Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

Origine (Dan Brown)

Ami du jour, bonjour !

Eh non, je ne lis pas plus que d’habitude dans les faits, mais tu vois, le livre audio a ça de bon que tu peux faire autre chose tout en avançant dans tes lectures. Du coup, ces dernières semaines, c’était Le Compte de Monte-Cristo au boulot (que j’ai chroniqué il y a quelques jours) et Origine dans la voiture et à la maison.

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Sarakontkoi ?
Robet Langdon a définitivement la poisse, à se trouver là où il ne faut pas. Son ami et ancien étudiant, le futurologue Edmond Kirsh, a lancé un buzz et s’apprête à donner une conférence qui changera la phase du monde. Il a réussi  répondre de manière empirique à deux questions fondamentales que se pose l’humanité : d’où venons-nous ? Où allons-nous ? Réponses qui pourraient bien donner un bon coup de pied dans les fourmilières des religions et anciennes croyances scientifiques. Mais tout ne se déroulera pas comme prévu…

Tenpenskoi ?
Perso, Dan Brown m’avait séduite avec Da Vinci Code et Anges et Démons, que j’avais totalement adorés. Il m’avait presque convaincue de la véracité de son histoire, et les récits avaient tous les deux un certain rythme qui m’avaient scotchée au bouquin. Je n’en avais pas relu depuis, je l’avoue. Alors quand je suis tombée sur la version audio d’Origine en médiathèque, je me suis dit que c’était l’occasion. Et pour le coup, parfois, il vaut mieux rester sur sa première impression.

Je m’explique : les romans de Dan Brown sont indubitablement très bien documentés, ce qui les rend crédibles, pour moi en tout cas, lectrice néophyte sur la question. La réflexion philosophique, scientifique, religieuse m’a beaucoup plu et m’a interpelée, ce qui n’est pas négligeable. J’aime aussi cette ambivalence de Brown, qui attaque les religions à travers ses antagonistes (parce que oui, il s’agit souvent d’une opposition Histoire / religion ou science / religion), mais modère ce propos grâce à son personnage principal, Langdon, et au dérouler de son histoire. On a donc une réflexion que je trouve posée, qui ouvre la voie au débat, mais surtout à la tolérance et à l’ouverture d’esprit. Ca, c’est pour le côté cool. On tombe également de temps à autres, et c’est le cas ici, sur des personnages touchants, très bien écrits.

Pour le reste, bien que le roman soit rythmé, je l’ai trouvé long. Pas dans son histoire, mais dans la manière dont elle a été écrite. Finir les chapitres sur un effet suspens, c’est cool sur quelques chapitres, ça donne envie de continuer. Mais finir TOUS ses chapitres là-dessus, ça a quelque chose de lourd. À des moments, ça m’a gonflée, j’ai failli arrêter. Et puis là, on te promet THE révélation, qui va changer le monde, détruire les religions bla bla bla. On t’en parle tellement tout le bouquin que quand tu apprends de quoi il s’agit, tu te dis que oui, c’est intéressant… mais décevant et clairement pas à la hauteur de l’attente. Et puis tout le temps répéter, comme un mantra, les deux questions « d’où venons-nous ? Où allons-nous ? » Oui, j’ai compris, merci. Oui, toutes les œuvres citées ont un rapport avec l’origine et le futur, et c’est chouette, c’est bien trouvé, mais là, c’est surtout chiant.

Un mot sur le lecteur (comme quoi, un bon lecteur sur un livre audio, c’est méga important) : lecture claire et posée, rythmée. Mais je n’ai pas aimé. C’était trop rythmé et surtout trop rythmé toujours pareil. Du coup, tu n’entends plus que ça à la longue.

Pour conclure, Dan Brown qui caricature Dan Brown pour moi… je n’ai qu’un mot à dire : dommage.

Pour info :
Grand format : éditions JC Lattès, 576 pages, 23€
Format Poche : éditions Le Livre de Poche, 576 pages, 8,70€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Le Fléau (Stephen King)

Ami du jour, bonjour !

Si tu jettes un œil sur mon compte Instagram, tu auras suivi un peu mes pérégrinations concernant la lecture du Fléau de Stephen King, initiée par Lemon June.

Je ne te fais pas attendre plus longtemps cette chronique que j’ai déjà suffisamment retardée. Comment veux-tu que je te parle en 3 paragraphes d’une œuvre aussi riche ?

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Sarakontkoi ?
À la fin du printemps 1990, suite à une micro-erreur informatique, un virus génétiquement modifié se propage aux États-Unis et dans le monde, tuant plus de 99% de la population. L’instinct des survivants les pousse à rechercher leurs pairs dans le cimetière à ciel ouvert qu’est devenu le pays. Puis il faut tout reconstruire. Trouver d’autres solutions ? Faire mieux ? Ou tout rebâtir comme avant ? Deux parties s’opposent, que les protagonistes appellent le Bien et le Mal. Tout est-il si manichéen ?

Tenpenskoi ?
Avant de te faire un topo, laisse-moi te dire que cette lecture fut éprouvante. Pas parce qu’elle avait cette image « horreur » qui colle à la peau de Stephen King, mais parce que, ayant lu la version rééditée et augmentée de plusieurs centaines de pages, j’ai pu suivre l’auteur jusqu’au plus profond de son récit. Si c’est très souvent instructif et immersif, c’est aussi parfois pénible, à l’image de la vie qu’essaient de reconstruire les personnages. Une semaine pour lire le premier, qui est une course contre la maladie. Un mois et demi pour lire le second, qui relate l’après, les hésitations, les doutes.

Dans la première partie, c’est la fuite. Loin de la maladie. La fuite vers un ailleurs qu’on ne connaît pas, loin d’un ennemi qu’on ne voit pas. La terreur de ne pas savoir si notre tour viendra. Puis la résignation. La longue marche vers l’espoir.

Après, dans ce monde post-apocalyptique, on survit. Mais aussi cruel que cette pensée puisse paraître, n’est-ce pas également une chance de tout recommencer ? De faire mieux ? Peut-on faire mieux ? Ne sommes-nous pas programmés pour en arriver inéluctablement à détruire ? Nous détruire ? Détruire notre environnement ? Faut-il reconstruire un système politique ? Vivre éloignés de toute civilisation ?

L’un des personnages, professeur de sociologie, fait cette remarque très intéressante :

« Peut-être n’est-il que le dernier magicien de la pensée rationnelle, celui qui rassemble les outils de la technologie contre nous ».

Et je pense que c’est le cœur du débat. L’homme peut-il retourner à l’état de nature ? Se débarrasser de sa rationalité, de la technologie qu’il a construite avec ? Le Mal est-il le Mal ou bien un penchant rationnel de l’être humain ? Et paradoxalement, c’est ce côté rationnel qui détient la Magie.

La fin est un parfait mélange de l’espoir et de l’inéluctabilité, qui laisse au lecteur le choix de voir le verre à moitié plein, ou à moitié vide. Je vous laisse en juger par vous-mêmes. Mais je vous préviens : la lecture de cet ouvrage n’est pas une promenade de santé.

Je te laisse le lien vers la vidéo de Lemon June (l’instigatrice de cette lecture commune) :

Pour info (pour ma version) :
Tome 1 => Le livre de poche, 764 pages, 9,20€
Tome 2 => Le livre de poche, 795 pages, 9,10€