, 349 pages.

Publié dans Le mot du jour

Le mot du jour

Un petit mot simple pour reprendre le rythme (promis, je vous en trouve de plus excitants la prochaine fois). On fait avec ce qu’on a !

Le mot du jour : énorme.

Probablement issu du latin ex, « en dehors de », et normis, « la norme », énorme ne désigne pas seulement les pachydermes et autres américains obèses (non, là je suis méchante). En effet, il s’agirait plutôt de désigner des choses extraordinaires, dans le sens premier du mot, c’est à dire qui sortent de l’ordinaire, de l’ordre.
Alors, voyons, qu’est-ce qui peut être énorme ? Eh bien, ce qui est très grand, plus grand que la taille moyenne, est énorme. Si l’on va par là, alors tout ce qui est un peu étrange (idiot, pour ceux qui suivent le mot du jour) l’est aussi.
Le TLFI nous donne également la définition suivante : soit qui est d’une extrême gravité (une énorme erreur). Ou bien au contraire, quelque chose qui est hors du commun, remarquable par ses qualités, ses mérites (on peut dire d’un tableau de taille normale qu’il est une énorme œuvre d’art, par exemple). Vous l’aurez compris, il  ne s’agit pas de taille, mais de représentation par rapport à la norme.
Et pour approfondir, sachez que le mot norme – qui soit dit entre nous est purement statistique, et ne porte pas de jugement de valeur : le plus grand nombre l’emporte simplement – la norme, disais-je, vient du latin norma, qui signifie dans un premier temps la règle, l’équerre, et dans un second temps, la loi.

Avec tout ça, on a intérêt à filer droit…

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Terrienne, J.-C. Mourlevat

Une incontournable nouveauté de chez Gallimard Jeunesse, la couverture m’a tapé dans l’œil, même si l’histoire, au départ, m’a laissée perplexe. Et puis, en jeune étudiante appliquée, je me devais de me familiariser avec le catalogue de la maison où je suis maintenant en stage pour 4 mois…

Crédit couverture : Patrick Léger pour Gallimard Jeunesse (modèle : Laure)

Sarakontkoi ?
C’est l’histoire d’une jeune femme, Anne, dont la sœur a disparu le jour de son mariage. Anne savait que quelque chose clochait avec le marié. Elle décide de se lancer à sa recherche un an plus tard, lorsqu’elle reçoit un étrange SOS via son poste radio. Le roman commence alors que Anne rencontre Etienne Virgil, un écrivain vieillot sur le déclin qui la prend en stop. M. Virgil est intrigué par cette jeune fille et par son histoire, dont il va bientôt faire partie lui aussi. Avec Anne, il va passer de l’Autre Côté, dans une sorte de monde parallèle, aseptisé, ou personne ne respire, ne rit, où rien n’a de goût, d’odeur, où tout obéit à une logique implacable. Où l’on ne meurt que lorsque l’ennui nous emporte et que l’on décide de « s’asseoir » et de se résigner avant d’être euthanasié et brûlé. Où les Terriens ne sont qu’un mythe…

Tenpenskoi ?
Un thème universel joliment traité. Et le lectorat est loin d’être sélectif : vieux, jeunes, garçons, filles, nous sommes tous concernés. Pas de morale à deux francs six sous sur l’écologie ou l’amour et l’amitié. Mais tout se dépeint en négatif tout au long de cette aventure haletante où le lecteur comprendra seul combien chaque son, chaque goût, chaque odeur et chaque sensation, toute gratuite qu’elle soit, n’en est pas moins inestimable, précieuse.

Avec juste ce qu’il faut d’aventure, de suspens et d’émotion, Mourlevat nous fait passer son message : notre maison n’est pas parfaite, elle est sale, elle pue. Mais c’est chez nous, et c’est cette imperfection qui la rend belle. Les personnages, attachants et parfois décalés, nous racontent une histoire, leur histoire et la nôtre un peu aussi. La fin est ouverte, faites votre choix. À lire !

Pour info :
Gallimard Jeunesse (Hors série fiction), 400 pages.