Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Les Extraordinaires, T1 (T.J. Klune)

Amis du jour, bonjour !

Quand l’enthousiasme ressenti à l’écoute du roman d’un auteur te donne envie de bouffer la totalité de son œuvre, c’est plutôt bon signe. Et j’avoue que dans le cas de T.J. Klune, si je me délecte de sa plume, je ne boude pas mon plaisir face au talent de ses narrateurs dans les versions originales (d’ailleurs, je vais pousser les recherches, je ne sais pas s’il ne s’agit pas toujours du même gars… et pour vous c’est en direct mais pour moi c’est 15 minutes après, il s’agit des excellents Daniel Henning et Michael Lesley, et rien que pour leur talent vocal, la VO vaut le coup). Bref ! Me voici donc lancée dans une nouvelle série de l’auteur.

Le Pitch :
La ville de Nova City est protégée par des êtres aux pouvoirs extraordinaires (d’où leur nom : les Extraordinaires). Nick, un ado atteint de TDAH (trouble de l’attention avec hyperactivité) guette leurs apparitions, et notamment celle de Shadow Star, le héros de ses fan-fictions, pour qui il est prêt à tout, même à tenter de devenir lui-même un Extraordinaire, quitte à se mettre en danger.

Mon avis :
Ayant eu un aperçu de ce que pouvaient être les romances ado/jeunes adultes gays chez l’auteur avec Les Contes de Verania (oui, un roman de T.J. Klune amène toujours à un autre…), j’ai eu très envie de tester cette histoire de super-héros (bah ouais, j’aime bien aussi, j’ai eu ma période Marvel avant que ça parte en sucette). Et en fait, je me rends compte que si les contextes de ses romans sont très différents, fourmillants de détails — tantôt anecdotiques, tantôt croustillants — c’est toujours ces familles choisies, ces found families, qui les rendent si savoureux.

Le sexe n’est jamais tabou (ni d’ailleurs l’homosexualité, qui n’est jamais questionnée). Dans le cas présent, il est même question d’un père veuf qui se renseigne sur les rapports homosexuels pour éduquer son fils (scène hilarante au demeurant). Ça c’est une situation saine ! Des questionnements, des moments d’embarras, de « comment qu’on fait ? »

Au-delà de ça, je suis plongée dans une intrigue que je trouve très cool, réhaussée, ne le cachons pas, par l’hyperactivité de Nick. On ne rit jamais de lui, mais on ne peut s’empêcher de sourire devant son énergie et son optimisme, ses idées foireuses et j’en passe. En bref, je trouve qu’on touche à la quintessence de ce que devrait être un roman pour adolescents : des thématiques réfléchies distillées dans un univers original et personnifiées par des personnages bien caractérisés. Un petit bonbon !

Pour info :
éditions De Saxus, trad. d’Isabelle Troin, 496 pages, 18.90€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Le futur ne sera pas (Bleuenn Guillou)

Amis du jour, bonjour !

Aujourd’hui j’écris un billet que je préfèrerais ne pas rédiger, parce que c’est un avis mitigé sur le roman d’une autrice que j’apprécie. Mais enfin on ne peut pas plaire à tout le monde…

Le Pitch
Le jour où l’Oracle prédit que la Salamandre causera la fin de tous les Supers-héros, les dirigeants de la ligue mettent en place une équipe restreinte pour l’empêcher d’agir. Contrainte de fuir, Mila fait éclore dans son sillage les graines du doute. Et si la fin du monde ne venait pas d’où on l’attendait ?

Mon avis
C’était probablement l’un des romans chez Slalom qui m’intriguait le plus cette année (en dehors de Maëlle, TMTC). Grande fan des Extraordinaires, de T.J. Klune, nourrie de Loïs et Clark gamine, j’ai même rencontré mon époux à l’occasion d’un visionnage arrosé d’Iron Man 3 ! Du coup, forcément, les super-héros sont une part importante de ma propre culture. Bleuenn expliquait dans un live qu’elle ne les portait pas particulièrement dans son cœur, préférant donc les faire tomber de leur piédestal. J’entends tout à fait cet argument, et c’est d’ailleurs tout le propos de séries comme The Boys, ou des romans comme La Vie sexuelle des super-héros qui traitent de la déchéance de ces surhumains… Perso, j’avais beaucoup aimé Les Indestructibles 2, qui tenait un discours similaire mais plus mesuré. Bref.

Ici, je me suis dit « la fin vient de l’intérieur, trop cool » ! Dans l’idée, vraiment j’ai trouvé ça super. Je ne peux pas trop en dire, mais la clef du grand final est ingénieuse et inattendue. J’aime la fin en demi-teinte, le fait que personne ne soit tout blanc ou tout noir. En gros, tout le déroulé. Le style est simple mais efficace. Non, le problème, ce n’est pas ça. Le fait est que je n’ai pas aimé les personnages. Pas que je les aie détestés, mais je n’ai pas réussi à m’y attacher. Ils sont pour moi restés des outils, aux secrets pas très bien gardés, et le point de vue interne qui saute de personnage en personnage n’a pas aidé. Être dans la tête de tout le monde, ça ne rend service à personne. J’aurais préféré un point de vue externe ou unique, et là, les soupçons et suppositions que chacun fait sur les autres aurait eu du sens. Tout ce qui est long n’est pas forcément bon, et quand on tourne autour du pot, ça a tendance à jouer avec mes nerfs.

En conclusion, j’ai trouvé les idées brillantes, et le tout prometteur, mais j’ai eu comme un goût d’inachevé parce que les personnages n’ont pas réussi à me convaincre. La faute à un point de vue que j’aurais préféré plus recentré, ce qui aurait permis de moins s’éparpiller, et aurait surtout évité d’avoir cette impression qu’on tirait sur l’élastique… Mais c’est un ressenti très personnel.

D’autres on beaucoup aimé, notamment Les lectures de Floriane, VDBook, ou encore Abrrracadabra.

Pour info :
éditions Slalom, 400 pages, 18.95€

Publié dans BD, Bouquinade

Mystery, journal d’un super-héros (Ced / Stivo)

Ami du jour, bonjour !

Tu en as assez de la grisaille quotidienne, des orages à répétition ? Le seul qui pense à t’envoyer des petits textos, c’est ton fournisseur d’accès pour te dire que couper ta box serait plus prudent (merde, et Netflix alors !) ? Tu as beau sortir ton joli parapluie et te dire qu’enfin les nappes phréatiques vont se remplir, ça ne te console pas pour autant ? Et enfin, ça fait 15 jours que tu ne peux pas tondre ton gazon, alors tu t’attends à trouver Tarzan dans ton jardin ? Welcome mon ami, bienvenue ! Je t’offre un moment de détente.

Allez, viens !

mystery

Sarakontkoi ?
Chicago, 1938. Jerry est journaliste. Non, pour être plus exacte, il s’occupe du bulletin météo d’un grand quotidien… et il protège sa collègue, Miss Muffin, préposée au courrier, qui visiblement a écopé de toute la poisse du monde. Sa petite vie est tranquille ; il lui suffit de sauter au-dessus des nuages pour établir ses prévisions météo. Parce que, oui, Jerry a deux ou trois aptitudes inhabituelles… qui lui seront des plus utiles lorsqu’il se mettra à pleuvoir des dinos. Sa tranquilité chérie risque d’en prendre un coup…

Tenpenskoi ?
J’ai beaucoup ri. On a tout de même un super-héros qui décide de prendre pour emblème un point d’interrogation peint à la va-vite sur ton t-shirt… à l’envers, of course. Mystery se lit comme une intégrale de comics. Pour ceux qui ont lu les premiers Iron Man, c’est exactement ça ! Les couvertures des comics s’intercalent entre les différentes parties de l’histoire. Mon cher et tendre me faisait d’ailleurs remarquer que, comme dans les comics, la couverture fait partie intégrante de l’histoire.

C’est bourré d’humour potache et de jeux d’esprit. Les balbutiements d’un super-héros tout neuf, c’est un sujet qui s’y prête bien. Et puis, au-delà de ça, on a les références multiples, tant dans la narration que dans la mise en page, à l’univers comics. Le dessins est résolument moderne, coloré. Chaque personnage a sa voix, pour au final écrire une aventure unique. Un bel hommage à la BD de super-héros, et un bon moment de lecture.

J’en profite pour vous inviter à jeter un œil au catalogue de Makaka éditions, qui fait des BD extra, aux concepts souvent originaux, pour petits et grands. C’est souvent drôle, parfois mordant (au sens strict comme au figuré). En tout cas, c’est soigné, et ça change des 48 pages franco-belges.

La rédactrice n’a reçu aucun pot de vin pour cet éloge, elle ne connaît même pas ces gens d’abord (ndlr).

Pour info :
éditions Makaka, 96 pages, 17€