Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Rosaces & Dragons (Ielenna)

Amis du jour, bonjour !

Causons aujourd’hui d’un roman qui, à la base, m’a plutôt fait lever les yeux au ciel (dans le genre archi cucul qui en fait trop, on peut difficilement faire pire) jusqu’à ce que j’entende le pitch qu’on nous en a fait en présentation libraire…

Le Pitch :
Les habitants d’Arc-en-Flammes sont tous, dès la naissance, liés à un dragon. En général, les garçons se lient à d’imposants mâles, les filles à de gracieuses femelles. Carl est lié à Brodeverre, une minuscule et bavarde dragonne rose. Dans la famille de Carl, on est vitrailliste de père en fils. Alors être maladroit et avoir à charge un petit être si énergique, ça ne lui facilite pas la tâche. Surtout lorsqu’un étrange dragon sème la terreur dans la ville et semble s’en prendre à ses vitraux…

Mon avis :
Si on se souvient bien (et bien sûr qu’on se souvient, c’est écrit 2 paragraphes au-dessus), ma première impression, c’était « meh ». Ensuite, le pitch m’a fait pousser un petit « eeeeeh » de contentement. Et la lecture… Ma foi, rien ne m’a rebutée. Cette petite chose qui cause beaucoup trop est adorable (on veut tous une Brodeverre), bien qu’un brin excitée du bulbe. Carl est maladroit mais fait de son mieux, alors on l’aime bien. Son père est bourru et refuse de communiquer, j’ai clairement eu envie de le tarter. La mère est cool… et tous les personnage qui gravitent autour de l’enquête sont relativement sympas à suivre. Le style est correct, sans être transcendant. Mais alors quoi ?

J’ai eu l’impression d’une avalanche de péripéties qui n’étaient là que pour remplir le roman. Aucune d’elle n’était franchement nécessaire ni palpitante, sans être complètement ennuyante. J’ai eu l’impression qu’on avait un postulat de base assez intéressant, une fin que, pour ma part, j’ai appréciée (ni trop facile, ni trop ouverte). Et puis au milieu, on a mis plein de rebondissements à l’efficacité d’un ballon de basket dégonflé. Rien n’était totalement essentiel. Je veux dire : lisez Pullman par exemple. Dans un roman comme Les Royaumes du Nord, impossible de se priver d’un tout petit chapitre, d’une péripétie ! Tout est si bien intriqué que la moindre pièce manquante fait s’effondrer le bousin ! Ici ce n’est pas vraiment le cas. De plus, si on apprécie beaucoup le message d’ouverture d’esprit, d’acceptation et de réalisation de soi, j’ai plus d’une fois eu l’impression de me retrouver sur le banc d’une classe de CM2 à qui on explique ce qu’est la tolérance. C’est très scolaire quoi.

Malgré tout, je ne peux pas affirmer que ma lecture fut déplaisante. Elle reste néanmoins anecdotique.

Pour info :
éditions Slalom, 384 pages, 2025

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Fourth Wing, tome 1 (Rebecca Yarros)

Amis du jour, bonjour !

Si vous suivez un peu les réseaux (j’allais dire « la blogosphère », mais LOL, plus personne ne tient de blog en dehors de quelques millennials !), vous avez forcément vu passer ce roman, au moins une fois ! Quel.le influenceur.se n’a pas essayé de vous le vendre dans sa V.O., n’a pas taquiné votre curiosité en vous annonçant sa sortie en français ? Eh bien chers lecteurs, je l’ai lu, mouton dévoué à la cause que je suis.

Sarakontkoi ?
Violet Sorrengail, atteinte d’une maladie chronique invisible (on s’en doute, ce n’est jamais nommé), se destinait à devenir scribe. Mais sa mère, Générale à la tête de l’Académie, grande Cavalière (chevaucheuse de dragons) elle-même, en a décidé autrement : elle aussi chevauchera un dragon. Dans ce quadrant de l’Académie, où les faibles sont éliminés par la difficulté des épreuves, leurs propres camarades ou les dragons eux-mêmes, Violet devra survivre, en gardant dans son viseur le fils du chef rebelle, lui aussi forcé d’intégrer l’Académie. Et il a des raisons de la détester : c’est la Générale Sorrengail qui a fait exécuter son père et tous les autres rebelles…

Tenpenskoi ?
Moi, on m’a vendu une fantasy avec de la romance, qui n’était pas une romantasy. Quelle est la différence ? En romantasy, la romance est un peu l’enjeu du truc, à la rigueur, l’arrière-plan, on s’en fout un peu. Là, c’est limite-limite… mais j’y reviendrai.

En termes de style, je n’ai rien à dire. Mais vraiment. Rien. Ce n’est ni bon, ni mauvais. Disons que vous ne sortirez pas ce bouquin de vos étagères parce qu’il est bien écrit, mais vous ne le poserez pas parce qu’il est mal écrit. En revanche, je ne sais pas à quoi m’attendre sur la traduction… En tout cas, l’intrigue est bien menée, ça se lit tout seul. J’ai trouvé intéressant de voir Violet évoluer et se maintenir au niveau par des subterfuges divers plutôt que par la force, qu’elle n’a pas. C’est une héroïne intelligente pas (trop) casse-bonbons, ce qui change de bien des protagonistes féminines en fantasy/romantasy (coucou Feyre). Le protagoniste masculin, Xaden, est fort intéressant, physiquement intelligent (mais pas que), il se dévoile comme un bon maroilles : ça pue au début, mais en fait, c’est vachement bon.

Pourquoi je parlais de romantasy tout à l’heure ? Violet et Xaden, son soi-disant ennemi, c’est grillé qu’ils vont se sauter dessus ! Leur souffle se coupe quand ils s’approchent, elle, elle a la chair de poule dès qu’elle le voit… et on a droit à deux scènes de sexe (consenti) monumentales (10 pages !) qui ont fait grimper la température dans ma culotte Dim 100% pur coton ! Beaucoup argueront donc que ce n’est pas de la romantasy, moi je trouve qu’on flirte dangereusement avec quand même.

Le glop : une héroïne intelligente et forte, des dragons trop cools (vraiment, ce son des personnages à part entière, leurs motivations et leur mode de fonctionnement sont intéressants), la formation d’une chouette bande de camarades, et un personnage atteint d’une maladie chronique invisible (syndrome d’Ehlers-Danlos visiblement, dont souffre l’autrice). Le pas glop : mais POURQUOI quand une nana est forte, c’est le mec qui doit la valoriser ? Xaden insiste beaucoup sur la force de Violet (contrairement à d’autres personnages masculins), il la pousse à dans ses retranchements, mais pourquoi faut-il que ce soit lui qui défende sa valeur et son courage ?

Bref, lecture très sympa (mon plaisir coupable, je l’avoue), mais d’après ce que j’ai entendu du tome 2, ça me donne peu envie de m’y replonger… c’est dommage !

Pour info :
éditions Stardust (trad. Karine Forestier), 400 pages, collection Romantasy (alors les rageux !), 21.50€