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Le mot du jour

Amis du jour, bonjour !

C’est sous le ciel bleu de Montauban, la fenêtre ouverte sous cette douce brise hivernale (oui, c’est un oxymore) que je vous donne le mot du jour. Celui-ci nous a été soufflé par Madame notre professeur d’histoire du livre…

Le mot du jour : banlieue

Ah, ne vous arrêtez pas  à son apparente facilité ! Ne vous ai-je pas déjà prouvé qu’un mot simple en apparence pouvait cacher des sens plus complexes, voire totalement opposés à ce que nous pensions ? Ne vous ai-je pas parfois surpris par des contresens et autres jeux de mot courants dans notre belle langue française ? Bien. Alors restons concentrés. Il ne s’agit pas ici de vous dévoiler qu’une banlieue est en fait un plat malgache ou qu’il s’agit de je-ne-sais-quel-outil aujourd’hui inutilisé. Nous allons plutôt nous pencher sur l’histoire de ce mot.
Eh bien, il nous vient des années 1850. L’industrialisation fait son apparition et l’on va chercher la main-d’œuvre chez les agriculteurs, les gens des campagnes, pour remplir les postes disponibles dans les usines. Or, comme c’est souvent le cas lorsque  l’on part chercher des gens sans avoir penser qu’il faudrait aussi les loger, ces pauvres bougres se sont retrouvés logés en dehors des murs de la ville, dans ces fameuses banlieues. Pourquoi banlieues ? Eh bien parce que dans les villages, à l’époque, il y avait un homme (qui n’existe plus aujourd’hui) qui criaient les nouvelles du jour, les bans, sur la place du village. Et nos pauvres paysans, on les logeait, comme je vous l’ai dit à l’extérieur d’un périmètre de une lieue de la ville… ils vivaient donc à une lieue de l’endroit où l’on criait les bans. D’où ban-lieue.Bien entendu, aujourd’hui, les banlieue ne sont plus ce qu’elles étaient. Mais le mot est resté pour désigner ces périphéries de la ville, dont la réputation n’est pas toujours des meilleures.

Voilà !

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Le mot du jour

Alors, de cette chère ville-lumière où je me trouve ce week-end, je réfléchis un peu, et malgré l’affluence de mots qui me tombe dessus en ce moment, je choisis celui-ci.

Le mot du jour : uxoricide.

Bon, on va pas faire durer ça 3 500 ans. Un uxoricide, c’est le rêve de tout homme un jour ou l’autre. Peut-être pas de tout homme. Précisons qu’il doit être marié. Ça ne vous dit toujours rien ? Regardons donc ce mot de plus près. On a un suffixe que vous connaissez : -cide. Alors, on réfléchit et on se dit : « ah, oui, insectiCIDE ! ». Alors là, vous commencez à vous inquiéter. Qui un homme, marié qui plus est, peut-il vouloir tuer ? Eh bien uxoricide veut dire « meurtre de l’épouse par son mari », du latin uxor, l’épouse, et le suffixe –cide vient du suffixe latin –cida ou –cidem qui évoque une mort violente. À mettre dans le même sac que les mots tels que sororicide, canicide, patricide, et j’en passe…

Allez, messieurs, dites que ça ne vous est jamais arrivé ! Menteurs…

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M. Bucherer m’a dit, dans l’un de ses sages commentaires (si si, je prends très au sérieux vos remarques et conseils !), d’aller jeter un coup d’œil du côté du mot que je m’apprête à vous donner. « Vous aurez des surprises » m’a-t-il dit. Pour ça, j’ai été surprise. À votre tour.

Le mot du jour : bougre.

« Il a bon dos, le pauvre bougre ». Ça oui, bon dos. Et j’en passe… Non, non, rien à voir avec ce pauvre homme qui s’est encore fait arnaqué et dont vous riez derrière son dos (tiens tiens). Je vous le donne en mille : un bougre, à l’origine, désigne… un sodomite. Mon dieu, je vous sens offusqué. Sûrement repensez-vous à la dernière fois que vous avez utilisé ce mot.
Je vous en explique tout de même la provenance. Bougre vient de l’ancien français bogre, qui signifiait alors hérétique. Son origine remonterait au latin bulgarus, qui désignait alors le peuple bulgare, considéré comme un peuple d’hérétiques (raison pour laquelle ils étaient chassés au Moyen Âge). Par la suite, selon le TFLI, bogresse a désigné une femme qui se livrait « à une débauche contre nature » (contre nature ? hum hum).
Bien, nous avons les origines du sens d’origine (redondant tout ça). Par la suite, bougre est devenu un mot familier qui qualifiait un brave homme. Va savoir comment on en est arrivé là. D’ailleurs, il faut savoir que bougre au masculin est bien moins insultant qu’au féminin. En effet, si lorsque nos chers amis membrés sont appelés bougre, on ne décèle au pire qu’un peu de condescendance, il n’en est pas de même pour leurs homologues féminins : bougresse reste un terme extrêmement péjoratif.

Bougre de bougre, je vais faire attention à ce que je dis moi maintenant !

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Amis du jour, bonjour !

Je hais le jeudi. Depuis toute petite, le jeudi est une torture. C’est pour moi la journée la plus longue, et elle s’inscrit chaque année dans cette tradition qui veut que ce soit la plus chargée. Même si aujourd’hui, on est jeudi, mon horoscope a dit : « vous aimerez amuser la galerie ». Alors c’est parti avec ce mot du jour choisi particulièrement pour vous dans une liste soumise à moi par M. Bucherer.

Le mot du jour : boute-en-train.

Mais oui, vous le connaissez ce mot ! C’est comme ça que vous appelez le petit bout’chou de la voisine, le copain qui fait marrer tout le monde. Bref, le rigolo, celui qui gag, qui ne tient pas en place. Vous n’avez pas tout à fait tort puisque le boute-en-train, dans un second temps, a désigné (et c’est toujours le cas aujourd’hui) celui qui met tout le monde en train, « en gaieté » dit le TLFI.
Mais savez-vous qu’à la base, un boute-en-train désignait un étalon placé à proximité de juments pour les mettre en chaleur afin de leur donner envie de s’accoupler (oui, on est loin du bout’chou de la voisine !). Pour rester dans le jargon animalier, un boute-en-train est un oiseau qui, placé parmi d’autres oiseaux, est censé les inciter à chanter (plus poétique déjà).

En bref, c’est quelqu’un, ou quelque chose, qui est là pour entraîner les autres. Mais j’arrêterai d’affubler mon petit neveu de ce qualificatif, on ne sait jamais…

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Amis du soir, bonsoir !

Un mot bien tardif pour aujourd’hui (oui, on ne sait jamais ce qui va nous tomber sur le coin du nez). Rendons à Jules ce qui est à César (comme nous le faisons toujours ici, je ne suis pas un dictionnaire ambulant), le mot du jour m’a été soufflé par un vent hasardeux venant droit de chez mon professeur de librairie (pour faire court). Merci à lui donc.

Le mot du jour : aliboron.

Celui-ci, je pourrai m’en servir dans bien des situations. Connaissez-vous ces petits chefs prétentieux qui aiment mener leur monde à la baguette sans pour autant montrer la plus petite capacité dans aucun domaine ? Eh bien c’est à peut près la définition de aliboron. Le TLFI dit « sot personnage qui se croit habile en toutes choses et ne se connaît en rien. »
J’aime tout particulièrement la définition « littéraire » qu’en donne le TLFI. Une sorte d’âne. Au sens propre. Ça marche aussi.

On se plaint sans arrêt que la langue perd de sa richesse, qu’on n’a pas assez de mots pour parler de choses différentes. Eh bien varions un peu et voyons si ce déploiement linguistique laissera perplexes les aliborons qui gravitent dans notre entourage…

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… ou comment se mettre en retard dans ses publications. C’est fou comme le temps passe sans qu’on ne s’en rende compte. Je dis donc :

Amis du soir, bonsoir !

Ce soir, un mot vieux jeu, un mot pour vous mesdames (et messieurs pourquoi pas), à lire les yeux sagement baissés sur des chevilles délicatement croisée.

Le mot du jour : suivez-moi-jeune-homme (avec ou sans tirets).

Les puristes me diront qu’il ne s’agit pas là d’un mot, mais d’une expression. Eh bien, sachez qu’on le trouve dans le Robert, à la lettre S. Un suivez-moi-jeune-homme, et c’est là toute la poésie de ce mot, c’est ce long ruban à pans attaché autour des élégants chapeaux de ces dames (ou bien aux deux rubans de dentelles qui flottaient derrière leur robe). Les règles de bienséance voulaient que ledit ruban ne soit pas trop long, pour ne pas prendre un caractère trop ostentatoire. On imagine fort bien ces temps reculés où le moindre contact signifiait tant, lorsque ces jeunes (ou moins jeunes) femmes  se promenaient gracieusement dans la rue et laissaient flotter derrière elle comme un parfum fleuri saupoudré de rêveries trop serrées dans des corsets…

Le TLFI nous propose d’ailleurs une déclinaison charmante, un suivez-moi, mademoiselle, qui désigne un veston.

Aujourd’hui, ne nous voilons pas la face, les femmes sont loin d’avoir le raffinement des jeunes filles d’antan. Mais ce soir, j’irai me coucher avec une âme de jeune première. Et vous ?

PS : voici un article qui vous en dira un peu plus : http://dentelle-et-papillon.over-blog.com/article-36024629-6.html

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Allez, on s’en fait un petit avant de prendre la route ce week-end… ou pas d’ailleurs, je ne sais pas si ça serait franchement prudent avec cette pénurie d’essence (c’est un fait… ceci dit, c’est tout bénef ‘ pour l’environnement, voyons le bon côté des choses). Voyageons donc par l’esprit. Promenons-nous dans les rues que nous pensons familières de notre chez nous et découvrons-le comme si nous ne l’avions jamais vu. Ou bien prenons un bon bouquin, accompagné d’un thé aux saveurs exotiques… Bref, apprenons aussi à rester chez nous. Et puis, prenons 5 minutes pour nous cultiver un peu.

Le mot du jour : ratiociner.

Une idée de ma très  chère collaboratrice Estelle (oui, nous sommes sur le point de monter le plus fabuleux projet du monde… ou presque). Elle a partagé avec moi les petits trésors éparpillés dans sa lecture du moment. Il me semble que le titre du bouquin dont est tirée cette chose bizarroïde que je vous ai balancée est La Vie est brève et le désir sans fin, de Patrick Lapeyre (comme les fenêtres).
Cessons tout bavardage et concentrons-nous sur ce mot. Ratiociner, à la base, était utilisé pour exprimer le fait que l’on allait réfléchir, se servir de sa raison… raisonner quoi. (Le TLFI cite d’ailleurs le roman de Gauthier, Fracasse… je le dis parce que Gauthier a été mon lot quotidien pendant un mois et demi cet été… bref).
Le mot a également une signification plus péjorative : on l’emploie pour parler de raisonnements alambiqués, très abstraits, voire obscures (fuligineux, pour ceux qui suivent un peu Le mot du jour). Là, je repense à ma prof de philo…

Je m’en vais donc ratiociner sur les motivations de l’écriture, les premiers romans et les romans policiers (notre fameux projet à Estelle et moi), et je vous laisse cogiter là-dessus…

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Amis du jour, bonjour !

Eh bien, voilà un bout de temps que le mot du jour n’a pas été posté, quelle honte ! Ceci dit, j’ai eu pléthore de propositions (j’en ai eu un paquet quoi). Merci Virgil, Aude et Estelle (et Mme ma prof d’histoire du livre) ! Ceux qui liront ce billet et qui étaient en cours d’histoire du livre hier le connaissent déjà (désolée). Mais il gagne à être connu, encore de quoi faire l’intéressant…

Le mot du jour : phylactère.

Mon Dieu qu’il est barbare ce mot ! Encore un truc de philosophe grec désignant un je-ne-sais-quoi tarabiscoté. Eh bien non, les phylactères font partie de notre vie quotidienne. Vous voyez tous les jours, ou presque… Si si ! Mais voilà un mot intéressant dont l’évolution l’a mené inéluctablement vers ce que nous connaissons aujourd’hui !
Dans l’Antiquité grecque, un phylactère désignait une amulette ou un talisman censé protéger celui qui le portait. Plus tard, les religions chrétienne et juive se sont emparées du mot pour l’arranger à leur sauce. La religion chrétienne en a fait un grand coffret (en bois, pierre ou métal) qui enfermait les reliques d’un saint. Pour les juifs, le phylactère est un coffret (tiens donc) de forme cubique, en cuir, qui contient 4 versets de la Bible que les juifs s’attachent aux poignets et au front pour la prière du matin.
En histoire de l’art, et c’est là que ça devient intéressant, le phylactère désigne sur les gravures le dessin d’une banderole aux extrémités enroulées portant la parole d’un personnage, ou le texte accompagnant une image (généralement à l’époque du Moyen Âge et de la Renaissance).
Aujourd’hui, le phylactère est le mot savant pour, vous l’avez deviné, les bulles de BD ! Je vous l’avais dit que vous connaissiez !

Pour ceux qui pensent que la BD n’est pas un objet culturel assez intéressant… on peut faire le malin même quand on préfère Astérix à Proust !

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Allez, un rapide et pas trop difficile pour ce soir, parce que je dois avouer que je dors peu en ce moment et que j’ai grand besoin de sommeil (dixit mon professeur de création graphique en me voyant piquer du nez devant l’écran de mon Mac…).

Le mot du jour : colophon.

En arrivant en cours d’histoire du livre, l’autre jour, je ne savais que penser. Pour commencer, j’avais très peur de retomber sur un cours rasoir d’histoire, mêlé de je ne sais quelle notion obscure traitant de l’imprimerie au XVe siècle. Ensuite, je dois dire que l’impression que m’a faite mon professeur, une vieille femme au carré grisonnant, très strict, gilet à épaulettes et foulard, ne l’a pas rassurée. Son ton revêche non plus d’ailleurs. Mais lorsqu’elle a commencé à parler, tout s’est illuminé, chaque notion, chaque découverte partagée s’imposait comme une évidence et remplissait nos têtes vides de choses intéressantes (ça me rappelle quelqu’un !). Bon, c’est pas tout, mais ce mot du jour alors ? Eh bien, derrière ce vocable un peu barbare se cache une chose toute simple que nombre de grands et petits lecteurs connaissent, appréhendent, ou recherchent parfois : la dernière page du livre. Celle qui comporte la note finale. Bien évidemment, pour les incunables (c’est à dire les ouvrages qui datent des premiers temps de l’imprimerie, à la fin du XVe siècle), il s’agissait également de la page sur laquelle figuraient les indications relatives à l’impression…

Pour le prochain bouquin, lorsque vous fermerez votre livre sur la dernière page, vous vous direz peut-être « tiens, intéressant ce colophon… »

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Il est des mots qui glissent, qui passent et trépassent sur nos lèvres. Des qu’on oublie, qui se cachent sur le bout de notre langue. Et puis il y a ces mots qui font tilt, vous martèlent les parois crâniennes à petits coups de son de cloche. Ceux qui veulent être (re)connus… et gagnent à l’être ? Tout dépend de ce que vous en ferez…

Le mot du jour : badigoinces.

Oh qu’il est mignon celui-là ! Pas commun en plus. Mais où l’a-t-elle croisé ? Eh bien, il se cachait au milieu d’un manuscrit, je l’avais rangé dans un coin, en attendant de me motiver, et nous voici tous les deux.
Les origines de ce mot sont obscures, mais « linguistiquement », beaucoup ont fait le rapprochement entre le radical de ce mot, bad-, et le radical bab- que l’on trouve dans babillage, babine (et plus éloigné, bavardage) et désigne tout ce qui se rapporte aux lèvres (selon le TLFI… mais le Robert affirme que le mot pourrait venir du radical bad- d’un potentiel verbe bader, qui signifie parler). Et la deuxième moitié, me direz vous ? -goince vient du verbe goincer qui signifie « crier comme un porc ».  Assemblez le tout, cela nous donne un mot familier qui désigne… les lèvres, tout simplement ! On peut dire « se lécher les badigoinces », pour « se lécher les babines »…

Allez, un mot futile, mais tellement chou ! Essayez, vous verrez qu’il produit son effet !