Publié dans Le mot du jour

Le mot du jour

Un accès de poésie, de lyrisme… un second mot du jour dont je donnerai, si vous le permettez, ma propre définition.

Le (deuxième) mot du jour : roman.

Le Petit Robert en donne la définition suivante : Œuvre d’imagination en prose, assez longue, qui présente et fait vivre dans un milieu des personnages donnés comme réels, fait connaître leur psychologie, leur destin, leurs aventures (genre littéraire romanesque).

Ma définition : le roman est la prison que forge un auteur pour ses personnages.

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Le mot du jour

Inspiré d’une discussion dans un train, très sérieuse malgré les apparences. Un truc qu’il faut savoir quoi.

Le mot du jour : apostasie.

Rien d’extraordinaire, il faut juste savoir que ça existe. L’apostasie désigne la renonciation publique à une doctrine, en particulier religieuse (par analogie, politique, voire quotidienne). C’est un dé-baptême en gros.
Rien à voir, mais je viens aussi d’apprendre que le verbe grec dont était issu le mot baptême (que je vous épargnerai pour faire court) signifiait à la base « tremper dans l’eau ». Le mot a ensuite pris une connotation religieuse : il s’agissait d’effectuer un lavage rituel religieux pour « laver » le nouveau converti de ses péchés (et pour certains, il faut avoir une sacrée lessive Super Croix).

Moi ça me fait penser à la chanson de la souris verte qu’on trempe dans l’huile puis dans l’eau (quelle idée ?!). La pauvre, ça fait un paquets d’années qu’on la baptise celle-la…

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Le mot du jour

Inspiré par ce fabuleux week-end à la campagne que je viens de passer… Le parfum des arbres sous la rosée du matin, le chant du vent, des oiseaux, des grillons… doux Jésus, que nous en sommes loin ici, à Paris ! Bref, week-end en famille pendant lequel j’ai dormi dans la même piaule que ma frangine et au-dessus de celle de mon paternel. Et une joyeuse symphonie, une ! (Paraît que j’étais de la partie, mais alors j’étais le petit triangle dans l’orchestre, celui qu’on entend pas trop…).

Le mot du jour : ronchopathie.

Mais keskecé ? Alors, voyons, ça sonne comme une maladie de gens qui ronchonnent tout le temps (ce que je fais très bien d’après Roméo). Alors, la ronchopathie serait la maladie des râleurs ? Et y’a-t’y un traitement contre ça ?
Non, pas du tout, la maladie en question n’a rien à voir avec notre humeur maussade (mais elle y contribue quand celle de notre chéri nous rend insomniaque). La ronchopathie se traduit par les vibrations du voile du palais (la partie molle en haut, au fond de la bouche) et de la luette (ce petit machin qui pend au fond de la gorge), à cause du manque de tonus des muscles de la gorge. Pour y remédier, l’une des solutions serait de pratiquer une ablation d’une partie du voile du palais…
Vous aurez certainement compris que je parlais de ronflements (dont ronchopathie est un synonyme). Cela dit, avouez que c’est plus classe de dire « oui, je souffre de ronchopathie » que de dire « Gérard m’empêche de dormir avec ses ronflements »…

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Le mot du jour

Je perds un peu le rythme en ce moment. Le boulot et la fatigue s’accumulant, je laisse passer énormément de mots du jour. Pas spectaculaire celui aujourd’hui, mais on fera avec…

Le mot du jour : hypocrite.

La définition formelle est la suivante : personne faisant preuve d’hypocrisie. Nous voilà bien avancés, mais encore ? Faux, fourbe, imposteur. Ça se précise. Sournois. Aïe, les grands mots. Mais savez-vous qu’à la base, hypocrite n’a pas ce sens péjoratif qu’on lui connaît. D’après moi, cette connotation vient de la mauvaise réputation des comédiens ; au XVIIe, être comédien, c’était porter atteinte à la moralité. Mais quel rapport entre les comédiens et l’hypocrisie ?
Eh bien, une autre définition précise « qui simule la dévotion ». Et c’est là que ça devient intéressant. Simuler/comédien… Peut-être n’êtes-vous pas sans savoir que le théâtre est né dans l’Antiquité grecque. Les fêtes religieuses étaient alors l’occasion pour des comédiens de jouer, de représenter, leur dévotion aux dieux. Vous voyez où je veux en venir ? Tout s’éclaire si je vous dit qu’en grec, comédien se dit    (hupokritès, devenu hypocrite), et que son sens premier est « celui qui distingue, explique, interprète ».

Partant de là,  je vais jouer les psy à deux balles, mais nous sommes tous des hypocrites : nous jouons tous nos propres vérités en les interprétant pour les rendre accessibles au monde qui nous entoure. Certains hypocrites sont plus sincères que d’autres, c’est tout…

Publié dans Bouquinade, Roman

Maintenant, c’est ma vie (Meg Rostoff)

Amis du jour, bonjour !

Après ce petit week-end bien reposant (ou pas… mais pour moi, ressourçage auprès de mon amie Charlotte), un billet « livre », enfin. Disons qu’à force de tous les entamer, de les oublier, de les reprendre, on n’en finit aucun et ça prend 15 fois plus de temps de les lire. Bref, un premier roman jeunesse pour aujourd’hui.

Daisy est une jeune américaine de 14 ans dont le père s’est remarié. Sa mère, elle, est morte en couche en la mettant au monde. Depuis, Davina, sa belle-mère, lui mène la vie dure et la méprise. La réponse de Daisy : arrêter de manger. Plus inquiet pour l’avenir de son couple et de l’enfant que porte Davina que pour sa propre fille, le père de Daisy décide de l’envoyer chez des cousins en Angleterre, où elle découvrira le vrai sens du mot famille. Mais la guerre gronde, d’abord lointaine, puis violente. Lorsque la vie de Daisy bascule, ses seuls filets sont Edmund et Piper…

Quelle histoire ! Dans son billet, Sophie Pilaire qualifie la guerre de « sans visage ». Et c’est ce qu’elle est. Elle n’a pas de nom, pas de date, pas de lieu. Elle est partout, elle est tout le monde, mais nulle part en particulier. On devine, grâce à de menus indices, qu’il s’agit d’une époque proche de la notre, et les seuls repères géographiques sont quelques noms de villages anglais. Et Daisy le dit elle-même : on ne sait pas pourquoi ni comment les conflits ont commencé, s’il s’agit d’un seul conflit global ou de plusieurs conflits locaux, ni s’il s’agit d’argent, de pétrole ou autre.

La guerre est dépeinte dans toute la simplicité de son horreur, sous le pinceau objectif d’une adolescente qui n’est pas concernée par le conflit et se contente de le subir. Et puis on y lit, non pas les exploits héroïques de ces jeunes gens, mais leur besoin de survie, pour le bien des uns et des autres. Peu importe le monde extérieur, s’il sont en sécurité. Et c’est ce détachement pour ce qui les entoure et cette interdépendance des personnages qui rend la guerre et l’amour plus vrais, moins romancés. Vivre, mais pas pour demain, pour eux. Déroutant par le style lapidaire et le manque de repères et de précision, mais envoûtant. À lire.

Pour info :
Albin Michel Jeunesse, collection Wiz, 238 pages.

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Le mot du jour

Je déteste avoir à l’avouer, mais n’ayant rien trouvé sur ripopourri (tous les coups de main sont les bienvenus), un autre mot du jour qui m’a été soufflé par un petit oiseau…

Le mot du jour : dithyrambique.

Je trouve qu’il donne la pêche celui-ci. Il me fait l’effet d’un brise printanière. Dithyrambique, tel qu’on le connaît aujourd’hui, désigne une personne qui loue (au sens de « faire l’éloge de », rien à voir avec votre vidéoclub) avec enthousiasme, voire de manière un peu pompeuse et excessive. On peut se montrer dithyrambique à l’égard d’un ami, ou d’un supérieur (ce qui s’appelle aussi failloter). Il tient son sens directement du substantif (ou du nom commun) dithyrambe.
Alors qu’est-ce qu’un dithyrambe ? Selon le TLFI, il s’agit à l’origine d’un genre de poème dédié à Dionysos, dieux grec de la vigne et du vin, attribué à des buveurs délirant, et chanté par des chœurs d’hommes déguisés en satyres, et dont la principale caractéristique est un enthousiasme exubérant et désordonné. Le lien avec Dionysos ? Eh bien il faut savoir que chaque facette du dieu portait une sorte de surnom en fonction de son attribution, et que l’un de ces surnoms est Dithyrambe. Par la suite, le dithyrambe est devenu un poème lyrique exprimant l’enthousiasme.

En fait, rien d’extraordinaire. J’ai juste la musicalité du mot… Cela dit, je me sens dithyrambique à propos d’à peu près n’importe quoi aujourd’hui !

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Métamorphose en bord de ciel (Mathias Malzieu)

Tant qu’à faire, continuons sur notre lancée. Et je dois dire que la poésie de Malzieu, même pour tout réfractaire au genre, est un délice (c’est comme une chantilly légère, celle qui ne vous tombe pas sur l’estomac… un peu sucrée mais pas trop).

Tom Cloudman n’a jamais su s’adapter au monde qui l’entoure. Maladroit de naissance, il ne rêve que de voler, et profite donc avec délice des courts instants d’apesanteur que durent ses chutes. Il décide même d’en faire son métier ; saltimbanque de fortune, il parcourt le pays dans son drôle d’engin, un cercueil monté sur roues tirés par un ingénieux système de pédales. Mais son corps lui fait payer ces mauvais traitements et Tom se retrouve à l’hôpital, enfermé dans ses rêves. Sa seule échappatoire : une femmoizelle qui, en se donnant à lui, pourra peut-être réaliser son rêve.

Encore une superbe métaphore filée. Mathias Malzieu nous parle d’une maladie courante, le cancer, avec sa candeur d’enfant-spectateur. Il a l’art et la manière de raconter ses personnages, leur vie et leurs rêves, leurs peurs et leurs combats.

Le combat de Tom contre Mister Betterave (nom qu’il donne à la tumeur) est joué à la perfection, et tellement éloigné de la pathétique et larmoyante course contre la mort. Il s’agit plutôt ici d’une course à la vie, et avec ses ailes, c’est un nouvel espoir qui est offert à Tom, ainsi qu’une chance de demeurer auprès de ceux qu’il aime à travers la paternité. Bref, un hymne à la vie, à la liberté, à l’amour sous toutes ses formes… A lire absolument !

Pour info :
Flammarion, collection Littérature Française, 157 pages (bien que j’aie eu la chance de lire la version collector, parsemée d’illustrations magnifiques)

Publié dans Le mot du jour

Le mot du jour

J’ai trop longtemps été sujette à la procrastination (si vous ne savez pas ce que c’est, je vous invite à vous rendre sur ce billet… et suivez un peu quand même). Je me demande depuis longtemps pourquoi le mot d’aujourd’hui semble avoir un sens si différent en anglais et en français alors qu’il s’agit du même mot, concrètement… Eh bien voilà, j’ai fait mes recherches et j’ai compris.

Le mot du jour : déception.

En anglais, deception, d’où le rapprochement que j’ai fait. Je me souviens de ce fameux texte au lycée qui avait pour titre « The great deception« . La prof nous avait alors expliqué qu’il s’agissait d’un faux-ami. Bien choisi, comme qualificatif aux vues du sens premier. « Déception » vient du latin deceptio, qui signifie « action de tromper, d’être trompé » (c’est là où les anglo-saxons ont gardé le sens d’origine puisqu’en anglais, deception signifie « duperie, tromperie »). Vous remarquerez le sens actif donné au mot : « action de », qui connote une intention purement consciente.
C’est également le sens qu’avait déception (le TLFI parle de sens vieilli) : action de décevoir, tromperie, surprise (oui, en général, on s’attend pas à être déçu…). De nos jours, je trouve le sens du mot un peu édulcoré. L’intention de tromperie qui se cachait derrière la déception a laissé place à « l’action d’être déçu », au « chagrin » et à la « tristesse » selon le TLFI toujours, faisant ainsi des grands déçus des pleurnichards qui s’apitoient sur leur sort plutôt que des êtres emplis de colère dominés par le besoin d’avancer.

Deux sentiments qui laissent les hommes passifs devant leur violence, mais ne vous en déplaise, je rends à Jules ce qui est à César et laisserai désormais la colère guider mes déceptions. Oui, je choisis officiellement le côté obscur de la force 🙂

Publié dans Bouquinade, Litté de l'imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique)

La mécanique du cœur (Mathias Malzieu)

Et un petit bijou, un ! Conseillé par Nicolas. Pas un premier choix pour moi à première vue, mais c’est pour ça que parler bouquin a du bon : on a parfois d’agréables surprises…

Jack est né le jour le plus froid du monde, chez une femme un peu sorcière qui répare les choses, enfanté par un femme qui les a abandonnés, lui et son cœur brisé par le froid et une mauvaise chute. Docteur Madeleine répare le petit cœur de Jack avec une horloge, qui le maintient en vie. Et Jack grandit, bercé par l’amour bancal de grands blessés de la vie : deux prostituées abonnées aux avortements et un vieillard à la colonne vertébrale littéralement rouillée qui lui apprend à voir la vie à travers la chanson Oh when the saint ! Jack doit vivre selon trois règles : ne pas toucher les aiguilles de son horloge, ne pas se mettre en colère, mais surtout, ne pas tomber amoureux, sous peine de dérégler la mécanique du cœur.

Une métaphore géante, celle d’un enfant qui dessine l’amour de ses petits doigts innocents. La fraîcheur et la candeur des mots de Malzieu nous enrobent d’un cocon de coton. Chaque mot est à sa place, chaque verbe est pesé. Chaque phrase nous déchire, nous tire, et la mécanique des mots fait résonner et déraisonner dans notre propre cœur les échos de joie et de pleurs passés.

Un roman écrit sur du papier musique dont l’histoire est soufflée par l’instrument de Malzieu. Le livre est accompagné d’une bande originale quelque peu déroutante qui colle aux talons de Jack. Les voyages, les rencontres, tout le pousse, nous pousse, vers cet autre, cet inconnu pourtant évident qui se loge au fond de nous. Aimer c’est avoir mal. Oui, et alors ? De la pure poésie.

Pour info :
J’ai lu, collection J’ai Lu Roman, 155 pages.

Publié dans Bouquinade, Roman

Mon nez, mon chat, l’amour et moi (Louise Rennison)

Encore une fois, merci Gallimard de me laisser piocher mes lectures du moment dans ton fonds plus qu’impressionnant. Bien que là…

Georgia est une jeune anglaise de 14 ans. Ado jusqu’au bout des ongles, elle fréquente une école privée et n’a que trois centres d’intérêt dans la vie : ses amies, les garçons et son chat. Et puis, elle, elle et elle. Comme tous les ados, elle porte le poids du monde sur ses épaules : son père a perdu son job et part en Nouvelle-Zélande pour construire une nouvelle vie à sa famille (bon, ça, elle s’en fiche en fait), le gars qu’elle aime la déteste (apparemment) parce qu’elle a brisé le couple de son frère (qui sortait avec la meilleure amie de Georgia), que ses sourcils sont soit trop présents soit absents, mais surtout parce qu’elle a un « énoooooooorme » nez. Vous voyez, c’est pas facile…

Pas folichon tout ça. Je suis trop vieille pour lire ça me direz-vous ? Et pourtant, j’en lis de la littérature adolescente ! Mais là, c’est le ponpon ! La gamine est horrible. Je vais jouer les moralisatrices à deux balles, mais c’est exactement le genre de merdeuse que je n’aimerais pas que ma frangine de 11 ans devienne. Pas franchement un bon exemple (loin de moi l’idée de dire que tous les lires jeunesses doivent maintenir les jeunes dans le droit chemin, attention…).

Le bouquin est facile à lire cela dit, et sympa dans l’ensemble. Mais il est bourré de clichées sur l’adolescence, que moi-même je n’ai pas forcément connus, donc je me sens à mille lieues de ce genre de choses. Mais les répliques cinglent, parfois très drôles. Ca fait passer la pilule. Mais moi j’arrête la série ici.

Pour info :
Gallimard Jeunesse, collection Scripto, 189 pages