Publié dans Le mot du jour

Le mot du jour

Et number 2 is dans la place ! Soufflé par M. Bucherer celui-ci.

Le mot du jour : ripopée.

La ripopée, à la base, désigne le mélange de plusieurs fonds de vins par les cabaretiers (ceux qui tiennent des cabarets). Si je ne me trompe, et j’aime à croire que c’est le cas, le terme a une connotation relativement péjorative. Il est composé, selon le TLFI, du préfixe ri-, de ripaille (repas que l’on boit ou mange avec excès) et de pop-, tiré du radical pap– du verbe latin paparer (papoter, qui évoque le bruit que font les lèvres de celui qui sirote un liquide, associant ainsi la nourriture et la parole).

Tout ça pour en venir au fait que la ripopée désigne aussi un ensemble plus ou moins hétérogène de choses très différentes. Par extension, on parle comme d’une ripopée des ouvrages dont l’assemblage des idées manque de cohérence ou de clarté.

J’espère que ce billet est clair, parce que les idées y sont nombreuses et pas toujours très bien agencées. Cela dit, si vous le qualifiez de ripopée, c’est que quelque part, je n’ai pas tout raté…

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Le mot du jour

Ou devrais-je dire les mots du jour ? Vous aurez le droit à deux billets aujourd’hui, pour me faire pardonner d’avoir été un peu absente ces jours-ci. Loin de moi l’idée de penser que « ma vie est tout à fait fascinante » pour voler ses mots à Pénélope, mais elle a tout de même été quelque peu mouvementée. Donc deux mots du jour. Le premier soufflé par mon ami et ancien collègue Romain :

Le mot du jour : palindrome.

Drôle de mot pour un drôle de concept, le palindrome est un mot ou une expression – voire une phrase entière – qui se lit aussi bien de droite à gauche que de gauche à droite.

Démonstration :

TU L’AS TROP ECRASE CESAR CE PORT-SALUT.
ENGAGE LE JEU QUE JE LE GAGNE.
Moins compliqué et moins impressionnant : LAVAL.

A lire dans les deux sens.

C’est dingue, nous autres français avons vraiment des mots pour tout ! (cf. ce billet)

Publié dans BD, Bouquinade

Lo (Lucie Durbiano)

Dans la même trempe que cadavre exquis (c’est la même collection de toute façon), on a Lo. Encore un truc pour lequel je me suis taté : achat, pas achat ? Et encore une fois, Gallimard est là !

Lo est une jeune nymphe éprise de liberté. Un jour, à la source, elle sauve Daphnis. Pour elle, c’est le coup de foudre, tandis que lui court rejoindre sa Chloé (me semble-t-il). Folle de jalousie et de désespoir, Lo va tenter l’impossible, aidée de ses amis Pip (le satyre) et une nymphe dont j’ai oublié le nom, pour s’accaparer l’attention de Daphnis. Mais la déesse chasseresse Diane veille, et Lo en apprendra beaucoup sur elle au cours de sa quête…

Une histoire antique banale d’amour impossible, sur un ton très moderne et très décalé, qui donne lieu à des situations cocasses. Ca part à droite et à gauche, mais ça reste très léger (malgré la gravité de certaines situations). On dirait une petite fille de 10 ans qui se raconte ses histoires dans sa tête et se fiche complètement de ce que les autres en penseront. Et on adhère !

Cela dit, même remarque que pour Cadavre exquis en ce qui concerne les dessins. J’adore la couv’, deux ou trois planches, c’est chouette. Mais toute la BD, bon, ça commence à faire ! Je pense que c’est juste moi, cela dit.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Bayou, 100 pages

Publié dans BD, Bouquinade

Cadavre exquis (Pénélope Bagieu)

Il faut dire qu’en ce moment, c’est ZE truc to read.* Et puis, Pénélope fait fureur. Et moi, bon, je suis tentée de l’acheter chaque fois que je passe devant… et je ne le fais pas. Alors bosser chez Gallimard Jeunesse, c’était l’occasion idéale de jeter un œil à cette petite chose.

Sarakontkoi ?
Zoé a 22 ans. Elle est hôtesse d’accueil sur les salons. A temps plein. Pas le job de ses rêves, sans compter qu’elle sort avec un looser. Bref, rien de palpitant. Jusqu’au jour où, après sa pause déjeuner (sur un banc public), elle se rend compte qu’un inconnu l’observe de sa fenêtre. Elle décide d’aller « emprunter ses toilettes ». Ainsi naît une belle idylle entre l’écrivain maudit et reclus et la jeune ingénue. Et puis arrive l’ex-femme-éditrice, qui va révéler à Zoé un affreux secret, et lui ouvrir le monde des livres…

Tenpenskoi ?
Un truc bien fagoté, ça se lit très vite. Les dessins… ma foi, qu’en dire. Moi je les aime bien. Par contre, pas assez développé. Pour le coup, le phénomène d’identification n’a pas fonctionné sur moi. Je pense que c’est le format de la collection qui veut ça : des textes relativement courts et digestes, faciles à lire et adaptables à tout public.

Cela dit, on y découvre un univers très parisien (pas forcément le Paris de tout le monde, peut-être celui de Pénélope), ainsi que le milieu de l’édition. Plus précisément celui des artistes. L’histoire prend un tour auquel on ne s’attend pas et du coup, on passe un bon moment. Bref, à feuilleter, à dévorer, à survoler, un texte agréable et léger.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Bayou

*LE truc à lire
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Le mot du jour

Un mot sympa, qui fait pourtant partie de notre liste de mots ridicules (oui, parce que tout le monde devrait en avoir une !). Et celui-ci, tout le monde le connaît !

Le mot du jour : biscotte.

Eh, je vous l’avais dit : vous le connaissez ! Ce qui est intéressant, ce n’est pas la définition qu’en donnent les dicos, non. En effet, c’est une tranche de pain spécial séché et doré au four, et alors ? Dans cette définition, ils ont juste oublié de préciser « qu’il est impossible de garder en un seul morceau et du coup, il faut se taper les miettes en fin de semaine. Sans compter qu’elles tombent toujours sur le côté beurré ! ».
Bref, là n’est pas la question. Ce qui est intéressant, c’est l’étymologie de ce mot : il vient de l’italien (et lui-même du latin) bis (deux fois) et du verbe cuocere, dont le participe passé est cotto, qui signifie cuire. Le secret de ce croustillant est donc la double cuisson à juste température… Est-ce qu’on pourrait dire une uniscotte… ou une triscotte ? D’après vous ?

En tout cas, moi je me demande d’où vient l’expression se beurrer la biscotte…

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Le mot du jour

Les vieilles habitudes ne se perdent pas et c’est avec plaisir que je poste ce mot du jour qui m’a été soufflé par Philippe Bucherer, éminent membre de l’association de l’Amiral Flottant (un cercle très sélect d’amateur de roman policier). Bah quoi, on peut faire sa pub aussi !

Le mot du jour : maritorne.

Keskecékeça ? Eh bien ça, mes amis, c’est une alternative à la vulgarité. Et en plus, on enrichit son vocabulaire. C’est magnifique. Une maritorne, d’après le TLFI, est une femme vulgaire et sans grâce. Le mot désigne également une servante laide et peu soignée. Le mot viendrait apparemment de Don Quichotte, de Cervantes, dans lequel le personnage d’une servante, Maritornes, était particulièrement laide. D’où cet usage-là, depuis le XVIIe siècle en France…

Alors au lieu d’insulter votre vieille prof de math, de français ou autre, qui est vieille fille, se rase probablement avec le rasoir de son défunt père et sent le chat en plus de ressembler à Carlos, eh bien vous pourrez toujours lui donner ce joli surnom… je plaisante, c’est cruel.

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Le mot du jour

Suite à une discussion sur un banc public…

Le mot du jour : mélancolie.

A l’origine, il s’agit d’une des quatre humeurs (un liquide sécrété par un organisme vivant), qui selon l’ancienne théorie des tempéraments (définition sur ce billet), était supposée se trouver dans la rate et prédisposer à la tristesse et à l’hypocondrie. Par métonymie – c’est-à-dire par association d’idée, due à la proximité de sens, en gros – par métonymie donc, la mélancolie a fini par désigner l’état causé par ce liquide (cette humeur).

Il s’agit aussi d’une pathologie psychologique caractérisée par un état morbide et un abattement physique et moral (désolée James…). Cependant (et c’est où notre belle langue française te donne raison), le mot a aussi un sens très littéraire : une vague et douce tristesse dans laquelle on se complait, qui favorise la rêverie désenchantée et la méditation (selon le TLFI).

Comme quoi, en effet, être mélancolique est un moindre mal. Moi, c’est ce qui m’aide à écrire…

Publié dans Le mot du jour

Le mot du jour

Aujourd’hui, spéciale dédicace à un pique-nique sur les bords de Seine à aborder des sujets débiles, comme le nom d’un présentateur radio (Christophe Nicolas en l’occurrence) aidant à mémoriser les prénoms de deux personnes (ce qui me fait penser à une remarque judicieuse qui m’a été faite : Jean-Louis David a trois prénoms, c’est stupide !). Bon, j’ai l’esprit nébuleux ; finies les private jockes, je pense que les destinataires de ce billet tardif se sont reconnus.

Le mot du jour : mnémotechnique.

Le mot en lui-même n’est pas très intéressant. Le TLFI nous en donne la définition suivante : qui relève de la mnémotechnie. C’est super utile. Alors qu’est-ce ce la mnémotechnie ? Eh bien sachez que c’est ce qu’au moins 70% des français appellent couramment la mémotechnique (erreur courante de langage). Il s’agit de l’ensemble des méthodes destinées à faciliter les opérations de mémoire. VOus savez, ces trucs qu’on se donne pour retenir des dates en histoire, la liste des courses, un poème, le nom de sa future petite amie. Du grec ancien μνημονικός  (mnêmonikós, « de mémoire »), lui-même tiré de μνήμη (mnếmê, « souvenir »). Je vous épargne le rapprochement fait par Wiki avec la chef des Muses, Mnémosyne, d’abord parce qu’on s’en fiche, et ensuite parce que je ne saurai pas vous expliquer l’intérêt d’un tel rapprochement (pour ceux qui suivent le mot du jour, ce que je viens de faire est une prétérition… je vous laisse chercher).
On retrouve d’ailleurs la même racine dans le mot amnésique : le a– a fonction privative (il nie). L’amnésique est celui qui n’a plus de mémoire.

Sur ce, je m’en vais piquer un petit roupillon. Oh, et avant que j’oublie : bonne nuit !

Publié dans Bouquinade, Roman

Les malheurs de Millie Plume (Jacqueline Wilson)

Et encore un cru de Gallimard Jeunesse, le genre de truc qu’on ne s’attendait pas franchement à lire, mais sur lequel on tombe par hasard dans un rayon de librairie. Le résumé fait tilt, et c’est parti.

1876, Londres. Milie Plume est une enfant abandonnée, très chétive, mais pleine de vie. Elle a passé les premières années de sa vie dans une famille adoptive, à la campagne, où elle a été choyée et soignée. Elle y a aussi forgé le rêve de rejoindre celle qu’elle croit être sa vraie mère dans un cirque. Mais à cinq ans, elle doit retourner à l’hôpital des Enfants-Trouvés. Et elle ne s’y fera pas que des amis. Ses rêves s’effondrent peu à peu, au fil des années et des rencontres, mais la détermination de Millie la mènera loin…

Comme je le disais, une histoire bien sympathique et des personnages on ne peut plus attachants (d’autant plus qu’il s’agit d’enfants). Le processus d’identification fonctionne à merveille, et nous voilà à détester ces pestes du dortoir, les maîtresses de mauvaise foi, les nurses glaciales et les règles injustes. Mais au fil de ce livre, on apprend à grandir, les grands comme les petits, et à voir que même si la vie n’est pas facile et qu’elle paraît injuste, elle vaut tout de même le coup.

Quelques longueurs au début peut-être, et comme son personnage, l’auteure ne peut s’empêcher de partir dans ses divagations (je pense que c’est exprès). Cela dit, la magie opère…

Pour info :
Gallimard Jeunesse, coll. Hors Série Littéraire, 349 pages.

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Le mot du jour

Un petit mot simple pour reprendre le rythme (promis, je vous en trouve de plus excitants la prochaine fois). On fait avec ce qu’on a !

Le mot du jour : énorme.

Probablement issu du latin ex, « en dehors de », et normis, « la norme », énorme ne désigne pas seulement les pachydermes et autres américains obèses (non, là je suis méchante). En effet, il s’agirait plutôt de désigner des choses extraordinaires, dans le sens premier du mot, c’est à dire qui sortent de l’ordinaire, de l’ordre.
Alors, voyons, qu’est-ce qui peut être énorme ? Eh bien, ce qui est très grand, plus grand que la taille moyenne, est énorme. Si l’on va par là, alors tout ce qui est un peu étrange (idiot, pour ceux qui suivent le mot du jour) l’est aussi.
Le TLFI nous donne également la définition suivante : soit qui est d’une extrême gravité (une énorme erreur). Ou bien au contraire, quelque chose qui est hors du commun, remarquable par ses qualités, ses mérites (on peut dire d’un tableau de taille normale qu’il est une énorme œuvre d’art, par exemple). Vous l’aurez compris, il  ne s’agit pas de taille, mais de représentation par rapport à la norme.
Et pour approfondir, sachez que le mot norme – qui soit dit entre nous est purement statistique, et ne porte pas de jugement de valeur : le plus grand nombre l’emporte simplement – la norme, disais-je, vient du latin norma, qui signifie dans un premier temps la règle, l’équerre, et dans un second temps, la loi.

Avec tout ça, on a intérêt à filer droit…