Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Mathieu Hidalf (Christophe Mauri)

Amis du jour, bonjour !

Si certains d’entre vous suivent la page Facebook en même temps que le blog, vous aurez remarqué qu’à l’occasion du festival jeune public Puy de Mômes (organisé par la ville de Cournon d’Auvergne), je ressors chaque jour de mes tiroirs une de mes lectures jeunesse favorites.

Aujourd’hui ne fait pas exception, mais je refais également un billet, parce qu’il s’agit non pas d’un livre, mais d’une série. Je veux bien entendu parler de Mathieu Hidalf.

Donc, bien que les tomes 1 à 5 aient chacun leur billet, je vous fais un super résumé ici pour ceux qui n’auraient pas suivi (ou qui ne veulent pas se farcir les  articles !).

Sarakontkoi ?
Mathieu Hidalf a dix ans et deux passions : faire tourner son père en bourrique et les bêtises. Les vraies. Qui se répercutent dans tout le royaume Astrien. Et ces bêtises, savamment orchestrées par le jeune esprit de notre héros, ne se déroulent pas n’importe quel jour. Non. C’est précisément le jour de l’anniversaire du roi, et accessoirement du sien, que Mathieu accomplit ses méfaits. Tout commence pour ses dix ans, lorsque Mathieu met en place la plus énorme bêtise de sa vie… dont l’accomplissement se trouvera mis à mal par la rupture d’un contrat de paix et la menace pesant sur le capitaine de l’Élite, le héros de Mathieu.

Tenpenskoi ?
Ca, c’est le point de départ. Les bêtises. Mathieu n’aura de cesse d’imaginer les pires complots, se compliquant parfois plus la vie que s’il avait fait ce qu’on lui demande. Jusqu’au jour où il ne s’agit plus que de lui, mais de l’avenir de l’école de l’Élite et de celui des gens qui comptent pour lui. Un petit d’homme qui n’a de cesse de vouloir grandir trop vite.
Le récit peut dérouter, parce que Christophe Mauri raconte les histoires de son héros à la façon d’un enfant : de manière désordonnée, détaillée, exagérée. Le tout est délicieusement désolpilant, et touchant.

Pour les billets individuels, c’est par ici :
Tome 1 : Le premier défi de Mathieu Hidalf
Tome 2 : La Foudre fantôme
Tome 3 : Le sortilège de Ronce
Tome 4 : La bataille de l’aube
Tome 5 : La dernière épreuve de Mathieu Hidalf

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Mathieu Hidalf, tome 5 : La dernière épreuve de Mathieu Hidalf (Christophe Mauri)

Lecteurs du jour, bonjour,

Pour commencer, je vous souhaite à tous une excellente année 2015. Qu’elle vous apporte bonheur et satisfaction, réponde à vos questions et vous en pose de nouvelles. Pour commencer, une lecture que j’ai mise de côté bien trop longtemps malgré la fébrilité avec laquelle je l’attendais. La fin d’une aventure. Je veux bien entendu parler des adieux de Mathieu Hidalf.

mathieu_hidalf_5

Sarakontkoi ?
L’attaque finale des frères Estaffes n’est plus très loin. L’Elite est à la recherche de l’enfant Helios qui se cache parmi les élèves, et du traître qui sert les Estaffes. En ultime recours, l’école est protégée par la magie du labyrinthe des Bannis. Mais la vie et les épreuves continuent. Mathieu se voit attribuer une épreuve dangereuse : retrouver les Ailes de feu. Derrière cette épreuve, visiblement attribuée par erreur, se cache probablement le destin de l’école, de l’Élite et du royaume…

Tenpenskoi ?
Un dernier tome époustouflant, qui ne nous laisse aucun répit, de la première à la dernière page. Les secrets, l’Histoire et les histoires se lient et se délient en une valse effrénée qui nous conduira inéluctablement vers une issue fatale. La question que l’on se pose pendant tout le livre est : qui va plonger ?

La magie de Christophe est d’agiter au bord du gouffre chacun des personnages, et malgré l’attachement que l’on a pour eux, aucun n’est épargné par nos soupçons. Il va jusqu’à en sacrifier certains. Mathieu prend une dimension et une profondeur que l’on ne faisait que deviner dans les tomes 3 et 4. J’avoue avoir versé des larmes plus d’une fois. C’est un coup de maître. Mathieu tire sa révérence et moi mon chapeau à Christophe Mauri.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Grand format littérature / Romans Junior, 544 pages, 16,90€

Publié dans Mini-interview

5 questions à : Christophe Mauri

Amis du jour, bonjour !

Chose promise, chose due… Christophe Mauri s’est très gentiment prêté au jeu des 5 questions, sans rechigner malgré les nombreuses interviews auxquelles il a été soumis. Le tout avec une belle plume, s’il vous plaît ! Merci Christophe, à très bientôt !

L’interview des lecteurs sur le blog de Gallimard Jeunesse, cliquez ici.

1. On connaît tous plus ou moins ton parcours, mais histoire de resituer tout ça, est-ce que tu peux nous dire d’où tout est parti : depuis combien de temps tu écris, pourquoi ?
J’écris depuis la fin de mon année de 4e, au collège. À cette époque, il y a trois raisons évidentes qui m’y ont poussé. D’abord, une prof de français qui a eu une idée singulière. Elle a fait écrire à chacun des élèves, au fil des rédactions de l’année, un premier petit roman. Nous devions imprimer le texte, écrire une biographie, inventer une maison d’édition, bref : jouer le jeu jusqu’au bout. À la fin de cette année, la moitié de la classe voulait devenir écrivain…

La deuxième raison est ma plus belle lecture d’enfant : la déferlante Harry Potter. Lorsque j’ai commencé à écrire, le tome 4 frappait tout juste le monde du livre, comme un grand coup de tonnerre.
La troisième raison est liée à la simplicité de l’écriture : elle a l’immense avantage de ne nécessiter qu’un stylo et une feuille pour s’exercer. À treize ans, ce n’est pas un détail !

Et pourquoi pour la jeunesse ?
Il n’y a pas de raison particulière à mon choix d’écrire pour la jeunesse ; il n’y d’ailleurs aucune raison, seulement des envies. J’adore cette littérature ; je n’aime rien tant que de feuilleter les pages d’un album, dans une librairie. Il me suffit d’ouvrir un tome de Harry Potter pour ressentir la même émotion qu’à la première lecture. Et pourtant, j’ai écrit autant – depuis mes vingt ans – de projets pour les adultes que de projets pour la jeunesse. Je n’écris pour le moment que ce dont j’ai envie, et j’espère continuer longtemps à procéder de cette manière !

2. Comment est né Mathieu ? C’est quand même un personnage hors du commun qu’on ne rencontre pas tous les jours en littérature de jeunesse…
Merci de considérer Mathieu ainsi. À vrai dire, Mathieu Hidalf a eu deux naissances. Il est présent dans mes manuscrits depuis que j’ai treize ans. Mais il était alors un adulte charmeur, excellent escrimeur et provocateur. En grandissant, ce personnage ne me convenait plus. C’est alors que le vrai Mathieu Hidalf est né, celui qui compte le plus pour moi, celui qui briserait son ancêtre s’il devait l’affronter un jour.

Le vrai Mathieu est d’abord né de sa relation avec son père. Cet élément est essentiel à mes yeux. En dehors de l’intrigue qui structure la série, je pourrais écrire avec bonheur mille et une aventures du quotidien de ce personnage, de cette famille. Mathieu est un enfant que j’aurais aimé être : il est tout simplement insouciant, et cette insouciance le rend redoutable. Et quoiqu’il veuille grandir à tout prix, il a la liberté d’un Peter Pan.

3. Mathieu est un savant mélange de puérilité et de pragmatisme. Pourquoi avoir choisi de lui donner des armes pourtant réservées aux adultes (contrats, procès, etc.) ?
En réalité, je n’ai pas vraiment fait un choix. Mathieu tel qu’il est s’est vraiment imposé de lui-même. C’est sur cet équilibre entre puérilité et précocité que repose, à mes yeux, son personnage. Et le fait qu’il emploie les armes du monde des adultes renforce peut-être cette impression de précocité, tout en accentuant le ridicule des moments où il se comporte comme un enfant.

Bien sûr, M. Rigor Hidalf n’est pas non plus étranger à tout cela ; c’est lui qui, en voulant asseoir son autorité par des contrats, a donné à ses enfants les moyens de l’affronter.

4. La série devrait compter 5 tomes si mes renseignements sont exacts, et le troisième tome sera en librairie cette semaine. Est-ce que tu sais où va Mathieu ? Vas-tu le faire grandir, ou bien suit-on son évolution sur une courte période, comme pour les 3 premiers tomes ?
Pendant l’écriture du deuxième et du troisième tome de la série, j’ai toujours eu un œil posé sur les quatrième et cinquième tomes. En fait, je pense que je sais où va la série. En revanche, j’ignore complètement où va Mathieu Hidalf.

Il y a parfois dans l’écriture de petits riens qui font basculer un personnage, une action, un chapitre, un livre tout entier. Je pense que Mathieu grandira d’une année ou deux, mais qu’il restera très jeune. Mais peut-être que cette vision des choses évoluera.
En écrivant le tome 3, je ne pensais pas que Mathieu consentirait aux sacrifices auxquels il consent pourtant. C’est une des choses merveilleuses dans l’écriture ; depuis trois ans que je passe mon temps avec ce personnage, il finit par me mener par le bout du nez, et par me surprendre. Et j’adore être à l’orée du champ des possibles ; je sais qui est Mathieu, d’où il vient, ce qu’il est ; en revanche, je n’ai pas de réelles certitudes sur celui qu’il deviendra.

5. D’autres projets littéraires ?
J’ai beaucoup d’autres envies, que je garde en moi pour l’instant, parce que j’ai choisi de me consacrer aux aventures de Mathieu Hidalf. Mais j’espère que ces envies deviendront bientôt des projets !

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Mathieu Hidalf, tome 3 : Le sortilège de Ronces (Christophe Mauri)

ATTENTION, AVANT-PREMIERE (sortie le 27 septembre).

Amis du jour, bonjour !

Je vous parle d’un lointain passé puisque nous sommes le 30 août et que vous ne lisez probablement cette chronique que le 20 septembre. Le privilège du métier (qui ne sera plus mien lorsque je publierai ce billet),  j’ai pu lire le tome 3 des aventures de Mathieu en avant-première. Comment vous dire que j’aime mon boulot… Dieu sait que j’ai dû tanner toute l’équipe pendant des jours (je salue la patience de mes collègues), et que j’en suis devenue monomaniaque… pas une nouveauté pour moi. En attendant sa sortie dans quelques jours, voici Mathieu dans sa troisième aventure. Et en sus, je vous poste dans pas longtemps une mini-interview de Christophe, qui a accepté de se soumettre au jeu des 5 questions.

Sarakontkoi ?
À la fin du tome 2, Mathieu venait de remporter son épreuve du prétendant et pouvait intégrer la célèbre et secrète école de l’Élite, non sans avoir au passage rafflé un Exploit (avoir fait sortir la Foudre fantôme de ses bois), ce qui lui épargnait l’épreuve suivante. Cette fois, ridiculisé en public par son père qui a annoncé son mariage prochain avec Marie-Marie du Chateau Boisé, Mathieu doit se cacher à l’intérieur de l’École, et ce une semaine avant la rentrée officielle, pour échapper à cette abomination. Mais un malicieux complot est sur le point de couper l’école de toute aide extérieure afin de détruire l’Élite de l’intérieur. La Foudre fantôme est menacée, et on compte un traître parmi les Élitiens…

Tenpenskoi ?
Mathieu laisse de côté ses soucis et ses complots puérils. Plus question de la « bêtise » légère du premier tome sur laquelle le royaume entier parie. Il est sur le point d’entrer dans ce monde des adultes auquel il veut tant appartenir de la manière la plus abominable qui soit : le mariage. L’amour, beurk ! Voilà, nous retrouvons notre petit garçon de 11 ans. Mathieu ne change pas, ses allégeances non plus. Mais il utilise toute son intelligence au service de son héros : le capitaine Louis Serra. Et comme les réflexions d’un enfant ne son pas celles que l’on attendrait pour sauver un royaume, on assiste à un délicieux mélange sucré-salé qui nous fait hurler de rire, mais aussi – et pour la première fois en trois tomes – pleurer.

Pleurer ? Oui, parce que même si on ne s’en rend pas compte, même s’il ne l’admet pas, Mathieu grandit, Mathieu mûrit. Je me suis dit « oh, non ! s’il mûrit, ça ne sera pas aussi drôle qu’avant ! ». Balivernes. Et c’est là le tour de magie de Christophe. Au-delà de la grandiloquence exacerbée de Mathieu, tant dans le drame que dans l’action, et sans même qu’il se l’avoue, Mathieu a peur, mais Mathieu est prêt à faire le sacrifice ultime. Un petit d’homme qui n’a pas froid aux yeux.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Hors Série Littérature, 400 pages (15€ chez tous les bons libraires)