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Le mot du jour

Allez, on s’en fait un petit avant de prendre la route ce week-end… ou pas d’ailleurs, je ne sais pas si ça serait franchement prudent avec cette pénurie d’essence (c’est un fait… ceci dit, c’est tout bénef ‘ pour l’environnement, voyons le bon côté des choses). Voyageons donc par l’esprit. Promenons-nous dans les rues que nous pensons familières de notre chez nous et découvrons-le comme si nous ne l’avions jamais vu. Ou bien prenons un bon bouquin, accompagné d’un thé aux saveurs exotiques… Bref, apprenons aussi à rester chez nous. Et puis, prenons 5 minutes pour nous cultiver un peu.

Le mot du jour : ratiociner.

Une idée de ma très  chère collaboratrice Estelle (oui, nous sommes sur le point de monter le plus fabuleux projet du monde… ou presque). Elle a partagé avec moi les petits trésors éparpillés dans sa lecture du moment. Il me semble que le titre du bouquin dont est tirée cette chose bizarroïde que je vous ai balancée est La Vie est brève et le désir sans fin, de Patrick Lapeyre (comme les fenêtres).
Cessons tout bavardage et concentrons-nous sur ce mot. Ratiociner, à la base, était utilisé pour exprimer le fait que l’on allait réfléchir, se servir de sa raison… raisonner quoi. (Le TLFI cite d’ailleurs le roman de Gauthier, Fracasse… je le dis parce que Gauthier a été mon lot quotidien pendant un mois et demi cet été… bref).
Le mot a également une signification plus péjorative : on l’emploie pour parler de raisonnements alambiqués, très abstraits, voire obscures (fuligineux, pour ceux qui suivent un peu Le mot du jour). Là, je repense à ma prof de philo…

Je m’en vais donc ratiociner sur les motivations de l’écriture, les premiers romans et les romans policiers (notre fameux projet à Estelle et moi), et je vous laisse cogiter là-dessus…

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Le mot du jour

Amis du jour, bonjour !

Eh bien, voilà un bout de temps que le mot du jour n’a pas été posté, quelle honte ! Ceci dit, j’ai eu pléthore de propositions (j’en ai eu un paquet quoi). Merci Virgil, Aude et Estelle (et Mme ma prof d’histoire du livre) ! Ceux qui liront ce billet et qui étaient en cours d’histoire du livre hier le connaissent déjà (désolée). Mais il gagne à être connu, encore de quoi faire l’intéressant…

Le mot du jour : phylactère.

Mon Dieu qu’il est barbare ce mot ! Encore un truc de philosophe grec désignant un je-ne-sais-quoi tarabiscoté. Eh bien non, les phylactères font partie de notre vie quotidienne. Vous voyez tous les jours, ou presque… Si si ! Mais voilà un mot intéressant dont l’évolution l’a mené inéluctablement vers ce que nous connaissons aujourd’hui !
Dans l’Antiquité grecque, un phylactère désignait une amulette ou un talisman censé protéger celui qui le portait. Plus tard, les religions chrétienne et juive se sont emparées du mot pour l’arranger à leur sauce. La religion chrétienne en a fait un grand coffret (en bois, pierre ou métal) qui enfermait les reliques d’un saint. Pour les juifs, le phylactère est un coffret (tiens donc) de forme cubique, en cuir, qui contient 4 versets de la Bible que les juifs s’attachent aux poignets et au front pour la prière du matin.
En histoire de l’art, et c’est là que ça devient intéressant, le phylactère désigne sur les gravures le dessin d’une banderole aux extrémités enroulées portant la parole d’un personnage, ou le texte accompagnant une image (généralement à l’époque du Moyen Âge et de la Renaissance).
Aujourd’hui, le phylactère est le mot savant pour, vous l’avez deviné, les bulles de BD ! Je vous l’avais dit que vous connaissiez !

Pour ceux qui pensent que la BD n’est pas un objet culturel assez intéressant… on peut faire le malin même quand on préfère Astérix à Proust !

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Le mot du jour

Allez, un rapide et pas trop difficile pour ce soir, parce que je dois avouer que je dors peu en ce moment et que j’ai grand besoin de sommeil (dixit mon professeur de création graphique en me voyant piquer du nez devant l’écran de mon Mac…).

Le mot du jour : colophon.

En arrivant en cours d’histoire du livre, l’autre jour, je ne savais que penser. Pour commencer, j’avais très peur de retomber sur un cours rasoir d’histoire, mêlé de je ne sais quelle notion obscure traitant de l’imprimerie au XVe siècle. Ensuite, je dois dire que l’impression que m’a faite mon professeur, une vieille femme au carré grisonnant, très strict, gilet à épaulettes et foulard, ne l’a pas rassurée. Son ton revêche non plus d’ailleurs. Mais lorsqu’elle a commencé à parler, tout s’est illuminé, chaque notion, chaque découverte partagée s’imposait comme une évidence et remplissait nos têtes vides de choses intéressantes (ça me rappelle quelqu’un !). Bon, c’est pas tout, mais ce mot du jour alors ? Eh bien, derrière ce vocable un peu barbare se cache une chose toute simple que nombre de grands et petits lecteurs connaissent, appréhendent, ou recherchent parfois : la dernière page du livre. Celle qui comporte la note finale. Bien évidemment, pour les incunables (c’est à dire les ouvrages qui datent des premiers temps de l’imprimerie, à la fin du XVe siècle), il s’agissait également de la page sur laquelle figuraient les indications relatives à l’impression…

Pour le prochain bouquin, lorsque vous fermerez votre livre sur la dernière page, vous vous direz peut-être « tiens, intéressant ce colophon… »

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Le mot du jour

Il est des mots qui glissent, qui passent et trépassent sur nos lèvres. Des qu’on oublie, qui se cachent sur le bout de notre langue. Et puis il y a ces mots qui font tilt, vous martèlent les parois crâniennes à petits coups de son de cloche. Ceux qui veulent être (re)connus… et gagnent à l’être ? Tout dépend de ce que vous en ferez…

Le mot du jour : badigoinces.

Oh qu’il est mignon celui-là ! Pas commun en plus. Mais où l’a-t-elle croisé ? Eh bien, il se cachait au milieu d’un manuscrit, je l’avais rangé dans un coin, en attendant de me motiver, et nous voici tous les deux.
Les origines de ce mot sont obscures, mais « linguistiquement », beaucoup ont fait le rapprochement entre le radical de ce mot, bad-, et le radical bab- que l’on trouve dans babillage, babine (et plus éloigné, bavardage) et désigne tout ce qui se rapporte aux lèvres (selon le TLFI… mais le Robert affirme que le mot pourrait venir du radical bad- d’un potentiel verbe bader, qui signifie parler). Et la deuxième moitié, me direz vous ? -goince vient du verbe goincer qui signifie « crier comme un porc ».  Assemblez le tout, cela nous donne un mot familier qui désigne… les lèvres, tout simplement ! On peut dire « se lécher les badigoinces », pour « se lécher les babines »…

Allez, un mot futile, mais tellement chou ! Essayez, vous verrez qu’il produit son effet !

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Le mot du jour

Bonjour à tous !

La grisaille de l’automne pointe le bout de son nez. Le ramage écarlate des arbres qui commencent à perdre leurs feuilles se découpe sur les nuages cotonneux… On sort les petites laines et les jours raccourcissent. Dur de se dire que l’été est fini ! Alors pour vous remonter le moral, j’ai le mot qu’il faut (non, ce n’est pas chocolat !).

Le mot du jour : enthousiasme.

« Ouah, comment il est grave bidon ce mot du jour ! Moi je sais déjà ce que ça veut dire ! » On pense souvent savoir ce que signifient vraiment les mots et on les emploie à tort dans 50% des cas… bien qu’ici, l’explication courante soit en effet très proche de l’explication étymologique! Les hellénistes (ceux qui ont fait du grec) reconnaîtront – pour les autres, je vous le dis – le mot theos, qui en grec signifie « dieu ». Dans l’Antiquité, l’enthousiasme désignait l’état de délire sacré qui s’emparait de l’interprète des dieux, une sorte de transe, comme celle qui saisissait la pythie de Delphes par exemple – cette vieille femme qui était l’oracle d’Apollon.

Par extension, on a prêté au poète cet état de transe, d’exaltation dans lequel il est plongé lorsqu’il écrit, transporté par l’inspiration. Paul Valéry dira d’ailleurs :  » je trouve indigne d’écrire par le seul enthousiasme. L’enthousiasme n’est pas l’état d’âme de l’écrivain ». J’ouvre une parenthèse. C’est exactement l’objet d’un de mes cours cette année : la motivation de l’écriture. Nombreux sont ceux qui se disent frappés d’une illumination (venant généralement de petits détails, de la Nature). Je citerai Proust, Joyce, Rilke, etc. pour qui la création est enthousiasme dans son sens le plus pur. On renie, par cette théorie, tout le travail et le mérite d’un auteur qui, pour donner au public une œuvre, retouche, remodèle… Mais comme le dit Rilke, l’écriture étant l’essence même de celui qui écrit, peut importe le public. On est d’accord ou pas d’accord. Ce n’est pas là le sujet, je laisse le débat ouvert.

Et bien entendu, le mot a également ce sens qu’on lui connait aujourd’hui : une émotion intense de joie, une force positive qui nous pousse à agir et se traduit par « une excitation joyeuse » (Le Petit Robert).

Aujourd’hui, chers enthousiastes, vous pourrez dire que vous agissez avec tout le zèle divin que le bonheur ou la joie peuvent apporter…

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Le mot du jour

Amis du jour, bonjour !

J’espère que tout le monde a passé de bonnes vacances… pour moi, pas de vacances, mais un stage (comme vous le savez), deux jobs et un rapport de stage, plus la soutenance (qui s’est déroulée à merveille, merci de demander…). Enfin, me voilà pour la rentrée. Et pour bien commencer l’année scolaire, quoi de mieux qu’un mot du jour ! Sur proposition de M. Bucherer :

Le mot du jour : lymphatique.

Bien, référons-nous au Petit Robert : le mot est composé de lympha, en latin scientifique « eau », et -atique (bon, ça c’est un suffixe qui en gros veut dire « relatif à »… franchement pas important). La lymphe, c’est ce liquide transparent qu’on a sous la peau, on le voit quand on s’écorche un peu. Nous avons donc un sens premier qui serait le suivant : « relatif à la lymphe ». Facile me direz-vous. Alors comment l’utilise-t-on ? Eh bien, on peut dire un vaisseau lymphatique, pour ces sortes de petites veines qui le transportent.

Cependant, au XIXe siècle, des petits malins ont décidé de revenir aux origines du mot, « eau », pour lui donner un tout nouveau sens, toujours médical : celui d’un des quatre tempéraments de la médecine humorale (rien à voir avec l’humeur comme la mauvaise que vous trainez depuis trois jours à cause de vos hormones mesdames). Parenthèse : humoral vient de « humeur », qui est aussi un liquide organique. Bien, donc ce tempérament se caractérise par la lenteur ou l’apathie, et le Robert précise (bon appétit bien sûr) des formes alourdies et graisseuses.

De là vient le sens figuré que l’on emploie aujourd’hui : apathique, lent, mou. On pourrait qualifier les ados qui ont passé la nuit sur le Wii et dont le temps de réaction égale celui d’une limace de lymphatique… HS, mou quoi.

NB : on fait un bien mauvais usage du mot tempérament. Je vous invite donc à vous rendre sur cette page, qui l’explique très bien, ce qui vous permettra de mieux comprendre le billet… un régal pour les curieux.

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Le mot du jour

Bon, allez, parce qu’il est 11h17, que j’ai faim et que je n’ai qu’une pensée en tête : me faire un italien (un menu, pas un serveur), un mot gourmand… à première vue.

Le mot du jour : macaronique.

Non, je ne vous parle pas de ces délicieux biscuits qui s’étalent tel un arc-en-ciel de couleurs pastelles dans les vitrines de Ladurée. Et pourtant, lorsque je suis tombée sur ce mot dans un de mes manuscrits, je me suis dit « tiens, tiens »…
Et là, après recherche, je tombe de haut. Mais on n’en perd pas le délice du mot pour autant : macaronique désigne, dans un genre parodique, un style de langage  qui utilise des mots latinisés (qui finissent en -us en général) afin de produire un effet comique dans le but de divertir.
Pour exemple, cette chanson écrite sur le grand Condé au XVIIe, lorsque Condé se plaint au marquis de la Moussaye en voyant approcher l’orage : « Carus Amicus Mussaeus. Ah! Deus bonus! quod tempus! Landerirette, Imbre sumus petitur. » C’est l’air grandiloquent qui donne ici un effet comique.

Par extension, macaronique désigne aussi quelque chose de peu sérieux, qui tient de la parodie. Notre équipe de football par exemple, s’est montrée tout à fait macaronique cette année… si vous voyez ce que je veux dire.

Bref, rien à voir avec nos succulents macarons, ni avec ces succulents macaronis (voilà l’envie d’italien qui revient…), qui elles, viennent du mot maccherone, signifiant à la base « nourriture grossière ».

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Le mot du jour

Arf, maux de ventre et compagnie… pas facile d’être une fille. Mais ma maman, elle a toujours un truc pour faire passer les bobos. Oui, du Doliprane© ou autre cacheton. Mais elle, elle a aussi ce qu’elle appelle ses bouquins de sorcière. Et le mot du jour, ou plutôt l’expression du jour, c’est à elle que je la dois en quelque sorte… À elle et à ses remèdes de bonne fame. QUOI ? Non, j’ai pas fait de faute, vous avez bien lu, j’ai écrit « remède de bonne FAME » !

L’expression du jour : remède de bonne fame.

On entend dire partout « les trucs aux plantes, c’est des remèdes de bonne femme ». Et pour cause, les hommes en particulier pensent ainsi rabaisser au rang de remède inefficace et de croyance futile les infusions, crèmes et autres baumes à base de plantes que fabriquaient les femmes il y a de cela quelques temps. Ce n’est pas faux. Ces femmes, que l’on appelait sorcières à une époque, connaissaient mieux que personne les vertus des plantes (merci aux nombreux bouquins de maman sur le sujet). Mais un « remède de bonne femme » devient bien souvent, après avoir fait ses preuves, « un remède de bonne fame ». Je m’explique.

« Remède de bonne fame » est en fait une expression qui vient du latin bona fama, qui signifie « de bonne renommée », étymologiquement, bien famé (on connait ce mot, notamment dans l’expression « mal famé », qui a mauvaise réputation). Ainsi donc, le sens du mot à glissé à cause des sonorités proches des deux homonymes… et a maintenant un sens contraire à celui qu’il avait à la base.

Moi, remède de bonne fame ou de bonne femme, ça me va. C’est comme ceux qui croient bouffer du bio, c’est peut-être l’effet placébo, mais ça marche 🙂

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Le mot du jour

Pour changer, un mot rencontré dans un manuscrit. Je lisais l’autre jour un futur livre traitant de l’amour de Théophile Gautier pour la cuisine (qui sera, entre autres, un livre de recettes), lorsque je suis tombée sur l’expression « roman picaresque », qui qualifiait un roman de Cervantès. Et là, je me suis dit « picaresque, picaresque, le pauvre Cervantès, il était pourtant doué ! » Sans commentaire.

Le mot du jour : picaresque.

Picaresque qualifie à l’origine un picaro, c’est à dire un aventurier espagnol (oui, plus ou moins comme le personnage de Cervantès, Don Quichotte), donc un héros de la littérature espagnole. Bref, se réfère à la littérature d’aventure.

Pourquoi donc me suis-je sentie stupide de ne pas le savoir face à toutes ces têtes pensantes qui m’entourent et qui, elles, semblaient être parfaitement au courant ? Vous sortez ça, vous, entre le fromage et le dessert : « je viens de terminer un récit picaresque superbement narré », ou bien « oui, j’ai eu une journée tout à fait picaresque aujourd’hui ». Moi non plus. Mais rien ne nous empêche de le faire au prochain repas huppé auquel nous assisterons !

Je m’en retourne à mes picaresques corrections de manuscrits bien moins picaresques…

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Le mot du jour

Est-ce qu’on ne vous a jamais tenu des propos obscurs, incompréhensibles…? Vous êtes-vous déjà demandé comment dire à votre interlocuteur, sans le vexer, que vous ne compreniez strictement rien à ce qu’il racontait ? Je vois ça d’ici : « ce n’est pas très clair, vous tenez des propos assez fermés, voire hermétiques… » Bref, en gros, vous n’osez pas dire que vous ne pigez absolument rien à son charabia, et malgré tous les détours que vous faites, il se vexe… vous avez perdu sur les deux tableaux. Je vous donne une solution…

Le mot du jour : fuligineux.

À la base, fuligineux signifie « chargé de suie » (de la vapeur par exemple, ou le ciel,…) et donc, par extension, noir ou noirâtre (on parle d’un ciel fuligineux lorsqu’il est orageux). On peut dire que des gencives, des dents ou la langue sont fuligineux lorsqu’infectés, dans le jargon médical.

Par extension, est fuligineux tout ce qui manque de clarté, est obscur, voire confus. On pourrait dire que les politiques nous tiennent un discours fuligineux… Est fuligineux le propos du philosophe pour le jeune élève assis à son banc de classe, tête calée entre ses mains, les coudes au bord de la table…

Et voilà ! Vous pourrez maintenant dire, sans avoir peur de vexer personnes : « c’est très fuligineux tout ça ! » Le temps que votre interlocuteur réagisse à ce que vous tentez de lui dire, vous aurez bien l’occasion de changer de sujet !