Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Gwendy et la boîte à boutons (Stephen King/Richard Chizmar)

Amis du jour, bonjour !

Dans l’un de mes billets je faisais mention du challenge « Automne du King » et de la liste de lectures que m’avait concoctée mon amie Laura. C’est de cette même liste qu’est issue la lecture d’aujourd’hui.

Sarakontkoi ?
Gwendy est une enfant rondouillette qui expérimente, depuis sa récente entrée au collège, la cruauté de ses camarades. Un jour, elle croise au parc un homme chapeauté qui lui offre une boîte ornée de plusieurs boutons et leviers. L’un d’entre eux lui donne un chocolat par jour, qui miraculeusement fait que tout dans sa vie s’améliore, l’autre lui donne une pièce en argent d’une grande valeur. Quand aux autres boutons, mieux vaut ne pas trop les actionner…

Tenpenskoi ?
Comme pour Elévation, on retrouve ici ce que King sait faire le mieux : lâcher une petite grenade surnaturelle au milieu d’une vi(ll)e bien rangée. Gwendy est une petite fille gentille, attachante, intelligente et en tant que lectrice, je n’ai pu qu’avoir peur de l’impact qu’aurait un tel objet sur elle. Parce que le pouvoir avilit souvent les adultes, et que le bonheur et la facilité ne réussissent pas à tout le monde. L’apparition de cette boîte magique émerveille puis effraie Gwendy ; ce qui est intéressant, c’est de suivre l’évolution de sa mentalité face à ce qui lui est offert, ses peurs, ses espoirs.

Encore une fois, je suis soufflée par la capacité de King à infiltrer le quotidien pour y trouver le meilleur comme le pire, à tracer des lignes d’existence pour nous proposer d’en explorer un segment, comme si nous ne faisions que traverser la vie de ses personnages, et qu’ils existaient au-delà de nous et de son œuvre. Bref, je n’ai pas grand chose de plus à dire sur ce très court roman, si ce n’est qu’encore une fois, King m’a donné un bon cours d’efficacité !

Pour info :
éditions Le Livre de Poche (trad. Michel Pagel), 160 pages, 7.70€

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Elévation (Stephen King)

Amis du jour, bonjour !

Il y a très très longtemps (40 chronique de retard), c’était, comme chaque année en automne, le challenge « l’Automne du King », organisé sur son compte Insta par TomaBooks. Ma copine Laura, grande amoureuse de Stephen King devant l’Eternel, sachant que je n’avais pas trop le temps de lire des romans que je n’avais pas dans ma PAL, m’a gentiment proposé toute une liste de courts textes de l’auteur, pour mon plus grand plaisir ! Vous l’aurez compris, Elévation en faisait partie.

Sarakontkoi ?
Scott, soixantenaire divorcé bien-portant, va voir son médecin avec une problématique particulière : chaque jour, son poids diminue un peu plus. Il n’a pas perdu de masse, simplement, sa masse pèse de moins en moins. Ce phénomène étrange entraîne toutes sortes de transformations dans sa vie, et dans ses interactions avec son entourage.

Tenpenskoi ?
Question : pourquoi j’en ai eu quelque chose à faire de ce vieux gars insipide et de ses histoires de divorce et de voisinage ? C’est toute la magie de King. En instaurant un élément surnaturel dans une petite ville tranquille au voisinage bien rangé (ouais, on pense un peu à Stars Hollow avec une ambiance Wisteria Lane), il met un beau coup de pied dans la fourmilière. Scott n’est pas le personnage le plus attachant de prime abord, il est vieux, divorcé, ne fait pas grand chose de sa vie, et pourtant, en devenant de plus en plus léger, en cachant son secret, il sort de ses routines, s’interroge sur ses comportements, et succombe à l’envie de s’impliquer dans la vie des gens qu’il aime.

Et ses proches le lui rendent bien. Les incompréhensions s’envolent, les liens se tissent, et si l’issue semble fatale (oui, Scott a finalement tout d’un personnage tragique), on ne peut que sentir notre cœur s’alléger pour accompagner Scott dans son cheminement. J’ai refermé le livre la gorge serrée et une larme au coin des yeux. C’est rapide à lire, efficace. Vous n’allez pas comprendre ce qui vous arrive, mais je garantis que vous serez embarqués.

Pour info :
éditions Le Livre de Poche (trad. de Michel Pagel), 160 pages, 7.70€

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La Société très secrète des sorcières extraordinaires (Sangu Mandanna)

Amis du jour, bonjour !

Encore un roman que j’ai vu passer partout, encore une opportunité pour moi de râler… foutue hype ! Je sais que je dois me faire confiance, je le sais ! Et j’ai toujours l’impression d’être la grincheuse de service… Mais enfin, il faut ce qu’il faut.

Sarakontkoi ?
Mika est une jeune sorcière moderne, qui aime parler potions sur Youtube (parce que personne ne croit vraiment à la magie, n’est-ce pas ?). Elle mène une vie solitaire jusqu’au jour où elle reçoit un message lui demandant de venir aider trois jeunes sorcières qui vivent dans un manoir ; mais les sorcières n’ont normalement pas le droit de vivre en communauté, trop de pouvoir concentré en un endroit. Mika fait la connaissance d’une drôle de famille : Ian et Ken, vieux couple heureux, la gouvernante de la demeure, et Jamie, le bibliothécaire râleur…

Tenpenskoi ?
L’idée de base, à savoir la modernité des réseaux sociaux mélangés à l’art ancestral de la sorcellerie, une found family, je me suis dit « mais oui, banco » ! C’est doux, c’est tout bon pour l’automne ! Côté réseaux sociaux, c’est tout de même léger-léger, je pense même qu’on peut dire que ce n’est qu’une mention dans le roman. Ça, déjà, c’est mort. Bon, la found family, ça, ça peut pas louper ? Alors, tu peux me le dire, hein, que c’est une famille soudée, qu’ils se protègent les uns les autres, mais en dehors de l’affection que Ian et Ken se portent et portent aux autres personnages, c’est pas foufou non plus !

Et bien sûr que le bibliothécaire est ronchon ! Et bien sûr que Ian est un vrai soleil (d’ailleurs calqué d’après moi sur Ian McKellen, mais c’est pas grave, on l’aime bien) ! Les personnages ont l’air d’avoir 5 ans alors qu’ils en ont plus de 30 (en dehors des gamines). Le prétexte utilisé pour faire appel à Mika est un peu léger, du coup, là, roman, tu m’as perdue. C’est trop. Trop forcé, trop ronchon, trop solaire, attention à pas péter ton chausse-pieds pour faire tout rentrer. Et, SPOILER, d’un coup d’un seul, voilà que Jamie a un crush ? Qu’il donne lieu à une scène « chauds les marrons » hyper cringe et oscille entre le ramassis de clichés et le cours d’anatomie. FIN DE SPOILER Les autrices, si vous n’êtes pas à l’aise avec le smut (la fesse, pour toi maman), n’en écrivez pas, parfois, la suggestion fonctionne bien mieux !

Bref, je suis heureuse tout de même de voir un peu de diversité (un couple queer, une sorcière aux origines indoues si ma mémoire est bonne). J’adore le principe de found family, mais c’est assez mal foutu. En soi, j’ai l’impression de goûter la tarte de printemps de dame Séli, et comme le dit Arthur à sa belle-mère : « le plus intéressant c’est, comment est ce que vous arrivez à faire un truc aussi immonde avec des ingrédients normaux ? […] Non mais c’est incroyable. J’ai l’impression de bouffer de la terre avec de la bouse et du gravier, ça sent le poulailler, mais c’est du céleri et des oignons, c’est prodigieux. » Ok, j’exagère, c’est pas immonde, mais c’est pas bon quoi…

Pour info :
éditions Lumen, trad. de Laureline Chaplain, 406 pages, 17€

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Les Whisperwicks, T1 : Le Labyrinthe sans fin (Jordan Lees)

Amis du jour, bonjour !

Enfin — ENFIN ! — je peux vous parler de cet énorme coup de cœur que je retiens depuis 2022, puisque j’ai eu l’immense privilège d’en faire la lecture à l’état de manuscrit alors que Penguin Random House n’avait pas encore annoncé sa publication. Oui, je me la pète oui. Mais ce manuscrit, c’est un peu mon bébé ! Alors je triche un chouilla, je profite de sa sortie en VO pour vous proposer une chronique avec une semaine d’avance sur sa sortie française…

Sarakontkoi ?
Benjamiah Creek, 11 ans, est un gosse cartésien ; la magie, pour lui, ça n’existe pas. Mais lorsqu’il reçoit mystérieusement en cadeau une poupée qui lui parle, il croit devenir fou, jusqu’à ce qu’elle l’entraîne dans l’étrange monde de Dedaleum, un univers labyrinthique où il ne fait pas bon se perdre. Et se perdre, c’est justement ce que doit faire l’intrépide Elizabella pour retrouver son frère Edwid, qui a disparu. Benjamiah et Elizabella partent donc à la recherche des fameux whisperwicks semés par Edwid…

Tenpenskoi ?
Explosion dans ma tête. Les romans destinés à un public 9-11 ans peinent à éveiller mon intérêt (oui, je sais, je ne suis pas la cible, mais je suis censée les conseiller). Ceci dit, avant même que je ne comprenne ce que j’étais en train de lire, j’étais déjà incapable de lâcher le roman.

Le roman est tellement riche qu’il est difficile de vraiment le résumer. Et quand je dis riche, je veux parler de style, de personnage, de construction d’univers et d’intrigue. Oubliés les personnages casse-bonbons insupportables de suffisance, aux surnoms/diminutifs infantilisants. Pas de roman « à couettes » parce que c’est pour les petits. Le roman est construit comme son décor, un labyrinthe, qu’il faudra explorer pour en obtenir toutes les clefs. On y parle de réalisation, d’ouverture à l’autre, de deuil aussi.

L’univers est tantôt magique et enveloppant, tantôt angoissant et étouffant, merci le labyrinthe. C’est très visuel, et inventif. J’y ai retrouvé des concepts de Pullman, mais aussi l’étincelle de Nevermoor (auquel j’ai préféré Whisperwick, désolée). Émotionnellement c’est une claque assez osée pour un roman jeunesse middle-grade. Bref, un texte qui joue clairement dans la catégorie des grands du genre, que je conseille, personnellement, plus à partir de 11 ans.

Pour info :
éditions Auzou (trad. Juliette Lê), nombre de pages inconnu (pour le moment), 24.95€ pour sa version reliée, 16.95€ pour sa version souple

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L’Anti-magicien, T1 (Sébastien de Castel)

Amis du jour, bonjour !

Je suis toujours tiraillée à l’idée de chroniquer un tome 1 sans avoir lu la suite. Je trouve plus logique de proposer mon avis sur la série complète. Mais comme celle-ci compte 6 tomes et que je ne vous en parlerai jamais si j’attends autant, découvrons ensemble si cette entrée en matière fut concluante.

Sarakontkoi ?
Kelen, 16 ans, est l’héritier d’une des familles les plus puissantes de la cité. Les adolescents y développent normalement une prédisposition pour une des 7 formes de magie : braise, souffle, fer, ombre, sang, soie, sable. Kelen, contrairement à ses camarades, semble peu à peu perdre de ses pouvoirs. Malgré les ruses qu’il déploie, il ne pourra pas le cacher bien longtemps. Et c’est sans compter sur l’arrivée de Furia, la vagabonde, et de Rakis, un chacureuil à la verve vive et aux griffe acérées.

Tenpenskoi ?
Alors là, soit votre esprit s’est arrêté à « chacureuil », soit vous vous dites « euuuuuuh, quoi ? » Et à raison. Parce que moi aussi, j’ai cru qu’on allait suivre les affres d’un ado qui entre à l’école et déploie des trésors d’intelligence pour tenter de cacher son manque de magie. Bah non. C’est beaucoup plus travaillé. On y parle notamment de secrets de famille, de politique (intérieure et extérieure), de mensonges. Et les personnages secondaires, bien loin de se satisfaire de cet épithète, volent souvent la vedette : toujours le bon mot, la petite plaisanterie, la punchline qui te met au tapis. Furia remet carrément en cause toutes les certitudes de Kelen, le poussant à se questionner sur le sens réel de la magie. Rakis, quant à lui, profère toutes sorte d’insultes plus drôles les unes que les autres.
Kelen est un jeune homme en plein questionnement, intelligent, certes, mais par dessus tout persévérant, un Joe-la-débrouille plein d’esprit et de courage, McGyver de la fantasy. Donc plutôt qu’une montée en puissance du protagoniste, on est plutôt sur une prise de conscience des manigances, des mensonges et des injustices. Une série qui promet d’être riche en thématiques, des personnages hauts en couleur, un contrepied par rapport aux publications actuelles… je dis go !

Pour info :
éditions Gallimard Jeunesse (trad. Laetitia Devaux), collection Pôle Fiction, 464 pages, 8.50€

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Collection Court Toujours / Fantasy

Ami du jour, bonjour !

Aujourd’hui, un billet un peu particulier, je vous parle d’une collection et non d’un roman. Et mieux encore, je vous parle d’une sous-collection ! Il y a quelques années, Nathan a lancé sa collection Court Toujours, de très courts romans — je dirais même de novellas (non, les truc espagnols à l’eau de rose, ce sont des novelas, c’est différent) — qui proposait aux adolescents de découvrir le texte en version papier, e-book ou audio. Très chouette démarche donc. Et encore mieux, deux de ces textes sont de la fantasy…

Sarakontkoi ?
Il était ma légende : Le fils d’un noble rêve de rencontrer Elok d’Endar, son héros, celui qui a terrassé les ombres qui menaçaient le royaume. Il décide donc de quitter ses privilèges pour être formé par lui. Mais il découvre un terrible secret qui remet tout en cause…
Le roi des Sylphes : Le royaume des Monts Brumeux, où vivent les Sylphes, est de plus en plus menacé par les humains. Il est temps pour le jeune prince des Sylphes de prendre sa place de futur roi et de subir le rituel qui effacera en lui toute humanité. Mais il ne rêve que d’une chose : rejoindre le monde des humains.

Tenpenskoi ?
Moi, quand tu me parles de fantasy, je me dis toujours que ça demande une grosse construction d’univers, que c’est nécessairement long. Estelle Faye et David Bry ont pulvérisé cet a priori. C’est tout le talent des nouvellistes : écrire des histoires courtes et pourtant complètes et percutantes. Ici, je ne suis même pas certaine que le nom des protagonistes soit cité, en tout cas, je ne m’en souviens pas du tout, et ça ne me gêne aucunement.

La nouvelle, c’est par définition un texte court qui comporte deux éléments essentiels : une unité d’action (il y a UN élément perturbateur, UNE péripétie) et peu de personnages. Et puis, si je m’écoutais, une bonne chute. Une nouvelle, c’est comme une blague, ça se construit, ça se raconte, mais surtout, il faut que la chute soit bonne. En l’occurrence, c’est le cas, et j’ai été bluffée par l’efficacité de ces deux textes, très similaires dans leur construction (raison pour laquelle j’ai choisi de n’en faire qu’un billet).

Alors, on le conseille à qui ? À des ados donc la lecture n’est pas l’activité favorite, et à tous les lecteurs, petits et grands, qui veulent s’essayer à la fantasy. De mon côté, je surveille les prochaines propositions du genre chez Court Toujours, et vous conseille de vous pencher sur cette jeune et néanmoins efficace collection.

Pour info :
chez Nathan, coll. Court Toujours
Il était ma légende, de Estelle Faye, 63 pages, 8.50€
Le Roi des Sylphes, de David Bry, 64 pages, 8.50€

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N.E.O., la quadrilogie (Michel Bussi)

Ami du jour, bonjour !

S’il y avait bien un livre que je ne pensais/voulais pas lire, c’est bien celui-ci ! Parce que mes foutus préjugés, et les auteurs adultes qui viennent en jeunesse, ça va bien 5 minutes. Mais un petit lutin chez PKJ m’a affirmé que c’était très bon, et que je devait tenter l’aventure. Bon d’accord, j’essaie, mais c’est sans garantie !

Sarakontkoi ?
Paris, dans quelques décennies. Une catastrophe chimique a eu lieu 13 ans auparavant. Ne restent que des enfants de 13 ans qui n’ont pas été touchés par le nuage de gaz parce que dans le ventre de leur mère. Certains adultes ont survécu assez longtemps pour inculquer les bases de la survie à ces enfants. Justement, à Paris, deux groupes se sont formés : ceux du Tipi (la tour Eiffel), quasi illettrés, vivant au fil des saisons et de leurs cultures. Et ceux du Château (le Louvre), une poignée de privilégiés qui a vécu au rythme des leçons vidéo de Marie Lune, préparés à être les garants de la survie de notre culture. Lorsque Zyzo, qui n’a connu que le Tipi et sa tribu, s’aventure au Château pour espionner, il fait une étrange découverte…

Tenpenskoi ?
Allez, je casse le suspens : j’ai adoré ! Je ne l’ai pas lu mais écouté. Et comment te dire qu’écouter Leonardo DiCaprio (ou sa voix française, Damien Witecka) te lire un bouquin, c’est quelque chose ! Et puis il y a le texte de Michel Bussi qui, contre toutes (mes) attentes, s’est révélé être un excellent conteur. Et moi, je t’en ai déjà parlé, j’aime les conteurs. C’est fluide et solide, la base d’un texte qui t’embarque. Parce que tu fais confiance, l’auteur sait ce qu’il fait et tu as juste besoin de te laisser guider.

Les jeunes protagonistes sont tous incroyablement attachants, à commencer par Zyzomys et Alixe. J’ai un faible pour Saby l’effrontée et Lupo… pour l’étrange Chrysanthe et sa poupée. Bref, une superbe brochette de forts caractères. Au-delà de la survie, la force des liens qui unissent ces gosses est émouvante, certains trahissent d’autres se sacrifient, les jeux de pouvoir s’installent. Tous les ingrédients sont présents et clairement, on n’attend que le dénouement et les révélations qui entourent certains protagonistes (si si, on les sent venir les petites surprises).

Je m’arrête quelques secondes sur la version audio, incroyablement interprétée. Je pense que la lecture de Damien Witecka est pour beaucoup dans mon amour pour cette série, parce qu’il a su donner vie aux personnages. Bien lire, ce n’est pas donné à tout le monde, et là, je dis bravo à Lizzie, la plateforme qui a produit ce livre audio, ainsi qu’à Damien, of course !

Comme quoi, parfois, on est gagnant à ne pas faire la tête de mule !

Pour info :
éditions PKJ
Tome 1 : La chute du soleil de fer, 512 pages, 19.90€
Tome 2 : Les deux châteaux, 672 pages, 19.90€
Tome 3 : L’empire de la mort, 640 pages, 19.90€
Tome 4 : Les moulins de Pandore, 496 pages, 19.90€

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Fourth Wing, tome 1 (Rebecca Yarros)

Amis du jour, bonjour !

Si vous suivez un peu les réseaux (j’allais dire « la blogosphère », mais LOL, plus personne ne tient de blog en dehors de quelques millennials !), vous avez forcément vu passer ce roman, au moins une fois ! Quel.le influenceur.se n’a pas essayé de vous le vendre dans sa V.O., n’a pas taquiné votre curiosité en vous annonçant sa sortie en français ? Eh bien chers lecteurs, je l’ai lu, mouton dévoué à la cause que je suis.

Sarakontkoi ?
Violet Sorrengail, atteinte d’une maladie chronique invisible (on s’en doute, ce n’est jamais nommé), se destinait à devenir scribe. Mais sa mère, Générale à la tête de l’Académie, grande Cavalière (chevaucheuse de dragons) elle-même, en a décidé autrement : elle aussi chevauchera un dragon. Dans ce quadrant de l’Académie, où les faibles sont éliminés par la difficulté des épreuves, leurs propres camarades ou les dragons eux-mêmes, Violet devra survivre, en gardant dans son viseur le fils du chef rebelle, lui aussi forcé d’intégrer l’Académie. Et il a des raisons de la détester : c’est la Générale Sorrengail qui a fait exécuter son père et tous les autres rebelles…

Tenpenskoi ?
Moi, on m’a vendu une fantasy avec de la romance, qui n’était pas une romantasy. Quelle est la différence ? En romantasy, la romance est un peu l’enjeu du truc, à la rigueur, l’arrière-plan, on s’en fout un peu. Là, c’est limite-limite… mais j’y reviendrai.

En termes de style, je n’ai rien à dire. Mais vraiment. Rien. Ce n’est ni bon, ni mauvais. Disons que vous ne sortirez pas ce bouquin de vos étagères parce qu’il est bien écrit, mais vous ne le poserez pas parce qu’il est mal écrit. En revanche, je ne sais pas à quoi m’attendre sur la traduction… En tout cas, l’intrigue est bien menée, ça se lit tout seul. J’ai trouvé intéressant de voir Violet évoluer et se maintenir au niveau par des subterfuges divers plutôt que par la force, qu’elle n’a pas. C’est une héroïne intelligente pas (trop) casse-bonbons, ce qui change de bien des protagonistes féminines en fantasy/romantasy (coucou Feyre). Le protagoniste masculin, Xaden, est fort intéressant, physiquement intelligent (mais pas que), il se dévoile comme un bon maroilles : ça pue au début, mais en fait, c’est vachement bon.

Pourquoi je parlais de romantasy tout à l’heure ? Violet et Xaden, son soi-disant ennemi, c’est grillé qu’ils vont se sauter dessus ! Leur souffle se coupe quand ils s’approchent, elle, elle a la chair de poule dès qu’elle le voit… et on a droit à deux scènes de sexe (consenti) monumentales (10 pages !) qui ont fait grimper la température dans ma culotte Dim 100% pur coton ! Beaucoup argueront donc que ce n’est pas de la romantasy, moi je trouve qu’on flirte dangereusement avec quand même.

Le glop : une héroïne intelligente et forte, des dragons trop cools (vraiment, ce son des personnages à part entière, leurs motivations et leur mode de fonctionnement sont intéressants), la formation d’une chouette bande de camarades, et un personnage atteint d’une maladie chronique invisible (syndrome d’Ehlers-Danlos visiblement, dont souffre l’autrice). Le pas glop : mais POURQUOI quand une nana est forte, c’est le mec qui doit la valoriser ? Xaden insiste beaucoup sur la force de Violet (contrairement à d’autres personnages masculins), il la pousse à dans ses retranchements, mais pourquoi faut-il que ce soit lui qui défende sa valeur et son courage ?

Bref, lecture très sympa (mon plaisir coupable, je l’avoue), mais d’après ce que j’ai entendu du tome 2, ça me donne peu envie de m’y replonger… c’est dommage !

Pour info :
éditions Stardust (trad. Karine Forestier), 400 pages, collection Romantasy (alors les rageux !), 21.50€

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Mille Pertuis, tome 1 : La Sorcière sans nombil (Julia Thevenot)

Ami du jour, bonjour !

J’en cause, j’en cause (sur les réseaux, autour de moi) mais il serait peut-être que temps que je rédige cette chronique, nom d’une pipe en bois !

Sarakontkoi ?
Ortie a une quinzaine d’années. C’est une sorcière, et la sorcellerie, c’est une histoire de femmes. Très jeune, Ortie apprend qu’elle devra suivre son destin, son Nord, auquel elle est rattachée par le nombril. Seulement voilà, quand on est une enfant, qu’on joue avec les copains, ces histoires métaphoriques de Nord, de destin, de secret autour de la magie, ça ne veut pas dire grand-chose. Et Ortie commet la plus grosse erreur qu’une sorcière puisse commettre… Et passe les années qui suivent à tenter de la réparer.

Tenpenskoi ?
Quand j’ai reçu le bouquin de la part de Gallimard Jeunesse (parce que oui, c’est un service presse), ma première réaction a été « chouette couverture ! » En lisant la quatrième, je me suis gratté un peu le scalp. C’était chelou. Une sorte d’aura étrange se dégageait du roman. Et puis cette couverture, quoi ! Des Tic-tac, un stylo, des plantes, une cup menstruelle… aucun sens. J’ai commencé ma lecture, et j’ai calé. L’espace d’un instant, je me suis demandé ce qu’on m’avait envoyé. Mais j’étais fascinée, de cette fascination qui maintient nos yeux ouverts devant une scène bizarre au ciné. Et enfin, sans que je comprenne comment ni pourquoi, je me suis retrouvée, telle une mouche imprudente, prise dans la toile de Julia Thévenot.

Mille Pertuis, c’est une histoire de femmes, au sens le plus littéral et cru du terme. La sorcellerie est un monde de femme, et la magie vient de leur corps. Leur salive, leur sang… et donc leurs menstrues (oh, écoute, prends un dico !). C’est une magie viscérale, crue, organique, pas jolie. Mais tellement pratique, physique, tangible ! Ortie est un personnage touchant, dès son enfance. Sa petite sœur, l’impayable Ronce au régime alimentaire peu habituel (sauf si t’aimes la Javel), et la parfaite aînée Épine, fière et appliquée, la mère mystérieuse, sont géniales. Bref, je sens bien qu’on ne me dit pas tout, que comme Ortie, je navigue à vue. J’ai beau avoir 34 ans, mais j’ai l’impression de découvrir mon corps en même temps qu’elle !

C’est drôle, ça questionne, ça avance, ça s’aventure, ça bégaye, ça embraye, et ça finit trop vite. La suite n’arrivera jamais assez tôt !

Pour info :
Gallimard Jeunesse, 432 pages, 19.90€

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Suzanne Griotte et le parc aux limaces (Thibault Bérard/Clément Devaux)

Amis du jour, bonjour !

On en parle en définitive assez peu ici, mais il m’arrive de lire des romans pour les plus jeunes. Je n’y vais que rarement de moi-même, mais depuis que je reçois les publications de Gallimard Jeunesse (et quelques petites choses chez PKJ, mais chut), ça m’arrive de plus en plus souvent. Et puis parfois, ça fait mouche, ces histoires de limaces.

Sarakontkoi ?
Suzanne Griotte est vieille et méchante. Et comme toutes les vieilles-méchantes, elle déteste les enfants. Ça tombe bien, le diable lui propose un marché : contre l’âme d’Adèle Nectar, une gamine dont les seuls amis semblent être une bande de limaces, il lui redonnera son corps d’enfant. Adieu douleurs et solitude, rouler dans la farine la naïve Adèle devrait être un jeu d’enfant, non ?

Tenpenskoi ?
Je parle souvent des romans que je n’attendais pas. Typiquement, on y est. Je le reçois sans l’avoir demandé, c’est pas LA lecture qui me fait le plus envie, mais c’est court, j’ai pas le time, et c’est toujours un -1 dans ce que j’ose encore appeler ma PAL mais commence à faire concurrence à l’Empire State. Toutes les conditions sont réunies pour que je sois vraiment surprise. Et c’est le cas !

Ici, point de roman à couettes, comme j’aime à les appeler (ces romans qui dégoulinent de sirop et de bons sentiments genre « gna gna gna je suis un livre pour les enfant »). Les personnages de Suzanne et Adèle n’ont rien de très original : la vieille dame acariâtre et la petitoune innocente, c’est pas non plus la révolution au royaume des choux. Mais voilà, il y a les limaces, et ça, ça change tout. Les limaces, elles sont muettes, dénuées de tout sentiment, ce sont des pages blanches. Des pages blanches sur lesquelles écrivent Adèle et Suzanne, qui deviennent peu à peu meilleures copines, et se soignent l’une-l’autre.

J’ai trouvé la fin très jolie, sans être trop évidente, et oui, j’ai été fauchée par ce roman dont je n’attendais rien. Les illustrations ont, je l’avoue, un goût de nostalgie et me rappellent celles de Quentin Blake. Je le garde du coup précieusement en rayon et m’empresse de vous le conseiller pour un lectorat entre 7 et 9 ans, et pour vous, grands enfants qui avez un jour rêvé de construire un parc d’attraction pour limaces.

Pour info :
éditions Gallimard Jeunesse, 160 pages, 13.50€