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Le mot du jour

Les vieilles habitudes ne se perdent pas et c’est avec plaisir que je poste ce mot du jour qui m’a été soufflé par Philippe Bucherer, éminent membre de l’association de l’Amiral Flottant (un cercle très sélect d’amateur de roman policier). Bah quoi, on peut faire sa pub aussi !

Le mot du jour : maritorne.

Keskecékeça ? Eh bien ça, mes amis, c’est une alternative à la vulgarité. Et en plus, on enrichit son vocabulaire. C’est magnifique. Une maritorne, d’après le TLFI, est une femme vulgaire et sans grâce. Le mot désigne également une servante laide et peu soignée. Le mot viendrait apparemment de Don Quichotte, de Cervantes, dans lequel le personnage d’une servante, Maritornes, était particulièrement laide. D’où cet usage-là, depuis le XVIIe siècle en France…

Alors au lieu d’insulter votre vieille prof de math, de français ou autre, qui est vieille fille, se rase probablement avec le rasoir de son défunt père et sent le chat en plus de ressembler à Carlos, eh bien vous pourrez toujours lui donner ce joli surnom… je plaisante, c’est cruel.

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Suite à une discussion sur un banc public…

Le mot du jour : mélancolie.

A l’origine, il s’agit d’une des quatre humeurs (un liquide sécrété par un organisme vivant), qui selon l’ancienne théorie des tempéraments (définition sur ce billet), était supposée se trouver dans la rate et prédisposer à la tristesse et à l’hypocondrie. Par métonymie – c’est-à-dire par association d’idée, due à la proximité de sens, en gros – par métonymie donc, la mélancolie a fini par désigner l’état causé par ce liquide (cette humeur).

Il s’agit aussi d’une pathologie psychologique caractérisée par un état morbide et un abattement physique et moral (désolée James…). Cependant (et c’est où notre belle langue française te donne raison), le mot a aussi un sens très littéraire : une vague et douce tristesse dans laquelle on se complait, qui favorise la rêverie désenchantée et la méditation (selon le TLFI).

Comme quoi, en effet, être mélancolique est un moindre mal. Moi, c’est ce qui m’aide à écrire…

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Aujourd’hui, spéciale dédicace à un pique-nique sur les bords de Seine à aborder des sujets débiles, comme le nom d’un présentateur radio (Christophe Nicolas en l’occurrence) aidant à mémoriser les prénoms de deux personnes (ce qui me fait penser à une remarque judicieuse qui m’a été faite : Jean-Louis David a trois prénoms, c’est stupide !). Bon, j’ai l’esprit nébuleux ; finies les private jockes, je pense que les destinataires de ce billet tardif se sont reconnus.

Le mot du jour : mnémotechnique.

Le mot en lui-même n’est pas très intéressant. Le TLFI nous en donne la définition suivante : qui relève de la mnémotechnie. C’est super utile. Alors qu’est-ce ce la mnémotechnie ? Eh bien sachez que c’est ce qu’au moins 70% des français appellent couramment la mémotechnique (erreur courante de langage). Il s’agit de l’ensemble des méthodes destinées à faciliter les opérations de mémoire. VOus savez, ces trucs qu’on se donne pour retenir des dates en histoire, la liste des courses, un poème, le nom de sa future petite amie. Du grec ancien μνημονικός  (mnêmonikós, « de mémoire »), lui-même tiré de μνήμη (mnếmê, « souvenir »). Je vous épargne le rapprochement fait par Wiki avec la chef des Muses, Mnémosyne, d’abord parce qu’on s’en fiche, et ensuite parce que je ne saurai pas vous expliquer l’intérêt d’un tel rapprochement (pour ceux qui suivent le mot du jour, ce que je viens de faire est une prétérition… je vous laisse chercher).
On retrouve d’ailleurs la même racine dans le mot amnésique : le a– a fonction privative (il nie). L’amnésique est celui qui n’a plus de mémoire.

Sur ce, je m’en vais piquer un petit roupillon. Oh, et avant que j’oublie : bonne nuit !

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Un petit mot simple pour reprendre le rythme (promis, je vous en trouve de plus excitants la prochaine fois). On fait avec ce qu’on a !

Le mot du jour : énorme.

Probablement issu du latin ex, « en dehors de », et normis, « la norme », énorme ne désigne pas seulement les pachydermes et autres américains obèses (non, là je suis méchante). En effet, il s’agirait plutôt de désigner des choses extraordinaires, dans le sens premier du mot, c’est à dire qui sortent de l’ordinaire, de l’ordre.
Alors, voyons, qu’est-ce qui peut être énorme ? Eh bien, ce qui est très grand, plus grand que la taille moyenne, est énorme. Si l’on va par là, alors tout ce qui est un peu étrange (idiot, pour ceux qui suivent le mot du jour) l’est aussi.
Le TLFI nous donne également la définition suivante : soit qui est d’une extrême gravité (une énorme erreur). Ou bien au contraire, quelque chose qui est hors du commun, remarquable par ses qualités, ses mérites (on peut dire d’un tableau de taille normale qu’il est une énorme œuvre d’art, par exemple). Vous l’aurez compris, il  ne s’agit pas de taille, mais de représentation par rapport à la norme.
Et pour approfondir, sachez que le mot norme – qui soit dit entre nous est purement statistique, et ne porte pas de jugement de valeur : le plus grand nombre l’emporte simplement – la norme, disais-je, vient du latin norma, qui signifie dans un premier temps la règle, l’équerre, et dans un second temps, la loi.

Avec tout ça, on a intérêt à filer droit…

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Allez, histoire de prouver que même les gros mots ne sont pas si gros que ça (oui, on continue dans la lignée des mots grossiers qui sont plus trompeurs que les éléphants). À l’occasion de la journée de la femme (dont je ne sais pas s’il s’agit ou non d’une bonne chose), rendons à Jules ce qui est à César… ou plutôt à Marie ce qui est à Curie (rien à voir avec le mot du jour, mais il me fallait un personnage féminin).

Le mot du jour : con.

« Mais quel con ce mec ! », on l’a tous dit un jour (ou entendu au moins). Eh bien savez-vous qu’à l’origine, le mot con vient du latin cunnus qui en latin signifie « femme » ? Il désigne la région du corps féminin où aboutissent la vulve et l’urètre (le canal qui transporte l’urine). Le mot n’a alors aucune connotation péjorative. C’est au XIXe siècle qu’il se colore de misogynie, se reposant sur la faiblesse du « sexe féminin ». Dès le départ, le mot connasse (dérivé de con, auquel on a ajouté le suffixe péjoratif -asse) désignait une prostituée inexpérimentée ou pas très douée, d’où l’amalgame avec la femme naïve, un peu bête, et le sens qu’on lui connaît aujourd’hui.
Il existe d’autres mots dérivés, comme déconner, qui au départ signifiait « se retirer » (dans le sens sexuel du terme). Le contraire de déconner, enconner (pénétrer vaginalement), est formé sur le même modèle qu’enculer (appelons un chat un chat). Aujourd’hui, déconner veut dire « dire ou faire des bêtises ».

Mesdames, voilà donc comment le mot con illustre, comme bien d’autres, la suprématie masculine… Je me console en me disant que l’on rabaisse les gens lorsqu’on a peur d’eux ou qu’on se sent inférieur. Je ne suis pas féministe pour autant, ce n’est qu’un constat.

Je laisse le mot de la fin à Jules Michelet, qui déplorait ce dédain du « sexe faible » :

« C’est une impiété inepte d’avoir fait du mot con un terme bas, une injure. Le mépris de la faiblesse ? Mais nous sommes si heureux qu’elles soient faibles. C’est non seulement le propagateur de la nature, mais le conciliateur, le vrai fond de la vie sociale pour l’homme. »  Journal, 1887

 

 

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Je viens de comprendre l’intérêt de billets tels que celui-ci. Dites que je suis vieille France (j’assume, il en faut bien), mais je ne supporte pas cette lèpre qui bouffe notre langue. Sans vouloir citer personne, ma frangine vient de me faire écouter une chanson « que tout le monde chante au collège » (ce qui, croyez-moi, est loin d’être un gage de qualité) ; niveau de langue ras les pâquerettes. Bref, qu’une langue et son orthographe évoluent, OK. Mais que la langue s’appauvrisse, non. Il existe des mots pour désigner les choses. Et quand on désigne bien, on est compris en général. Et donc, en direct que Clermont, voilà le mot du jour, qui semble être LE mot du moment dans ma promotion (je ne sais pas, il doit avoir quelque chose de « regardez-moi, je connais plein de supers mots ! »). Donc je le partage avec vous, histoire que vous puissiez crâner aussi !

Le mot du jour : manichéen.

Cet adjectif désigne quelqu’un qui est adepte ou soutient le manichéisme, la doctrine de Mani. On n’est pas franchement plus avancé. Qu’est-ce donc que le manichéisme ? Je vais simplifier, mais c’est une doctrine selon laquelle il existe deux forces fondamentalement opposées : le bien et le mal. Le TLFI nous parle d' »antagonisme de deux principes cosmiques égaux et éternels ». Comme deux aimants, nécessairement présents dans chaque chose, dont ni l’un ni l’autre ne prend le dessus, ni ne peut disparaître. (Si ça n’est pas clair, dites-le, ça ne sert à rien sinon). Bref, du blanc, du noir, pas de nuances de gris. On en parle souvent tout de même ! Eh bien, avoir cette notion du monde, c’est être manichéen.
Pour info, Mani, c’est pas le mammouth dans L’Âge de glace ! C’est un prophète du IIIe siècle qui vivait en Mésopotamie et prétendait être en contact avec un ange. Sa vie, son œuvre ici (petit article, mais le principal y est).

La chanson en question (celle dont je parlais au début)… moi, c’est peut-être une vision manichéenne, mais ça me fait mal aux oreilles :

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Et voui, je suis motivée en ce moment, et je lis plein d’articles scientifiques remplis de mots incompréhensibles qu’on dirait qu’ils sont pas français… Merci Madame ma prof d’édition littéraire.

Le mot du jour : allographe.

Cette fois-ci je ne peux pas remercier le TLFI qui ne m’a absolument pas aidée (il me parle de champignon… bref) ; merci donc à Wikipédia, chacun son heure de gloire.
Le mot allographe a trois sens. Tout d’abord, il désigne un autographe effectué par autrui (alors là, ne me demandez pas de précisions, parce que je ne pourrai pas vous éclairer pour le coup… mais ne vous gênez pas, prenez le dico). S’agit-il d’une signature de célébrité imitée par un fan par exemple ?
L’allographe, c’est aussi une suite de lettre qui, prononcées phonétiquement (entendez par là : nommées les unes à la suite des autres) donnent une phrase. Exemple : LNAHETDK7IR (Hélène a acheté des cassettes hier). Plutôt sympa. Et on en croise tous les jours : NRJ (la radio), et dans un registre plus enfantin GPTQBC. Hum, bref.
Enfin, un allographe désigne les variantes d’un glyphe (à savoir d’un signe, une lettre par exemple). Wiki donne l’exemple du A et de sa version en italique, A.

Perso, je trouve la deuxième définition plus sympa. Comme quoi, on fait des trucs débiles, mais ils ont un nom vachement savant…

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Un mot bien compliqué trouvé dans un article scientifique portant sur la désacralisation de l’auteur via les prix littéraires (ceux qui sont intéressés par le sujet, n’hésitez pas à venir en discuter). Bref, en gros, on oppose élitisme et démocratisation de la consécration littéraire (est-ce que c’est le peuple qui doit consacrer un auteur ou l’élite intellectuelle ?). Et pour le coup, j’ai trouvé le texte très élitiste !

Le mot du jour : idiosyncrasie.

Allez Romain, avoue que celui-ci fait pâlir les asyndètes et autres cacochymes ! Alors, qu’est-ce que l’idiosyncrasie ? Dites-le à voix haute, on se sent très intelligent, parole de moi ! Et ça permet en plus de se montrer que ce grand méchant mot n’est qu’un mot. Vous verrez une fois expliqué…

Quels sont ceux qui ont suivi un peu les derniers mots du jour ? Vous souvenez-vous d’idiot et de sa signification ? « Particulier, propre à », c’est bien ça. Voilà, on a déjà une partie du mot. L’autre partie signifie (à peu de choses près) « tempérament ».   « Tempérament particulier ». Nous voilà bien avancés. Voyons ça de plus près : dans le jargon médical, l’idiosyncrasie désigne un phénomène qui fait qu’un organisme (une cellule par exemple) réagit de manière personnelle à un agent extérieur (un virus, un médicament) : elle est la seule ou presque à montrer cette réaction-là. Dans le sens d’individualité, l’idiosyncrasie peut aussi désigner l’âme, donc le tempérament propre à une personne.
Enfin, en linguistique, le TLFI nous dit qu’il s’agit d’une « tendance des sujets à organiser les règles générales de formation des mots d’une même langue de manière différente selon leurs dispositions intellectuelles ou affectives particulières« . En gros, une lacune linguistique qui fait qu’on ne forme pas les mots correctement, et cela dû à des facteurs personnels.

Bon, c’est pas tout, mais je dois filer moi… à bientôt ! D’ici-là, tentez d’user de votre idiosyncrasie (ou juste de caser le mot dans une conversation, vous m’en donnerez des nouvelles !).

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Allez, un mot du jour un peu engagé (selon moi), et qui me tient à cœur. Je précise que ma super binôme Estelle n’est pas étrangère à la harangue que je vais tenir maintenant puisque c’est avec elle que j’ai mené cette réflexion. Alors je lâche le fauve, et après, libre à vous d’en faire ce que vous jugerez bon. Mais diffusez la bonne parole !

Le mot du jour : livre.

Je vous l’avais dit. La définition fiscale est la suivante : « ensemble imprimé, illustré ou non, publié sous un titre, ayant pour objet la reproduction d’une œuvre de l’esprit d’un ou plusieurs auteurs en vue de l’enseignement, de la diffusion de la pensée et de la culture. » On est d’accord, c’est restrictif, mais ça a le mérite d’être concret. J’ai tenté de creuser un peu, histoire de découvrir dans l’étymologie du mit un sens caché susceptible de remettre de l’ordre dans le bordel ambiant qui règne à l’heure du numérique. Mais rien, liber en latin veut dire livre, écrit. Rien de plus (que je sache). Pour le coup, on en reste à l’objet.
L’erreur que nous avons commise, au cours de l’évolution de notre elle langue française, est de faire l’amalgame du contenu et du contenant, à savoir du texte et de l’objet qui le supporte. C’est ce qu’on appelle une métonymie… c’est comme « boire un verre », alors que concrètement, c’est de l’eau que vous buvez. Bref, pour le coup, on est complètement paumé, et l’innocent « j’ai acheté le dernier livre de Tartempion » au lieu de spécifier le genre (roman, essai, etc.) a conduit à parler aujourd’hui de livre numérique.
Livre numérique. Voilà, c’est la porte ouverte à tout. Parce qu’on parle de livre, on ne se force pas à chercher de vraies solutions et on recycle les vieilles lois, les vieilles idées. Et on n’évolue pas, on fait du sur-place, les contenus ne véhiculent plus rien, ou presque. L’économie même est enrayée. Et on s’embourbe dans des discours aux relents de culture de masse et de mort de la création, ou je ne sais quoi. Un de mes camarades a fait le constat suivant : pour débloquer la situation, il faudrait inventer un vocabulaire propre au numérique. Parce que les mots signifient bien plus qu’on ne le pense ; non contents de donner un sens, ils donnent une existence aux choses.
Il est temps que nous reconnaissions l’existence de cette nouvelle génération d’œuvres. Avec Estelle, nous avons donc lancé un nouveau concept : celui d’ONE (œuvre numérique écrite). Ce n’est qu’un premier pas, mais ça aide à voir plus clair. Ne renions pas le livre, ne l’imposons pas, mais essayons de faire cohabiter ces notions et de comprendre leurs mécanismes indépendamment l’une de l’autre. Et le livre comme le numérique pourront continuer leur bonhomme de chemin.

Le livre n’est pas mort, mais il est possible que nous le tuions si nous ne laissons pas l’évolution faire son travail…

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Et bonjour !

Allez, pause sur le projet éditorial (monter des contrats, c’est pas drôle tous les jours… mais attendez, n’est-ce pas ce à quoi je me destine ?) pour poster un mot sympa. Et que tout le monde connaît. Parce que oui, j’ai eu la remarque l’autre jour d’une personne qui m’a dit « enfin un mot que je connais », tandis que d’autres s’amusent à découvrir ceux qu’ils ne connaissent pas. Chacun son truc et il en faut pour tous les goûts. C’est parti pour un truc pas prise de tête.

Le mot du jour : ébauche/esquisse

J’ai vu ça l’autre jour dans mon cours sur le livre d’art. Mon professeur (un éminent spécialiste sur la question) a ouvert une parenthèse qui serait passée inaperçue pour une oreille désintéressée. Mais voilà, la mienne traîne un peu partout.
Et c’est drôle, parce que c’est une confusion que l’on fait souvent sans s’en rendre compte, alors qu’en fait, il y a une différence fondamentale entre l’ébauche et l’esquisse. La première est un préliminaire à la création d’une œuvre, le premier pas, les premiers coups de crayon, « la première forme d’un objet » (dixit le TLFI). Dans ce cas, l’œuvre n’existe pas encore. L’esquisse, elle, est la reproduction imprécise, imparfaite, grossière peut-être, d’une œuvre préexistante (voire le sommaire d’un ensemble).

C’est drôle, on dit pourtant esquisser un sourire… je laisse la réflexion ouverte, faites-moi rêver… Moi, je retourne à mon ébauche de contrat de traduction.