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Le mot du jour : ductile

Amis du jour, bonjour !

J’avoue, aujourd’hui, je n’étais pas motivée… non que je n’aie pas envie de partager avec vous un de ces mots uluberluesques qui trotte dans ma tête, mais je n’avais simplement pas d’idée. Rien. ZE page blanche dans ma tête. Alors, je me suis creusé les méninges, et j’ai fait appel à d’anciennes connaissances pour vous sortir…

Le mot du jour : ductile.

Je vais faire appel à vos souvenirs d’enfance (sauf pour ceux qui ont raté cette étape tellement géniale de la vie) : avez-vous déjà torturé une boule de pâte à modeler ? Si non, vous avez probablement fait de petites boules de peau de Babybel ? Si non encore, je ne peux plus rien pour vous.

Bref, le rapport entre ductile et la pâte à modeler : diriez-vous que la pâte à modeler est liquide ? Non. Solide ? Pas tout à fait. Eh bien, ces matériaux qui se déforment sans pour autant être liquides sont dits ductiles. Plus exactement, le TLFI le définit ainsi : « qui se laisse étirer, battre, travailler sans se rompre. » Vient du latin ductum, qui veut dire conduire (bah oui, conducteur) => qui se laisse conduire, donc maléable, CQFD.

Poussons l’info jusqu’au bout. Disons que la Terre est une pêche (pourquoi une pêche ? parce qu’il me faut un noyau) : la peau, c’est la croûte terrestre. La chair, c’est le manteau (grosso merdo) et le noyau… bah c’est le noyau. Toi, tu penses depuis la primaire que les continents sont la croûte de la terre. Jusqu’ici c’est bon. Mais on te dit qu’ils se déplacent sur le mateau. Toi, tu imagines comme moi : un lac de lave avec des petits radeaux de croûte qui se baladent tranquillou pépère. Bah nan. Le manteau terrestre, il est pas liquide. La roche est en fusion, mais elle reste relativement solide. Elle est ductile. On fera un Sors ta science sur le sujet 😉

Voilà les loulous, je vous laisse, pour ceux qui ne l’ont jamais fait, faire de grosses boules de peau de Babybel. Et moi, je vous dis à la prochaine !

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Le mot du jour : pogonologie

Amis du jour, bonjour !

Ce matin, en déposant Chéri au bus, j’allume, comme tous les matins, ma radio sur France Bleue Pays d’Auvergne (ouah la chauvine !). Après les (mauvaises) nouvelles du jour, la chansonnette qui fout la patate dans ta radio et deux-trois jingles sur les pompes funèbres locales, arrive le billet d’humeur du chroniqueur. Et là, il me sort un mot qui me fout la chair d’ampoule (si si), celui qui met mon cœur en joie, fait frétiller mes noreilles, celui que personne ne connaît et que j’attends à longueur de journée pour vous le ressortir ici. Il me sort :

Le mot du jour : pogonologie.

Patience Hortense (juste parce que ça rime), c’est pas que le mot ait un effet ouah, mais c’est que je suis trop contente de le faire entrer dans mon vocabulaire. Parce qu’il est la preuve qu’aujourd’hui encore, les mots que je l’on crée ne sont pas que le fruit d’ados attardés (pardon à toi, jeune boutonneux) mais aussi celui de recherches passionnées à travers le lexique grec pour nous trouver le nonm de nouvelles disciplines olympiques. Là, en termes de néologisme, on a fait plus « néo », puisque le mot daterait de 1539.

Et sans plus attendre, je vous le donne en mille, la pogonologie, c’est… l’étude du poil, et plus spécifiquement de la barbe, la manière de la tailler, mais aussi sa signification sociologique. On comprend aisément son intérêt aujourd’hui, alors que les barber shops recommencent à peupler les devantures de petites boutiques dans les rues piétonnes et que le hipster est roi de la jungle H&M. Le culte voué à la barbe, comme la haine vouée aux poils pubiens, donnent à ce mot ses lettres de noblesse. Et la petite étymologie grecque (de pôgôn qui signifie barbe et logos qui signifie discours) nous fait passer pour un érudi, et ça, c’est magique !

Faites un tour sur cet article, très court et très amusant… en attendant le prochain mot que nous croiserons.

PS : je vous invite grandement à me faire parvenir vos propositions de mot du jour ! Pour ceux qui ne souhaitent pas créer de compte WordPress pour pouvoir commenter les articles, n’oubliez pas que vous pouvez le faire via la page Facebook de Derrière mes Binocles !

Sincères poutous.

 

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Le mot du jour : hypocoristique

Amis du jour, bonjour !

Aujourd’hui, c’est jeudi, et jeudi c’est… bah rien de particulier en fait. Jeudi c’est nul. Moi j’aime pas le jeudi, il a mauvais karma. Quoi que, aujourd’hui, c’est un jeudi où j’ai l’impression d’être un mercredi. Donc quand je me dis que demain, c’est déjà vendredi, j’aime ce jeudi !

Tout ça pour ne rien dire, pas même introduire le mot du jour, qui m’a sauté à la figure hier, alors que je cherchais pourquoi joujou prenait un x au pluriel (pour ceux qui ont lu le Sors ta science d’hier).

Le mot du jour : hypocoristique.

Mais qu’il est compliqué ce mot ! Cela dit, rien ne sert de le retenir jeunes padawans. Savoir qu’il existe est déjà suffisamment intéressant.

On a tous parlé à un enfant comme un… eh bien, disons-le, un attardé. Ce langage enfantin, que l’on veut doux et affectueux, imitant souvent le langage de l’enfant, est qualifié d’hypocoristique. On parle notamment (et c’est là que c’est intéressant) de redoublement hypocoristique (exemples : joujou pour jouet, dodo pour dormir, ou, comme aime me dire Chéri, veveste dans la mémorable élocution : « je vais mettre une veveste, il fait froid »).

Pour les autres exemples, je citerai le linguiste français Louis Leboucher, dit Georges Mounin : 

Les procédés formels employés pour créer des termes hypocoristiques sont par exemple les suffixes dits « diminutifs » (fillette), le redoublement (chien-chien, fifille), l’abrègement des prénoms (Mado, Alec), ou le choix de termes conventionnellement hypocoristiques (mon petit poulet, mon chou).

Vous savez à présent que l’on peu donner un nom qui en jette sa maman à nos petites débilités 😉

 

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Sors ta science #7

Amis du jour, bonjour !

On n’en peut plus de ce puits de sciences qui nous abreuve de son savoir et de son brillant humour ! Et qu’est-ce qu’on se marre ! Bon, second degré mis à part, hier, Chéri et moi étions dans la salle de bain, moi la brosse à dents dans la bouche essayant de ne pas déverser 8 litres de salive sur le carrelage, et Chéri se rinçant rêveusement (depuis 20 minutes). Lorsque tout d’un coup, je ne sais quel mot lui vient à la bouche (ce serait coquinou que ça ne m’étonnerait pas) et le voilà qui me parle de pluriel en x.

Non ! m’exclame-je, avant de déballer la tristement célèbre litanie « bijou caillou chou genou hibou joujou pou ». Et là, il me pose une question qui me laisse coite (se prononce kouate, bande de petits cochons) : pourquoi ceux-là prennent-ils un x et pas les autres ? A-t-on voulu torturer les écoliers, là-haut, à l’Académie ? Que nenni brave lecteur ! Ils ont simplement échappé aux multiples simplifications qui sont passées et repassées sur notre langue française.

Je ne pourrai malheureusement pas tous vous les expliquer, mes recherches s’étant avérées peu fructueuses… je peux au moins vous en expliquer quelques uns, notamment par leur étymologie, puisque dans le cas de chou, genou et pou, les mots ont été tronqués de leur l final au fil des siècles. Remercions la fainéantise des « écriveurs », qui pour gagner de la place sur leur parchemin ont remplacé la fin du mot pluriel par un simple x. Ainsi :

  • caulem (latin) → chol → chou => au Moyen-Âge, on écrivait un chol / des chous. Pour gagner de la place sur les parchemins, il était d’usage de remplacer le -us par un simple -x, donnant ainsi des chox. La prononciation restant [chou], il a bien fallu remettre le u à sa place pour que le son colle à l’orthographe.
  • genuculum (latin) → genouil → genou => le -ls de genouils a simplement été remplacé par un -x.
  • pediculum (latin) → pouil → pou => le -ls de pouils a simplement été remplacé par un -x.

La flemme explique des tas de choses… Pour ce qui est de leurs 4 autres compagnons, si vous avez des pistes, je suis preneuse !

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Sors ta science #6

Amis du jour, bonjour !

Qu’il est compliqué de reprendre sa semaine un mardi, après ce merveilleux week-end londonnien ! Un jour, il faudra que je vous parle de Wicked, pour ceux qui ne connaissent pas. Et je fais allusion à la comédie musicale (qui est bien plus que ça !), et pas au roman, qui est… décevant.

Bref, je commence facile. Nous avions, lors d’une pause déjeuner la semaine dernière, une discussion fort intéressante avec mes collègues. L’une d’entre nous étant polonaise d’origine, elle nous expliquait les difficultés qu’elle avait pu avoir pour comprendre certaines expressions ironiques du type de celle qui nous intéresse aujourd’hui : ça me fait une belle jambe.

Il faut savoir qu’au XVe siècle, le style vestimentaire des hommes a commencé à changer. Ils portaient alors des hauts-de-chausse (sorte de corsaires qui allaient de la taille au genou) et des bas-de-chausse, genre de mi-bas. Ces derniers mettaient particulièrement leurs jambes en valeur. Au XVIIe d’ailleurs, il était de bon ton de montrer un beau galbe de mollet ; ainsi ces messieurs « faisaient-ils la belle jambe ».

C’est là qu’est apparu l’ancêtre de l’expression qui nous intéresse : « cela ne me rendra pas la jambe mieux faite », donc ça n’arrangera pas mes affaires, ça ne servira à rien. Par ironie, on a gommé la négation => « ça me rendra la jambe mieux faite ».

Vous comprenez donc aisément comment nous en sommes arrivés à notre « ça me fait une belle jambe ». Fait amusant, alors qu’on pourrait prêter une origine féminine à cette formule, c’est bien de la coquetterie des hommes que l’on se moque !

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La pensée qui panse #15

Amis du jour, bonjour !

Honte à moi, hier j’étais trop épuisée pour poster quoi que ce soit ! Je pense bien que votre cosmos s’en est trouvé anéanti. Mes yeux sont restés rivés sur l’écran de mon ordinateur de bureau toute la journée, si bien qu’à la fin, ils étaient tellement secs qu’ils crissaient quand je clignais.

Du coup, je me rattrape aujourd’hui avec, une fois n’est pas coutume, une réflexion personnelle. Ce matin, j’écoutais France Bleue Pays d’Auvergne en allant au boulot. Horoscope, infos (que j’essaie égoïstement de ne plus écouter), puis est arrivée la traditionnelle météo. Et là, après un sponsor chelou que je n’écoute jamais tellement je m’en fiche comme de ma première culotte (Tryba, porte volets et fenêtres je crois), le présentateur commence par « aujoud’hui, pas mieux qu’hier, on ouvre les volets sur des grisailles matinales ». Oui, notre début de printemps n’est pas très ensoleillé.

Alors je me suis dit ceci : personne n’aime la pluie. Et la question qui m’est venue est : déteste-t-on réellement la pluie ? Ou est-ce le discours négatif de M. Météo qui nous fout le cafard ? Grisaille, en plus, c’est moche comme mot… S’il nous disait plutôt « encore une belle journée pour observer les escargots, sortez le ciré et les bottes de pluie et allez vous promener » ?

Tout est histoire de perspective. Moi j’aime bien la pluie. Quand il fait froid, je mets un pull de plus. J’aime bien le soleil aussi. Alors je me dis que si le message était plus positif… Du coup, je cite un de mes dessins-animés préférés, j’ai nommé Chicken Run (courez le voir si ce n’est déjà fait) :

« Tout ça, c’est dans ta tête M. Tweedy ! »

Tout ça, mes amis, c’est dans votre tête. Sortez les parapluies-grenouille, enfilez un col roulé, la pluie n’a jamais tué personne 🙂

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Sors ta science #5

Amis du jour, rebonjour !

Bon, visiblement, la Pensée qui panse suffit à peine à calmer ma trépignante collègue, au point qu’elle me donne elle-même un mot du jour, histoire de.

Fred, du coup, c’est toi Jules aujourd’hui, donc je te rends ce qui est à César. L’info du jour, amis étaleurs de confiture, concerne une expression dont nous usons et abusons sans même nous préoccuper de la réponse qu’elle suscite : comment allez-vous ?

Bon, de nos jours, on fait plus dans le flegmatique « ça va ? » (et non SA va, on ne le dira jamais assez). Mais savez-vous bien ce que vous demandez à votre interlocuteur ?

Pour le savoir, nous devons remonter à la fin du Moyen-Âge, disons début Renaissance. À l’époque, la médecine « premiers soins » — dispensée au plus grand nombre — consistait pour le médecin à demander au patient comment étaient ses selles (son caca quoi) et ses urines. Selon la consistance, la couleur et l’odeur, il pouvait alors faire un premier diagnostique. La question communément posée alors par ledit médecin était la suivante : « comment allez-vous ? » sous entendu « comment allez-vous à la selle ? »

Du caca à votre humeur du matin, il n’y a qu’un pas. Donc ce fameux « comment allez-vous ? » est devenu notre façon de nous informer de l’état de santé physique et mentale de notre interlocuteur. La flemme aidant, l’expression est devenue « ça va ? » mais ne perd pas son sens premier.

Donc, moi qui déteste demander aux gens si ça va (parce que, avouons-le, on se fout tous un peu de la réponse), je me dis que nous pourrions trouver une autre façon de nous assurer du bien-être de nos collègues…

Sur ce… portez-vous bien !

PS : je vous conseille l’excellent article de l’Encyclopédie Incomplète, très drôle de surcroît.

 

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La pensée qui panse #14

Amis du jour, bonjour !

Vous pensiez peut-être que je vous avais oubliés ? Que j’avais laissé la triste mélancolie du lundi me noyer sous ce ciel de printemps nuageux ? Eh bien non. Je suis là, fidèle au poste, avec une très juste reflexion de Doris Lussier :

« Et quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux, c’est l’humour. »

Voilà qui est intéressant. À l’heure où la parole se libère. Où chacun prend ou gagne le droit de s’exprimer. Où s’exprimer ne veut d’ailleurs plus dire grand chose. La communication est au cœur de tous les combats, de tous les débats. Mais il faut communiquer komilfo, hein ! Surtout si le sujet est grave ! Mais l’humour n’est pas toujours un manque de respect. Il peut aider à extérioriser des pensées que l’on s’interdit.

Mieux vaut ça que tout laisser pourrir, non ? 😉

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Le mot du jour : grimoire

Amis du jour, bonjour !

Second jour du printemps, le soleil pointe son nez, même s’il ne nous réchauffe pas. En tout cas, il est là quand vous vous levez. J’ai eu quelques propositions de mots du jour (rassurez-vous, cher million de fans déchaînés, je les étudie toutes). Mais celle qui a piqué ma curiosité est mon choix d’aujourd’hui.

Le mot du jour : grimoire.

Bon, là, vous vous dites : « genre, on sait trop ce que c’est un grimoire, hein, on n’est pas teubé ». Oui, vous savez, je sais, nous savons qu’un grimoire désigne un livre de sorcellerie.

À la base, cependant, un grimoire désignait un ensemble de signes à déchiffrer (imaginez Champolion devant le pierre de Rosette), et plus largement, un texte obscure, dans le sens de « incompréhensible ». Bah oui : on ne comprend pas => plutôt que d’avouer qu’on est bête, on diabolise !

Sachez que grimoire aurait la même racine que… grammaire ! Oui, encore une partie obscure de la langue pour beaucoup d’entre nous. La grammaire latine était considérée comme peu compréhensible pour le « commun des mortels ». Une sorte de charabia. Donc obscure. Donc difficile à déchiffrer. Donc on ne comprend pas. Donc c’est diabolique. Donc sorcellerie et trucs de sorcières. Donc grimoire. CQFD.

Maintenant, pour les amateur du film Ocus Pocus, vous pouvez vous balader en hurlant « Grrrrrimoiiiiiiiiiire ! ».

 

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Le mot du jour : débonnaire

Amis du jour, bonjour !

Hier soir, j’écoutais France Bleue tranquillement dans ma voiture. Dans la radio, une blogueuse parlait d’une BD qu’elle avait découverte récemment. Pour parler du personnage (de la BD), elle a utilisé notre mot du jour. Et je me suis dit : « tiens, j’aime bien ce mot. Et j’aimerais pouvoir le caser dans une conversation… Qu’à cela ne tienne, voyons ce que ça veut dire exactement. »

Le mot du jour : débonnaire.

Pour le coup, on oublie les racines latines, les cousins grecs et autres obscures origines. Restons simples, prenons 3 mots, faisons-en 1. Voilà, du 3 en 1, mieux que votre lessive Ariel. Débonnaire est en fait formé de ces 3 mots : de bon(ne) aire. Aire signifiant ici « souche, origine ». Donc le noble. Mouais.

Quand on sait que le sens premier désigne celui qui se montre secourable, je me dis « noble, mon œil ! » Ce qui est drôle, c’est l’évolution se sens. À savoir que l’on passe de secourable, à simplement « facile à vivre, conciliant ». Pour finir sur excessivement complaisant, par faiblesse de tempérament ou par bêtise.

Gentil a connu la même évolution. À croire que la bienveillance n’est appréciée à sa juste valeur.