Ami du jour, bonjour !
Tu vois, je me dis que la vie est super bien fichue tout de même. Hier, je te parle de BD, de sa place dans le monde du livre, et aujourd’hui, POUF, je te cause d’une BD qui vient justement illustrer mon propos ! Magique…
Celle-ci, c’est sur les conseils de Pénélope Bagieu, via ses chroniques de BD pour Madmoizelle, que je l’ai empruntée à la médiathèque. Parce que, franchement, je ne pense pas que je me serais arrêtée dessus. Et ça aurait été une erreur (rho, flûte, je spoile mon propre billet).

Sarakontkoi ?
Chester Brown partage avec nous sa vision du couple, du mariage, du sexe, mais surtout, son point de vue sur la prostitution. Cet ouvrage est totalement autobiographique. Après sa rupture avec sa petite amie, Chester se rend compte qu’il ne souhaite pas de relation de couple. Mais si ce ne sont pas les relations amoureuses qui lui manquent, ce sont bien les relations sexuelles. Il ne souhaite pas s’engager émotionnellement, mais ne peut et ne veut pas renier ce besoin. Une solution s’offre alors à lui : faire appel à des professionnelles du sexe tarifé.
Tenpenskoi ?
La prostitution est un sujet qui divise. Et c’est un vaste sujet, j’ai peur de ne pas pouvoir dire tout ce que j’ai à te dire. Tu as beau avoir l’esprit ouvert, souvent, tu tiques. Chester Brown, ici, nous dépeint une simple réalité, un fait : il est seul, il ne souhaite pas s’engager. Il n’est pas pervers, simplement, le contact charnel lui manque. Est-il répréhensible de pouvoir, légalement (Chester vit au Canada), contre une rémunération correcte, assouvir cette envie ? Oui, parce que, au Canada, il faut savoir que la prostitution est légale (dans certaines conditions qu’il explique très bien).
C’est un ouvrage fort, qui ne crie pas au visage de ses lecteurs.
- Le trait est simple, les visages peu expressifs : Chester Brown nous présente une froide réalité : la sienne, celle d’un homme pragmatique, droit dans ses bottes, et ça, j’ai aimé ;
- le respect des femmes, de ses amis, pondère le sujet. Ces femmes, on ne voit pas leur visage, et on ne sait de leur vie que ce qui a un rapport avec la prostitution. Le secret est respecté ;
- à la fin du livre, Brown nous propose des appendices, qui clarifient son propos, et qui éclairent notre lecture (loi, morale, opinion, etc.).
Je partage personnellement son point de vue qui consiste à dire que si une femme souhaite faire commerce de son corps, l’en empêcher va à l’encontre de ses droits fondamentaux. En dehors de la morale puritaine de ses détracteurs, la prostituée ne fait de mal à personne, et la stigmatiser ne fait que renforcer son insécurité, parce qu’elle se prive de l’aide des forces de l’ordre, de celle de ses proches, par peur des remontrances. Accompagner plutôt que d’accuser et de punir, c’est le B-A BA de ce qu’on apprend depuis tout petits.
Seule ombre au tableau : exposer un point de vue, je suis d’accord (d’autant que j’en partage certains aspects). Mais faire de son opinion une vérité universelle en induisant que ceux qui pensent comme tout le monde ont tort, je dis stop. Ce n’est pas aprce que Chester Brown ne croit pas en la monogamie et en l’institution du Mariage qu’il doit affirmer que l’homme n’est absolument pas fait pour ça. Lui ne l’est peut-être pas, mais si moi je choisis de vivre selon ce principe en mon âme et conscience, je ne suis pas pour autant un faible mouton de la morale.
Enfin, si le sujet t’intéresse (et même si tu souhaites ouvrir ton esprit), je te recommande grandement cette BD. D’ailleurs, je te mets la vidéo de Pénélope, histoire de…
Pour info :
Cornelius Editions, 280 pages, 25,50€ chez ton libraire (gratuit dans la médiathèque)