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Le mot du jour

Je perds un peu le rythme en ce moment. Le boulot et la fatigue s’accumulant, je laisse passer énormément de mots du jour. Pas spectaculaire celui aujourd’hui, mais on fera avec…

Le mot du jour : hypocrite.

La définition formelle est la suivante : personne faisant preuve d’hypocrisie. Nous voilà bien avancés, mais encore ? Faux, fourbe, imposteur. Ça se précise. Sournois. Aïe, les grands mots. Mais savez-vous qu’à la base, hypocrite n’a pas ce sens péjoratif qu’on lui connaît. D’après moi, cette connotation vient de la mauvaise réputation des comédiens ; au XVIIe, être comédien, c’était porter atteinte à la moralité. Mais quel rapport entre les comédiens et l’hypocrisie ?
Eh bien, une autre définition précise « qui simule la dévotion ». Et c’est là que ça devient intéressant. Simuler/comédien… Peut-être n’êtes-vous pas sans savoir que le théâtre est né dans l’Antiquité grecque. Les fêtes religieuses étaient alors l’occasion pour des comédiens de jouer, de représenter, leur dévotion aux dieux. Vous voyez où je veux en venir ? Tout s’éclaire si je vous dit qu’en grec, comédien se dit    (hupokritès, devenu hypocrite), et que son sens premier est « celui qui distingue, explique, interprète ».

Partant de là,  je vais jouer les psy à deux balles, mais nous sommes tous des hypocrites : nous jouons tous nos propres vérités en les interprétant pour les rendre accessibles au monde qui nous entoure. Certains hypocrites sont plus sincères que d’autres, c’est tout…

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Le mot du jour

Je déteste avoir à l’avouer, mais n’ayant rien trouvé sur ripopourri (tous les coups de main sont les bienvenus), un autre mot du jour qui m’a été soufflé par un petit oiseau…

Le mot du jour : dithyrambique.

Je trouve qu’il donne la pêche celui-ci. Il me fait l’effet d’un brise printanière. Dithyrambique, tel qu’on le connaît aujourd’hui, désigne une personne qui loue (au sens de « faire l’éloge de », rien à voir avec votre vidéoclub) avec enthousiasme, voire de manière un peu pompeuse et excessive. On peut se montrer dithyrambique à l’égard d’un ami, ou d’un supérieur (ce qui s’appelle aussi failloter). Il tient son sens directement du substantif (ou du nom commun) dithyrambe.
Alors qu’est-ce qu’un dithyrambe ? Selon le TLFI, il s’agit à l’origine d’un genre de poème dédié à Dionysos, dieux grec de la vigne et du vin, attribué à des buveurs délirant, et chanté par des chœurs d’hommes déguisés en satyres, et dont la principale caractéristique est un enthousiasme exubérant et désordonné. Le lien avec Dionysos ? Eh bien il faut savoir que chaque facette du dieu portait une sorte de surnom en fonction de son attribution, et que l’un de ces surnoms est Dithyrambe. Par la suite, le dithyrambe est devenu un poème lyrique exprimant l’enthousiasme.

En fait, rien d’extraordinaire. J’ai juste la musicalité du mot… Cela dit, je me sens dithyrambique à propos d’à peu près n’importe quoi aujourd’hui !

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Le mot du jour

J’ai trop longtemps été sujette à la procrastination (si vous ne savez pas ce que c’est, je vous invite à vous rendre sur ce billet… et suivez un peu quand même). Je me demande depuis longtemps pourquoi le mot d’aujourd’hui semble avoir un sens si différent en anglais et en français alors qu’il s’agit du même mot, concrètement… Eh bien voilà, j’ai fait mes recherches et j’ai compris.

Le mot du jour : déception.

En anglais, deception, d’où le rapprochement que j’ai fait. Je me souviens de ce fameux texte au lycée qui avait pour titre « The great deception« . La prof nous avait alors expliqué qu’il s’agissait d’un faux-ami. Bien choisi, comme qualificatif aux vues du sens premier. « Déception » vient du latin deceptio, qui signifie « action de tromper, d’être trompé » (c’est là où les anglo-saxons ont gardé le sens d’origine puisqu’en anglais, deception signifie « duperie, tromperie »). Vous remarquerez le sens actif donné au mot : « action de », qui connote une intention purement consciente.
C’est également le sens qu’avait déception (le TLFI parle de sens vieilli) : action de décevoir, tromperie, surprise (oui, en général, on s’attend pas à être déçu…). De nos jours, je trouve le sens du mot un peu édulcoré. L’intention de tromperie qui se cachait derrière la déception a laissé place à « l’action d’être déçu », au « chagrin » et à la « tristesse » selon le TLFI toujours, faisant ainsi des grands déçus des pleurnichards qui s’apitoient sur leur sort plutôt que des êtres emplis de colère dominés par le besoin d’avancer.

Deux sentiments qui laissent les hommes passifs devant leur violence, mais ne vous en déplaise, je rends à Jules ce qui est à César et laisserai désormais la colère guider mes déceptions. Oui, je choisis officiellement le côté obscur de la force 🙂

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Le mot du jour

Et number 2 is dans la place ! Soufflé par M. Bucherer celui-ci.

Le mot du jour : ripopée.

La ripopée, à la base, désigne le mélange de plusieurs fonds de vins par les cabaretiers (ceux qui tiennent des cabarets). Si je ne me trompe, et j’aime à croire que c’est le cas, le terme a une connotation relativement péjorative. Il est composé, selon le TLFI, du préfixe ri-, de ripaille (repas que l’on boit ou mange avec excès) et de pop-, tiré du radical pap– du verbe latin paparer (papoter, qui évoque le bruit que font les lèvres de celui qui sirote un liquide, associant ainsi la nourriture et la parole).

Tout ça pour en venir au fait que la ripopée désigne aussi un ensemble plus ou moins hétérogène de choses très différentes. Par extension, on parle comme d’une ripopée des ouvrages dont l’assemblage des idées manque de cohérence ou de clarté.

J’espère que ce billet est clair, parce que les idées y sont nombreuses et pas toujours très bien agencées. Cela dit, si vous le qualifiez de ripopée, c’est que quelque part, je n’ai pas tout raté…

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Ou devrais-je dire les mots du jour ? Vous aurez le droit à deux billets aujourd’hui, pour me faire pardonner d’avoir été un peu absente ces jours-ci. Loin de moi l’idée de penser que « ma vie est tout à fait fascinante » pour voler ses mots à Pénélope, mais elle a tout de même été quelque peu mouvementée. Donc deux mots du jour. Le premier soufflé par mon ami et ancien collègue Romain :

Le mot du jour : palindrome.

Drôle de mot pour un drôle de concept, le palindrome est un mot ou une expression – voire une phrase entière – qui se lit aussi bien de droite à gauche que de gauche à droite.

Démonstration :

TU L’AS TROP ECRASE CESAR CE PORT-SALUT.
ENGAGE LE JEU QUE JE LE GAGNE.
Moins compliqué et moins impressionnant : LAVAL.

A lire dans les deux sens.

C’est dingue, nous autres français avons vraiment des mots pour tout ! (cf. ce billet)

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Le mot du jour

Un mot sympa, qui fait pourtant partie de notre liste de mots ridicules (oui, parce que tout le monde devrait en avoir une !). Et celui-ci, tout le monde le connaît !

Le mot du jour : biscotte.

Eh, je vous l’avais dit : vous le connaissez ! Ce qui est intéressant, ce n’est pas la définition qu’en donnent les dicos, non. En effet, c’est une tranche de pain spécial séché et doré au four, et alors ? Dans cette définition, ils ont juste oublié de préciser « qu’il est impossible de garder en un seul morceau et du coup, il faut se taper les miettes en fin de semaine. Sans compter qu’elles tombent toujours sur le côté beurré ! ».
Bref, là n’est pas la question. Ce qui est intéressant, c’est l’étymologie de ce mot : il vient de l’italien (et lui-même du latin) bis (deux fois) et du verbe cuocere, dont le participe passé est cotto, qui signifie cuire. Le secret de ce croustillant est donc la double cuisson à juste température… Est-ce qu’on pourrait dire une uniscotte… ou une triscotte ? D’après vous ?

En tout cas, moi je me demande d’où vient l’expression se beurrer la biscotte…

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Le mot du jour

Les vieilles habitudes ne se perdent pas et c’est avec plaisir que je poste ce mot du jour qui m’a été soufflé par Philippe Bucherer, éminent membre de l’association de l’Amiral Flottant (un cercle très sélect d’amateur de roman policier). Bah quoi, on peut faire sa pub aussi !

Le mot du jour : maritorne.

Keskecékeça ? Eh bien ça, mes amis, c’est une alternative à la vulgarité. Et en plus, on enrichit son vocabulaire. C’est magnifique. Une maritorne, d’après le TLFI, est une femme vulgaire et sans grâce. Le mot désigne également une servante laide et peu soignée. Le mot viendrait apparemment de Don Quichotte, de Cervantes, dans lequel le personnage d’une servante, Maritornes, était particulièrement laide. D’où cet usage-là, depuis le XVIIe siècle en France…

Alors au lieu d’insulter votre vieille prof de math, de français ou autre, qui est vieille fille, se rase probablement avec le rasoir de son défunt père et sent le chat en plus de ressembler à Carlos, eh bien vous pourrez toujours lui donner ce joli surnom… je plaisante, c’est cruel.

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Le mot du jour

Suite à une discussion sur un banc public…

Le mot du jour : mélancolie.

A l’origine, il s’agit d’une des quatre humeurs (un liquide sécrété par un organisme vivant), qui selon l’ancienne théorie des tempéraments (définition sur ce billet), était supposée se trouver dans la rate et prédisposer à la tristesse et à l’hypocondrie. Par métonymie – c’est-à-dire par association d’idée, due à la proximité de sens, en gros – par métonymie donc, la mélancolie a fini par désigner l’état causé par ce liquide (cette humeur).

Il s’agit aussi d’une pathologie psychologique caractérisée par un état morbide et un abattement physique et moral (désolée James…). Cependant (et c’est où notre belle langue française te donne raison), le mot a aussi un sens très littéraire : une vague et douce tristesse dans laquelle on se complait, qui favorise la rêverie désenchantée et la méditation (selon le TLFI).

Comme quoi, en effet, être mélancolique est un moindre mal. Moi, c’est ce qui m’aide à écrire…

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Aujourd’hui, spéciale dédicace à un pique-nique sur les bords de Seine à aborder des sujets débiles, comme le nom d’un présentateur radio (Christophe Nicolas en l’occurrence) aidant à mémoriser les prénoms de deux personnes (ce qui me fait penser à une remarque judicieuse qui m’a été faite : Jean-Louis David a trois prénoms, c’est stupide !). Bon, j’ai l’esprit nébuleux ; finies les private jockes, je pense que les destinataires de ce billet tardif se sont reconnus.

Le mot du jour : mnémotechnique.

Le mot en lui-même n’est pas très intéressant. Le TLFI nous en donne la définition suivante : qui relève de la mnémotechnie. C’est super utile. Alors qu’est-ce ce la mnémotechnie ? Eh bien sachez que c’est ce qu’au moins 70% des français appellent couramment la mémotechnique (erreur courante de langage). Il s’agit de l’ensemble des méthodes destinées à faciliter les opérations de mémoire. VOus savez, ces trucs qu’on se donne pour retenir des dates en histoire, la liste des courses, un poème, le nom de sa future petite amie. Du grec ancien μνημονικός  (mnêmonikós, « de mémoire »), lui-même tiré de μνήμη (mnếmê, « souvenir »). Je vous épargne le rapprochement fait par Wiki avec la chef des Muses, Mnémosyne, d’abord parce qu’on s’en fiche, et ensuite parce que je ne saurai pas vous expliquer l’intérêt d’un tel rapprochement (pour ceux qui suivent le mot du jour, ce que je viens de faire est une prétérition… je vous laisse chercher).
On retrouve d’ailleurs la même racine dans le mot amnésique : le a– a fonction privative (il nie). L’amnésique est celui qui n’a plus de mémoire.

Sur ce, je m’en vais piquer un petit roupillon. Oh, et avant que j’oublie : bonne nuit !

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Le mot du jour

Un petit mot simple pour reprendre le rythme (promis, je vous en trouve de plus excitants la prochaine fois). On fait avec ce qu’on a !

Le mot du jour : énorme.

Probablement issu du latin ex, « en dehors de », et normis, « la norme », énorme ne désigne pas seulement les pachydermes et autres américains obèses (non, là je suis méchante). En effet, il s’agirait plutôt de désigner des choses extraordinaires, dans le sens premier du mot, c’est à dire qui sortent de l’ordinaire, de l’ordre.
Alors, voyons, qu’est-ce qui peut être énorme ? Eh bien, ce qui est très grand, plus grand que la taille moyenne, est énorme. Si l’on va par là, alors tout ce qui est un peu étrange (idiot, pour ceux qui suivent le mot du jour) l’est aussi.
Le TLFI nous donne également la définition suivante : soit qui est d’une extrême gravité (une énorme erreur). Ou bien au contraire, quelque chose qui est hors du commun, remarquable par ses qualités, ses mérites (on peut dire d’un tableau de taille normale qu’il est une énorme œuvre d’art, par exemple). Vous l’aurez compris, il  ne s’agit pas de taille, mais de représentation par rapport à la norme.
Et pour approfondir, sachez que le mot norme – qui soit dit entre nous est purement statistique, et ne porte pas de jugement de valeur : le plus grand nombre l’emporte simplement – la norme, disais-je, vient du latin norma, qui signifie dans un premier temps la règle, l’équerre, et dans un second temps, la loi.

Avec tout ça, on a intérêt à filer droit…