Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique), Roman

La Maison aux sortilèges (Emilia Hart)

Amis du jour, bonjour !

J’aime qu’on me conseille des bouquins, mais surtout, j’aime aimer les bouquins qu’on me conseille. C’est le cas ici, alors forcément, je suis heureuse de vous en parler !

Le Pitch :
Trois femmes. Trois époques. Mais toujours le joug des hommes. Légal. Familial. Physique. Trois cris à travers les époques ; d’une femme accusée de sorcellerie à l’originale de la famille, jusqu’à la femme soumise qui ose enfin dire stop. La fin d’une boucle, le début d’une histoire.

Mon avis :
J’ai toujours très peur de ce genre de récits. Ils sont souvent violents, et entendre les cris de détresse d’êtres innocents, ressentir dans mes os l’injustice qu’ielles subissent me met souvent en PLS puis en rage, physiquement. Sincèrement, c’est pas beau à voir.

Alors forcément, quand on me dit que ce n’est pas un destin brisé mais trois que je vais devoir me farcir, j’ai juste envie de pleurer. On me dit aussi que le roman est fort et qu’il vaut le coup. Bon, ok, je m’y jette. Et quelle réussite ! Si effectivement certains passages m’ont fait monter la bile dans la gorge, le rouge aux joues, les larmes aux yeux, je n’ai jamais autant souri, ni entamé le bitume des trottoirs d’un talon si victorieux qu’en écoutant ce roman. Toute cette rage qui se déchaîne, ces trois femmes qui relèvent les yeux au pire moment. La parole qui se libère, et surtout la force intrinsèque de chacune…

Le tout porté par un style doux, qui sait se faire factuel, urgent, implorant… Chaque femme a sa voix, une voix de son époque. Je n’ai rien à redire. Je ne peux que vous le conseiller, et garder en mémoire toutes ces femmes que nous devons être aujourd’hui. C’est un régal !

Pour info :
éditions Les Escales, trad. de Alice Delarbre, 504 pages, 2023

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Les Ensorceleuses (Alice Hoffman)

Amis du jour, bonjour !

Si vous ne l’avez pas encore compris, il m’arrive d’être un pigeon. Ici un joli livre, là un trope un peu hypé, ou encore une lecture de saison — je vous le donne en mille — automnale. Bref, comme toute instagrameuse qui se respecte, bien entendu, je regarde Les Ensorceleuses, avec Nicole Kidman et Sandra Bullock (que j’adore, oui).

Le Pitch :
À la mort de leurs parents, Sally et Gillian sont recueillies par leurs tantes, deux vieilles filles, un peu sorcières. Tandis que Gillian, dénuée de pouvoir, semble beaucoup s’intéresser à la magie, sa sœur aînée, dotée de grands pouvoirs, n’aspire qu’à une vie normale. En grandissant, Sally s’attire de plus en plus d’ennuis, jusqu’à une nuit fatale, où les bagages qu’elle traîne sont devenus trop lourds…

Mon avis :
Je vais être très brève ici, parce que je n’ai franchement pas grand chose à dire. Clairement, j’adore le film… mais le livre est pour moi sans intérêt. La narration est incroyablement décousue, passant de souvenirs d’enfance ou d’adolescence à leur vie d’adultes. Tout n’est qu’enchaînement d’anecdotes ; dès que je commençais à entrer dans l’histoire, le roman passait immédiatement à autre chose. Résultat : zéro attachement à des personnages que j’aimais pourtant déjà beaucoup, des adolescentes détestables (bouh la gamine de Sally), un inspecteur qui manque de charme…

Le roman construit des ponts, des liens, sans réellement se demander si moi, lectrice, je visualise. Bref, le film a pris un matériau brut pour en faire le bijou de nostalgie que l’on connaît. Amoureux.ses de Sally et Gillian, contentez-vous du film, ne perdez pas votre temps avec le roman.

Pour info :
éditions Flammarion, trad. Marie-Odile Masek, 252 pages, 1999

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Le Lien maléfique (Anne Rice)

Amis du jour, bonjour !

En ce moment, je vous parle beaucoup des lectures que nous avons sélectionnées pour le club de lecture (c’est normal, c’est tout de même un livre par mois). Ce billet ne fait pas exception, mais ce roman-ci a traîné plus de 5 mois !

Le Pitch :
Ce roman raconte-t-il l’histoire de Rowan Mayfair, retirée à sa mère folle alors qu’elle n’était qu’un bébé, aujourd’hui grande chirurgienne douée d’un étrange pouvoir sur les corps ? Ou est-ce celle de Mickael Curry, architecte ayant frôlé la mort, à demi-fou depuis parce qu’il a hérité du pouvoir de lire les gens et les objets en les touchant ? C’est peut-être aussi l’histoire d’Aaron Lightner, qui les surveille discrètement et qui étudie avec son organisation, le Talamasca, l’histoire de la famille Mayfair…

Mon avis :
Pour commencer, lorsqu’on publie un roman si dense, il devrait être interdit d’en supprimer les marges ! Oui, je te regarde Pocket… Physiquement, ce roman était une purge à lire. Ce défaut a d’ailleurs légèrement contribué à la lenteur de mon avancée. Heureusement, les nouvelles éditions sont plus digestes ! Mais dans le texte, que vaut-il ?

Ce n’est pas pour rien que mon résumé est si nébuleux et évoque plusieurs personnages. Le roman s’ouvre sur le médecin responsable du traitement de Deirdre Mayfair, un patiente folle rendue docile par la lourde médication qu’il lui administre ; entourée d’une étrange présence qui semble vouloir la protéger, elle fait naître chez le médecin un sentiment de malaise. Puis focus sur Aaron Lightner, mystérieux personnage entre deux âges qui semble interroger tous ceux qui s’approchent des Mayfair. Puis c’est l’histoire entière de Mickael Curry qui est décortiquée… Bref, vous l’aurez compris Anne Rice va au fond des choses, tout a une histoire, une généalogie, et rien n’est laissé de côté. Au quart du roman, tu n’es toujours pas très sûr.e de l’histoire que l’on cherche à te raconter.

C’est bien plus qu’un, roman, c’est une investigation complète sur chaque être humain qui a côtoyé la famille Mayfair, et au sens propre puisque le dossier Mayfair est entièrement compris dans le roman. Oui, oui, les treize générations. Ainsi que l’histoire des agents du Talamasca qui ont contribué à sa rédaction. C’est un très gros morceau, et il vaut mieux être préparé.

De même, Anne Rice ne fait pas semblant de parler de sorcellerie, de possession. On ne fait pas dans le joli, dans le ouaté, pas de livre des ombres, de sortilèges, pas de coven de sorcières ni de fioritures magiques. La magie est pouvoir, elle fait partie intégrante des descendantes Mayfair. Et cette descendance se travaille, les gènes se purifient par l’inceste, les relations intrafamiliales. Et là, j’ai perdu la moitié du lectorat, mais je n’en ai pas terminé. Il n’est pas question de s’insurger contre ces pratiques, ce n’est pas le sujet du livre, dont le ton reste froid et professionnel, extérieur aux horreurs que vivent ceux qui s’opposent à l’esprit qui protège les femmes Mayfair.

C’est complexe, tortueux, mais ça a cette authenticité, ce truc qui pourrait te faire croire que tout est vrai. Parce que le roman ne cherche pas particulièrement à être beau, divertissant ni conventionnel. Bref, une lecture que, même si je l’ai trouvée laborieuse, j’ai beaucoup appréciée, ne serait-ce que pour l’écriture, les recherches et le reste de la montagne de taf que le roman a dû demander. Vous l’aurez compris, je ne le conseille pas à tout le monde. Il faudra s’armer de patience et de curiosité, c’est le seul moyen d’arriver à bout de cette brique !

Pour info :
Grand format : éditions Robert Laffont (1992), trad. Annick Granger de Scriba, 731 pages
Poche : éditions Pocket (1999), trad. Annick Granger de Scriba, 763 pages