Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

L’École de Minuit (Maëlle Désard)

Ami du jour, bonjour !

Je répare aujourd’hui une impardonnable bévue, un effroyable oubli, une monumentale erreur (toujours plus) : je l’ai lu, je l’ai encensé, je l’ai fait gagné, mais l’ai-je chroniqué ? Nope. Je me rachète donc par ce billet, dont vous connaissez le contenu si vous me suivez sur les réseaux.

Sarakontkoi ?
Siméon, 15 ans, est un jeune hybride, mi-humain, mi-vampire, qui s’apprête à intégrer l’école de Minuit. Cette école un peu particulière accueille en fait dans le monde des Diurnes, les humains, des habitants de Minuit, le pays des créatures surnaturelles. Timide, mal à l’aise avec son corps, binoclard, Siméon n’a hérité de sa mère vampire que son régime alimentaire sanguin. Contre toute attente (surtout la sienne), Siméon parvient tout de même à se faire un petit groupe d’amis : une liche (Joël, fabriqué à base d’autres créatures mortes), un triton (Colin, un garçon-sirène) et une louve (Eir). Entre trafic de thaume (la substance magique qui fait vivre le monde de Minuit) et disparitions d’élèves, l’école paraît à Siméon de plus en plus louche… jusqu’à la disparition de sa grande sœur, qui le fait plonger à pieds joints dans une histoire qui pourrait bien le dépasser.

Tenpenskoi ?
C’est une vraie question ? J’ai A-DO-RÉ ! Le roman n’est pas exempt de défauts sur lesquels je ne vais passer que très rapidement (c’est mon billet, je fait ce que je veux) : quelques ellipses temporelles que j’ai trouvées maladroites (parce qu’un peu rapides), une ou deux conjugaisons hasardeuses, et (Maëlle, enfin !) 4 « je vous partage ». Rien d’impardonnable quoi.

Tout le reste : 20/10. Je manque d’objectivité ? Certes. Mais qu’est-ce que c’est fin ! Toujours le bon mot, toujours drôle, avec des expressions que même ta grand-mère, elle aurait des doutes dessus. Comme pour Esther, le roman est truffé de références pop, les personnages n’ont pas leur langue dans leur poche, et surtout, ils sont… improbables. Un vampire binoclard en surpoids ? Une liche dealeuse d’artéfacts magiques ? Un feu-follet agressif et grossier ? Mais vas-y, remets-en une couche. Tu peux ouvrir le roman à n’importe quelle page, tu ris ! Siméon, c’est le gamin mal dans sa peau du fond de la classe, celui qui veut qu’on l’oublie mais qui rêve de briller. C’est le fils surprotégé, dissimulé dans l’ombre d’une sœur formidable, qui doit se prouver sa propre valeur. Je m’y suis reconnue, et je suis certaine de d’autres y trouveront également cette ambiance de pause dej’ au self, entre une heure de perm et un cours de gym. Une rencontre improbable entre Malcolm et Buffy que, j’en suis certaine, tu ne peux qu’adorer !

Pour info :
éditions Rageot, 384 pages, 15.90€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

A Forgery of roses (Jessica S. Olson)

Ami du jour, bonjour !

Parfois, je reçois au magasin des services presse qui attisent vraiment ma curiosité. Alors lorsque, en plus, ma consœur et copinette me dit que c’est un coup de cœur, je dis banco.

Sarakontkoi ?
Époque indéfinie mais quand même ça ressemble beaucoup à l’époque victorienne, quelque part en Angleterre (je crois, j’ai oublié le nom du bled). Myra vit seule avec sa petite sœur malade depuis la disparition de leurs parents. Elle travaille dans l’atelier de peinture de sa mère et de son associée et subvient de justesse à leurs besoins. Son destin bascule lorsque la femme du gouverneur fait appel à elle pour peindre son fils. Parce que Myra est une prodige, sa peinture lui permet de prendre sur elle le mal de ceux qu’elle peint, et que le jeune fils du gouverneur vient de décéder. Myra n’a pas le choix. pour leur avenir à sa sœur et elle, elle doit ressusciter l’héritier d’un gouverneur qui traque les siens, et pour ça, elle doit comprendre les circonstances de sa mort…

Tenpenskoi ?
Il y avait de quoi faire ! L’idée de base est excellente : un soupçon du portrait de Dorian Gray, une enquête, un mystère… Tout était là ! Et pourtant, c’est retombé comme un soufflet. Je ne peux pas dire que j’ai détesté ma lecture, et bien au contraire, j’étais cramponnée à mon exemplaire sur certains passages !

Mais il y a un « mais », forcément, sinon je t’aurais parlé de coup de cœur bien avant… Le premier détail qui m’a gênée est un petit anachronisme : la petite sœur de Myra, Lucy, étudie la pollution du fleuve qui traverse la ville. Parler de pollution, à cette époque ? Étrange. D’autant que le crapaud qui lui sert d’animal de compagnie a été sauvé d’un déchet plastique… Et je passe les techniques médicales qui n’existaient pas encore. Bref, des petites inattentions qui m’ont complètement sortie de l’histoire, et qui auraient dû être corrigées par l’éditeur. Je vous vois les « mais c’est pas pour de vrai, c’est une histoire, et un monde imaginaire ». Hello ! Si tu me décris un monde qui ressemble au mien, dans une époque qui ressemble à une période historique que je connais, le contrat qu’on a passé toi et moi, c’est que tu dois te plier aux codes de cette époque, c’est ce contrat entre le lecteur et l’auteur qui permet la suspension consentie de l’incrédulité (en gros, toi lecteur pas critiquer histoire avec trucs qui existent pas, genre la magie). C’est comme oublier un gobelet Starbucks en plein milieu d’une scène de Game of Thrones, ça te sort du truc.

C’est le seul point noir ? me demanderez-vous. Les personnages du romans passent leur temps à rougir (ils rougissent littéralement chaque fois qu’ils se regardent), à surréagir à tout. August, le personnage masculin, souffre d’anxiété (qu’on essaie de nous rendre sexy), mais grâce à la magie de l’amour ça va mieux. Et cette histoire d’amour qui sort de nulle part, clairement forcée, portée par des dialogues insipides… je m’en serais passée (ou alors faut la bosser un peu ma petite dame !).

Franchement, c’est tellement dommage, parce que dans la narration, l’autrice a du style, et une écriture très imagée vraiment plaisante à lire ! L’action est cool, l’idée de base originale… Je le classerai dans les « oubliables corrects », la faute à un manque de maîtrise de la part de l’autrice.

Pour info :
éditions BigBang (traduit de l’anglais par Laurence Boischot), 480 pages, 22€

Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller, Roman

Inheritance Games, Tome 1 (Jennifer Lynn Barnes)

Ami du jour, bonjour !

Je m’en viens te causer d’une petite trilogie prometteuse, du genre jeux de pistes un peu dangereux, dans lesquels j’ai tout de même aimé me perdre…

Sarakontkoi ?
Avery Grambs n’a plus rien. Sa mère est décédée, son père joue les hommes invisibles depuis toujours, elle crèche chez sa demi-sœur et son copain violent… c’est à se demander si elle pourra même terminer le lycée. Tout change lorsqu’elle apprend qu’elle est l’héritière d’un milliardaire dont elle n’a jamais entendu parler, au détriment de ses propres enfants et petits enfants. Seule condition : vivre un an dans l’immense demeure du défunt, sous le même toit que les héritiers déchus. Entre jeux de séduction et intimidations, Avery se trouve plongée dans un incroyable jeu de piste. Mais est-elle un joueur ou un pion ?

Tenpenskoi ?
Pour commencer, chers éditeurs, c’est intéressant, tout de même, de préciser qu’il s’agit d’un premier tome. J’ai lu le roman en lecture commune avec ma copine Charlotte, et sincèrement, heureusement qu’elle m’a prévenue qu’on n’avait pas de résolution dans ce tome, j’aurais été terriblement frustrée ! J’ai tout de même sauté sur les éditions en VO pour pouvoir continuer ma lecture, je ne suis donc pas rancunière…

Le jeu de piste paraît dès le début très emmêlé, et je me suis sentie perdue, tout comme Avery, au milieu de ces joueurs aguerris, qui semblent constamment avoir deux ou trois longueurs d’avance. Ceci dit, le terme « page turner » n’a jamais été si approprié. Sur la fin, j’ai eu du mal à m’arrêter tellement j’étais tendue. Les jeux sont cruels, les personnages aussi. Aucun des quatre petits-fils Hawthorn ne semble digne de confiance, et pourtant chacun d’eux déchaîne les passions. Ils sont intenses, passionnés, et enfermés dans une spirale auto-destructrice. Je l’avoue, Avery est un peu ballottée par les événements, et j’ai trouvé le personnage un peu fade. Mais cette intrigue, cette intrigue…! On ne passe pas loin du coup de cœur, la faute à quelques clichés et longueurs dont je me serais bien passée.

Pour info :
éditions PKJ (trad. de l’anglais : Guillaume Fournier), 449 pages, 18,50€

Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

Angie, T1 (Marie-Aude et Lorris Murail)

Ami du jour, bonjour !

Je suis ravie aujourd’hui de te présenter un duo d’auteurs au talent incontestable (rappelons que MAM vient d’être récompensée du prestigieux prix Hans Christian Andersen) dont le partenariat s’avère d’une efficacité redoutable. C’est aussi le chant du cygne de Lorris Murail, qui signe avec cette série sa dernière œuvre dans une magnifique collaboration avec sa sœur. Et l’épopée de ce roman est tout aussi fascinante que l’histoire de ses protagonistes, crois-moi !

Sarakontkoi ?
Le Havre, début de pandémie. Angie est une gamine de 12 ans tout à fait incroyable. Elle est hypermnésique (se souvient d’absolument tout ce qu’elle voit et entend), et d’une intelligence bien trop dangereuse pour son âge. Elle vit seule avec sa mère, et se prend d’affection pour son voisin de palier, Augustin Maupetit, un capitaine de police taiseux et grincheux immobilisé dans un fauteuil roulant à la suite d’un accident sur les docks. Maupetit, aidé de sa chienne Captain, était sur une affaire de trafic de drogue et de meurtre lorsqu’il a été percuté par une moto. D’abord ennuyé par cette gamine un peu collante, il se prend vite au jeu, et en fait son assistante de terrain, ce qui risque fort de la mettre en grand danger…

Tenpenskoi ?
Les enquêtes policières à la française, chez moi, ça sent jamais bon… en vrai, ça a souvent un petit côté ringard de Derrick, tu vois le genre ? Du coup, Marie-Aude et Lorris ne partaient pas gagnants. Mais j’avais reçu le roman pour une rencontre VLEEL (Varions les Éditions en Live, le compte d’Anthony qui fait un super taf pour organiser des rencontres virtuelles avec des auteurs et des éditeurs). Alors il fallait bien que je le lise. Et puis, je ne refuse jamais un Murail. Et tel est pris qui croyait prendre, je suis tombée dans le panneau de ce roman tout à fait inclassable. Oui, c’est un policier… Mais jeunesse ? Potentiellement. Pas forcément. C’est l’histoire d’une disparition. D’un trafic. D’une gamine géniale. D’un capitaine de police qui craint de rester sur le carreau. D’une mère célibataire. De tout ça. C’est écrit avec une intelligence folle, chaque ficelle d’intrigue se tricottant avec les autres à l’insu du lecteur. Et quand tu t’y attends le moins, boum !, on tire sur un fil, ça détricote mais ça fait autre chose de tout aussi génial.

Et la légèreté de ce style, on en reprendrait bien une part (ça tombe bien, c’est un tome 1, j’ai le 2 sur mes étagères, donc tu en entendras des nouvelles) ! Je te parlais de l’histoire de ce roman : c’est celle de deux frangins, dont l’un, très malade, décide de dédier les dernières années de sa vie à écrire un romans à quatre mains avec sa sœur. Les coups de téléphone le soir, les séances de travail erratiques, épuisantes, les insomnies de l’un qui nourrissent la plume de l’autre. Tout ça sur 4 tomes, dont le dernier sera un ultime hommage de la grande Marie-Aude Murail à ce frère dont elle est si fière. Lis-le, quel que soit ton âge, c’est top !

Pour info :
éditions l’école des loisirs, collection M+, 448 pages, 17€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Londinium, T1 : Un Lapin sous le dôme (Agnès Mathieu-Daudé)

Ami du jour, bonjour !

Attardons-nous aujourd’hui sur un roman qui serait passé tout à fait inaperçu dans ma vie de lectrice et de libraire si je ne l’avais pas reçu, là encore, dans le cadre d’une visio VLEEL (Varions les Éditions en Live, pour rappel). Et quelle perte c’eût été !

Sarakontkoi ?
Dans Londinium cohabitent les Hommes et les Animaux. Ces derniers sont dotés de parole, et vivent peu ou prou comme leurs compatriotes humains. C’est là que vit Arsène, lapin de son état, détective (le meilleur !) de profession. Alors, lorsque son meilleur ami lui demande de retrouver une jeune lapine dont il est fort épris, Arsène mène l’enquête. Cette disparition n’aurait-elle pas un lien avec les attaques de renards, les nouvelles lois peu favorables aux animaux, ou encore d’étranges vols commis un peu partout ? Ses investigations conduiront Arsène jusque sous le Dôme, cet espace privilégié où les Animaux ne sont pas vus d’un très bon œil…

Tenpenskoi ?
Comme je le disais en début de billet, ce n’est franchement pas le roman qui me faisait envie quand je l’ai reçu. Mais c’est l’école des loisirs, et je suis curieuse, parce que je sais qu’ils proposent en général des textes de qualité. Et puis tout ça avait un parfum de Watership Down et de Zootopie, mêlés à du Hercule Poirot (parce que même si Arsène porte le prénom d’un certain Lupin, il n’en a pas moins quelque ressemblance avec un détective belge que j’affectionne particulièrement, doublé d’un locataire de Baker Street).

Alors on te parle d’un roman jeunesse, mais en soi, ça ne l’est pas plus que Watership Down ne l’était ; l’anthropomorphisme a cela de trompeur qu’on a tendance à l’attribuer seulement aux jeunes lecteurs. Il n’empêche que les sujets peuvent être d’une gravité toute adulte ! On y parle discrimination, remaniement social et sociétal, migration de population, ghettos, misère sociale et j’en passe. Et pourtant, ces petits lapins, souris et autres blaireaux, ça rend tout ça diablement accessible. Un roman très court, pourtant parfaitement efficace dans son dérouler. Il ne manque rien, tout y est. C’est un chouette voyage à travers l’Histoire de ce début de XXe siècle, et les conflits qui l’ont jalonné. J’ai aimé, donc.

Pour info :
éditions école des loisirs, collection M+, 208 pages, 14.50€

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

La Maison Chapelier (Tamzin Merchant)

Ami du jour, bonjour !

Aujourd’hui, on se tourne vers la littérature jeunesse avec un roman qui m’a été envoyé par Gallimard Jeunesse. Le bouquin sort demain, et si tu traines un peu se les réseaux ce soir, tu auras un avant goût de ce qui t’attend ! Entre magie et aventure, la promesse est-elle tenue ?

Sarakontkoi ?
Dans le monde de Codelia Chapelier, l’artisanat renferme une étincelle de magie, présente en chacun de nous. Cette magie est transmise à travers les créations des artisans (chapeaux, gants, capes, bottes et autres montres et cannes) à celui qui les porte. Le père de Cordelia a disparu en mer alors qu’il était parti chercher une plume très rare pour le chapeau du roi. Cordelia, persuadée que son père n’est pas mort, compte bien le retrouver, même si pour cela, elle doit déjouer les complots qui menacent la Cour d’Angleterre.

Tenpenskoi ?
Pour commencer, et comme je l’ai mentionné sur Instagram, j’ai toujours très peur des romans destinés à cette tranche d’âge. Je trouve que beaucoup d’auteurs qui écrivent sciemment pour les jeunes, en particulier pour les 10-13 ans, ont tendance à infantiliser leur lectorat, et à nous pondre des romans que je qualifie de « sautillants » (parce que j’imagine toujours une gamine avec des couettes, une petite jupe et une sucette qui sautille en chantonnant). Bref, ça se veut loufoque et gai… mais avouons que parfois, c’est trop.

Ici, je ne cacherai pas que le roman est un peu sautillant. Pas au point de me faire soupirer d’agacement, c’est déjà ça. La volonté est clairement de créer un monde fantasque et coloré, et pour le coup, c’est réussi. L’intrigue est bien menée, et si l’un des gros méchants est grillé illico (parce qu’il est vraiment très méchant), il y a quand même un(e) des antagonistes qu’on avait pas vu venir. Le roman est parfois drôle, de temps en temps surprenant dans certaines thématiques qu’on croise l’air de rien et qu’on attendait pas, et là, c’est chapeau !

Mais j’avoue, je ne l’ai pas trouvé touchant. Et si l’aventure et l’enquête m’embarquent, j’ai du mal à éprouver une quelconque empathie pour cette fillette. Je parviens à être en colère avec elle, à rire avec elle, mais pas à ressentir sa tristesse suite à la perte de son père. La faute à des personnages un peu survolés. Et c’est ce maque de profondeur que je reproche justement aux romans 10-13. On fait la part belle aux intrigues, pour garder le lecteur éveillé, mais pour le reste, développer un personnage est visiblement perçu comme secondaire. Ce qui fait que ces petits gars, c’est plutôt des fonctions (le rigolo, le peureux, l’ami, le combatif, etc.) que de réelles personnalités. Donc ça ne me touche pas.

On ne pourra pas enlever au roman son style et sa traduction, c’est du beau travail. Vocabulaire recherché, jeu sur les sonorités et les rythmes. Non, vraiment, de ce côté, c’est un gros plus ! Une bonne lecture donc, surtout lorsque tout le complot se met en place et se dévoile, mais pas un coup de cœur, parce que j’aurais clairement aimé y trouver plus de profondeur.

Pour info :
éditions Gallimard Jeunesse (traduit de l’anglais par Marie Leymarie), 432 pages, 18€

Publié dans BD, Bouquinade

Les Croques (Léa Mazé)

Ami du jour, bonjour !

Causons graphique aujourd’hui, avec une petite trilogie pas piquée des hannetons parue chez un éditeur que je surveille beaucoup en ce moment parce que j’apprécie leur ligne éditoriale ; les éditions de la Gouttière.

Sarakontkoi ?
Les parents de Céline et Colin, les jumeaux terribles, tiennent une entreprise de pompes funèbres ; du coup, ils sont la risée des gamins de l’école, qui les appellent les Croques, sympathique diminutif pour croque-mort. Après une Nième bagarre, les jumeaux sont renvoyés chez eux et consignés à domicile jusqu’à nouvel ordre. Il ne leur reste qu’à jouer dans le cimetière… où ils découvrent d’étranges marques sur certaines sépultures. Ils décident de mener l’enquête. Mais lorsqu’ils font une macabre découverte, personne ne semble disposé à les croire…

Tenpenskoi ?
Une petite merveille. On les aimes ces deux fortes têtes, franchement pas fortiches à l’école, plutôt du genre à avoir toujours une bêtise derrière la tête. C’est d’ailleurs tout le fond du problème : à force de bêtises, leurs parents, épuisés, finissent par ne plus les croire. Le cimetière est un décor inhabituel dans les bandes-dessinées pour enfant et l’aura de mystère qui plane n’en est que plus épaisse. Alors oui, du coup, on a un meurtre. C’est pas sanglant, mais bon, quand même, faut le savoir.

Le dessin est tellement beau ! Léa Mazé a réalisé pour notre plus grand plaisir de magnifiques aquarelles et les a parfaitement mises en cases. La réalisation des planches est tout aussi parlante que le dessin et le scénario. J’ai aimé traverser les grandes planches de silence comme les plus turbulentes. Et non seulement c’est beau et drôle, mais en plus, chacune des BD de la trilogie prend son lectorat très au sérieux. C’est une vraie enquête avec des personnages hauts en couleur. Bref, je ne peux qu’en recommander la lecture. Et encore, je n’ai pas encore parlé du travail de fabrication ! Les couvertures sont superbement ornées d’un titre au fer à dorer et les illustrations sont, encore une fois, à tomber. Bref, un bel exemple de coopération auteur/éditeur (c’est en tout cas l’impression que ça donne) pour une BD récompensée par le prix ACBD.

Pour info :
éditions de la Gouttière
Tome 1 (Tuer le temps) : 72 pages, 13.70€
Tome 2 (Oiseaux de malheur) : 72 pages, 13.70€
Tome 2 (Bouquet final) : 96 pages, 14.70€

Publié dans Bouquinade, Roman

Les Sept Sœurs, T1 : Maia (Lucinda Riley)

Ami du jour, bonjour !

Une fois n’est pas coutume, je te parle d’un premier tome sans avoir lu la suite de la série (si tu suis le blog depuis un petit bout de temps, tu sais que je préfère te parler de la série dans son intégralité). Mais là, c’est l’été, et pour le coup, c’est une chouette lecture pour l’été. Donc l’un dans l’autre, c’est une bonne idée de t’en parler maintenant. CQFD.

Sarakontkoi ?
Un riche millionnaire adopte à travers le monde 6 petites filles qu’il nomme d’après les Pleiades. À sa mort, dans de mystérieuses circonstances, il lègue à chacune d’elle un indice qui leur permettra de découvrir leurs origines, et l’histoire de leur famille. Ce premier tome suit les pas de Maia, l’aînée, qui quitte la maison familiale pour suivre les traces de son aïeule au Brésil…

Tenpenskoi ?
J’ai écouté le roman sur Audible, après avoir décidé qu’il était important pour moi de découvrir ce best-seller qui enflamme nos lectrices à la librairie (soyons honnêtes, le lectorat est plutôt féminin…). Pour ne pas perdre le précieux temps que je ne trouve déjà pas pour lire les romans que j’ai dans mes étagères, j’ai opté pour l’audio. Et pour être tout à fait honnête… j’ai bien aimé ! Ce fut une lecture/écoute très récréative, qui m’a emportée à travers le début du XIXe chez les nouveaux riches de la haute société de Rio de Janeiro. On y suit la conception et la construction du Christ Rédempteur sur le Corcovado, en même temps que l’histoire de l’aïeule de Maïa, déchirée entre son devoir de fille héritière et son envie de liberté, entre l’amour d’un père et celui d’un homme qui ne peut lui offrir ni confort ni sécurité. C’est aussi l’histoire de la jeune Maïa, trop longtemps enfermée dans sa petite vie reculée à la villa d’Atlantis, poussée par son père à découvrir qui elle est vraiment.

C’est une chouette enquête personnelle, mêlée à l’Histoire, et une introduction bien construite à une série qui, je l’espère, tiendra ses promesses. La fin laisse présager un mystère qui planera, je pense, sur la totalité de la série. Ce premier opus présente également les six sœurs, leurs caractères très différents, et laisse planer le doute sur l’existence d’une septième sœur (les Pleiades sont sept, et il en est plusieurs fois question au début du roman). Le style est fluide et factuel, immersif, les aller-retours entre les époques bien gérés. Bref, une lecture fort agréable qui éveille ma curiosité sur les suites. Je pense donc continuer mon écoute en saupoudrant mes temps morts des tomes suivants.

Pour info :
Traduction de l’anglais : Fabienne Duvigneau
Grand format : éditions Charleston, 527 pages, 19€
Poche : éditions Le Livre de Poche, 672 pages, 8.90€

Publié dans BD, Bouquinade

La Page blanche (Boulet / Pénélope Bagieu)

Ami du jour, bonjour !

Bon, si tu suis un peu ce qu’il se passe sur le blog et sur les réseaux sociaux, tu auras compris que (tadam !)… Chéri et moi, on s’est inscrits à la médiathèque ! Et ça, c’est génial, t’as l’impression d’avoir un super pouvoir. Genre tu lis tous les livres que tu veux, sans culpabilité, et si t’aimes pas, tu le rends juste un peu plus tôt ! Rassure-toi, ça ne m’empêche pas de continuer à faire grossir ma liste d’envies, faut pas déconner non plus !

Ce qu’il faut aussi savoir, c’est que j’ai récemment découvert Booktube. Je t’ai déjà parlé de Lemon June et de Margaud Liseuse, entre autres. Mais tu peux aussi découvrir Pinupapple & Books, Emilie de Bulledop (qui te parlera notamment lecture et dyslexie) ou encore Sita de Do cats eat Bats, pour élargir un peu tes horizons. Moi, je me bouffe ça aux petits oignons en bossant, et ça me donne des idées et des envies. Essaie, tu verras.

Bref, cette BD, je l’ai lue après avoir écouté l’avis de Lemon June, qui m’a surprise, parce que j’avais vraiment envie de la lire cette BD… Tu viens ? On va voir ce que j’en ai pensé.

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Sarakontkoi ?
Eloïse est assise sur un banc. Seulement voilà, elle ne sait pas pourquoi elle est là. Ni où elle habite. Ni qui elle est. En fait, c’est le black-out complet. Après être rentrée chez elle grâce aux papiers d’identité trouvés dans son sac, elle décide de ne rien dire à personne et de mener l’enquête pour essayer de recoller les morceaux. Mais si ce qu’elle trouvait ne lui plaisait pas ?

Tenpenskoi ?
Laisse-moi commencer par te dire ce qu’en a pensé Lemon June (Lemon, si tu passes par là fortuitement, et que tu trouves que je déforme tes propos, n’hésite pas à me corriger). Ce qu’elle a retenu de cette lecture, c’est la condescendance dont faisait preuve Eloïse. En effet, elle trouve chez elle tout un tas de livres et de DVD que l’on pourrait qualifier de best-sellers et block-busters. Bref, des trucs qu’une personne élitiste pourrait apparenter à des produits culturels bas de gamme. Éloïse jugerait donc indigne d’intérêt la personne qu’elle était avant parce qu’elle lisait ce que tout le monde lisait, et regardait ce que tout le monde regardait. Il faut savoir que Lemon défend beaucoup la diversité dans les goûts, mais surtout ne juge jamais les lecteurs qui ont apprécié quelque chose qu’elle-même n’a pas aimé. Je pense que c’est la raison pour laquelle sa réaction a été aussi épidermique.

Maintenant, ce que moi j’en ai pensé : c’est très compliqué de lire une livre sur lequel quelqu’un nous a donné un avis très tranché (que ce soit parce qu’il l’a adoré, ou parce qu’il l’a détesté), parce qu’on le lit toujours à travers un certain prisme, qu’on n’aurait peut-être pas envisagé si on l’avait découvert par nos propres moyens. Donc, ce fut compliqué de me détacher de ce qu’en avait dit Lemon. Personnellement, même si j’ai été gênée par le jugement qu’Eloïse porte sur la « culture de masse », j’ai également vu dans ce black-out la disparition d’une personne qui essayait beaucoup d’entrer dans les rangs sans réussir à se construire vraiment.
Par exemple : tu peux aimer Marc Lévy, si sa littérature te parle, et le détester, si c’est le contraire. Mais tu sais pourquoi tu l’aimes ou le détestes. Si tu le lis (ou le détestes) juste pour faire comme tout le monde, que tu ne te fondes pas sur tes goûts propres, alors la personne que tu deviens a-t-elle suffisamment de valeur et d’authenticité pour se faire une place dans le monde ? Je pense que c’est la question que le livre pose. De manière maladroite certes. Du coup, la pseudo enquête sur l’identité et les goûts d’Eloïse est sympa à suivre, mais pour moi, ça s’arrête là.

Pour ce qui est du travail de Pénélope Bagieu, j’ai toujours aimé la simplicité et la rondeur du trait, déjà dans Cadavre exquis (dont je garde un bon souvenir malgré la critique peu enthousiaste que j’en avais fait à l’époque). Ceci dit, je ne dépenserai personnellement pas 24,95€ pour ça.

Pour info :
Grand format relié : éditions Delcourt, 208 pages, 24,95€
Format poche : Le livre de poche, collection Bulles en poche, 208 pages, 9,90€

Publié dans BD, Bouquinade

Les carnets de Cerise, tomes 1 & 2 (Joris Chamblain & Aurélie Neyret)

Amis du jour, bonjour !

À portée de plume fait sa rentrée, je dirais même son retour ! Une éternité que je n’ai rien mis à jour. J’en suis profondément désolée, mais les lectures personnelles furent rares ces derniers mois, et je n’ai recommencé à lire pour moi qu’il y a deux semaines. Les préparatifs de mariage, le déménagement… Bref, tout ça tout ça ! Mais me revoilà, avec 2 ou 3 petites choses… Pour commencer, deux BD jeunesse offertes par mon chéri pour la signature de mon CDI. Il en a des idées, chéri !

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Sarakontkoi ?
Cerise est une jeune fille à l’imagination débordante. Son passe-temps favori (au grand dam de ses deux meilleures amies) : enquêter sur la vie d’inconnus croisés dans la rue, qui attisent particulièrement sa curiosité. Son rêve : écrire des romans. C’est pourquoi sa maman lui a offert des carnets, dans lesquels elle peut librement consigner ses notes, remarques et indices. Dans le tome 1, elle s’intéresse à un mystérieux vieil homme qui s’enfonce chaque jour dans la forêt armé de pots de peinture et de pinceaux. Dans le tome 2, c’est une vieille dame qui emprunte toujours le même livre à la bibliothèque qui retient son attention. D’enquêtes secrètes en cachotteries, Cerise devra concilier son instinct de détective et sa vie de jeune collégienne. Pas toujours évident !

Tenpenskoi ?
Pour le coup, Chéri a eu du nez et a su donner à la libraire de bonnes indications, puisqu’elle l’a dirigé directement vers ces deux titres-là. La fraîcheur des illustrations n’a d’égale que la candeur du texte. Une héroïne qui n’a peur de rien, un peu boute-en-train,  attachée à son vieux chapeau et à sa veste en cuire trop grande pour elle. Des problématiques de petite fille, les copines qui comprennent pas toujours, une maman inquiète, une voisine romancière… bref, à conseiller aux bout’choux qui rêvent de plume et de papier ! Prix jeunesse à Angoulême en 2014.

Pour info :
Tome 1 : éditions Soleil, collection Métamorphose, 80 pages, 15,95€ chez votre libraire
Tome 2 : éditions Soleil, collection Métamorphose, 80 pages, 15,95€ chez votre libraire