Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

Une nuit infinie (Eliot Schrefer)

Amis du jour, bonjour !

Je ne pensais pas aimer le space opera, et puis un jour, j’ai découvert Red Rising (bon ok, c’est pas QUE de space opera, mais quand même, y a de la guerre dans les étoiles, alors ça compte, je veux rien savoir). Et puis il y a eu Aurora Squad, gros coup de cœur pour moi. Alors quand Rivka, maison d’édition dont j’apprécie beaucoup le travail, a sorti Une Nuit infinie, je n’ai pas hésité longtemps. Tu vas comprendre pourquoi.

Le Pitch
Ambrose se réveille à bord du vaisseau Coordinated Endeavor pour une mission de sauvetage, et pas n’importe laquelle : sa sœur, envoyée seule sur Titan, émet depuis la lune de Saturne un message de détresse. Seulement voilà, Ambrose n’a aucun souvenir du décollage, et il n’est visiblement pas seul à bord. Kodiak, astronaute du bloc ennemi, partage sa mission…

Mon avis
J’avoue, en lisant le résumé, j’ai tout de suite eu des vibes TJ Klune. Je venais de terminer Dans la vie des pantins, du coup, j’ai vu SF et couple queer, et mon sang n’a fait qu’un tour ! J’y ai trouvé du très bon, et des choses que j’ai moins appréciées.

Si je devais ne retenir qu’une chose, ce serait notre couple de protagonistes. Ambrose, profondément humain malgré son cocktail génétique, amateur de musique classique, blagueur et sentimental. Kodiak, froid et distant, endoctriné par des dirigeants qui ne lui demandent que de sacrifier sa vie à la Patrie. De fait, quand la coquille du second se fendille face à la maladresse attendrissante du premier, mon cœur d’artichaut soupire.

Et puis le vide de l’espace, la claustrophobie de la nuit infinie, et cette révélation de milieu de roman qui remet tout en cause et lance le mécanisme d’une immense machine qui nous emporte vers l’inévitable… C’est bien joué. La première moitié est intelligemment parsemée d’indices qui pourraient mettre la puce à l’oreille d’un lecteur attentif. Seulement, ce retournement de situation, c’est ma claustrophobie à moi ; sur la seconde partie, je me suis donc retrouvée coincée avec un sujet qui me met mal à l’aise (et que je ne peux dévoiler ici). Dès lors, même si le dernier tiers est habile, moi, j’ai perdu mon petit confort. Pas la faute au roman, simplement à des goûts très personnels.

La conclusion est intéressante, même si elle paraît plus précipitée que le reste du roman (en même temps, avais-je envie de m’appesantir sur le sujet ?). Et l’auteur a récidivé avec une suite (selon moi pas nécessaire, mais pourquoi pas) intitulée The Brightness Between Us dans sa version originale. En bref, si vous aimez la SF et le space opera en particulier, et si les romances queer font battre votre petit cœur, je ne peux que vous recommander cette lecture. Pas mon banger de l’année, mais un excellent moment à passer en compagnie d’Ambrose et Kodiak…

Pour info :
éditions Rivka, trad. de Henri Gay et Julie Provot, 416 pages, 20.90€

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Le Passeur (Loïs Lowry)

Amis du jour, bonjour !

Mieux vaut tard que jamais, c’est en janvier 2025 que je commence et termine un roman que j’étais censée lire pour le challenge 12 livres 12 mois de 2024 (choisi par Morgane). Et puis, c’est un peu un classique de la dystopie adolescente…

Le Pitch
Dans un village où les citoyens ont été privés de leurs sens, de leurs émotions et de leur passé afin de vivre en paix, Jonas, 12 ans, est choisi pour être le nouveau dépositaire de la mémoire. Il découvre alors que le monde a plus de saveur que ce qu’il pensait. Au fil des souvenirs qui lui sont transmis, il découvre le meilleur et le pire de l’humanité…

Mon avis
Je ne vais pas passer par quatre chemins : c’est un roman d’une efficacité redoutable. Et pourtant, on est loin des rébellions, des combats armés, des méchants dirigeants qui profitent du système. C’est pour moi une réelle tentative d’utopie, dans laquelle la liberté est retirée aux humains, contre une paix, une prospérité et une sérénité totales. Ils n’ont pas le choix de leurs emplois, de leurs enfants, de leurs émotions, bonnes ou mauvaises. Tout est épuré. Et quelque part, je me suis presque sentie apaisée moi-même. La société qui a été construite ici est au service de la collectivité, mais prend en compte l’individu (dans une certaine mesure).

Dès lors, je me suis demandé si un monde comme celui-ci, sans mémoire, sans saveur, sans liberté et sans velléités de pouvoir, n’est pas meilleur que le nôtre, régi par l’individualité, la cupidité et l’intérêt personnel (quoi, moi, je noircis le tableau ?). Jonas se demande pourquoi priver le monde de la beauté des couleurs, des saveurs, pourquoi le priver de sa mémoire. J’ai lu beaucoup d’avis qui parlaient, et je cite, d’une « société aseptisée, aliénante et dépourvue de vie, de spontanéité ». Et au vu de l’état actuel des choses, je me suis réellement fait la réflexion : est-ce que cette société va plus mal que la nôtre ?

C’est un roman qui remue des choses, sans but de donner une réponse claire. On ne vous dit pas « ça c’est bien » et « ça c’est mal ». On vous propose une société qui est ce qu’elle est, avec ses imperfections. Jonas et le Passeur comprennent qu’ils ne vivent qu’une demi-vie. Mais je trouve que le roman laisse au lecteur le soin d’apprécier et de comparer sa société à celle de Jonas. Le roman n’émet pas de jugement, ou très peu, et la fin, d’ailleurs très ouverte, vient couronner le chemin qu’a parcouru le lecteur en lui disant « maintenant, c’est à toi de voir ». Il fait partie d’une tétralogie, dont les liens entre les tomes sont ténus mais participent à une réflexion bien plus grande sur nos sociétés…

Pour info :
éditions l’école des loisirs, collection Medium Poche, trad. de Frédérique Pressmann, 224 pages, 7.50€

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Dans la vie des pantins (T.J. Klune)

Amis du jour, bonjour !

Quand dans ma vie je ne sais pas trop quoi lire, je suis dans une espèce d’entre-deux, en galère de « j’ai 500 bouquins mais je lis quoi ? », je me lance un petit T.J. Klune. C’est une valeur sûre et je sais que c’est safe, doux, que les personnages se comprennent, et que même si la fin est douce-amère, je vais rire une ou deux fois et m’attacher de ouf à des personnages. Alors c’est ce que j’ai fait.

Le Pitch
Plus un humain sur terre. Les machines ont gagné ; organisées en villes, elles se prennent pour leurs créateurs, sous le joug d’une IA qui chapote tout, tout le monde, partout. Mais dans une forêt profonde, Gio, inventeur émérite, élève depuis des années le jeune Victor, le dernier humain. Leur vie bascule lorsque Victor et ses deux acolytes — Ratched, le robot nurse psychopathe, et Rambo, le robot aspirateur anxieux — rapportent de la Casse un androïde belliqueux qui attire par mégarde l’attention de l’Autorité sur eux…

Mon avis
J’avoue que j’appréhendais légèrement mon écoute, parce que c’est un des T.J. Klune dont j’ai entendu le moins de bien. Les avis sur ce titre son très mitigés, certains le trouvant long et bof dans sa construction ou ses personnages. Alors forcément, je ne m’attendais pas à l’aimer autant !

Soyons honnêtes, le liseur y est pour beaucoup. Rendons donc à Daniel Henning ce qui est à lui, il a réellement donné une âme aux personnages (drôle, ce sont tous des robots… qui développent leur propre personnalité). Il a rendu une performance impeccable et franchement pas évidente : entre le bégaiement de Hap, l’excitation et l’anxiété de Rambo, et l’amour caché derrière les allusions synthétique de Ratched… un tour de force je vous dis ! Et encore, vous pourriez le lire et ne jamais comprendre mon expérience d’écoute. C’est comme le gars qui va voir Avatar en IMAX 3D au ciné et qui en parle avec le mec qui l’a maté sur son tel. Rien à voir. Bref.

Il y a le liseur, donc, qui donne vie aux personnages. Mais pas de liseur sans personnages. Et de la même manière que nous nous sommes un jour trouvés à éprouver une profonde empathie pour un petit robot qui ne prononce que 3 mots dans un films (oui, je parle de Wall-E), on tombe sous le charme de ces personnages ! Souvent hilarants, parfois touchants, toujours dans la justesse même dans leurs excès, ils donnent au texte toute sa saveur. Et à la rigueur, je m’en fiche presque de l’intrigue, de la quête. Je veux juste les écouter échanger, les voir évoluer. Voir Gio aimer Victor comme un fils a fait battre mon petit cœur.

Trouver l’humain dans la machine, créer une conscience à partir d’une IA, construire une famille, un foyer, avoir le sens du sacrifice, la valeur d’une amitié, voilà ce que nous dit ce roman, qui est finalement l’un de mes favoris de l’auteur. Grâce à Daniel Henning ? Peut-être. En tout cas, si vous avez besoin d’un gros câlin littéraire et d’une chouette aventure, vous avez trouvé le bon roman.

Pour info :
éditions De Saxus, traduction de Benoît Domis, 432 pages, 19.90€

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Les Extraordinaires, T1 (T.J. Klune)

Amis du jour, bonjour !

Quand l’enthousiasme ressenti à l’écoute du roman d’un auteur te donne envie de bouffer la totalité de son œuvre, c’est plutôt bon signe. Et j’avoue que dans le cas de T.J. Klune, si je me délecte de sa plume, je ne boude pas mon plaisir face au talent de ses narrateurs dans les versions originales (d’ailleurs, je vais pousser les recherches, je ne sais pas s’il ne s’agit pas toujours du même gars… et pour vous c’est en direct mais pour moi c’est 15 minutes après, il s’agit des excellents Daniel Henning et Michael Lesley, et rien que pour leur talent vocal, la VO vaut le coup). Bref ! Me voici donc lancée dans une nouvelle série de l’auteur.

Le Pitch :
La ville de Nova City est protégée par des êtres aux pouvoirs extraordinaires (d’où leur nom : les Extraordinaires). Nick, un ado atteint de TDAH (trouble de l’attention avec hyperactivité) guette leurs apparitions, et notamment celle de Shadow Star, le héros de ses fan-fictions, pour qui il est prêt à tout, même à tenter de devenir lui-même un Extraordinaire, quitte à se mettre en danger.

Mon avis :
Ayant eu un aperçu de ce que pouvaient être les romances ado/jeunes adultes gays chez l’auteur avec Les Contes de Verania (oui, un roman de T.J. Klune amène toujours à un autre…), j’ai eu très envie de tester cette histoire de super-héros (bah ouais, j’aime bien aussi, j’ai eu ma période Marvel avant que ça parte en sucette). Et en fait, je me rends compte que si les contextes de ses romans sont très différents, fourmillants de détails — tantôt anecdotiques, tantôt croustillants — c’est toujours ces familles choisies, ces found families, qui les rendent si savoureux.

Le sexe n’est jamais tabou (ni d’ailleurs l’homosexualité, qui n’est jamais questionnée). Dans le cas présent, il est même question d’un père veuf qui se renseigne sur les rapports homosexuels pour éduquer son fils (scène hilarante au demeurant). Ça c’est une situation saine ! Des questionnements, des moments d’embarras, de « comment qu’on fait ? »

Au-delà de ça, je suis plongée dans une intrigue que je trouve très cool, réhaussée, ne le cachons pas, par l’hyperactivité de Nick. On ne rit jamais de lui, mais on ne peut s’empêcher de sourire devant son énergie et son optimisme, ses idées foireuses et j’en passe. En bref, je trouve qu’on touche à la quintessence de ce que devrait être un roman pour adolescents : des thématiques réfléchies distillées dans un univers original et personnifiées par des personnages bien caractérisés. Un petit bonbon !

Pour info :
éditions De Saxus, trad. d’Isabelle Troin, 496 pages, 18.90€

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La Saga des Mystères : pentalogie (Jeff Wheeler)

Amis du jour, bonjour !

Décidément, cette année aura été chez moi celle des éditions Rivka, puisque j’ai commencé et terminé, non pas une, mais 2 séries de leur catalogue. La première, la quadrilogie Le Lys de feu, avait été un franc succès. Voyons ce qu’il en est des cinq tomes de La Saga des Mystères.

Le pitch :
Cettie et Séra vivent une vie bien différente. Tandis que la première, orpheline, enchaîne les familles d’accueil peu scrupuleuses et vit dans la misère et la pauvreté, terrifiée par des fantômes qu’elle semble être la seule à voir, la seconde, petite-fille de l’Empereur, profite du luxe de son palais flottant, ne rêvant que de découvrir le monde. Mais leur vie est sur le point de changer lorsque le fortuné vice-amiral Fitzroy recueille Cettie à Saules de Brume, et qu’il se murmure que l’Empereur pourrait choisir Séra, et non son propre fils, comme héritière…

Mon avis :
J’enchaîne rarement les tomes d’une série, surtout en audio. Je préfère diversifier les ambiances, les styles, et ne pas m’enfermer dans un type de narration ou de récit, au risque d’avoir du mal à en sortir. Ici, bien que sachant qu’il s’agissait d’une pentalogie, je n’ai pu m’empêcher de dépenser crédit après crédit pour continuer. Mais quelle petite perle a trouvée Rivka !

En dehors d’un monde construit, aux règles mystiques mystérieuses qui seront en partie révélées tout au long des cinq tomes, c’est une histoire qui fait la part belle à ses personnages. Attachants, effrayants, repoussants, rarement immaculés, souvent nuancés, ils ouvrent un dialogue autour des croyances et de la paix, des secrets des puissants et des intrigues de cour.

Au milieu de ce maelstrom d’idées et de péripéties gravitent deux jeunes filles courageuses, qui subissent échec, humiliations et trahisons, et dont les victoires ne sont que plus éclatantes. Je n’ai honnêtement pas eu besoin de posing (oui, tu sais, la super nana qui se tient au bord de la falaise, cheveux au vent, les yeux vissés sur l’horizon) ou de punchlines à 3 francs pour me dire « eh bah elle en jette vachement quand même ! » On n’a pas eu besoin de me hurler à la figure « t’as vu mon personnage féminin hyper badass ? » C’était donc une leçon du « ne le dis pas, montre-le » dont je suis si friande et qui devrait, selon moi, être la base de tout bon roman.

Et si je dois avouer que sur le dernier tome, j’ai eu une grosse impression de sermon religieux (rien de rédhibitoire, c’était plutôt tourné vers le courage, la foi et la tolérance hein), je ressors de ces 5 romans avec l’impression d’avoir vécu une aventure pleine de sens, dont les personnages ont effectué un réel cheminement à travers la peur, la douleur et le deuil. Des héros aux multiples facette capables d’amour, de compassion et de rédemption, mais aussi de haine et de trahison. Une série dont je vous recommande la lecture, donc, à partir de 13 ans (et jusqu’à 147 ans). Petit plus : ils sont magnifiquement reliés et coûtent tous moins de 20€.

Pour info :
éditions Rivka (pour les 3 tomes sortis actuellement), traduits par Ariane Maksioutine, 18€
Saules de Brumes, 448 pages
Porte Miroir, 416 pages
Ciel d’orage, 432 pages

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique), Roman historique

Le Lys de feu : quadrilogie (Jacquelyn Benson)

Amis du jour, bonjour !

J’ai l’immense plaisir, l’honneur — que dis-je ? le privilège ! — de vous parler aujourd’hui d’une quadrilogie que j’ai découverte un peu par hasard, lorsque j’ai fait entrer les éditions Rivka dans mes rayons. Et d’une simple rencontre audio est née une véritable histoire d’amour.

Le Pitch
À l’aube de la Première Guerre mondiale, Lily, jeune londonienne et fille bâtarde d’un lord et d’une comédienne, se débat avec d’étranges visions et intuitions qui l’assaillent, mais qu’elle repousse. Lorsque sa vision lui montre le meurtre imminent de sa voisine médium, qu’elle adore, Lily décide de sortir de sa coquille et de mener l’enquête. Elle rencontre ce faisant d’autres hommes et femmes aux dons psychiques extraordinaires, qui deviendront très vite une nouvelle famille. Mais la menace gronde, bien plus terrible qu’elle ne le soupçonnait. Et si c’était l’avenir du monde tel qu’on le connaît qui était en jeu ?

Mon avis
J’étais dans un mood « historique/enquête/paranormal » quand je me suis dit « ouais, pourquoi pas ». J’avoue avoir eu très peur de tomber dans une sorte de roman(ce) à la Sherlock rencontre Jack l’Éventreur avec une touche de surnaturel. D’autant qu’on ne parle au début que de disparitions de de médiums, ça collait. Et puis non.

Lily fait la connaissance de personnages complexes et saisissants, touchants, mais tellement différents : de la voyante excentrique au lord mutique, du jeune chapardeur au sage mentor, de l’impitoyable et toute puissante informatrice au policier un peu trop intelligent, chaque roman apporte son lot de personnalités. L’histoire se déroule comme si elle suivait un fil logique, s’intriquant dans les courbes du grand H de la nôtre. Le texte est d’ailleurs parfaitement documenté grâce aux docteurs en Histoires et autres spécialistes des cultures et langues évoquées dont a su s’entourer l’autrice. C’est un très gros travail de recherches, mais aussi de construction, chaque roman appelant le suivant sans s’encombrer de ressorts un peu cheap, genre des cliffhangers un peu trop évidents.

Les rebondissements sont intelligents, le style fluide et élégant. L’autrice a su jouer avec les subtilités de narration pour faire comprendre à son lectorat ce qui relève des visions de Lily et ce qui relève de la vie réelle. Les romans enchaînent les péripéties dans un rythme nerveux, souvent soumis à un infernal compte à rebours, mais savent aussi se poser dans de merveilleux moments de contemplation et d’apaisement. Les liens se tissent sans entrer au chausse-pied dans l’intrigue. Bref, c’est fin, c’est haletant, c’est très bien raconté. Aucun roman ne se détache de la parfaite harmonie de cette quadrilogie. C’est un sans faute, pour un prix plus que raisonnable vu la qualité des ouvrages (tous reliés avec jaquette).

Pour info :
éditions Rivka, trad. de Bérengère Amadie, 18€ (le tome)
Tome 1 : 552 pages
Tome 2 : 456 pages
Tome 3 : 436 pages
Tome 4 : 590 pages

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Le futur ne sera pas (Bleuenn Guillou)

Amis du jour, bonjour !

Aujourd’hui j’écris un billet que je préfèrerais ne pas rédiger, parce que c’est un avis mitigé sur le roman d’une autrice que j’apprécie. Mais enfin on ne peut pas plaire à tout le monde…

Le Pitch
Le jour où l’Oracle prédit que la Salamandre causera la fin de tous les Supers-héros, les dirigeants de la ligue mettent en place une équipe restreinte pour l’empêcher d’agir. Contrainte de fuir, Mila fait éclore dans son sillage les graines du doute. Et si la fin du monde ne venait pas d’où on l’attendait ?

Mon avis
C’était probablement l’un des romans chez Slalom qui m’intriguait le plus cette année (en dehors de Maëlle, TMTC). Grande fan des Extraordinaires, de T.J. Klune, nourrie de Loïs et Clark gamine, j’ai même rencontré mon époux à l’occasion d’un visionnage arrosé d’Iron Man 3 ! Du coup, forcément, les super-héros sont une part importante de ma propre culture. Bleuenn expliquait dans un live qu’elle ne les portait pas particulièrement dans son cœur, préférant donc les faire tomber de leur piédestal. J’entends tout à fait cet argument, et c’est d’ailleurs tout le propos de séries comme The Boys, ou des romans comme La Vie sexuelle des super-héros qui traitent de la déchéance de ces surhumains… Perso, j’avais beaucoup aimé Les Indestructibles 2, qui tenait un discours similaire mais plus mesuré. Bref.

Ici, je me suis dit « la fin vient de l’intérieur, trop cool » ! Dans l’idée, vraiment j’ai trouvé ça super. Je ne peux pas trop en dire, mais la clef du grand final est ingénieuse et inattendue. J’aime la fin en demi-teinte, le fait que personne ne soit tout blanc ou tout noir. En gros, tout le déroulé. Le style est simple mais efficace. Non, le problème, ce n’est pas ça. Le fait est que je n’ai pas aimé les personnages. Pas que je les aie détestés, mais je n’ai pas réussi à m’y attacher. Ils sont pour moi restés des outils, aux secrets pas très bien gardés, et le point de vue interne qui saute de personnage en personnage n’a pas aidé. Être dans la tête de tout le monde, ça ne rend service à personne. J’aurais préféré un point de vue externe ou unique, et là, les soupçons et suppositions que chacun fait sur les autres aurait eu du sens. Tout ce qui est long n’est pas forcément bon, et quand on tourne autour du pot, ça a tendance à jouer avec mes nerfs.

En conclusion, j’ai trouvé les idées brillantes, et le tout prometteur, mais j’ai eu comme un goût d’inachevé parce que les personnages n’ont pas réussi à me convaincre. La faute à un point de vue que j’aurais préféré plus recentré, ce qui aurait permis de moins s’éparpiller, et aurait surtout évité d’avoir cette impression qu’on tirait sur l’élastique… Mais c’est un ressenti très personnel.

D’autres on beaucoup aimé, notamment Les lectures de Floriane, VDBook, ou encore Abrrracadabra.

Pour info :
éditions Slalom, 400 pages, 18.95€

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Le Clan Bennett, T1 : Le Chant du loup (T. J. Klune)

Amis du jour, bonjour !

Je continue ma découverte de l’univers de T.J. Klune avec, pour le moment, le roman le plus sérieux que j’aie lu de lui. Cette fois, exit les paillettes, les blagues potaches et les personnages farfelus, bonjour jeunes adultes mutiques et torturés, toujours dans un esprit queer et de tolérance, tout de même.

Le pitch :
On le lui a toujours dit, du moins son père qui s’est barré, Ox est lent du ciboulot. Adolescent effacé, il vit seul avec sa mère. Jusqu’au jour où les Bennett emménagent dans la maison au bout de la rue. Alors il rencontre le jeune Joe Bennett, dont le débit de parole ne tarit jamais alors qu’il n’avait pas prononcé un mot depuis plus de deux ans. Les Bennett qui l’accueillent dans leur clan, dans leur meute… Les Bennett dont le passé est sur le point de les rattraper.

Mon avis :
Je connais T.J. Klune décomplexé, drôle, aux personnages hauts en couleur. Alors quand j’ai vu le tour que prenait le roman, je me suis gratouillé le crâne. Est-ce que T.J. Klune sérieux, ça marche ? Bah oui, tous les personnages c’est mes copains ! Dans le désordre et la complicité de la famille Bennett, j’ai entrevu les Cullen de ma jeunesse… et oui, je cite Twilight parce que les sujets et les tropes sont similaires. Parce que peut-être que tu l’auras deviné, avec les pattes de chien, le titre étou étou, il s’agit d’un roman de loup-garou.

Côté personnages, on est servi : ça communique, c’est chou, c’est douillet, rassurant. Et c’est très bien contrebalancé par quelques scènes assez violentes qui accentuent la tension dramatique. Ox est touchant dans sa réserve comme Jo l’est dans son hyperactivité, et le rapprochement des deux jeunes hommes est si progressif que leurs liens semblent indéfectibles. La sensation d’appartenance, même pour le lecteur, est prégnante, parce que le clan Bennett accueille Ox, mais aussi sa famille, et, un par un, ses amis les plus chers, formant ainsi une meute uni(qu)e. Si je lui ai trouvé quelques longueurs, et que j’ai ragé une ou deux fois (parce qu’on communique, mais on ne changera pas un personnage qui manque de confiance en lui en 30 pages), je reste très friande de l’ambiance. Ceci dit, je préfère l’auteur dans le cosy, l’humour débridé, le too much… et le one shot.

Pour info :
éditions Bookmark, trad. de Christine Gauzy-Svahn, 600 pages, 23€

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La Millième Nuit (Alastair Reynolds)

Amis du jour, bonjour !

Dernièrement, peut-être à cause des films Dune, peut-être à cause de ma découverte de Aurora Squad (et ma relecture de Red Rising), j’ai eu envie de lire un peu de SF. Et pas n’importe quelle SF : du space opera (genre avec un vaisseau dans l’espace). Et c’est totalement influencée par Armance (Armance around the corner, sur Instagram) que j’ai découvert les écrits d’Alastair Reynolds. C’est d’ailleurs un de mes premiers achats au Grenier des Chimères, chez ma très chère Livia.

Sarakontkoi ?
Grosso modo, une nana nommée Gentiane a créé 999 clones d’elle-même et les a envoyés explorer l’univers à la recherche de bourgeons de race humaine qui ont fleuri un peu partout, sans interférer avec eux. Les clones évoluent chacun à leur façon et se retrouvent tous les 200 000 ans afin de partager leurs observations et leurs découvertes et construire un savoir absolu. Ces retrouvailles et ces échanges, qui s’organisent dans une sorte de symbiose, durent très exactement 1000 nuits. Mais cette fois-ci, certains récits montrent quelques incohérences… et si la lignée Gentiane n’était pas si neutre qu’elle le prétend ?

Tenpenskoi ?
Alastair Reynolds a travaillé à l’ESA (Agence Spatiale Européenne), et nous propose ici de plonger dans son univers. Bienvenue dans de la hard-SF accessible, où les complexités de l’espace-temps vont vous être révélées. Loin de me rebuter, moi la nulle en sciences, j’ai même trouvé qu’il rendait des notions nébuleuse très accessibles. Et c’est le premier bon point : même si tu ne bites rien à la science, tu n’es pas laissé de côté. L’espace et le temps sont ici sans commune mesure puisque ce sont des distances et des durées que nous, humains actuels, ne pouvons appréhender. Mais en lisant, je me dis « pourquoi pas, oui, on pourrait finir comme ça ».

Ces questionnements scientifiques sur l’éthique de l’observateur ont une réelle résonnance et l’on n’imagine que trop bien qu’il est quasiment impossible à un être vivant à l’ego aussi développé de ne pas tenter de se prendre pour Dieu. Ce court roman touche du doigt les manigances de quelques individus avides d’expériences plus que de connaissance. Tester, faire, essayer, plutôt que d’observer, comprendre et accepter. C’est une problématique très actuelle qui nourrit un roman visionnaire. Je suis impatiente de lire d’autres textes d’Alastair Reynolds, dont Eversion, qui est déjà dans ma bibliothèque.

Pour info :
éditions Le Bélial’ (trad. Laurent Queyssi), collection Une Heure Lumière, 144 pages, 10.90€

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La Fille renard et la merveilleuse boutique-sur-pattes (Andy Sagar)

Amis du jour, bonjour !

Vous connaissez ces romans qui vous font envie de ouf, dont le pitch fait palpiter votre petit cœur de lecteurice, mais qui tombent complètement à plat ? J’ai bien peur que ma lecture du jour soit de ceux-là.

Sarakontkoi ?
Felicity Fox déteste ses oreilles de renard, qui lui valent d’être exhibée dans un cirque ambulant depuis sa plus tendre enfance. Lorsqu’un corbeau, familier de la sorcière de thé Miss Dumpling, vient la délivrer et lui annonce qu’elle a été choisie pour devenir l’apprentie de sa maîtresse, Felicity n’hésite pas. En chemin, elle fait pourtant une rencontre étrange, un homme qui lui propose de la débarrasser de ses oreilles… mais le contrat est truqué et le temps de Felicity est compté…

Tenpenskoi ?
Comme je l’ai dit, j’avais très très envie d’aimer ce livre. Un salon de thé qui marche bon sang ! Des thés qui soignent, des pâtisseries, un RENARD ! Mais que s’est-il passé ? Tout a commencé à la page 20, quand une gamine s’égare dans la forêt parce qu’elle perd de vue l’animal qui est venu la délivrer (bravo le guide !), et qu’elle tombe sur un mec louche, à qui elle ne fait pas confiance, mais elle SIGNE quand même un contrat avec lui. Cinq minutes de lecture et je me dis déjà qu’il y a un souci de construction. Le roman me prend un peu pour une débile tout le long, me martèle des choses qu’il pense que je n’ai pas comprises… Le tout m’a donné une impression décousue.

Les péripéties s’enchaînent, mais parfois c’est trop long (tu comprends en lisant une phrase par page), parfois ça saute du coq à l’âne. Des violons magiques qui charment les monstres sortent d’une poche (WTF ?), et moi, tout ce que j’entends, c’est « ta gueule, c’est magique… et c’est pour les mômes ». Et je me demande pourquoi on prend les mômes pour des teubés. Trop de questions explicitement posées sans réponse, de deus-ex-machina (le truc qui sort de nulle part où tu te dis « comme par hasard »), alors que bon sang, le roman regorge de thèmes et d’items géniaux, comme les thés concoctés spécialement pour chaque consommateur, chaque situation, l’idée de pacte faustien, de recherche des origines, d’estrangelins (êtres magiques abandonnés chez les humains qui ont donc oublié la magie)… Et puis, on en parle de cette traduction ? Pourquoi un nom aussi signifiant que Yesterday Crumb (littéralement « hier » et « miette », ce qui aurait une réelle importance dans la construction du personnage) devient un banal Félicity Fox (oui, on avait compris qu’elle avait des oreilles de renard) ? Bref, je suis en colère, parce le potentiel était incroyable et qu’on s’est laissé aller à la facilité. C’est un peu paresseux, et c’est très dommage.

Pour info :
éditions PKJ (trad. Emmanuelle Gros), 336 pages, 16.20€