Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Londinium, T1 : Un Lapin sous le dôme (Agnès Mathieu-Daudé)

Ami du jour, bonjour !

Attardons-nous aujourd’hui sur un roman qui serait passé tout à fait inaperçu dans ma vie de lectrice et de libraire si je ne l’avais pas reçu, là encore, dans le cadre d’une visio VLEEL (Varions les Éditions en Live, pour rappel). Et quelle perte c’eût été !

Sarakontkoi ?
Dans Londinium cohabitent les Hommes et les Animaux. Ces derniers sont dotés de parole, et vivent peu ou prou comme leurs compatriotes humains. C’est là que vit Arsène, lapin de son état, détective (le meilleur !) de profession. Alors, lorsque son meilleur ami lui demande de retrouver une jeune lapine dont il est fort épris, Arsène mène l’enquête. Cette disparition n’aurait-elle pas un lien avec les attaques de renards, les nouvelles lois peu favorables aux animaux, ou encore d’étranges vols commis un peu partout ? Ses investigations conduiront Arsène jusque sous le Dôme, cet espace privilégié où les Animaux ne sont pas vus d’un très bon œil…

Tenpenskoi ?
Comme je le disais en début de billet, ce n’est franchement pas le roman qui me faisait envie quand je l’ai reçu. Mais c’est l’école des loisirs, et je suis curieuse, parce que je sais qu’ils proposent en général des textes de qualité. Et puis tout ça avait un parfum de Watership Down et de Zootopie, mêlés à du Hercule Poirot (parce que même si Arsène porte le prénom d’un certain Lupin, il n’en a pas moins quelque ressemblance avec un détective belge que j’affectionne particulièrement, doublé d’un locataire de Baker Street).

Alors on te parle d’un roman jeunesse, mais en soi, ça ne l’est pas plus que Watership Down ne l’était ; l’anthropomorphisme a cela de trompeur qu’on a tendance à l’attribuer seulement aux jeunes lecteurs. Il n’empêche que les sujets peuvent être d’une gravité toute adulte ! On y parle discrimination, remaniement social et sociétal, migration de population, ghettos, misère sociale et j’en passe. Et pourtant, ces petits lapins, souris et autres blaireaux, ça rend tout ça diablement accessible. Un roman très court, pourtant parfaitement efficace dans son dérouler. Il ne manque rien, tout y est. C’est un chouette voyage à travers l’Histoire de ce début de XXe siècle, et les conflits qui l’ont jalonné. J’ai aimé, donc.

Pour info :
éditions école des loisirs, collection M+, 208 pages, 14.50€

Publié dans Bouquinade, Roman historique

Retour à Whitechapel (Michel Moatti)

Ami du jour, bonjour !

Retournons à nos premières amours, j’ai enfin terminé un nouveau roman ! Lui et moi, on s’est rencontrés à Brive, par une pluvieuse journée de novembre, dans un espace trop petit pour accueillir un salon. La foule nous bringuebalait, maman et moi, de stand en stand. Et alors que Gilles Legardinier signait son dernier bouquin, nos yeux se sont posés sur le stand d’en face. Jolies couvertures, des titres qui me disaient quelque chose. Ni une ni deux, maman et moi nous sommes penchées sur la question. « C’est le tome 2 », nous a informées un gentil monsieur, « commencez par Retour à Whitechapel« . « Qu’à cela ne tienne, prenons les deux ! » me suis-je exclamée. « Sans avoir lu le premier tome ? » s’est étonné M. Moatti (parce que c’était lui). « Soyons fous », avons-nous répondu. Et, au final, le hasard, une foule trop oppressante et de jolies couvertures, ont très bien fait les choses. Maman et moi sommes reparties avec nos exemplaires dédicacés. FIN. Non je déconne, je vais quand même t’en parler, petit canaillou !

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Sarakontkoi ?
Londres, 1941. Alors que la ville est victime du Blitz allemand (bombardements quotidiens), Amelia Pritlowe, infirmière de son état, tente tant bien que mal de résoudre le meurtre de sa défunte mère, assassinée par Jack l’Éventreur. Intégrer la prestigieuse Filebox Society, parcourir les archives de la police et les articles de journaux de l’époque, tous les moyens sont bons pour reprendre l’enquête où elle a été laissée…

Tenpenskoi ?
En fait, je me rends compte que c’est super difficile de vous faire un vrai résumé de ce bouquin. C’est à la fois un journal de bord, celui d’Amelia Pritlowe, qui recopie scrupuleusement les articles et rapports de police, mais aussi une plongée dans Londres à la fin du XIXe. La misère, les maladies, la pauvreté sont le quotidien des victimes de Jack l’Éventreur. Toi, lecteur, tu marches sur les talons de Mary Kelly, d’Annie Chapmann et des autres, mais aussi sur ceux du tueur dont le visage ne te sera dévoilé qu’à la fin du bouquin.

La diversité des médias utilisés me rappelle, dans une moindre mesure, ma lecture de Dracula, de Bram Stoker, en mille fois plus agréable. J’ai aimé Retour à Whitechapel pour les mêmes raisons qui ont fait que j’ai été déçue par Dracula. La non-linéarité de l’action ; ici, le récit est très rythmé malgré les nombreuses phases de recherche et de retranscription des documents. Là où Dracula m’a complètement perdue parce que je ne voyais pas se dessiner le schéma temporel global, Retour à Whitechapel te donne dès le début une chronologie globale. Donc les retours en arrière ne sont pas perturbants, tu sais toujours où tu es.

Enfin, l’affaire Jack l’Éventreur ne m’a jamais fascinée plus que ça. Mais à la lecture de Retour à Whitechapel, j’ai découvert une histoire dans l’Histoire. Tout était tellement fluide, logique et documenté que j’ai douté plus d’une fois que Jack restait encore anonyme. Et pour cause, au terme de ses recherches, Michel Moatti a su tirer ses propres conclusions. La plume, agréable sans être simpliste, cette façon de raconter l’histoire, mi-documentaire, mi-immersion, dans un rythme parfait pour ne pas perdre le lecteur, m’ont conquise. Donc, je dis bravo, et je suis heureuse d’avoir pris le second tome.

Pour info :
éditions 10/18, collection Grands Détectives, 432 pages, 8,10€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Lady Helen (Alison Goodman)

Amis du jour, re-bonjour !

Vous pensez bien qu’en un an d’absence (ou plus ?), j’ai pris du retard dans mes lectures ! Qui n’ont pas toutes été fameuses, comme vous avez pu le voir hier. Et le livre dont je vais vous parler aujourd’hui… eh bien, disons que c’est une lecture en demi-teinte…

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Sarakontkoi ?
Londres, 1812. La jeune Lady Helen, une orpheline sous la tutelle de son oncle et de sa tante, s’apprête à faire son entrée dans le monde. Son oncle compte bien étouffer sous une bonne éducation la réputation sulfureuse de la mère d’Helen. Mais lorsqu’elle fait la connaissance de Lord Carlston, sa vie bascule. Cet homme, accusé d’avoir assassiné sa femme, ouvre à Helen les portes du Club des Mauvais Jours, une société secrète constituée d’êtres aux capacités extraordinaires qui combattent dans l’ombre les Abuseurs, ces abominations qui se nourrissent de l’énergie humaine. Helen pourra tendre la main vers son destin, ou lui tourner le dos…

Une histoire de bienséance, de choix, de destinée. La place d’une jeune fille dans une société qui n’accepte des femmes que leurs tendres sourires et leurs jolies parures. Eventuellement quelques conseils sur la tenue d’une maison. Son combat pour exister et se faire entendre.

Tenpenskoi ?
Une lecture bien sympa. J’avoue qu’à l’origine, j’ai acheté ce bouquin parce que je trouvais la couverture jolie… victime du marketing ! Après, l’histoire est bien écrite, bien que peu originale sur le contenu. Et même si j’avoue que j’ai trouvé la mise en place longue (aucun réel élément perturbateur avant la moitié du bouquin), la lecture reste agréable. On ressent l’appel du pied fait aux adulescentes, fait de scènes toutes en tension sexuelle (si je puis dire, puisque le tout reste très chaste). Leture en demi-teinte donc. Si vous aimez le thé et les petits biscuits sur fond d’apocalypse, ce livre est fait pour vous.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Romans Ado, 576 pages, 19,50€ chez votre libraire