Publié dans Bouquinade, Policier / Thriller

L’incendie (Jennifer Lynn Alvares)

Ami du jour, bonjour !

En voyant ce matin ce roman dans ma pile de romans chroniqués, j’ai gratté fort ma tignasse en me demandant si ma mémoire ne me jouait pas des tours. Pas moyen de retrouver sa trace sur les réseaux, c’est donc que je yoyotte et que je dois y remédier immédiatement.

Sarakontkoi ?
Cap Lake, Californie. Hannah, Luke, Mo, Drummer et Violet sont inséparables, si bien qu’on surnomme leur petite bande « les monstres », et passent tous leurs étés ensemble. Ce dernier été avant la fac promettait d’être inoubliable, mais au cours d’une dispute, le petit groupe déclenche un incendie meurtrier qui va ravager la ville et se propager rapidement à tout le comté. Pour couronner le tout, Violet disparaît quelques semaines après la catastrophe, et les souvenirs de ces derniers jours se sont effacés de la mémoire d’Hannah…

Tenpenskoi ?
On frôle le coup de cœur ! D’habitude, les bandes d’ados cools qui commettent un meurtre ou font une connerie, mais décident de se soutenir les uns les autres, avec tout ce que ça comporte de mensonges et de trahisons, c’est franchement pas mon truc. Genre Riverdale, c’est mort pour moi. Je partais donc un peu en traînant les pieds, mais c’est une lecture que je devais faire avec la copine Charlotte, alors je me suis un peu forcée. Bah heureusement !

C’est un thriller intelligent et franchement bien écrit dont je garde, une dizaine de mois après ma lecture, un excellent souvenir. Premièrement, il bénéficie d’une construction brillamment travaillée où se superposent plusieurs temporalités. Le roman est clairement coupé en deux. D’abord il y a l’incendie, ce monstre qui gronde et dévore, qui semble inarrêtable, et l’urgence de la survie. Cette partie, je l’ai presque rapprochée de Dry, de Neal Shusterman, que j’avais adoré. Et comme pour Dry, je ne peux que vous conseiller de garder une bouteille d’eau à portée de main. L’autrice manipule réellement les émotions de son lecteur et nous laisse complètement paumés, incapables de prendre parti pour un personnage ou un autre. Alors que les jalousies s’affutent, la peur et la méfiance s’installent. Les alibis se délitent. Les personnages sont plus que des fonctions, ils sont des boules d’émotions, d’espoir. Leur amour, puis leur colère et leurs déceptions, sont réels et m’ont crevé le cœur.

En plus de l’aspect psychologique, Jennifer Lynn Alvares assied son roman sur de solides recherches au sujet des incendies de forêt, la manière dont ils se propagent, la législation qui les entoure. Elle se base d’ailleurs sur une série d’incendies qui a bien eu lieu en 2017 de mémoire, et ont été extrêmement meurtriers et destructeurs. Donc une base solide pour rendre le récit encore plus crédible. Enfin, cerise sur le gâteau, histoire de bien nous impliquer dans la lecture, le roman commence par cet exergue : « À toutes les bonnes personnes qui peuvent commettre de mauvaises actions ». Du génie. Bref, un roman que j’ai peu vu passer, mais dont je recommande fortement la lecture.

Pour info :
éditions Albin Michel, trad. de l’anglais par Nathalie Huet, 504 pages, 19.90€

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Les Douze d’Aritsar, T1 : La Vengeance de la Dame (Jordan Ifueko)

Ami du jour, bonjour !

Il est temps aujourd’hui de sortir un peu des sentiers battus, de ces romans vus et revus. Réjouissons-nous que les SP arrivent parfois à l’improviste… dernièrement, c’était plutôt pour le pire. Là, c’est pour le meilleur.

Sarakontkoi ?
Tarisaï est la fille de la Dame, une femme froide et énigmatique qu’elle ne voit que rarement. Elle vit à l’abri du monde extérieur dans une maison au milieu des steppes verdoyantes de Swana, où elle reçoit la meilleure éducation. Puis elle est envoyée à la capitale de l’empire d’Aritsar afin d’être sélectionnée pour faire partie du Conseil du futur empereur. Une fois consacrée par le Rayon, une puissante magie qui l’unira à l’empereur et aux onze autres membres du Conseil, le vœu que la Dame a formulé est que Tarisaï tue le prince héritier. Mais comment tuer celui qu’on a juré de protéger ?

Tenpenskoi ?
Voilà un moment que je n’avais pas été aussi agréablement surprise, pour ne pas dire déstabilisée, par un roman de fantasy ! Tu découvres, dès les premières lignes, un univers riche et profond dont les parfums exotiques chatouillent tes sens de lecteur. Un brin exigeant sur le début — parce que nous avons très peu l’habitude de ce genre de fantasy, il faut le dire — le roman pose les bases d’un univers cohérent (et c’est plus que bien des lectures que j’ai faites dernièrement) et profond, gouverné par d’anciens mythes, croyances, et autres malédictions. On évite cependant l’écueil de la prophétie (dieu merci) et du personnage tout puissant pour nous dessiner, en négatif, le portrait d’une jeune fille intelligente, forte, mais effrayée et en constante demande d’amour et d’approbation. Un personnage qui, entre la première et la dernière page, aura entamé une impressionnante transformation, jusqu’à se retourner contre son essence même.

Au-delà des personnages, réels porteurs de sens, je salue la fluidité de la plume qui, sans s’encombrer de jolies fanfreluches, parvient à nous transporter dans son esquif sur la rivière paisible de son récit. J’arrête ici les métaphores ampoulées pour clarifier mon propos : je l’ai déjà écrit, j’aime les auteurs qui savent raconter des histoires, ceux qui se mettent en retrait pour mettre leur plume non au service de leur propre personne, mais à celui de leur récit. C’est simple dans la forme pour donner au fond tout le pouvoir d’envoûter son lecteur. De fait, tout le roman a presque une portée de conte, de fable, qui nous enseigne… Et bien entendu, cerise sur la Garonne, les sujets de l’émancipation, de la réalisation, du dépassement de son image, sont au centre du roman. Le tout magnifiquement traduit par Anne Delcourt, dont je salue le travail. C’est bien la première fois que je ne fronce pas le nez sur une épreuve non corrigée, parce que les seuls erreurs que j’y ai rencontrées sont de petites coquilles. Je n’ai pas râlé sur le style, sur des platitudes, ni sur des erreurs de registre ou de vocabulaire. Que du bon donc, que je vous recommande vivement !

Pour info :
éditions Nathan, trad. de Anne Delcourt, 464 pages, 19.99€

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Sorcery of Thorns (Margaret Rogerson)

Ami du jour, bonjour !

Amoureuse des romans audio en VO, je me suis récemment prise au jeu de la fantasy YA (« Young Adult », maman, ça veut dire jeune adulte) et je cherchais quelques titres en one shot (sans suite donc) que j’avais dans mes rayons. C’est ce titre qui m’est venu à l’esprit parce que j’en avais entendu pas mal de bien, et que j’étais curieuse… grand bien m’en a pris !

Sarakontkoi ?
Elisabeth, jeune orpheline recueillie par la directrice d’une des Grandes Bibliothèques d’Austermeer, a grandi au milieu de dangereux grimoires capables de chuchoter à votre oreille ou de se transformer en monstre. Elle n’a pourtant qu’une envie : devenir à son tour gardienne. Lorsqu’une nuit, après la visite du jeune sorcier Nathaniel Thorn, la bibliothèque est attaquée et la directrice assassinée, Elisabeth est désignée coupable…

Tenpenskoi ?
J’ai écouté ce roman en parallèle de ma lecture de A Forgery of Roses… eh bah c’est vachement mieux ! Déjà, ça parle de bouquins. Et ces bouquins, ils ont leur petit caractère, et apportent bien souvent au roman une touche d’humour et de fraîcheur. Les personnages ne sont pas en reste. Elisabeth évite les écueils du personnage féminin surpuissant et surdoué de la mort qui tue et s’avère être une jeune fille un peu paumée qui cherche sa place et n’a pas peur de se salir les mains. Nathaniel a ce petit quelque chose de polisson, un sourire en coin et une façon de ne rien vouloir prendre au sérieux que je trouve assez chou (mais OF COURSE il cache un passé douloureux qui le rend mystérieux quand même). Et Silas, le démon de Nathaniel est… attachant et taquin. Bref, une belle brochette.

Le complot est bien ficelé, même si l’histoire en elle-même ne propose rien de très original dans le dénouement. Je salue la performance d’avoir fait entrer dans un roman sans suite un univers cohérent et riche en même temps qu’une intrigue travaillée. Je n’ai pas de réelle critique à faire, ni sur le style, ni sur l’histoire. Ma préconisation : si vous avez envie d’un bon divertissement, bien travaillé, agréable à lire, porté par des personnages très cools, ce roman vous tend les bras !

Pour info :
éditions BigBang (trad. de l’anglais par Vincent Basset), 576 pages, 16.90€

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Monsters of Verity, T1 : This savage song (V. E. Schwab)

Ami du jour, bonjour !

Si tu suis un peu le blog, mon amour pour le roman La Vie invisible d’Addie Larue ne t’a pas échappé. Est ressortie de ma lecture une certaine curiosité pour les autres textes de l’autrice que je vois souvent passer sur les réseaux… Par conséquent, lorsque je suis fortuitement tombée sur son dernier roman sur NetGalley, j’ai sauté dessus.

Sarakontkoi ?
Une catastrophe a bouleversé le monde. Depuis, chaque crime donne naissance à un monstre. Les monstres sont divisés en trois catégories : les Corsais et les Malchais s’apparentent à des goules et à des vampires, les Sunais, plus rares, s’emparent de l’âme de leurs victimes par la musique. V-City, la capitale de Verity, est coupée en deux. Au nord, Callum Harker monnaye la sécurité des citoyens, au sud, Henry Flynn combat le mal par le mal en utilisant trois Sunais, qu’il élève comme ses enfants, pour éliminer la menace des monstres. Lorsque Flynn envoie son plus jeune « fils », August, espionner Kate, la fille de Harker, il est loin de s’imaginer que les rouages d’un complot mortel se mettent en marche…

Tenpenskoi ?
Le rythme est très saccadé. Parsemé de passages carrément haletants, le roman sait pourtant ralentir, se poser, et nous raconter. J’ai lu le roman avec Marilyn, qui apprécie de devoir pêcher les révélations au fur et à mesure du récit. Je dois dire que le début, très énigmatique, m’a pour ma part laissée perplexe. L’intrigue ne se dévoile que par touches, tantôt des souvenirs, tantôt des réflexions, et on ne commence à appréhender l’étendue du merdier que vers le milieu du livre. La deuxième moitié est d’ailleurs plus centrée sur l’action, sur la fuite.

Au-delà de ça, j’ai trouvé mon compte dans la dualité des personnages (le roman est à deux voix, celle d’August et celle de Kate). Le roman explore la nature profonde de l’être, la réelle question étant : qu’est-ce qu’un monstre ? August, torturé par sa nature de Sunai, de monstre, n’a de cesse de refouler ce qu’il est, parce qu’il n’aspire qu’à être humain. Les humains, eux, ne questionnent jamais leur nature, blâmant les monstres qu’ils créent pourtant eux-mêmes par leurs actes.

Le style fluide et la maîtrise du texte et des personnages rendent la lecture extrêmement agréable. Il s’agit d’un tome 1 qui, même s’il ne m’a pas touchée autant qu’Addie Larue, soulève d’intéressantes thématiques (visiblement chères à l’autrice) et tire assez bien son épingle du jeu. Une lecture que je conseille pour ceux qui cherchent peut-être autre chose qu’un page turner… La suite vient de sortir début février.

Pour info :
éditions Lumen, trad. de l’anglais par Sarah Dali, 400 pages, 17€

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L’Orage qui vient (Louise Mey)

Ami du jour, bonjour !

Parfois, il y a des bouquins, tu ne te serais jamais retourné(e) dessus s’ils ne s’étaient pas imposés dans ta vie. Et pourtant, ils ont mis un sacré coup de pied dans ton joli postérieur ! Je pense notamment aux livres que l’on t’a offerts (coucou Comme un roman), prêtés en te faisant promettre de les lire (hello Dix petits nègres). Et puis, depuis que je suis libraire, il y a les services de presse…

Sarakontkoi ?
Mila, 15 ans, vit avec une poignée d’autres femmes et enfants au Hameau, un minuscule village perdu au cœur de la forêt. Depuis la Rétractation, puis la Reconstruction, hommes et femmes ont dû réapprendre à vivre simplement. Une fois par saison, quelques femmes se rendent en ville pour se procurer des biens essentiels qu’elles ne peuvent pas fabriquer elles-mêmes. Cette fois, elles n’en reviennent pas seules, et cela risque bien d’éveiller les secrets les mieux gardés du Hameau.

Tenpenskoi ?
Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Je connais l’éditeur, La Ville Brûle, notamment grâce à ses albums (généralement) engagés, que je reçois régulièrement à leur sortie. Alors les écrits engagés, moi, ça me plaît, surtout s’ils ont un goût de post-apo. Cela dit, point trop n’en faut. Et surtout, il y a « engagé » et « engagé » ; l’engagement demande un certain doigté — oserais-je parler de subtilité ? — afin de rester digeste. Et j’arrête de tourner autour du pot, ici, l’assaisonnement est parfaitement dosé. C’est au travers de la vie de ces femmes, de leur organisation, de leur quotidien que l’on comprend tout l’engagement de l’autrice.

Un engagement féministe ? Je dirais humaniste. Responsable. Un brin minimaliste. Fataliste ? On aime l’ambiance dans laquelle baigne cette petite communauté… tout en ressentant une sorte d’urgence, de peur sourde, comme un sixième sens qui anticipe l’orage qui vient. Et puis il y a Mila. Mila qui sait, Mila qui protège, Mila qui atteint un potentiel qui l’effraie et qui effraie les femmes avec qui elle vit. Et enfin, l’acceptation de ce changement interne, de ces bouleversements extérieurs. Ce fut à la fois une lecture étouffante et libératrice, apaisante et éprouvante, révélatrice, servie par style épuré, et une narration au présent et à la première personne. En un mot comme en cent : efficace.

Pour info :
éditions La Ville brûle, 208 pages, 15€

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Inheritance Games : trilogie complète (Jennifer Lynn Barnes)

Ami du jour, bonjour !

Souviens-toi, je te parlais d’un presque coup de cœur sur le tome 1, la question est la suivante : que donne la trilogie complète ? Je te donne la réponse de suite mon petit !

Sarakontkoi ?
Si tu as la flemme de cliquer sur le lien que je t’ai donné pour relire le résumé, le voici. Avery Grambs n’a plus rien. Sa mère est décédée, son père joue les hommes invisibles depuis toujours, elle crèche chez sa demi-sœur et son copain violent… c’est à se demander si elle pourra même terminer le lycée. Tout change lorsqu’elle apprend qu’elle est l’héritière d’un milliardaire dont elle n’a jamais entendu parler, au détriment de ses propres enfants et petits enfants. Seule condition : vivre un an dans l’immense demeure du défunt, sous le même toit que les héritiers déchus. Entre jeux de séduction et intimidations, Avery se trouve plongée dans un incroyable jeu de piste. Mais est-elle un joueur ou un pion ?

Tenpenskoi ?
Eh bah sa maman, ça déménage ! On a rarement un instant de répit. Là où je disais à propos du tome 1 qu’Avery était un personnage assez fade et passif, dans les tomes 2 et 3, elle se prend complètement en main, pour notre plus grand plaisir. Tu te doutes qu’une adulescente au milieu de quatre jeunes héritiers, c’est une bonne recette pour un triangle amoureux, qui pourtant assoit le personnage d’Avery et lui donne presque de la profondeur. Parce que j’aime qu’elle fasse des choix, et qu’elle les assume (oui oui, je te regarde L’Été où je suis devenue jolie, genre je suis amoureuse d’un frère, je me contente de l’autre, mais je reviens sur mon premier amour quand il veut bien de moi…).

Je ne prétendrai pas que j’ai compris quoi que ce soit à leurs jeux de pistes, parce que, comme dans une partie d’escape game, même en essayant de réfléchir, je trouve ça tiré par les cheveux. C’est une logique particulière tout de même, à laquelle je n’adhère pas. Cela dit, comme la trilogie est restée cohérente, je me suis simplement laissé guider, sans réellement tenter de réfléchir aux énigmes en elles-mêmes (t’en fais pas, tout reste plausible). J’ai aimé qu’aucun personnage ne soit réellement hors de cause, tout blanc, qu’ils soient tous ambigus. C’est drôle, on a un peu le contrepied de la relation Dumbledore/Harry. Je m’explique : Dumbledore, dans le dernier tome, paraît avoir trahi Harry, et l’avoir élevé pour qu’il meure au bon moment. Ici, le choix du vieux Hawthorn de léguer sa fortune à une jeune inconnue pouvait soit relever d’un secret de famille, soit cacher un dessein plus élaboré. Oublié le petit vieux qui contrôle tout, j’ai aimé voir sa faiblesse dans son choix.

Bref, une intrigue bien menée qui s’améliore au fur et à mesure des tomes. Je n’aurais pas craché sur un arbre généalogique au début du dernier tome, parce que les révélations s’enchaînent et qu’au bout d’un moment, j’ai eu du mal à suivre, et j’ai dû chercher un résumé détaillé du tome 2, que j’avais lu plusieurs mois auparavant. Excellente trilogie donc, qui, dans sa globalité comme pour le premier volume, frôle le coup de cœur.

Pour info :
Tome 1 : éditions PKJ (trad. de l’anglais : Guillaume Fournier), 449 pages, 18,90€
Tome 2 : éditions PKJ (trad. de l’anglais : Guillaume Fournier), 432 pages, 18,90€
Tome 3 : éditions PKJ (trad. de l’anglais : Guillaume Fournier), 456 pages, 18,90€


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Les Sœurs Hollow (Krystal Sutherland)

Ami du jour, bonjour !

Tu le sais si tu me suis depuis quelques temps maintenant, les récits gores ou horrifiques, très peu pour moi. Ceci dit, quand je vois passer partout un roman qui à la base m’intriguait, je ne résiste pas. Et puis, le cracra-grrrr-grrr, ça fait moins d’effet à l’écrit, non ?

Sarakontkoi ?
Grey, Vivi et Iris Hollow ont disparu en pleine rue lorsqu’elles étaient très jeunes, et sont réapparues un mois plus tard, complètement nues. De ces quelques semaines, elles ne gardent aucun souvenir, mais une trace en forme de lune au creux du cou. Lorsque, des années plus tard, Grey disparaît de nouveau, Vivi et Iris partent à sa recherche et doivent, pour cela, replonger dans les recoins sombres de leur passé. Dans cette course contre la montre, semée de mort, de pourriture, il leur faudra éviter l’homme au crâne de taureau qui semble les pourchasser…

Tenpenskoi ?
Clairement, c’est un roman qui se lit en deux temps. La première moitié du roman est lente, et j’avoue ne pas avoir vraiment compris où j’allais. Beaucoup de mystères, de phrases à demi-mots, de confidences, de rancœurs. C’est simple, j’avais l’impression de débarquer en plein milieu d’une soirée. Jentre dans la pièce, tout le monde s’arrête de parler, et les chuchotements reprennent. Le malaise quoi. La lecture n’était pas désagréable, mais je n’étais pas dans mon assiette. Et puis j’ai compris que les révélations viendraient en temps voulu, et j’ai lâché un peu la bride.

La seconde partie, en revanche, est une fuite en avant. D’étrange on passe parfois à clairement dégueulasse, pour arriver à « ouh la la, mais qu’est-ce que je fais là ? » On retrace avec ces trois frangines irrésistiblement flippantes un passé oublié, un secret inavouable. Ca patauge, ça grouille, ça pourrit, et ça fonctionne… même si quelques éléments restent très obscures, même quand on referme le livre. Comme les sœurs Hollow, le roman exerce sur son lectorat une sorte de fascination malsaine. En dehors du rythme, l’écriture est très imagée et, pour notre plus grand dégoût, immersive. Stylistiquement, ça fonctionne aussi, tous les feux sont donc au vert. Bref, pas un coup de cœur, mais une lecture bien sympathique qui accompagnera vos soirées d’automne solitaires…

Pour info :
éditions Rageot, traduction de Lilas Nord, 384 pages, 18.50€

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Aurora Squad : Trilogie (A. Kaufman/J. Kristoff)

Ami du jour, bonjour !

Vous le savez, il me tient à cœur chaque jour de tenir mes engagements, et j’y emploie tout mon être (c’est faux). C’est donc à l’instant même où j’ai refermé le dernier tome de cette fabuleuse trilogie (également faux) que je rédige ce billet. Dans les faits, je l’ai terminé ce mois-ci, je ne suis donc pas totalement dans les choux.

Sarakontkoi ?
2380, quelque part dans la Voie Lactée. Des légionnaires de la paix sont formés à l’académie Aurora. Tyler est l’un d’entre eux. Futur chef d’escouade, il capte la veille de son Affectation un S.O.S. qui provient d’un vaisseau disparu il y a 200 ans. À l’intérieur de ce vaisseau, une unique survivante cryogénisée : Aurora. Affecté, suite à ce laborieux sauvetage, à une équipe de bras cassés qu’il n’a pas choisie, il est loin d’imaginer que c’est sur lui, son équipage et sur cette étrange fille que repose la survie de la galaxie.

Tenpenskoi ?
Bon, bah on part sur un coup de cœur ! Si tu me suis sur les réseaux, tu m’as entendue qualifier la trilogie de « buddy book », référence aux fameux « buddy movies » (les films avec des groupes de copains, maman). Parce que, comme c’était le cas pour Six of Crows, la force de la série repose sur ses personnages, et sur la pure synergie qui émane d’eux. Brisés, déchirés, déconstruits, ils en ont bavé les petits. Et, miracle, je serais bien incapable de choisir un favori, ou de te dire que l’un d’eux m’a agacée. Je les ai tous aimés : Tyler, le beau gosse aux plans « jamais foireux » ; sa jumelle, l’irrésistible et vive Scarlett ; la froide et intelligente Zila ; Finn, l’incroyable mécano casse-pieds ; Kal, le guerrier torturé ; la mystérieuse Aurora. Même Magellan, l’intelligence artificielle, est incroyablement attachant !

J’en ai pris plein la poire, et c’est peu dire. Ce sont des torrents d’émotions qui déferlent sur toi, Jay et Amie n’épargnent ni leurs personnages, ni ton petit cœur, et tu auras mal, promis. Certaines scènes sont d’une intensité inattendue (oui, je l’avoue, ma gorge s’est serrée à des moments peu opportuns) ; malgré tout, la trilogie est une course contre la montre, pure adrénaline, elle ne s’arrête jamais. Et encore, je me dis que j’ai pu enchaîner les tomes ! Je n’imagine même pas ce qu’ont pu ressentir les lecteurs qui ont dû patienter entre chaque roman… On résume : des personnages au top, une intrigue barrée toujours à fond, de l’enjeu, de l’émotion… Mais fonce enfin !

Pour info :
éditions Casterman
Tome 1 : 528 pages, 17.90€
Tome 2 : 528 pages, 17.90€
Tome 3 : 544 pages, 17.90€

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L’École de Minuit (Maëlle Désard)

Ami du jour, bonjour !

Je répare aujourd’hui une impardonnable bévue, un effroyable oubli, une monumentale erreur (toujours plus) : je l’ai lu, je l’ai encensé, je l’ai fait gagné, mais l’ai-je chroniqué ? Nope. Je me rachète donc par ce billet, dont vous connaissez le contenu si vous me suivez sur les réseaux.

Sarakontkoi ?
Siméon, 15 ans, est un jeune hybride, mi-humain, mi-vampire, qui s’apprête à intégrer l’école de Minuit. Cette école un peu particulière accueille en fait dans le monde des Diurnes, les humains, des habitants de Minuit, le pays des créatures surnaturelles. Timide, mal à l’aise avec son corps, binoclard, Siméon n’a hérité de sa mère vampire que son régime alimentaire sanguin. Contre toute attente (surtout la sienne), Siméon parvient tout de même à se faire un petit groupe d’amis : une liche (Joël, fabriqué à base d’autres créatures mortes), un triton (Colin, un garçon-sirène) et une louve (Eir). Entre trafic de thaume (la substance magique qui fait vivre le monde de Minuit) et disparitions d’élèves, l’école paraît à Siméon de plus en plus louche… jusqu’à la disparition de sa grande sœur, qui le fait plonger à pieds joints dans une histoire qui pourrait bien le dépasser.

Tenpenskoi ?
C’est une vraie question ? J’ai A-DO-RÉ ! Le roman n’est pas exempt de défauts sur lesquels je ne vais passer que très rapidement (c’est mon billet, je fait ce que je veux) : quelques ellipses temporelles que j’ai trouvées maladroites (parce qu’un peu rapides), une ou deux conjugaisons hasardeuses, et (Maëlle, enfin !) 4 « je vous partage ». Rien d’impardonnable quoi.

Tout le reste : 20/10. Je manque d’objectivité ? Certes. Mais qu’est-ce que c’est fin ! Toujours le bon mot, toujours drôle, avec des expressions que même ta grand-mère, elle aurait des doutes dessus. Comme pour Esther, le roman est truffé de références pop, les personnages n’ont pas leur langue dans leur poche, et surtout, ils sont… improbables. Un vampire binoclard en surpoids ? Une liche dealeuse d’artéfacts magiques ? Un feu-follet agressif et grossier ? Mais vas-y, remets-en une couche. Tu peux ouvrir le roman à n’importe quelle page, tu ris ! Siméon, c’est le gamin mal dans sa peau du fond de la classe, celui qui veut qu’on l’oublie mais qui rêve de briller. C’est le fils surprotégé, dissimulé dans l’ombre d’une sœur formidable, qui doit se prouver sa propre valeur. Je m’y suis reconnue, et je suis certaine de d’autres y trouveront également cette ambiance de pause dej’ au self, entre une heure de perm et un cours de gym. Une rencontre improbable entre Malcolm et Buffy que, j’en suis certaine, tu ne peux qu’adorer !

Pour info :
éditions Rageot, 384 pages, 15.90€

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L’Empire du vampire, T1 (Jay Kristoff)

Ami du jour, bonjour,

Laisse-moi te conter l’histoire de ma rencontre avec Jay Kristoff. Pas physique bien entendu (bien que cette lecture ait été motivée par sa venue dans mon Auvergne chérie, et ma collègue adorée), mais littéraire. Et quelle rencontre !

Sarakontkoi ?
Depuis 30 ans, le soleil est voilé, et la guerre qui oppose l’humanité aux vampires a clairement tourné à l’avantage des buveurs de sang. Seul rempart contre les monstres, l’Ordre d’Argent, constitué de bâtards mi-vampires, mi-humains, est quasiment éteint. Dernier des siens, Gabriel de Léon est prisonnier de ces êtres qu’il a juré de combattre. Il doit pourtant, pour survivre, leur raconter son histoire, et sa quête du dernier espoir de l’humanité : la Saint-Graal.

Tenpenskoi ?
Mama mia que c’est dense ! Intense, maîtrisé, tout en profondeur, complexe dans sa narration, et pour autant tout à fait accessible (je l’ai écouté en anglais, c’est dire), c’est un petit bijou de littérature fantastique. Je ne fais pas durer le suspens ! Je l’ai dit plusieurs fois déjà, de maintes façons, j’aime les univers développés. Je ne veux pas qu’on me fasse un cours d’histoire-géo pour tout m’expliquer ; le talent d’un bon auteur réside dans sa capacité à infuser dans sa narration un décor suffisamment pensé pour que le lecteur soit à l’aise dans sa progression. Lire un roman, pour moi, c’est comme regarder le monde derrière ma fenêtre : je n’en vois qu’une partie, mais pour comprendre ce qui se passe dans ma rue, je dois pouvoir, si j’en ai envie, sortir la tête, me pencher et voir au-delà de mon jardin. Récemment, j’ai fait beaucoup de lectures où le paysage était très beau, mais dès que je voulais me pencher pour admirer la complexité du monde, je me cognais à un joli tableau très bien peint, mais sans profondeur, étriqué. Je ne sais pas si tu comprends, mais c’est ce que je ressens. Ce n’est pas le cas ici, puisque le rythme des descriptions, des explications et des scènes d’action est clairement étudié.

Les personnages détestables sont délectables, les héros ne le sont pas vraiment, et avec tout ça, on se questionne sur le Bien et le Mal, et les motivations de chacun. Très honnêtement, j’aurais tendance à dire qu’on ressent tout l’amour de l’auteur pour ses personnages, ceci dit, vu les épreuves par lesquelles ils passent (incluant la mort), je soupçonne un certain sadisme chez Jay Kristoff (qui se confirme à la lecture de ses autres romans). Alors oui, le récit est par moment aspergé d’hémoglobine, de torture, de trahison, mais qu’est-ce que c’est bon ! Bref, tu l’auras compris, je suis conquise, et je me suis d’ailleurs plongée dans une autre trilogie de l’auteur dont je te parlerai… j’ai envie de dire « très vite », mais ça dépendra de l’ordre de publication de mes billets !

Pour info :
éditions De Saxus, traduit de l’anglais (australien) par Benoît Domis, 953 pages, 24.90€