Amis du jour, bonjour !
Une fois n’est pas coutume (combien de billets ai-je introduits ainsi ?) je vous parle d’un roman que j’ai terminé très récemment. Un roman que je voulais adorer, que j’ai beaucoup conseillé (sans l’avoir lu, team « je suis libraire c’est mon super pouvoir, et ne fais pas la choquée, on l’a tous fait »), notamment à ma maman, qui me l’a prêté.
Le Pitch :
Lori part assez mal dans la vie. Elle vient de perdre sa maman, son mariage est un échec et l’a laissée vidée (littéralement), sur le trottoir de la ville… Jusqu’à ce coup de fil d’un avocat qui lui apprend que l’héroïne des histoires du soir que lui racontait sa mère existe… enfin, existait, puisqu’elle vient de décéder en lui confiant une mission des plus importantes : parcourir la correspondance qu’elle a entretenue avec la mère de Lori pour écrire une préface à son livre d’histoires, Les Histoires de Lori…
Mon avis :
Je voulais très très fort aimer ce roman. Et là, vous attendez un méchant « mais ». Je vous rassure, le « mais » arrive ; il sera cela dit moins punitif que d’autres que j’ai pu écrire.
Le roman a de très bons ingrédients : un cottage cosy en Angleterre, quelques cookies d’avoine, des promenades en forêt, de vieux albums photos dans lesquels on aime fouiller, des lettres manuscrites, des mystères, une enquête et une (presque) marraine la bonne fée ! La vie de Lori est si triste au début du roman qu’on est presque atteint d’un syndrome de Cendrillon lorsqu’elle est recueillie par M. Willis, l’avocat de la fameuse Dimity. Et lorsqu’au milieu du roman, Salagadou la magicabou, Lori est fraîche et pimpante, la voilà qui quitte le Nouveau monde pour se rendre en Angleterre, non sans avoir joué les Pretty Woman avec M. Willis Jr, son chaperon. Jeune M. Willis qui, pourvu d’un humour un peu lourd, agacera très vite Lori, au point de la rendre insupportable. Elle geint quand il lui montre de l’attention, l’accuse sans arrêt de se moquer d’elle alors qu’il est sincèrement maladroit, ce qui a eu tendance à me taper sur les nerfs.
Nous avons notre duo d’enquêteurs, il est temps de… eh bien d’enquêter ! Et on est déjà aux 2/3 du roman. Nous arrivons donc à l’une des critiques que j’ai à faire : je ne me suis pas ennuyée, la lecture a été assez facile (une fois oubliée la trad… passable), mais le gros de l’enquête prend moins de place que l’intro, c’est un peu déséquilibré. Et je vous dis que je passe par-dessus les erreurs de trad (certaines phrases étaient à la limite de l’agression visuelle, genre « je comprends ce que tu as voulu dire, mais c’est pas trop ça »), mais en vrai, ce malaise m’a suivie pendant toute ma lecture. Pour une simple raison : on n’utilise pas « on » (qui est un grand cornichon et soit désigne une personne indéfinie, soit remplace le « nous » en langage familier) quand le récit est au passé simple ! C’est NON. Hein hein. Le passé simple exprime un langage, sinon soutenu, au moins courant. « On fit nos valise », « on commanda à boire », « on alla se promener »… beurk beurk beurk. D’autant qu’on écrit pour un lectorat adulte, qui, je l’espère, ne fait pas sa prude choquée quand on cause un peu beau, non mais oh !
Concernant l’enquête, bien que vite bouclée, elle a su éveiller ma curiosité ainsi que la petite part sentimentale de mon être. C’était chouette, et tout était là pour nous faire plonger dans le passé d’un personnage charismatique. C’est presque touchant (l’intention l’est en tout cas), presque captivant, presque doudou. En somme, une lecture pas désagréable, mais ternie par les attentes que j’en avais. Paraît que les tomes suivants sont meilleurs (et je veux bien le croire, puisque les personnages sont déjà introduits). Pour celui-ci, perso, j’aurai aimé qu’il soit plus étoffé.
Pour info :
éditions Verso (Seuil), trad. de Nicolas Ancion et Axelle Demoulin, 400 pages, 14.90€