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J’ai testé pour vous… la liseuse !

Ami du jour, bonjour !

Bon, en ce moment, le blog se réduit à ces billets J’ai testé pour vous, j’en suis désolée. Ca appauvrit vachement le truc. Promis, je vais faire un effort. J’avoue que ces derniers temps, mon cerveau n’est pas du tout dans la vibe « créons du contenu ». Mais j’ai un million d’albums et le King qui va bientôt arriver parce que je l’ai terminé hier soir. Donc on devrait avoir quelques billets sympas dans les jours qui suivent. Pour l’heure, causons liseuse.

Pourquoi tu fais ça ?

Constat n°1 : j’aime les livres. Et quand je dis « livre », je parle de l’objet. Chéri et moi avons une pièce dédiée, une bibliothèque, composée de plus d’un millier d’ouvrages, romans, théâtre, poésie, essais, albums et docus confondus (tous répertoriés dans un fichier Excel… ou presque, ça se bouscule un peu à la porte d’arrivée). C’est important de poser ce constat.

Constat n°2 : dans cette guérilla entre le livre papier et le « livre électronique », on perd complètement le sens des mots. Un livre, c’est un objet avant tout. Si tu aimes les livres, alors tu es comme moi, au choix matérialiste ou fétichiste. Tu les collectionnes, tu aimes les toucher, et les sentir. Dans un livre, il y a une chose tout aussi précieuse : un texte. Et pour parler liseuse, il faut détacher le contenu du contenant. C’est comme mon père qui ne boit du vin que dans un verre à vin, sinon c’est pas bon. Pour moi, du vin, c’est du vin, et je l’aime dans un verre à vin et dans un verre à pastis, même si c’est plus agréable dans un verre à vin. Alors, avec ma binôme de fac, on a créé le concept d’O.N.E. (ou Œuvre Numérique Écrite). Ainsi, on ne parlait pas de livre électronique, notion qui n’a aucun sens, et on redonnait au texte le droit de se détacher de son support. Parce qu’au fond, le problème, c’est bien de là qu’il vient.

Du coup, je t’avoue que parfois, je lève les yeux au ciel quand j’entends « mais pour moi, un livre, c’est pas ça, c’est toucher, et sentir et l’émotion » toussa toussa. Je suis d’accord, bien entendu. Mais si vraiment tu aimes lire, tu ne peux pas laisser de côté le texte au détriment de l’objet, et pour moi, il est important de ne rejeter aucun support.

Et dans les faits ?

Au départ, mes parents m’ont offert une liseuse. Une Bookeen. C’est une première génération. L’encre électronique est de qualité moyenne (une image reste affichée trop longtemps, et elle persiste un moment avant de disparaître). J’y ai lu des versions piratées de Hunger Games (mille excuses, j’ai acheté les livres en anglais et en français depuis, je pense que ma faute est pardonnée).

Et puis, j’ai commencé à être rémunérée pour lire des manuscrits en anglais en vue d’une publication en français. Là, on t’envoie des manuscrits de 350 pages en moyenne, et laisse-moi te dire que tu vas pas les imprimer. Et les lire sur ton PC ou ton tel ? Rien de moins confortable ! Alors j’ai fait des frais, et j’ai acheté un Kindle. Pourquoi un Kindle ? Parce qu’à l’époque, il était le seul à proposer un écran lumineux, mais non rétroéclairé. Traduction : t’en prends pas plein la figure, et tu peux régler la luminosité selon si tu es sur une plage ensoleillée ou dans ton lit dans le noir total. Et CE N’EST PAS UN ÉCRAN. Je le dis, je le crie, je le souligne. Ce n’est pas un écran. Le système permet un éclairage qui n’a rien à voir avec ton téléphone ou ton PC.

Perso, ça m’a sauvé la vie. En voyage, en avion, dans le train, dans le métro. C’est léger, ça ne prend pas de place, et pour peu que tu aies une connexion Wi-Fi, tu as des livres instantanément en les achetant sur la plateforme reliée à ton appareil. Si tu es myro comme ma mère, tu peux agrandir les caractères. Poser des signets. Mettre des marque-page et reprendre sur ton appli téléphone dans le cas du Kindle, si tu as oublié ta liseuse. Si on t’envoie des fichiers Word ou PDF sur ton mail, hop, tu les envoie direct depuis ta boîte mail sur la liseuse.

Hic n°1 : il m’est arrivé de tomber en rade de batterie. Et c’est chiant, vraiment. Pourtant, le Kindle est difficile à tuer, même avec la luminosité à fond. Mais ça arrive.

Hic n°2 : moi j’aime savoir où j’en suis dans un bouquin. Physiquement, je veux dire (et je ne suis pas la seule, tu le verras dans les témoignages). Là, Kindle me dit que j’ai lu, mettons, 57% du livre. Mais c’est pas pareil.

Verdict ?

J’aime : le format ; le poids ; la possibilité de lire n’importe où et n’importe quand (incluant dans le noir complet) ; le fait que CE N’EST PAS UN ECRAN ; le nombre de livres que ça me permet d’avoir sur moi ; la possibilité de lire des documents (notamment des manuscrits et certains d’entre vous savent très bien de quoi je parle) sans les imprimer ; l’accès facilité au texte ; les petits prix de certaines œuvres libres de droits (attention à la qualité cependant parce qu’une œuvre écrite, numérique ou imprimée, demande toujours un travail d’édition).

J’aime pas : le prix des livres (à peine plus bas qu’un grand format, c’est indécent, il devrait au moins être au prix du Poche, sans pour autant faire concurrence au grand format) ; la batterie qui me lâche en milieu de chapitre (mais ça se gère si tu fais gaffe de recharger avant de partir) ; ne pas voir en un coup d’œil où j’en suis.

J’aime mes livres de tout mon cœur, mais encore une fois, il ne faut pas confondre le support et le contenu. L’opposition entre les pro-livre et les pro-liseuse n’a pas lieu d’être. C’est exactement la même chose que d’avoir deux amis qui se disputent. « Moi j’aime les légumes » dit l’un. « Moi, je préfère les carottes » dit l’autre. Tu comprends ? Quant à la concurrence des œuvres numériques et des œuvres imprimées, il faut savoir que tu ne fais pas même usage des deux, et qu’il y aura toujours des passionnés qui préfèreront avoir les livres grand format dans leur bibli, quel que soit le prix. C’est le même débat que pour les Poche 🙂

Alors on m’épargne les conneries : « oui, mais sur une île déserte sans prise électrique, t’as l’air con quand t’as plus de batterie ». Tu crois que tu peux embarquer la bibliothèque municipale sur une île toi ? Après, si tu n’en as pas l’utilité, rien ne te force à l’adopter. Mais sache que ce n’est pas le diable, et que ses utilisateurs n’aiment pas moins les livres que toi 😉

Ils en parlent…

J’ai surtout trouvé des comparatifs. Pour moi, c’est mon Kindle, mais jetez un œil :

Chez Les Numériques : j’aime bien leurs tests, ils sont assez exhaustifs
L’UFC Que Choisir a fait son petit article dessus également
Et la même sur le site Le Reviewer

Maintenant, c’est à toi !

Et tu as été très prolifique aujourd’hui !

C’est mon copain qui m’a offert mon Kindle. Au début j’étais sceptique… Surtout par rapport à l’écran, je suis toute la journée sur ordinateur du coup je me disais que ça allait encore me fatiguer les yeux. En fait l’écran Kindle n’émet pas de lumière bleue, on a vraiment l’impression de lire un livre c’est surprenant et agréable. Le gros point positif c’est qu’on peut stocker une énorme quantité de livres sur le Kindle du coup énorme gain de place sur les étagères et génial quand on voyage. Le seul point négatif c’est le prix des livres format Kindle quasiment aussi cher que les livres papier. Conclusion j’ai mon Kindle depuis 8 ans et je ne m’en passe plus.
Lise

J’aime beaucoup ma liseuse pour tous les romans qui ne sont plus édités en France ou trop chers en occasion (comme certains Star Wars qui frôlent les 70-80€ en poche…). Pour les auteurs tombés dans le domaine public c’est aussi une vrai aubaine de trouver des classiques gratuitement. Mais j’avoue que même avec quelques années de pratique, ça me prend encore énormément de temps de terminer un e-book, comparé à un bouquin physique. La texture d’un vrai livre me manque terriblement. Le poids du livre en main, la sensation de tourner les pages… C’est peut-être ça qui me manque le plus. C’est peut-être un peu bête mais j’aime tellement voir la progression de ma lecture en regardant les pages s’accumuler sur la gauche, en me disant : « Tiens, j’en suis presque à la moitié » ^^ Du coup, mis à part durant les opérations du genre e-book à 1€ ou pour les trucs introuvables à prix décent, j’alimente rarement cette petite machine pourtant très sympa.
Florian

J’ai fait ma réac pendant des années et finalement j’y suis passée par manque de place ! Kobo by Fnac! Et oui yeaahhh… parce qu’à la fin du tome 1, direct le 2. Et je peux lire des livres qui ne sont plus édités… pour mes insomnies top également, plus besoin d’allumer la lumière donc meilleur rendormissement. Le bof… Ben vachement moins joli, plus d’odeur ni le doux bruit de la page qui tourne. Et ça enlève la joie de l’échange de livres… Allez, des poutous
Vanessa

La liseuse pour moi c’est non. Je n’ai pas du tout envie de tester. Un livre c’est du papier. Des pages qui se tournent. Une odeur. Une émotion. Et ça repose plus les yeux qu’un écran!
Claire

Alors moi avant, je ne jurais que par les livres, adorant l’objet et flâner dans les librairies (c’est toujours le cas). Et puis un été, alors que j’étais partie en vacances avec 5-6 livres de poche, les seuls pouvant rentrer dans ma mini-valise Ryanair ;), je me suis retrouvée à court de lecture 😡 Les frais et délais Amazon étaient trop élevés pour l’étranger, j’ai téléchargé un livre sur l’iPad mais impossible à lire au soleil. Voilà comment quelques temps plus tard, je et on m’a offert une Kobo 😁 que j’emmène en voyage (où je peux partir avec plein de livres et en télécharger de nouveaux dès qu’il y a du wifi) ou je lis le soir (grâce à la fonction retroéclairage). Pratique aussi pour les dyslexiques : police opendyslexic et interligne agrandi. Mais j’aime toujours les livres papier et beaux albums jeunesse, ce n’est pas incompatible.
KidsTrotters.be

Personnellement je crois que les deux sont vraiment très bien ! Pour ma part la liseuse est géniale car avec l’âge je peux grossir les caractères et en plus je peux emmener « mes » livres partout sans que ça prenne de la place dans ma valise. Je peux lire sans déranger mon mari… le seul inconvénient c’est que j’ai du mal à savoir où j’en suis dans le livre car il n’y a ni épaisseur, ni numéro de page…
Par contre j’adore le livre pour ce qu’il représente, l’odeur du papier, le plaisir d’avoir une bibliothèque, et surtout la transmission, on peut le prêter à sa fille ou à sa maman et en discuter autour d’un thé… La liseuse ne remplacera jamais le livre, car avec ses pages et sa couverture il a le pouvoir d’intriguer et de faire rêver celui qui l’achète ! 😊
Voilà pour mes ressentis…
Françoise

J’ai la mienne (une Kobo) depuis bientôt 6 ans. Mes collègues me l’avaient offerte pour mon départ en Nouvelle-Zélande. Pour moi, ça a été une révolution en voyage ! Finis les kilos de livres dans les bagages !!! Aujourd’hui, je ne l’utilise pas plus que les livres papier. Et contrairement aux craintes que j’imagine certains éditeurs ont, j’achète toujours autant (que ce soient des livres papier ou numériques).
Fanny

J’étais très dubitative au début, et puis boulot oblige, je m’en sers tous les jours aujourd’hui. Tous les manuscrits que je reçois passent par la mule (oui, c’est le petit nom de ma Kobo), et elle me fait gagner un temps précieux, tout en préservant mon dos et la planète. 🙂 Par contre, même si je l’utilise depuis 6 ans, je n’ai jamais acheté de livres numériques, simplement parce que je n’en ai pas eu besoin (l’un des avantages de mon métier). Les textes que je lis pour mon plaisir personnel sont des textes libres de droits (merci le projet Gutenberg !) Et pour mes autres lectures perso, je préfère le livre imprimé. Quitte à offrir des cartons de bouquins ensuite aux amis, et à transmettre ainsi de bonnes histoires que je ne relirai pas. Pour résumé : un outil indispensable dans mon boulot, pratique en week-end, et qui complète bien le livre imprimé.
Maëlle

Je n’en voulais pas, et puis j’en ai eu assez d’abîmer mes livres ou de devoir en transporter plusieurs car j’arrivais sur la fin du dernier. Du coup j’ai craqué sur une Kobo, et plus tard sur une rétroéclairée : quel bonheur de ne pas être surchargée, de pouvoir transporter des dizaines de livres, de ne pas se dire « zut, je n’ai plus rien à lire … ». Elle ne me quitte jamais. Et il y a quelques temps elle est tombée et écran figé : j’étais en vacances mais prête à faire des kilomètres pour en trouver une nouvelle, j’étais désespérée de ne plus pouvoir lire. Et Chéri, mon héro, l’a ouverte et réparée : je me suis sentie à nouveau respirer 😁 Bien entendu je ne peux pas me passer du papier et j’ai une bibliothèque qui déborde : mais les livres restent à la maison et j’en prends grand soin. Ma liseuse, elle, doit changer de housse régulièrement vu l’état d’usure.
Dan’Athanasya

 

Publié dans Bouquinade, Roman

Dans la forêt (Jean Hegland)

Ami du jour, bonjour !

Notre week-end au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse approche, je me sens tel un hamster qui rempli ses petites joues pour se préparer un bon pactol de graines : je calcule quelle somme il serait raisonnable de ne pas dépasser en achat de bouquins. (Oui, Maëlle, je sais, c’est pas comme si j’avais des contacts, mais tu sais bien que j’achète mes livres !) En même temps, je flâne sur Insta, et la gamine de 8 ans en moi saute partout en criant « ce livre a l’air trop bien ! Et lui ! Et lui ! ». Heureusement, j’ai un mari adorable : la somme que je mets dans mes bouquins est rarement un problème pour lui…

Ceci dit, aujourd’hui, il n’est nul question de littérature jeunesse stricto sensu (de quel droit un livre serait plus jeunesse qu’un autre ?) Parce qu’aujourd’hui, je te parle d’une déferlante.

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Sarakontkoi ?
Rien ne va plus dans le monde. Plus d’essence, plus d’électricité. Des émeutes éclatent, des virus déciment les populations. Nell et Eva ont été élevées dans une maisonette au milieu des bois, bénéficiant de l’école à la maison. Leur mère a été emportée par un cancer fulgurant. Leur père est décédé. C’est donc seules qu’elles devront survivre, se nourrir et se défendre. Elles s’accrochent au passé, attendant une aide qui ne viendra pas…

Tenpenskoi ?
Si tu t’attends à des explosions nucléaires, à des émeutes sanglantes, à une panique générale, tu te plantes. Tout ça, c’est un bouhaha lointain qui atteint à peine deux jeunes femmes élevées loin des stigmates sociaux. Pourtant, la « vraie vie », elles crèvent d’envie de la rejoindre, l’une pour entrer à Harvard et l’autre pour intégrer une présitgieuse troupe de ballet.

Au chagrin de la perte et de l’absence succèdent la colère, puis le désespoir. Quelque chose est cassé. Et au début, on cherche à réparer. Et enfin, lorsqu’elles se sont lavées de tous ces artifices, l’instinct. La seule chose qui peut les sauver. On ne répare plus, on construit. Comment cultiver un jardin, calmer des nausées, soigner une infection, trouver et conserver la nourriture dont elles ont tant besoin. Quand nécessité fait loi, il n’est plus question de peur, de honte. Mais il est toujours question d’amour : celui de deux sœurs qui sont tout l’une pour l’autre, à travers les bons comme les mauvais jours.

J’ai lu dans un billet l’expression « roman d’ambiance ». Le genre de livre où ce n’est pas l’action, mais l’atmosphère et la réflexion qui prennent le dessus. Je pense qu’on peut dire que Dans la forêt est un roman d’ambiance par bien des aspects. Mais pas le truc chiant. Je ne te parle pas de lire Un balcon en forêt (désolée pour les amoureux du genre). Mais, si tu laisses réellement une chance à ce roman, tu pourrais t’en trouver libéré. En le refermant, j’ai eu envie de renouer — non pas avec mon corps ou ma tête — mais avec mon instinct. Mes fringues m’ont paru trop lourdes, mon job totalement futile (quand le travail est-il devenu une fin et non un moyen ?) Je ne peux pas te parler de coup de cœur. C’est un coup de poing. Sur la table. Dans ta figure. Lis-le.

Pour info :
Poche (celle que j’ai lue) : éditions Gallmeister, collection Totem, 308 pages, 9.90€
Grand format : éditions Gallmeister, collection Nature Writing, 304 pages, 23.50€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Le Fléau (Stephen King)

Ami du jour, bonjour !

Si tu jettes un œil sur mon compte Instagram, tu auras suivi un peu mes pérégrinations concernant la lecture du Fléau de Stephen King, initiée par Lemon June.

Je ne te fais pas attendre plus longtemps cette chronique que j’ai déjà suffisamment retardée. Comment veux-tu que je te parle en 3 paragraphes d’une œuvre aussi riche ?

le_fleau.jpg

 

Sarakontkoi ?
À la fin du printemps 1990, suite à une micro-erreur informatique, un virus génétiquement modifié se propage aux États-Unis et dans le monde, tuant plus de 99% de la population. L’instinct des survivants les pousse à rechercher leurs pairs dans le cimetière à ciel ouvert qu’est devenu le pays. Puis il faut tout reconstruire. Trouver d’autres solutions ? Faire mieux ? Ou tout rebâtir comme avant ? Deux parties s’opposent, que les protagonistes appellent le Bien et le Mal. Tout est-il si manichéen ?

Tenpenskoi ?
Avant de te faire un topo, laisse-moi te dire que cette lecture fut éprouvante. Pas parce qu’elle avait cette image « horreur » qui colle à la peau de Stephen King, mais parce que, ayant lu la version rééditée et augmentée de plusieurs centaines de pages, j’ai pu suivre l’auteur jusqu’au plus profond de son récit. Si c’est très souvent instructif et immersif, c’est aussi parfois pénible, à l’image de la vie qu’essaient de reconstruire les personnages. Une semaine pour lire le premier, qui est une course contre la maladie. Un mois et demi pour lire le second, qui relate l’après, les hésitations, les doutes.

Dans la première partie, c’est la fuite. Loin de la maladie. La fuite vers un ailleurs qu’on ne connaît pas, loin d’un ennemi qu’on ne voit pas. La terreur de ne pas savoir si notre tour viendra. Puis la résignation. La longue marche vers l’espoir.

Après, dans ce monde post-apocalyptique, on survit. Mais aussi cruel que cette pensée puisse paraître, n’est-ce pas également une chance de tout recommencer ? De faire mieux ? Peut-on faire mieux ? Ne sommes-nous pas programmés pour en arriver inéluctablement à détruire ? Nous détruire ? Détruire notre environnement ? Faut-il reconstruire un système politique ? Vivre éloignés de toute civilisation ?

L’un des personnages, professeur de sociologie, fait cette remarque très intéressante :

« Peut-être n’est-il que le dernier magicien de la pensée rationnelle, celui qui rassemble les outils de la technologie contre nous ».

Et je pense que c’est le cœur du débat. L’homme peut-il retourner à l’état de nature ? Se débarrasser de sa rationalité, de la technologie qu’il a construite avec ? Le Mal est-il le Mal ou bien un penchant rationnel de l’être humain ? Et paradoxalement, c’est ce côté rationnel qui détient la Magie.

La fin est un parfait mélange de l’espoir et de l’inéluctabilité, qui laisse au lecteur le choix de voir le verre à moitié plein, ou à moitié vide. Je vous laisse en juger par vous-mêmes. Mais je vous préviens : la lecture de cet ouvrage n’est pas une promenade de santé.

Je te laisse le lien vers la vidéo de Lemon June (l’instigatrice de cette lecture commune) :

Pour info (pour ma version) :
Tome 1 => Le livre de poche, 764 pages, 9,20€
Tome 2 => Le livre de poche, 795 pages, 9,10€

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La maîtresse aux colères a-to-miques ! (Jérémy Semet / Stéphanie Alastra)

Amis du jour, bonjour !

Je vous retrouve pour un billet un peu plus gai que le précédent. On va parler école, grosses colères, bonbons Haribo et crottes de nez, et tout ça, dans un album que je vous présente de ce pas.

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Sarakontkoi ?
Madame Gueulefort est institutrice, et d’habitude, rien ne dépasse dans sa jolie classe. Personne ne bronche. Mais voilà, ce matin, rien ne va, tout semble aller contre elle. Alors quand une vilaine mouche ose troubler le calme de sa salle, elle explose, et rase la moitié de l’école dans sa colère. Ses élèves devront mettre en œuvre toute leur ingéniosité pour sauver cette journée… et ce qu’il reste de leur école.

Tenpenskoi ?
Cet album est issu d’une campagne de financement participatif Ulule. Bien entendu, j’ai loupé le coche, mais après avoir fait connaître mon intérêt pour l’ouvrage, l’auteur, Jérémy Semet, m’a contactée pour m’informer que quelques exemplaires étaient dispos pour les librairies. Qu’à cela ne tienne, ni une ni deux, je suis allée chez mon libraire adoré, et j’ai commandé.

Jérémy a été super dispo, s’informant même auprès de la librairie pour savoir si l’ouvrage était bien arrivé. Ca, c’était le petit plus. Pour l’album en lui-même… Pouah, c’est rigolo, ça me donne envie de mettre mes doigts dans mon nez, et en même temps, je ris tellement de ce mauvais karma, de ce tempérament explosif, de cette ambiance loufoque ! Le texte est bien rythmé, on est sur des pieds et des rimes, comme une comptine.

Quant au dessin, il… bah il me rend toute joyeuse ! Très Cartoon Network (mais si, vous connaissez, Dexter et Les Super Nanas !). Un régal de bonbons acidulés au crayon de couleur. Mon chipotage me fera dire que j’aurais choisi une autre police de caractères, mais franchement c’est une broutille !

Pour info :
éditions La Maison Millepattes, 24 pages, 14,90 EUR

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Terraperia : L’héritage du Caballarius Rex (Florian Martin)

Ami du jour, bonjour !

Aujourd’hui, j’ai un million de trucs à te dire. Mais je ne peux pas tout mettre dans le même billet, parce que je veux te parler bouquin (ce que je vais faire ici), endo, ce qui se casera direct dans la catégorie Highway to FIV, et j’ai un billet d’humeur qui me trotte dans la tête, alors je pense te sortir une Pensée qui panse. Et on sera bien.

Je commence par ma lecture du moment. Il faut d’abord que tu saches qu’il s’agit d’un billet un peu spécial… parce que le livre en question n’existe qu’en deux exemplaires : le mien et celui de l’auteur. Pour la faire courte, j’ai eu 30 ans il y a 3 semaines, et la consigne était la suivante : pas de cadeau s’il n’est pas fait main. Mon ami Florian, dont il va être question ici, s’est dit : « quoi de mieux qu’un bouquin ? » et BIM, voilà qu’il me pond 175 pages (pour le moment) avec une histoire qui tient la route, un truc vachement bien ficelé. Alors, en attendant que le texte soit retravaillé, et pourquoi pas dispo à la lecture, je me suis dit que j’allais t’en toucher deux mots.

Je tiens à préciser que ce billet n’est en aucun cas sponsorisé par l’auteur, et que rien de ce que je vais dire n’est motivé par autre chose que mon enthousiasme à cette lecture (sinon, je me serais abstenue de faire un billet, et j’aurais rapidement remercié Florian).

terraperia.jpg

Sarakontkoi ?
À Terraperia court une légende qui a fondé l’empire actuel : on raconte que le premier empereur, le puissant Tyrannus, pouvait chevaucher les Tyrannosaurus Rex, ces puissants et dangeureux dinosaures carnassiers. Le secret est depuis longtemps perdu, mais il se peut que l’Imperium le déterre bientôt, pour s’en servir à de bien mauvaises fins. Mia, la jeune archéologue, Billy, le xénobiologiste en herbe, ainsi que Tak’ori, le puissant guerrier, entamment une course contre la montre, pour protéger le secret de leurs ancêtres et la liberté des peuples de Terraperia.

Tenpenskoi ?
Oui, tu as bien lu, des dinos ! Parce que je kiffe les dinosaures à mort (tu l’auras peut-être compris dans mon billet sur Jurassic Park). L’auteur, quant à lui, est fan de jeux vidéos, de fantasy, de SF et… de dinos, évidemment. Et le bouquin est bourré de références : Uncharted, Jurassic Park, Indiana Jones, le tout dans un scénar’ qui ferait trembler Mickael Bay. Pas dans son manque de contenu (pardon Mickael, mais c’est vrai quand même des fois), mais dans l’aspect très visuel des scènes d’action.

Bien sûr, le texte doit être corrigé et étoffé (en deux mois, pas évident de pondre un truc de cette qualité). Donc avant une quelconque diffusion, je préconise une bonne relecture, et quelques arrangements, notamment dans le développement des personnages qui ont tendance à passer au second plan par rapport à l’intrigue. Je pense aussi qu’il faudrait développer le contexte géo-politique, et pourquoi pas nous faire un petit truc à la Star Wars au début, parce que quand même, il y a des DINOSAURES !

Ceci dit, une fois que vous avez commencé votre lecture, et admis le fait que dinos et humains cohabitent, ça va. Et Florian sème 2-3 indices qui nous font réfléchir sur le pourquoi de leur présence, et nous montre que non, il ne s’est pas juste fait un gros kiffe en nous laissant de côté. C’est réfléchi quand même ! Mais quelle qualité sur l’articulation du récit ! C’est logique sans être plat, on ne s’ennuie pas. Et ça a comme un goût de Sydney Fox (ne levez pas les yeux au ciel) : celui du bon divertissement, drôle, jamais trop, sans être insuffisant, avec cette touche d’humour nostalgique qu’on ne trouve que chez ceux qui ont grandi dans les années 90.

J’espère que vous pourrez bientôt le découvir !

Pour info :
impression simple, 175 pages, pas encore de prix

Publié dans BD, Bouquinade

Le Prince et la couturière (Jen Wang)

Ami du jour, bonjour !

Le soleil semble vouloir repointer le bout de son nez. Moi je ne sais toujours pas comment m’habiller à 7h30 du matin parce qu’il fait 10°C, mais je sais que je vais crever de chaud dans la journée, et j’ai pas de manteau sauf ma grosse doudoune et je déteste faire du shopping, donc pour m’acheter une veste mi-saison, c’est coton.

Après cette phrase interminable et cette info complètement inutile, je te propose de découvrir ma lecture du jour. Si tu préfères les piailleries à un article– certes fort bien écrit mais faut le lire quoi ! –, je te propose de découvrir la vidéo de Sita de la chaîne Do cats eat bats ? C’est elle qui m’a fait craquer pour cette petite chose.

le_prince_et_la_couturiere

Sarakontkoi ?
Frances travaille dans un atelier de couture, qui croule sous les commandes depuis l’annonce d’un grand bal où le Prince Sébastien devra choisir son épouse. À la suite d’une commande peu commune, Frances crée un modèle de robe unique qui retient très vite l’attention d’un client un peu particulier : le Prince lui-même. Frances devient alors la couturière privée de Sébastien, sa confidente, et son amie…

Tenpenskoi ?
Ca alors ! ai-je envie de m’exclamer. Déjà, Sita m’avait convaincue que c’était un must-have. Mais alors quand je l’ai vu sur le rayonnage de la librairie… mes yeux se sont mis à papillonner en direction de Chéri, qui a de suite compris. Le livre en main, je l’ai immédiatement commencé.

Commençons par le sujet : un prince qui aime porter des robes ! Là tu te dis « ouais, il est gay quoi ». Bah nan. Et justement, je me dis que c’est un gros pied de nez aux étiquettes qu’on aime tant poser sur les gens. Un peu précieux : gay. Soigné : gay (ou au pire, métrosexuel). Et alors là, le summum, le mec aime s’habiller en femme. Parce que pour lui, ce n’est pas dégradant, c’est un plaisir ! C’est juste beau. Et ça fait du bien de ne pas tout stigmatiser.

Le trait est naïf, les couleurs vivres, les personnages expressifs. On ne s’encombre pas de détails superflus. Si je veux être un poil relou, je dirais que la typo n’est pas top (mais qui utilise encore du Comic Sans dans les bulles des BD ?!)
Cela dit, pour le prix, on a un très bel objet ! On parle de 286 pages, avec un fer à dorer sur la couverture. Et le poids du livre ne fait qu’écraser les préjugés pour laisser souffler une légère brise de tolérance totalement désintéressée. Alors, pourquoi s’en priver ? À mettre entre toutes les mains.

Pour info :
éditions Akileos, collection AKI.BD.JEUNESSE, 286 pages, 19,90€

Publié dans BD, Bouquinade

La Tectonique des plaques (Margaux MOTIN)

Ami du jour, bonjour !

Je n’en ai toujours pas terminé avec la looooongue liste de BD dont je veux encore te parler. À l’heure qu’il est, je suis en train de lire un petit bijou (Le Prince et la couturière, billet à venir), et j’ai encore dans mon totebag spécial médiathèque la trilogie Hugo & Iris (de La Guerre des Sambre), Petit et Demi-Sang et enfin La Marche du crabe. Mais pourquoi — pourquoi médiathèque ?! — me permets-tu d’emprunter 15 livres à la fois ? Bref, revenons à notre mouton.

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Sarakontkoi ?
Plein de trucs en fait. Les pérégrinations d’une femme-mère-divorcée qui vit toutes ses vies au jour le jour. Des anecdotes croustillantes aux gloussements adolescents, c’est un peu difficile de se trouver, de connaître ses priorités et de reconstruire sa vie…

Tenpenskoi ?
Moi, les petites planches de Margaux, je m’en délecte depuis son compte Facebook. C’est toujours très frais, très franc, et on s’y retrouve souvent. C’est drôle, ça frappe juste. C’est beaucoup d’autodérision, et parfois, c’en est même émouvant.

Et si j’adore me régaler de ces petites touches de Margaux de temps en temps, j’avoue qu’avaler le recueil entier, j’ai moins apprécié. Je pense que j’aurais dû faire ce que je fais d’habitude : le lire dans mes WC. Voilà, c’est un livre à caser dans les WC. Et chez moi, ça n’a rien de péjoratif ou de dégradant, bien au contraire ! Mais ça témoigne d’une habitude de lecture un peu différente, notamment en ce qui concerne les recueils de comic-strips (c’était déjà le cas de Péchés Mignons).

Enfin, en parlant de Margaux Motin, je ne peux pas m’empêcher de vous parler de la version de Orgueil et Préjugés qu’elle a illustrée, parue chez Tibert Editions, et par là-même de Tibert Editions, qui sévit sur la plateforme de financement participatif Ulule. Leur prochain projet : une réédition de Mrs Dalloway de Virginia Wolf, illustrée par Nathalie Novi. À suivre de près donc…

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Pour infos :
éditions Delcourt, collection Tapas BD, 192 pages, 22,95€

Publié dans BD, Bouquinade

Le chat du rabbin, T1 : La Bar-Mitsva (Joann SFAR)

Ami du jour, bonjour !

Je continue mes lectures bédé-esques, et je t’emmène avec moi (vieeeeeens, je t’emmène…), parce que je découvre plein de trucs (la honte, pour certains, mais tu sais ce qu’on dit : vieux motard que jamais).

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Sarakontkoi ?
Le chat du rabbin est heureux. Il aime plus que tout sa maîtresse, qui lui raconte sa vie, ses peurs, ses rêves. Il ne répond pas, mais il écoute. Le rabbin a également un perroquet. Qui crie touuuuut le temps. Alors un jour, le chat le mange… et commence à parler. Et quand on parle, on questionne, on pense et on voit les choses différemment. Le chat du rabbin veut être un bon juif, alors il demande à faire sa bar-mitsva…

Tenpenskoi ?
Joann Sfar, je le connaissais depuis Gallimard Jeunesse (où j’ai bossé un an et demi). Je ne remets pas en cause son talent, mais personnellement, c’est pas ma tasse de thé. Disons que le dessin ne m’attire pas. Du coup, j’ai même pas essayé d’en lire. Mais là, c’est un chat, et ça avait l’air sympa, alors je me suis dit « c’est gratuit, allons-y ». D’autant que la quatrième nous parle conte pour adulte, poésie et drôlerie.

Bah pour le coup, c’est drôlement sympa ! Joann Sfar questionne le rapport à la parole, au savoir, à la consicence mais aussi à la religion, toujours avec beaucoup de bienveillance et de sincérité. Il cherche les impasses et les limites et répond à ses propres questions. La logique n’a plus de sens, la religion peut-être prise au pied de la lettre ou elle peut être un guide. Aucun absolu, c’est une jolie promenade au cœur de la tolérance.

Pour info :
éditions Dargaud, collection Poisson Pilote, 48 pages, 12€

Il me dit que Dieu a fait l’Homme à son image…
Je lui demande de me montrer une image de Dieu.
Il me dit que Dieu, c’est une parole.
Je lui dis que moi aussi je parle.

Publié dans Albums, Bouquinade

Super Beige (Samuel Ribeyron)

Amis du jour, bonjour !

Le billet du jour arrive un peu tard, j’ai passé mon 8 mai au boulot (ouin ouin pauvre bichette). Et là, vous vous dites : « bah, d’habitude aussi t’es au bureau ». Certes. Là, j’ai préféré traîner avec les collègues.

En retournant la bibliothèque parentale, à laquelle j’avais confié une partie de mes bouquins en attendant ma propre bibliothèque, je suis tombée sur cette petite chose, parue chez Le Vengeur Masqué. À l’époque, j’avais rencontré l’éditrice sur un salon, à Toulouse si ma mémoire est bonne. Le catalogue de cette maison est génial, et là, ce n’est qu’un aperçu !

superbeige

Sarakontkoi ?
Super Beige n’est ni super fort, ni super grand. Mais lui, il veut sauver le monde. Des gens. Enfin, il veut sauver quelqu’un. Il veut être un super héros. Alors il va falloir trouver un million de petites choses qui feront de lui ce qu’il rêve d’être.

Tenpenskoi ?
Je vais être brève sur cette question : c’est tout simple, c’est tout mignon, et surtout, c’est tout ce qu’on devrait enseigner à nos petits bouts. L’illustration est simple, vivante. Le texte pétille, sautille, essaie, tombe, s’écorche, se relève.

Et pour illustrer mon propos, quelques lignes :

Super Beige repart, sans trop y croire.
Il croise alors un arbre.
Super Beige s’éclaircit la voix…
« Bonjour, Arbre, veux-tu que je te sauve ? »

Pour info :
éditions Le Vengeur Masqué, Hors Collection, 32 pages, 12,20€

Publié dans Bouquinade, Roman historique

Le Trésor du papillon de fer (David Glomot)

Amis du jour, bonjour !

Voilà un sacré bail que je n’ai pas chroniqué de roman. Il faut dire que j’étais dans une très mauvaise passe où tout ce que je lisais terminait inéluctablement sur ma table de chevet, me culpabilisant et m’implorant de terminer ma lecture. Bon, là c’est fait, je vais enfin pouvoir passer à autre chose !

Le-tresor-du-papillon-de-fer

Sarakontkoi ?
Angleterre, 1666 – Padraig Muricellos, imposant irlandais catholique, est enfermé dans la cellule d’une sordide prison de province. Lorsque son geôlier apprend son nom, il lui fait part de sa découverte d’un livre écrit par son ancêtre qui révèlerait l’emplacement d’un trésor inestimable. Il décide donc de le prendre sous son aile, et lui demande de l’aider à remettre la main sur le fameux manuscrit depuis longtemps perdu. Mais il faudra avant tout retrouver ses anciens compagnons de piraterie, et remonter avec eux le fil de l’histoire…

Tenpenskoi ?
J’ai eu l’occasion de rencontrer David Glomot lors du festival Aïcontis (un festival de l’imaginaire). J’ai alors été intriguée par son œuvre. Déjà parce que la piraterie est un sujet que je connais très peu en dehors de Johnny Depp et Orlando Blum, je dois l’avouer. Mais aussi parce que les éditions De Borée étaient plutôt connues pour leur répertoire « terroir » que pour ce genre de récit d’aventures. Et c’est un plaisir de découvrir qu’un éditeur de chez moi publie autre chose que… des trucs de chez moi.

Bref, je vous parle d’aventures, et là, vous vous dites « ouah, mais l’aventure, c’est génial, haletant, ça nous emporte et nous fait voyager ! » Je vous réponds… y’a le pour et le contre.

Commençons par ce que j’ai aimé : le style, agréable, fluide, mais aussi joli. J’ai aimé ce côté délicieusement désuet du language du XVIIe siècle. Ca change de l’hyper-simplification de certains romans modernes. De même, on sent que David sait de quoi il parle, et que son livre est basé sur de solides recherches. En tout cas, moi qui n’y connais rien, je me suis laissée berner si ce n’est pas le cas.

Il faut savoir que le livre se découpe en 4 ou 5 grandes parties, correspondant chacun à la rencontre d’un nouveau personnage (à peu près). Et peut-être que j’ai mal appréhendé la structure dès le départ, donc je m’attendais à un récit qui soit plus dans l’action présente. Là, pour chaque nouveau personnage, on a un nouveau morceau du puzzle du Livre de Muricellos l’ancien, donc des récits de souvenirs qui, même s’ils sont très rythmés, n’en restent pas moins des souvenirs. Alors que je voulais voir les personnages avancer dans leur quête, je n’avais que le récit d’anciennes péripéties, ce qui fait qu’on n’avance vraiment dans la quête du manuscrit qu’au milieu du bouquin. Personnellement, je trouve que ça donne une certaine lenteur au texte (dixit la fille qui est passée totalement à côté de Dracula de Brahm Stocker à cause de ça !)

Mais ce n’est que ma sensibilité de lectrice et en aucun cas je ne remets en cause la qualité de l’ouvrage ou le travail de l’auteur ! D’ailleurs, si vous lisez la chronique de La Chroniqueuse de livres, vous trouverez une lectrice plus enthousiaste.

Pour info :
Editions De Borée, collection Vents d’Histoire, 301 pages, 19,90€