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Le mot du jour

Bonjour à tous !

La grisaille de l’automne pointe le bout de son nez. Le ramage écarlate des arbres qui commencent à perdre leurs feuilles se découpe sur les nuages cotonneux… On sort les petites laines et les jours raccourcissent. Dur de se dire que l’été est fini ! Alors pour vous remonter le moral, j’ai le mot qu’il faut (non, ce n’est pas chocolat !).

Le mot du jour : enthousiasme.

« Ouah, comment il est grave bidon ce mot du jour ! Moi je sais déjà ce que ça veut dire ! » On pense souvent savoir ce que signifient vraiment les mots et on les emploie à tort dans 50% des cas… bien qu’ici, l’explication courante soit en effet très proche de l’explication étymologique! Les hellénistes (ceux qui ont fait du grec) reconnaîtront – pour les autres, je vous le dis – le mot theos, qui en grec signifie « dieu ». Dans l’Antiquité, l’enthousiasme désignait l’état de délire sacré qui s’emparait de l’interprète des dieux, une sorte de transe, comme celle qui saisissait la pythie de Delphes par exemple – cette vieille femme qui était l’oracle d’Apollon.

Par extension, on a prêté au poète cet état de transe, d’exaltation dans lequel il est plongé lorsqu’il écrit, transporté par l’inspiration. Paul Valéry dira d’ailleurs :  » je trouve indigne d’écrire par le seul enthousiasme. L’enthousiasme n’est pas l’état d’âme de l’écrivain ». J’ouvre une parenthèse. C’est exactement l’objet d’un de mes cours cette année : la motivation de l’écriture. Nombreux sont ceux qui se disent frappés d’une illumination (venant généralement de petits détails, de la Nature). Je citerai Proust, Joyce, Rilke, etc. pour qui la création est enthousiasme dans son sens le plus pur. On renie, par cette théorie, tout le travail et le mérite d’un auteur qui, pour donner au public une œuvre, retouche, remodèle… Mais comme le dit Rilke, l’écriture étant l’essence même de celui qui écrit, peut importe le public. On est d’accord ou pas d’accord. Ce n’est pas là le sujet, je laisse le débat ouvert.

Et bien entendu, le mot a également ce sens qu’on lui connait aujourd’hui : une émotion intense de joie, une force positive qui nous pousse à agir et se traduit par « une excitation joyeuse » (Le Petit Robert).

Aujourd’hui, chers enthousiastes, vous pourrez dire que vous agissez avec tout le zèle divin que le bonheur ou la joie peuvent apporter…

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Petits meurtres à l’anglaise (Wild Target)

Quand on ne sait pas trop quoi faire d’un après-midi un peu lourd à Bordeaux, que fait-on ? Eh bien Évelyne a la réponse : on va voir un film dans une ancienne église transformée en cinéma. C’est vachement sympa, pas cher, et avouons-le, franchement pas commun !


Je vous mets la bande annonce en anglais parce qu’elle a bien plus de charme qu’en français. D’ailleurs, le film ne garde sa subtilité qu’en V.O. Ami des sous-titres, bienvenue !

Victor Maynard, 54 ans, est le meilleur de sa profession. Aucun de ses employeurs ne l’a vu, rencontré, ni même parlé. C’est une ombre, il ne laisse aucune trace de son passage. Victor Maynard est tueur professionnel. Il est chargé de tuer une jeune arnaqueuse qui vend les toiles de faussaires à de riches collectionneurs, et le dernier acquéreur n’est pas content. Mais voilà, cette jeune fille complètement hors de contrôle, inconsciente et odieuse, Victor ne peut pas la tuer. Alors il décide de la protéger. À ce duo hors du commun vient se greffer un jeune homme un peu à côté de ses pompes qui montre un talent inné de tireur et que Victor compte bien former. Ils vont devoir apprendre à vivre ensemble, et ça, c’était pas gagné d’avance…

Ah, l’humour anglais… Le film est complètement à  dingue, mais attention, je parle d’une douce folie. Les personnages sont tous un peu à côté de la plaque, et l’histoire totalement farfelue. C’est un de ces films qui a un petit goût de bonbon acidulé Arlequin, sans grande ambition, mais qui fonctionne ! Attention cependant, la version française enlève  au film tout son charme. Et il serait dommage de ne pas profiter de la fin (inattendue, vous verrez)… Un petit délice !

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Salt

Les fans d’Angelina Jolie (dont je fais partie, hi hi) l’attendaient depuis un moment. Eh bien, c’est chose faite, il est sur les écrans depuis deux semaines maintenant… Moi je ne me suis pas privée !

Évelyne Salt, agent de la CIA, est l’une des meilleures de son domaine. Un jour, un transfuge russe l’accuse d’être une espionne soviétique s’apprêtant à tuer le président russe, en visite à New-York. Pour Salt commence une longue descente aux enfers : soupçonnée d’être une traitre, elle doit fuir…

Mais on ne s’arrête pas là. L’histoire n’est pas celle d’une simple américaine qui essaie de prouver son innocence. Ça serait bien trop facile. Sans vous en dire trop, je peux tout de même révéler qu’on est mené en bateau tout au long du film. On y découvre que tout est une histoire de choix et on se délecte de cette nouvelle théorie du complot (de quoi devenir paranoïaque, je vous jure !).

Il faut tout de même savoir qu’à la base, le rôle de Slat avait été écrit pour Tom Cruise, qui l’a décliné. Le scénariste, Kurt Wimmer (Ultra Violet pour ceux qui connaissent), l’a donc totalement remanié pour une femme. Et qui endosse mieux les rôles de dure à cuire que notre Angie préférée? Franchement, le même film avec un homme n’aurait pas eu le même impact. Et c’est un travail d’orfèvre qui nous fait tourner en bourrique. Qui trahit qui ? Je vous laisse le découvrir par vous même…  À voir !

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Le mot du jour

Amis du jour, bonjour !

J’espère que tout le monde a passé de bonnes vacances… pour moi, pas de vacances, mais un stage (comme vous le savez), deux jobs et un rapport de stage, plus la soutenance (qui s’est déroulée à merveille, merci de demander…). Enfin, me voilà pour la rentrée. Et pour bien commencer l’année scolaire, quoi de mieux qu’un mot du jour ! Sur proposition de M. Bucherer :

Le mot du jour : lymphatique.

Bien, référons-nous au Petit Robert : le mot est composé de lympha, en latin scientifique « eau », et -atique (bon, ça c’est un suffixe qui en gros veut dire « relatif à »… franchement pas important). La lymphe, c’est ce liquide transparent qu’on a sous la peau, on le voit quand on s’écorche un peu. Nous avons donc un sens premier qui serait le suivant : « relatif à la lymphe ». Facile me direz-vous. Alors comment l’utilise-t-on ? Eh bien, on peut dire un vaisseau lymphatique, pour ces sortes de petites veines qui le transportent.

Cependant, au XIXe siècle, des petits malins ont décidé de revenir aux origines du mot, « eau », pour lui donner un tout nouveau sens, toujours médical : celui d’un des quatre tempéraments de la médecine humorale (rien à voir avec l’humeur comme la mauvaise que vous trainez depuis trois jours à cause de vos hormones mesdames). Parenthèse : humoral vient de « humeur », qui est aussi un liquide organique. Bien, donc ce tempérament se caractérise par la lenteur ou l’apathie, et le Robert précise (bon appétit bien sûr) des formes alourdies et graisseuses.

De là vient le sens figuré que l’on emploie aujourd’hui : apathique, lent, mou. On pourrait qualifier les ados qui ont passé la nuit sur le Wii et dont le temps de réaction égale celui d’une limace de lymphatique… HS, mou quoi.

NB : on fait un bien mauvais usage du mot tempérament. Je vous invite donc à vous rendre sur cette page, qui l’explique très bien, ce qui vous permettra de mieux comprendre le billet… un régal pour les curieux.

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

A kiss in time (Alex Flinn)

Celui-ci n’existe pour le moment qu’en version originale, c’est à dire en anglais. Il s’ajoute à la liste des réécritures de contes de fées que je lis en ce moment et dont faisait partie Sortilège. On pourrait traduire le titre par « Un baiser à temps » (dans le sens de « au bon moment »)… dit comme ça, ça semble très niais ! Mais cette réécriture de la Belle aux Bois dormants pourrait en surprendre plus d’un !

Depuis toute petite, Talia, princesse du royaume d’Euphrasia, s’entend dire qu’elle ne doit absolument pas s’approcher de quoi que ce soit qui ressemble à une quenouille. En effet, la pauvre enfant a été ensorcelée par une sorcière à la suite d’une petite bévue de ses parents. À l’aube des 16 ans de la princesse arrive ce qui devait arriver. Tout le royaume sombre avec sa future souveraine dans un profond sommeil enchanté… et s’éveille 300 ans plus tard lorsque Jack, lycéen américain blasé que ses parents ont envoyé en Europe pour un voyage culturel, trouve le château par hasard et embrasse Talia. Pour tous les deux, c’est le début d’une nouvelle vie et d’une importante remise en question…

Cette Belle aux Bois dormants des temps modernes est le prétexte d’une critique (pas forcément négative) de la société actuelle. Loin de porter un regard trop moralisateur sur nos contemporains, la princesse Talia nous permet de prendre du recul par rapport à notre quotidien et à nos mœurs et de réfléchir, à travers ses propres interrogations, sur notre mode de vie. Jack, quant à lui, représente le typique adolescent rebelle, avec ses certitudes, ses préjugés et ses petits soucis qui prennent des dimension énormes. Talia lui apporte la fraîcheur, l’innocence et la candeur qu’il a depuis longtemps délaissées au profit de… du rien dans lequel il s’est enfermé. On s’y retrouve tous un peu (les jeunes de ma génération, et plus encore ceux des suivantes), notamment grâce au récit à deux voix (celle de Talia et celle de Jack) qui nous intègre dans l’univers de ces personnages très bien caractérisés. Et si ce n’est pas le cas, on profite quand même des quelques instants d’évasion et d’insouciance que nous propose Alex Flinn…

Pour info :
Version reliée : Harper Teen, 384 pages
Version brochée : Harper Teen, 400 pages

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Shrek 4 : Il était une fin

Bonjour à tous !

Le boulot étant un peu accaparant en ce moment, je dois dire que je n’ai pas vraiment eu le temps de poster quoi que ce soit, bien que mon activité… cinématographique, allons-nous dire, et de lecture n’ai pas pour autant stoppé. Bien, où en étais-je donc ? Ah, oui, je suis allée voir Shrek 4… Mais en y réfléchissant bien, ça fait un bon moment ! Peu importe.

Dans la farandole de suites qui nous tombe dessus depuis quelques temps, je demande le dernier volet de Shrek. Oui, l’ogre vert. Cette fois-ci, il revient plus déprimé que jamais par la routine. Il ne fait plus peur à personne. Bref, il pense que, malgré sa femme qui l’aime et la famille qu’il a construite avec elle, sa vie n’a plus de sens. Il signe donc un pacte avec le Nain Tracassin, un rebut de la cour, stipulant qu’il pourra revivre une journée en tant que « vrai ogre ». En échange, Tracassin ne lui demande qu’une journée de son passé. Mais avec celui-ci, il faut s’attendre à tout, et Shrek va bien vite s’en apercevoir… à ses frais.

Rien de bien original. On retrouve les mêmes personnages, le Chat Potté, l’Âne, P’tit Biscuit, Fiona et j’en passe. Mais les gags ne se renouvellent pas et les clichées s’acculent tout au long du film. Les rebondissements sont attendus (même si on aime voir Potté en gros patapouf) et la fin évidente. Bref, notre ogre n’a pas perdu que sa férocité, il a aussi perdu son mordant. J’espère que c’est le dernier volet, ça serait dommage de gâcher un aussi bon concept en faisant des suite fades et insipides…

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Frisson (Maggie Stiefvater)

Amazon a encore frappé. Achetez-en un, il vous propose tous les bouquins qui s’en rapprochent de près ou de loin… Et du coup, vous achetez. Et ça marche deux fois sur trois.

Frisson, c’est l’histoire de Grace, une jeune lycéenne américaine fascinée par les loups, qu’elle observe depuis son enfance à travers les arbres de la forêt qui borde la petite cour de sa maison. Et puis, il y a ce loup. Son loup. Le loup qui l’observe de loin dès les premières chutes de température jusqu’aux premiers rayons printaniers. Mais leur petit univers fait de regards silencieux s’effondre lorsqu’un jeune homme du lycée est déclaré mort, attaqué par des loups. La chasse commence. Grace découvre le secret des créatures qui hantent sa forêt lorsque Sam, un mystérieux inconnu, fait irruption chez elle, blessé. Le passé se réveille. Sa vie est sur le point de changer…

Chaque personnage se bat contre ce qu’il est au plus profond : Grace contre ce qu’elle refoule depuis son enfance, Sam contre cette chose qui s’empare de lui chaque hiver et l’empêche de partager la vie celle dont il est amoureux depuis longtemps. Un combat haletant contre la Nature : celle qui est au dehors et tente de rappeler Sam à elle, celle des sentiments qu’il éprouve pour Grace, celle de leurs envies, de leurs espoirs et de leurs rêves à tous les deux… Un combat qui nous laissera  à bout de souffle jusqu’à ce merveilleux dénouement : une dernière page magnifique de simplicité, de sobriété mais certainement le passage le plus touchant du bouquin. Quelques redondances parfois tout de même. Un petit bijou que j’ai découvert en version originale. Pour les amoureux(ses) du genre, à lire !

Pour info :
Version française : Hachette Jeunesse, Collection Black Moon, 540 pages
Version originale : Scholastic, 548 pages

Couverture de la version originale

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Toy Story 3

Le week-end dernier, retour à Clermont-Ferrand, d’où je suis originaire, pour revoir ma petite famille, visiter un appart’ (à Montauban) pour l’an prochain et… me ressourcer ! Dieu sait que j’en avais besoin… Et quoi de mieux que d’emmener les frangines au cinéma ? Qui dit frangines dit film d’animation (faut que ça plaise aux petites comme aux grandes !)

Notre folle équipe de jouets qui parlent est de retour : Woody, le cow-boy, Buzz, l’astronaute, Jessi, la cow-girl et Pil-Poil, le fidèle destrier, accompagnés de M. et Mme Patate et de bien d’autres jouets. Que devient un jouet, dont l’essence même est d’accompagner les enfants dans leurs jeux, lorsque lesdits enfants ont grandi ? Andy, leur propriétaire, se pose la question. Il est trop vieux pour les garder, ils sont trop précieux pour qu’il les jette. Mais par erreur, nos compères vont se retrouver dans un carton de jouets à donner… et atterrir à la crèche, où tous les jouets tremblent sous la poigne de Lotso, l’ours en peluche… Que faire ? Croire en ce pour quoi ils sont faits – amuser les enfants – ou bien en celui pour lequel ils représentent tout, Andy ?

On ne peut s’empêcher de verser une petite larme. Toujours aussi drôles, ces jouets n’en sont pas moins attendrissants. Et on est tous passés (ou passerons tous) par là : ce moment où nos jouets favoris sont rangés dans des cartons pour être stockés au grenier, ou partir à la décharge. On a tous ressenti ce petit pincement en mettant notre peluche préférée au placard, en mettant la panoplie de notre Barbie préférée de côté… Mais chacun sait qu’il faut grandir ! Grandir oui, garder un une petite étincelle d’enfance, c’est bien aussi !

Tous les ingrédients y sont : amitié, amour, grands moments tragiques et… grandes scènes de fous rires ! Les tout-petits trembleront vers la fin du film… mais rien de bien méchant. A voir, pour petits et grands !

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Le mot du jour

Bon, allez, parce qu’il est 11h17, que j’ai faim et que je n’ai qu’une pensée en tête : me faire un italien (un menu, pas un serveur), un mot gourmand… à première vue.

Le mot du jour : macaronique.

Non, je ne vous parle pas de ces délicieux biscuits qui s’étalent tel un arc-en-ciel de couleurs pastelles dans les vitrines de Ladurée. Et pourtant, lorsque je suis tombée sur ce mot dans un de mes manuscrits, je me suis dit « tiens, tiens »…
Et là, après recherche, je tombe de haut. Mais on n’en perd pas le délice du mot pour autant : macaronique désigne, dans un genre parodique, un style de langage  qui utilise des mots latinisés (qui finissent en -us en général) afin de produire un effet comique dans le but de divertir.
Pour exemple, cette chanson écrite sur le grand Condé au XVIIe, lorsque Condé se plaint au marquis de la Moussaye en voyant approcher l’orage : « Carus Amicus Mussaeus. Ah! Deus bonus! quod tempus! Landerirette, Imbre sumus petitur. » C’est l’air grandiloquent qui donne ici un effet comique.

Par extension, macaronique désigne aussi quelque chose de peu sérieux, qui tient de la parodie. Notre équipe de football par exemple, s’est montrée tout à fait macaronique cette année… si vous voyez ce que je veux dire.

Bref, rien à voir avec nos succulents macarons, ni avec ces succulents macaronis (voilà l’envie d’italien qui revient…), qui elles, viennent du mot maccherone, signifiant à la base « nourriture grossière ».

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Dernières Nouvelles du Diable (Philippe Bucherer)

Vous connaissez ces livres qu’on vous donne à lire, dont vous n’avez jamais entendu parler, que vous n’auriez probablement pas pensé à acheter, mais qui, après lecture, vous ont ébloui, surpris, en tout cas touché ? C’est exactement ce qu’il vient de se passer. Vous vous souvenez de mon professeur de fac, dont je vous parle souvent dans mes billets « Le mot du jour » ? Eh bien j’ai lu son bouquin… enfin, je devrais dire l’un de ses bouquins, parce que c’est loin d’être le seul. Et pour changer, c’est à un autre registre que je me suis attaquée : la nouvelle.

Je n’ai malheureusement aucun visuel pour ce bouquin-là (je ferai une photo dès que la batterie de mon appareil sera rechargée, promis), mais la couverture n’est qu’un avant goût de ce que l’on trouve à l’intérieur dudit bouquin… Qu’y trouve-t-on justement ? Je vois d’ici votre sourire en coin, presque moqueur : « le diable voyons ». Paradoxalement, ce n’est pas tout à fait faux… Quinze nouvelles, empreintes de folklore régional et de légendes, de mystère et (c’est là le miracle) de vie quotidienne, où tout arrive pour une raison que le lecteur se plaît à imaginer, alors que le texte, le laissant libre de penser ce qu’il veut, continue son petit bonhomme de chemin.

On se régale des petites touches de culture, dispersées tout au long du texte. On dit : « la culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale ». Eh bien, Philippe Bucherer est l’exception qui confirme la règle. Cultivé, il l’est (si si, un vrai dico à lui tout seul), et pourtant, ce ne sont que de petites piques qu’il nous lance de temps à autres, pour nous rappeler que, même sous la simplicité apparente de ses textes, il sait. Un plaisir à lire, tant la plume est fluide et va de soi. On se laisse porter par le style épuré et la banalité des situations, bousculées par… vous verrez par quoi. Comme je le lui ai dit, on a l’impression de lire le texte d’un homme qui fait ce qu’il a à faire, ce qu’il veut faire, mais ignore quel trésor il a entre les mains : « vous êtes comme un acrobate, lui ai-je dit, qui marche aussi bien sur ses mains que sur ses pieds, mais qui ignore quel exploit il accomplit ». Il a plus d’une corde à son arc, et c’est avec délice que je découvre actuellement ses autres textes. Lisez, et vous verrez… la magie opère !

Pour info :
Dernières Nouvelles du Diable, éditions PBE, 110 pages.