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Le mot du jour

L’autre jour, je feuilletais mon petit Onomasticon pensivement, cherchant un mot qui ferait « tilt » (oui, parce que j’ai beau avoir laissé tomber cette histoire de rencontre due au hasard, je n’en cherche pas moins des mots qui émoustillent), lorsque je suis tombée sur ce mot. Il faisait parfaitement échos à un drame personnel que nous traversons en ce moment, ma famille et moi.

Le mot du jour : stellionat.

Qu’il est pourtant doux à mon oreille, ce mot scélérat (tiens, je chercherais bien ce qu’il veut dire, celui-ci aussi…). Il désigne tout d’abord l’action de vendre une chose qui ne nous appartient pas (ou la même chose à plusieurs acheteurs), en référence au stellion, ce lézard qui change de couleur, et a donné son sens au mot latin stellio, fourbe. Désigne également (version à vérifier) la connaissance du nom des astres et des constellations (rien à voir, je ne cherche même plus). Enfin, il désigne une retraite volontaire et momentanée, des vacances passées dans un lieu isolé.

Pourquoi donc ce mot évoquerait-il quoi que ce soit pour moi ? Eh bien parce qu’il y a quelques jours de cela, mes parents ont appris que notre maison de famille – que dis-je ? – notre sanctuaire familial, avait été cambriolé. Des souvenirs inestimables (une guitare vieille de plus de 30 ans, unique bagage encombrant les bras paternels lorsqu’il fit le choix d’abandonner son Yonne natale pour rejoindre la femme qu’il aimait, sans déconner), des milliers d’euros de matériel de musique (passion paternelle, là encore), électroménager, vinyles et j’en passe. Volés, arrachés des murs. Ces mains malsaines qui ont souillé notre toit et détruit ce qui était sur leur passage, qui revendront au plus offrant une vie de labeur dont nous avions décidé de profiter pleinement lors de nos réunions. La colère et l’incompréhension montent encore en moi lorsque je pense à ces fainéants de stellionataires (les coupables de stellionat) qui vivront quelques mois d’un butin que nous avions mis des années à rassembler.

Le pathétique est au rendez-vous, mais la tristesse est bien présente elle aussi. Le désarroi. Mais vous avez votre mot du jour, pas vrai ?

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Le mot du jour

Je me suis toujours dit que les plus belles rencontres étaient celles qui étaient dues au hasard, celles que l’on pouvait raconter à ses amis, à sa famille rien que pour le plaisir de voir s’agrandir leurs yeux et soupirer « c’est un conte de fée ». Mais le hasard est ce qu’il est. Il ne fait pas bien les choses. Il ne les fait pas mal non plus. Il ne fait que faire tourner le monde, prendre des décisions irréfléchies et totalement aléatoires. La seule force qu’il ait réellement est le temps qui passe, qui fait que les choses finissent forcément par arriver.

Alors pourquoi est-ce que je parle du hasard ? Eh bien, parce que je pensais que c’était la même chose avec ces mots étranges et fascinants. Je pensais que je devais les croiser dans leur contexte pour qu’il y ait un intérêt à vous les présenter, pour vous montrer que oui, ils existaient. Depuis quelques temps, je m’en étais désintéressée, et j’avais pris le cadeau que m’avait fait ma Binôme pour un présent empoisonné : une sorte de dictionnaire, Le Petit Onimasticon (aux éditions Tornade). Je pensais qu’il allait me rendre fainéante, qu’il allait fermer mon esprit aux éventuelles « rencontres » dues au hasard. Entre temps, le concept de ce « mot du jour » s’était essouflé pour moi. Et le revoilà qui s’affirme aujourd’hui, grâce à quelques encouragements innocents. Merci Binôme pour cette merveilleuse leçon : une rencontre provoquée peut être tout aussi belle à raconter. Tout dépend de la personne, et non des circonstances.

Bien, après cette interminable digression, je vais vous le pondre, ce mot du jour (qui a un air de vacances et un parfum de plage), rencontré dans Le Petit Onomasticon, justement.

Le mot du jour : arénation.

Grâce à mes cours de latin, je savais ce que ce mot signifiait avant même d’avoir lu la définition (trop fière !). On pratique une arénation… lorsque l’on enterre tout ou une partie du corps sous le sable ! Ce mot vient du latin arena – qui signifie sable, justement – et que l’on retrouve d’ailleurs dans le mot « arène » (dont la piste est recouverte… de sable !).
En parlant d’arène d’ailleurs, arénation désigne également le verdict que l’on rend d’un geste du pouce vers le haut (salut) ou vers le bas (mise à mort), comme le faisait Jules César au cirque qui se déroulait… dans l’arène.
Enfin, dernière définition (si quelqu’un peu m’éclairer, je ne vois pas trop le rapport, même si je l’aime bien aussi) : remise à l’eau d’un poisson que l’on a pêché, mais que l’on estime trop petit (???).

Enfin, moi, ce que j’en retiens, c’est que même étant gamine, je détestais l’arénation : tout ce sable qui vous rentre dans le maillot de bain… yeurk !

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Le mot du jour

Et c’est le grand retour !

Voilà bien longtemps que le mot du jour n’avait pas fait son apparition parmi les billets (irréguliers en ce moment, je vous l’accorde) du blog. Eh bien, le voici le voilà, tout juste aperçu dans un livre qui sera bientôt chroniqué ici : Le Combat d’hiver, de Jean-Claude Mourlevat. On peut dire qu’il tombre à pic !

Le mot du jour : prognathe.

Et pour fêter ce grand retour, je vais vous laisser imaginer la définition de cet étrange mot (que je connais, moi, hi hi). Ce qui est drôle, c’est de ne pas tricher, c’est-à-dire dico interdit ! J’attends donc vos propositions, et surtout amusez-vous, après tout, au final, la définition tombera !

À vous de jouer !

Le mot a été laissé en suspens un peu longtemps (je vais m’acheter un pense-bête). Voici donc la définition qui tombe : il s’agit d’un trait physique s’appliquant au visage. Un visage prognathe est une bouille à la forme particulière, à savoir que les mâchoires (en particulier la mâchoire inférieure) sont saillantes, plutôt en avant.

Pour certains singes dont les dents sont en avant et le menton fuyant, on peut également utiliser cet adjectif. Mais là où il prend tout son sens, je veux dire là où il est utilisé au sens littéral du mot (pro– en grec veut dire « en avant », et gnathos signifie « mâchoires »), c’est lorsque l’on parle de certains insectes dont l’orientation de la tête est un prolongement de son corps (qu’elle n’a pas de cou). Le TLFI dit : « lorsque les pièces buccales (les mandibules,  la bouche) sont placées au-devant de la tête ». Moi je dis : comme chez 90% des insectes, où voulez-vous qu’elles soient ?

Bref. Beaucoup d’attente pour pas grand chose.

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Le mot du jour

Rendons de suite à Nicolas ce qui est à Nicolas. Parce que le mot du jour vient de lui et de son envie de surfer le soir sur des sites improbables (si si !) pendant que nous devisons gaiement tels deux compères.

Le mot du jour : pandiculation.

Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? Non ce n’est pas un acte meurtrier et répressible, ni même une méthode moderne pour se suicider proprement. Et bien au contraire, puisque la pandiculation désigne les étirements auxquels on s’adonne au réveil (ou quand on s’endort ou qu’on s’ennuie…), souvent accompagnés de bâillements.
Si vous tenez à connaître les racines latines de ce mot (si si, je suis sûre que ça vous intéresse), sachez qu’il vient du participe passé du verbe pendiculare signifiant – oh, surprise – s’étendre (en baîllant) ; s’allonger. La lointaine racine est pandere : étendre, déployer.

Il paraît que la pandiculation est excellente pour réoxygéner le cerveau. Moi je dis qu’il serait bon d’instaurer ça une fois par cours, au moins pendant les cours de deux heures. On aurait pas à se cacher, et l’attention n’en serait qu’accrue. Enfin, ce que j’en dis…

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Le mot du jour

Arf, toujours pas inspirée. Pas les propositions qui manquent, mais je ne suis toujours pas tombée sur celui qui me fera jubiler… bon, contentons-nous de ce que nous avons.

Le mot du jour : plutonique.

Pourquoi celui-ci ? Eh bien parce qu’on peut tout à fait l’utiliser dans la vie courante (surtout si on est auvergnat… et Dieu sait que mon Auvergne me manque). Et puis parce que c’est le mot qu’a utilisé mon copain Romain pour nous faire ses adieux (il s’en retourne dans sa ville de Nantes).
Plutonique est un terme géologique que l’on utilise pour parler de certaines roches. On y reconnaît la racine Pluto-, qui en latin désigne le dieu des Enfers, Pluton, qui réside dans les entrailles de la terre. À noter que dans la mythologie grecque, les Enfers n’étaient pas l’enfer des chrétiens, mais simplement le royaume où se rendaient les âmes des morts. Donc, revenons à notre roche. Une roche plutonique est simplement une roche qui vient du plus profond de la Terre, produite par l’action des forces internes qui y sont à l’œuvre. La roche volcanique est une roche plutonique par essence (d’ailleurs, Romain, je ne comprends pas ton opposition volcanique/plutonique).

Ah, mon Auvergne volcanique, mon Auvergne plutonique… !

Mea culpa : Romain je te présente mes excuses ; j’ai discuté hier avec un étudiant en géologie partiellement éméché par la vodka et la bière et il m’a expliqué la différence entre volcanique et plutonique. Une roche volcanique refroidit instantanément. Une roche plutonique refroidit lentement et a le temps de cristalliser. Elle remonte à la surface grâce à l’érosion.

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Le mot du jour

Allez, histoire de dire que non, je ne fais pas plus rien… Un mot du jour (et sa définition) croisés dans un documentaire philosophique pour enfants.*

Le mot du jour : profane.

C’est étrange. Tout le monde (ou presque) sait à peu près ce que profane veut dire. On en a même fait un verbe : profaner. C’est passé dans l’opinion publique comme signifiant « anti-religion » dans le sens de « hostile à, contre telle religion ». En fait, profane signifie simplement « étranger à la religion », qui n’a rien à voir avec.
La faute aux origines latines du mot : pro veut dire devant et fanum désigne le temple, le lieu sacré. C’est donc tout ce qui reste devant, en dehors des lieux sacrés et donc des rites et des croyances.

À utiliser un mot pour un autre, on finit par tout comprendre de travers.

 

*Pourquoi on écrit des romans…, Danièle Sallenave, Gallimard Jeunesse/Giboulée, collection Chouette ! Penser.

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Le mot du jour

Et re-bonjour !

Me revoici, non pas pour je ne sais quel mot farfelu, mais pour le mot du jour, celui que vous trouverez dans le dico. Enfin, les mots pour aujourd’hui…

Les mots du jour : emmener/amener
emporter/apporter

Histoire de rompre tout malentendu. Parce que même moi je me mélange, et qu’il est temps d’utiliser les mots pour ce qu’ils sont. Combien de fois ai-je entendu : « ok, je viens manger chez toi, mais j’emmène le dessert ! ». Mpf, allez, remettons de l’ordre dans tout ça !

Emmener suggère que c’est une personne (donc capable de se déplacer par ses propres moyens, mobile quoi) que l’on mène avec soi, n’importe où, la destination importe peu..
Exemple : Je sors, j’emmène les filles avec moi (je suis chez moi au moment où je parle).
Amener suggère toujours que c’est une personne que l’on mène, mais implique aussi le fameux point B, on amène à soi. La personne qui parle se trouve au point de destination. Aussi, en toute logique, ne devrait-on pas dire « j’amène ». L’objet (la personne amenée) est pour ainsi dire passive.
Exemple : Amène-moi ta sœur, je dois lui parler (l’interlocuteur est au point de destination, ma sœur et moi devons nous y rendre).

Emporter suggère que l’objet est inerte, on le porte avec soi. « On le prend avec soi en quittant un lieu » (dixit le TLFI), ce qui n’implique aucune destination précise.
Exemple :  Elle est partie (où ?) en emportant tous ses bijoux. / Plats à emporter (où, ça c’est notre problème).
Même notion d’objet inerte que l’on porte, mais apporter implique que la personne qui parle se trouve au point de destination.
Exemple : il vient travailler à la maison ; je lui ai demandé d’apporter ses cours.

Maintenant, ne manque plus que votre attention lorsque vous parlez. Tournez votre langue 7 fois dans votre bouche, vous aurez le temps d’y réfléchir.

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Mon mot du jour

Et c’est parti pour une deuxième édition ! Ce mot du jour, c’est Estelle (ma Binôme) et moi qui l’avons fabriqué, suite à la visite du musée d’art juif de Berlin. Ne cherchez pas le rapport, parce que dans les boutiques des musées, tout n’a pas toujours un rapport avec ce qu’il y a dans le musée…

Le mot du jour : coufouillère (n.f.)

Qu’est-ce que c’est que cette chose ? Pas un animal, ni une serpillère… mais alors quoi ? Eh bien il s’agit d’un tout en un couteau-fourchette-cuillère. Les anglais ont déjà un mot pour ça : spork (spoon : cuillère, et fork : fourchette, mais ils ont oublié le couteau, ndlr). Nous avons maintenant le nôtre ! Et si vous vous demandez toujours quelle peut bien être la différence entre ça et un couteau suisse, voilà la démo :

Exemple : chouette, un pique-nique avec salade, fromage et compote (pas à boire ; ou taboulet, plus facile à manger avec une cuillère qu’avec une fourchette) ! Heureusement que j’ai apporté ma coufouillère !
Synonyme : foucouillère.

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Mon mot du jour

Une nouvelle rubrique, pour laquelle je m’élance sans filet… On a tous, un jour ou l’autre, fait l’expérience du mot valise. Bigard se laisse poustache, d’autres parlent de ripopourri… Bref, c’est drôle, ça dit bien ce que ça veut dire ! Ce midi, le déclic (l’idée avait germé il y a déjà quelques temps, à Berlin, avec ma binôme… mot de demain). Je crée mes propres mots (ou je note ceux qu’on me propose). Je veux moi aussi enrichir la langue française !

Mon mot du jour : slort.

Jules me dit ce midi en regardant passer les midinettes sur le Pont Royal : « celle-là, c’est un slip ou un short qu’elle porte ? » Bonne question en effet, puisqu’avec la mode de l’archi court, on a du mal à faire la différence entre les sous-vêtements et les vêtements qui sont censés les dissimuler. Comment appelle-t-on ces micro-shorts alors ? Eh bien un slort pardi ! Mi-slip, mi short.

« À ne pas confondre avec slut » (salope en anglais, ndlr), me précise mon chéri, « même s’il faut parfois être un peu slut pour porter un slort« . Le sage a parlé.

Exemple : Tiens, il fait bien chaud, j’ai très envie de dévoiler la totalité de mes jambes… si je mettais mon slort !
Synonyme : shlip.

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Le mot du jour

Bonjour à tous !

Je cherchais une motivation pour continuer cette rubrique-là. Eh bien, l’exemple de ce midi en est une parfaite. Un débat autour d’un mot, et ce qu’il englobe (ou pas). Le meilleur, c’est cette seconde de flottement, juste avant que la page du TLFI ne s’affiche et affirme/infirme mes dires. Donc…

Le mot du jour : animal.

C’est un mot débile ? Alors, question : que classeriez-vous dans cette catégorie, bande de petits malins ? Les trucs à poils ? Le mammifères, bien, oui. Les trucs à plumes ? Les oiseaux, ok. Les trucs à écailles ? Poissons et reptiles, oui. Les insectes ? Les « fruits de mer » ? C’est là tout le sujet du désaccord. Que diriez vous ? Hum.
Figurez-vous que les insectes et les fruits de mer (pour lesquels on n’utilise cette appellation, à mon sens, que lorsqu’ils sont dans notre assiette) SONT des ANIMAUX. Car voici la définition que donne le TLFI : « Être vivant, organisé, élémentaire ou complexe, doué de sensibilité et de mobilité ». L’insecte, comme le crustacé ou le gastéropode, est vivant, organisé, élémentaire peut-être, mais doué de sensibilité et de mobilité, non ?
Toujours pas convaincu ? Le TLFI poursuit : « être animé privé de raison ». Ce qui nous amène à la connotation péjorative de ce substantif lorsqu’il désigne un homme. Bref.

Pas si évident, hein ?
Moralité : aucune, j’aime avoir raison.